Trafic pétrolier, racket et kidnapping, l’État islamique amasse 2 milliards de dollars par an

Taxes, donation, exportations, les jihadistes du groupe État islamique, qui occupent un large territoire à cheval sur la Syrie et l’Irak, se financent à la manière d’un véritable État, avec son administration et des complicités à tous les niveaux.

Syrie : Le Captagon, la drogue qui prospère sur la guerre

Pilule miracle, potion magique des jihadistes, drogue de Daech, drogue qui rend fous les combattants de l’État islamique : depuis quelques jours, le Captagon fait les gros titres, récoltant au passage une multitude de surnoms. Au Proche et Moyen-Orient, c’est la star des produits stupéfiants.

Les pilules s’arrachent et la Syrie est devenue la plaque tournante de ces petits comprimés produits, exportés, mais aussi consommés sur place. Est-elle pour autant la recette miracle des jihadistes ?

En France, cette drogue est presque inconnue et très rarement consommée. Impossible d’avoir des renseignements à l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT), où l’on ne dispose d’“aucune information” sur la consommation qui peut en être faite au Moyen-Orient. Seul un vieux rapport de 2005 évoque la découverte d’un échantillon dans le Nord-Pas-de-Calais.

Pourtant, le produit est très répandu au Proche et Moyen-Orient, où son usage a débuté bien avant la guerre civile syrienne. Déjà, en 2009 (deux ans avant le début de la révolte), un rapport sur les drogues de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC, PDF) signale que, “dès le début, le principal marché du Captagon avait été celui du Proche et Moyen-Orient, où il est très prisé des couches jeunes et aisées de la population – et où il a même acquis la réputation d’un aphrodisiaque au début des années 1980″.
Lire la suite

Otages : l’Italie aurait payé 12 millions d’euros à Al-Qaeda

L’Italie a t-elle payé la somme de 12 millions d’euros pour libérer ses otages? Une polémique a éclaté au parlement à propos de déclarations faisant état du paiement d’une rançon pour les 2 aides humanitaires retenues en Syrie.

By Simon Tomlinson 



De violents débats ont éclaté aujourd’hui en Italie après des déclarations affirmant que

le gouvernement avait versé une rançon de 12 millions d’euros pour libérer deux aides humanitaires détenues en Syrie.

Lire la suite

Un éléphant tué toutes les 15 minutes

Après s’être intéressée à la traque de Ben Laden dans Zero Dark Thirty, Kathryn Bigelow s’engage contre le trafic d’ivoire dans un court métrage choc.

Quand vous achetez quelque chose fait en ivoire, où est-ce que l’argent va ?”.

 Voilà la première phrase que l’on peut lire au début du nouveau court métrage de Kathryn Bigelow, réalisé en collaboration avec l’association WildAid. Intitulé Last Days, il dénonce le trafic d’ivoire et l’extinction progressive des éléphants.

Lire la suite

Quand un éditorialiste demande la suppression du défilé militaire du 14 juillet avec de mauvais arguments…

La modestie n’est pas la qualité la plus souvent partagée. Surtout chez ceux qui ont des avis sur tout comme s’ils avaient la science infuse… Ainsi, comme souvent  à l’approche du 14 Juillet, il se trouve quelques voix pour remettre en cause le défilé militaire sur les Champs-Elysées et balancer (il n’y a pas d’autre mots) des idées reçues sur la politique de défense. Il n’y aurait pas de mal à cela si de tels propos tenus étaient le fruit d’une réflexion, basée sur des faits et des réalités. Et cela ne serait pas si important s’il n’y avait de grands médias pour les relayer (étonnant qu’aucun d’entre eux n’ait eu encore l’idée de placer un micro dans un bistro…).

Les déclarations d’Hervé Gattegno, sur les ondes de RMC/BFM TV, le 11 juillet, entrent dans cette catégories. Pour son dernier « coup de gueule » avant les vacances (c’est dire si elles seront les bienvenues), le rédacteur en chef de la cellule investigation au Point, n’a pas été très inspiré, au point que ces propos sont teintés de démagogie.

Qu’a-t-il dit ? Selon lui, il faut « supprimer le défilé militaire du 14 Juillet » car c’est une « une idée qui irait dans le sens d’une meilleure défense de la patrie puisque notre bataille principale, elle se mène sur le front des déficits publics et de la dette extérieure ». Or, « à côté de cette menace-là, la parade annuelle de nos armées est inutile et anachronique – il n’y a plus que les dictatures qui le font. C’est un déplacement de force déplacé. Et une démonstration de force gratuite qui est plutôt coûteuse (en argent, en temps et en carburant – sans parler de l’empreinte carbone). Donc on pourrait s’en dispenser sans transformer la fête nationale en défaite nationale ».

Lire la suite

Trou noir comptable à l’OTAN

On ne sait pas exactement où vont les milliards d’euros dont bénéficie l’OTAN, rapporte mardi De Morgen sur la base d’une enquête de la Cour des comptes néerlandaise.

