Ils portent un regard acerbe, attristé mais fier sur la situation de leur pays, un jugement dur mais compatissant sur leurs compatriotes. Venus en France pour étudier ou pour trouver du travail, ils restent ici à défaut de pouvoir construire une vie dans un pays qu’ils chérissent presque autant qu’ils en détestent le système politique.

Sally, Paolo, Tania, Matteo et Luca ont tous moins de 30 ans et vivent à Paris. Ils sont nés dans des régions, des familles différentes, mais partagent un destin : celui de l’expatriation. Ils nous racontent leur vision de l’Italie et de sa politique, l’amour aigre-doux qu’ils vouent à leur pays.
Paolo en costume cravate se roule une cigarette en attendant d’aller jouer au foot avec ses amis. Né et grandi à Parme dans le nord de l’Italie il vient d’une famille industrielle qui aime se dire qu’elle a mérité son destin.
Être ici depuis cinq ans, d’abord pour les études, puis maintenant pour son premier travail, ne l’empêche pas de s’intéresser de près à la politique italienne. Il rend grâce à Beppe Grillo, l’ex comique et leader du M5S (Mouvement Cinq étoiles) qui a raflé 25% des sièges lors des récentes élections législatives italiennes, d’avoir enfin osé critiquer la corruption de la gauche.
« On dit toujours que Berlusconi a volé. Mais tout le monde a volé. Le Parti Démocratique (parti socialiste italien) aussi. Et le M5S dénonce ça. Ce qui ne plaît pas aux dirigeants actuels ».
« L’Italie est en train de se planter mais ça me concerne pas. J’ai bien fait de partir avant », assène-t-il.
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