Grèce : Le désarroi des « nouveaux pauvres »

Ils n’ont guère envie de raconter leur vie, les Athéniens qui font la queue pour entrer dans la salle à manger du centre Galini qui, dans quelques minutes – vers 13 heures –, ouvrira ses portes pour un troisième service. Ils ne sont pas très jeunes, ils ont l’air fatigués, habillés proprement et parfois très coquets.

Les hommes ont un sac à dos, les femmes un cabas sous le bras. Et ils attendent. Un peu timides, un peu sauvages, stupéfaits, pour la plupart, de se retrouver là. Car il y a trois ans, ou deux, ou un, ils avaient un travail ou de quoi se nourrir par leurs propres moyens.

Ils ne reconnaissent plus leur vie. Ils viennent à la soupe populaire. Comme des milliers d’Athéniens. Les statistiques ne sont pas précises, mais ils se pressent plus nombreux chaque mois, et les points de ravitaillement gratuit se comptent désormais par centaines.

Comment s’en étonner ? 35 % des Grecs vivent aujourd’hui au-dessous du seuil de pauvreté.

A l’intérieur, des bénévoles virevoltent entre les tables joliment dressées sous de larges icônes. Vite, poser devant chaque place une part de melon et une soupe de haricots nourrissante. La viande est de toute façon exclue le vendredi, le local appartient à l’Église orthodoxe. Comme dessert, il y aura un bâtonnet glacé. Un arrivage inattendu, un petit luxe, qui va ravir tout le monde.
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Le gaspillage de nourriture dans un monde qui a faim

Un quart de la nourriture produite dans le monde est perdu chaque année à cause de récoltes inefficaces, de mauvaises conditions de stockage et de gaspillage par les ménages. Réduire ce gaspillage de moitié permettrait de nourrir un milliard de personnes de plus – et règlerait une fois pour toute le problème de la faim.

L’ampleur de ce gâchis de nourriture est particulièrement affligeante à la lumière des conclusions d’une nouvelle étude mondiale, L’État de l’insécurité alimentaire dans le monde de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. Selon la FAO, 57 pays en développement ont échoué à réaliser l’un des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), arrivé à échéance cette année, qui était de réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim. Un individu sur neuf, soit 795 millions au total, se couche le ventre vide.

A l’horizon 2050, la demande alimentaire aura quasiment doublé, d’une part parce qu’il y aura deux milliards de bouches à nourrir en plus et de l’autre à cause de l’appétit croissant d’une classe moyenne émergente.

Bien entendu, des progrès remarquables ont également été enregistrés: au cours du dernier quart de siècle, le monde a nourri deux milliards de personnes de plus et, malgré l’échec de ces 57 pays, le monde en développement dans son ensemble a presque réduit de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim.

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Cargill : La faim justifie les moyens

Nourrir la planète : c’est l’ambition affichée du numéro un du négoce en matières premières alimentaires, l’Américain Cargill. Cette multinationale inconnue du grand public achemine tous les ingrédients de base de notre assiette (viandes, céréales, huiles, etc.) d’un continent à l’autre. Son chiffre d’affaires : 121 milliards d’euros, deux fois celui de McDo et de Coca réunis, davantage que le PIB de la Hongrie.

Mais aujourd’hui, le géant Cargill est au centre de nombreuses polémiques : destruction des productions vivrières (et des emplois paysans), pollution, déforestation, réorganisation de la planète en zones de production ultra-spécialisées. En France, aux États-Unis et en Amérique latine, des agriculteurs et des riverains tirent la sonnette d’alarme sur les conséquences négatives de cet agro-business mondialisé.

Stenka Quillet et Pedro Brito Da Fonseca ont enquêté sur la multinationale, également soupçonnée de s’être enrichie lors des émeutes de la faim de 2008, en spéculant sur les matières premières qu’elle contrôlait. Devant notre caméra, le vice-président de Cargill répond aux différentes accusations.

Partie 1:

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Royaume-Uni : Malgré la reprise économique, le pays est touché par la faim

En 2013, l’ONG Oxfam estimait que 2 millions de Britanniques étaient mal-nourris, et qu’un parent sur six se privait de nourriture pour mieux subvenir aux besoins de sa famille. Aucune région n’est épargnée, pas même la riche ville de Londres, qui compte à elle seule quelque 90 banques alimentaires.

Mais pourquoi le Royaume-Uni se tord-il ainsi de faim ? Comment ce pays qui affiche une insolente reprise économique dans une Europe n’en finissant pas d’être affectée par la crise peut-il porter en son sein des habitants qui ont de plus en plus de mal à se nourrir ?

Fin 2013, un rapport sur la faim et l’insécurité alimentaire au Royaume-Uni, mené par des parlementaires de tous bords a pointé la forte augmentation des prix des denrées alimentaires et du fioul domestique, à un rythme plus rapide que celui de la hausse des salaires et que celui de l’inflation.

Robert Clarck est un homme qui en impose. Un bon mètre 90, des tatouages bigarrés qui courent le long de ses bras, une voix de stentor qu’il déroule dans une parole rapide et gouailleuse. Pourtant, ce mercredi frisquet d’avril, Robert Clarck n’en mène pas large. C’est la deuxième fois qu’il se rend dans la food bank de son quartier, terme que l’on traduirait littéralement par « banque alimentaire » si l’expression reflétait vraiment l’esprit du lieu.
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La faim pousse à une frénésie d’achat

Si vous avez faim, n’entrez surtout pas dans un magasin, même un magasin qui ne vend pas de nourriture. Une étude de chercheurs en marketing publiée en janvier et relayée par le New Yorker explique en effet que la faim nous pousse à acheter tout ce qui nous tombe sous la main.

Les auteurs de cette étude ont demandé à 63 étudiants de ne rien manger pendant 4 heures, avant de donner de la nourriture à la moitié d’entre eux. Les chercheurs ont ensuite proposé aux volontaires autant de pinces de bureau qu’ils voulaient en leur demandant à quel point ils les appréciaient.

Les participants qui n’avaient pas mangé n’étaient pas plus intéressés par ces objets que les autres, mais ils sont repartis avec 70% de pinces en plus que ceux qui étaient en état de satiété.