Les représentants des 28 États membres de l’OTAN, dont la Belgique, ne savent pas combien d’argent public leur pays consacre à l’Alliance et comment il est utilisé. Les ambassadeurs de l’OTAN sont au courant de cette comptabilité opaque mais aucune solution ne semble sur le point d’aboutir, analyse la Cour des comptes. Les contrôleurs rendent désormais l’information publique pour imposer le sujet à l’ordre du jour de la prochaine réunion de l’OTAN.

Lire la suite

La France veut devenir un pays de robots

L’Etat participe au financement d’un nouveau fonds d’investissement destiné à doper la filière robotique française…

«Le robot n’est pas l’ennemi de l’emploi, il en est le fournisseur. Il ne faut pas en avoir peur.» Arnaud Montebourg croit à la réindustrialisation de la France par la robotique de services. C’est-à-dire par la construction de drones, de voitures autonomes, de robots de surveillance, de nettoyage, de sécurité domestique ou encore d’intervention chirurgicale.

Et pour le prouver, le ministre vient d’annoncer la contribution de l’Etat dans un nouveau fonds d’investissement, baptisé Robolution Capital. «Notre participation dans ce secteur à travers la Banque publique d’investissement (BPI), le bras armé du redressement productif en France, est l’une des plus importantes que nous ayons réalisée», explique Arnaud Montebourg.

Doté de 80 millions d’euros et également abondé par de grandes entreprises comme Orange, EDF ou Thales, Robolution Capital va permettre de financer la création et le développement de PME spécialisées dans la robotique de services. La France en compte déjà plusieurs – de nombreuses start-up mais également de grosses PME, comme le Groupe Gorgé, qui emploie 1.300 personnes.

Un marché de 200 milliards d’euros en 2024
Lire la suite

«Les Français ruinés par l’immigration» de Gérard Pince

Gérard Pince est docteur en économie et spécialiste de l’économie du développement : il a publié en 2013 un petit livre intitulé Les Français ruinés par l’immigration (éditions Godefroy de Bouillon). Dans cet ouvrage assez aride Gérard Pince a résumé ses analyses de la comptabilité nationale destinées à évaluer l’impact des populations immigrées sur notre économie. Les sources de toutes les données chiffrées utilisées par l’auteur sont disponibles dans les annexes ; ce rapport est vérifiable par tous les amateurs d’arithmétique.

Les bases du calcul

A la différence d’autres rapports, celui de Gérard Pince ne prend pas en compte tous les étrangers et leurs descendants de la première génération mais seulement les étrangers d’origine extra-européenne parce que, selon lui, l’impact positif des étrangers d’origine européenne sur nos comptes nationaux masque l’impact négatif des étrangers originaires des pays tiers.

Par ailleurs et à la différence de rapports qui ont conclu au faible impact de l’immigration sur notre économie, celui-ci prend en compte la part des dépenses régaliennes qui sont imputables à ces étrangers (les premiers n’intègrent que les recettes).
Lire la suite

“La BCE devrait se montrer plus accomodante”

Un euro trop fort, une périphérie en déflation : la zone euro aurait besoin d’une banque centrale plus agressive pour relancer le crédit aux entreprises. La vidéo du Café Eco avec Michel Girardin, économiste, professeur à HEC Genève et Myret Zaki, rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan.

Bilan

En Europe, 30% des actifs financiers viennent des banques «de l’ombre»

L’agence S&P comme le FSB mesurent le poids des sociétés «parallèles» de services bancaires. Bruxelles tente de limiter la floraison de ce biotope financier alternatif.

Monopolisés par le sauvetage des banques, les ministres des Finances européens ne l’ont pas abordé, lundi. Mais le dossier du «shadow banking» reste au cœur de la remise à plat du secteur que le commissaire européen Michel Barnier tente de faire adopter par le Parlement, peut-être avant le choc des élections de fin mai.

Objectif ? Encadrer la floraison de ce biotope financier alternatif. Certains freins sont déjà inclus dans la directive AIFM imposée aux hedge funds dès cette année. D’autres règles imposent un renforcement de leurs capitaux – un tampon devant atteindre 3% de leurs actifs – aux fonds de placement dits de «money market».

L’ampleur de ces activités bancaires parallèles inquiète. La semaine dernière, l’agence de notation Standard & Poor’s a fait état de 30% de l’ensemble des actifs financiers européens. Contre 40% aux Etats-Unis. Transformés en usuriers, des hedge funds prêtent sur gage aux entreprises ou débarrassent les banques de leurs prêts difficilement recouvrables. Des sociétés de crédit avancent aussi bien pour un frigo que pour un appartement. Des structures cotées trouvent sur les marchés les fonds de grands projets immobiliers.

Lire la suite

Philippe Béchade invité de “monnaie libre” (janvier 2014)

Philippe Béchade, rédacteur en chef de la chronique Agora, analyste financer depuis près de 30 ans, et souvent sollicité sur les médias est l’invité de l’émission Monnaie Libre.

On apprend lors de cet entretien que Philippe Béchade connaît bien l’économiste Yoland Bresson avec qui il a travaillé sur le Revenu de Base au début des années 2000. En véritable amateur du jeu d’échecs, il ne se prive pas non plus de nous livrer quelques métaphores à propos de l’économie.

