2029 : L’omniscience-fiction

Le modèle de Google pourrait permettre d’accéder à une certaine gratuité automobile, moyennant des publicités basées sur les données personnelles.

Février 2029, un samedi matin dans le quartier résidentiel d’une grande ville de province. La Peugeot déboule au coin de la rue, s’approche doucement de la maison, et se gare devant la grille d’entrée du jardin. Elle allume ses warnings.

Une manœuvre classique que la 708 Android effectue sans conducteur. Jean, qui patiente dans son salon, reçoit une notification de l’application Uber : «Votre voiture vous attend devant chez vous.» Il était déjà prêt, et avait suivi l’arrivée du véhicule autonome sur Google Maps. Sa fille Sarah le rejoint devant la porte pour l’accompagner faire les courses.

Jean déverrouille les portières avec son téléphone, qui lui servira de clé et d’identifiant numérique le temps de la réservation du véhicule. Dès l’ouverture de la portière, le smartphone déclenche la personnalisation automatique de l’habitacle. Les LED se teintent de bleu, sa couleur favorite. YouTube Auto lance sa playlist. Sarah râle : «Au retour, c’est moi qui ouvre la voiture !» Il l’a inscrite en deuxième conducteur. Avec elle, l’ambiance tournera au violet flashy sur fond de speed garage.
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Les romans envisagent très bien la possibilité d’une vie sans croissance

Parce qu’elle donne libre cours à l’imagination, la fiction constitue une ressource précieuse pour le débat sur l’incidence que pourrait avoir l’absence de croissance économique sur la démocratie.

Lors du prochain congrès de l’Association Française de Science Politique (AFSP) en juin à Aix-en-Provence aura lieu une «section thématique» intitulée «Démocratie sans croissance: théories, institutions et pratiques». Rares sont effectivement les occasions de réfléchir aux implications qu’une absence de «croissance économique» peut avoir sur la démocratie et son fonctionnement.

Question dérangeante ? De fait, elle n’apparaît posée que dans une littérature très réduite[1], et lorsque l’est, de manière souvent marginale. Que la «croissance» puisse ne pas revenir dans les pays industrialisés ou qu’elle puisse être considérée comme une lubie dépassée, voilà des idées qui défient encore majoritairement l’imagination… Mais pas forcément dans la fiction, qui permet de faire fonctionner ce type d’hypothèse et de tester comment une société peut malgré tout tenir.

Pour des raisons multiples, cette absence de «croissance» peut être subie ou souhaitée (ou alors la question finit par ne plus faire sens, sous l’effet d’une inattention ou d’un délaissement progressif et plus ou moins conscient). Évidemment, on peut prendre le sujet classiquement par la théorie politique (en étudiant par exemple des courants comme ceux de la décroissance, de l’écosocialisme, du convivialisme, etc.), mais il peut être intéressant de compléter en explorant d’autres voies.
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This war of mine : survivre dans une ville assiégée (jeux vidéos)

Dans le jargon du jeu vidéo, un jeu de guerre, c’est soit un jeu de tir, soit un jeu de stratégie. C’est en tout cas un titre où l’objectif consiste à remporter la bataille d’une manière ou d’une autre. Pourtant, la guerre n’est pas simplement une histoire de soldats puisque chaque conflit touche aussi la population civile. Comment survivre au jour le jour alors que les balles sifflent dehors ? Comment garder l’espoir au milieu du chaos ? This War of Mine tente d’apporter un éclairage sur ces questions, en traitant le sujet sous la forme d’un jeu vidéo.

Par Jihem

 

 

L’une des premières choses que partage l’équipe de 11 bits Studios lorsqu’elle montre This War of Mine, c’est que son titre fait déjà polémique auprès d’une certaine presse. Selon certains, s’occuper d’un groupe de civils en pleine guerre ne doit surtout pas être le sujet d’un jeu vidéo, on ne doit tout simplement pas s’amuser avec la misère des gens.

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L’affaire Supernotes

C’est l’his­toire d’un agent qui aurait dû mourir pour avoir décou­vert l’un des secrets les mieux gardés du monde : L’affaire super­no­tes.

Depuis trente ans, Kasper tra­vaille pour dif­fé­ren­tes agen­ces de ren­sei­gne­ments  : les ser­vi­ces secrets ita­liens, la CIA. À chaque mis­sion, il change d’iden­tité. Formé au manie­ment des armes, expert en arts mar­tiaux, il est, sous la cou­ver­ture d’un pilote de ligne, espion dans les réseaux néo­fas­cis­tes, puis infil­tré chez les nar­co­tra­fi­quants, ce qui fait de lui l’un des plus brillants agents secrets des ser­vi­ces occi­den­taux.

