Cinéma : « The big short – Le casse du siècle »

Quatre outsiders du monde de la finance, qui avaient prédit l’effondrement du marché immobilier du milieu des années 2000, décident d’attaquer les banques responsables pour leur manque de prévoyance et leur avidité. C’est le point de départ de “Le casse du siècle”.

Le prochain film avec Brad Pitt et Ryan Gosling, Le casting est impressionnant le casse du siècle sortira le 23 décembre dans les salles.
Lire la suite

Noorassur : Une assurance hallal, mais pas sans risque

La ferveur musulmane progresse et, avec elle, les affaires, notamment en matière financière. Sonia Mariji, 43 ans, l’a bien compris et vient d’ouvrir à Chelles (77) sa première agence d’assurance islamique sous la marque Noorassur. La première pierre d’une franchise d’assurance « hallal » qui devrait compter plus d’une vingtaine d’agences d’ici à la fin de l’année.


À l’origine de ce projet, assure-t-elle, une prise de conscience personnelle : « Le krach de 2008 était une crise de cupidité. J’ai alors pris conscience que les choses ne pouvaient plus continuer ainsi. Je suis musulmane: j’ai cherché une manière plus éthique de faire de la finance. »

Le marché est mûr, pense Sonia Mariji. D’abord parce que les musulmans en Europe, et notamment en France, sont de plus en plus nombreux à vouloir revenir à une pratique plus stricte de la loi musulmane. Or celle-ci interdit le prêt à intérêt et l’usure, ce qui exclut en théorie tout investissement dans des produits à intérêt garanti comme les produits obligataires.

Est aussi proscrit le fait de gagner de l’argent sur le malheur des gens, donc si assurance il y a, elle est fondée sur la solidarité et de type mutualiste et interdit de facto le principe de l’assurance décès ; l’investissement dans des secteurs « haram », impurs, comme l’industrie porcine, bien sûr, mais aussi la drogue, l’armement, etc. est prohibé.
Lire la suite

Mammon ou la religion de l’argent

« L’argent s’empare des choses et les rend anonymes. On ne peut pas savoir d’où il vient, ni où il est, ni où il va. » Qu’est-ce que l’argent ? Où va-t-il quand on le place dans une banque? Qui fixe les règles? Voyage étourdissant dans les labyrinthes de l’économie et de la finance.

L’argent. Médium du pouvoir. On peut le nier, on cherche pratiquement tous à le posséder, à en avoir toujours plus, au moins assez pour vivre bien. On l’utilise chaque jour, sans même se poser la question de sa provenance, ni de la réelle valeur du billet qu’on tient entre les mains.

À l’heure où le pouvoir d’achat semble s’effriter, beaucoup cherchent à faire fructifier le peu d’argent qu’ils économisent, à rendre tout simplement leur vie plus confortable, plus sécurisée. Prêts, intérêts, taux, bourse… autant de termes que l’on pense maîtriser, mais qui sont au final tous plus abstraits les uns que les autres. Et si l’argent que nous possédons était une notion abstraite? Et si, en définitivement, c’était lui qui nous possédait?

Lire la suite

États-Unis : 9 experts prédisent l’imminence d’une grande crise financière

Y aura-t-il un effondrement financier aux États-Unis avant la fin 2015 ? Un nombre croissant d’experts financiers respectés avertissent que nous sommes au bord d’une nouvelle grande crise économique. Bien sûr, cela ne signifie pas que cela se produira. Ils se sont déjà trompés. Mais sans aucun doute, de nombreux signaux d’alertes fleurissent un peu partout et semblent orienter les faisceaux dans ce sens.

Les actions américaines baissent, le Dow Jones a ainsi perdu plus de 750 points depuis le sommet du marché en mai, et une action américaine sur cinq se trouve déjà dans un trend baissier. Les prochains mois pourraient être extrêmement chaotiques…

Ci-dessous, l’alerte de chacun des 9 experts financiers sur l’imminence d’une grave crise financière…
Lire la suite

La fin annoncée de la civilisation industrielle

Sur les neuf frontières vitales au fonctionnement du « système Terre », au moins quatre ont déjà été transgressées par nos sociétés industrielles, avec le réchauffement climatique, le déclin de la biodiversité ou le rythme insoutenable de la déforestation. « Nous sommes en train de vivre une mosaïque d’effondrements ».

Transgresser ces frontières, c’est prendre le risque que notre environnement et nos sociétés réagissent « de manière abrupte et imprévisible », préviennent Pablo Servigne et Raphaël Stevens, dans leur livre « Comment tout peut s’effondrer ».

Rappelant l’ensemble des données et des alertes scientifiques toujours plus alarmantes, les deux auteurs appellent à sortir du déni. « Être catastrophiste, ce n’est ni être pessimiste, ni optimiste, c’est être lucide ».

Lire la suite

Suisse : L’essor grandissant des «robo advisors» dans la gestion de fortune

Les offres basées sur des placements entièrement automatisés vont gagner en importance, selon une étude de l’IFZ et de Swisscom. Si le conseil personnalisé ne va pas disparaître, la pression sur les tarifs va encore s’accentuer

Votre portefeuille sera-t-il bientôt géré par un robot? Le mouvement est en marche, y compris en Suisse. Des solutions entièrement automatisées de type «robo advisors» sont déjà proposées par la start-up True Wealth, le site Investomat.ch de la Banque Cantonale de Glaris ou la banque en ligne Swissquote.

