Consommation : Les Français paient 6% de plus que les Allemands

Thomas Laurenceau, rédacteur en chef de 60 millions de consommateurs, estime que nous payons de nombreux produits et services trop chers. C’est le cas des autoroutes pour lesquelles “il n’y a plus de justificatif d’investissement“. Selon Eurostat, les Français paient 6% de plus que les Allemands pour les produits de consommation.

(Merci à Horatius)

Europe : « La fin du travail »

L’agence européenne de statistiques Eurostat a publié lundi les chiffres du chômage pour janvier. Même s’ils n’ont jamais été aussi bons depuis le début de la crise financière en 2007, ils indiquent tout de même que près de 24 millions de personnes sont sans travail au sein des 28 États-membres de l’UE. Dans la zone euro, on recense 18 millions de chômeurs.

Les plus faibles taux de chômage dans la zone euro sont enregistrés en Allemagne (4,7%) et en Autriche (4,8%); les plus élevés sont en Grèce (25,8%) et en Espagne (23,4%).

Par rapport à l’année dernière, les chiffres du chômage ont diminué dans 24 États membres. L’Espagne, l’Estonie et l’Irlande ont enregistré les plus fortes baisses. En Belgique, c’est le statu quo, tandis que Chypre, la Finlande et la France ont enregistré une hausse du chômage.

Dans la zone euro, en moyenne, on compte actuellement 11,2% de chômeurs parmi la population active. La moyenne au sein des 28 membres de l’UE s’établit à 9,8%.
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Espagne : Drogue et prostitution augmentent le PIB de plusieurs milliards

Eurostat impose que toutes les transactions commerciales librement consenties soient prises en compte dans le PIB des Etats membres de l’Union européenne. L’Espagne a donné en exemple ses chiffres 2010.

Le trafic de drogue et la prostitution ont augmenté de 9,4 milliards d’euros le produit intérieur brut (PIB) de l’Espagne en 2010, selon les statistiques révisées en fonction de nouvelles normes européennes.

Pour 2013, le PIB a été révisé en hausse de 2,56%, à 1081 milliards d’euros mais l’Institut national de la statistique (INE) ne précise pas la part représentée par les activités criminelles. Or, elle est difficile à évaluer puisque le nouveau calcul tient également compte des dépenses dans les secteurs de recherche et développement ainsi que militaire, en application de nouvelles normes internationales.

Pour 2010, l’Ine a accepté de fournir des chiffres “à titre exceptionnel.” Les activités criminelles représentent 0,87% du PIB. Parmi elles, la prostitution a compté pour 0,35% de l’activité du pays soit 3,783 milliards d’euros et le trafic de drogue pour 5,405 milliards d’euros (0,5% du PIB). Les 0,2% restants sont dus à la contrebande de tabac et aux paris clandestins. L’Ine affirme s’être fondé, pour ses calculs, sur “des études académiques et scientifiques” ainsi que des rapports officiels.
Transactions librement consenties


L’institut européen de la statistique, Eurostat, a donné jusqu’au 1er septembre aux Etats-membres pour intégrer les activités illégales créatrices de richesses (trafic de drogue, prostitution) dans les statistiques nationales, estimant qu’il s’agit de transactions commerciales consenties librement.


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Italie : Drogue, prostitution et contrebande vont doper la croissance

Les revenus estimés provenant du trafic de drogue et de la prostitution seront intégrés l’an prochain, en vertu de nouvelles règles européennes, dans le calcul du PIB en Italie, ce qui pourrait singulièrement doper celui-ci, selon l’institut statistique italien Istat.

Seront intégrés également dans ce calcul, selon ces mêmes règles européennes, la contrebande de tabac et d’alcool, a indiqué jeudi 22 mai l’Istat, qui relève toutefois que la procédure sera “très difficile pour la raison évidente que ces activités illégales ne sont pas déclarées”.

Le concept d’activité illégale est également sujet à différentes interprétations“, relève l’Istat dans un communiqué. En 2012, la Banque d’Italie a évalué la valeur de l’économie criminelle à 10,9% du PIB. Théoriquement, cela signifie que le PIB italien pourrait être largement supérieur au taux de croissance de 1,3% prévu par le gouvernement.

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Europe : Le coût horaire de la main-d’oeuvre varie de 1 à 10

Dans une l’Europe qui peine à lutter contre le dumping social, Eurostat vient de jeter un pavé dans la mare. En effet, l’office statistique de l’Union européenne (UE) a publié jeudi un document qui montre que le coût horaire de la main-d’œuvre a varié de un à dix l’an passé en Europe , allant de 3,7 euros en Bulgarie à 40,1 en Suède.