Les chercheurs ont également interrogé 81 personnes qui sortaient d’un centre commercial et ont découvert que les consommateurs les plus affamés avaient dépensé jusqu’à 60% de plus que ceux qui ne l’étaient pas. La conclusion de l’étude est que «la faim rend l’idée et le comportement d’achat plus attirant». 
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Ces 3 banques françaises qui “spéculent sur la faim”

L’association Oxfam France dénonce, lundi 23 février, la persistance des spéculations menées par plusieurs banques françaises sur le marché des matières premières agricoles, via des fonds de placement, malgré l’engagement pris par certaines en 2013 de réduire ces activités.

Il y a deux ans, Oxfam avait dénoncé le fait que des banques françaises contrôlaient 18 fonds aux performances totalement ou en partie liées à l’évolution du prix des matières premières agricoles : étaient visées BNP Paribas (avec 10 fonds), Société Générale et Crédit Agricole via leur filiale commune Amundi (7 fonds) ainsi que Natixis. Au total, ces fonds géraient 2,58 milliards d’euros, selon l’association.

A la suite de cette étude, certains de ces établissements bancaires avaient pris “des engagements forts pour réduire ou stopper leurs activités spéculatives sur les matières premières agricoles. Dans le même temps, les parlementaires votaient dans le cadre de la réforme bancaire des mesures de régulation de ces activités toxiques“, rappelle l’organisation.

Mais dans un nouveau rapport (voir en bas de l’article), l’ONG affirme que “trois groupes bancaires français proposent toujours à leurs clients des outils permettant de spéculer sur les prix des matières premières agricoles : BNP Paribas, Société Générale et BPCE via Natixis“.

Le droit à l’alimentation en péril
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Allô j’ai faim : Repas à domicile

Menus concoctés par des chefs, petits plats «maison» à domicile pour parents surmenés, pizzas industrielles produites et livrées à la chaîne, recettes spéciales: se faire livrer un repas ou un en-cas est devenu banal. Le temps consacré au déjeuner et au dîner diminue: 33 minutes pour le déjeuner, le plus souvent au bureau et 38 minutes pour le dîner.

Avec pour corollaire l’essor du «prêt à manger». Les offres se multiplient. Mais quelles sont les recettes des professionnels de la livraison de repas pour tenir leurs engagements de qualité et de rapidité ?

Qui sont les leaders et les plus innovants ? Petits artisans aux abois, livreurs exploités, qui paie les pots cassés du «toujours plus vite, toujours moins cher» ? Comment ce nouveau business est-il encadré par la loi ? Enquête.

Royaume-Uni : La faim hante le pays

Le nombre de personnes contraintes de faire appel aux banques alimentaires a presque triplé en un an au Royaume-Uni. Selon un rapport parlementaire, c’est surtout le régime des aides de l’État, plus strict qu’auparavant, qui pousse les Britanniques vers la pauvreté.

Un rapport parlementaire sur la faim dans le pays, financé par l’Église, accuse la politique d’austérité de pousser les personnes vulnérables à être contraintes de faire appel aux banques alimentaires, selon The Guardian. Entre 2013 et 2014, plus de 913.000 personnes – dont un tiers d’enfants – ont reçu des aliments d’urgence d’une banque alimentaire pendant au moins trois jours, contre 346.000 personnes entre 2011 et 2012.

En effet, le rapport intitulé Feeding Britain (Nourrir la Grande-Bretagne), qui doit être publié aujourd’hui, souligne que “le pays est hanté par la faim, causée par les bas salaires, les inégalités qui se creusent, un régime impitoyable de sanctions [infligées aux bénéficiaires d’aides d’État qui ne remplissent pas les nouvelles conditions] et la désintégration du tissu social“.

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Pourquoi la faim, pourquoi la soif ?

A l’horizon 2050, la Terre comptera dix milliards d’habitants: impossible de continuer à balayer d’un revers de main la question alimentaire, alors que la population augmente trois fois plus vite que la production agricole. Des remèdes sont proposés à diverses échelles, du recours au génie génétique jusqu’à l’idée de faire des terres d’Afrique un gigantesque champ destiné à nourrir la planète.

Pourtant, la solution la plus évidente consisterait d’abord à répartir plus rationnellement la production actuelle, à l’heure où une partie colossale de celle-ci est dilapidée par une gestion très peu scrupuleuse. L’amélioration du niveau de vie dans les nouveaux pays industrialisés comme la Chine ne facilite pas la tâche, car elle entraîne une hausse spectaculaire de la demande en viande. Si les ressources mondiales de la planète étaient gérées au mieux, aucun enfant ne devrait mourir ni de faim ni de soif.

Le journaliste allemand Claus Kleber s’attache à démontrer point par point cette hypothèse. Pourquoi les ressources alimentaires, pourtant abondantes, n’atteignent-elles jamais certaines populations ? Comment empêcher que les matières premières et l’eau potable ne deviennent la cible des spéculateurs ou des enjeux de pouvoir ?

Inde : Comment le revenu de base change la vie

Une expérience de versement d’un revenu de base modeste aux habitants de certains villages les plus pauvres de l’Inde a transformé leurs vies. Cela pourrait fournir un programme anti-pauvreté efficace pour tous les pauvres de l’Inde. Mais quelle sera la réaction du gouvernement de Narendra Modi ?

L’idée d’un revenu de base soulève des questions bien au delà de la province de Madhya Pradesh en Inde. Historiquement, des personnalités comme Bertrand Russell, André Gorz, Martin Luther King, et JK Galbraith se sont tous exprimées en faveur d’un revenu de base.

Le revenu de base n’était pas seulement une réforme souhaitable dans le nord et le sud pendant les années 1970 et 1980, sa mise en place est devenue indispensable depuis la crise financière de 2008, pour apporter stabilité et dignité à une nouvelle classe de travailleurs, pour répondre aux exigences du capitalisme mondial, qui créent un état d’insécurité chronique pour de nombreuses vies humaines, balancées entre inactivité professionnelle intermittente et des emplois précaires pour des salaires incertains dans un marché néo-libéral « flexible ».

Pour eux, le monde de l’après-1945 de démocratie sociale, sécurité de l’emploi et des avantages sociaux est un passé révolu.

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Grèce : Bousculade lors d’une distribution de nourriture gratuite à Athènes

Des centaines de Grecs se sont poussés et se sont invectivés lors d’une distribution gratuite de légumes et de poisson par des vendeurs, mercredi 30 avril, dans un marché d’Athènes.

Maria, une retraitée de 85 ans, venue chercher un panier de salades et de poissons, interpelle la caméra. Elle se demande comment faire avec une pension rognée à 500 euros par mois.

Mais cette scène n’est pas rare à Athènes, la capitale. De nombreux marchands et agriculteurs effectuent ce genre de distribution après la crise économique.

