Allemagne : Les ratés du salaire minimum

Le salaire minimum est entré en vigueur en Allemagne le 1er janvier. Cette réforme phare du gouvernement d’Angela Merkel est cependant largement contournée, dénonce l’hebdomadaire Die Zeit, laissant les travailleurs pauvres dans leur précarité.

Après dix ans de négociation et un “débat honteusement longdénonçait Der Spiegel, le salaire minimum est enfin arrivé en Allemagne le 1er janvier. La “lanterne rouge de l’Europe” – terme rarement employé pour qualifier le pays d’Angela Merkel et de la première économie du continent – rattrapait enfin son retard.

Mais le tableau que dresse l’hebdomadaire Die Zeit dans sa grande enquête publiée le 5 mars et intitulée : “Tout simplement exploité. Le conte de fée du salaire minimum”, laisse peu de place à l’optimisme.

Si Berlin a officiellement adopté un salaire minimum (8,5 euros brut de l’heure) à compter du 1er janvier 2015, des pans entiers de l’économie allemande ne l’appliquent pas, ou bien, plutôt, le contournent. Au premier rang desquels les secteurs de l’hôtellerie, de l’entretien, de la grande distribution ou du BTP.

Les quatre journalistes qui signent cet article ont interrogé des travailleurs qui, malgré le changement de législation, continuent à être sous-payés.
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Inde : Le combat du Nobel de la paix contre l’exploitation des enfants

L’Indien Kailash Satyarthi vient de recevoir son prix Nobel de la paix, aux côtés de la jeune pakistanaise Malala Yousafzai. Peu connu à l’étranger, cet ancien ingénieur lutte depuis plus de trente ans contre l’exploitation des enfants. Un fléau qui concerne des dizaines de millions d’enfants en Inde.

(Merci à Tilak)

Congo : Les enfants du diable

Dans l’Est du Congo, des centaines d’enfants travaillent dans les mines de diamants, où ils recherchent la pierre qui pourra les arracher à la misère. Beaucoup d’entre eux ont été rejetés par leurs parents, qui les accusent d’être possédés par des esprits malins, ils se retrouvent à la rue.

Autrefois, cela ne concernait que les enfants handicapés, prématurés ou albinos. Aujourd’hui, n’importe quel enfant peut être un «sorcier». Vivant dans le rejet et la peur des autres habitants, ils sont souvent opprimés, chassés, voir traqués. Pour survivre, la solution qui s’offre à eux réside dans la recherche de diamants.

Ces enfants risquent tous les jours leurs vies pour travailler dans les mines, généralement pour un salaire de misère. Un documentaire qui met en lumière la misère de ces enfants exploités, premières victimes de ce marché illégal qui détruit peu à peu cette région.

La Chine ne manque pas seulement de matières premières, mais aussi de terres arables

On estime à 9 % la part de la Chine dans le total des terres arables du monde. Avec quoi elle doit nourrir 20% de la population mondiale.

Vue aérienne de l’urbanisation près de Pékin

Le total des terres arables de la Chine est à peine supérieur à 120 millions d’hectares, qui est, pour les autorités chinoises, une ligne rouge à ne pas franchir. C’est ce niveau qu’elles considèrent comme la surface minimale pour subvenir aux besoins alimentaires des Chinois.

Le gouvernement chinois vient d’annoncer la mise en valeur de plus 50 millions d’hectares supplémentaires d’ici à 2020. C’est une des voies praticables pour résoudre le problème de la pénurie des terres arables.

Une autre voie, c’est un contrôle plus rigoureux de l’urbanisation.

Depuis la fin des années 1940, 600 villes sont sorties de terre, dont 90 comptent aujourd’hui plus d’un million d’habitants. L’urbanisation du pays est une tendance irrépressible. En Chine comme partout ailleurs dans le monde et en tout temps, elle accompagne le développement économique. Mais par sa puissance, le marché immobilier a souvent procédé au détriment de l’agriculture en construisant sur des terres cultivables. Et l’urbanisation progresse le plus vite dans l’est du pays, là où précisément se trouvent ces terres.

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Brésil : Tourisme sexuel, la face cachée de la Coupe du monde

Derrière les stades qui accueillent la Coupe du monde de football au Brésil, se cachent bien d’autres réalités: parmi elles, le boom du tourisme sexuel qui fait craindre une recrudescence de l’exploitation des mineurs. Enquête à Fortaleza, capitale brésilienne du genre.

