L’histoire secrète de la crise financière ou comment la Fed domine le monde

Par Harold James, professeur d’histoire à l’Université de Princeton et senior fellow au Center for International Governance Innovation.

De nouvelles informations apparaissent, concernant l’attitude des autorités monétaires et financières, face à la crise, en 2008. Elles montrent le rôle clé de la Fed et la marginalisation du FMI.

Le grand roman de Balzac Les illusions perdues se termine par une tirade sur la différence entre « l’histoire officielle », qui est un « tissu de mensonges », et « l’histoire secrète » – c’est à dire la vraie histoire. Dans le temps, il était possible de cacher les vérités scandaleuses de l’histoire pendant longtemps – voire pour toujours. Plus maintenant.

Ceci n’est nulle part aussi apparent que dans les récits de la crise financière mondiale. L’histoire officielle dépeint la Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne et les autres grandes banques centrales comme adoptant une action coordonnée pour sauver le système financier mondial de la catastrophe.

Cependant, les transcriptions publiées récemment des réunions de 2008 du Federal Open Market Committee, le principal organe de décision de la Fed, révèlent que, dans les faits, la Fed a émergé de la crise en tant que la banque centrale du monde, tout en continuant à servir en premier lieu les intérêts américains.

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L’histoire secrète de la crise financière ou comment la Fed domine le monde

par Harold James, Princeton

De nouvelles informations apparaissent, concernant l’attitude des autorités monétaires et financières, face à la crise, en 2008. Elles montrent le rôle clé de la Fed et la marginalisation du FMI.

Le grand roman de Balzac Ies illusions perdues se termine par une tirade sur la différence entre « l’histoire officielle », qui est un « tissu de mensonges », et « l’histoire secrète » – c’est à dire la vraie histoire. Dans le temps, il était possible de cacher les vérités scandaleuses de l’histoire pendant longtemps – voire pour toujours. Plus maintenant.

Ceci n’est nulle part aussi apparent que dans les récits de la crise financière mondiale. L’histoire officielle dépeint la Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne et les autres grandes banques centrales comme adoptant une action coordonnée pour sauver le système financier mondial de la catastrophe.

Cependant, les transcriptions publiées récemment des réunions de 2008 du Federal Open Market Committee, le principal organe de décision de la Fed, révèlent que, dans les faits, la Fed a émergé de la crise en tant que la banque centrale du monde, tout en continuant à servir en premier lieu les intérêts américains.

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LEAP-GEAB : L’économie globale aspirée dans un trou noir…

…et la géopolitique mondiale chauffée à blanc.

GEAB N°67 (Septembre 2012)

Comme anticipé par LEAP/E2020 depuis la fin 2011, cette fin d’été 2012 marque le début du renouveau pour l’Euroland avec l’émergence d’une dynamique positive nourrie par deux phénomènes durables : d’une part, la mise en place opérationnelle progressive des instruments âprement discutés et décidés au cours des 18 derniers mois ; et d’autre part, l’étincelle visionnaire apportée par les changements politiques de ces derniers six mois qui ont replacé l’avenir de l’Euroland à moyen/long terme au cœur du processus décisionnel.

L’évolution de l’Euro ces dernières semaines offre une parfaite illustration du phénomène (1). Cela étant dit, l’Europe va être en récession pour les 6 à 12 mois à venir. Comme quoi la seule bonne nouvelle que nous annoncions dans le GEAB N°66 du mois de Juin 2012 est loin d’être miraculeuse. D’une certaine manière, c’est même le contraire, puisqu’il n’est désormais plus possible de cacher derrière le prétexte de la « crise de l’Euro ou de la Grèce » l’état tragique de l’économie mondiale.

Plus l’Euroland va avancer sur un chemin constructif, plus va se révéler le caractère « Potemkinien » (2) de la « santé » des économies US, chinoise, japonaise, brésilienne, …. L’arbre ne cachera plus la forêt, à savoir que toutes les grandes économies mondiales entrent simultanément en récession ou en croissance ralentie, entraînant la planète socio-économique et financière dans un trou noir.

Parallèlement l’été 2012 aura marqué une accélération majeure de la dislocation géopolitique mondiale avec un conflit syrien qui devient chaque jour plus dangereux pour le Moyen-Orient et le monde (3), une tension israélo-iranienne prête à exploser à tout moment et un test généralisé de la puissance US déclinante – de la Mer de Chine à l’Amérique latine en passant par l’ensemble du monde musulman. Le monde stratégico-militaire est chauffé à blanc comme l’illustre d’ailleurs la reprise massive des ventes d’armes au niveau mondial, avec les États-Unis fournissant 85% du total (4).

