Une étude détruit le mythe de la fourmi travailleuse

Par ses fables, Jean de La Fontaine avait pour ambition de se servir “d’animaux pour instruire les hommes”. La fable qui ouvre son premier recueil est la célébrissime historiette de La cigale et la fourmi, inspirée d’Ésope. Si l’écrivain grec montre, dans son texte, les fourmis en train de s’activer – elles font sécher du grain –, son lointain successeur français ne se donne même pas cette peine et tient pour acquise, tout en la renforçant, l’image de la fourmi travailleuse.

Cette image a pris une telle force que, dans les définitions du dictionnaire une fourmi peut désigner une personne laborieuse et une fourmilière un lieu où s’affairent un grand nombre d’humains. On a d’ailleurs attribué le succès écologique des insectes sociaux (abeilles, fourmis, termites…) à la division du travail et à la spécialisation des individus qu’ils mettent en place, un mode d’organisation dont Homo sapiens s’est inspiré dans bien des domaines, que ce soit l’industrie, l’informatique, la robotique ou la logistique.

Pourtant, tout cela pourrait bien être bâti sur un mythe car fourmis et travail ne seraient pas autant synonymes que cela, si l’on en croit plusieurs études dont la dernière en date vient de paraître dans le numéro de septembre de la revue Behavioral Ecology and Sociobiology.

Biologistes à l’université d’Arizona, les auteurs de cet article sont partis du constat, posé par plusieurs travaux antérieurs, disant que, dans des fourmilières étudiées, environ la moitié des individus semblaient inactifs. Ils ont donc voulu vérifier si c’était bien le cas et tester plusieurs hypothèses pouvant expliquer cette “oisiveté” comme par exemple un besoin de repos imposé par l’horloge interne ou un excès de travail.
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Le roi Midas

Le Roi Midas est un court métrage d’animation américain de la série des Silly Symphonies réalisé par Walt Disney, pour United Artists, sorti le 22 mars 1935. Le film se base sur l’histoire du roi Midas, qui après avoir recueilli Silène obtient de Dionysos la faculté de changer en or tout ce qu’il touche. L’équipe Disney a toutefois transformé Dionysos en un elf/gnome et modifié la fin.

Le Roi Midas, avare et cupide, ne vit que pour son or. Installé dans sa salle au trésor avec son chat, il compte et recompte ses pièces et souhaite en avoir encore plus. Il reçoit alors la visite d’un être nommé Goldie, qui lui offre sa faculté de changer tout ce qu’il touche en or.
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La ruche murmurante ou les fripons devenus honnêtes gens

La Fable des abeilles est une fable politique de Bernard Mandeville, parue en 1714. La signification réelle reste controversée jusqu’à aujourd’hui. Friedrich Hayek vit en lui un précurseur du libéralisme économique tandis que Keynes mit en avant la défense de l’utilité de la dépense.

La Fable des abeilles, développe avec un talent satirique la thèse de l’utilité sociale de l’égoïsme. Mandeville avance que toutes les lois sociales résultent de la volonté égoïste des faibles de se soutenir mutuellement en se protégeant des plus forts.

Sa thèse principale est que les actions des hommes ne peuvent pas être séparées en actions nobles et en actions viles, et que les vices privés contribuent au bien public tandis que des actions altruistes peuvent en réalité lui nuire. Par exemple, dans le domaine économique, il dit qu’un libertin agit par vice, mais que « sa prodigalité donne du travail à des tailleurs, des serviteurs, des parfumeurs, des cuisiniers et des femmes de mauvaise vie, qui à leur tour emploient des boulangers, des charpentiers, etc. ». Donc la rapacité et la violence du libertin profitent à la société en général.

Les vices des particuliers sont les éléments nécessaires du bien-être et de la grandeur d’une société. L’Angleterre y est comparée à une ruche corrompue mais prospère et qui se plaint pourtant du manque de vertu. Jupiter leur ayant accordé ce qu’ils réclamaient, la conséquence est une perte rapide de prospérité, bien que la ruche nouvellement vertueuse ne s’en préoccupe pas, car le triomphe de la vertu coûte la vie à des milliers d’abeilles.

TEXTE INTÉGRAL:

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Que crève le système

Par Boreas
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Dans le contexte actuel de dé-mondialisation, on a pu lire récemment sur le blog de Paul Jorion, parlant de la divergence désormais avérée des grandes puissances économiques dans leur quête désespérée d’une illusoire reprise : « l’affirmation renforcée d’une politique du chacun pour soi (…) ne fera qu’accentuer la crise ».

C’est exactement ce que dit le LEAP (Laboratoire Européen d’Anticipation Politique) depuis l’an dernier, même si, au plan chronologique, ses prévisions se sont avérées à trop court terme : « d’ici la fin de l’été 2009. Sur fond de cessation de paiement des Etats-Unis s’ouvrira alors la période à partir de laquelle le « chacun pour soi » deviendra la règle du jeu international ».

Or, en effet, même dans le « chacun pour soi », ne gît aucune solution de continuité pour le système.

Parce qu’aucun des prétendus remèdes n’est viable (la planche à billets aux Etats-Unis et au Japon, les politiques d’austérité de droite – réduction des dépenses publiques – comme de gauche – augmentation des recettes publiques – en Europe).

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Une fable contemporaine

Par Martin Wolf

Tout le monde connaît la fable La Cigale et la Fourmi. La paresseuse cigale chante pendant tout l’été tandis que la fourmi fait des provisions pour l’hiver. Quand arrivent les grands froids, la cigale supplie la fourmi de lui donner de quoi manger. La fourmi refuse et la cigale se meurt de faim. La morale de cette histoire ? L’oisiveté est mère du besoin.

Aujourd’hui, les fourmis sont allemandes, chinoises et japonaises, et les cigales américaines, britanniques, grecques, irlandaises et espagnoles. Les fourmis produisent des biens alléchants que les cigales désirent acheter. Ces dernières demandent aux premières si elles souhaitent quelque chose en retour.

Non, répondent les fourmis. Vous n’avez rien de ce que nous voulons, sauf peut-être une maison au bord de la mer. Nous vous prêterons de l’argent. Ainsi, vous profiterez de nos produits et nous accumulerons des fonds.

Cigales et fourmis sont heureuses. De nature frugale et prudente, les fourmis déposent leurs recettes excédentaires dans des banques supposées sûres, lesquelles prêtent à leur tour aux cigales. Ces dernières, du coup, n’ont plus besoin de produire des biens, puisque les fourmis leur fournissent à bas prix ce dont elles ont besoin. Mais les fourmis ne leur vendent pas de maisons, de centres commerciaux ni d’ensembles de bureaux. Alors ce sont les cigales qui les construisent.

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