Biologie de synthèse : Les multinationales veulent industrialiser la vie

Par Agnes Rousseaux

Thérapies plus efficaces, bactéries anti-pollution, carburants synthétiques… La biologie de synthèse nous réserverait un futur plein de promesses. Et attire les investissements des plus grands groupes mondiaux de biotechnologies, de l’énergie ou de l’agroalimentaire. Mais fabriquer artificiellement la vie, à partir d’ADN construit en laboratoire et d’usines à gènes brevetés, suscite de nombreuses interrogations.

Alors que les premiers organismes intégralement conçus par ordinateur commencent à prendre vie, des ingénieurs rêvent déjà de planifier l’évolution et de corriger les « imperfections » de la nature. Enquête.

« Fabriquer la vie ». Ainsi pourrait se résumer l’ambition de la biologie de synthèse. Cette branche des biotechnologies veut créer de toutes pièces des organismes vivants, inconnus à l’état naturel. Et aller plus loin encore que les OGM, qui modifient le code génétique d’un organisme pour lui donner une nouvelle fonctionnalité – croître plus vite ou résister à un pesticide.

Avec la biologie de synthèse, nous entrons dans une autre dimension: on quitte le bricolage des gènes, pour aller vers une fabrication à grande échelle d’organismes artificiels, après modélisation et simulation informatique.

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Pologne : Gaz de schiste, les espoirs déçus

Une déception de plus. L’ambition de la Pologne de devenir indépendante sur le plan énergétique paraît de moins en moins réaliste. L’italien Eni a allongé la liste des compagnies pétrolières qui ont abandonné la prospection du gaz de schiste dans ce pays, rapportent les médias polonais.

Plus on creuse, plus l’optimisme gazier de Varsovie semble rhétorique. Il y a six mois, le gouvernement polonais a publiquement déclaré que le pays disposait de milliards de mètres cubes de gaz de schiste, ce qui lui suffirait pour les deux siècles prochains. Puis il a été annoncé que la production commerciale de gaz commencerait au premier semestre 2014.

Cependant la réalité est tout autre. La plupart des projets déposés n’étaient pas économiquement viables. Trois sociétés pétrolières et gazières ont suspendu leurs travaux de prospection en Pologne. Parmi elles, le géant américain Exxon Mobil, qui vient d’être rejoint par Eni. On pouvait raisonnablement s’attendre à une telle situation, explique Maxime Cheïne, du groupe financier BKS, dans la mesure où plusieurs facteurs affectent négativement le développement de ce secteur en Pologne :
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Les multinationales veulent-elles se débarrasser de leurs actionnaires trop curieux ?

Un géant du pétrole qui porte plainte contre un fonds d’investissement « éthique ». L’affaire est peu banale et se déroule aux États-Unis. Le pétrolier Chevron y attaque en justice le fonds d’investissement Trillium, accusé de collusion avec des organisations non gouvernementales. Celui-ci dénonce l’opacité des comptes. En France, Total avait empêché des actionnaires proches de Greenpeace de déposer une résolution en assemblée générale.

Et si les actionnaires des entreprises du CAC 40 se rebellaient ? S’ils déposaient des résolutions en Assemblée générale, pour demander que les firmes deviennent vraiment responsables, arrêtent de maltraiter leurs salariés et l’environnement, ou redistribuent davantage de plus-value aux travailleurs ? Scenario utopique ? Peut-être. Mais aux États-Unis, certains actionnaires commencent à faire entendre leur voix. Au point d’énerver les grands groupes, qui n’aiment pas qu’on vienne contrecarrer leurs plans et mettre la pagaille dans leurs consensuelles assemblées d’actionnaires. Résultat : le géant pétrolier Chevron vient d’assigner en justice un de ses actionnaires les plus remuants, un peu trop épris de justice sociale à son goût. Une décision pour le moins surprenante…

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Les gaz de schiste vont-ils resurgir après la présidentielle ?

Le lobbying politique et médiatique des compagnies pétrolières et gazières se fait de plus en plus intensif : pourquoi se passer de l’extraction des gaz et huiles de schiste présents dans les sous-sols français ? Sous prétexte d’expérimentations scientifiques, les forages risquent de se multiplier. Le futur gouvernement résistera-t-il à la pression ?

Depuis quelques semaines, éditorialistes et commentateurs s’en donnent à cœur joie. À 2 euros le litre de sans-plomb, pourquoi « ne pas redonner une chance au gaz de schiste ? », propose le site Atlantico [1]. « Si nous autorisions la production de gaz de schiste en France, cela aurait un effet sur le prix du pétrole. Ce serait une mesure économiquement justifiée, créatrice de richesse », assure dans Challenges un spécialiste des matières premières [2].

Pour le journal Le Monde, on ne peut pas « se plaindre de la flambée des prix de l’énergie et refuser l’exploitation des gaz de schiste au nom des menaces sur l’environnement », dénonce l’éditorial du 9 mars [3]. Il faut « repenser […] le mix énergétique […] sans tabou ». Le tour est joué, le gaz de schiste devient « un substitut au pétrole ». Le même jour, Les Échos annoncent que « la compétitivité de l’industrie américaine [a été] relancée par la production de gaz de schiste » [4]. Assise « sur un tas d’or », la France disposerait dans son sous-sol « de quoi changer profondément la donne économique des années à venir », lance un éditorialiste du quotidien économique. Alors pourquoi s’en priver ?

Les pétroliers texans réclament des indemnités
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Le Brésil, puissance mondiale : vers un atlantisme du Sud ?

