L’histoire secrète de la crise financière ou comment la Fed domine le monde

Par Harold James, professeur d’histoire à l’Université de Princeton et senior fellow au Center for International Governance Innovation.

De nouvelles informations apparaissent, concernant l’attitude des autorités monétaires et financières, face à la crise, en 2008. Elles montrent le rôle clé de la Fed et la marginalisation du FMI.

Le grand roman de Balzac Les illusions perdues se termine par une tirade sur la différence entre « l’histoire officielle », qui est un « tissu de mensonges », et « l’histoire secrète » – c’est à dire la vraie histoire. Dans le temps, il était possible de cacher les vérités scandaleuses de l’histoire pendant longtemps – voire pour toujours. Plus maintenant.

Ceci n’est nulle part aussi apparent que dans les récits de la crise financière mondiale. L’histoire officielle dépeint la Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne et les autres grandes banques centrales comme adoptant une action coordonnée pour sauver le système financier mondial de la catastrophe.

Cependant, les transcriptions publiées récemment des réunions de 2008 du Federal Open Market Committee, le principal organe de décision de la Fed, révèlent que, dans les faits, la Fed a émergé de la crise en tant que la banque centrale du monde, tout en continuant à servir en premier lieu les intérêts américains.

Lire la suite

Est-on à la veille d’un nouveau krach boursier ?

Un responsable de la Réserve fédérale américaine (Fed) [...] entrevoit des «feux orange» d’une possible surchauffe des marchés financiers et la possibilité d’une nouvelle crise financière.

Richard Fisher, le président de la banque régionale de la Fed à Dallas (Texas), a estimé, dans un discours prononcé vendredi à Hong Kong, que le soutien monétaire exceptionnel de la Fed «avait aidé à nourrir un marché boursier rugissant».

Dans ce discours, il souligne que les indices boursiers ont «presque triplé depuis leur plancher de 2009» et que la capitalisation du marché boursier américain atteint 145% du produit intérieur brut (PIB) du pays, soit deux fois plus que le dernier record en la matière qui date de mars 2000, avant l’éclatement de la bulle Internet.

Lire la suite

La BCE ouvre la porte à l’assouplissement quantitatif

La Banque centrale européenne n’exclut pas d’acheter des actifs bancaires pour combattre une éventuelle déflation, a déclaré mardi le président de la Bundesbank, comme pour signifier prudemment un infléchissement de la traditionnelle réticence de la BCE à épouser une pratique controversée.

Le rachat d’actifs bancaires par la Banque centrale européenne s’apparenterait à de l’assouplissement quantitatif, mesure à laquelle ont largement eu recours la Réserve fédérale américaine et la Banque d’Angleterre pour soutenir leurs économies mais à laquelle la BCE, notamment sous la pression de l’Allemagne, s’est toujours refusée.

La BCE a baissé ses taux directeurs à des niveaux historiquement bas et inondé le système bancaire avec des prêts à taux bas, mais la reprise reste fragile et le taux d’inflation ne remonte pas.

De nombreux économistes estiment depuis un moment que la BCE a épuisé ses marges de manoeuvre en matière de taux directeurs et doit envisager des mesures plus radicales comme l’achat de dette souveraine, à l’instar de ce que fait régulièrement la Fed pour soutenir l’économie américaine.

L’assouplissement quantitatif est une politique controversée puisqu’elle s’apparente pour ses détracteurs à un financement d’un Etat par une banque centrale, une pratique interdite à la BCE par ses statuts.

Lire la suite

2014 ne sera pas non plus “l’année du dollar”

Par Myret Zaki

De nombreux analystes annoncent chaque année le retour du dollar. Or, la devise américaine continue de perdre de la valeur aussi bien face au franc [suisse] ou à l’euro que par rapport à sa valeur passée.

2014, «année du dollar» ? Cette année encore, les stratèges des banques pourraient bien se tromper. Depuis 2001, le dollar a perdu la moitié de sa valeur face au franc suisse. D’importants facteurs baissiers, trop souvent ignorés, s’accumulent pour peser sur la valeur du billet vert à long terme. Analyse en vidéo.

