Tibet : Les enjeux d’un conflit

Contrairement à ce qu’affirment les autorités chinoises, les motivations qui ont conduit Mao Zedong à envahir le Tibet en 1950, et qui sous-tendent aujourd’hui encore la politique du Parti communiste dans la région, ne sont pas religieuses ou culturelles mais bien d’ordre économique. Plus que jamais, le gouvernement chinois veut contrôler les richesses naturelles qu’offre le “toit du monde“.

Ainsi, les ponts, les routes et les chemins de fer construits par les entreprises chinoises ne cessent de se multiplier, dénaturant les vastes étendues préservées du plateau tibétain. Mais le plus gros enjeu concerne une ressource des plus précieuses : l’eau. Afin d’approvisionner les métropoles chinoises, les barrages, centrales et autres ouvrages hydrauliques se développent de manière exponentielle sur les fleuves du Tibet.

Ces projets démesurés en zone de haute montagne présentent des dangers considérables – la menace d’inondations dévastatrices notamment. Pour les mener à terme, les autorités chinoises misent donc sur la propagande, mais aussi sur la violence : les manifestations de 2008, qui ont réuni des milliers de Tibétains dans les rues, ont été réprimées dans le sang.

Ce documentaire édifiant donne la parole à des Chinois qui osent braver le gouvernement en dénonçant la persécution des moines, les arrestations et les emprisonnements arbitraires: l’écrivain Wang Lixiong, dont les œuvres sont interdites dans son pays, lutte pour rétablir la vérité auprès de ses concitoyens, tout comme Liao Yiwu, exilé à Berlin après avoir connu l’enfer des prisons chinoises.

Cap au Nord, l’exode des diplômés

Grecs, espagnols ou bulgares, un nombre croissant de jeunes diplômés envisagent leur avenir en Europe centrale ou du nord. Pas moins de 60.000 Espagnols ont quitté leur pays d’origine en 2012, et deux tiers des jeunes diplômés grecs songent sérieusement à l’exil. Quelles sont les conséquences de cet exode pour ces nouveaux pays d’émigration ?

Les pensions des soldats coloniaux

Ce film dresse le portrait de Mohammed Mechti, ancien combattant marocain, engagé à 18 ans dans l’armée française, ayant servi toutes nos guerres depuis 39/45, et qui finit sa vie, ici, à Bordeaux loin des siens. Mechti est un homme déraciné, autant au Maroc qu’en France, un homme qui n’a plus qu’un seul but: retrouver une dignité qu’on lui a volé il y a 40 ans.

Pour toucher le minimum vieillesse que leur octroie aujourd’hui le gouvernement de la République Française, ces
anciens combattants sont obligés de demeurer sur le sol français neuf mois par an, et de ce fait, se retrouvent exilés à vie dans les villes de l’hexagone.

Aujourd’hui, cloîtrés dans des foyers pour quelques centaines d’euros, ces vieillards désœuvrés comptent les jours qui les séparent de leur famille puisque trois mois par an, l’administration française magnanime leur offre le droit de rentrer dans le bled.

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Singapour : L’exil doré ?

Singapour serait le pays le plus favorable aux entreprises selon la Banque mondiale. La fiscalité de ce pays de 5 millions d’habitants surnommé la Suisse de l’Asie, attire chaque année plus d’un millier de Français.

Parmi eux, Richard LeSand, un designer de meubles, ou encore Grégory Imbert qui lance en Asie le concept de coffrets cadeaux. Deux entrepreneurs français venus s’installer et tenter leur chance dans ce temple de l’ultra-libéralisme.

Émission “Sept à huit” diffusée le 15 mars 2015 sur TF1

États-Unis : Obama en croisade fiscale contre les entreprises quittant le pays

Une quinzaine de grandes entreprises ont déjà transféré leur résidence fiscale hors des Etats-Unis cette année. La Maison-Blanche veut supprimer cette possibilité, avec 20 milliards de dollars d’impôts supplémentaires à la clef.