Avec ces offres, le client fournit d’abord des indications sur sa tolérance envers le risque et ses préférences d’investissement – la gestion de ses placements et le rééquilibrage du portefeuille étant ensuite automatisés. Sans oublier les grandes banques qui ont élaboré des solutions alliant gestion en ligne en grande partie automatisée et conseil personnalisé, à l’exemple d’UBS Advice.

Face à cette concurrence, pour quels services les clients accepteront-ils encore de payer?
Lire la suite

Climat : Un marché à 100 milliards de dollars pour la finance

Financer des transports urbains propres, des centrales photovoltaïques, des fermes éoliennes, des programmes de reforestation, des réseaux d’assainissement… Les enjeux climatiques qui visent à réduire les émissions de gaz à effet de serre deviennent prioritaires dans les projets de développement économique et social. À neuf mois de la conférence de l’ONU sur le climat, les banques privées et publiques sont conviées à Bercy.

Ils prennent encore plus d’importance dans la perspective de la conférence climat, la COP21 – 21e conférence des Nations unies sur le changement climatique -, qui se tiendra en décembre, à Paris. Les acteurs publics se mobilisent à l’instar de l’International développement finance club (IDFC) – instance réunissant 22 institutions publiques du Nord et du Sud, nationales et régionales, dont l’Agence française de développement – qui organise ce mardi, au ministère des Finances un forum sur la «Finance climat».

Sur 370 milliards d’euros de financement en 2013, l’IDFC a engagé 80 milliards sur des projets «verts». «L’objectif est d’adopter un langage commun sur ce qu’est un projet climat, d’adopter les bonnes pratiques et d’associer le secteur privé, banques, assurances ou fonds de pension, explique la directrice générale de l’AFD, Anne Paugam. Nous sommes pionniers dans ce volontarisme, en terme d’objectifs et de méthodes!»

Depuis 2005, l’AFD a financé 18 milliards d’euros sur des projets ayant un bénéfice sur le climat, dont 2,9 milliards en 2014.
Lire la suite

Vous avez aimé la crise financière de 2008, vous allez adorer la prochaine

Surabondance de liquidités, écrasement des taux d’intérêt, sophistication des outils financiers, garde-fous illusoires. Autant d’éléments qui poussent, à nouveau, “au crime”.

C’est un signe révélateur. Jusqu’au bout, les marchés n’ont pas voulu intégrer le risque d’un défaut de paiement de la Grèce. Grisés par les liquidités, ils font preuve d’un optimisme inébranlable. Rien ne vient entamer ce dernier, pas même les mauvaises nouvelles qui ne manquent pourtant pas. Déstabilisation de la péninsule arabique, signes de ralentissement de l’économie mondiale, etc., peu importe, l’indice VIX qui mesure la volatilité des marchés, autrement dit leur degré de stress et de peur, reste à son étiage. Très loin de ses sommets atteints pendant la crise de 2007 et 2008.

“L’idée même du risque semble avoir disparu de la tête des investisseurs. Comme s’ils avaient souscrit une assurance tous risques auprès des banques centrales”, observe Christopher Dembik, analyse chez Saxo Bank. Pourtant, quelque chose ne va pas. 

Lire la suite

Bientôt un hedge fund contrôlé par intelligence artificielle?

C’est une révolution qu’est sans doute en train de construire le fonds américain Bridgewater Associates. Pour la première fois le plus gros gérant de hedge fund du monde va mettre en place un fond entièrement dirigé par les algorithmes et l’informatique. Un cas d’école qui n’est pas sans légèrement inquiéter l’ensemble de la planète financière.

Ange ou démon ? Difficile de deviner quelle sorte de créature va émerger de l’imagination des responsables du fonds d’investissement Bridgewater. Pour la première fois, le groupe, riche de 165 milliards de dollars, va faire gérer un de ses fonds entièrement par ordinateur. Et ce dès le mois prochain.

Selon les révélations de l’agence Bloomberg, on va aller avec ce projet bien au-delà de ce qui a déjà été fait en matière de trading et de décision d’investissements informatisées. Jusque-là, le trading algorithmique et haute fréquences étaient surtout des outils au service d’une stratégie élaborée par des hommes.

Lire la suite

L’année 2015 promet d’être favorable aux hedge funds

La cherté des marchés actions et les rendements obligataires bas, voire négatifs, poussent les investisseurs vers des solutions alternatives. Dans ce contexte, les hedge funds ont bien commencé l’année.

L’industrie des hedge funds ne s’est jamais aussi bien portée depuis la crise de 2008. Selon Hedge Fund Research®, 2014 a vu le plus grand flux de capitaux investis dans des hedge funds depuis 2007, soit 76,4 milliards de dollars, portant à un niveau record de 2,85 trillions de dollars leurs actifs globaux. Le baromètre de la performance de l’industrie, l’indice HFRI Fund Weighted Composite Index®, s’est apprécié de 3,3% en 2014 (une performance en dessous des attentes).

Lire la suite

Stéphanie Gibaud : Le combat d’une femme contre la finance opaque

Après avoir dénoncé les activités illégales de son ex-employeur, la banque UBS France, Stéphanie Gibaud explique sur TV Libertés les pressions insoutenables qu’elle a subies et son combat pour faire éclater la vérité sur les évasions fiscales.

