Géants du net : Ennemis d’État

Facebook, Google, et Twitter, les leaders mondiaux de la high-tech et des réseaux sociaux ont installé leur siège social respectif et leurs bureaux aux alentours de San Francisco. Google emploie 50.000 employés dont 1200 qui sont millionnaires.

En trois ans, l’inflation des salaires des cadres du Net a provoqué une explosion des prix de l’immobilier dans la ville. En 2013, le nombre de familles expulsées à San Francisco a augmenté de 25%. Par ailleurs, les nombreuses navettes de luxe privées, destinées aux employés des géants d’Internet perturbent les transports en commun en utilisant impunément les arrêts de bus public. Depuis quelques mois, de nombreux riverains descendent dans les rues de San Francisco pour dénoncer les abus.

Partie 1:

Partie 2:
Lire la suite

Transhumanisme : L’homme de demain

Le transhumanisme est un mouvement culturel et intellectuel international prônant l’usage des sciences et des techniques afin d’améliorer les caractéristiques physiques et mentales des êtres humains. Le transhumanisme considère certains aspects de la condition humaine tels que le handicap, la souffrance, la maladie, le vieillissement ou la mort subie comme inutiles et indésirables.

Dans cette optique, les penseurs transhumanistes comptent sur les biotechnologies et sur d’autres techniques émergentes. Les dangers que présentent de telles évolutions sont énormément préoccupants.

Selon les philosophes ayant étudié l’histoire du transhumanisme, son transcendantalisme s’inscrit dans un courant de pensée remontant à l’Antiquité; la quête d’immortalité de l’Épopée de Gilgamesh ou les quêtes de la fontaine de Jouvence et de l’élixir de longue vie, au même titre que tous les efforts ayant visé à empêcher le vieillissement et la mort, en sont l’expression.

La philosophie transhumaniste trouve cependant ses racines dans l’humanisme de la Renaissance et dans la philosophie des Lumières.

Misère de l’humanité numérique

La compréhension du monde et sa transformation peuvent-elles se réduire à de simples questions de programmation ? Alors que vient de paraître son deuxième ouvrage, Who Owns the Future ?, il n’est pas inutile de discuter les intuitions du geek humaniste Jaron Lanier qui dénonce la standardisation des consciences et la démonétisation croissante de l’économie.

Deux milliards de personnes sont aujourd’hui connectées à internet. D’ici quelques années, la majeure partie de l’humanité vivra enveloppée dans un flux constant d’informations. Les différents éléments de notre quotidien sont en train de devenir smart (les voitures, les frigos, les compteurs électriques, les lunettes, les montres, etc.), et nos organes ne tarderont pas à être eux aussi branchés uns à uns sur le réseau global.

Lire la suite

La Haute finance à l’assaut de votre patrimoine génétique

Le dieu-argent de la haute finance est un dieu gourmand voire vorace. Il n’a jamais de sensation de satiété. Ce 21ème siècle est son heure. Il s’est coup sur coup approprié sans grande difficulté le marché de l’emploi, a saboté le concept d’Etat-Nation, a privatisé les services publics, a démantelé les institutions publiques de plus en plus soumises aux besoins impératifs du marché mondial, a confisqué les capitaux de retraite et autres épargnes, a mis la main sur les ressources naturelles mondiales, a siphonné les monnaies nationales et les excédents des balances publiques, etc. La privatisation de la planète et de ses ressources est ainsi une réalité difficilement contestable.

Les exploits du dieu-argent sont innombrables. Le plus déterminant pour l’avenir de l’humanité serait la réussite du renversement déjà bien engagé de la suprématie des législations nationales en sa faveur. Pour faire simple, le système du dieu-argent supplante aujourd’hui les gouvernements qui lui ouvrent grand les portes de leurs territoires et de leur législation dans une ambiance d’impuissance mêlée d’un certain fatalisme.

Que ce transfert de la suprématie du peuple en faveur des marchés financiers soit reconnu constitutionnellement et l’on verra tomber tout rempart protecteur de l’homme, de son identité et par extension de l’humanité.

Cette fragilisation des droits de l’humain et de sa liberté de disposer de lui-même dans un environnement sécurisé est fortement aggravée actuellement par une technologie massivement soutenue par les marchés financiers qui a pris une option claire pour le transhumanisme.

Eugénisme, marchandisation de l’être humain, captation du patrimoine génétique, humanisation des robots et robotisation de l’humain sont devenus non seulement possibles mais exigés par des décideurs inconnus cachés derrière les marchés financiers.

La bataille de fond qui se livre actuellement est celle de l’identité de l’humanité, des libertés inaliénables et gratuites de l’homme. L’enjeu : La privatisation de la VIE et de l’immortalité. Rien de moins !

Lire la suite

Un héros des méga-données

Le Big Data (ou méga-données, en français) est la denrée la plus abondante de notre époque. A l’heure où 3 milliards d’individus sont connectés à Internet, où plus de 2 milliards possèdent des smartphones et ont un compte sur des réseaux sociaux, les données croissantes que génèrent leurs activités sont une manne, exploitée par une poignée d’entreprises qui ont pris une avance certaine dans le secteur.

Mais pour valoriser ces données, il faut arriver à les capter, les stocker, les traiter, les analyser, les visualiser et en extraire des connaissances. Seuls des algorithmes sont en mesure d’effectuer ces tâches et plus la production de données croît, plus l’enjeu réside dans la capacité d’analyse massive et en temps réel.

Ainsi, Uber, emblématique de la révolution actuelle, collecte en permanence des informations sur chaque passager, chaque requête, chaque trajet, et les utilise pour prédire à l’avance les pics d’activités, dans le temps et l’espace, afin d’optimiser le travail de ses chauffeurs. Un jeune génie français, Paul Duan, a, lui, choisi de mettre ses compétences de « data scientist » au service de l’intérêt général.

