Entretien avec Olivier Delamarche : Vers la faillite des Etats

Olivier Delamarche, associé-gérant chez Platinium Gestion, analyse les principales tendances économiques et financières à venir. Il nous explique en quoi les solutions actuellement mises en oeuvre, en particulier la monétisation des dettes souveraines, ne pourront ni relancer la croissance ni faire baisser le chômage. La solution passera forcément par des faillites, partielles ou totales, de certains Etats.

Faillite des États (anticipation et gestion)

Peut-on simplement imaginer “anticiper” les risques de défaut de paiement d’un pays et organiser une défense “préventive ”? Les exemples du passé sont fragmentaires et incomplets. Les propositions d’avenir, incertaines et contestées.

Lors des discussions relatives à la mise en place du mécanisme européen de stabilité (MES) les mots « dictature », « stalinisme néo-libéral ” ( ?!) et autres noms d’oiseau ont failli étre utilisés avec le dessein très clair de jeter ledit mécanisme aux orties. On a décrit le MES et les généralités sur les faillites des États dans deux entrées. Un des aspects très controversé de sa création est son lien avec le fameux traité de la « règle d’or » ou traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance de l’Union (TSCG). En effet, parmi les missions attribuées au MES (qui fonctionnera sous la houlette de la BCE), sont celles qui consisteraient à faire des enquêtes, études et toutes recherches sur les grands équilibres financiers, bancaires et monétaires des pays adhérents aux traités qui instituent une forme de solidarité européenne (Zone euro). Dans le cas où on trouverait des « anomalies », les autorités européennes ad-hoc pourraient être saisies pour qu’une enquête d’infraction soit menée.

Les traités européens partagent avec la loi française un goût immodéré pour la sanction de type pénal ! Sauf qu’évidemment les États même européens ne peuvent pas être mis en prison et que la saisie des biens et valeurs leur appartenant n’est pas encore inscrite dans le droit positif. La prévention, même lorsqu’elle est organisée, incidemment comme ci-dessus, n’est pas vraiment prise au sérieux. Allons, disons-les choses simplement, il n’y a pas de droit de la faillite des États Européens. Au fait, qu’en est-il au niveau mondial ?

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Le krach, jusqu’où ?

Le calme avant la tempête. Depuis quelques jours, nous observons un tassement de la chute des marchés : prémisses d’un rebond ? Nous sommes dans une période d’hésitations, d’entre-deux. Très clairement, nous traversons – péniblement – la Crise II, la phase de faillite des États. Mais les marchés comme d’habitude semblent décidés à ne pas se laisser déstabiliser plus que cela. Ils sont devenus des spécialistes en matière d’autisme.

Nous ne sommes pas les seuls à sentir le vent tourner… Les nuages s’accumulent de plus en plus à l’horizon et nous craignons une nouvelle tempête.

Maladie incurable pour les banques

Où en sommes-nous ? Le système bancaire qu’on nous assurait sauvé ne se porte pas si bien que cela. “De nouvelles dépréciations à l’horizon pour les banques de la zone euro,” titre L’Agefi. D’après la BCE, d’ici fin 2011, les banques européennes devraient essuyer une deuxième vague de dépréciations d’actifs, à hauteur de 195 milliards d’euros. Somme à laquelle il faut ajouter de faramineux besoins de refinancement – 800 milliards d’euros – d’ici à 2012.

Certains en ont déjà tiré les conséquences qui s’imposent. Forbes vous met en garde : “Les investisseurs ne doivent pas perdre de vue la sécurité de leurs dépôts bancaires.” En clair, faites attention à votre argent, et à l’endroit où vous le placez. Cela ne vous glace pas le sang ? Nous, si.

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Allemagne : l’idée d’une procédure de faillite des Etats fait son chemin

L’idée d’une procédure codifiée d’insolvabilité des États, évoquée avec insistance ces derniers jours par la classe politique allemande, fait son chemin dans le pays, la chancelière et le président de la Bundesbank s’y étant tous les deux rangés mercredi.

L’existence d’une telle procédure renforcerait “la responsabilité des politiques financières nationales,” a argumenté Axel Weber, président de la Bundesbank et membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) lors d’un discours prononcé à Stuttgart (sud-ouest).

Si, en cas de crise, on ne pouvait pas compter sur l’aide d’autres États mais sur une restructuration de la dette ou un abandon de créance, des finances publiques solides seraient récompensées plus fortement et plus tôt par des taux d’intérêt faibles,” a-t-il dit, d’après le texte de son allocution diffusé à l’avance. En d’autres termes, si les créanciers d’un État savaient que, dans le pire des cas, ils se retrouveraient le bec dans l’eau, les marchés financiers seraient plus attentifs à la discipline budgétaire des uns et des autres.

Le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble avait évoqué l’idée en début d’année. Elle a été remise sur la table ces derniers jours, par lui-même, par un certain nombre de parlementaires allemands et, mercredi matin, par la chancelière Angela Merkel.
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