(Merci à Rémy)

Du fer à la finance : L’empire Wendel

La dynastie Wendel, fleuron de la sidérurgie française au XIXe siècle, a survécu à tous les bouleversements économiques depuis la première révolution industrielle. Avec la crise de la sidérurgie dans les années 1970, l’empire lorrain des Wendel est nationalisé. Ses dettes sont rachetées.

L’État français lui laisse ses participations financières dans quelques entreprises rentables. La dynastie confie alors son destin au baron Ernest-Antoine Seillière, qui transforme le groupe industriel en un empire financier.

Celui-ci transforme radicalement la stratégie familiale et modifie le groupe industriel en un empire financier. Dans le même temps, il prend la tête du Medef et participe ainsi à tous les niveaux au mouvement de financiarisation de l’économie française.

A travers la saga des Wendel, Patrick Benquet décortique parfaitement la mutation d’un capitalisme industriel volontiers paternaliste en un capitalisme sans foi ni loi, dont le seul dessein est d’enrichir grassement ses actionnaires.

Le coût du capital, frein à l’activité

Auteurs d’une étude remarquée sur le coût du capital, les économistes Laurent Cordonnier, Thomas Dallery, Vincent Duwicquet, Jordan Melmiès et Franck Van de Velde reviennent pour Mediapart sur la nécessité d’envisager un retournement du rapport de force aujourd’hui favorables aux actionnaires. Car l’utilisation qui est faite des profits des entreprises menace à moyen terme leur formation même.

Le capital a un sens équivoque pour les économistes : il peut s’agir du capital productif (ensemble des machines, bâtiments, brevets, logiciels…) qui se situe à l’actif du bilan des sociétés non financières, ou il peut s’agir du capital financier (dettes et fonds propres) que l’on trouve au passif de ce même bilan. Le coût du capital est donc lui aussi l’objet d’interprétations ambivalentes. Sans même évoquer ici sa signification dans la théorie financière standard, on peut repérer deux sens à l’expression “ coût du capital ”: il y a d’une part le coût du capital au sens économique, représenté par la dépense annuelle des sociétés non financières pour se doter de capital productif ; et d’autre part le coût du capital financier, formé des dépenses annuelles en intérêts et en dividendes.

Lire la suite

TTIP : Peurs et espoirs du partenariat commercial UE-USA

Alimentaire, automobile, énergétique, chimique, financier, tels sont les secteurs affectés par le TTIP, les négociations de libre-échange entre l’Union européenne et les États-Unis.

Un partenariat controversé, que le Comité des Régions de l’UE avait mis à l’agenda de sa session plénière.

Nature, le nouvel eldorado de la finance

La course au profit généralisé et le marché global ont largement contribué à la crise écologique actuelle. Pourtant, les mondes de l’économie et de la finance prétendent renverser la tendance et sauver la planète en la protégeant à leur façon, c’est-à-dire avec de l’argent.

C’est bien l’émergence d’un nouveau marché, celui de la protection environnementale, que décrypte le documentaire de Sandrine Feydel et Denis Delestrac – l’auteur du Sable, enquête sur une disparition.

Des banques et des fonds d’investissements, pourtant responsables de la dernière crise financière en date, achètent d’immenses zones naturelles riches en espèces animales et végétales menacées.


Monétarisées et financiarisées, ces réserves sont ensuite transformées en produits boursiers possiblement spéculatifs. On peut donc acheter des actions “mouche”, “orang-outan” ou “saumon”.

En investissant dans ces titres, les entreprises polluantes obtiennent des “certificats de bonne conduite” qui les dispensent de suspendre leurs activités les plus néfastes.

Réalisé par Sandrine Feydel et Denis Delestrac (France – 2014)

Finance : sommes-nous encore en démocratie ?

Six ans après une crise sans précédent, et malgré les appels de la presse et des citoyens, le monde politique n’a pas réussi à réduire le déséquilibre entre la sphère financière et l’économie réelle.

Pendant une trentaine d’années, le monde occidental a considéré que la déréglementation de la finance était le plus sûr moyen de doper la croissance. Cette conviction nous a conduits non pas au bord du gouffre mais dans le gouffre.

Ceux qui observent la progression fulgurante des marchés financiers depuis 2008 et concluent que nous avons échappé à la catastrophe, que nous sommes dans un nouveau cycle, se trompent lourdement. Six ans après cet automne 2008 qui a été marqué par l’effondrement du système financier, nous sommes toujours dans la crise et rien, ou presque, n’a été résolu. Nos concitoyens qui souffrent de cette crise, dans laquelle ils n’ont aucune responsabilité, attendaient pourtant de leurs dirigeants qu’ils fassent tout pour que la finance – toute la finance – soit remise à sa place, celle du financement de l’économie.

Lire la suite

Les Franciscains au bord de la faillite

Les Franciscains se trouvent dans une situation financière particulièrement “grave” à la suite de malversations, a annoncé le supérieur de l’ordre, Michael Perry, dans une rare lettre ouverte appelant à la solidarité.

Selon le magazine italien Panorama, des dizaines de millions d’euros ont été investis dans des sociétés suspectes qui font désormais l’objet en Suisse d’une enquête pour trafics illicites. Plusieurs journaux italiens évoquent en revanche les choix hasardeux de l’ordre, comme la disparition de millions d’euros dans la rénovation de l’hôtel “Il Cantico” à Rome, au luxe si éloigné des aspirations de François d’Assise.