Les efforts des associations ne suffisent pas à répondre aux problèmes sociaux des communautés comme celle-ci. “Les politiques publiques sont fragiles, les moyens manquent”, souligne Ivannia Andrade, une assistante sociale de Barraca da Amizade. “Quand on arrive dans ces communautés, on comprend combien c’est difficile : la réalité est très différente de celle du bord de mer qui a aussi beaucoup de situations cachées d’exploitation sexuelle ; beaucoup d’enfants et d’adolescents”, poursuit-elle, “partent d’ici pour aller se prostituer là-bas, dans les quartiers plus animés.

Une fois la nuit tombée sur les plages qui bordent le centre-ville, il ne faut pas chercher longtemps pour trouver ce qui vaut à Fortaleza, une triste réputation: celle de capitale brésilienne du tourisme sexuel et de haut-lieu de l’exploitation des mineurs.

Stages en entreprises : Tremplin ou exploitation ?

Les députés doivent se prononcer le 26 juin sur la proposition de loi encadrant les stages des étudiants. Les sénateurs ont déjà adopté la version définitive de la proposition, qui prévoit notamment une augmentation, d’ici septembre 2015, de la rémunération accordée à ceux dépassant deux mois de stage.

Exceptionnels il y a encore quelques années, les stages en entreprise sont devenus quasiment la règle. S’ils peuvent être une très bonne école, ils sont parfois détournés de leur fonction première. Ainsi, certaines entreprises y voient l’occasion de faire travailler une main d’œuvre au rabais.

Les compagnies pétrolières et la pollution du Delta du Niger

Découvert en 1956, le pétrole représente aujourd’hui 95% des recettes d’exportation et 80% du revenu du Nigeria. Le pays est ainsi devenu le 6e exportateur mondial (et le 5e fournisseur des Etats-Unis), avec un revenu de plus de 34 milliards d’euro en 2006. Pourtant, l’or noir n’a pas fait le bonheur de tous, loin de là. La population nigériane, dont près de 70% vit sous le seuil de pauvreté, l’emploi local est faible et les ressources autrefois importantes, comme le pêche ou la chasse, sont désormais impossibles avec l’augmentation des constructions pour la production de pétrole et la hausse du trafic de camions et de bateaux de transport. En outre, l’industrie pétrolière a engendré de nombreuses pollutions qui font du delta du Niger l’un des lieux les plus pollués de la planète.

Quand étudier rime avec coucher

Le site seekingarrangement.com existe hélas bel et bien. Des hommes riches, les daddies, y proposent de l’argent à des babies en échange de «compagnie». La différence avec la prostitution ? Certains sugar daddies cherchent simplement quelqu’un pour les accompagner en soirée.

«Un moyen alternatif utilisé par des étudiantes pour financer leurs études» : voilà comment le communiqué de presse cherche à introduire en France la notion de sugar daddy [NDLR : Homme d’un certain âge qui entretient une amante très jeune)]. On songe à un canular, mais, hélas, le site seekingarrangement.com existe bel et bien. Des hommes riches, les daddies, y proposent de l’argent à des babies en échange de «compagnie».

Le site revendique 2,7 millions de membres dans le monde, parmi lesquelles plus de 7 000 étudiantes françaises qui auraient sauté le pas pour boucler leurs fins de mois.

Pénélope*, 26 ans, en fac à Paris-III, que Marianne a longuement interrogée, utilise cette plate-forme Web depuis l’âge de 20 ans et trouve que c’est «une super invention» : elle reçoit un mail tous les quatre jours, souvent posté par des hommes d’affaires américains de passage dans la capitale. Ses généreux bienfaiteurs lui donnent l’équivalent de 2 000 € par mois, de quoi terminer tranquillement ses études de marketing.
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Ukrainiennes, bienvenues dans l’Union Européenne

Le tribunal de Milan a reconnu comme parents légitimes un couple ayant eu recours à une mère porteuse ukrainienne. Ce jugement devrait faire jurisprudence. Il redonne espoir aux 4000 Italiens qui sont dans une situation similaire.