Mais en mars 2008, son enquête sur les super­no­tes l’entraîne dans un véri­ta­ble cau­che­mar. Les super­no­tes sont des faux billets de banque de cent dol­lars, impri­més en mil­lions d’exem­plai­res hors du ter­ri­toire amé­ri­cain. Par qui ? Pour qui ? Kasper décou­vre la vérité sur cette ahu­ris­sante machine.

Arrêté par des mili­ciens cam­bod­giens, il est séques­tré et tor­turé pen­dant 373 jours dans des camps pro­ches de Phnom Penh. Ni son pays ni la CIA n’inter­vien­nent. Son destin est sciem­ment caché aux yeux de tous, y com­pris des médias. Ses décou­ver­tes l’ont condamné à mort : il doit dis­pa­raî­tre.

Réchappé in extre­mis de l’enfer, Kasper veut briser le silence pour se pro­té­ger. Son his­toire dépasse, en rythme et en inten­sité, le plus fort des romans d’espion­nage, et nous plonge dans un monde que per­sonne, avant lui, n’avait osé dévoi­ler.

Population Zéro – Un monde sans homme (Fin du monde) [Rediff]

Le scénario est simple et original :

Si l’homme disparaissait, que resterait-il de son passage sur terre ?

Comment la nature reprendrait-elle le dessus ?

Notre pollution arriverait-elle à être éliminée (déchets, radioactivité, etc.) ?

Ceci n’est qu’une fiction mais elle permet vraiment d’ouvrir les yeux sur notre place de prédateur sur terre. Nous accaparons tout l’espace et toutes les ressources de notre planète.

Strasbourg : La ministre de l’Intérieur adoubée par les autorités musulmanes (dystopie)

NB: Ce texte correspond à une série d’anticipation et/ou de politique-fiction…

Strasbourg, 1er octobre 2022 – La ministre française de l’Intérieur, Cécile Dufloch, intervenait ce mardi à la Mosquée cathédrale de Strasbourg afin d’obtenir l’aval des autorités islamiques de France concernant sa nomination, dans un premier discours très attendu suite au partage du pouvoir de 2022.

J’affirme, ici même, que jamais je n’outrepasserai les droits et compétences de l’État français, qui en aucun cas ne doit interférer avec le domaine de compétence des autorités musulmanes“, a martelé le ministre, une main sur le Coran, l’autre sur la Constitution, face à un parterre de dignitaires musulmans venus de l’ensemble du monde arabe.

“Je remercie les délégués ici présents de leur confiance, et m’engage, dans le cadre de mes fonctions, à respecter le Partage du pouvoir de 2022 entre la Constitution française, d’une part, et le Coran, d’autre part.”

Je rappelle que j’ai été l’artisane de l’unification des autorités musulmanes de France. Visionnaire, j’appelai dès 2010 l’islam de France à “prendre ses responsabilités et à s’organiser”. Ma mission a, il me semble, réussi“, a poursuivi le ministre.

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Lille 2021 : Trois quartiers se regroupent en “zone islamique autogérée” (dystopie)

NB: Ce texte correspond à une série d’anticipation et/ou de politique-fiction…

LILLE, 24 octobre 2021 – AFP. Les autorités de fait de trois quartiers de Lille (Five, Lille-Moulins, Lille-Centre) ont décrété la création d’une “zone islamique autogérée” (ZIA) régie par la charia en plein centre de la quatrième ville de France, avec l’aval tacite de Paris désireux d’éviter d’exacerber les tensions dans cette zone sensible.

L’annonce a été faite ce lundi à midi par le collectif “Sultanat du Nord”, qui se fixe l’objectif de “constituer à terme une zone autogérée régie par la Charia en Flandre belge et française”.

La ZIA lilloise est vouée à constituer un “centre de décision politique” chargée d’”unifier la bande à population musulmane majoritaire (BPMM) sous un pouvoir musulman, tout en restant fidèle à la métropole en termes de système social et économique“, poursuit le Sultanat du Nord.