Sans donner de détails, Frère Perry a expliqué cette semaine sur le site internet de l’Ordre des frères mineurs (ordre franciscain) qu’une enquête interne lancée en septembre avait révélé des malversations menaçant “la stabilité financière et le patrimoine de l’ordre”. Le trésorier général de l’ordre a démissionné et plusieurs frères sont soupçonnés d’”activités financières douteuses“, mais Frère Perry a aussi évoqué “le rôle important d’acteurs externes” et expliqué que la justice civile était donc saisie.

Lire la suite

Réserves d’or : Marine Le Pen réclame un audit au Gouverneur de la Banque de France‏

Lettre ouverte à Monsieur Christian Noyer, Gouverneur de la Banque de France, concernant les réserves d’or de la France.

Monsieur le Gouverneur, Au nom des Français et en ma qualité de principal chef de l’opposition, j’ai l’honneur de vous écrire, car il est de mon devoir de vous présenter une requête sur les réserves d’or de la France, relevant de l’intérêt supérieur de notre nation.

Avant même le déclenchement de la crise de 2008, le Front National avait anticipé et informé les institutions politiques de l’aggravation à venir du contexte macro-économique et géopolitique. Dans le cadre du modèle économique de plus en plus ultralibéral adopté par la France sous la pression de Bruxelles, aucun des fondamentaux économiques ne peut s’améliorer durablement. Tous les Français peuvent constater que les politiques d’austérité exigées par l’Union Européenne et la BCE et menées par le gouvernement sont un échec avéré et grave pour notre pays.

L’institution monétaire que vous dirigez a pour mission historique d’être la banque centrale dépositaire des réserves monétaires nationales et notamment des réserves d’or. Selon notre vision stratégique et souveraine, celles-ci n’appartiennent ni à l’État, ni à la Banque de France mais bien au peuple français et de surcroît servent de garantie ultime à la dette publique et à notre monnaie.g>

Dans la guerre froide monétaire qui se joue entre les pays occidentaux et les pays des BRICS, l’or reprend progressivement un rôle important. Selon le Conseil Mondial de l’Or, les réserves officielles d’or de la Chine, de l’Inde et de la Russie ont fortement augmenté entre 2007 et 2013.
Lire la suite

“Les banksters, voyage chez mes amis capitalistes”

Marc Roche, journaliste financier, correspondant du Monde à Londres, est l’auteur de “Les banksters, voyage chez mes amis capitalistes” (2014).

Qu’est-ce que la City de Londres ?

Le mea culpa d’un libéral qui n’a pas vu venir la crise
Lire la suite

L’urgence de ralentir

Comment, dans un monde où l’accélération s’impose en règle, des initiatives émergent pour redonner sens au temps et inventer de nouveaux modèles pérennes ?

Course suicidaire et inconsciente“, selon Edgar Morin, l’accélération financière et technologique, déconnectée du rythme de l’homme, mène notre système à l’épuisement et vers des catastrophes tout à la fois écologiques, économiques et sociales. Mais alors que des algorithmes accentuent de manière exponentielle la spéculation financière hors de tout contrôle, aux quatre coins de la planète des citoyens refusent de se soumettre aux diktats de l’urgence et de l’immédiateté, pour redonner sens au temps.

En Europe, aux États-Unis, en Amérique Latine ou encore en Inde, Philippe Borrel (Un monde sans humains ?) est allé à la découverte de ces initiatives, individuelles et collectives, qui proposent des alternatives basées sur d’autres paradigmes.

Lire la suite

Maître de l’univers

Après une vie au service de banques d’investissement allemandes, Rainer Voss, la cinquantaine, a décidé de parler. Depuis des locaux désaffectés du quartier des affaires de Francfort, il décrit par le menu le monde qu’il a fini par quitter : son ascension dans les années 1980, la libéralisation à outrance, la dérégulation et les “innovations financières” qui ont pu offrir à ceux qui en maîtrisaient les arcanes la sensation d’être les maîtres de l’univers.

Les acteurs du secteur, brassant quotidiennement des millions d’euros, se sont peu à peu éloignés du monde réel, tandis que la finance se déconnectait des réalités économiques et sociales.

Une secte

Avec minutie, Rainer Voss détaille la complexification et l’interconnexion croissante des affaires traitées, mais aussi la manière dont l’entreprise dévore ses employés : travailler plusieurs nuits d’affilée, ne pas parler politique ni questionner le bien-fondé des décisions, faire preuve d’une loyauté indéfectible pour son entreprise – un monde aux allures de secte, aux répercussions colossales sur l’économie mondiale.

Pour le réalisateur, il a été difficile de trouver un banquier prêt à parler devant la caméra. Le résultat est un stupéfiant dialogue, à la fois démonstration à charge et confession intime.

Radio Courtoisie : « Situation économique et nouvelle fiscalité » (Audio)

Le mercredi 23 juillet 2014, dans le Libre journal de la résistance française sur Radio Courtoisie, Emmanuel Ratier recevait Jean-Pierre Rondeau, conseiller financier, président de Mégara Finance, président de la Compagnie des CGPI.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

EPEE – Intelligence économique | Intelligence stratégique

Gérard Foucher : « Combat contre la finance »

Gérard Foucher s’est transformé en résistant contre la finance en cherchant à comprendre le fonctionnement de la monnaie et du système économique. Une entrevue dans la bonne humeur pour comprendre la finance et son système de prédation de la richesse des peuples.