Évolution des ventes d’armes dans le monde et de la part des principaux exportateurs (2010-2011) – Source : New York Times, 08/2012

Pour ces raisons, LEAP/E2020 maintient son Alerte Rouge de Juin 2012 et estime que, d’ici la fin Octobre 2012, l’économie globale va être aspirée dans un trou noir sur fond de géopolitique mondiale chauffée à blanc. Autant dire que les semaines à venir vont, selon notre équipe, emporter la planète dans un ouragan de crises et de conflits sans précédent.
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États-Unis : Ben Shalom Bernanke, ce héros !

C’est en tout cas la conclusion à laquelle parvient The Atlantic Magazine dans sa livraison d’avril. Selon le magazine, le président de la Federal Reserve, «a sauvé l’économie globale.»

Devant un tel constat de réussite, l’auteur de l’article  se pose tout naturellement la question suivante : «Alors, pourquoi tout le monde le déteste ?»

Quelques prévisions économiques, financières et monétaires

A notre avis, le déclin accéléré de l’Occident – Union européenne (à l’exception de l’Allemagne et de quelques petits États), Grande Bretagne mais aussi USA – vis-à-vis des pays émergents (BRIC) se poursuivra en 2011. Tant aux plans de leur influence géopolitique (ils ne sont plus en mesure de contrôler la plupart des institutions internationales, leurs cultures ne sont plus dominantes et leur modèle de développement à l’heure de la mondialisation généralisée est devenu obsolète) qu’économique (étant de moins en moins compétitifs, ils accumulent des déficits croissants de commerce extérieur ce qui diminue le pouvoir d’achat de leurs consommateurs atteints, en outre, par un chômage de masse et la diminution des prestations sociales du fait du démantèlement de l’État-providence) que financière et monétaire.

Leurs dettes étatiques et privées, déjà à leur plus haut niveau historique, continuent de s’accroître de façon exponentielle sans que leurs programmes de monétisation – dits de Quantitative Easing – et la dévaluation compétitive de leurs monnaies apportent de solution à moyen et long termes puisqu’ils ne créent que des bulles artificielles des marchés d’actions ou d’autres actifs destinées à exploser, tout en repoussant à plus tard l’ajustement drastique auquel ils devront finir par se résoudre).

Quant à pratiquer au pire moment de vraies politiques de rigueur en Occident, pour autant que cela ne déclenche pas une révolte sociale et politique des populations, cela ne pourra qu’accroître sa récession (à l’exemple de la Grèce, de l’Irlande, de l’Espagne, du Portugal, etc.). On va vers une diminution globale de la croissance économique qui devrait progressivement se transformer en dépression.

De leur côté, les pays émergents ne sont pas encore en mesure de substituer rapidement la croissance de leur consommation intérieure à leur modèle économique basé sur l’exportation qui va s’épuiser du fait de la moindre consommation dans les pays occidentaux, d’autant que la richesse étant très inégalement répartie dans lesdits pays il n’y aura pas à court terme chez eux le “boom” de leur économie domestique que beaucoup d’analystes anticipent à tort.

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La BCE se lance dans le Quantitative Easing illimité

Ceux qui trouvent rassurant que la BCE ait décidé de se lancer, à la suite de la Federal Reserve US, dans le Quantitative Easing illimité (comme vient de l’expliquer J.C. Trichet) pour soi-disant tenter d’éviter l’effondrement de la zone euro ont tort.

Parce que, non seulement, cela n’empêchera pas l’incendie des défauts de paiement virtuels ou réels de se propager au Portugal, puis à l’Espagne, à l’Italie et autres dont les niveaux d’endettement sont insupportables, mais encore, parce que les dizaines de milliards d’euros supplémentaires créés ex nihilo pour que la BCE achète toutes les obligations d’État des PIIGS (sans compter leurs dettes bancaires) ne manqueront pas de provoquer une forte chute de l’euro, donc une fuite des capitaux étrangers encore placés dans la monnaie unique européenne.

Sans compter le risque d’inflation monétaire majeure que cette politique monétaire ultra laxiste européenne induira. Ce qui, à un certain moment, conduira l’Allemagne à sortir de l’euro parce qu’elle n’acceptera pas de se retrouver dans une situation du type République de Weimar, du fait de l’irresponsabilité des autres États-membres de l’euro zone comme de la Banque centrale européenne.

La BCE ne peut pas pratiquer la même politique monétaire de QE massif à laquelle vient de se livrer la Federal Reserve US parce que l’euro, contrairement au dollar US, ne jouit pas du statut de monnaie mondiale et qu’il n’est pas supporté par la Chine et autres pays émergents qui sont contraints -en toutes circonstances- de soutenir le dollar US, monnaie dans laquelle ils détiennent près de 70% de leurs réserves de change.

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La crise financière mondiale de 2011 a-t-elle commencé ?