La Grèce a été contrainte de réduire les salaires et les retraites, une exigence des bailleurs de fonds de l’Union européenne et du Fonds monétaire international pour éviter la faillite du pays.

Guerres de la faim en 2050

Pourra-t-on produire suffisamment de nourriture pour nourrir une population humaine qui dépassera les 9 milliards d’habitants dans 30 ans? L’USAID (U.S. Agency for International Development)  en doute.

Dans trois décennies, la pénurie de nourriture pourrait conduire à des révoltes et plus encore des guerres de la faim pour mettre la main sur les ressources alimentaires. Et ce n’est pas de la science-fiction et une nouvelle version du film Soleil Vert, mais une prévision très sérieuse de l’agence fédérale américaine pour le développement international, USAID.

Il se pourrait fort bien qu’en 2050 il n’y ait tout simplement plus assez de terres cultivables, d’eau et d’énergie pour nourrir les 9,6 milliards d’habitants que devrait compter la terre à ce moment là contre 7 milliards aujourd’hui.

Techniquement, les agriculteurs produisent aujourd’hui suffisamment de nourriture pour alimenter tout le monde. Pourtant, presque un milliard de personnes sur la planète ont faim, la plupart du temps (en-dehors des guerres) parce que la nourriture est trop chère ou qu’elle n’est pas disponible au bon endroit. Ce chiffre pourrait empirer de façon dramatique.

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Il n’y a que dans deux pays de l’OCDE que l’on souffre plus de la faim qu’aux Etats-Unis

La vie n’est pas si mauvaise en Europe, parce que même si au sein de l’UE, le nombre de personnes qui n’ont pas assez d’argent pour acheter toute la nourriture dont elles auraient besoin a fortement augmenté depuis 2007, suite à la crise financière, c’est aux Etats-Unis que la situation s’est le plus détériorée.

L’agence de presse Bloomberg a repris des données de l’OCDE pour les combiner dans le graphique ci-dessous.

Il montre qu’il existe une population de gens qui ne peuvent se permettre d’acheter de la nourriture dans tous les pays d’Europe, et qu’elle représente 4,6% de la population totale en Allemagne, 9% de celle de la Belgique, et jusqu’à 30,1% de la population hongroise.

En Grèce, la proportion de personnes qui ne peuvent se permettre de s’acheter toute la nourriture dont elles auraient besoin a doublé, passant de 8,9% en 2007, à près de 18% aujourd’hui.

Mais dans la plus grande puissance économique mondiale, les États-Unis, 21,1% de la population ne gagnent pas suffisamment d’argent pour pouvoir se permettre d’acheter toute la nourriture dont ils auraient besoin. Au sein de l’OCDE, seules la Hongrie et l’Estonie font pire.

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Garry Leech : « Que la révolution commence »

Traduction d’un texte de Garry Leech, journaliste indépendant et auteur du livre « Le Capitalisme, un génocide structurel » ; né en Grande-Bretagne, il donne des cours de science politique internationale dans une université canadienne. 

Qu’est-ce que nous attendons ? Combien de temps allons-nous rester assis à ne rien faire et à regarder les bellicistes politiques déployer leurs drones, leurs navires de guerre, leurs bombardiers furtifs, leurs missiles, nos fils et filles et, finalement, leurs armes nucléaires, contre les peuples les plus pauvres du monde ?

NDLR : Discours de Garry Leech reprenant (en anglais) le texte reproduit dans nos colonnes.

Combien de temps allons-nous rester indifférents aux entreprises bellicistes maniant leurs baguettes magiques bénéficiaires, qui remplissent à craquer leurs portefeuilles et leurs bedaines, pendant que des millions d’enfants meurent de faim et de maladies évitables ?

Combien de temps allons-nous accepter l’inégalité injuste des 1 % empochant une part largement disproportionnée de la richesse créée par le labeur des 99 % ? Combien de temps allons-nous accepter passivement la folie suicidaire consistant à violer et piller les ressources limitées de notre planète, au point qu’aucun de nous ne sera en mesure de survivre ? Que la révolution commence !

Et qu’en est-il de notre peur irrationnelle des armes de destruction massive dans les mains de terroristes, qui nous maintient paralysés et distraits des injustices quotidiennement perpétrées en notre nom ? Les plus mortelles des armes de destruction massive utilisées aujourd’hui dans le monde ne sont pas chimiques ou biologiques ; ce sont les règles établies par l’Organisation mondiale du commerce, le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et tous les soi-disants accords de libre-échange qui ne font qu’intensifier les inégalités au plan mondial, la souffrance humaine et la mort.

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États-Unis : Le pays s’enfonce dans la misère

Le  31ème congrès consacré à “la faim et les sans-abris” qui s’est déroulé aux États-Unis met en évidence une évolution de la société américaine peu relayée par les médias acquis pour la très grande majorité à pensée néo-libérale dominante. Ainsi malgré une prétendue baisse lente, mais continue du chômage, le nombre de sans-abris et de personnes souffrant de la faim augmente.

Au total, ce sont 46,5 millions d’Américains qui vivent sous le seuil de pauvreté, selon l’étude réalisée par la Conférence des maires des États-Unis, dans vingt-cinq grandes villes américaines.

Plus d’1 américain sur 6 est “tiers-mondialisé”. Les défenseurs du modèle économique américain qu’ils érigent en modèle, s’évertuent à nous faire croire de manière stupéfiante, que There Is Not Alternative, qu’il faut déréguler et libéraliser encore davantage, car il n’y a rien de possible entre ça et le communisme destructeur de l’ex-bloc soviétique et surtout pas une autre mode de développement qui ne permette pas de s’en mettre plein les poches.

Le trucage des chiffres, les omissions, les vérités partielles,… Tout est bon pour nous faire prendre les vessies pour des lanternes.

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Espagne : Des milliers de chômeurs tentent de décrocher un rôle d”esclave mourant de faim’

Des milliers d’Espagnols chômeurs se sont rués à Almeria, où se tient la mise au point du casting du prochain film de Ridley Scott, « Exodus », dans l’espoir de décrocher l’un des 3.000 à 4.000 rôles d’esclaves offerts.

Ils provenaient principalement de la région d’Andalousie, où le taux de chômage s’établit à 35%. Cependant, on recensait aussi des Basques et des Galiciens. Au total, il y avait 15.000 personnes… La perspective de percevoir un cachet quotidien de 80 euros a déclenché une véritable fièvre des vocations.