660246 0203406557997 web tete Le coût horaire de la main doeuvre varie de 1 à 10 en EuropeEn moyenne, cet indicateur s’est établi à 23,7 euros pour l’UE et à 28,4 pour la zone euro (*), en progression dans les deux cas de quelque 10% par rapport à 2008, l’année de référence. Mais neuf pays, tous issus de l’ex-bloc de l’est, étaient en dessous de la barre des 10 euros (voir le tableau ci-dessus).

Les mains-d’œuvre bulgare et roumaine ont été les plus mal loties respectivement à 3,7 et 4,6 euros, en dépit d’augmentation de 44% et 32,8% depuis 2008.

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Grèce : Retour à la terre pour échapper à la crise

Après six ans de récession dont quatre placés sous le signe d’une austérité toujours plus dure, la Grèce est exsangue. Ultime solution pour les personnes déclassées, le retour à la terre, avec son lot de désillusions… Reportage chez ces nouveaux ruraux pas toujours bien préparés à cette reconversion.

Cela fait maintenant six ans que la Grèce est en récession et quatre qu’elle subit la cure d’austérité sans précédent imposé par la Troïka. Le chômage, qui a explosé pendant la crise, est, de loin, le plus élevé de la zone euro. Selon Eurostat, il s’élève aujourd’hui 27,5% et dépasse les 58% chez les jeunes.

L’une des rares portes de sortie pour échapper au conséquence de la crise, c’est le retour à la terre. Pas si étonnant quand on se souvient que l’agriculture est resté le premier secteur de l’économie grecque jusque dans les années 1970 avant de perdre progressivement du terrain face à l’industrie et aux services.

Si on a du mal à le chiffrer avec certitude, le ministère de l’Agriculture ne faisant aucun recensement – et aucune déclaration n’étant nécessaire a moins de vouloir toucher d’hypothétiques subventions – le phénomène est réel.

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Grèce : Diplômes accélérés pour étudiants acceptant l’austérité

La troïka composée de la Commission Européenne, de la Banque Centrale Européenne et du Fonds Monétaire International envisage de donner la possibilité d’obtenir leur diplôme en seulement un an pour les étudiants grecs motivés qui accepteront de s’engager pour les réformes de marché et l’amélioration de la compétitivité de la Grèce, rapporte le journal grec Eleutherotypia.

Des membres du gouvernement grec ont indiqué que la troïka a établi un lien entre le rythme hésitant avec lequel les réformes sont adoptées, et le manque d’étudiants « politiquement fiables » qui acceptent la nécessité de l’austérité en Grèce et l’adoption des réformes y relatives.

La troïka explique que  la nouvelle ère exige un nouveau type d’étudiants « politiquement fiables », qui pourraient suivre un cursus universitaire raccourci pour éviter qu’ils ne se radicalisent.

Les étudiants intéressés par cette formule devront signer une lettre d’engagement personnel, qui leur ouvrira la voie à ce cursus accéléré. « Créer un cadre pour que des diplômés soient équipés avec un outillage politique et économique adéquat serait très utile pour les investisseurs intéressés par le programme de privatisations du pays », a déclaré un membre du gouvernement.

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L’industrie française au régime grec

Les chiffres sont cruels, l’activité des entreprises n’est guère brillante dans le monde, mais c’est en Europe et en France que l’on touche le fond. Eurostat a confirmé ses estimations: au premier trimestre, le PIB de la zone a encore reculé, de 0,2%, et celui de la France a suivi exactement le même chemin. Et les chiffres du deuxième trimestre s’annoncent encore médiocre, si l’on en croit les réponses faites par les entreprises aux enquêtes de conjoncture.

Les économistes de la société d’investissement Aurel BGC ont eu l’idée de de rassembler les différentes enquêtes PMI (pour Purchasing Managers Index, indices des directeurs des achats) réalisées dans l’industrie de 28 pays au mois de mai. Cette rapide étude comporte deux enseignements majeurs: une confirmation et une information particulièrement désagréable pour nous.

La confirmation, c’est que l’économie mondiale est en petite forme. Dans ces enquêtes menées par différents organismes (ISM pour les États-Unis, Markit pour l’Europe, etc.), les différentes informations recueillies sur la production, l’emploi, les carnets de commandes et les prix sont synthétisées par un indicateur unique selon la même méthodologie: à 50, l’indicateur signale une stabilité de l’activité, au-dessus de 50 une activité en expansion et en dessous de 50 une activité en repli.