Bilan

A la recherche des travailleurs américains perdus

Le recul du taux d’activité, signifiant que des millions d’Américains se sont retirés du marché travail, commence à préoccuper la Fed et la Maison-Blanche. Difficile à analyser, le phénomène pourrait avoir des conséquences majeures pour l’économie américaine s’il se prolongeait durablement.

“Le rêve américain est terminé”

Dans les statistiques que va publier aujourd’hui le département du Travail américain pour le mois de février, les experts – et les membres du comité de politique monétaire de la Fed – ne vont pas nécessairement s’intéresser, en premier lieu, au taux de chômage. Celui-ci est tombé à 6,6 %, en janvier. Il a chuté rapidement au cours des derniers mois – il était de 7,3 % encore en octobre.

Mais ce reflux, plus marqué que les conjoncturistes ne s’y attendaient, se fait sans créations d’emplois massives. En janvier, l’économie américaine n’a créé que 113.000 jobs et, en décembre, encore moins : 75.000. Pas de quoi pavoiser, donc.

Lire la suite

Deutsche Bank transfère 100 milliards de dollars hors des Etats-Unis pour obéir à la Fed

La banque allemande aurait décidé de réduire le bilan de ses opérations outre-Atlantique pour répondre aux nouvelles exigences de la Réserve fédérale américaine avec les banques étrangères.

Pendant que Bruxelles temporise, la Deutsche Bank a décidé d’agir. Face à la décision de la Fed de mettre en place des règles plus strictes pour les banques étrangères, l’établissement allemand a décidé de réduire le bilan de ses opérations aux Etats-Unis d’une centaine de milliards de dollars, écrit le Financial Times.

Le montant total des opérations de la banque aux Etats-Unis serait ainsi ramené à 300 milliards de dollars alors que certaines d’entre elles seraient relocalisées en Europe ou en Asie.

Lire la suite

Un brouillard de fraudes

Par James Howard Kunstler

L’équipe Obama a fait une belle bourde la semaine dernière en nommant Blythe Masters, responsable des ressources chez JP Morgan, au comité de la CFTC chargé de réguler les activités sur les marchés papier du maïs, des côtes de porc, du café, du cacao – et de l’or aussi, au passage, marché que JP Morgan est soupçonnée d’avoir manipulé.

Une affaire parmi celles qui ont surgi récemment, comme le fiasco de MF Global de 2011 suite auquel des milliards de dollars de comptes clients se sont comme par magie retrouvés chez JP Morgan en conséquences de mauvais paris placés sur les obligations européennes. MF Global, maison de courtage spécialisée dans le négoce de marchandises, a été liquidée en 2011. La CFTC n’a jamais émis d’ordre de poursuite au Département de la justice et, bien entendu, le PDG de la société, Jon Corzine, savoure encore à ce jour des lattés au caramel dans les Hamptons. Voici à quoi ressemblent les transactions Téflon des années Obama : rien ne colle aux basques des fraudeurs.

La nomination de Blythe Masters a causé un tel vent de scandale et tant de réactions sur Twitter qu’elle a dû se retirer des membres potentiels du comité avant la fin de la journée.

Lire la suite

Quel financement pour la dette américaine ?

L’impact sur les pays émergents du changement de politique de la Fed a été abondamment commenté. Mais qu’en est-il de ses conséquences sur la dette publique américaine ?

Caricature de Janet Yellen, présidente de la Fed

Une nouvelle fois, le Trésor américain a, le 7 février, engagé des premières mesures exceptionnelles afin de repousser tout défaut sur la dette, annonçant pouvoir tenir jusqu’à la fin du mois.

Dans l’actualité récente, les effets de la décélération des achats de titres de la Fed sur les monnaies des pays émergents ont à juste titre accaparé l’attention. Mais d’autres considérations moins visibles et immédiates expliquent la prudence avec laquelle la politique d’assouplissement quantitatif de la Fed est infléchie, que ce nouvel épisode de déplafonnement par le Congrès remet à l’ordre du jour : le financement futur de la dette américaine.
Lire la suite

Olivier Delamarche : “Rien à attendre de Janet Yellen… comme des gens qui nous gouvernent”

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion et Marc Riez, directeur général de Vega Investments, le 10 février 2014 sur BFM Business, mettent les points sur les i dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Guillaume Sommerer et Cédric Decoeur.