Par  Ariel Dumont (Rome)

Tout a commencé il y a trois ans dans la petite ville de Ricengo située dans le nord de l’Italie à côté de Cremone. Dans cette commune de 1167 habitants, tout le monde se connait. Depuis leur mariage, les deux époux avaient tout essayé pour avoir un enfant. La femme, souffrant d’une maladie l’empêchant de procréer, avait suivi des traitements  hormonaux particulièrement lourds.

Elle avait aussi subi trois tentatives d’insémination artificielle. En vain.

Comme de nombreux couples en désir d’enfant, le ménage a contacté à Kiev la clinique Biotexcom. En Ukraine, où la gestation pour autrui est légale, l’établissement fait souvent appel à des mères porteuses.

 

30.000 euros à Kiev

Moyennant 30.000 euros, dont une partie est versée à la clinique à titre de frais médicaux et le reste à la mère qui va porter l’enfant. Les futurs parents demandent donc un prêt et louent une maison à Kiev pour suivre la grossesse.

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McDonald’s emploie 90 % de sa main-d’œuvre anglaise sous un contrat controversé

C’est sous le contrat de travail appelé “zéro heure” que McDonald’s emploie 90 % de ses employés britanniques, soit plus de 82 000 personnes. Très critiqué en Angleterre en raison de son caractère précaire, ce contrat prévoit que l’employé, pendu à son téléphone, se rende disponible à tout moment de la journée sans qu’aucune durée de travail ne soit fixée dans son contrat. Autre coup dur pour le salarié, il n’est rémunéré que pour les heures travaillées.

McDonald’s serait ainsi le plus gros employeur de salariés à contrat sans horaire défini au Royaume-Uni. Le géant de l’alimentation rapide, qui fait travailler 92 000 personnes dans ses 1 200 restaurants britanniques, s’est attiré les foudres de certains hommes et femmes politiques du pays.

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A saisir ! Esclaves européens en solde

Ils viennent trimer sur les chantiers, dans les transports ou les abattoirs, pour 3 à 6 € l’heure, au mépris de toutes les règles de sécurité. Et le plus légalement du monde. Car ces travailleurs “low cost” sont tous européens.

Augusto de Azevedo Monteiro voulait gagner sa vie. Il l’a perdue. Maçon détaché en France par EYP, une boîte portugaise,
cet ouvrier usinait sur l’air très en vogue de la sous-traitance à bas coût

dans la gadoue d’un chantier de Spie Batignolles, à Villeneuve-la-Garenne. Le 6 décembre, il est mort écrasé par une dalle qu’un coffrage hâtif à force de cadences infernales n’a pas su contenir.

Enfant d’Esposende, ville voisine de Braga irriguée par la crise et ses misérables affluents, Augusto de Azevedo Monteiro avait 35 ans, une famille et plus un euro rouillé en poche. Les 565 € brut de son dernier Smic flambés, ses allocations chômage taries, il avait opté pour une mission en France.

« Notre pays agonise et nous constituons une main-d’œuvre bon marché, confie une salariée francophone d’EYP. On sait que Spie fait appel à nous parce que nous coûtons moins que nos concurrents français. »

Travailler au Québec: “Pour un succès, combien d’échecs?”

Formations ruineuses, bénévolat quasi obligatoire… Loin des publicités qui vendent la Belle province comme un eldorado professionnel, notre contributeur Papanguezwazo livre un témoignage désabusé.

Par (Express Yourself)

À tous ceux qui ont une activité professionnelle dans leur pays et envisagent de migrer vers le Québec… attention au piège! La tentation est forte quand on entend le chant des sirènes, les campagnes de racolage menées par le MICC (Ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles) pour inciter les travailleurs qualifiés du monde entier à venir s’installer dans la “Belle province”.

On ne vous promet rien, mais on ne cesse de vous rappeler que l’on est bien, au Québec: la qualité de vie y est meilleure qu’ailleurs, le coût de la vie l’un des plus bas du monde à Montréal, le système éducatif l’un des meilleurs du monde (rien que ça!). De plus, ne vient pas qui veut: seuls les élus, détenteurs d’un certificat de sélection délivré par le Québec, pourront s’enorgueillir d’avoir été choisis.

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Grèce : La crise pousse les mères de famille vers le porno

Le marché des films pour adultes ne connaît pas la crise en Grèce. De nombreux fonctionnaires, pères ou mères de famille, profitent donc de ces temps difficiles économiquement parlant pour franchir le pas et se lancer dans le porno. Ils se garantissent ainsi un revenu fixe.