Pour ces 28 pays, on constate au mois de mai un indice global de 50,6, ce qui indique une expansion très modérée. Les grands pays émergents ne tirent pas beaucoup la croissance mondiale: 51 pour l’Inde, 50,8 pour la Chine, 50,4 pour le Brésil et la Russie. Ce mois de mai a apporté de surcroît une petite déception, avec le recul de l’indice ISM manufacturier aux États-Unis à seulement 49.

Et l’Europe?
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INSEE : Des inégalités sous-estimées ?

La crise creuse plus les inégalités en France que ne le laissaient supposer les récentes statistiques de l’INSEE. D’après une publication de l’Insee passée inaperçue, la France se retrouve désormais parmi les pays les plus inégalitaires de l’UE à 15, en neuvième position.

L’Insee vient de mettre en ligne son édition 2013 des Revenus et patrimoines des ménages. On y apprend certes des choses, mais qui étaient déjà assez largement connues par ceux qui fréquentent le site de l’Institut et ont la curiosité d’aller voir les données détaillées sur les revenus et les niveaux de vie, qui se trouvent depuis quatre mois environ sur le site : la crise a rendu les pauvres plus pauvres et les riches plus riches. Et, du coup, la société française est plus inégalitaire qu’elle ne l’était en 2005.

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Plus de 18 millions d’Européens étaient au chômage cet été

Selon Eurostat, le taux de chômage de la zone euro a atteint le niveau record de 11,4% de la population active en août. Quelque 18,2 millions de personnes étaient alors sans emploi.

Le taux de chômage a atteint le niveau record de 11,4% dans la zone euro en août, selon les chiffres publiés ce lundi par Eurostat. Si ce chiffre n’est pas une totale surprise et correspond largement à celui qu’anticipaient les économistes, par contre les statistiques publiées recèlent une mauvaise surprise. les statisticiens européens ont en effet revu à la hausse les résultats du mois de juillet. Annoncé initialement à 11,3 % le taux de chômage de juillet est finalement de 11,4%

La situation est encore plus dramatique pour les jeunes. « En août 2012, le taux de chômage des jeunes s’est élevé à 22,7% dans l’UE27 et à 22,8% dans la zone euro, contre respectivement 21,5% et 20,7% en août 2011 » explique en effet Eurostat.Il s’agit en tout état de cause d’un niveau record.

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Goldman Sachs : La banque qui dirige le monde (M-à-j vidéo)

La banque américaine Goldman Sachs est au coeur de toutes les crises financières depuis 2008: crise des subprimes, crise grecque, crise de l’euro. Son pouvoir est immense et elle l’exerce dans le plus grand secret.

Immersion au coeur de LA banque liée à de nombreux scandales pour comprendre ce passé douteux. Des témoignages de premier plan aident aussi à expliquer comment elle est, malgré les crises, encore plus puissante qu’avant. (RTS.ch – 8 juillet 2012 – Réalisation Jérôme Fritel)

Partie 1/2 (45 min)

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Jeunes et fébriles : les nouveaux maîtres de l’Europe

D’un clic, les jeunes traders de la City peuvent faire tomber des gouvernements ou menacer la survie de l’euro. Mais, de leur propre aveu, ils ont du mal à interpréter les signaux confus en provenance des dirigeants européens et jouent la prudence, dans un cercle vicieux qui alimente la crise de la dette.

James Konrad, un jeune homme de 27 ans appliqué et bien élevé, a un temps gagné sa vie dans une société de paris sportifs, à mesurer l’influence d’une piste boueuse sur le galop des chevaux de course. Mais aujourd’hui, c’est sur les sables mouvants de la politique européenne qu’il parie.

Chaque jour, James Konrad peut négocier jusqu’à trois milliards de livres [3,8 milliards d'euros] d’obligations de la zone euro pour le compte de la Royal Bank of Scotland. En sport comme en finance, les paris sont incertains, mais la différence tient aux sommes largement supérieures qu’il manipule aujourd’hui – et qui semblent le stupéfier lui-même. “Comment faire comprendre à quelqu’un qu’on a réalisé des transactions à hauteur d’un milliard ? s’interroge James Konrad. Un milliard… On se perd facilement dans les zéros.”

Le marché des obligations s’est imposé comme un acteur formidable de la crise économique européenne, incarnant ce remarquable transfert de pouvoir qui s’est opéré au détriment des politiques et au profit des investisseurs et d’une cohorte relativement obscure de banquiers. Par le verdict qu’ils rendent collectivement tous les jours, ils ont le pouvoir de renverser des gouvernements et ont droit de vie et de mort sur l’euro.