Originaire de Trappes, il a obtenu un diplôme de Sciences po Paris avant d’entamer des études de mathématiques et d’atterrir dans la Silicon Valley, chez Eventbrite, une entreprise spécialisée dans la vente en ligne de billets.
Lire la suite

Comment la publicité resserre son emprise sur nos consciences

Dans l’espace public, à la télévision, sur internet, et maintenant dans nos poches : la publicité est omniprésente. Devenant un art en soi dans le perfectionnement de ses formes, la réclame se nourrit désormais de nos données privées – que nous pensions intimes. Nous avons conscience de l’influence potentielle de la pub, mais nous ne doutons pas de l’ampleur réelle de son emprise sur nos vies.

La publicité ne date pas de la dernière pluie, mais elle est un phénomène particulièrement récent dans l’Histoire. L’émergence du régime capitaliste et la révolution industrielle ont donné une accélération sans précédent à la hausse de la production ; pour créer et soutenir la demande, la publicité est née. Dans les années 1830 apparaissent les premiers encarts commerciaux dans les journaux, tandis que les affiches publicitaires commencent elles aussi à recouvrir les murs des villes. Dès la fin du 19ème siècle, la réclame fait l’objet d’une création artistique à part entière, plusieurs peintres renommés étant appelés à travailler dans ce secteur nouveau. Dès lors, elle a pris une place prépondérante, en particulier dans les supports médiatiques à venir. Le cinéma, qui prend rapidement au début du 20ème siècle un large essor populaire, diffuse dès ses débuts des spots publicitaires avant les films. La radio, apparue en France au cours des années 1920, est immédiatement utilisée pour émettre des séquences pour vanter les mérites de produits sur le marché.

Toujours plus travaillée et efficace, la publicité va progressivement occuper une place centrale dans la vie des Français. Aujourd’hui, son périmètre ne cesse de s’élargir et elle occupe des espaces insoupçonnés. C’est d’autant plus important de l’identifier clairement, qu’elle conditionne en profondeur nos comportements et nos idées.

Lire la suite

Il ne reste que 7 ans à vivre au Web, en 2023 il va mourir

Ce n’est pas là une nouvelle prédiction “catastrophe” de Nostradamus mais bien le constat de plusieurs chercheurs : le temps est compté pour l’Internet. Plus précisément pour le réseau Internet qui va saturer. Si rien n’est fait en 2023 il ne sera plus possible de transférer le nombre de données suffisantes pour couvrir les besoins mondiaux. Et c’est inquiétant.

La fibre optique a ses limites

Déjà en 2001 on savait que ça allait arriver… mais en 2001 on ne s’inquiétait pas : il n’y avait pas Youtube (créé en 2005), pas Facebook, pas Twitter et encore moins les divers Vine, Twitch et Instagram… Du coup quand le laboratoire de Lucent, Bell Labs, a découvert en 2001 que la fibre optique avait une limite physique de transport de données de 100 Térabits/s on se disait qu’on avait le temps, voire même que cette limite n’allait pas être atteinte.

Lire la suite

Google, la fin du travail ?

Après plusieurs années d’enquête, Bruxelles a lancé le 15 avril dernier une procédure contre le géant informatique américain. Elle l’accuse d’abus de position dominante dans la recherche sur internet.

Une solution à l’amiable est toujours possible, mais dans le pire des cas, Google pourrait écoper d’une amende de 6 milliards de francs. Quels enjeux se cachent derrière ce bras de fer entre Bruxelles et Google ? Le point avec Solange Ghernaouti, professeure à l’Université de Lausanne, spécialiste en cybersécurité.

RTS – L’Invité de la rédaction (16/04/2015)

Les médias numériques réduisent les capacités intellectuelles des enfants [Archive]

Manfred Spitzer, psychiatre et spécialiste du cerveau, met en garde les parents et les éducateurs. Le directeur médical de la Clinique psychiatrique universitaire d’Ulm, a déclenché avec son nouveau best-seller «Démence digitalisée, Comment nous perdons nous-mêmes la raison et la faisons perdre à nos enfants» et ses thèses pointues des échos violents dans les médias. Dans son livre, Spitzer étaie, par de nombreux diagnostics neurologiques et de nouvelles connaissances les faits décrits par des spécialistes sérieux des médias, que l’utilisation trop fréquente d’Internet peut rendre bête. Il n’a jamais vilipendé les utilisateurs adolescents et adultes d’Internet.

Dans une interview, il a répondu aux attaques venimeuses de la presse de la manière suivante: «Je n’en fais pas une pathologie, mais je constate: là où il y a des effets, il y a aussi des risques et des effets secondaires.»1 Spitzer ne met pas seulement en garde, il montre aussi ce que les parents, les enseignants et les politiciens peuvent faire pour protéger notre jeunesse.

Ce n’est pas une nouvelle connaissance que la consommation fréquente de la télévision par des enfants en bas âge, des jeux vidéo et des jeux violents pendant des heures, de téléphoner sans arrêt et d’envoyer SMS avec le portable, la publication insouciante de sentiments, de pensées et de photos dans des réseaux sociaux peuvent avoir des effets négatifs sur les pensées, le comportement et les contacts sociaux des enfants et adolescents.
Lire la suite

Le marché prometteur de la mort numérique (Màj vidéo)

Addendum du 11/04/2015 : Des flashcodes sur les tombes pour connaître la vie du défunt
L’accès à la biographie se fait grâce à un smartphone qui permet de scanner le code-barre placé sur la tombe. Il est donc réservé à une population initiée à l’informatique. En Angleterre, 15% des tombes sont déjà équipés de mémorial virtuel. La France est en retard…

Facebook vient d’annoncer la création d’une fonctionnalité « Legacy Contact », qui permet à un contact de confiance d’accéder au compte d’un utilisateur décédé pour transformer le profil en « mémorial » virtuel et, le cas échéant, récupérer les photos du profil et des archives des publications.