« La moitié d’Almeria, et la moitié de l’Espagne sont venues », a commenté Nerea Herrero, l’une des organisatrices de ce casting. Mais seules les personnes très minces, avec une carnation plus sombre, évoquant celle d’une personne africaine ou arabe, seront retenues. « Nous recherchons des gens très très minces, même si c’est excessif, parce que nous avons besoin de gens qui ressemblent à des esclaves mourant de faim », a-t-elle précisé.

Le film Exodus évoquera l’histoire biblique de Moïse et de l’exode des Juifs vers la Terre Promise. Le tournage devrait commencer à la mi-octobre.

Express.be

Le Marché de la Faim

Chaque jour à Vienne, la quantité de pain inutilisée, et vouée à la destruction, pourrait nourrir la seconde plus grande ville d’Autriche, Graz… Environ 350.000 hectares de terres agricoles, essentiellement en Amérique latine, sont employés à la culture du soja destiné à la nourriture du cheptel des pays européens alors que près d’un quart de la population de ces pays souffre de malnutrition chronique.

Chaque Européen consomme annuellement 10 kilogrammes de légumes verts, irrigués artificiellement dans le Sud de l’Espagne, et dont la culture provoque des pénuries d’eau locales…

Argentine : Le soja de la faim

Documentaire français de Marie-Monique Robin aux éditions Galaxie presse, dénonçant les méfaits des cultures OGM en Argentine.

- Les méthodes d’utilisation de ces herbicides ravagent les champs voisins ainsi que la santé de la population se trouvant au bord de ces champs.

- Les agriculteurs souvent sous la pression des élus locaux plus enclins à plaire aux gros exploitants fournissant plus d’argent à la commune, n’écoutent généralement pas les requêtes des paysans plus modestes et plus respectueux de la terre, ceux-ci sont contraint d’abandonner leur terres pour aller grossir les bidon-villes argentins.

- Les exploitants agricoles de ces terres étant financés par des fonds de pensions étrangers ne se souciant pas de la vie dans ce pays, l’extension des champs, notamment par la destruction des forêts primaires fait des dégâts de plus en plus grands pour l’environnement.

Le dégât le plus visible en Argentine, en plus des conséquences plus connues de la déforestation est l’inondation. La présence des forêts régulaient l’eau de pluie, les terres sans végétation durcissent plus vite, laissant l’eau s’accumuler en surface, augmentant ainsi l’étendue des inondations en Argentine.

Crise alimentaire : Les affamés dans le monde seraient 2 milliards

Par Frédéric Dévé, agro-économiste et consultant indépendant. Il a aussi publié cet article sur Agte

Selon les estimations de la FAO, le monde compterait environ 870 millions de personnes sous-alimentées. Ce chiffre découle, non d’un recensement, mais d’une méthodologie selon certaines hypothèses de calcul. En 2012, la FAO dans son rapport sur l’état de l’insécurité alimentaire 2012 a revu ces hypothèses dans un sens plus réaliste. Ce qui conduit à estimer le nombre de personnes sous-alimentées à… environ deux milliards.

La méthodologie aboutit à estimer que la sous-alimentation chronique touche encore 870 millions de personnes dans le monde. Et pourtant… une observation importante mérite d’être faite. La méthodologie d’estimation du rapport 2012 a en effet été ajustée, et parmi les innovations s’en trouve une qui peut questionner drastiquement les chiffres retenus et diffusés, concernant l’objectif du millénaire N°1.

Si l’on applique l’hypothèse d’une activité « normale », le chiffre des personnes affectées par la sous-alimentation passe à 1,5 milliards de personnes. Si on retient l’hypothèse d’une activité « intense » (plus réaliste au style de vie paysan), ce chiffre passe à 2,5 milliards de personnes.

C’est un indice de prévalence de l’inadéquation de l’alimentation qui a été utilisé, et non plus l’ancien indice de privation chronique d’alimentation. Ce nouvel indicateur est analogue conceptuellement à l’ancien, mais :
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États-Unis : Où en est la crise sociale ?

Tandis que le président Obama et le Congrès s’apprêtent à retrancher des billions de dollars des programmes sociaux qui empêchent qu’un vaste nombre de personnes ne sombre dans le dénuement le plus complet, la faim et la pauvreté aux États-Unis atteignent des sommets jamais vus depuis des décennies.

Les chiffres sont renversants

Le nombre d’Américains qui reçoit des coupons alimentaires, soit 47,1 millions, a atteint un nouveau record en août de cette année, selon les plus récentes statistiques du département de l’Agriculture. Ce nombre a augmenté d’un million par rapport à l’année dernière et de plus de 50 % depuis octobre 2008, lorsque la statistique s’établissait à 30 millions.

À Washington D.C., la capitale du pays, et dans l’État du Mississippi, plus du cinquième des résidents reçoivent maintenant des coupons alimentaires.

Une personne qui bénéficie des coupons alimentaires reçoit en moyenne l’équivalent de 130 $ par mois, ou environ 4,33 $ par jour, soit moins que le prix d’un café dispendieux dans le bas Manhattan. Néanmoins, un projet de loi qui est maintenant débattu au Sénat américain priverait ce programme de milliards de dollars sur 10 ans, ce qui précipiterait un nombre incalculable d’enfants, de personnes âgées et de malades dans la pauvreté. Quelque 50 millions de personnes souffrent d’insécurité alimentaire aux États-Unis, par rapport à 36 millions en 2007 ; 17 millions de ceux qui ont faim sont des enfants.
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L’ONU annonce une crise alimentaire mondiale pour 2013

L’ONU met en garde la communauté internationale contre l’imminence d’une crise alimentaire globale pour l’an prochain qui commence dans… un mois ! The Guardian est le premier quotidien britannique a divulguer l’atterrante nouvelle. Cette famine sera induite par un indice incontournable, celui des réserves mondiales de céréales qui ont atteint des niveaux de production dangereusement bas.

Une crise dans la crise, la famine pour certains, la déroute pour d’autres, la spéculation pour quelques-uns : c’est bien le début de la vie invivable qui sera celle d’une humanité trop nombreuse sur une planète exsangue et soumise au chaos climatique. 2050 : il y aura plus à souffrir qu’à choisir.

La sécheresse qui a sévi cet été aux États-Unis – la pire depuis plus d’un demi-siècle – n’est pas étrangère à la menace de prochaines restrictions alimentaires, lesquelles feront les choux gras des maîtres chanteurs de la finance en matière d’opportunisme et de spéculation. Cette sécheresse nord-américaine et le grave déficit en pluies qui a touché la Russie et toute la région de la mer Noire ont déjà favorisé un emballement des cours du maïs et du soja.