Auteur du livre “Les secrets de la monnaie – Changer la monnaie pour changer le monde“, il était invité à Toulouse le 17 septembre 2013 par le groupe local pour le revenu de base, dans le cadre de la semaine internationale du revenu de base, à présenter la conférence gesticulée qu’il a créé sur la base de son livre.

État-Unis : New-York en voie de privatisation intégrale

La ville de New York est le théâtre d’une expérience inédite. Elle bénéficie en effet d’un prêt de 10 millions de dollars consenti par Goldman Sachs qui investit dans un programme de réinsertion destiné à éviter la récidive chez les jeunes détenus à Rikers Island. 

Les deniers de Goldman Sachs arrangent donc bien les affaires d’une ville n’ayant plus trop les moyens financiers à consacrer pour lutter contre une récidive, qui touche tout de même près de la moitié de ses jeunes.

Loin de représenter un cas isolé, cette expérience de Rikers Island fait en réalité partie d’une nouvelle tendance – voire d’une mode? – d’investissement affublée de l’appellation philanthropique de “social impact bonds”, en français « obligations sociales ».

Si ce n’est que l’évolution du taux de récidive (dans ce cas précis) conditionne les profits de la banque, du secteur privé, bref des investisseurs, qui doivent être contractuellement rémunérés si celui-ci s’améliore et qui, à l’inverse, perdent leurs placements en cas d’échec.

Lire la suite

La fin du travail, la faim de travail

La vraie crise, pour Pierre-Yves Gomez, professeur à l’EM Lyon, n’est pas à chercher dans les chiffres mais dans l’intensification, au-delà du supportable, du travail des actifs. Un travail de plus en plus «productif», vidé de son sens.

C’est un titre, à vrai dire, un peu sibyllin: «Le travail invisible», enquête sur une disparition. Le livre de Pierre-Yves Gomez, professeur à l’EM Lyon, est pourtant une plongée passionnante dans les rouages de la crise. Une crise imputable aux excès de la finance, certes. Mais qui, en réalité, nous confronte surtout à nos vains espoirs et vraies contradictions.

Lire la suite

Le montant des produits dérivés dans le monde : 710.000 milliards de dollars

La Banque des Règlements Internationaux (BRI) vient de publier une étude statistique sur le montant des produits dérivés dans le monde à la fin 2013, et ceux-ci atteignent le montant incroyable de 710.000 milliards de dollars (710.000.000.000.000 dollars). Pour prendre un élément de comparaison, le PIB des Etats-Unis en 2013 se monte à 16.000 milliards de dollars, soit 44 fois moins. Et cette masse de produits dérivés est supérieure de 20% au record précédent, qui date de juste avant la crise de 2008… On parle beaucoup de bulles en ce moment, sur les actions, les obligations ou les matières premières, voici incontestablement la plus gigantesque.

Qu’est ce qu’un produit dérivé ? C’est un contrat entre deux parties dont la valeur est déterminée par les variations de prix d’un actif sous-jacent (obligations, actions, matières premières, devises). Il sert à se protéger contre des variations de prix ou de taux d’intérêt, ou à spéculer. Autre type de produit dérivé, le CDS (Credit default swap), qui sert à se protéger d’un événement de crédit (un emprunteur, Etat ou entreprise, qui fait défaut). La majorité des contrats sont négociés de gré à gré, et non sur un marché, c’est-à-dire dans l’opacité la plus complète.

Raison de plus de s’inquiéter : aux Etats-Unis, la plus grande partie de ces produits est détenue par seulement quatre banques (JP Morgan, CitiBank, Goldman Sachs, Bank of America). La concentration est également très élevée en Europe, avec notamment la Deutsche Bank (nous en avions parlé) et les banques françaises. Le volume est énorme mais les transactions ont lieu entre un petit nombre d’acteurs.

Lire la suite

Le capitalisme est entré dans des logiques de destruction

Pour Saskia SASSEN, sociologue à Harvard, les chômeurs radiés, les classes moyennes chassées des centres-villes et les écosystèmes dévastés subissent un même phénomène : l’ « expulsion »

Aujourd’hui à Bilbao, la veille à New York, le lendemain au Royaume-Uni : entre deux avions, Saskia Sassen, professeure de sociologie à l’université Columbia, à New York, discourt, débat, provoque. Depuis vingt ans, elle scrute la mondialisation dans toutes ses dimensions – économiques, financières, politiques, sociales et environnementales. Cosmopolite, cette polyglotte née aux Pays-Bas, en 1949, a grandi à Buenos Aires avant d’étudier en France, en Italie et aux Etats-Unis. Elle publie ces jours-ci, aux Etats-Unis, Expulsions (Harvard University Press).

Dans votre nouveau livre, vous avancez que la mondialisation est entrée dans une phase d’ « expulsion ». Qu’entendez-vous par là ?

Lire la suite

Le T.E.G. : Une vraie faille dans le système bancaire

« Il y a une faille en toute chose, c’est ainsi que pénètre la lumière.* » Ces paroles de Leonard Cohen dans Anthem nous rappellent, si besoin était, que rien n’est inéluctable. Rien n’est éternel. Et un système, aussi oppressant soit il, dévoilera ses failles au cours du temps, laissant ainsi passer un rai de lumière propre à éclairer une humanité qui provoquera la déchéance dudit système. Parfois même, la faille est si grande que l’on n’ose y croire.