C’est la suite d’un processus amorcé en 2009, date à laquelle un ingénieur de Facebook avait proposé la première fonctionnalité de « mémorial » après avoir été confronté au décès d’un proche. Les millions d’utilisateurs décédés représenteront bientôt une part significative de l’ensemble des profils. Facebook ne pouvait ignorer cette problématique.

Nous avons constaté au cours des dernières années une réelle prise de conscience des enjeux concernant « l’héritage numérique ». Différentes questions se posent pour les proches lorsqu’une personne décède : comment changer la visibilité des profils sur les réseaux sociaux ? Comment accéder aux données stockées en ligne pour conserver des souvenirs du défunt ? Comment accéder aux sites administratifs et bancaires pour régler rapidement des formalités souvent très pénibles ?

Comment accéder aux « actifs digitaux » – photos, livres électroniques, musique numérique, crédits – possédés par le défunt ? Sur le plan éthique, il est très difficile de savoir, s’il ne l’a pas prévu explicite- ment, quelle partie de sa vie numérique le défunt voulait ou ne voulait pas transmettre.
Lire la suite

Crimée et finances du Front National : Les textos secrets du Kremlin

La présidente du Front national est mentionnée à plusieurs reprises dans les textos d’un responsable du Kremlin révélés mardi. Rendus publics par un groupe de hackers russes, ces messages datés de mars 2014 évoquent des contacts entre les Russes et le Front national pour obtenir une prise de position officielle du parti d’extrême droite en faveur du rattachement de la Crimée à la Russie. Ils font aussi état de discussions financières.

Timur ProkopenkoTimur Prokopenko

Le 17 mars, Marine Le Pen prend effectivement position sur le sujet et son conseiller international se rend en Crimée en qualité d’« observateur ». Selon les documents hackés, les Russes ne cachent pas leur satisfaction et envisagent comment « d’une manière ou d’une autre remercier les Français ». 

Dans les mois qui suivent, Jean-Marie Le Pen et Marine Le Pen obtiennent tous deux des prêts russes pour leur financement politique à hauteur de 11 millions d’euros.

En février, les « Anonymous International » ont annoncé sur leur site Shaltaï Baltai avoir lancé une attaque contre Timur Prokopenko, chef-adjoint du département de politique intérieur au Kremlin.
Lire la suite

Transhumanisme : Bienvenue au Googlistan (Rediff.)

Surinformés sur la boulimie de Google, vous en avez certainement perdu les grandes lignes de sa stratégie : fusionner l’homme et la machine. Ils sont déjà à mi-chemin. Le premier back-up de votre cerveau est prévu pour 2035. 20 ans. Il s’agit de tenir jusque-là, en attendant G Brain…

Cherchant un sujet de prospective pour les fêtes, histoire de plomber l’ambiance festive, vous découvrez accidentellement que Barack Obama pourrait être nommé président de Google à un poste plus ou moins exécutif aux alentours de 2020.

Une probabilité, une évidence, même.

Rien dans la constitution américaine n’interdit à un ancien président de l’ancienne première puissance mondiale de devenir président de la nouvelle puissance mondiale.

Lire la suite

Au-delà d’Internet : Tor, Darknet, Bitcoin et surveillance de masse

L’être humain est devenu de plus en plus dépendant des nouvelles technologies. Non pas qu’il est seulement dépendant, il est aussi plus que jamais relié et connecté à Internet: sa vie est de plus en plus affichée et ses informations privées de plus en plus menacées d’intrusions.

Ce premier épisode traite de ce qu’on appelle le « Darknet » et plus précisément de Tor (acronyme de The Onion Router), le plus célèbre des réseaux superposés. Tor permet à chaque utilisateur de naviguer sur Internet de manière plus « anonyme » et « sécurisée » (la sécurité restant un terme relatif). A titre d’exemple, si nous voulions aller sur le moteur de recherche de Google, notre ordinateur passera sur plusieurs réseaux à travers le monde avant de se connecter sur le site désiré.

Partie 1:

Un spécialiste résume ce qu’on peut trouver dans le Darknet : du simple article philosophique traitant de « Matrix » aux sites dédiés à toute une série de ventes d’armes, fausses monnaies, drogues… Il n’est pas question de défendre ou de combattre le Darknet, mais plutôt de constater qu’il peut à la fois être utilisé par des personnes honnêtes défendant la liberté d’expression que des personnes mal intentionnées… Il revient assez rapidement sur le moyen de paiement utilisé : le Bitcoin.

Partie 2:

Ce deuxième épisode traite de la surveillance de masse, à travers les divers projets internationaux qui ont vu le jour à la fin de la seconde guerre mondiale dans le contexte de la guerre froide.
Lire la suite

« Cliquez vous êtes traqués »

Sur Internet, chaque page consultée par un internaute laisse des traces : les produits qui ont attiré son attention, mais aussi son nom, sa date de naissance, son e-mail. Et parfois bien plus. La somme de ces données personnelles a été surnommée «Big Data». Et ce serait même le pétrole XXIe siècle.

Car collecter les données de consommateurs est devenue une véritable industrie en soi, un marché estimé à 315 milliards de dollars pour les données des habitants de l’Union européenne.

Ces entreprises, largement non contrôlées, obtiennent des informations en fouillant les recherches internet, les réseaux sociaux, les historiques d’achats, les données publiques.

C’est ainsi que certaines entreprises mondialement connues, telles que Facebook, Google, Yahoo, Twitter, sont devenues multimilliardaires.