C’est également avec une légère teinte d’ironie et d’humour que Philippe Béchade nous décrit comment les banquiers auto-légitiment le système bancaire, s’exonèrent eux-mêmes de toute responsabilité dans les crises financières, et nous détaille le mécanisme d’effondrement à l’œuvre. On y voit aussi un commencement d’analyse des monnaies numériques et du Revenu de base comme sorties possibles d’un système monétaire non-libre.

Les détenteurs de bons municipaux inquiets après la faillite de Détroit

La faillite retentissante de la ville de Détroit a assombri les perspectives du marché des obligations municipales aux Etats-Unis, faisant craindre aux créanciers de perdre un investissement, traditionnellement considéré comme sûr.

Les détenteurs de bons municipaux attendaient avec nervosité la décision du juge fédéral de placer ou non la ville sous la protection du chapitre 9 de la loi sur les faillites, ce qui permettrait à Détroit de suspendre le remboursement de ses dettes.

Le pays n’a pas été totalement surpris par la chute de Détroit, la plus grande faillite municipale de l’histoire américaine, après plusieurs décennies de déclin des finances de ce qui était autrefois la capitale de l’automobile.

Mais en demandant à un tribunal fédéral de superviser désormais le poumon de l’économie de l’Etat du Michigan, l’expert en charge de gérer la crise, Kevin Orr, a donné au juge le pouvoir de négocier une réduction de la dette et des engagements de la ville évalués à plus de 18,5 milliards de dollars.

La plus grande faillite municipale de l’histoire américaine

Faisons-nous face à une nouvelle ère dans le domaine des finances municipales ? Les dettes de beaucoup de municipalités sont suffisamment importantes pour justifier une faillite. Tout dépend du montant de la dette qui peut être effacé“, estime Robert Brusca, de FAO Economics.

Lire la suite

Espagne : La Coopérative Intégrale Catalane

Présentation d’un projet global et radical, la Coopérative Intégrale Catalane (CIC), une initiative de transition qui cherche à construire une alternative au système.

En Espagne, le mouvement des ÉcoRéseaux Catalans a permis l’émergence d’une structure régionale autogérée. Cette coopérative regroupe en fait plusieurs coopératives: de consommation, d’habitation, de production, et d’autofinancement en réseau. Les ÉcoRéseaux, leurs monnaies sociales, et les interconnexions qu’ils fluidifient entre les groupes existants, facilitent la concrétisation de projets post-capitalistes qui jusque-là avaient du mal à voir le jour.

Le but de ces alternatives est de se substituer progressivement au système dominant en satisfaisant depuis la base les nécessités basiques des participants. La Coopérative Intégrale Catalane a essaimé très rapidement dans les autres régions d’Espagne, notamment grâce au mouvement des Indignados.

Ce mouvement est arrivé jusqu’en France où plusieurs projets d’EcoRéseaux et/ou de Coopératives Intégrales sont sur les rails : à Questembert, en Seine Saint-Denis, à Nantes, dans le Gard et donc à Toulouse, des groupes se sont constitués autour de ce concept afin de l’adapter à leur réalité locale.

Météo France, CNC, Ademe : la Cour des comptes dénonce le financement des opérateurs d’Etat

Un rapport fustige les taxes dites “cachées”, ces vrai-faux impôts qui financent les opérateurs d’Etat, Météo France, les agences de l’eau, le centre national de la cinématographie, et qui explosent depuis 2007 : plus 28%. Le Conseil des prélèvements obligatoires, qui dépend de la Cour des comptes, estime qu’elles servent à maquiller le budget et préconise une réforme de grande ampleur.

Il s’agit de ces taxes que l’on paie sans s’en rendre compte, des taxes dites “affectées“, et qui servent à financer les opérateurs d’Etat, des dizaines d’entités effectuant des missions d’intérêt général (Centre national du cinéma, agences de l’eau, Office français de l’immigration et de l’intégration, Météo France…). Par exemple quand on achète un ticket de cinéma ou quand on loue une vidéo, le Centre national de la cinématographie (CNC) récupère à chaque fois quelques dizaines de centimes d’euros. Même chose pour ces entreprises qui payent la taxe sur les activités polluantes, cela part dans les caisses de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

Le Conseil des prélèvements obligatoires (CPO), dépendant de la Cour des comptes, a recensé 309 taxes en 2011, qui misent bout à bout représentent 112 milliards d’euros, rapporte un rapport rendu mercredi au Premier ministre. ”La fiscalité affectée a augmenté de plus de 28% entre 2007 et 2011 contre 7% pour l’ensemble des prélèvements obligatoires“, a commenté le premier président de la Cour des comptes Didier Migaud.

Lire la suite

États-Unis : Le gaz de schiste s’infiltre jusque dans les facs

Autorisation de forage dans les facs, collusion entre les chercheurs et les foreurs… En Pennsylvanie, le gaz de schiste trouble la vie des universités.

Loi sur « le développement des ressources minérales indigènes ». Contrairement à ce que son nom suggère, la loi votée par le gouverneur de Pennsylvanie Tom Corbett en octobre 2012 ne concerne pas les droits des communautés indiennes riveraines, mais certains propriétaires des sous-sols de l’Etat : précisément les 14 universités publiques de Pennsylvanie. Plusieurs d’entre elles sont en effet situées au-dessus du fameux « Marcellus shale », un des principaux gisements de gaz de schiste américains.