Partie 1:

Partie 2:
Lire la suite

Quand le tsunami des capitaux s’en va

Par Myret Zaki

Ce n’est pas le moindre des paradoxes : la Banque centrale américaine (Fed) et celle du Japon (BoJ), qui insufflent d’immenses liquidités dans les actions, obligations et changes, ont plus d’effets sur les marchés émergents que sur les marchés développés qu’elles régissent directement.

Depuis le mois de mai déjà, les capitaux globaux ont commencé à se retirer des marchés émergents, dès la première utilisation du mot «tapering» (réduction de l’assouplissement monétaire) par la Fed. Aux annonces de réduction de liquidités des Etats-Unis s’est ajoutée celle du Japon.

Il n’en fallut pas davantage pour que les capitaux globaux, tel un banc de harengs, se détournent en quelques secondes de ce qu’ils considèrent comme les actifs les plus risqués, les marchés émergents.

Lire la suite

Probabilité et mode de gestion d’une prochaine crise financière

Une prochaine crise financière peut connaitre son épicentre en dehors de la zone euro, mais sa force dévastatrice aura pour théâtre principal la zone euro. La raison en est qu’il s’agit de la zone la plus fragile du globe. Ses conséquences seront évidemment planétaires.

Face à la crise potentielle, des outils insuffisants ou improbables.

Les instruments mis en place pour protéger la zone euro aggravent la situation (politiques budgétaires)[1], ou ne permettent pas le réaménagement institutionnel, par ailleurs souhaité (MES, LTRO, OMT, Union bancaire, etc..).

Les transformations imaginées sont elles-mêmes irréalistes (émission de titres publics à l’échelle de la zone) ou fondées sur des hypothèses insuffisamment robustes.

Parmi ces dernières, on pourra citer celle imaginée par des proches des milieux bancaires[2] lesquels proposent des transferts vers le sud par des fonds d’épargne souscrits par des investisseurs du nord, essentiellement allemands, avec garantie du gouvernement allemand. Il s’agit d’un moyen d’échapper à des transferts directement publics et donc inacceptables du point de vue allemand[3].

Ce schéma est peu convaincant. Il suppose qu’effectivement les dettes soient converties en capital productif permettant l’alignement progressif de la productivité du sud sur celle du nord (privatisations dans de meilleures conditions que celles prévues par les structures de cantonnement).

Lire la suite

Inflation et déflation coexistent désormais

Par Myret Zaki

Suivant les opinions, vous trouverez ceux qui vous diront qu’on évolue dans un environnement d’hyperinflation rampante. Ou ceux qui vous assureront qu’au contraire, on est en déflation, seul danger qu’ils identifient dans un monde qui serait devenu «zéro inflation». Ce que peu vous diront, c’est que nous avons aujourd’hui une inflation et une déflation qui coexistent dans les économies développées.

Janus (pas le nôtre, mais le dieu grec)

Là où se cache l’inflation

L’inflation se cache dans les marchés financiers. La déflation se loge dans l’économie réelle. Configuration déplaisante, mais aisément démontrable.

Depuis que les banques centrales ont recouru à leurs outils non conventionnels pour injecter des liquidités illimitées dans les marchés, ce phénomène inédit de l’inflation financière couplé à la déflation économique s’est installé, sans que les théories économiques conventionnelles ne parviennent à l’identifier.

Ce qui a enfanté cette situation, ce sont les remèdes choisis pour sortir de la crise de 2008 : aux Etats-Unis, l’assouplissement monétaire de la Réserve fédérale (Fed), au départ destiné à relancer l’économie réelle, a prouvé qu’il n’avait d’influence que sur les marchés financiers.

Lire la suite

La crise est-elle surmontée… et les esprits critiques contredits ?

Par Eberhard Hamer

Vous savez quoi ? J’suis heureux ! (paroles de Droopy, personnage des célèbres dessins animés de Tex Avery)

Lorsque l’auteur publia en 2002 son livre intitulé «Was passiert, wenn der Crash kommt ?» [Que se passera-t-il quand la crise surviendra ?] à la suite d’une réflexion sur les conséquences d’une grande crise économique, il fut abreuvé de reproches de la part des banquiers, des politiciens, de la presse dominante et même des collègues professeurs qui estimaient qu’une telle pensée était «incongrue», «dépassée», le fruit d’un «ignorant dépassé par la réalité».