En tant que puissance régionale, le Brésil dispose d’un potentiel économique qui devrait lui permettre de renforcer dans les prochaines années son influence sur la politique mondiale. Alors que les relations transatlantiques ont connu un essoufflement durant les dix dernières années, le Brésil n’a-t-il pas une carte à jouer pour affirmer un atlantisme passant par le Sud ?

Durant les dix dernières années, plus de 20% de la population brésilienne est sortie du seuil de pauvreté. Sous la présidence de Lula, plus de 30 millions de Brésiliens ont rejoint la classe moyenne. Véritable levier de croissance et de modernisation économiques pour le Brésil, cette classe moyenne vient briser la tradition inégalitaire de l’ancienne colonie portugaise et donne au Brésil une image renouvelée qui dynamise les entreprises et renforce l’attractivité du pays pour les investisseurs étrangers.

À l’horizon 2025, la Banque mondiale estime d’ailleurs que le Brésil sera la 5e puissance économique mondiale en s’appuyant sur des secteurs qui forment l’ossature de l’économie brésilienne.

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Poutine, de Gaulle russe !

Par Marc Rousset

Poutine, c’est l’homme que les Américains n’attendaient pas et qui a non seulement redressé la Russie, mais l’a sauvée du dépeçage en trois tronçons envisagé par Zbigniew Brzezinski, de l’exploitation de ses ressources naturelles par les groupes étrangers, de l’encerclement par l’O.T.A.N.

Intronisé par Eltsine, il a su très habilement s’imposer progressivement en changeant l’orientation politique du pays, après quelques hésitations vis-à-vis des États-Unis, tout en se débarrassant des encombrants oligarques. Par son action, Poutine a d’ores et déjà sauvé la Russie, mais il va aussi probablement sauver l’Europe occidentale, en lui proposant une aide et un autre modèle que le droit de l’hommisme décadent, de façon à ce qu’elle puisse se libérer du protectorat militaire américain.

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(09.11.2009)

  • USA : Goldman Sachs perd gros sur le marché des changes

Selon un document remis à la Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme de la Bourse américain, Goldman Sachs a enregistré une perte de 3,62 milliards de dollars au troisième trimestre dans ses activités de trading sur le marché des changes. Soit plus du double du montant perdu au deuxième trimestre (1,4 milliard). Depuis le début de l’année, la banque américaine a perdu un peu plus de 4 milliards sur le marché des changes. Cette activité est notamment utilisée pour couvrir ses positions sur les autres marchés. Le dollar a été très attaqué ces derniers mois, notamment dans son rôle de référence dans les transactions pétrolières.Malgré tout, sur la seule activité taux, favorisée par les actions de la Fed, elle a engrangé 3,9 milliards sur le trimestre. Tous marchés confondus (taux, crédit, actions, change et matières premières), les revenus s’élèvent à 6,7 milliards. L’AGEFI

  • Europe : Shell et Eni pessimistes après des bénéfices en très forte baisse

Le groupe anglo-néerlandais Royal Dutch Shell a fait état d’un bénéfice net hors effets de stocks en chute de 73% au troisième trimestre, à 2,99 milliards de dollars (2,07 milliards d’euros) et a parallèlement annoncé qu’il allait réduire ses effectifs de 5.000 personnes. “Les perspectives restent incertaines et nous n’anticipons pas de reprise à très court terme”, a déclaré Peter Voser, le directeur général de Shell. Pour Eni, le bénéfice net ajusté du pétrolier italien au troisième trimestre est en baisse de 60%, à 1,15 milliard d’euros. Le groupe a par ailleurs revu ses prévisions de production à la baisse pour l’année 2009. Reuters

  • USA : chute de 68 % des bénéfices d’Exxon Mobil au 3ème trimestre

Exxon Mobil annonce une chute de 68% de son bénéfice trimestriel, ressorti en dessous des attentes de Wall Street. Sur le trimestre juillet-septembre, le résultat net de la compagnie pétrolière américaine est tombé à 4,73 milliards de dollars (3,2 milliards d’euros), soit 98 cents par action, contre 14,83 milliards (2,85 dollars par titre), il y a un an sur la même période. Les analystes estiment que cette contre-performance est imputable au pôle exploration et production d’Exxon. Ce dernier a vu ses résultats chuter de 63%, à quatre milliards de dollars. Parallèlement, les bénéfices des activités de raffinage se sont effondrés de 89%, à 325 millions. Alors que la production de pétrole et de gaz a augmenté de 3%, le chiffre d’affaires du groupe énergétique a chuté de 40% à 82,26 milliards, contre 137,7 milliards de dollars l’an dernier. Reuters

  • USA : le Congrès adopte une extension de la durée des allocations chômage

Le Congrès américain a approuvé jeudi un allongement de la durée des allocations chômage de 14 semaines au moins dans les 50 Etats des Etats-Unis, pour ceux dont les droits arrivent à expiration. Après un vote final acquis jeudi à la Chambre des représentants, le texte doit être envoyé à la Maison Blanche pour promulgation par le président Barack Obama. Les représentants ont approuvé le texte par 403 voix contre 12. Les sénateurs avaient fait de même mercredi avec 98 voix contre 0 (100 sénateurs siègent à la chambre haute du Congrès). En outre, le texte accorde également six semaines supplémentaires, soit 20 semaines au total, aux chômeurs des Etats qui ont un taux de chômage de 8,5% ou plus. AFP (via Le Point)