Toujours tenus par la croyance forte que les puissants sont plus intelligents que la masse, fatalistes et pauvres pékins moyens que nous sommes, nous nous réfugions toujours dans la certitude de notre incapacité à défaire ce qui nous semble indéfaisable, omnipotent, presque divin. Si bien que plus la faille est béante, moins nous nous y engageons.

Pourquoi ? Parce que nous fonctionnons bien souvent selon l’adage cher à Philippe Vandel : « Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? »

Pourtant, force est de constater que ce « système » sous le joug duquel nous errons, tels des marionnettes « enguignolées » donnant du bâton de temps en temps sur des sujets pare-feu afin de satisfaire notre égo pseudo-civique ou de nous déculpabiliser vis à vis de nos enfants (« Moi, mon fils, j’ai manifesté. La société dans laquelle tu vis, ce n’est pas de ma faute… »), ce « système » donc, cherche constamment à reboucher les failles s’ouvrant béantes à nos yeux incrédules.

Et, plus il atteint son paroxysme, plus sa fin est proche.
En résumé : tout a un début, et tout a une fin… Même l’oligarchie financière.

Le T.E.G., ou la possibilité d’un effondrement.

Et, ma foi, s’il nous échoit de pouvoir précipiter sa perte, ne nous en privons surtout pas. Même s’il n’y a rien derrière, car rien ne peut pas être pire que ça.

Depuis quelques jours, nous voyons poindre sur les réseaux le début d’une information pas encore bien étayée, concernant des erreurs de TEG. Le TEG, kézaco ?

Lire la suite

Radio Courtoisie : Chine, la guerre des monnaies (Audio)

Libre journal de la Résistance française, diffusé le mercredi 02 avril 2014 sur Radio Courtoisie. Emmanuel Ratier recevait Jean-François Goulon et Lucien Cerise pour leur traduction de l’ouvrage de HongBing Song “La guerre des monnaies, la Chine et le Nouvel Ordre Mondial “.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

L’art de la déstabilisation psycho cognitive

La déstabilisation concurrentielle est une pratique extrêmement répandue dans nos sociétés capitalistes, mondialisées et plongées dans un contexte de guerre économique. Cette pratique fait intervenir des actions d’influence, de désinformation, d’intoxication mais aussi des pratiques illicites (espionnage industriel, corruption, attaques informatiques,…). Nous allons étudier comment utiliser des techniques scientifiquement validées de persuasion, d’influence et de manipulation pour modifier les attitudes et les comportements des individus.

Par Thomas Bonnecarrere


« Mon amie, c’est la finance »

Pour réussir un hold-up, laissez faire les professionnels ! Trois journalistes racontent comment les banquiers français ont roulé gouvernement et Parlement dans la farine sous vos yeux. Du grand art ! Extrait

(…)

Le Parlement tiraillé

Le 30 janvier à 9 heures, les banquiers ouvrent le bal des auditions à l’Assemblée nationale. Pour percevoir l’humeur du moment, les députés sont venus en nombre dans la salle 63 50. L’auditoire est composé de Jean-Paul Chifflet, président du Crédit agricole et devenu président de la FBF en septembre 2012, de Frédéric Oudéa, ainsi que de Jean-Laurent Bonnafé. Tous se sont positionnés à la droite du président de la commission, Gilles Carrez.

Un par un, ils entament des exposés lénifiants et conservateurs. Jean-Paul Chifflet ouvre le bal : “Les vraies raisons de la crise de 2008 sont liées à l’immobilier, l’accumulation d’actifs risqués et la faiblesse de régulateurs nationaux, ça n’a rien à voir avec la séparation des activités bancaires ! Cette réforme n’était ni urgente ni prioritaire !” juge-t-il. Il met en garde : “Attention ! Cette loi aura un impact sur le financement de l’économie et la présence des banques françaises dans le monde.”

Frédéric Oudéa et Jean-Laurent Bonnafé sont moins véhéments et appellent au statu quo : “Vous bâtissez une loi pour le futur et en l’état, elle sauve l’essentiel : notre capacité à travailler avec nos clients, à aider les entreprises et l’Etat à emprunter sur les marchés. N’allez pas casser la croissance en Europe quand celle-ci risque un gros décrochage. [...] Il faut des banques fortes”, assène le premier. “Le secteur bancaire français a raisonnablement passé la crise. La loi telle qu’elle est paraît équilibrée”, admet le second.

Lire la suite

Dette, crise, chômage : Qui crée l’argent ?

La monnaie fait partie de notre quotidien. Elle est au cœur de nos économies : elle permet les échanges des biens et des services. Pourtant, personne ne sait vraiment qui la fabrique, ni comment elle fonctionne.

En partant de ce que tout le monde connait, ce document explique les fondements des systèmes monétaire et bancaire, et en décrypte certaines conséquences.

Car c’est bien l’incompréhension du système monétaire par la majorité des citoyens, des journalistes, des politiciens et de nos élites au sens large, qui permet à la finance et aux banques de régner sans entraves.

La crise de croissance des pays émergents

Déconfiture monétaire, asthénie boursière, fuite des capitaux… En Chine comme en Argentine, en Afrique du Sud ou en Turquie, les économies toussent. Et c’est la planète entière qui s’enrhume.