Cette hausse des denrées alimentaires de première nécessité engendrera très probablement des troubles et des conflits armés dans plusieurs contrées du monde, celles les plus sensibles en matière de souveraineté alimentaire, avertit encore l”ONU.

« Les réserves mondiales de céréales sont si dangereusement basses que les phénomènes météorologiques les plus extrêmes des États-Unis ou d’autres pays exportateurs d’aliments pourraient déclencher une crise alimentaire majeure au cours de l’année prochaine ». Ce niveau n’avait jamais été aussi bas depuis 1974, a indiqué Abdolreza Abbassian, économiste senior de la FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.
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Canada : Le boum des banques alimentaires

Un nombre croissant de Canadiens a de plus en plus recours aux banques alimentaires. Plus de 882 000 Canadiens ont fréquenté une banque alimentaire en mars 2012, une augmentation de 2,4 % par rapport à l’année précédente, selon l’étude annuelle de Banques alimentaires Canada dévoilée mardi.


Étude Bilan-Faim de Banques alimentaires (2010)

Le nombre de Canadiens qui ont recours aux banques alimentaires a bondi de 31 % depuis le début de la récession en 2008. La directrice générale de Banques alimentaires Canada, Katharine Schmidt, indique que l’organisme espérait voir le nombre d’utilisateurs se stabiliser avec le temps, mais cela n’a pas été le cas.

Les enfants et les jeunes représentent 38 % des utilisateurs de banques alimentaires, alors que les bénéficiaires de l’aide sociale, les membres des Premières Nations et les familles monoparentales sont également dans le besoin.

La faim se déplace
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La faim prochaine

Nous sommes maintenant à un an d’émeutes au niveau mondial“, affirment des chercheurs de l’Institut des Systèmes Complexes de Cambridge.

Dans un document de 2011, ce groupe de chercheurs a dévoilé une modélisation expliquant les vagues de troubles qui ont secoué le monde entre 2008 et 2011. Le facteur déterminant a été la flambée des prix des denrées alimentaires. Leur modèle a identifié un seuil précis pour les prix alimentaires mondiaux qui, en cas de dépassement, conduirait à des troubles dans le monde entier.

Toute so­ciété n’est qu’à trois re­pas d’une ré­vo­lu­tion.” – Lev Davidovitch Bronstein dit Léon Trotsky

La Technology Review du MIT explique comment fonctionne le modèle de l’ISC : “La déduction provient du croisement de deux sources. La première est constituée des données recueillies par l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture des Nations Unies, relative à l’indice des prix des denrées alimentaires. La seconde est la date d’émeutes à travers le monde, quelle que soit leur cause, et cela donne ce graphique” :
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Grèce : La faim s’établit

Les paroles d’encouragement de la politique ont pour de nombreux Grecs un ton cynique. Après trois ans de récession et d’innombrables mesures d’austérité, ils sont découragés et accablés. La faim et le désespoir se déploient.

Athènes. Sotiris Panagopoulos recompte son argent. Mais il n’y en aura pas plus pour autant. 599,95 euros: Avec ça il devra dans les quatres prochaines semaines entretenir sa femme et ses deux enfants en bas âge. «Comment va-t-on y arriver?» demande cet homme de 35 ans désespérément. 320 euros sont réservés pour la location, en plus il faudra payer les factures d’eau et d’électricité. «En fait, il ne nous reste qu’à peine sept euros par jour pour vivre.» Il y a cinq mois, il a perdu son travail de plombier. L’entreprise a fait faillite d’un jour à l’autre, 23 personnes se sont retrouvées dans la rue.

Les Grecs en troisième année de crise: un peuple découragé et désespéré, accablé par toujours plus de mesures d’austérité. Depuis le début de la crise, l’économie s’est dégradée de presque 15%. Selon l’institution des statistiques de l’UE, Eurostat, déjà 28% des Grecs entre 18 et 64 ans vivent au seuil de la pauvreté. Selon un sondage, une PME sur quatre craint de devoir fermer son entreprise «prochainement».

Panagopoulos n’est pas le seul qui, en ce matin pluvieux, va chercher son allocation chômage à l’agence de l’emploi de Perama. La file d’attente s’allonge chaque mois. Perama se situe à une petite heure à l’ouest d’Athènes sur le golfe Saronique, autrefois, la ville était le centre de l’industrie de la construction navale grecque. Aujourd’hui, ce lieu de 25 000 habitants détient le record du taux de chômage en Grèce: environ 60%. La plupart des entreprises ont des problèmes depuis des années, parce qu’elles ne peuvent plus concurrencer les grands chantiers navals d’Asie. La récession a fait le reste.

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Grèce : La faim et le nombre de sans domicile fixe s’aggravent

Au cours de ces trois dernières années, la dévastation sociale de la Grèce a entraîné une augmentation drastique de la famine et du nombre des sans domicile fixe (SDF). Officiellement l’on estime qu’un tiers des Grecs vit à présent sous le seuil de pauvreté mais en réalité les choses sont bien pires.

Selon les statistiques nationales de l’agence ELSTAT, au début de la crise en 2010, plus de 3 millions (27,7 pour cent) sur les 11 millions d’habitants que compte la Grèce vivaient déjà au bord de la pauvreté ou de l’exclusion sociale. Depuis, les conditions de vie de millions de gens ont considérablement empiré.

Le chômage de masse est à présent un phénomène permanent avec des taux officiels de 21 pour cent. Pour la première fois, plus de 50 pour cent des jeunes sont sans emploi. Plus de 500.000 personnes n’ont aucun revenu d’aucune sorte dans ce qui était jusque il y a quelques années un pays au niveau de vie en hausse. La situation est si désespérée que quelque 500.000 personnes ont quitté le pays.

Avec un millier de personnes par jour  réduites au chômage et une attaque continue contre les salaires et les prestations sociales, il y a à présent une couche de la société qui ne cesse de croître, les « nouveaux SDF. »
Ce mois-ci, Christos Papatheodorou, professeur de politique sociale à l’université Democritus de Thrace, a dit que le nombre de SDF « risque d’exploser. »
Les chiffres officiels de la pauvreté cités par ELSTAT n’incluent pas les milliers de SDF en Grèce. Papatheodorou a souligné que les statistiques de l’Office statistique de l’Union européenne et des agences nationales « basent leurs chiffres sur le ménage type, c’est-à-dire des personnes ayant un toit. Et donc, l’augmentation de l’extrême pauvreté dans laquelle se trouvent les SDF n’apparaît pas dans les statistiques. »

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L’inquiétante volatilité des prix des matières premières agricoles

Le rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation de l’ONU tire le signal d’alarme sur la hausse des prix des denrées alimentaires.