Web 4.0 : l’internet de l’ADN et le web généticiel

Dans ce post daté du 3 mars dernier sur son blog, Olivier Ertzscheid, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication, dresse une histoire passée du Web et présente des projections sur ce qu’il pourrait être à l’avenir. Selon lui, ce sera l’Internet du génome avec toutes les interrogations qu’une telle évolution laisse en suspend.

Par Olivier Ertzscheid

1998-2006. Documents. Web 1.0

Il aura fallu 8 ans à Google pour parvenir à indexer tous les documents disponibles. Oh je vous vois venir, oui, vous avez raison, Google n’indexe pas “tous” les documents disponibles. Probablement moins de 5% des documents effectivement publiés sur le réseau. Alors disons qu’il lui aura fallu 8 ans pour parvenir à indexer suffisamment de documents pour s’assurer d’éliminer la concurrence, de stabiliser des parts de marché le plaçant en situation de quasi-monopole, et, dans les usages autant que dans notre inconscient collectif, pour fonctionner comme une métonymie du web : la partie prise pour le tout.

Lire la suite

Big Data is algorithming you

Nouveau champ de domination et de commercialisation du monde, la collecte d’informations numériques via des algorithmes reste largement impensée. Sans doute en raison de la complexité du sujet. Tentative d’éclaircissement, avec Antoinette Rouvroy, chercheuse et spécialiste de la « gouvernementalité algorithmique ».

Je donne, tu donnes, il/elle donne… nos données. Les data sont le nouvel or noir que se disputent gouvernements et géants du numérique. Parfois, les premiers se servent même tout simplement chez les seconds, comme l’a montré l’existence du programme Prism, l’une des nombreuses révélations d’Edward Snowden – l’ancien sous-traitant de la toute-puissance National Security Agency (NSA) américaine.

Par une tentative de retournement culotté de la situation, les artisans de la surveillance de masse et de la présomption de culpabilité tentent de se dédouaner en pointant la collecte tentaculaire opérée par Google, Facebook et consorts. Leur argument : vous – population – filez bien plus à des entreprises privées ! Lesquelles répondent que pas du tout… Un cercle sans fin.

Ces enfumages et faux débats empêchent de penser la transformation de nos vies en données, en signaux infrapersonnels qui ne font sens qu’agrégés et moulinés par millions. En naît un pouvoir d’un genre nouveau, la « gouvernementalité algorithmique », explique la chercheuse belge Antoinette Rouvroy (1).
Lire la suite

États-Unis : Marck Zuckerberg va construire une ville pour les salariés de Facebook

Le groupe Facebook a acquis un immense terrain à proximité du siège de la société aux États-Unis. L’ambition du PDG Mark Zuckerberg : construire une ville entière pour y loger ses salariés. Le nom de ce projet pharaonique au coût estimé de 200 milliards de dollars : Zee-town.

Située à Menlo Park en Californie, la future agglomération aura des écoles, des hôtels, des routes, des logements (villas, appartements ou encore dortoirs pour les stagiaires), des magasins et des supermarchés… Le tout sera bien évidemment hyper-connecté.

Comment travaillera t-on dans 10 ans ?

Nos modes de travail sont à l’aube d’une révolution radicale. Une révolution susceptible de modifier en profondeur l’organisation de nos sociétés et la conception même du travail. On aspire à travailler différemment, on ressent le besoin de s’organiser autrement et partout dans le monde, des initiatives émergent et proposent des alternatives viables.

Évoluant au cœur de ces nouveaux modes de travail depuis plusieurs années et ayant la chance de pouvoir mener des recherches autour de ces questions, je vous propose un tour d’horizon des principales mutations à venir dans nos façons de travailler.

Le modèle salarié ne sera plus dominant

On a du mal à l’imaginer aujourd’hui, mais le temps n’est pas loin où le nombre de travailleurs indépendants aura dépassé le nombre de salariés.

Lire la suite

Éric Schmidt : « L’Internet tel que nous le connaissons va cesser d’exister »

L’internet tel que nous le connaissons aujourd’hui va bientôt disparaître, a estimé Éric Schmidt, président exécutif du conseil d’administration de Google, au cours d’une émission web enregistrée dans le cadre du Forum économique mondial de Davos. Il pense que le concept va évoluer pour être intégré dans un monde plus vaste.

« Il y aura tant d’adresses IP, tant d’appareils, de capteurs et de choses que vous porterez, des choses avec lesquelles vous aurez des interactions, sans même le sentir », a-t-il prédit. « Cela fera tout le temps partie de vous. Imaginez-vous en train de marcher dans une pièce, et cette pièce serait dynamique. Et avec votre autorisation et tout cela, vous interagirez avec tout ce qui se passera dans cette pièce. (…)

Un monde hautement personnalisé, hautement interactif et très très intéressant est en train d’émerger. Vous voyez maintenant arriver beaucoup de grandes plateformes technologiques, et vous assistez à une réorganisation et une réorganisation future de la dominance ou des leaders, quelque soit le terme que vous voulez employer, issue de la montée en puissance des apps de smartphone », a dit Schmidt.

« A ce point-là, les paris sont ouverts pour savoir à quoi l’infrastructure des apps sur les smartphones va ressembler », a-t-il poursuivi, expliquant qu’une nouvelle génération d’apps, assimilées à de super-ordinateurs, était en train d’apparaître.
Lire la suite

De l’utopie numérique au choc social

Quarante-cinq ans après les premiers pas de l’homme sur la Lune, la course technologique emprunte une voie singulière : en janvier dernier, un réfrigérateur connecté à Internet envoyait inopinément des rafales de courriels indésirables… Au-delà de son folklore, la numérisation de la vie quotidienne engendre un modèle économique qui contraste avec les promesses mirifiques de la Silicon Valley.