Le patriotisme économique n’est pas que français. C’est au nom de ce principe que Barak Obama entend empêcher les entreprises de transférer leur résidence fiscale hors des Etats-Unis. Le phénomène a pris des proportions alarmantes depuis quelques mois : une quinzaine d’entreprises ont opté pour l’exil fiscal, depuis le début d’année, en rachetant des entreprises implantées dans des pays fiscalement attractifs. Le plus inquiétant est qu’il s’agit de grandes sociétés, représentant des dizaines de milliers d’emplois.

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Espagne : Les architectes victimes collatérales de la crise

Ils ont mangé leur pain blanc durant les folles années 2000 quand l’Espagne construisait à tour de bras. Aujourd’hui, les architectes espagnols sont à leur tour emportés par le tourbillon de la crise. En un an, le taux de chômage de la profession a bondi de 27%.

Anecdotique certes, ils sont bien moins nombreux que tous les ouvriers du bâtiment aujourd’hui sans emploi. Mais, que les architectes espagnols soient à leur tour victimes, illustre bien la crise qui secoue le secteur de la construction. Depuis 2008, le repli moyen annuel de l’activité est de 18%. Et la purge n’est pas terminée. Pour 2012 la baisse était de 12%.

Il y a 700.000 logements inoccupés en Espagne. Autant dire qu’il n’y a pas besoin d’en construire d’autres. Donc plus besoin d’architectes, dont l’activité a chuté de 90% en quatre ans. Alors, c’est le chômage, l’exil notamment en Allemagne, ou pire, le changement d’activité.

Himalaya/Népal : Les fêlures du toit du Monde

Dans l’Himalaya, la température augmente en moyenne dix fois plus vite qu’ailleurs dans le monde. Les glaciers fondent et entraînent l’expansion des lacs situés en aval. Ce phénomène, que l’on appelle la débâcle glaciaire, a des conséquences dramatiques sur les populations.

A 45 ans, Norbu est guide de montagne dans la région népalaise de Khumbu. C’est un témoin privilégié du changement climatique. Depuis près de deux décennies, il a constaté une modification des routes traditionnelles de trek, ce qui rend son activité plus difficile.

La météo, devenue imprévisible, a fait baisser les rendements de l’agriculture et de l’élevage. Résultat : de nombreux Népalais souffrent de la faim et doivent s’exiler vers les villes.

Musique : ” Là-Bas (RSA) “

Le “Mouvement Des Rmistes pour un exil social en Belgique” (MDR) vous présente le nouveau clip de Jean-Jacques Goldman Sachs et Siriminima Sociaux.

La Belgique serait-elle une terre promise pour les Français bénéficiaires des minima sociaux ?

RSA (France) : 474 euros


MINIMEX (Belgique) : 785 euros

Pour mémoire en France:

Chili : Pour tout l’or des Andes

Sous les glaciers chiliens de la cordillère des Andes, se trouve la plus importante réserve d’or au monde, objet d’un conflit sans merci qui oppose la plus grande multinationale d’exploitation d’or, la Barrick Gold, aux Indiens de la vallée.

L’extraction nécessitant le recours à l’eau en grandes quantités et le rejet de nombreuses matières toxiques (cyanure, mercure, etc.), la population locale est effrayée et lutte contre la vulgate libérale séculaire, qui dit que toute exploitation d’une ressource minière profite à l’ensemble de la population du pays.

Les agriculteurs craignent de voir leur principale ressource polluée, leur village détruit par le tarissement de la source. Du coup, le spectre de l’exil, qu’ont connu de nombreux villages alentour, se profile.

Face au désastre écologique et humain à venir, Carmen Castillo nous amène à la rencontre des acteurs de ce drame et nous interroge.

Europe : La pauvreté, un problème bien réel

Un quart de la population européenne est menacée de pauvreté, selon la Croix-Rouge internationale. Comme dans les années 80, des Portugais prennent le chemin de l’exil dans l’espoir de trouver du travail en Suisse. Quand Monsieur et Madame Tout-le-monde répondent à des questions existentielles.