Avec cette loi, les présidents d’université ont désormais la possibilité d’autoriser le forage sur leurs campus, pour en extraire du gaz ou du pétrole. L’intérêt ? Leur permettre d’augmenter leurs ressources financières, sur fond de coupes dans les budgets de l’éducation publique.

Lire la suite

Nord Mali : le Qatar accusé de financer les groupes islamistes de l’Azawad

D’après l’hebdomadaire français “Le Canard Enchaîné”, qui cite une source de la Direction du renseignement militaire français (DRM), le riche émirat gazier du Qatar financerait les groupes islamistes qui ont pris le contrôle du Nord-Mali.

Par Benjamin Roger 06/06/2012.

Le prince al-Thani serait un soutien financier des groupes islamistes du nord-Mali.

Le Qatar, « ami » de la France, mais pas seulement… Dans son édition du mercredi 6 juin, le Canard Enchaîné, hebdomadaire satirique français, affirme que l’émirat du Qatar serait un soutien financier de poids pour les différents groupes islamistes qui ont pris le contrôle de l’Azawad au mois de mars dernier.

L’article, intitulé « “Notre ami du Qatar” finance les islamistes du Mali », indique que la Direction du renseignement militaire (DRM, qui dépend du chef d’état-major des armées françaises) a recueilli des renseignements selon lesquels « les insurgés du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA indépendantiste et laïc), les mouvements Ansar Eddine, Al-Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi) et le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’ouest (Mujao) ont reçu une aide en dollars du Qatar ». Le montant de cette aide financière n’est toutefois pas précisée.

Lire la suite

Social, impôts : Hollande met la pression

François Hollande a tenu dimanche soir un discours quasi churchillien en proposant du sang et des larmes sur le plan fiscal, avec 30 milliards de mesures nouvelles pour 2013. Seule condition pour parvenir à un “redressement de la France dans les deux ans“. C’est le calendrier qu’il s’est donné pour inverser la courbe du chômage et rétablir la compétitivité de la France.

Ce qui passera, c’est confirmé, par une réforme du financement de la protection sociale, qui s’appuiera sur de nouvelles recettes, sans doute la CSG et une imposition écologique. Les partenaires sociaux ont eux été invités à s’entendre d’ici à la fin de l’année sur la redéfinition du contrat de travail, faute de quoi l’Etat prendra ses responsabilités.

Lire la suite

Sécu : le déficit proche de 15 milliards en 2012

Les comptes de la Sécurité sociale montrent que le déficit du régime général en 2012 devrait atteindre 14,7 milliards d’euros. Sans mesures correctrices, le « trou » aurait atteint 15,5 milliards d’euros.

Prévision 2012, au 05 octobre 2011. Source : http://www.securite-sociale.fr/Evolution-du-deficit-de-la-Securite-sociale-Regime-general

Les comptes de la Sécurité sociale sont moins bons que ne le prévoyait la droite, les nouveaux prélèvements décidés par la gauche permettront de rétablir la situation, au moins en partie. C’est le message qu’a voulu faire passer le gouvernement, qui présentait les estimations actualisées de déficit pour le régime général en 2012.

Sans mesures correctrices, le déficit aurait atteint 15,5 milliards d’euros, une dégradation de 1,7 milliard par rapport à ce qui a été voté, à l’automne dernier, dans la loi de financement de la Sécurité sociale.

Lire la suite

Europe : Le scénario catastrophe de la faillite décrit par les banquiers

Risque de faillite de l’Italie et de l’Espagne, déstabilisation de l’Union européenne et des banques, craintes de moindre croissance en zone euro … l’organisation bancaire internationale décrit un véritable scénario catastrophe si la Grèce devait renoncer à payer sa dette.

Dans un rapport diffusé mardi de source bancaire, mais rédigé mi-février avant la signature du deuxième plan de sauvetage de la Grèce, les banquiers qui ont négocié l’accord de restructuration et de réduction de la dette grecque mettent en garde sur les conséquences d’une faillite de ce pays.

Une possibilité qui n’est pas encore définitivement écartée. La communauté bancaire doit se prononcer définitivement jeudi à 20H00 GMT sur un des éléments clé du sauvetage, l’effacement de 107 milliards d’euros de dette privée sur les 350 milliards au total.

Les banques et fonds privés détenant des obligations souveraines de droit grec devront dire si oui ou non elles participent à l’opération d’échange d’obligations. Si moins de 75% y participent, le projet sera abandonné et la Grèce ne pourra rembourser le 20 mars une échéance de 14,4 milliards d’euros.
Lire la suite

Enquête sur l’argent des campagnes

Les trésoriers sont des gens discrets. Dans les partis politiques, où les hauts fonctionnaires, les médecins et les avocats sont légion, ils sont parmi les rares à venir souvent de l’entreprise. Ils savent lire un compte d’exploitation et tiennent le nerf de la guerre, mais quand leur nom apparaît dans les journaux, c’est généralement mauvais signe. “C’est bien la seule élection, dans ma vie politique, où je n’ai eu aucun rival”, constate Dominique Dord, le trésorier de l’UMP. Il a remplacé Eric Woerth quand celui-ci se débattait dans les affaires Bettencourt et le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, qui lui valent encore aujourd’hui d’être entendu par la justice.