Parole d’évangile

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Grèce : Discrétion de rigueur pour les eurocrates

Leur mission : remettre les Grecs sur le chemin de la vertu budgétaire. Leur méthode : bousculer les habitudes et demander des sacrifices. Résultat : les fonctionnaires européens en poste à Athènes sont les boucs émissaires de tous ceux qui en veulent à l’UE.

Matthias Mors, le représentant de la Commission au sein de la troïka. Cet Allemand est vu en Grèce un peu comme l’envahisseur, un Bismarck belliqueux au pays de la sagesse socratique.

D’un côté, une fenêtre ouvre sur les ruines de l’Acropole et les échafaudages de l’équipe archéologique chargée de veiller sur ce creuset de la civilisation européenne.

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Zone euro: record historique du taux de chômage à 10,7% en janvier

Le chômage a atteint un nouveau niveau record en janvier dans la zone euro, au moment même où les dirigeants européens se réunissent à Bruxelles pour se pencher sur la croissance et l’emploi, deux thèmes qui ont longtemps été négligés au profit de l’austérité.

Le taux de chômage de la zone euro s’est établi à 10,7% de la population active en janvier. Quelque 16,92 millions de personnes étaient au chômage dans la zone euro, soit 185.000 de plus que le mois précédent, selon les données publiées jeudi par l’office européen des statistiques Eurostat.

Ce niveau jamais atteint depuis la création de la zone euro dépasse nettement les prévisions des analystes interrogés par l’agence Dow Jones Newswires qui tablaient sur un taux de chômage de 10,4% en janvier.

Le taux de chômage a déjà atteint ce niveau en octobre 1997 pour les pays faisant partie de la zone euro, mais l’Union monétaire n’était pas encore née officiellement. Il a même atteint 10,8% en juin 1997, a fait savoir Eurostat.

Autre mauvaise nouvelle: les données des quatre mois précédents ont été révisées à la hausse: en décembre par exemple, le taux de chômage s’est élevé à 10,6% et non à 10,4% comme annoncé au départ.

Le ralentissement économique et les mesures d’austérité budgétaire ont frappé le marché de l’emploi plus que prévu“, a commenté Klaus Baader, analyste pour la Société Générale.

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Le droit du travail est-il un frein à la compétitivité ?

Les accords dits “compétitivité-emploi ”, négociés par les centrales syndicales et le patronat depuis le 17 février, et destinés à restaurer la compétitivité des entreprises, ont été dénoncés par plusieurs syndicats, comme prétexte pour remettre en cause le droit du travail.

“Il faut retrouver des leviers de compétitivité, certes. Mais c’est une vision réductrice de croire que ça ne passe que par un détricotage du droit du travail”, déclarait ainsi Jean-Paul Bouchet (CFDT-cadres) à la veille de l’ouverture des négociations sur ces accords d’entreprise qui permettraient de modifier, en fonction de la conjoncture – et sans avoir à demander le consentement du salarié -, la durée du travail, les salaires, la mobilité géographique et l’organisation du travail.

“Nous sommes dans une négociation qui a pour but de voir si on peut se passer de l’accord des individus”, disait de son côté le secrétaire national CFE-CGC, Bernard Valette, à la “journée débat” du Congrès HR’ des DRH (“2012 : Alerte sur le social ? ”), organisée à Paris le 15 février, critiquant la volonté d’inverser la priorité donnée par la loi actuelle au contrat individuel sur l’accord collectif en cas de modification du contrat.

Une position qui pose la question de la réforme de la législation au nom de la compétitivité.

Les “accords” négociés depuis le 17 février répondent à une forte demande des entreprises d’assouplir le marché du travail. C’est en effet le premier des dispositifs avancés par l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), dans ses propositions de réforme présentées le 16 février.

FLEXIBILITÉ

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Les erreurs de calcul de Nicolas Sarkozy

Le président de la république a cité dimanche soir à maintes reprises le “modèle allemand” auquel il se réfère pour justifier ses réformes. Quitte à voir la réalité allemande avec les yeux de Chimène. Décryptage sur l’emploi, le chômage, les charges sociales, l’immobilier.

“L’Allemagne a moins de 8% de chômage”

Nicolas Sarkozy veut prendre exemple sur l’Allemagne qui a “moins de 8% de chômage ». Une embellie de l’emploi outre-Rhin due, notamment, au nombre de jeunes en apprentissage. Le taux de chômage en Allemagne est effectivement inférieur à 8%, il est même très inférieur, à 5,5% en novembre dernier, selon les derniers chiffres d’Eurostat, l’office européen des statistiques. Dans le même temps, la France atteint près de 10% de chômage (9,8%), toujours selon Eurostat.