Extrait du film : «La révolution du peuple sur la femme du ministre»

Il faut dire que le salaire d’acteur/actrice est intéressant.

Il peut varier de 1000 euros (1200 francs) pour une simple scène à 3000 euros (3600 francs) pour un film entier,

explique le site ibtimes.co.uk.

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Mon guide touristique est un sans-abri

Véritable tendance touristique, les visites guidées avec un SDF sont de plus en plus adoptées par les grandes villes. Ce nouveau visage du voyage avait déjà fait parler de lui à la fin des années 2000 au Brésil qui proposait d’accompagner un SDF pour plonger dans les favelas de Vila Canoas et de la Rocinha, de prendre un verre dans un “boteco” et de s’immerger dans le quotidien misérable d’une “population optimiste” malgré tout.

Par Morgane Tapia.

En République tchèque, Badalec, un sans-abri, s’occupe précieusement des touristes étrangers en leur faisant faire le tour de la ville. Une manière aussi de leur montrer ce qu’il vit quotidiennement. Il témoigne :

“Je trouve les tours plutôt super ! Les touristes représentent une chance pour moi de m’exprimer !”

En montrant leur vie parfois difficile, ces hommes de la rue révèlent ce qui dérange. Le voyeurisme est probablement présent chez certains voyageurs, mais ce genre d’expédition a tout de même le mérite d’exposer une réalité trop facilement ignorée.

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Travail des enfants : L’esclavage des temps modernes

L’Organisation internationale du travail (OIT) a dénombré près de 215 millions d’enfants âgés de 5 à 17 ans exerçant une activité économique. Parmi lesquels plus de la moitié sont exposés aux « pires formes de travail des enfants ».
Après une année placée sous l’égide de l’élimination du travail des enfants d’ici 2016, l’OIT a défini une feuille de route pour mettre fin au travail des enfants, âgés de 5 à 17 ans, qui reste « un défi persistant ». En effet, ce sont près de 127 millions de garçons et 88 millions de filles qui travaillent chaque jour. Sur les 215 millions dénombrés en 2008 (dernière donnée fournie par l’OIT), 115 millions sont contraints à des activités dangereuses, dont 74 millions de garçons et 41 millions de filles.

Parmi le travail des enfants, l’exploitation sexuelle concerne près de 5 millions d’entre eux. L’OIT prend en compte les conditions de travail dangereuses, l’esclavage, ou autres formes de travail forcé, les activités illicites, y compris le trafic de drogue et la prostitution ainsi que l’enrôlement dans un conflit armé.

L’âge minimum légal de base auquel les enfants sont autorisés à travailler est 15 ans (14 ans dans les pays en développement). Pour les travaux légers (quelques heures uniquement et occasionnellement), la limite est fixée à 13-15 ans (12-14 ans dans les pays en développement). Enfin, pour les travaux dangereux, la limite est repoussée à 18 ans (16 ans sous certaines conditions dans les pays en développement).
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“La fabrique chinoise de l’iPhone 5 est inhumaine”

Un journaliste est parvenu à s’introduire dans l’usine de montage de l’iPhone 5. Il révèle des conditions de travail inhumaines.

Si une grande partie de la planète avait les yeux tournés mercredi soir vers San Francisco, où se déroulait la présentation de l’iPhone 5, beaucoup tentent de détourner leur regard de Taiyuan, capitale de la province du Shanxi en Chine, où se trouve la Foxconn Factory, véritable sanctuaire où sont assemblés quelques 57 millions d’iPhone. Ce qu’il s’y passe mérite pourtant toute l’attention après qu’un journaliste de l’agence de presse Shanghai Evening Post s’est immergé dans cette fabrique où règne des conditions de travail inhumaines.

Pendant dix jours, ce journaliste, qui préfère garder son identité secrète, s’est introduit dans la Foxconn Factory et a travaillé trois jours à l’assemblage du boîtier noir de l’iPhone 5. Une durée pendant laquelle il a tenu un journal de bord dans lequel il décrit, dans le détail, son expérience que le Daily Mail a retranscrit ligne par ligne.

