Résurrection

Les progrès scientifiques de ces dernières décennies laissent entrevoir des possibilités telles que les vieux rêves des auteurs de science-fiction pourraient bientôt devenir réalité. Nous suivons trois chercheurs qui tentent de faire revivre dinosaures, mammouths et autres Néandertaliens. Mais n’y a-t-il pas des risques à défier ainsi l’évolution?

Le dernier siècle de l’ours polaire

L’ours polaire, espèce menacée. L’affirmation semble une évidence. Le réchauffement climatique provoque la fonte des glaces, qui prive l’espèce d’une bonne partie de son habitat. Dans la revue PLoS One du 27 novembre, une équipe de l’université d’Alberta va nettement plus loin. Dates et chiffres à l’appui, elle annonce que si rien n’est fait d’ici à la fin du siècle, l’ensemble de la population de cet animal culte pourrait franchir un « point de non-retour » qui conduira à son extinction.


Sur la banquise, le colosse à fourrure blanche n’épargne personne. Du poisson au caribou, du morse au narval, rien de ce qui vit sur la glace ou dans l’eau n’est à l’abri de son instinct prédateur. Mais son énergie, l’ours la tire en réalité d’une source essentielle, presque unique : le phoque. Et plus particulièrement de la graisse du mammifère marin, beaucoup plus riche en calories que la viande. « Sans elle, il lui est impossible de vivre dans les conditions extrêmes du Grand Nord », explique le biologiste Stephen Hamilton, premier signataire de l’étude.

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Sommes-nous faits pour courir ?

L’évolution de notre rapport à la course, de la préhistoire jusqu’à la folie des baskets. Un documentaire captivant mené à grandes foulées par Niobe Thompson, lui-même coureur pour l’occasion.

Si nos ancêtres sont devenus bipèdes, c’est d’abord pour courir après leurs proies. Aujourd’hui, dans nos sociétés modernes, l’homme ne court plus pour survivre, mais il reste quelques rares endroits sur la planète où l’endurance physique conditionne sa vie.

Niobe Thompson, réalisateur et ethnologue, nous emmène en Afrique où évoluent pieds nus la plupart des meilleurs coureurs du monde, en Russie arctique, auprès des nomades éleveurs de rennes, et au Canada où se déroule l’un des plus grands marathons du monde, avec un objectif : étudier, à partir des récentes découvertes scientifiques, l’origine de la course

Les cyborgs sont-ils l’avenir de l’être humain ?

Smartphone, GPS, … nous sommes entourés de technologies ” intelligentes ” censées nous faciliter la vie. Pourquoi ne pas fusionner avec elles et nous transformer en cyborgs ? X:enius se penche sur ce scénario dont bien des aspects sont déjà des réalités.

À l’Université libre de Berlin, les deux présentateurs de X:enius se mettent dans la peau d’humains bioniques le temps d’une journée. À force de stimuler leurs capacités mentales, ils finissent par réussir à piloter un fauteuil roulant rien que par la pensée : preuve que ces êtres mi-humains mi-machines sont depuis longtemps passés de la science-fiction à la réalité.

Ils font même partie du quotidien. Exemple avec le britannique Neil Harbisson, premier cyborg officiellement reconnu par un État. Ceci est certes un cas extrême, mais il y a longtemps que la technique a été greffée sur le corps humain. Des prothèses high-tech remplacent certains membres, tandis que des implants électroniques permettent de soigner la surdité et d’offrir aux aveugles une vision, même sommaire.

Pour autant, certains, appelés ” transhumanistes “, pensent que la technique ne doit pas seulement pallier les handicaps, mais aussi améliorer les capacités physiques pour achever l’œuvre de l’évolution humaine, qu’ils considèrent comme incomplète. La frontière entre l’humain et la machine, autrefois nette, devient de plus en plus floue. Quelle part de vérité contient ce scénario ? Quels sont les enjeux de cette évolution pour notre société ?

Un siècle de progrès sans merci (Docu en 6 épisodes)

Ce film en 6 épisodes examine les moteurs de l’histoire et le rôle joué par le progrès des connaissances dans l’évolution des luttes. Il traite du rôle des physiciens, de leurs intentions dans une entreprise commune : développer des connaissances qui transformaient les modalités des luttes pour la domination.

Chacune des six parties du film est autonome, bien que complémentaire, et propose un axe différent d’analyse pour cette traversée chronologique du siècle.