Par Alain Faujas

Qui eût cru que les pays émergents seraient à leur tour touchés de plein fouet par la crise ? Il y a un an, ils caracolaient en tête de tous les palmarès de croissance. En 2008, ils avaient assuré 98 % de la création mondiale de richesse, selon le cabinet Euler Hermes. Les capitaux du monde entier affluaient pour profiter de leurs brillantes perspectives de développement.

Aujourd’hui, les nuages s’amoncellent sur leurs économies. Leurs populations grondent, et leurs monnaies s’affaissent les unes après les autres. Entre le 1er mai 2013 et le 30 janvier 2014, le peso argentin a perdu 35 % de sa valeur par rapport au dollar. Et les autres ne font guère mieux : – 21 % pour la livre turque ; – 20 % pour la roupie indonésienne ; – 19 % pour le rand sud-africain ; – 17 % pour le réal brésilien ; – 14 % pour la roupie indienne… Quant au rouble russe, il a perdu 11 % de sa valeur et, le 3 février, il a atteint le plus bas de son histoire face à l’euro.

“Pas de panique”, a conseillé le FMI, mais les financiers ne l’écoutent guère et fuient massivement les pays émergents

Lire la suite

En Europe, 30% des actifs financiers viennent des banques «de l’ombre»

L’agence S&P comme le FSB mesurent le poids des sociétés «parallèles» de services bancaires. Bruxelles tente de limiter la floraison de ce biotope financier alternatif.

Monopolisés par le sauvetage des banques, les ministres des Finances européens ne l’ont pas abordé, lundi. Mais le dossier du «shadow banking» reste au cœur de la remise à plat du secteur que le commissaire européen Michel Barnier tente de faire adopter par le Parlement, peut-être avant le choc des élections de fin mai.

Objectif ? Encadrer la floraison de ce biotope financier alternatif. Certains freins sont déjà inclus dans la directive AIFM imposée aux hedge funds dès cette année. D’autres règles imposent un renforcement de leurs capitaux – un tampon devant atteindre 3% de leurs actifs – aux fonds de placement dits de «money market».

L’ampleur de ces activités bancaires parallèles inquiète. La semaine dernière, l’agence de notation Standard & Poor’s a fait état de 30% de l’ensemble des actifs financiers européens. Contre 40% aux Etats-Unis. Transformés en usuriers, des hedge funds prêtent sur gage aux entreprises ou débarrassent les banques de leurs prêts difficilement recouvrables. Des sociétés de crédit avancent aussi bien pour un frigo que pour un appartement. Des structures cotées trouvent sur les marchés les fonds de grands projets immobiliers.

Lire la suite

Encore plus d’inégalités: comment les 0,01% ont distancé les 1%

Nous savons tous que les riches sont de plus en plus riches et de plus en plus nombreux, et que l’écart entre les 99% et les 1% n’a fait que se creuser. Mais ce que l’on sait moins, c’est qu’il s’est aussi creusé entre les 1% et les 0,1% et même entre les 0,1% et les 0,01% affirme le New York Times. Le grand quotidien américain s’est intéressé à des données élaborées par des chercheurs de l’École d’économie de Paris et de l’Université de Californie de Berkeley qui ont été regroupées dans l’étude mondiale World Top Income Database.

Cette étude montre qu’en 2012, 90% des Américains gagnaient en moyenne 30.997 dollars, qu’1% gagnaient en moyenne 1.264.065 dollars, et que les Américains les plus riches, qui représentent 0,10% de la population, gagnaient même 206 fois plus que 90% de leurs compatriotes, soit 6.373.782 dollars.

En 1990, les 1% gagnaient 21 fois plus que les 90%, et les 0,10%, 87 fois plus que les 90%. En 1980, les multiples respectifs étaient 14 et 47.

Lire la suite

Philippe Béchade invité de “monnaie libre” (janvier 2014)

Philippe Béchade, rédacteur en chef de la chronique Agora, analyste financer depuis près de 30 ans, et souvent sollicité sur les médias est l’invité de l’émission Monnaie Libre.

On apprend lors de cet entretien que Philippe Béchade connaît bien l’économiste Yoland Bresson avec qui il a travaillé sur le Revenu de Base au début des années 2000. En véritable amateur du jeu d’échecs, il ne se prive pas non plus de nous livrer quelques métaphores à propos de l’économie.

C’est également avec une légère teinte d’ironie et d’humour que Philippe Béchade nous décrit comment les banquiers auto-légitiment le système bancaire, s’exonèrent eux-mêmes de toute responsabilité dans les crises financières, et nous détaille le mécanisme d’effondrement à l’œuvre. On y voit aussi un commencement d’analyse des monnaies numériques et du Revenu de base comme sorties possibles d’un système monétaire non-libre.

L’industrie de la finance est-elle trop puissante pour être punie ?

En tout, ce sont 50 milliards de dollars que proposent les banques au gouvernement américain pour “enterrer” définitivement le souvenir de leurs dérives immobilières. Mais l’actualité financière ne s’arrête pas là. Les fraudes au Libor refont parler d’elles et les banques ont obtenu quelques assouplissements dans la réglementation prévue par les accords de Bâle 3, donnant l’impression que les leçons de l’histoire récente n’ont pas été totalement assimilées.