Dans une campagne présidentielle, ils connaissent tout du candidat. Ses frais de coiffeur et ses amis conseillers en communication. Les entreprises qui le courtisent et le nom de ses plus gros donateurs. L’officiel et l’officieux. Ce sont des gens de confiance. Dominique Dord, qui devrait devenir le trésorier de la campagne de Nicolas Sarkozy quand celui-ci sera déclaré, a été adoubé à l’unanimité du bureau politique de l’UMP.

Jean-Jacques Augier et Bernard Cottin, président et vice-président de l’association de financement de la campagne de François Hollande sont tous deux d’anciens condisciples du candidat socialiste, dans la fameuse promotion Voltaire à l’ENA. Ils sont aussi chefs d’entreprise. Jean-Jacques Augier est un “business angel” (investisseur individuel), habitué des financements de sociétés biomédicales et principal actionnaire de la revue littéraire Books. Bernard Cottin, ancien patron de Numéricâble, est le nouveau PDG de la maison d’enchères Piasa qui compte parmi ses actionnaires le groupe Artémis de François Pinault, l’avocat d’affaire Jean-Michel Darrois et Laurent Fabius.

En 2007, l’équipe de Ségolène Royal s’était parfois laissé surprendre par les devis léonins de certaines entreprises et n’avait pas glané plus de 100 000 euros de dons en faveur de la candidate. “Cette fois, nous faisons intervenir des cost-killers pour négocier chaque devis”, sourit Jean-Jacques Augier. L’équipe de François Hollande a surtout entrepris de rompre avec la tradition socialiste qui rechignait jusque-là à recruter des donateurs.

Lire la suite

Madame Michu et Lady Gaga

Par Jean-Pierre Crépin

Quand un cinéphile me demande : quel est le plus grand rôle d’Omar Sharif ? Docteur Jivago ou Lawrence d’Arabie ?

Je réponds sans hésiter : « Tiercé magazine ! »

C’est en tous cas ce qui restera de ce fils des bibliothèques d’Egypte dans la mémoire collective, souvenir ou vestige d’une époque où l’on considérait que ce qui ne se monétisait pas ne servait à rien et où l’intégration des individus à une société ne se faisait plus que par le truchement des mass média financés par la grande consommation.

Il s’agissait alors de s’enrichir, les médecins n’étaient pas appelés sur le front de guerre des déficits et personne ne prétendait traverser le désert sans boire.

La sécurité sociale existait encore, le marché de la dépendance n’était pas entre les mains des dealers. Le jeu en ligne et ses recettes fiscales était l’avenir de l’homme.

La révolution consumériste, initiée par la Money Power, le jour ou celle-ci a pris conscience qu’il était plus rentable de vendre de l’inutile aux consommateurs que d’augmenter la productivité avec des travailleurs, s’achève.

Toutes les démocraties de marché vont devoir muter et redevenir, à l’image de l’Allemagne, des sociétés de production. C’est en tous cas la volonté clairement affichée de nos politiques.

Lire la suite

La crise en 2011 ou le scénario de l’inextricabilité

Par Jean Claude Werrebrouck

Notre texte concernant le scénario pour 2010, publié le 1er janvier de ladite année, se penchait longuement sur la question du retour à la souveraineté monétaire. Il était assez optimiste, en ce qu’il annonçait la difficulté croissante à faire admettre par le contribuable qu’il devrait payer pour une dette publique dont la responsabilité reposait au moins partiellement sur la rente financière.

La réalité 2010 de la crise, est qu’un certain nombre de pays ont malgré d’extrêmes difficultés, ouvertement choisi de satisfaire la rente au détriment des Etats-providences et des contribuables : Grèce, Irlande, mais aussi à des degrés moindres, la quasi-totalité des Etats européens.

Les propos de la Chancelière de la République Fédérale, consacrés au partage du fardeau de la dette avec les créanciers, étant, était-il espéré, vite étouffés par de prétendus rédempteurs resserrements budgétaires. Prétendus, car on sait depuis peu (Patrick Artus), que le multiplicateur budgétaire sur la Grèce et l’Irlande est élevé, ce qui signifie – en principe – effondrement de la croissance, suite à une faible variation du déficit budgétaire.

Lire la suite

L’euro peut-il survivre à la crise ?

Par Jacques Sapir

Peut-on encore sauver l’euro ? La question hante désormais les responsables, en dépit des déclarations fracassantes et des rodomontades des uns et des autres. Le sommet européen, que l’on a officiellement salué pour la mise en place d’un dispositif de solidarité après 2013, a été incapable de prévoir des mécanismes permettant de lutter contre la spéculation et la crise de l’euro en 2011 et 2012. Les gouvernements vont partout répétant que les mesures déjà prises suffiront. Il est évident que c’est faux.

Lire la suite

Omar Bongo aurait financé des partis français, selon WikiLeaks

Des dirigeants gabonais, dont Omar Bongo, auraient détourné une trentaine de millions d’euros d’une banque africaine à leur profit mais aussi pour financer des partis politiques français, selon un télégramme diplomatique américain obtenu par WikiLeaks et publié par El Pais.