Partie 1 : 1900-2000, l’accélération d’une destinée

Cette première partie introduit l’idée que les idéologies sont essentiellement destinées à “habiller” le progrès, à créer une politique qui lui permette de s’exprimer sans entraves.

Partie 2 : Les révolutionnaires au pouvoir

Cette seconde traversée du siècle examine avec quelques détails la façon dont les connaissances accumulées par une branche extrêmement féconde de la science du XXe siècle (la physique atomique, nucléaire et des hautes énergies) se sont progressivement mêlées aux luttes de pouvoir.

Partie 3 : Le diktat de la rationalité

Le XXe siècle débute avec l’introduction d’une nouvelle constante universelle “h” dans les lois de la physique. Passée relativement inaperçue, cette donnée fondamentale générera pourtant de nouveaux savoirs incontournables.
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Journal de France – Raymond Depardon 2012

Durant quatre ans, Raymond Depardon a arpenté la France en camping-car — sa « capsule orbitale » —, accompagné de sa chambre photographique sur pied. Le reporter de guerre, photographe des JO, se rend compte qu’il « connaît mieux Djibouti que la Meuse ».

Il parcourt 70.000 km en France, et depuis 2010 rassemble ses photographies en volume, filme un Journal de France, avec Claudine Nougaret.

Journal de France, c’est le carnet de voyage de cette longue expédition que Raymond Depardon a lancée à travers la France, photographiant ce qui reste du pays dans lequel il est né, mesurant le cours du temps avec la précision d’un géomètre et les regrets d’un poète.

Film documentaire français de Raymond Depardon et Claudine Nougaret (2012 – 1h40).

En août, la France n’est plus un désert économique

Avec l’évolution de la société, la mondialisation et les 35 heures, de plus en plus d’entreprises ne baissent pas le rideau l’été. Les Français préfèrent fractionner leurs congés.

Un départ en vacances normal, de nos jours.

Connaissez-vous Paris au mois d’août, un film réalisé en 1965 par Pierre Granier-Deferre tiré du roman éponyme de René Fallet ? On y découvre la passion dévorante, en plein mois d’août, d’un jeune quadra (Charles Aznavour), resté seul à Paris alors que sa femme et ses enfants sont partis en vacances, pour un jeune mannequin britannique.

À l’issue de ce mois torride mais condamné par le simple retour de sa famille au bercail, le cœur du chanteur «ressemble à s’y méprendre à Paris au mois d’août». Il est tout simplement «vide de tout». Vide comme le reste de la France : à l’arrêt, fermé pour congés, en sommeil prolongé. Dans l’imaginaire collectif, rien ne fonctionne en août : l’activité économique tourne au ralenti, les services publics sont désertés, les médecins abandonnent leur cabinet et il est impossible de trouver un plombier ou un serrurier en urgence ! La France s’arrête, comme figée pour un mois dans la glace ou le marbre. Mais la réalité est, comme souvent, un peu plus complexe.
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Immobilier : les prix pourraient baisser de 30 à 35% d’ici à 2015, selon Jacques Friggit

En principe, le prix des logements anciens augmente à peu près comme le revenu des ménages, selon l’économiste Jacques Friggit. Suite à leur envolée, les prix des logements anciens pourraient chuter de 30 à 35% d’ici à 2015 et retrouver ainsi leur corrélation de long terme.

Combien de temps durera l’euphorie qui règne actuellement sur le marché des logements, en particulier dans les secteurs tendus comme l’Ile-de-France ? Selon un récent sondage de la FNAIM, les ménages anticipent la poursuite de la hausse de l’immobilier ancien.

A moyen terme, cet avis n’est pas partagé par l’économiste Jacques Friggit, chargé de mission au Conseil général de l’environnement et du développement durable. Il scrute l’évolution depuis 1965 du revenu disponible par ménage sur l’ensemble de la France et l’indice du prix des logements anciens en France. « De 1965 à 2000, l’indice du prix des logements anciens a augmenté approximativement comme le revenu par ménage et a évolué dans un « tunnel » autour de ce dernier », observe-t-il.

Mais, depuis le début des années 2000, on assiste à une envolée du prix des logements anciens rapporté au revenu des ménages. Certes la courbe des prix a reculé d’environ 10% en 2009, mais elle a depuis, repris sa hausse. Résultat : l’indice des prix des logements anciens en France dépasse de 70% le fameux tunnel de Friggit.