Dortoirs nauséabonds et grillagés

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L’UE et les réseaux politiques et financiers de Jean Monnet

(1ère partie)

Comment un banquier de Wall Street a privé les pays européens de leur souveraineté

La création de la CECA (1951) : Jean Monnet est à droite (costume le plus sombre).

L’UE d’aujourd’hui a une double histoire. L’une visible, qui se trouve dans la majeure partie des manuels d’Histoire, et l’autre, invisible, dont personne ne devrait apprendre l’existence, mais qui a commencé bien longtemps avant celle que nous connaissons tous. Jean Monnet a été la charnière entre ces deux versions de l’histoire.

Dans les pays germanophones, c’est grâce à l’ouvrage d’Andreas Bracher, « Europa im amerikanischen Weltsystem. Bruchstücke zu einer ungeschriebenen Geschichte des 20. Jahrunderts » [L’Europe dans le système mondial américain. Morceaux d’une histoire inédite du XXe siècle] (en allemand, 2001, ISBN 3-907564-50-2) qu’on a pu mettre en question la biographie officielle du soi-disant sacro-saint « père fondateur de l’Europe ».

Andreas Bracher a posé des questions qui font apparaître sous une autre lumière l’histoire de la construction d’un organisme supranational à la suite de la Seconde Guerre mondiale : ce n’est plus le projet d’une coopération des peuples européens pour assurer la paix, mais le projet d’une hégémonie anglo-américaine avec Jean Monnet comme « inventeur et guide d’institutions pour une coopération supranationale et comme centre d’influences anglo-saxonnes sur le continent ».

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Le bio tente de plus en plus d’agriculteurs français

Eric Gobard, 41 ans, est un agriculteur heureux, et même enthousiaste. Il y a deux ans, ce céréalier installé depuis huit ans, à Aunoy, au coeur de la Seine-et-Marne, haut lieu de l’agriculture intensive, a converti 30% de ses 200 hectares au mode de production biologique. Il espère aller au-delà, car, dit-il, il se sent “aspiré” par ce mode de production.

Part des Surfaces bio dans les départements en pourcentage de la Surface Agricole Utilisée. (Données Agence Bio, Agreste)

Il est loin d’être le seul. Après des années de stagnation, l’agriculture bio est en pleine explosion. Les conversions ont augmenté de 23,4% en 2009, et, en 2010, la progression s’accentue encore. La barre des 20.000 producteurs devrait être franchie.

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USA : l’Anti-Defamation League couvre les malversations de l’« élite » financière

À cause de sa dernière page éditoriale, intitulée « Virtuous Bankers ? Really ?!! » (Vertueux banquiers ? Vraiment ?!!) l’Anti-Defamation League accuse d’antisémitisme Maureen Dowd du New York Times.

Cet article concernait la corruption à Wall Street et plus spécifiquement, l’implication de Goldman Sachs.

“Aucun lieu pour la haine”

Dans une lettre à l’éditeur du New York Times, Robert G. Sugarman, président national de l’ADL, a déclaré : « Bien que l’on puisse être d’accord ou en désaccord avec Maureen Dowd sur sa description de Goldman Sachs et d’autres banquiers (chronique du 11 novembre), en écrivant, ‘’les banquiers qui ont pris l’argent du gouvernement et ont ensuite distribué des bonus scandaleux sont les mêmes sortes de gens intéressés que Jésus jeta hors du temple’’, elle soulève potentiellement l’un des thèmes classiques de l’antisémitisme, liant les Juifs aux odieuses pratiques du prêt d’argent. Quelle qu’en soit l’intention, l’évocation de l’histoire du Nouveau Testament par Mme Dowd, pour illustrer la pagaille financière actuelle, rappelle les vieux préjugés contre les Juifs. »