Par Georges Ugeux

Où que l’on regarde, les feux avant-coureurs d’une prochaine crise financière s’allument. Elle commencera sur l’Atlantique, mais cette fois, elle devrait être contagieuse dans le Pacifique. Elle pourrait être pire que celle de 2007-2008.

Je ne pose pas cette question à la légère. L’Occident a vécu au-dessus de ses moyens et le tsunami commence à prendre de l’ampleur aux États-Unis et en Europe. Cette fois, il touchera au coeur les finances publiques. Tandis que les étudiants britanniques manifestent pour leur minerval, les Français manifestent pour leur retraite, et les Irlandais et les Portugais sont dans la rue contre l’austérité, ce n’est pas moins qu’une course contre la montre qui est engagée.

Il n’y aura pas moyen d’éviter une crise : il faut à tout prix cependant mettre sous contrôle le risque d’emballement et tenter de la maîtriser. Le drame est que des deux côtés de l’Atlantique, la crise fait apparaître une réalité difficile à maîtriser : le dysfonctionnement politique.

Les États-Unis ont un système politique qui est enrayé depuis des années, et les élections de novembre mettent autant les démocrates que les républicains au pied du mur. Il n’y a plus moyen de prendre quelque mesure que ce soit sans qu’elle fasse l’objet d’un bras de fer où les républicains forcent leur chemin à la Chambre et les démocrates verrouillent le Sénat.

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Pour sortir de la crise: l’État national renforcé

Par Reinhard Koradi

Ces dernières années, le nombre de personnes sans travail rémunéré a augmenté de façon dramatique. Le fondateur du WEF (World Economic Forum) Klaus Schwab, met en garde contre une crise financière et économique qui pourrait être suivie d’une crise sociale. Des pressentiments semblables sont exprimés – bien qu’encore sous le couvert – par des représentants de gouvernements.

Il se peut que les citoyens doivent être préparés doucement au fait que suite à l’aide rigoureuse de quelques milliards de dollars à des entreprises privées, les caisses de l’État sont vides. Après la dilapidation généreuse des biens populaires et d’immenses dettes accumulées, l’argent manque maintenant pour éviter ou atténuer la catastrophe sociale.

Il est extrêmement inquiétant que ces razzias sur l’argent des contribuables des États souverains aient été initiées pour la plupart par des organisations transnationales (G7 et G20) et aient servi en premier lieu et uniquement de dopage du libre-échange des capitaux, mais pas de l’économie nationale réelle des pays respectifs.

La voie pour sortir de la crise financière et économique est celle de l’État national renforcé. Celui qui soupçonne tout de suite derrière cette exigence un nationalisme caché, du protectionnisme ou bien une isolation du monde extérieur, se ferme à la réalité des crises actuelles et nie le droit à l’autoprotection.

Et comme si ce n’était pas encore assez d’impertinences, les responsables mondiaux – les incendiaires et les profiteurs – de la crise financière devraient encore développer une solution globale pour un nouvel ordre économique et financier qui devrait nous sortir de la crise. Lire la suite

USA : aucune faillite bancaire la semaine passée, pourquoi ?

La raison en est fort simple : la FDIC, l’agence fédérale américaine qui garantit les dépôts bancaires aux États-Unis, est à court d’argent ! La Réserve Fédérale (FED) lui a pourtant déjà prêté, dans le plus grand secret, 80 milliards pour la sauver.

La Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) a publié, le 25 novembre, son état des lieux trimestriel pour la période de juillet à septembre. Pour la première fois depuis 1992, le bilan de la FDIC laisse voir une perte comptable atteignant 8,2 milliards de dollars. Ce résultat intègre une provision de 38,9 milliards pour les pertes à venir en 2010. Afin de faire face aux frais des nombreuses fermetures, la FDIC avait annoncé, le 12 novembre, qu’elle allait demander à ses assurés de payer trois ans de primes en avance pour la fin de l’année, soit une somme estimée à 45 milliards. La FDIC devrait donc disposer d’un total de 94 milliards de dollars. Enfin, cette période a vu le nombre des institutions en difficulté monter de 416 à 552.

En conclusion, la situation s’est encore dégradée et la FDIC censée “préserver et favoriser la confiance populaire dans le système financier“, est en train de mobiliser ses dernières ressources. Si la reprise n’est pas au rendez-vous en 2010, cette institution se trouvera elle-même en situation de faillite d’ici à la fin de l’année prochaine. Et ce, en dépit des 80 milliards de dollars déjà prêtés par la FED, sans en informer les contribuables. Il lui faudra alors faire appel à l’État fédéral pour continuer de fonctionner.

Est-ce qu’on peut s’attendre à une telle situation en 2010 ? Un petit calcul va nous aider:
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