Le retour vers le tunnel

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La fuite en avant de la modernité

L’époque n’est pas si lointaine où certains espéraient que l’évolution technique permette d’alléger le travail et de libérer du temps libre. Puissante en Occident durant les années de croissance de l’après-guerre, cette promesse n’a pas été réalisée. C’est même l’inverse qui s’est produit.

"Pluie, vapeur, vitesse", par William Turner (1844)

Nous avons le sentiment de manquer de temps, tout en étant équipés de toujours plus d’appareils qui effectuent des tâches à notre place. Dans une grande ville, la possession d’une voiture entraîne automatiquement une augmentation du temps de transport. De façon surprenante, les nouvelles technologies exigent en réalité du temps supplémentaire. De cette manière, elles accroissent aussi le rythme de la vie.

Au coeur de cette logique paradoxale, il y a le processus d’accélération. C’est la thèse du sociologue et philosophe allemand Hartmut Rosa. Il en a défini les dimensions, les causes et les conséquences dans Accélération, un grand livre de théorie sociale qui contient une foule de données intrigantes sur les évolutions de notre rapport au temps.

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La Turquie s’éloigne de l’Occident, comme le reste du monde

La Turquie et toutes les nations émergentes, rendues confiantes par leurs succès économiques, s’émancipent d’une tutelle occidentale moralisatrice de plus en plus mal supportée, écrit l’éditorialiste Semih Idiz, dans le quotidien turc Hürriyet.

Le best-seller de Fareed Zakaria titré « Le monde post-américain et l’essor du reste du monde » est une lecture fascinante, un livre prémonitoire. La question de l’Iran s’inscrit parfaitement dans cette perspective. Le problème va bien au delà des actuelles ambitions nucléaires de Téhéran. Cette affaire est en train de se transformer en une impasse qui dessine une nouvelle division du monde.

Cette division peut être caractérisée ainsi : « L’Occident et le Reste du monde », pour reprendre l’expression de Zakaria. Le développement de pays comme l’Inde, la Chine, le Brésil et la Russie – en d’autres termes « le Reste » – dessine un nouveau paysage mondial qui ne répond pas aux vœux de l’Occident.

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Partage de la valeur ajoutée : le hold-up tranquille

«La guerre des classes existe, c’est un fait. Mais c’est la mienne, celle des riches, qui mène cette guerre et nous sommes en train de la remporter.»

(Warren Buffett, deuxième fortune mondiale, New York Times, 29 novembre 2006)

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C’est le point aveugle du débat économique. Une donnée clé, et d’autant mieux cachée par les grands médias : de toutes les richesses produites en France, les salariés récoltent, aujourd’hui, d’après l’Insee, 9,3% de moins qu’en 1983 – autant qui va en plus aux actionnaires. Soit plus de 100 milliards d’euros par an…

«La part des profits est inhabituellement élevée à présent (et la part des salaires inhabituellement basse). En fait, l’amplitude de cette évolution et l’éventail des pays concernés n’a pas de précédent dans les 45 dernières années.»

D’où sont tirées ces lignes ?

On croirait une communication de la CGT ?

Ou un discours d’Olivier Besancenot ?

Au contraire : ce passage est extrait d’un article de la Bank for International Settlements. La Banque des Règlements Internationaux. Une institution qui réunit chaque mois, à Bâle, en Suisse, les banquiers centraux pour « coordonner les politiques monétaires » et « édicter des règles prudentielles ».

Dans leurs Working Papers n° 231, daté de juillet 2007 et titré Global upward trend in the profit share («Hausse tendancielle mondiale de la part des profits»), eux insistent pourtant sur les «hauts niveaux de la part du profit inhabituellement répandus aujourd’hui», sur cette «marge d’une importance sans précédent», sur cette «preuve à la fois graphique et économétrique d’un fait particulier concernant le partage des revenus dans les pays industrialisés : une poussée à la hausse de la part des profits au milieu des années 80, ou son pendant : une poussée à la baisse de la part des salaires» et ainsi de suite sur vingt-trois pages.

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La fin du mirage britannique ?

Alors que la plupart des projecteurs médiatiques sont braqués sur la Grèce, aux dernières nouvelles les taux d’intérêts sur la dette de ce pays viennent d’ailleurs d’atteindre le chiffre délirant de 13%, la Grande-Bretagne vit une situation en tout point similaire, voir même plus grave.