Avec l’aide d’Allah, nous annonçons la création de la première Zone islamique autonome en territoire français. La supériorité numérique de la population musulmane constatée dès 2017 rend nécessaire une redéfinition de notre État sur la base de zones autogérées, à l’instar d’une fédération. Nous réaffirmons notre attachement à la République et à ses principes de base“, lit-on sur le site du “Sultanat du Nord” dirigé par Qabiq el-Kédir, baptisé par les analystes l’”émir de Flandre”.

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Cinéma, bande annonce: La Route

Il y a maintenant plus de dix ans que le monde a explosé. Personne ne sait ce qui s’est passé. Ceux qui ont survécu se souviennent d’un gigantesque éclair aveuglant, et puis plus rien. Plus d’énergie, plus de végétation, plus de nourriture…

Les derniers survivants rôdent dans un monde dévasté et couvert de cendre qui n’est plus que l’ombre de ce qu’il fut. C’est dans ce décor d’apocalypse qu’un père et son fils errent en poussant devant eux un caddie rempli d’objets hétéroclites – le peu qu’ils ont pu sauver et qu’ils doivent protéger. Ils sont sur leurs gardes, le danger guette. L’humanité est retournée à la barbarie.

Alors qu’ils suivent une ancienne autoroute menant vers l’océan, le père se souvient de sa femme et le jeune garçon découvre les restes de ce qui fut la civilisation. Durant leur périple, ils vont faire des rencontres dangereuses et fascinantes. Même si le père n’a ni but ni espoir, il s’efforce de rester debout pour celui qui est désormais son seul univers.

Réalisateur : John Hillcoat
Acteur(s) : Viggo Mortensen, Kodi Smit-McPhee, Guy Pearce,
Genre : Drame
Durée : 01h59min
Année de production : 2009

The Island

Au milieu du XXIe siècle, dans un espace confiné, dit utopique, Lincoln Six-Echo décide d’aller dans le seul endroit encore libre du monde, The Island. Malheureusement, il découvre que toute sa vie est un mensonge et que l’on souhaite sa mort. Avec une jeune femme partageant sa cause, Jordan Two-Delta, il va fuir à ses risques et périls.

FILM INTERDIT AUX MOINS DE 10 ANS

Réalisateur : Michael Bay
Acteurs : Ewan McGregor, Scarlett Johansson, Djimon Hounsou, Sean Bean
Genre : Thriller Pays : États-Unis Année : 2005 Duree : 132 min

Idiocracy (2006)

Joe Bowers, l’Américain moyen par excellence, est choisi par le Pentagone comme cobaye d’un programme d’hibernation, qui va mal tourner. Il se réveille 500 ans plus tard et découvre que le niveau intellectuel de l’espèce humaine a radicalement baissé et qu’il est l’homme le plus brillant sur la planète…

cliquez sur l’image pour voir le film en streaming.

Le film, qui se situe dans un lointain avenir, constitue une parodie grinçante de la société américaine actuelle, en montrant l’influence sur le niveau intellectuel général, de compagnies américaines comme Carl’s Jr., Costco, Starbucks et Fuddruckers. Le film a bénéficié de peu de publicité de la part de ses producteurs et n’est sorti, aux États-Unis, le 3 septembre 2006, que dans 125 salles, nombre à comparer à celui d’une sortie en salle classique (entre 2 000 et 3 000 salles). [Wikipédia]

Ken Le Survivant – L’Ere De Raoh – Film 1 – (2008)

Dans un futur proche, suite à un conflit nucléaire mondial, la Terre s’est embrasée et n’a laissé que des ruines parsemées à sa surface. La violence règne maintenant en maître, la Terre vit une époque de chaos qui n’a plus de lois que par de nombreux groupes armées qui gouvernent par la terreur. Les hommes ont perdu tout espoir de lumière et ne connaissent plus que peine et douleur…


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Inéluctable

Lors d’un test de sécurité, un grave incident se produit à la centrale nucléaire de Cateneau… Un sujet au cœur de l’actualité, abordé pour la première fois en fiction.

Une délégation indienne, dirigée par Kuldip Badhwar, se rend en France pour concrétiser l’achat de quatre réacteurs nucléaires nouvelle génération. Le représentant indien est accueilli à la centrale de Cateneau par Blandine Maurizet, chargée par le ministère de l’Industrie d’organiser la visite du site. Kuldip Badhwar exige des garanties sur la sûreté des installations et demande un test d’arrêt d’urgence du réacteur.