Ce télégramme de juillet 2009, en provenance de l’ambassade des Etats-unis au Cameroun, repris par le site internet du quotidien espagnol, s’appuie sur les dires d’un responsable anonyme de la Banque des Etats d’Afrique centrale (BEAC).

Lire la suite

Du colza pour dépolluer Tchernobyl

Pour réduire la contamination radioactive des sols, de nouvelles méthodes scientifiques sont expérimentées avec le soutien salutaire d’experts japonais.

Cliquer sur la carte pour l'agrandir

Près de vingt-cinq ans après la catastrophe [qui a eu lieu le 26 avril 1986], les habitants qui, en dépit des lois et des interdictions, sont restés vivre dans les environs de Tchernobyl ont peut-être enfin de quoi espérer.

Dans le cadre du CRDP, le Chernobyl Recovery and Development Programme [Programme de réhabilitation et de développement de Tchernobyl], développé par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), la région peut s’attendre à de véritables changements. La communauté internationale met l’accent sur la nécessité d’une transition vers une vie stable dans ces territoires où la contamination radioactive a diminué de façon significative depuis 1986.

Mais la situation reste peu réjouissante dans le domaine de la santé. Car des gens vivent encore sur les terres polluées par les radiations, y compris dans des villages d’où ils auraient dû être évacués depuis longtemps.

Contamination des cultures

Lire la suite

La zone euro en pleine autodestruction ?

En quelques mois, l’impensable a été mis en chantier : un dispositif de renégociation des dettes pour les pays de la zone euro. Sous la pression de la chancelière allemande Angela Merkel, les ministres des Finances des pays de l’Eurogroupe ont en effet confirmé, le 28 novembre à Bruxelles, la création d’un nouveau système, l’European Stability Mechanism (ESM).

Cliquer sur l'image pour l'agrandir

Un mécanisme de concordat, en quelque sorte, qui entrera en fonction en 2013.

Un été pour étudier

Les négociateurs du traité de Maastricht (1992), qui avaient donné naissance à l’euro, n’ont pas pensé à cette hypothèse lorsqu’ils ont rêvé à la monnaie unique dans les années 1980. «Des mécanismes organisant la résolution des problèmes de solvabilité des États existent ou ont été discutés, au FMI notamment, mais ils ne visent que les pays émergents», précise André Sapir, professeur d’économie à l’ULB et membre du think tank européen Bruegel.

Lire la suite

La réponse systémique dans toutes les têtes de l’UE

Les dirigeants de l’Union européenne s’entendront jeudi et vendredi à Bruxelles sur une réforme limitée du traité européen afin de créer un mécanisme permanent de crise mais ils poursuivront surtout les discussions sur des réponses plus systémiques à la crise.

Sans être à l’agenda de ce septième sommet européen de l’année – un record – la question de doper les capacités du fonds de stabilité de la zone euro et d’élargir ses missions, mais aussi la réflexion autour de la création d’obligations européennes devraient animer les débats dans les coulisses.

Selon le texte des conclusions du sommet, dont Reuters a obtenu une copie, les Vingt-sept ajouteront un paragraphe prévoyant un tel mécanisme à l’article 136 du traité, qui précise le fonctionnement de l’Union économique et monétaire.

La rédaction envisagée de ce paragraphe est la suivante : « les Etats Membres dont la monnaie est l’euro peuvent établir un mécanisme de stabilité pour sauvegarder la stabilité de la zone euro dans son ensemble. L’octroi d’une assistance financière via ce mécanisme devra être sujette à de strictes conditionnalités ».

Lire la suite

Une aide au Portugal pourrait atteindre 60 milliards d’euros

Le Portugal pourrait se voir contraint d’accepter avant la fin de l’année une aide internationale, dont le montant prévisible est estimé entre 45 à 60 milliards d’euros.

Jose Socrates

Les marchés parient que le Portugal sera le troisième pays de la zone euro, après la Grèce et l’Irlande, à demander une aide de l’Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI).

Avec une économie peu compétitive et une croissance très lente, le Portugal se trouve confronté à une envolée de ses coûts de financement sur les marchés internationaux.

Lire la suite

Poutine, de Gaulle russe !

Par Marc Rousset

Poutine, c’est l’homme que les Américains n’attendaient pas et qui a non seulement redressé la Russie, mais l’a sauvée du dépeçage en trois tronçons envisagé par Zbigniew Brzezinski, de l’exploitation de ses ressources naturelles par les groupes étrangers, de l’encerclement par l’O.T.A.N.

Intronisé par Eltsine, il a su très habilement s’imposer progressivement en changeant l’orientation politique du pays, après quelques hésitations vis-à-vis des États-Unis, tout en se débarrassant des encombrants oligarques. Par son action, Poutine a d’ores et déjà sauvé la Russie, mais il va aussi probablement sauver l’Europe occidentale, en lui proposant une aide et un autre modèle que le droit de l’hommisme décadent, de façon à ce qu’elle puisse se libérer du protectorat militaire américain.