Mais étrangement, point de panique sur la City dans nos médias, il est vrai qu’ils ne s’inquiètent guère non plus de la situation US, forcément meilleure puisque super Obama résout tout les problèmes.

Les britanniques traversent également une crise politique qui rend le pays complètement ingouvernable, le déclin des travaillistes est certain, mais le pays possède trois grandes formations politiques capables de peser et le futur vote du 6 mai prochain risque de ne pas donner de majorité claire. Ce qui devrait favoriser les petits partis extrémistes comme le BNP (British National Party) qui pourront jouer des alliances pour permettre aux grands partis de former une majorité, c’est d’ailleurs l’un des gros problèmes du vote à la proportionnelle [en fait, le scrutin est majoritaire, à un tour - NDLR] que cette situation souligne.

L’autre petit parti qui pourrait peser étant l’UKIP, dont j’aimerais qu’il y ait l’équivalent en France, car il réclame l’indépendance de la GB et la sortie pure et simple de l’union Européenne, tout un programme auquel je ne peux qu’adhérer. Bien sûr, ce parti est qualifié d’extrémiste par le système médiatique, puisque l’UE est forcement notre avenir…

Mais quel que soit le prochain parti au pouvoir, il va devoir affronter une situation économique particulièrement préoccupante. Les poumons de l’économie britannique ont tout simplement cessé de fonctionner, la dévaluation a certes arrangé les choses sur le déficit commercial, preuve que oui, cela aide, mais le déclin du pétrole en mer du Nord et l’hypertrophie du secteur tertiaire et financier, tout comme le déclin industriel, ne préparent pas à l’optimisme.

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Comment l’Allemagne cache son chômage

En France, on célèbre la baisse du chômage allemande. Le journaliste allemand Florian Rötzer décrypte le faux miracle allemand, qui camoufle une restructuration du marché du travail : baisse des contrats de travail à temps plein, augmentation des contrats à temps partiel ou très partiel. Moins de chômeurs officiels, plus de travailleurs pauvres et précaires.

Agence pour l'Emploi

Si on regarde les chiffres de l’agence (fédérale) pour l’emploi (AFE) de plus près, l’image qui se présente à nous est moins réjouissante.

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Le trou noir de la finance n’engloutira pas les Etats

Le point de vue de Jean-Claude Werrebrouck, économiste, ancien professeur et directeur de L’Institut de Management de la Distribution de l’Université de Lille 2, se situe, pour le moins, à contre-courant du discours dominant qui vante les mérites d’un règlement supranational de la crise.

Si la gestion de ce que nous appelions «la grande crise des années 2010» apparaissait comme le grand retour des Etats, il semble que le présent discours de la fin de la crise consacrerait plutôt le grand retour du marché.

Pour autant, nous verrons dans les développements ci-dessous, que l’apparent retour du marché, est moins à l’ordre du jour, que celui – plus souterrain – des nations souveraines.

Les apparences

Les conclusions du G-20 de Pittsburgh ne sont pas – dit-on – à la hauteur de ce qui avait été ambitionné au G-20 de Londres. A l’ardeur interventionniste semble succéder le retour des délices du marché et, dans un milieu apaisé, on sait que les boucs émissaires s’évaporent : les traders ne seront pas sacrifiés. Les nouveaux sommets atteints à Wall Street en matière de rémunérations sont là pour en témoigner.

La régulation financière ne proviendra pas de la « hard law » [la loi] mais d’instances plus accommodantes, car consanguines, et juridiquement indépendantes des Etats. Il semble même que les banques centrales, indépendantes, seront en charge d’une part de la supervision financière. Mieux : pourquoi ne pas envisager le transfert de l’aléa moral vers les banques centrales et ainsi, soulager les Etats en cas de difficulté, idée suggérée par le gouverneur de la Banque de France ?

Les banques elles-mêmes se libèrent de l’emprise publique – tout en conservant sa garantie – en remboursant les Etats à peu de frais.

Ainsi, l’actionnaire public français a reçu 226 millions d’euros pour services rendus à BNP PARIBAS, soit un manque à gagner de 5,574 milliards d’euros, par rapport à l’actionnaire de droit commun qu’il aurait pu être, en entrant directement dans le capital en octobre 2008.

Ainsi, la finance se propose de continuer à absorber une masse croissante de richesses, avec des chiffres qui continueront d’impressionner : 22% du PIB américain , 12% du PIB Britannique, etc. Lire la suite