Carte publiée en juin 2009 - Cliquez dessus pour l'agrandir

« Les stocks ont été regarnis en 2008 et en 2009, mais l’écart entre la réalité de ces stocks et l’évolution des prix sur les marchés est parfois considérable. En ce sens, nous vivons aujourd’hui le début d’une crise alimentaire similaire à celle de 2008 », s’inquiète, mardi 11 janvier, Olivier de Schutter, dans Les Echos, en référence à l’explosion des prix alimentaires de 2008, qui avait provoqué des émeutes de la faim dans une trentaine de pays dans le monde.

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Chaque année, la planète perd l’équivalent de l’Italie en surfaces cultivées

Jusqu’à 30 millions d’hectares de surfaces cultivées, soit l’équivalent de la superficie de l’Italie, sont perdus chaque année du fait de la dégradation de l’environnement, de l’industrialisation et de l’urbanisation, a souligné jeudi 21 octobre un rapport de l’ONU.

« American way of life » - Photo d'Alex MacLean (USA)

« Cette tendance a des conséquences dramatiques pour des centaines de millions d’agriculteurs, de pêcheurs ou de peuples indigènes », a noté Olivier de Schutter, rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation, lors de la présentation de son rapport (consultable en français et en PDF).

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L’agrobusiness dans le monde : deux décennies de pillage

Avec cet aperçu de l’expansion de l’agrobusiness dans le système alimentaire mondial au cours des vingt dernières années, nous amorçons une réflexion sur ce qu’on peut attendre de ces entreprises dans les années à venir.

Au début des années 1990, une grande partie des pages de Seedling [littéralement : semis, jeune plant - publication de grain.org] étaient consacrées à des discussions sur les accords internationaux et les programmes de recherche publique. Les grandes sociétés apparaissaient certes dans ces discussions, mais surtout comme une menace à l’horizon, un groupe soutenant de façon agressive le modèle d’agriculture industrielle qui détruisait la biodiversité agricole. Vingt ans plus tard, la situation n’est plus du tout la même. Le pouvoir des grandes sociétés dans le système alimentaire s’est en effet étendu à pas de géants. Aujourd’hui, ce sont elles qui définissent les règles mondiales, tandis que les gouvernements et les centres de recherche publique suivent le mouvement.

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L’élite économique contre le peuple des Etats-Unis d’Amérique

Le texte présenté ci-après constitue la première des six parties d’un rapport publié sur le site américain Amped Status, entre le 15 février 2010 et le 27 février 2010.

La "tea party" de Boston, 16 décembre 1773

« L’oligarchie américaine ne ménage pas ses efforts pour arriver à convaincre qu’elle n’existe pas, mais le succès de sa dissimulation dépend des efforts tout aussi intenses d’un public américain désireux de croire à des fictions égalitaires et refusant de voir ce qui est caché à la vue. » – Michael Lind, To have and to have not

Il est temps que 99% des Américains se mobilisent et s’attaquent à des réformes politiques de bon sens.

Oui, bien sûr, nous avons tous des idées très différentes sur beaucoup de questions. Mais, comme nos Pères Fondateurs l’ont fait avant nous, nous devons mettre de côté nos différences et nous unir pour combattre l’ennemi commun.

Il est de plus en plus clair, aux yeux de beaucoup de gens, que le parti républicain et le parti démocrate, ainsi que les trois branches de notre gouvernement [ces trois branches sont le pouvoir exécutif qui comprend le président, le pouvoir législatif avec le Congrès et le pouvoir judiciaire avec la Cour suprême, NDT] ont été achetés par une élite économique bien organisée qui, tactiquement, détruit notre mode de vie. La dure vérité est que 99% de la population américaine n’a plus de représentation politique. Il est flagrant que l’économie américaine, le gouvernement et le système fiscal sont aujourd’hui manipulés contre nous.

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Panne sèche : la fin du pétrole, un changement de civilisation

L’auteur américain James Howard Kunstler annonce le début de la “Longue Catastrophe”. Il ne s’agit pas de la fin du monde, mais bien de la fin imminente du pétrole bon marché et de notre mode de vie moderne.

Collaborateur du New York Times Magazine en tant que spécialiste des questions environnementales et économiques, James Howard Kunstler a publié un essai choc intitulé La fin du pétrole : Le vrai défi du XXIe siècle.

Dûment documenté, cet ouvrage d’anticipation géopolitique décrit notre monde sans pétrole bon marché. «D’ici à trois ans, prévoyait Kunstler en 2005, nous vivrons les premiers effets d’un grand bouleversement que j’appelle la Longue Catastrophe.» La fin du pétrole entraînerait des guerres, des crises sociales, l’éclatement de l’Empire américain et un appauvrissement important de tout l’Occident. Au mieux, d’ici à quelques décennies, notre mode de vie serait légèrement supérieur à celui de nos ancêtres au XVIIIe siècle.

Naturellement, trois ans plus tard, une mise au point s’impose… [N.B. : cet entretien date d'octobre 2008]

Q › La Longue Catastrophe est-elle commencée ?
R › On a les deux pieds dedans !

Q › Et qu’est-ce que cela signifie ? Lire la suite

“2050 : 2,3 milliards de bouches de plus à nourrir”, selon la FAO… et pas de solution

Parmi les fondements de la vision matérialiste du monde, commune aux économies “de gauche” et “de droite”, aux côtés de l’argent et du progrès, trône le mythe de la croissance infinie.

Lequel est devenu presque subliminal, comme s’il allait de soi qu’aucune frontière, même naturelle, ne puisse plus s’opposer à la marche ascendante et expansive de l’humanité, libérée, par l’abondance de marchandises, de tout autre souci que celui de leur consommation.

Comme si contester, tel Alain de Benoist, la religion de la croissance, ne pouvait plus, désormais, qu’être un signe d’obscurantisme, sauf à être “décroissant” dans le cadre d’une bien-pensance ancrée dans le confort occidental, condamnant ou vantant le malthusianisme au hasard d’improbables convergences.

Petit problème : le réel.

En effet, une organisation dépendant de l’ONU annonce que, pour satisfaire la demande mondiale, la production alimentaire devra augmenter de 70% d’ici 2050.