Le ministère, sûr de sa technologie, donne son accord. Mais la manœuvre, qui ne devait être qu’une simple opération de routine, vire au cauchemar…

Le jour où la France s’arrêta de payer

Quand la tempête bancaire a commencé, aucun esprit en France ne semblait prêt à y faire face. Comme si les multiples avertissements lancés pendant quatre ans par les marchés et les innombrables exégètes de l’économie s’étaient adressés à un sourd. L’état-major français paraissait démuni par une attaque pourtant si prévisible, à tel point que le sens même de la réalité lui était mystérieux.

“Mais il suffit de laisser passer le gros temps. Nos fondamentaux sont bons. Nos fondamentaux sont sains”,

lançait le ministre du redressement productif lors de la réunion de la cellule d’urgence qui se tenait le soir même à Matignon.

“Le problème, fit François Pérol, c’est qu’avec une action a quinze centimes d’euros, nous n’avons plus assez de fonds propres pour couvrir nos engagement, si l’on applique la règle de Bâle 3. Et là, on a un problème. On peut tenir quelques jours comme ça. Peut-être deux ou trois semaines en étant habiles. Mais très vite, il faudra du cash, de l’argent frais, de la recapitalisation. Comme les banques espagnoles. Sinon…”

Il y eut un silence.

Lire la suite sur  Jusqu’ici, tout va bien…

Merci à Clémence.

Il était une fois la Terre (1978)

“Le dernier épisode de Il était une fois… la Terre sort du contexte purement historique en présentant une vision prospective sur le futur de l’humanité. Cet épisode met l’accent sur les conséquences de la pollution, de l’amoncellement des déchets toxiques, de l’épuisement des ressources naturelles et de l’augmentation de la population humaine.

Le narrateur s’inquiète des conséquences environnementales de la croissance industrielle et souligne la dangerosité des conflits sociaux qui pourraient rendre cette situation explosive.

« Mais qui les écoute ? »

…la série est peu optimiste quant à la sagesse humaine : tandis que les mises en garde des experts se multiplient (« Mais qui les écoute ? »), les conseillers des dirigeants répètent inlassablement : « Tout va très bien, Monsieur le Président, tout va très bien, tout va très bien, tout va très bien ! » Finalement, l’humanité est détruite dans une guerre totale, et seuls survivent quelques astronautes, cosmonautes ou taïkonautes, hommes et femmes.

Le jour où l’euro est mort

La monnaie unique peut-elle disparaître? Et si c’était le cas, que se passerait-il? Sean O’Grady, rédacteur en chef des pages économiques du Independent, imagine le jour fatal où les Etats membres quittent le navire euro.

Erik Werenskiold - Un enterrement paysan (1885)

Berlin, 29 septembre 2013. Angela Merkel remporte haut la main les élections fédérales. “La femme qui a sauvé l’Allemagne” triomphe devant ses partisans rassemblés à la porte Brandebourg.

Après quelques mots de remerciement pour sa victoire sans précédent, la chancelière retire de la poche de sa veste un billet de 100 Nouveau mark et l’agite devant la foule en délire. Le cauchemar de l’euro est bel et bien terminé. Il avait en réalité pris fin deux années auparavant.

Les événements du 26 septembre 2011, “le jour où l’euro est mort” n’avaient pas pu commencer de manière moins spectaculaire. Car le coup de grâce n’avait pas été porté à la crédibilité de la monnaie lors d’un autre jour agité ou de quelque important sommet, mais par des juges siégeant au Tribunal constitutionnel fédéral, à Karlsruhe.

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Le jour où le Dollar est mort

Cette fiction, produite et réalisée par la National Inflation Association (Association Nationale sur l’Inflation Américaine), anticipe sur le futur économique des États-Unis, et par extension du monde.

Rappelons qu’encore récemment, Ben Shalom Bernanke, alias “Helicopter Ben,” patron de la Réserve Fédérale, avait annoncé son QE2 signifiant que la FED allait injecter (officiellement) 600 milliards de dollars pour Wall Street. Il n’est économiquement pas viable d’imprimer de l’argent papier à outrance sans que les montants ne soient soutenus par une industrie forte, une demande ou une production de biens réels. L’argent à destination des requins de la finance est régulièrement volé, dévaluant le dollar et préparant le monde à la catastrophe économique du siècle : une hyperinflation massive inévitable.