Atlantico : Différentes banques américaines et européennes étudieraient en ce moment, avec leurs avocats, la possibilité de verser, en tout, 50 milliards de dollars (voir ici) aux autorités américaines pour qu’elles cessent les poursuites dont elles font l’objet à propos de leur rôle dans la crise immobilière. Le gouvernement n’exclue pas de tels versements. Face à l’appât financier, les pouvoirs publics sont-ils indéfectiblement poussés au compromis ? Les banques tenant les cordons de la bourse, celles-ci sont-elles en position de force par rapport aux États ?

Eric Lamarque : Ce montant est le résultat d’une négociation, d’un compromis. Cela est conforme à la culture anglo-saxonne qui, sur ce point, est très différente de la nôtre. Les autorités américaines sont satisfaites de cet accord. Elles n’ont pas accepté à contre-cœur. Le montant pour les banques auraient sans doute été beaucoup plus fort si elles n’avaient pas reconnues leurs torts. C’est pour cela que beaucoup en France pensent que les banques s’en tirent à bon compte et sont en position de force par rapport aux Etats. Notre culture est plutôt celle de la recherche d’un bouc émissaire et de le faire payer au maximum. Pour juger que cette somme n’est pas suffisante, il faudrait avoir une base objective comme l’évaluation des gains indument perçus par les banques pendant cette période. Ces sommes sont impossibles à calculer précisément. Pour les 16 banques concernées aux USA la somme paraît supportable. Si on regarde les résultats annuels de JP Morgan, son amende record représente un peu plus de la moitié de son bénéfice.

François Leclerc : Comment ne pas être est frappé par le sentiment d’impunité qui prévaut chez les hauts responsables des établissements bancaires, car seuls les lampistes sont condamnés – lorsqu’ils le sont ?

Un mystère doit être élucidé : que faut-il donc faire pour risquer la prison lorsqu’on est banquier, puisqu’on ne risque jamais d’être condamné ? Aux États-Unis, la méthode des transactions à l’amiable est privilégiée (sauf pour Madoff) : la banque fautive paie une amende sans avoir à reconnaître sa responsabilité et en ressort miraculeusement “absous”.

Prenons le cas de JP Morgan la plus grande banque d’affaire américaine : cette banque a accumulé les d’amendes colosales en 2013, et cela n’est pas fini, des poursuites et des enquêtes étant encore en cours. Mais JP Morgan veut vite et à tout prix tourner la page pour “enterrer” le passé.

Lire la suite

« Achetez de l’or et des maisons car les banques vont bientôt exploser »

Par

L’œil du cyclone, c’est cet endroit bien connu dans la tourmente, un endroit de calme plat, un endroit où tout semble aller pour le mieux et en réalité… ce n’est qu’un moment, qu’une pause dans le passage du cyclone.

La situation économique que nous vivons correspond en tout point à la définition de l’œil du cyclone. Encore une fois, rien n’a changé depuis 2007, début de la crise dite des subprimes.

Beaucoup d’agitation, beaucoup de plans de relance, beaucoup d’argent dépensé, un nombre incalculable de sommets et de réunions de la dernière chance, des moyens colossaux mis en œuvre mais au bout du compte, rien ou presque n’a changé.

Alors ce soir, en ce jour de baisse de l’or relativement importante, je tenais à partager avec vous ma conviction la plus profonde sur la situation économique.

Vous dire que vraisemblablement ce mouvement baissier va nous conduire sur le seuil des 1.000 dollars l’once, et que nous allons pouvoir nous renforcer à bon compte sur le métal jaune, car encore une fois, rien n’a changé.

Lire la suite

Philippe Lamberts : « Il est grand temps de fermer le casino financier »

Remettre la finance à sa place. Pour le député européen, il n’y a pas d’autre impératif plus urgent pour remettre de l’ordre dans l’économie.

En imposant des critères de rendement aberrants et sa vision court-termiste, la finance est en effet à la source des deux maux qui frappent la planète : la montée des inégalités et l’épuisement des ressources naturelles. “Du fait de leur taille, les banques font peser un chantage permanent sur la société en n’assumant pas les risques qu’elles prennent”, s’insurge le député belge. Il est plus que temps de démanteler ce pouvoir nocif. La vraie solution serait de revenir au Glass Steagall Act, c’est-à-dire à la séparation des activités de marché du coeur de métier des banques.

Or les demi-réformes engagées en la matière ne sont que des pis-allers. “Le degré de résistance du secteur financier est colossal”, déplore-t-il.

Ce qui motive mon engagement en politique, c’est la volonté d’éviter à notre société l’effondrement que pourraient causer deux bombes à retardement, la bombe des inégalités et la bombe écologique. Les inégalités explosent à l’intérieur même des pays développés, et cette tendance s’est aggravée avec la crise. Lorsqu’on est à 27 millions de chômeurs en Europe, sans compter les millions de travailleurs pauvres, lorsque 60 % d’une génération de jeunes est au chômage comme en Espagne et en Grèce, lorsque un Européen sur quatre est au seuil de pauvreté ou d’exclusion sociale, il y a quelque chose de potentiellement explosif dans la société. Cette évolution n’est absolument pas soutenable. Pas plus que le creusement des inégalités entre les sociétés, par exemple entre l’Europe et l’Afrique.

La deuxième bombe est l’épuisement des ressources de la planète.

Lire la suite