Mais lorsqu’en 2008, la crise mondiale se déclara, tout le monde prétendit l’avoir vue venir et quelques-uns ne se gênèrent pas de copier des passages du livre de l’auteur pour être au moins «à la page».
Lire la suite

Marc Faber : “La crise financière n’était pas un accident”

Observateur éloigné mais néanmoins intéressé par l’histoire et les marchés d’investissement, je suis fasciné par la façon dont les grands événements qui trouvent leur origine dans des tendances long terme sont souvent expliqués par des causes court terme.

On explique ainsi la Première Guerre mondiale comme étant une conséquence de l’assassinat de l’archiduc Franz Ferdinand, héritier du trône austro-hongrois ; on explique la Crise de 1929 comme étant le résultat de la rigueur des politiques monétaires de la Fed ; on explique que Hitler est la cause de la Seconde Guerre mondiale ; et que la guerre du Vietnam est le résultat de la menace communiste.

De même, on attribue la désinflation qui a suivi l’année 1980 aux politiques monétaires restrictives de Paul Volcker. Le krach boursier de 1987 est de la faute des assurances de portefeuilles. Et la crise asiatique et le krach boursier de 1997 sont attribués aux étrangers ayant attaqué le baht (la monnaie thaïlandaise). Toutefois, si l’on regarde de plus près tous ces événements, on voit que leur cause était bien plus complexe et qu’un caractère inévitable entrait toujours en jeu.

Complexe et inévitable
Lire la suite

Aldo Sterone à propos de l’or

L’Or des Fous – Investir sur l’Or ? Démonstration

Le Standard Or

Je prétends que le standard or n’est pas viable dans un contexte d’une économie basée sur la corruption et le vol à ciel ouvert. Le dollar était basé sur le standard or et ça n’a pas empêché la Fed d’en imprimer des tonnes puis lâcher le standard.

Le nom de Ben Bernanke restera dans les mémoires de la Fed…

Par Philippe Béchade

J’ai déjeuné mardi avec une joyeuse assemblée de gérants et d’analystes mal pensants qui estiment qu’un jour, Ben Bernanke sera considéré comme le responsable d’une des pires crises qu’aura connu le capitalisme au cours des deux derniers siècles.

Son nom, tout comme celui d’Alan Greenspan, restera à tout jamais associé à un désastre financier qu’il n’avait ni vu venir ni cherché à prévenir en 2007/2008. Il demeurera aussi celui qui tenta, pour résoudre un problème de dette, d’en créer encore plus que son pays n’en avait jamais généré au cours du siècle précédent.

La Fed qui a fêté son 100ème anniversaire il y a quelques jours pourrait bien ne pas souffler sa 101ème bougie si jamais les Chinois ou d’autres créanciers exigeaient plus qu’un recours systématique à la planche à billets pour bénéficier de l’assurance d’être remboursés un beau jour.

Mais tout le monde sait bien que les Etats-Unis en sont incapables… donc tout le monde a intérêt à faire semblant qu’ils en ont encore la capacité.

Lire la suite

États-Unis : Réflexion sur une pseudo croissance non créatrice d’emplois

Hervé de Carmoy, Philippe Béchade, Olivier Delamarche, Olivier Berruyer proposent une analyse très intéressante sur la situation économique actuelle suivie d’une analyse approfondie du système politique et économique, en croisant leurs expériences.

Olivier Delamarche : « Quantitative Easing, la picouse aura bien lieu »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, et Cyrille Collet, directeur de la gestion actions de CPR AM, se sont penchés sur les chiffres américains le 09 septembre 2013, dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Cédric Decoeur.

Syrie : Jacques Sapir & Jean-François Robin à propos de la solution russe

Le 10 septembre, Jacques Sapir, économiste, directeur d’études à l’EHESS et Jean-François Robin, Responsable de la Stratégie Recherche économique ont évoqué la solution russe sur le cas syrien, le futur retrait de la FED, le Japon et les mesures d’Abe et les mouvements financiers dans Intégrale Placements, présenté par Cédric Decoeur, sur BFM Business.