France : L’exil forcé des jeunes italiens

Ils portent un regard acerbe, attristé mais fier sur la situation de leur pays, un jugement dur mais compatissant sur leurs compatriotes. Venus en France pour étudier ou pour trouver du travail, ils restent ici à défaut de pouvoir construire une vie dans un pays qu’ils chérissent presque autant qu’ils en détestent le système politique.

Sally, Paolo, Tania, Matteo et Luca ont tous moins de 30 ans et vivent à Paris. Ils sont nés dans des régions, des familles différentes, mais partagent un destin : celui de l’expatriation. Ils nous racontent leur vision de l’Italie et de sa politique, l’amour aigre-doux qu’ils vouent à leur pays.

Paolo en costume cravate se roule une cigarette en attendant d’aller jouer au foot avec ses amis. Né et grandi à Parme dans le nord de l’Italie il vient d’une famille industrielle qui aime se dire qu’elle a mérité son destin.

Être ici depuis cinq ans, d’abord pour les études, puis maintenant pour son premier travail, ne l’empêche pas de s’intéresser de près à la politique italienne. Il rend grâce à Beppe Grillo, l’ex comique et leader du M5S (Mouvement Cinq étoiles) qui a raflé 25% des sièges lors des récentes élections législatives italiennes, d’avoir enfin osé critiquer la corruption de la gauche.

« On dit toujours que Berlusconi a volé. Mais tout le monde a volé. Le Parti Démocratique (parti socialiste italien) aussi. Et le M5S dénonce ça. Ce qui ne plaît pas aux dirigeants actuels ».

« L’Italie est en train de se planter mais ça me concerne pas. J’ai bien fait de partir avant », assène-t-il.
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Portugal : Le grand exil

Plongé depuis 2008 dans une crise profonde et sans issue visible, le Portugal connaît une vague d’émigration inédite depuis quarante ans. Un dixième de la population serait concerné.
L’humour est la politesse du désespoir. Les Portugais ne manquent ni de l’un, ni de l’autre. Pourtant, lorsque le Premier ministre de centre droit Pedro Passos Coelho leur a conseillé de “faire plus d’efforts” et de “quitter leur zone de confort en cherchant du travail ailleurs”, Sara Machado da Graça n’a pas ri. À ce souvenir, elle sert les dents et grogne. Les mots lui manquent pour exprimer sa colère. À cause de la crise, Sara doit quitter son pays.

Aujourd’hui, elle n’a plus le choix. Le 5 décembre, valise et gamin sous le bras, elle posera le pied à Macao, ancienne colonie portugaise, sans billet retour.

Une fête aux allures d’enterrement

Sur une photo prise le 15 septembre lors de la manifestation contre l’austérité, tout sourire, elle porte un casque de chantier coiffé d’un petit avion et du slogan “C’est vous qui devriez partir là où un éclair vous casserait en deux”. Sara a 40 ans, un regard franc et l’énergie du désespoir comme carburant. Sa “zone de confort” – si elle en a déjà eu une – s’est effondrée depuis des mois. Plus de boulot, plus d’argent. D’argent, elle n’en avait pas vraiment besoin avant la naissance de son fils Bilal, un an et demi.
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La Grèce et l’Irlande doivent faire défaut

Réunis la semaine prochaine à Bruxelles, les responsables européens cesseront-ils de se disputer pour faire face aux vrais enjeux de la crise de la dette ?

En réalité, la Grèce et l’Irlande ont déjà fait défaut. Pas officiellement. Cependant, à écouter les opérateurs financiers, plus personne ne veut prêter un centime à ces deux Etats qui croulent sous les dettes. La situation du Portugal et de l’Espagne n’est guère plus confortable.

Lundi passé, des chiffres publiés par la Banque centrale européenne ont démontré comment elle tient les Etats de la zone euro à bout de bras. Entre le 25 novembre et le 1er décembre, la BCE a acheté pour 1,965 milliard d’euros d’obligations publiques ; le plus fort montant enregistré depuis le début du mois de juillet alors que l’on sortait à peine de la crise grecque. Les opérateurs estiment que l’institution dirigée par Jean-Claude Trichet a nettement accéléré ses achats de dette publique irlandaise et portugaise. Car, en face, les grands investisseurs s’en détournent.