Dans la « salle de bains connectée », la brosse à dents interactive lancée cette année par la société Oral-B (filiale du groupe Procter & Gamble) tient assurément la vedette : elle interagit — sans fil — avec notre téléphone portable tandis que, sur l’écran, une application traque seconde par seconde la progression du brossage et indique les recoins de notre cavité buccale qui mériteraient davantage d’attention. Avons-nous brossé avec suffisamment de vigueur, passé le fil dentaire, gratté la langue, rincé le tout ?

Mais il y a mieux. Comme l’affiche fièrement le site qui lui est consacré (1), cette brosse à dents connectée « convertit les activités de brossage en un ensemble de données que vous pouvez afficher sous forme de graphiques ou partager avec des professionnels du secteur ». Ce qu’il adviendra par la suite de ces données fait encore débat : en conserverons-nous l’usage exclusif ? Seront-elles captées par des dentistes professionnels ou vendues à des compagnies d’assurances ? Rejoindront-elles le flux des informations déjà engrangées par Facebook et Google ?

Lire la suite

Robotisation et chômage de masse : à quoi ressemblera la société de demain ?

Trois millions d’emplois vont être supprimés en France d’ici à 2025 à cause des robots. Telle est la prédiction d’une société internationale de conseil stratégique. L’automatisation accélérée des tâches et des métiers va bouleverser notre quotidien. Faut-il s’inquiéter de ce chômage à venir, dû aux progrès technologiques ? Ou réfléchir déjà à quoi ressemblera la société à ce moment-là?

Pour avoir une idée de ce que nous réserve le futur, rencontre avec Charles-Edouard Bouée, PDG de Roland Berger Strategy Consultants et auteur de Confucius et les automates (Grasset), ouvrage sur “l’avenir de l’homme dans la civilisation des machines”. Passionné de science-fiction, il a analysé les changements industriels dans les différents pays où il a vécu : l’Angleterre, la France, la Chine, les États-Unis et désormais l’Allemagne.

Pourquoi l’automatisation est-elle amenée à progresser dans les usines ?

Charles-Édouard Bouée : Aujourd’hui, les robots des usines sont de grosses machines qui sont “en cage” car elles ne savent pas interagir avec les êtres humains. Mais on va passer au concept de l’industrie 4.0, lancée à la foire d’Hanovre (Allemagne) l’an dernier : les robots vont sortir “des cages” et être mis sur des programmes qui leur permettront de communiquer entre eux. On va pouvoir concevoir des simulations d’usines avant de les construire, et donc éliminer l’imprévisible, lié aux humains.

L’usine se déshumanise, comme ce fut le cas dans le passé pour l’industrie militaire, qui est toujours un bon indicateur du futur. Quand les premiers avions de chasse à réaction, ont été créés, le problème, c’était l’humain. Ce genre d’appareil doit être très rapide. Et l’être humain qui se trouve à bord a des contraintes physiques et un temps de réponse limité à son œil et son cerveau, ce qui limite sa vitesse. Si on veut une armée efficace, l’avion de chasse doit être, du coup, sans pilote. Et ça, ça s’appelle un drone.

Lire la suite

Le rêve fou de Google: une nano-pilule qui détecte toutes les maladies

Le laboratoire de recherche Google X projette de créer une pilule capable de voyager à travers le corps. L’objectif : détecter et prévenir toute maladie. De quoi révolutionner le secteur de la médecine.

Le projet “Plateforme à nanoparticules” de Google a été dévoilé le 28 octobre 2014, à l’occasion de la Wall Street Journal Digital Conference. C’est Andrew Conrad, chef du département science du Google X Lab et biologiste moléculaire, qui a exposé les grandes lignes du projet : une pilule capable de voyager à travers le corps et de prévenir toutes les maladies : cancer, AVC, diabète, Parkinson… À la croisée de la biologie et de la technologie, cette micro balise vise à surveiller en temps réel à l’échelle de l’infiniment petit, la santé des êtres humains.

Lire la suite

Misère Valley, les laissés-pour-compte de Google & Co

La richissime Silicon Valley a relégué ses SDF dans un immense camp, “The Jungle”. L’immobilier a explosé, chassant de chez eux les oubliés de la révolution high-tech.

This is America“, semble dire la bannière étoilée ondulant dans la brise automnale, plantée tout en haut d’un arbre. Perchée dans les cimes, une espèce de cabane en bois, la “demeure” la plus luxueuse de “The Jungle“, l’un des plus gros camps de SDF des États-Unis, situé à San José, dans la richissime Silicon Valley.

Elle a été construite par Troy, ex-charpentier qui s’est retrouvé dans la rue il y a deux ans. Elle est vide depuis deux mois. Il paraît que Troy a trouvé un logement. Il reviendra peut-être. On revient toujours dans la Jungle.

Deux mondes parallèles

Le camp ressemble à la vision apocalyptique et désolée d’un monde après destruction atomique, tout droit sorti d’un roman de science-fiction. C’est un immense bidonville de tentes à même le sol, poussiéreux et sale. Plusieurs centaines de personnes vivent dans cette zone d’environ 25 hectares, qui s’est considérablement étendue ces deux dernières années.

Il faut slalomer entre des montagnes de déchets s’accumulant entre les arbres. Les chiens aboient. Parfois, un pied sort d’une tente, on voit un corps, allongé sur un matelas par terre. Des silhouettes fantomatiques traînent dans les allées des chariots remplis de bric et de broc.
Lire la suite

“Hacker le cerveau : la menace ultime?” par le Docteur Laurent Alexandre

Avec la montée en puissance des neurotechnologies et l’automatisation annoncée des tâches intellectuelles l’être humain va intégrer de plus en plus de technologies à son organisme. Quels sont les enjeux éthiques, politiques et moraux qui se posent dans cet environnement où notre cerveau, cet « ordinateur fait de viande », devient un outil piratable ? Avec quels rôles pour les géants du Net, (Google, Amazon, Facebook…) qui sont précisément en train de phagocyter le domaine des neurotechnologies ?