Dans The Jewish News du New Jersey, Menachem Rosensaft et Jason H. Dolinsky ont aussi suggéré que l’article de Mme Dowd est antisémite : « Nous avons entendu ces paroles bien trop souvent pour les laisser passer. Les tracts antisémites et les sites Internet sont pleins de références aux ‘’suceurs de sang Juifs’’. Et Mme Dowd est trop intelligente pour ne pas avoir compris que décrire les Juifs comme des prêteurs d’argent avides, a produit les persécutions et les pogroms des deux derniers millénaires. Mme Dowd a ravivé la lutte contre ces anciennes incitations antisémites. Nous appréhendons la perspective de croix gammées barbouillées à l’extérieur des bureaux de Goldman Sachs, ou d’apprendre que quelque truand des rues, inspiré par la chronique de Mme Dowd, ne brise la jambe d’un Juif respectueux des règles, en criant ‘’Goldman Sachs, t’achèteras une autre guibolle !’’ À une époque où monte la judéophobie virulente, notamment en Europe et dans une grande partie du monde musulman, les hommes politiques, journalistes et chroniqueurs ont le devoir de s’abstenir d’utiliser des paroles incendiaires du jargon antisémite. Notre liberté d’expression, garantie par la Constitution, n’accorde à personne d’entre nous le permis d’inciter à l’intolérance ou à la violence. » Lire la suite

L’US Army à la chasse au trésor afghan

Le Pentagone a découvert un nouveau « Klondike » en Afghanistan. Près de 1 000 milliards de dollars seraient enfouis dans le sous-sol du pays, ce qui en ferait un géant minier d’une taille comparable à celle de l’Australie.

Minéraux en Afghanistan (cliquez sur la carte pour l'agrandir)

Depuis longtemps, les géologues russes et américains avaient identifié d’importantes richesses minières en Afghanistan. Dans ses rapports annuels sur les pays, l’US Geological Survey (USGS) avait listé les minerais présents en abondance dans ce pays : cuivre, or, minerai de fer, marbre, nickel, soufre, talc… Toutefois, Chin S. Kuo, le responsable de l’étude, notait que l’absence d’infrastructures, de main-d’œuvre qualifiée, sans oublier les problèmes non résolus de sécurité, interdisaient pour le moment l’exploitation de ces richesses.

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L’Occident comme déclin

(extraits)

Par Guillaume Faye

N.B. : ce texte date de 1985.

Phénix renaissant de ses cendres (enluminure du Bestiaire d'Aberdeen, XIIème siècle)

En apparence, l’erreur d’Oswald Spengler fut immense : il annonçait pour le XXème siècle le déclin de l’Occident, alors que nous assistons tout au contraire à l’assomption de la civilisation occidentale, à l’occidentalisation de la Terre, à la généralisation de cet « Occident » auto-instauré comme culture du genre humain, dont, suprême paradoxe, les nations néo-industrielles de l’Orient constitueront peut-être d’ici peu l’avant-garde. En apparence toujours, c’est au déclin de l’Europe que nous sommes conviés. Montée en puissance de l’Occident et perte de substance de l’Europe : les deux phénomènes sont sans doute liés, l’un entraînant l’autre. Tout se passe comme si, après avoir accouché de l’Occident, répandu aujourd’hui sur toute la planète, l’Europe épuisée entrait dans un nouvel âge sombre.

La thèse ici présentée sera simple : l’Occident n’est pas « en » déclin – il est au contraire en expansion – mais il est le déclin. Et il l’est depuis ses fondements, depuis son décollage idéologique au XVIIIème siècle. L’Europe, quant à elle, n’est qu’en décadence.

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Les 35 heures : une excuse commode, mais inexacte

Les 35 heures sont un bouc émissaire facile pour expliquer la perte de compétitivité des entreprises et la perte d’emploi industriel en France. Mais en regardant de près les chiffres, on s’aperçoit que les causes de la désindustrialisation sont ailleurs.

Dix ans après être devenues la norme légale en matière de durée du travail (1), les 35 heures ne sont manifestement pas digérées par une partie de l’opinion, qui en fait le symbole, voire la cause, du déclin industriel de notre pays. Ainsi, à l’occasion de la clôture des Etats généraux de l’industrie, le 4 mars dernier à Marignane, le chef de l’Etat les a violemment attaquées, avançant qu’elles auraient « détruit l’appareil industriel français ».

Plus récemment, mi-avril, Edouard Carmignac, patron d’une société de gestion d’actifs particulièrement performante, a publié dans plusieurs journaux de la presse nationale une pleine page de publicité dans laquelle il écrivait notamment : « N’est-il pas pour le moins surréaliste que le chef de file de l’opposition en France, ayant largement remporté la dernière consultation, ait été à l’origine de l’instauration des 35 heures ? » Comprenons : les électeurs sont particulièrement débiles de mettre en tête de leurs votes un parti dirigé par celle qui a démoli l’économie française. Qu’en est-il au juste ?