Or, cela paraît presque impossible.

Selon un rapport diffusé le 23 septembre 2009 par la FAO [Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture], l’agriculture mondiale doit relever des défis de taille : augmenter la production alimentaire de 70% pour nourrir 2,3 milliards de personnes de plus d’ici à 2050, intensifier la lutte contre la pauvreté et la faim, utiliser plus efficacement les ressources naturelles qui s’amenuisent et s’adapter au changement climatique.

La FAO a convoqué pour les 12 et 13 octobre 2009 un Forum d’experts de haut niveau pour discuter des stratégies à mettre en oeuvre pour relever ces défis.

Le Forum, intitulé “Comment nourrir le monde en 2050″ rassemblera quelque 300 experts (universitaires, chercheurs, ONG, secteur privé) de pays développés et en développement. Il préparera le terrain à la tenue du 16 au 18 novembre 2009 d’un nouveau Sommet mondial sur la sécurité alimentaire.

“La FAO fait preuve d’un optimisme prudent en ce qui a trait au potentiel du monde à se nourrir d’ici à 2050,” indique M. Hafez Ghanem, Sous-Directeur général responsable du Département économique et social de la FAO. Toutefois nourrir tout un chacun d’ici là n’est pas “automatique”, à moins de relever plusieurs défis de taille. Lire la suite

Afrique du Sud : voyage au coeur d’un ghetto blanc

C’est l’apartheid à l’envers. En Afrique du Sud, des « petits Blancs » laissés-pour-compte du nouveau régime croupissent dans une misère effroyable. Mis à l’écart dans des camps de fortune, ravitaillés par des Noirs, ils tentent de survivre tant bien que mal, parfois depuis plusieurs années.

Inimaginable il y a quinze ans : des volontaires noirs ravitaillent les 400 squatters afrikaners démunis de tout dans le camp de Coronation Park. (Finbarr O'Reilly/Reuters)

Direction Krugersdorps, une ville située au Transvaal, dans la province de Gauteng. A une trentaine de kilomètres de Johannesburg, dans un township de Blancs dénommé Coronation Park, végètent dans une crasse effroyable quelque 400 Afrikaners, ces Africains à la peau blanche d’origine néerlandaise, française, allemande ou scandinave, descendants des colons du XVIIIème siècle. Parmi eux, Anne Le Roux, 60 ans, est assise sur une chaise, les yeux rivés sur une photo. Ah… le mariage de sa fille… Il est bien loin ce temps où Nelson Mandela était le premier président noir du pays, où elle vivait avec son époux dans une maison à Melville, où elle travaillait comme secrétaire… Aujourd’hui, seize ans après l’accession au pouvoir de « Madiba », Anne partage une caravane déglinguée et une pauvre tente avec sept autres personnes, dont sa fille et ses quatre enfants, dans un campement pour Blancs.

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Garçon, un cancer ! Entretien avec le professeur Dominique Belpomme

Dominique Belpomme est un médecin et professeur de cancérologie au Centre Hospitalier Universitaire Necker-Enfants malades. Il est membre de plusieurs sociétés savantes internationales et président de l’ARTAC, Association pour la Recherche Thérapeutique Anti-Cancéreuse, fondée en 1984, et connu pour ses travaux de recherche sur le cancer. Il est ici interrogé par le magazine Le Choc du mois.

Ce qui vous frappe le plus en tant que cancérologue, c’est que le cancer est une maladie créée par l’homme ? 70.000 personnes en mouraient après la Seconde Guerre mondiale. Combien aujourd’hui ?

150. 000, plus du double.

Et combien sont-ils à développer un cancer aujourd’hui ?

Avant le premier plan cancer (2003-2007), on comptait chaque année environ 280.000 personnes atteintes de la maladie. Après (soit en 2009), 350.000.

C’est la raison pour laquelle je pense qu’en terme de santé publique, le premier plan cancer est au mieux un demi-échec et que le second plan risque de se solder par un constat du même ordre si la prévention environnementale n’est pas prise en compte.

Versant positif, on a pris conscience qu’il y avait un fléau, le cancer, et confirmé la réorganisation des soins et la lutte contre le tabagisme, tout en créant l’INCa, l’Institut national du cancer.

Pour autant, les résultats sont loin d’être à la hauteur des espérances. On a aujourd’hui annuellement 350.000 nouveaux cancers. C’est une croissance quasi-exponentielle du nombre de cas. Quant à la mortalité, elle est pratiquement stable : elle a diminué de moins de 10 % pour les hommes et n’a pas bougé pour les femmes, en taux standardisé (qui gomme l’effet de l’âge).

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Implosion occidentale et croissance chinoise

Une tribune libre de Michel Drac

La plupart des Occidentaux sont encore aujourd’hui convaincus que les USA possèdent une économie infiniment plus puissante, performante et créatrice de richesses que l’économie chinoise.

Il est fréquent qu’on vous oppose, quand vous évoquez la montée en puissance de la Chine, le ratio qui existe entre le PIB US au taux de change courant (14 400 milliards de dollars en 2008) et son équivalent chinois (4 300 milliards pour la même année), soit à peu près le chiffre magique de 3.

Voyons, comment pouvez-vous évoquer une situation de quasi-parité entre Chine et USA en termes de puissance économique, alors que le PIB des USA est trois fois plus gros que celui de la Chine ? Et comment pouvez-vous dire que le système US n’est pas forcément plus performant que le système chinois, alors que les USA, quatre fois moins peuplés que la Chine, ont un PIB trois fois plus important ? Voyons, le PIB par habitant des USA est 13 fois plus élevé que celui de la Chine !

Pour mesurer à quel point ce type d’interrogation est en soi révélateur de la confusion carte/territoire qui constitue, dans l’actuelle phase de paraphrénie collective, l’essence du mode de pensée de nos contemporains occidentaux, il faut ici rappeler quelques évidences.

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Corée du Nord : c’est la Berezina économique

La famine a fait sa réapparition dans certaines régions. Elle est la conséquence de la réforme monétaire initiée à l’automne 2009.

2007 : tentative de transformation d'un marais en terre agricole à Yomju, au nord de Pyongyang

La Corée du Nord serait victime d’une importante inflation et d’une pénurie de marchandises, conséquences inattendues des mesures prises lors de la réforme monétaire [dévaluation] de novembre 2009 qui visait à resserrer le contrôle du marché.

Les ouvriers ne seraient plus payés, et la situation serait beaucoup plus préoccupante que certains analystes le craignaient, la famine faisant même des morts.