Lire la suite

Claude Bébéar ne comprend pas la résistance des Français à la réforme des retraites

A 75 ans, Claude Bébéar (…) président d’honneur de l’assureur Axa – groupe qu’il a créé et dirigé – [et co-auteur de la Charte de la diversité en entreprise], figurait au sein de la commission Attali qui vient de remettre 25 recommandations pour doper la croissance. L’Institut Montaigne, le ” laboratoire d’idées “ qu’il préside, vient de publier un fascicule intitulé ” 15 propositions pour l’emploi des jeunes et des seniors “. Dans un entretien au Monde, il défend la retraite par point, conseille à Nicolas Sarkozy d’adopter un style moins agressif et demande aux entreprises de s’engager pour l’emploi des jeunes. Extraits.

Les fonds de pension américains ont perdu, en 10 ans, 60,7% de leur valeur. La retraite perçue par un américain de 65 ans a baissé de 71,7%. Source : http://www.lipperweb.com/

Les Français restent largement hostiles à la  réforme  des retraites. Comprenez-vous leur  résistance ?

Lire la suite

Vous devez absolument voir le film Wall Street II… et enfin comprendre !

Par Paul Dontigny (Québec)

Je vous conseille fortement de louer le film Wall Street de 1987 et de l’écouter avant de voir le II.

Et petite parenthèse : lorsque j’ai vu Wall Street 1, j’avais environ l’âge de Bud Fox, le personnage interprété par Martin Sheen. J’avais commencé cette année-là, à 21 ans, à travailler comme courtier et ce que je voyais dans ce film représentait la réalité de ce qui se passait ici [au Québec] à plus petite échelle, dans le contexte des nouvelles émissions Réa [fonds d'investissement de la Banque Nationale du Canada] et le reste…

Le insider trading [trading d'initiés] et le sentiment de pouvoir relié à la capacité potentielle de faire toujours plus d’argent. Les avocats, comptables, le « gang » de financement corporatif et des élites des dirigeants qui vendaient leur stock [portefeuille d'actions] au public.

La focalisation ultime, voire l’obsession envers l’argent à tout prix. C’était ce que j’ai souvent qualifié de « la culture de Wall Street » et elle existe depuis que la première action a transigé [été vendue], et elle existera encore dans 100 ans.

Je racontais ce qui se passait dans cette industrie à mon père qui était médecin et il ne me croyait pas. Il m’avait dit : « la plus grande firme au Canada ne laisserait pas faire de telles choses au détriment des clients » et j’avais répondu qu’elle ne laissait pas faire, elle encourageait et protégeait ces activités… comme tous les autres. En fait, le véritable problème est que les organismes de réglementation essaient de faire croire au public qu’il est protégé…

Lire la suite

Pour le FMI, le secteur financier reste « le talon d’Achille de la reprise économique »

Dans son rapport semestriel sur la stabilité financière dans le monde, publié mardi 5 octobre, le Fonds monétaire international (FMI) conseille de maintenir le soutien des Etats au secteur financier mondial, qui « reste le talon d’Achille de la reprise économique ».

Pâris, guidé par Apollon, s'apprête à tuer Achille. Gravure de François Chauveau (XVIIe s.)

L’institution a cependant abaissé son estimation des pertes qu’auront dû absorber, entre l’été 2007 et la fin 2010, les banques et autres institutions financières américaines, européennes et asiatiques, en raison de la baisse de la valeur constatée ou prévisible de leurs actifs financiers. Ce coût de la crise est évalué désormais à 2 200 milliards de dollars, contre 2 300 milliards il y a six mois et 2 800 milliards il y a un an. Cette révision à la baisse s’explique essentiellement par une diminution des pertes sur valeurs mobilières.

Toutefois, prévient le FMI, les banques ont fait moins de progrès vis-à-vis de leur financement à court terme, avec un total de près de 4 000 milliards de dollars de dette à refinancer dans les deux années qui viennent.

SELON LE FMI, LES AIDES AU SECTEUR DOIVENT ÊTRE MAINTENUES

Lire la suite

Crise économique ou crise du sens ?

Un entretien avec Michel Drac

En 2009, dans « Crise ou coup d’état ? », vous analysiez les aspects purement macro-économiques de la Deuxième Grande Dépression. Cette année, dans « Crise économique ou crise du sens ? », vous écrivez : « Il est temps de nous éloigner de l’économie-monde, pour nous demander si l’économie peut constituer un monde ». Pouvez-vous, dans un premier temps, nous présenter la structure de votre livre ?

Dans « Crise ou coup d’Etat ? », j’ai tenté de montrer que la « bulle de l’endettement » est une stratégie des milieux dirigeants pour gérer le recul de leur domination dans le monde. Il s’agit de gagner la guerre de classes en Occident, alors que sur le plan géostratégique, les milieux dirigeants occidentaux sont confrontés à la montée en puissance d’une Asie rivale. Les classes dirigeantes veulent un modèle dual, afin que l’oligarchie survive au monde qu’elle gérait.

Dans « Crise économique ou crise du sens ? », j’ai voulu comprendre pourquoi notre classe dirigeante avait fait ce choix. Dire que notre classe dirigeante est formée d’irresponsables égotiques préoccupés de leurs intérêts de caste, c’est décrire la surface des choses ; la vraie question, c’est : pourquoi cette classe dirigeante pense-t-elle comme elle pense ?