Pimco, le géant américain des obligations, a déjà annoncé avoir vendu la majorité de ses titres grecs, irlandais, portugais et espagnols. JPMorgan, un des poids lourds du marché de la dette gouvernementale européenne, a indiqué que beaucoup de ses clients veulent se débarrasser des titres des Etats «périphériques» de la zone euro.

D’ailleurs, Goldman Sachs a calculé que 17% de la dette cumulée de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal se trouvent désormais dans les coffres de la BCE. Au rythme actuel, cette part pourrait monter à 50% sans tarder.

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Il ne fait pas bon être vieux en Lituanie

Gravement touché par la crise économique, aucun autre pays – à l’exception de l’Irlande – n’a adopté de mesures d’économie plus strictes que la Lituanie. Si ce plan de rigueur n’a pas encore suscité autant d’agitation dans l’opinion publique qu’en Grèce ou en Espagne, son impact sur les Lituaniens sur les plans social et individuel est considérable.

Si les dirigeants de ce monde, largement endetté, se demandent à quoi ressemble la véritable austérité, la réponse est probablement à chercher du côté de cette république de 3,3 millions d’habitants.

Confronté à des déficits croissants menaçant le pays de faillite, cet État balte a réduit ses dépenses publiques de 30%, avec des coupes claires de 20% à 30% dans les salaires des fonctionnaires et une réduction de 11% des pensions de retraite. Même le Premier ministre, Andrius Kubilius, a vu son salaire réduit de 45%.

Et ce n’est pas tout. Dans le même temps, le gouvernement lituanien a augmenté les taxes sur toute une série de biens, notamment l’alcool et les produits pharmaceutiques. Les impôts sur les bénéfices des entreprises sont passés de 15% à 20% et la TVA de 18% à 21%. Le résultat sur les finances publiques s’est traduit par une économie équivalant à 9% du PIB, ce qui représente le deuxième plus grand rééquilibrage budgétaire d’un pays développé – après l’Estonie – depuis le début de la crise du crédit.

Les retraités à la soupe populaire
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La France et la politique de l’OTAN en Afghanistan

Au vu de l’enlisement de l’OTAN, « il est clair désormais qu’il nous faut repenser la question des buts comme celle des alliances, » constate Jacques Sapir, qui suggère de rechercher une implication des puissances voisines, la Russie, la Chine et l’Iran, dans la résolution du conflit, mouvement qui selon lui pourrait préfigurer un rapprochement entre l’Alliance Atlantique et l’Organisation de Coopération de Shanghaï.

Cette redéfinition des objectifs et de la stratégie requiert que le « scénario de cette guerre ne [soit] écrit uniquement, ou même principalement, par les Etats-Unis ». « La principale faute du gouvernement français et de son Président actuel ne fut pas de rejoindre le commandement intégré de l’OTAN, mais de ne pas avoir usé de ce prétexte pour forcer les Américains à discuter de ces questions, dans notre intérêt comme dans le leur », estime Jacques Sapir, qui s’interroge : la France fera-t-elle preuve du courage nécessaire pour impulser ces remises en cause ?

La seconde guerre d’Afghanistan dure maintenant depuis plus de sept ans. C’est l’âge de la maturité, mais c’est aussi celui des bilans. C’est une guerre discrète, qui a le bon goût de ne pas venir envahir la une de nos quotidiens ni des journaux télévisés, sauf en cas de pertes importantes, comme en 2008. C’est une guerre que l’on pourrait presque oublier. D’ailleurs, à ne voir que les images que l’on veut bien nous montrer, l’Afghanistan n’est présent dans notre quotidien que très épisodiquement, et sous la forme d’un hôpital que l’on inaugure un jour en présence de personnalités du monde des arts et du spectacle, d’une ferme modèle ou d’une école un autre jour.

Qui croirait que dans cette guerre se jouent des équilibres internationaux ? Le retour de la France au sein du commandement intégré de l’OTAN a pourtant été justifié par ce conflit. (…) cette guerre, nous pourrions bien la perdre, et avec elle l’ensemble de notre crédibilité de « démocratie occidentale ». Lire la suite