Emploi industriel : la France dans la moyenne européenne

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Les raisons du naufrage économique, selon Jean-Marie Le Pen

Vidéo du discours prononcé par Jean-Marie Le Pen, à l’issue du Conseil National du Front National, à Nanterre, le 2 mai 2010 :

http://www.dailymotion.com/video/xd62k4

Voici le texte de ce discours, en ce qui concerne ses parties consacrées plus particulièrement à l’économie :

La situation des travailleurs français :

En ce lendemain de la fête du travail, notre projet de révolution patriotique s’adresse principalement à ceux laissés au bord de la route, abandonnés au chômage par près de 40 ans de politique anarcho-libérale qui établit pour seul aiguillon le profit immédiat, quelles qu’en soient les conséquences humaines, sociales, familiales, ou environnementales.

Dans notre pays, ce sont 5 millions de chômeurs qui sont victimes des conséquences de 4 décennies de politique économique et sociale suicidaire.

Et nous ne pouvons pas compter ceux qui, sachant pertinemment qu’ils ne trouveront pas de travail, n’en cherchent même plus. Que dire des chômeurs de longue durée, qui seront plus d’un million cette année et pour qui le gouvernement n’a d’autre solution que de jeter quelques millions d’euros supplémentaires, à la grande satisfaction des syndicats, devenus les premiers collabos d’un système capitaliste dévoyé.

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Grèce : les 3 mensonges des médias et des experts (3)

«Les Grecs vivent au dessus de leurs moyens.» «L’économie allemande est plus vertueuse.» «L’Euro nous protège de la crise.» Ces trois affirmations font partie du mantra néolibéral répété en boucle par les économistes invités sur les plateaux. L’économiste Jacques Sapir démolit consciencieusement ces pétitions de principe.

L’Euro nous aurait protégé de la crise

L’antienne est connue ; elle a été répétée à satiété.

Mais, aujourd’hui, elle commence néanmoins à se lézarder.

Reprenons donc les différentes formes sous lesquelles on nous l’a serinée :

A. L’Euro nous protège de la crise financière. Ce fut la grande rengaine de 2007. L’inénarrable Elie Cohen allant même jusqu’à proclamer que la crise était « uniquement celle du marché hypothécaire américain » à l’été 2007. En réalité, la politique de dépression induite par l’Euro fort (et la politique de J.C. Trichet à la BCE) dans un contexte de libre ouverture à la concurrence internationale, a poussé les banques européennes à investir lourdement, sous une forme directe et indirecte, dans les marchés d’instruments financiers à hauts risques. Par ailleurs, une bulle immobilière s’est aussi développée au sein de la zone Euro, en Espagne, au Portugal et, dans une moindre mesure, en Allemagne.

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Grèce : les 3 mensonges des médias et des experts (2)

«Les Grecs vivent au dessus de leurs moyens.» «L’économie allemande est plus vertueuse.» «L’Euro nous protège de la crise.» Ces trois affirmations font partie du mantra néolibéral répété en boucle par les économistes invités sur les plateaux. L’économiste Jacques Sapir démolit consciencieusement ces pétitions de principe.

Les allemands seraient vertueux

Autre cliché et autre mythe, que cette « vertu » allemande que l’on oppose aux autres pays, dont la Grèce et la France. De fait, l’Allemagne n’est pas spécialement vertueuse (si tant est que ce mot ait un sens en économie) mais elle vit aux dépens de ses voisins. Si la « vertu » a un sens, c’est bien par l’investissement que l’on devrait la mesurer, car elle implique alors des sacrifices au présent pour préserver l’avenir. Mais, dans ce cas, la France et l’Italie sont bien plus « vertueuses » que ne l’est l’Allemagne (graphique 1).