(Merci à Virtus & Honor)

La crise des années 2010, en dix épisodes

Par Olivier Demeulenaere

Une nouvelle décennie vient de s’ouvrir, avec son lot d’incertitudes et de menaces. J’en ai retenu dix, un choix évidemment subjectif et restrictif, tant nous nous avançons aujourd’hui en terre inconnue.

La « crise des années 2010″ (Jean-Claude Werrebrouck) nous frappe déjà de plein fouet, mais bien malin qui pourrait dire ce que l’avenir nous réserve. Ce qui suit est donc une fiction, un simple exercice d’anticipation. Chacun des épisodes successifs évoqués ci-dessous n’est qu’une projection poussée à l’extrême. La probabilité que l’ensemble du scénario se réalise dépend d’une multitude de paramètres et d’un enchaînement – ou emballement – des faits a priori peu vraisemblable. Comme dit le vieil adage, le pire n’est jamais sûr. Ce qui ne dispense pas de s’y préparer. Lire la suite

Le coup d’Etat silencieux

L’année 2010 est en train de marquer une rupture dans notre histoire institutionnelle, qu’il ne faut pas hésiter à qualifier de « coup d’Etat ».

Darth Sidious, personnage "méchant" de la série cinématographique "La guerre des étoiles" (1)

Jusqu’ici, on considérait que les gouvernements tiraient leur légitimité du peuple, dont la volonté s’exprimait lors des élections et à qui ils devaient rendre des comptes en fin de mandat.

Ce type de régime a progressivement été vidé de sa substance, sous l’influence de la démocratie d’opinion, des normes supranationales européennes, des exigences de la compétitivité dans une économie ouverte, ainsi que d’un jeu politique qui n’offre le choix qu’entre un libéralisme social et un social-libéralisme.

Mais le principe démocratique demeurait, au moins en théorie, même s’il apparaissait de plus en plus comme une fiction. Le principe est en train de sauter sous nos yeux, depuis quelques mois. Désormais, un autre type de souveraineté est en passe de se substituer à celle de la volonté du peuple.

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Le jour où l’Euro explosa

Alors que la Grèce est au bord de la faillite, l’économiste Christian Saint-Etienne décrit les enchaînements qui pourraient mener, dans les prochains mois, à la création de deux zones euro, fondées l’une sur le mark et l’autre sur le franc. Un scénario d’anticipation qui ne prétend pas prédire l’avenir, mais éclairer les enjeux de la bataille économique et monétaire actuelle.

Lundi 11 octobre 2010. La nouvelle, tombée dans la nuit de samedi à dimanche, a fait l’effet d’une bombe : l’euro sous sa forme actuelle n’est plus. A l’issue d’un conseil européen de crise, les membres de la zone euro ont décidé de créer deux zones monétaires : l’euro-mark et l’euro-franc. A la manoeuvre, la France et l’Allemagne. Dans le monde entier, les experts s’interrogent. Retour sur une décision historique.

Les Européens se sont mis d’accord sur «une meilleure gouvernance économique de la zone et qu’ils se réservent la possibilité de mesures de contrôle partiel des changes afin de lutter contre une spéculation inappropriée». «Pour contenir la spéculation, ajoute le communiqué, le Conseil a acté la séparation de la zone en deux parties.»

Tout a vraiment commencé le 11 février dernier. Ce jour-là, le Conseil européen extraordinaire réuni à Bruxelles décide de traiter la crise grecque en apportant, du bout des lèvres seulement, des financements au gouvernement d’Athènes pour calmer les marchés. Dès le lendemain, le Premier ministre grec, Georges Papandréou, dénonce cette mise sous tutelle de son pays par la Commission européenne sans la contrepartie d’un réel soutien financier. De fait, après une période plus calme, la spéculation recommence de plus belle. Un deuxième « paquet » de mesures pour aider les Grecs est décidé. Sans grand succès. Puis, en juillet, apparemment sur un rien – une baisse minime de fréquentation touristique de la Costa Brava -, les spéculateurs se déchaînent sur l’Espagne, avant de s’en prendre à la dette italienne. Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne (BCE), est contraint de rester à Francfort en août pour essayer de soutenir l’euro. Le 5 septembre, l’Allemagne et la France annoncent, à nouveau du bout des lèvres, compte tenu de l’opposition de leurs opinions publiques, le déblocage d’une ligne de crédit « jumbo » de 100 milliards d’euros, en complément de prêts de 50 milliards d’euros du FMI, pour tenter d’enrayer la crise italienne qui menace de se propager dans toute l’Europe. Lire la suite