Réseaux sociaux : Manip sur le Net

Hommes politiques, stars de la chanson, grandes marques, tous se sont mis à la communication sur le web. Ils n’hésitent pas à débourser quelques centaines d’euros pour faire exploser leurs compteurs de fans. Les agences françaises ont flairé le filon et proposent à leurs clients des prestations pour doper les popularités sur Twitter, Facebook et Youtube.

Pourtant, les conditions d’utilisation générales sur ces réseaux sociaux stipulent que le recours à l’achat de fans et d’abonnés est formellement interdit. Alors, comment lutter face à ces identités numériques fictives ? Les journalistes d’Envoyé Spécial sont allés voir qui se cachait derrière ces comptes virtuels.

Main d’œuvre délocalisée et à bas coup, ou logiciel ultra performant permettant de générer des milliers de likes en un clic, toutes ces méthodes induisent l’internaute lambda en erreur. Il semblerait donc que l’équation entre popularité réelle et popularité virtuelle ne soit pas si simple. Alors, comment démêler le vrai du faux ?

« On devrait traiter la Silicon Valley avec la même suspicion que Wall Street »

L’universitaire Evgeny Morozov dénonce le discours des entreprises du numérique, qui camoufle « une nouvelle forme de capitalisme ».

On ne sait pas si Evgeny Morozov a beaucoup d’amis dans la Silicon Valley. Mais une chose est certaine : dans cette enclave californienne d’où sont issus la plupart des géants du Web (Google, Facebook, Microsoft, Yahoo!, Twitter, etc.), cet intellectuel biélorusse a quelques ennemis.

Il s’est d’abord attaqué au caractère parfois ambigu de la liberté en ligne et des discours qui l’entourent dans son premier ouvrage The Net Delusion (non traduit en français). Il entreprend, dans son dernier livre Pour tout résoudre, cliquez ici (FYP éditions) un démontage au vitriol des discours et de l’idéologie des entrepreneurs et des patrons américains du numérique, dont les entreprises font partie du quotidien de millions d’internautes.

Lire la suite

Facebook et Apple vont payer pour congeler des ovules de leurs employées

Les deux compagnies, qui cherchent à attirer les femmes dans les rangs d’un secteur encore très masculin, couvriraient jusqu’à 20.000 dollars (15.800 euros) les frais d’une telle méthode, selon NBC News.

Deux géants de la Silicon Valley, Facebook et Apple, souvent novateurs en matière de management, vont faciliter pour leurs employées la congélation d’ovules, en leur payant ce traitement qui permet aux femmes d’avoir des enfants plus tard, selon NBC News (lien en anglais), mardi 14 octobre.

Les deux compagnies, qui emploient deux hommes pour une femme et cherchent à attirer les femmes dans les rangs d’un secteur encore très masculin, couvriraient jusqu’à 20.000 dollars (15.800 euros) les frais d’une telle méthode, selon la même source.
Lire la suite

« Comment sommes-nous devenus si cons ? » : Le cri de colère du linguiste Alain Bentolila

Par Jean-Paul Brighelli

Derrière le titre un brin provocateur, Alain Bentolila, spécialiste du créole haïtien et de l’apprentissage des langues maternelles au Maroc, dresse dans son ouvrage paru jeudi 11 septembre, un portrait sévère de notre rapport à l’intelligence et à l’apprentissage.

L’auteur pousse cri de colère contre des années d’errances éducatives, mais également contre l’ensemble de la société, de l’école à internet.

« On n’est pas con, on nous a rendus cons ! La télévision en porte une grande responsabilité : même s’il y a des émissions remarquables, celles regardées sont souvent d’une affligeante débilité. Les réseaux sociaux ont également une part de responsabilité ; Facebook rend les gens très cons. Les hommes politiques, enfin, au discours rodé, nous prennent également pour des cons… et à force, on finit par le croire. »

La com/position de l’ouvrage va de la surface vers la profondeur – de la société du spectacle et de la “grande anesthésie” télévisuelle (Nabilla n’est pas la meilleure copine de Bentolila) aux abominations com/munautaires des fous de Dieu de toutes farines.
Lire la suite

Seine-Saint-Denis : Ordiland, l’envers des data centers

Au nord de Paris, en Seine-Saint-Denis, se multiplient les data centers, ces hangars de serveurs indispensables au fonctionnement d’Internet. Leur besoin en énergie est colossal: ils représentent un quart de la puissance électrique supplémentaire du Grand Paris d’ici 2030. Des riveraines se plaignent de leur impact sur leur vie quotidienne.

À brûle-pourpoint, si l’on vous demandait de pointer sur une carte de France la zone de plus forte concentration de data centers, ces hangars de serveurs informatiques qui font tourner Internet, que désigneriez-vous ? Le quartier de La Défense, près des sièges des multinationales ? Grenoble la technophile, avec son « campus d’innovation » spécialisé en nanotechnologies, Minatec ? Le long du couloir rhodanien et de ses nombreuses centrales nucléaires ?

Vous auriez tort. La plus forte concentration de data centers s’étale sur Plaine Commune, l’agglomération de Seine-Saint-Denis qui regroupe au nord de Paris, Saint-Denis, Aubervilliers, La Courneuve, Stains, Saint-Ouen, Pierrefitte, Villetaneuse, Épinay et l’Île-Saint-Denis. Par quelle ruse de l’Histoire l’un des départements les plus pauvres de France, havre de cités en galère, s’est-il retrouvé terre pionnière de l’économie numérique?

Par une accumulation d’avantages topographiques et techniques méconnus du grand public: bon équipement en câbles électriques et fibre optique, bonne desserte routière, situation hors zone inondable, foncier pas cher, proximité avec la capitale.
Lire la suite

La superpuissance numérique américaine

Comment empêcher les géants du Net américains d’asphyxier les autres acteurs du digital ? Question très concrète.