D’après des sources nord-coréennes et chinoises installées à Dandong, ville chinoise située près de la frontière nord-coréenne, le prix du riz, fixé à 30 wons [2 centimes d’euro] le kilo par le régime de Pyongyang lors de la réforme, atteindrait 300 wons dans la ville de Sinuiju [située en face de Dandong], voire 40 000 wons dans les régions plus isolées. Un kilo de viande de porc, qui vaut officiellement 45 wons, s’achèterait 800 wons, un paquet de cigarettes à 20 wons se paierait 300 wons.

Comme les prix augmentent chaque jour, les Chinois ou les Nord-Coréens qui font du commerce entre les deux pays attendent avant de mettre leurs marchandises sur le marché, ce qui fait monter encore plus les prix et donne naissance à un véritable cercle vicieux.

“Si on attend un jour, on fait plus de bénéfices. Du coup, les gens ne veulent pas vendre. Mes confrères nord-coréens en font autant. Ils viennent acheter en Chine, mais ils ne revendent pas tout de suite chez eux”, explique un commerçant chinois.

“J’ai un parent à Sinuiju. Il voulait que je lui envoie du riz. Il disait que, même dans cette ville, il y avait des gens qui mouraient de faim. J’avais entendu parler de ce genre d’histoire pour les campagnards, mais jamais pour les habitants de Sinuiju, qui s’approvisionnent assez facilement à Dandong [les deux villes étant reliées par un pont]. Cela prouve que la situation est plus grave qu’on ne le pense”, ajoute un autre.

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49 millions d’Américains mal nourris

Cela saute aux yeux, dès qu’on s’aventure dans les quartiers pauvres de l’Amérique, à Washington même, mais le drame est maintenant aussi chiffré : 49 millions d’Américains (1 sur 7) vivent dans “l’insécurité alimentaire”, indique le dernier rapport du ministère de l’Agriculture, pour l’année 2008.

Une augmentation de 13 millions par rapport à 2007.

Parmi ces 49 millions d’Américains mal nourris, un tiers sont obligés de sauter des repas faute d’argent, distingue le rapport.

Deux tiers ont généralement assez à manger, mais ils doivent se contenter des produits les moins chers, visiter les soupes populaires ou demander des bons alimentaires.

Un nombre record de 36 millions d’Américains collectent maintenant ces bons alimentaires distribués par les pouvoirs publics.

Un nombre record d’enfants aussi souffrent de carences alimentaires : près de 17 millions d’enfants américains (22% des enfants) vivent dans des foyers où la nourriture manque, plus ou moins souvent.

Les foyers les plus vulnérables sont encore une fois ceux des mères célibataires : 37% souffrent “d’insécurité alimentaire”, montre ce rapport.

L’origine des parents reste aussi un facteur essentiel : 29% des ménages hispaniques entrent dans la catégorie “insécurité alimentaire”, contre 27% des ménages noirs et 12% des ménages blancs.

La cause essentielle de cette nouvelle aggravation est bien sûr le chômage, qui frappe maintenant 10,2% de la population active (et encore, le taux de chômage était de 7% en décembre 2008 quand cette étude a été réalisée, ce qui signifie que les chiffres ont certainement empiré depuis).

Ce rapport est une “grande chance de mettre ce problème en lumière” a malgré tout assuré le secrétaire à l’Agriculture, Tom Vilsack. L’administration Obama, qui a promis de mettre fin à la malnutrition enfantine d’ici 2015, espère maintenant convaincre le Congrès de débloquer de nouveaux moyens, pour lutter contre le chômage, et la faim en Amérique.

Même les militants, qui aident à nourrir les plus pauvres et connaissent bien le problème, se disent “atterrés” par ces nouveaux chiffres. Ainsi Vicki Escarra, présidente de Feeding America : “C’est impensable. On dirait que nous vivons dans un pays du Tiers Monde”.

Libération

Le grand Monopoly mondial des terres agricoles

Incapables de nourrir leurs larges populations avec leur seule production domestique, certains pays se lancent dans de vastes opérations d’achat de terres cultivables à l’étranger.

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Depuis 2007 et la forte hausse des matières premières agricoles, qui a provoqué les émeutes de la faim, l’acquisition des terres cultivables est devenue la priorité numéro un de nombreux pays du globe, pour assurer leur autosuffisance alimentaire.

Au premier rang d’entre eux, la Chine. «Avec 10 % de surfaces agricoles exploitables, la Chine doit nourrir 22 % de la population mondiale», explique un consultant agricole, Axel de Martene. Lire la suite

Les petits Américains, les plus pauvres du monde développé

Une étude révèle que près de la moitié des enfants aux États-Unis, et une écrasante majorité d’enfants noirs, mangent au moins une fois au cours leur enfance grâce à des bons alimentaires.

«Les États-Unis doivent ouvrir les yeux». Près de la moitié des enfants américains (49,2%) mangent au moins une fois au cours de leur enfance grâce à des bons alimentaires, révèle une étude* scientifique publiée dans l’American Medical Association’s Archives of Pediatric and Adolescent Medicinese. Chez les enfants afro-américains ou ceux qui vivent dans une famille monoparentale, ce chiffre passe à près de 90%.

«Si vous avez des bons alimentaires, c’est que vous êtes par définition dans une situation précaire et que votre foyer n’a pas beaucoup de ressources», explique Mark Rank, de l’université Washington (Missouri), coauteur de l’étude avec Thomas Hirschl, de l’université Cornell (New York). Les deux hommes ont déjà montré dans une autre étude que la moitié des adultes américains ont déjà utilisé au moins une fois un bon alimentaire dans leur vie.

Les enfants américains sont ceux qui sont confrontés au plus haut niveau de pauvreté dans le monde occidental développé.

Et la crise n’y a rien arrangé. Ainsi, deux millions et demi d’Américains sont passés l’an dernier sous la barre du seuil de pauvreté, fixé aux États-Unis à 11.000 dollars par an pour une personne seule et à 22.000 dollars pour une famille de quatre personnes. Au total, selon un dernier bilan du Bureau de recensement, 40 millions d’Américains (soit environ 13% de la population) sont considérés comme pauvres, et peuvent recevoir des bons alimentaires. Parmi les régions les plus touchées : le Texas (3,07 M), la Californie (2,99M), New York (2,57M), la Floride (1,77) et l’Illinois (1,71M).

*Étude fondée sur l’observation de 4.800 foyers américains durant 32 ans. Le Figaro