Je propose d’articuler la réponse autour de la notion de crise du sens. Notre système est en lui-même une crise. La crise est devenue l’essence de notre système, parce qu’il n’est plus consacré qu’à sa propre reconduction. Il n’y a plus de sens à l’action de nos dirigeants, en dehors du maintien de leur position. J’emploie, pour décrire cette situation, des analogies avec, en particulier, la situation de l’Union Soviétique sous Brejnev, ou encore la paraphrénie qui a saisi, à l’échelle micro-économique, la direction d’Enron, progressivement, dans le courant des années 1990. Tout l’Occident est, désormais, un Enron géant.

La crise des subprimes dissimulerait en réalité une implosion spirituelle. Quels éléments vous ont amené à dépasser le cadre de la réflexion macro-économique ?

Lire la suite

Le bio tente de plus en plus d’agriculteurs français

Eric Gobard, 41 ans, est un agriculteur heureux, et même enthousiaste. Il y a deux ans, ce céréalier installé depuis huit ans, à Aunoy, au coeur de la Seine-et-Marne, haut lieu de l’agriculture intensive, a converti 30% de ses 200 hectares au mode de production biologique. Il espère aller au-delà, car, dit-il, il se sent “aspiré” par ce mode de production.

Part des Surfaces bio dans les départements en pourcentage de la Surface Agricole Utilisée. (Données Agence Bio, Agreste)

Il est loin d’être le seul. Après des années de stagnation, l’agriculture bio est en pleine explosion. Les conversions ont augmenté de 23,4% en 2009, et, en 2010, la progression s’accentue encore. La barre des 20.000 producteurs devrait être franchie.

Lire la suite

Projet pour une rupture décisive

En avant-première, voilà la conclusion du livre «La Déglobalisation» (titre provisoire) de Jacques Sapir, à paraître prochainement aux Éditions du Seuil.

La France a tout misé depuis près de trente ans, sur des solutions coordonnées. Qu’il s’agisse de l’euro ou des règles du marché international, elle a délibérément abandonné tout moyen d’agir et renoncé à une politique nationale. Sans chercher à juger sur le fond, remarquons qu’une telle attitude fait de nous le dindon de la farce, car elle n’a de sens que s’il existe au niveau international une volonté commune pour faire triompher des solutions collectives. Or, cette dernière volonté est absente, à l’évidence. Ce sont bien des politiques nationales que suivent les autres pays, n’en déplaise à nos dirigeants présents et passés.

Lire la suite

Une victoire du lobby bancaire

LE chiffre que les banques attendaient – avec une inquiétude largement médiatisée – est enfin sorti. Ce sera 7%. Pour garantir leur bilan, le comité de Bâle, émanation de la Banque des règlements internationaux (BRI), a décidé que les banques devront détenir 7% de fonds propres (ratio dit de Bâle III).

Elles disaient craindre 9% ou 10%, et le soulagement est tel que les valeurs bancaires sont à la fête aujourd’hui [13 septembre 2010]. Car le comité de Bâle a en plus accordé un délai de 8 ans pour se conformer à cette nouvelle norme.

Bien sûr, les banquiers vont continuer à hurler de plus belle. Le lobby bancaire s’est d’ailleurs exprimé très vite dans un communiqué publié dans la matinée [du 13 septembre 2010] par la Fédération bancaire française (FBF). “La principale préoccupation des banques françaises est que le renforcement des fonds propres auquel conduit la réglementation constitue une contrainte forte qui pèsera inévitablement sur le financement de l’économie et notamment le volume et le coût du crédit“, explique ainsi la FBF. L’argument n’est pas nouveau mais il a largement prouvé son efficacité. Alors, pourquoi s’en priver ?

Lire la suite

La réforme des retraites entre mensonges et manipulations

Par Malakine

La journée d’action contre la réforme des retraites a semble t-il été un franc succès, ce qui n’a rien d’étonnant dans la mesure où la réforme portée par le ministre Woerth fait presque l’unanimité contre elle. On lui reproche son inéquité, son injustice, le recul des droits sociaux qu’elle implique ou l’insuffisante mise à contribution des revenus du capital. Pourtant, il est deux arguments qui me semblent insuffisamment développés dans le débat public.

Lire la suite

États et banques vont s’affronter pour se financer sur les marchés

États européens et banques vont s’affronter dans les prochains mois auprès des investisseurs pour lever des fonds sur les marchés, estime l’agence de notation Fitch dans une étude.

Jusqu’ici la majorité des États de la zone euro ont réussi à trouver fin juin la moitié des liquidités nécessaires à leur financement cette année.

L’agence indique qu’au total États et établissements financiers vont solliciter 455 milliards d’euros dans la seconde moitié de l’année auprès des investisseurs, et entre 900 milliards et 1.000 milliards par an en 2011 et 2012.

La Grèce, l’Irlande, le Portugal, et l’Espagne, rebaptisés mauvais élèves de l’Europe, qui ont émis récemment des obligations sur les marchés, ont même déjà trouvé deux-tiers, voire trois-quarts de leurs financements.

Mais la situation risque de se compliquer avec l’arrivée prochaine sur les marchés des banques, également à la quête de financement et dont les dettes arrivent à maturité, fait remarquer Fitch.

Lire la suite