Publicité Google, au style clairement transhumaniste

Les inquiétudes grandissent en raison de la place de plus en plus hégémonique prise par les Google, Amazon, Facebook et autres Apple. La liste est longue : Microsoft dans le logiciel, Twitter ou LinkedIn dans les réseaux sociaux, Expedia ou Booking dans les voyages. Même des petits nouveaux apparaissent comme AirBnB dans le tourisme ou Uber dans le transport. Leur point commun ? Il sont tous américains, sont passés maîtres dans la gestion de la data, pratiquent l’optimisation fiscale tous azimuts et imposent leurs règles du jeu de gré ou de force. Danger.

Comme dans un mauvais remake de la conférence de Yalta, les grands écosystèmes numériques se partagent les mondes numériques. Un mouvement des non-alignés est-il possible ? Il est en tout cas nécessaire. L’Europe n’est pas dénuée de potentiel d’innovation, à condition de savoir garantir un environnement économique à la fois loyal et favorable aux initiatives entrepreneuriales.
Lire la suite

“Désintoxication numérique” : faut-il se soigner de l’overdose d’écrans ?

En quelques années, les habitudes des citoyens des pays industrialisés ont radicalement changé. Les écrans ont envahi tous les pans de la vie, et certains de mettre en garde contre le trop plein technologique. Sommes-nous tous des candidats potentiels à une cure de désintoxication aux écrans, concept de plus en plus en vogue outre-Atlantique ?

En Amérique du Nord, ce sont des centres de cures de désintoxication qui ouvrent leurs portes aux “drogués de la technologie” ; en Europe, des hôtels qui offrent de confisquer tous vos appareils dès votre arrivée. Des lieux publics vantés “sans wifi”, des écoles françaises qui établissent “une semaine sans écran” : l’addiction technologique est devenue une vraie problématique.

Travail, vie quotidienne, éducation, loisirs : les écrans sont partout et captent l’attention de tout un chacun, avec leur lot de désagréments de plus en plus reconnus — une fois la période du plaisir de la découverte et de la nouveauté passée. Au point que des chercheurs en neurosciences alertent sur les effets délétères des écrans sur le développement des enfants et sur la vie humaine en général. Pendant que des centres de désintoxication au numérique font le plein de “digital addicts” (“accros au numérique”) aux Etats-Unis.

Des études inquiétantes à propos des enfants
Lire la suite

Des utilisateurs de Facebook « manipulés » pour une expérience psychologique

Sans le savoir, près de 700 000 utilisateurs anglophones de Facebook ont été « manipulés » par le réseau social, associé à des scientifiques, pour voir si les émotions exprimées par leurs contacts influençaient leur humeur.

Cette recherche, menée pendant une semaine, du 11 au 18 janvier 2012 par Facebook et des scientifiques des universités Cornell et de Californie à San Francisco, portait sur la « contagion émotionnelle ».

Les flux d’actualité de 689 003 personnes, choisies au hasard, ont ainsi été modifiés pour faire apparaître soit davantage de messages positifs, soit davantage de messages négatifs. Et les messages postés par les utilisateurs « surveillés » étaient ensuite décryptés pour savoir s’ils étaient influencés par l’humeur ambiante.

L’étude, publiée dans la revue scientifique américaine Comptes rendus de l’Académie nationale des sciences (PNAS) le 17 juin, a constaté que les utilisateurs ciblés commençaient à utiliser davantage de mots négatifs ou positifs selon l’ampleur des contenus auxquels ils avaient été « exposés ».

« Les états émotionnels sont communicatifs et peuvent se transmettre par un phénomène de contagion, conduisant les autres personnes à ressentir les mêmes émotions sans en être conscientes. »

Lire la suite

Géopolitique : Union transatlantique, la grande menace

Par Alain De Benoist

Négocié dans I’opacité la plus totale depuis juillet 2013 par les Etats-Unis et I’Union européenne, Ie Partenariat transatlantique de commerce et d’investissements vise à mettre en place une gigantesque zone de libre-échange. Objectif : créer un ensemble euro-atlantique sous contrôle états-unien. Révélations sur une monstruosité.

On n’en parle guère, alors que l’on est en présence de l’un des plus grands événements de ce début de XXIe siècle. Et d’une des plus grandes menaces. De quoi s’agit-il ? D’un projet de « grand marché transatlantique » dont dépend pour une large part l’avenir même de l’Europe. Et même du plus important accord commercial bilatéral jamais négocié, puisqu’il s’agit de mettre en place, en procédant à une déréglementation généralisée, une gigantesque zone de libre-échange, correspondant à un marché de plus de 800 millions de consommateurs, à la moitié du PIB mondial et à 40 % des échanges mondiaux. Bref, de créer la plus grande zone de libre-échange du monde grâce à l’union économique et commerciale de l’Europe et des Etats-Unis.

Lire la suite

L’Open Internet Project, le nouveau meilleur ennemi de Google

Un tout nouveau lobby des éditeurs web européens vient de déposer une plainte contre Google à Bruxelles. Tout en organisant son premier raout à Paris.

Antitrust, tu perds ton sang-froid. A moins de deux semaines des élections européennes, les plus gros éditeurs web européens ont décidé de se rebiffer contre Google et son hégémonie. Rassemblés au sein d’un Open Internet Project (OIP) de circonstance, Lagardère Active, Axel Springer (le plus gros groupe de presse allemand) ou encore le GESTE (qui représente une bonne partie de la presse en ligne française) organisaient ce jeudi à la Cité Universitaire une conférence dédiée à la lutte contre le superprédateur américain.