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Génération précaire contre BNP et Danone

Des membres de Génération précaire se sont retrouvés vendredi 16 avril 2010 à Paris pour une action visant à alerter sur la question de ces entreprises “modèles” qui ont tendance à remplacer en temps de crise leurs salariés par des stagiaires…

Munis de masques blancs et de slogans accrochés sur leurs vêtements, ils voulaient “aller “féliciter” le groupe BNP-Paribas qui a divisé le nombre de ces CDDs pour multiplier par trois le nombre de ces stagiaires soit environ 4500 stagiaires à l’année, et remettre le prix de l’exploitation en entreprise au groupe Danone, qui, entre autre, vient de publier une annonce pour recruter “un stagiaire qui s’occuperait du recrutement des stagiaires“, explique Julien Bayou, l’un des animateurs de Génération précaire. Portes fermées à leur arrivée, rendez-vous avec les DRH refusés puis différés, accueil mitigé, chargés de com désolés…


La “révolution” capitaliste chinoise : un “grand bluff”, selon Thierry Wolton

L’URSS était ce colosse aux pieds d’argile, dont les prétendues réussites édifiaient ceux qui, très nombreux, voulaient y croire.

Il se pourrait bien que la Chine soit, elle aussi, un dragon de papier.

Bien que cette assertion soit fortement dissonante avec le discours ambiant sur la montée en puissance de la Chine, il est difficile de penser autrement après avoir lu l’ouvrage de Thierry Wolton, “Le Grand bluff chinois. Comment Pékin nous vend sa « révolution » capitaliste”, Ed. Robert Laffont, 2007.

Compte-rendu de lecture.
S’inscrivant dans le sillage de Simon Leys, grand démystificateur du mirage chinois au temps du Grand Timonier, Thierry Wolton livre un grand nombre d’informations. Considérant la matière de première importance, compte-tenu des fantasmes entretenus autour du péril chinois, je crois utile de détailler un peu l’argumentaire de l’auteur.

I – La Chine, ce nain économique

La Chine, c’est le gigantisme. Et ce gigantisme, c’est la déraison.

Le pays le plus peuplé au monde (1,3 milliard de Chinois, et moi et moi et moi…), de la taille d’un continent (plus de 9 millions de km²) et riche en ressources naturelles. Une histoire cinq fois millénaire ayant donné naissance à une civilisation aussi admirable qu’ancestrale, et d’ailleurs terreau d’un fort sentiment de supériorité. La Chine est le pays de tous les records.

Longtemps principale puissance économique du globe, il semble naturel qu’elle doive recouvrer demain la place éminente qui est la sienne et qui n’a jamais cessé de lui revenir de droit.

Pour l’heure, tout semble concorder avec cette idée. Lire la suite

Casques bleus du Tiers-monde: l’Occident finance les atrocités des “mercenaires de la paix”

La crise au Honduras n’est toujours pas résolue et pourrait mener à un conflit majeur qui pourra coûter cher à l’oligarchie de ce pays. C’est pourquoi parmi certains dirigeants de cette nation d’Amérique Centrale, ainsi qu’aux USA, on pense imposer l’envoi de troupes « pacificatrices », les casques bleus de l’ONU.

Quelques ingénus penseront que ces troupes, qu’elles soient de l’ONU ou sous le drapeau d’autres organisations multilatérales, interviennent de façon juste et équitable avec la participation de tous les pays membres et que leur rôle est d’installer et maintenir la paix. En fait, dans la majorité des cas, sinon tous, la présence de forces étrangères aggrave le conflit et ce que ces troupes maintiennent c’est un statu quo.

Les missions dites de paix de l’ONU sont financées principalement par les USA et les pays européens de l’OTAN, tandis que les simples soldats proviennent des pays du Tiers-Monde.

L’ONU paie mensuellement aux gouvernements respectifs 1.101$ par soldat et 1.404$ s’il a une qualification militaire. Ensuite chaque gouvernement paie aux troupes la somme qu’il estime correspondre (toujours une infime partie de la somme reçue).

Ces salaires, plus l’armement, équipements et entraînements fournis par l’ONU, permettent à des pays pauvres de maintenir une modernité dans leurs armées qu’ils ne pourraient s’offrir autrement. Le paradoxe est là, un militarisme alimenté par les missions de paix. De plus, la participation à ces missions étant lucrative pour les gouvernements et assurant leur emploi aux soldats, les uns comme les autres ont tout intérêt, économiquement et militairement, à ce que ces conflits se prolongent.

Selon des données officielles, les cinq pays qui ont apporté, en 2008, le plus grand nombre de soldats aux missions de l’ONU sont : Pakistan, Bangladesh, Inde, Nigeria et Népal. Les trois premiers couvrent le tiers des 100.000 casques bleus déployés dans les zones de conflit dans le monde. Du dernier proviennent les féroces gurkhas.
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