L’enjeu ? Sortir de l’étreinte du moteur de recherche et de son imparable monopole. Comment ? En déposant une plainte devant la Commission européenne pour abus de position dominante. Le timing ne doit rien au hasard : Trois ans et demi après avoir été attaqué une première fois, Google a négocié il y a quelques semaines un accord a minima avec Joaquin Almunia, le commissaire à la concurrence de Bruxelles.

Lire la suite

Facebook, Twitter : Les réseaux sociaux sont-ils vraiment nos amis ?

En quelques années, les réseaux sociaux ont explosé sur la Toile. Créé il y a dix ans dans la chambre d’université de Mark Zuckerberg, Facebook, le plus célèbre d’entre eux, est devenu un véritable phénomène en comptabilisant plus d’un milliard d’utilisateurs.

Mais que fait la multinationale des données personnelles? Par ailleurs, raconter sa vie privée et ses moindres faits et gestes est-il sans danger?

Le réseau Twitter se démocratise lui aussi. Nombreux sont les politiques et les personnalités qui l’utilisent comme un outil de communication.

Partie 1:

Partie 2:
Lire la suite

Les enfants monstrueux du numérique

Par Ferdinand Cazalis (29 novembre 2012)

Ils ont 3, 4 ou 10 ans et regardent le monde au travers d’un Ipad, doudou glacé qui fleure bon la « modernité ». Pour l’industrie technologique, l’enfance se pense à l’ombre des machines, innovations qualifiées de nécessaires par la bien-pensance scientiste et introduites sans recul sur le marché des marmots. Retour sur l’apparition du numérique dans l’aire du jeu et de l’apprentissage.

Nous sommes en 2004. Des hommes se lèvent, mûrs, aux joues granitées. Grattage de nez, sifflotements, fée électricité – une nouvelle journée. Se rasent, enfilent leur costume de Grands responsables, cravate en option, douche, café, emails, cellulaire, taxi, pensées fugitives, travail.

Ils s’appellent Pierre, Olivier, Jean-Claude ou Laurent. Tous sont présidents ou directeurs d’entreprises du secteur micro-électronique et participent au Groupement professionnel des industries de composants et de systèmes électroniques, le Gixel (2). Le plus naturellement du monde, ils veulent faire prospérer les quelque 32.000 emplois et 4 milliards de chiffre d’affaires qu’ils représentent en France.

Pour cela, et parce qu’ils ne se sentent pas les coudées assez franches, ils écrivent un Livre bleu, consistant en une série de recommandations à l’adresse du gouvernement pour développer le marché des circuits imprimés, composants d’interconnexion et autres cartes à puce. Parmi leurs propositions, l’une fit grand bruit, et reste bien connue chez celles et ceux qui s’interrogent sur la portée politique des nouvelles technologies :

Lire la suite

Irlande : Un “succès” de l’austérité que la population paye cash

L’Irlande est le premier pays de la zone euro à être sorti du plan d’aide de la troïka. Le 7 janvier, le pays revient sur les marchés financiers et emprunte à bas prix. La reprise est là: le taux de chômage est en décembre 2013 à 12,1% pour 14,7% un an auparavant. Le ministère des Finances se félicite du taux de croissance de l’économie (2% attendu en 2014). L’Europe se réjouit de ce succès. Mais est-ce vraiment un succès ?

En Irlande, les habitants ont vu leur vie et leur avenir complètement ravagés par l’austérité. Et malgré le retour de l’Irlande sur les marchés, eux ne voient pas leur vie s’améliorer.

Comment l’Irlande en est-elle arrivée là ?

Dans les années 90 et 2000, l’Irlande était une nation prospère, essentiellement portée par le secteur de la construction. Des chantiers fleurissaient un peu partout. Et les Irlandais étaient nombreux à emprunter, parfois plusieurs fois. Les banques suivaient. Les prix de l’immobilier atteignaient des sommets. Mais en 2007-2008, la bulle immobilière explose. Les prix chutent et emportent avec eux les banques, achevées par la crise financière mondiale.

Lire la suite

Musique : “Rien à cacher”

Paroles et musique : la Parisienne Libérée – Entretien : Jérémie Zimmermann

Nos carnets de santé
Nos poèmes, nos dessins
Nos demandes de congé
Nos premiers tchats coquins
Nos recettes de cuisine
Nos relevés bancaires
Nos rancards, notre planning
Et notre compte à découvert

Rien, rien, rien, à se reprocher
Rien, rien, rien, rien à cacher (bis)
Lire la suite

Big Data : Pourquoi nos métadonnées sont-elles plus personnelles que nos empreintes digitales ?

A l’occasion du colloque “la politique des données personnelles : Big Data ou contrôle individuel “ organisé par l’Institut des systèmes complexes et l’École normale supérieure de Lyon qui se tenait le 21 novembre dernier, Yves-Alexandre de Montjoye (@yvesalexandre) était venu présenter ses travaux, et à travers lui, ceux du MediaLab sur ce sujet (Cf. D’autres outils et règles pour mieux contrôler les données” ). 

Nos données de déplacements sont encore plus personnelles que nos empreintes digitales

Faire correspondre des empreintes digitales n’est pas si simple, rappelle Yves-Alexandre de Montjoye. Dans Les preuves de l’identité, Edmond Locard, le fondateur de la police scientifique, explique qu’il suffit d’utiliser 12 points de références pour être sur et certain d’identifier les empreintes digitales d’un individu.

Nos traces numériques laissent bien plus d’empreintes que 12 petits points… Nos téléphones laissent derrière eux, dans les données des opérateurs, de nombreuses informations : qui on appelle, quand, pendant combien de temps, de quel endroit… Nos données de mobilités listent tous les endroits où nous sommes allés. Or, nos façons de nous déplacer sont très régulières, répétitives, uniques, pareilles à des empreintes digitales.

Lire la suite