Mais comme l’expliquait Brigitte Lestrade à Marc Meillassoux, correspondant de Myeurop à Berlin, les réformes mise en place au début des années 2000 pour rendre le marché du travail plus flexible, auraient fait passer plusieurs millions d’allemands des listes de chômeurs à ceux de “quasi-chômeurs” ou travailleurs pauvres.

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La Banque

Goldman Sachs. Pour Marc Roche, c’est LA Banque par excellence, l’incarnation du pouvoir financier. Et on ne s’en étonnera pas quand on saura que son bouquin s’ouvre sur le récit de sa rencontre avec un monsieur David de Rothschild, grand baron de la City et « informateur » pour ce livre sur Goldman Sachs.

Ainsi, si nous avons, enfin, un livre sur Goldman Sachs, c’est parce que les Rothschild ont décidé que c’était le moment ! Soyons reconnaissant à Marc Roche de nous en avertir, avec tact mais aussi avec clarté, d’entrée de jeu.

Bref. Ouvrons l’objet, et disséquons-le. On n’y trouvera évidemment pas toute l’information. Mais on en trouvera une partie. Et peut-être une partie juste assez grande pour en déduire le reste.

*

Goldman Sachs a aidé la Grèce à truquer ses comptes pour intégrer la zone euro, en 2002.

C’est que, visiblement, les banquiers d’affaires londoniens nagent comme des poissons dans les eaux troubles des pays à l’économie « grise » florissante et aux normes comptables molles.

Et le « hasard » les aide, quand il le faut : cette même année 2002, Eurostat, l’institut européen chargé de contrôler les déclarations des pays candidats à l’euro, est au cœur d’un scandale financier interne, donc fragilisé, donc peu soucieux de se mettre à dos « les marchés ».

Ils nagent bien, ces banquiers, et s’en portent encore mieux. La méthode Goldman Sachs pour « aider » la Grèce repose sur une manipulation des taux de change utilisés pour transférer la dette émise en dollars vers une dette en euros, à l’occasion d’un Credit Default Swap.

En « échange » de cette manipulation, qui ne pose aucun problème à Goldman Sachs puisque le marché des Credit Default Swap est totalement non régulé, la Grèce accepte au passage de payer, à son nouveau créancier, des intérêts usuraires. En d’autres termes, Athènes a acheté une réduction du niveau de sa dette publique (pour se rapprocher du « critère de Maastricht », soit 60 % du PIB) contre une augmentation des intérêts de cette même dette.

Où l’on ne s’étonne plus que le pays soit, dix ans plus tard, en faillite complète… même si, en 2009, pour brouiller les pistes, un ancien trader de Goldman, devenu directeur de la principale banque commerciale grecque, aida son ancien employeur à « transférer » une partie de la dette publique grecque à cette enseigne privée athénienne.

Et dire que pendant ce temps-là, le fisc cherche des poux dans la tête aux PME qui ont oublié de passer mille euros de CA…

Bref. Revenons à Goldman. Comment expliquer qu’une banque américaine devienne quasiment le conseiller financier, presque le gestionnaire de fait, de nombreux petits Etats européens ?

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Wall Street a aidé la Grèce à dissimuler ses dettes et a attisé la crise européenne

Voilà la traduction du fameux article du New York Times, qui a lancé la polémique il y a un mois.

Par des tactiques analogues à celles qui ont favorisé les subprimes aux USA, Wall Street a aggravé la crise financière qui ébranle la Grèce et sapé la solidité de l’euro, en permettant aux gouvernements européens de dissimuler la croissance de leur endettement.

Tandis que les soucis causés par la Grèce ébranlaient les marchés financiers, des interviews et articles montraient que, durant une décennie, ce pays avait, avec l’aide de Wall Street, tenté de contourner l’endettement maximum imposé par l’UE (Critères de convergence européens relatifs à la dette publique). Un «deal» créé par Goldman Sachs a aidé à faire échapper des milliards de dettes à la surveillance du budget à Bruxelles.

Alors que la crise était prête à exploser, les banques cherchaient encore des moyens de soutenir les efforts de la Grèce pour ne pas rendre de comptes. Début novembre – trois mois avant qu’Athènes ne devienne l’épi­centre d’un ébranlement planétaire du monde de la finance – une équipe de Goldman Sachs s’est rendue dans la cité antique pour faire à un gouvernement qui se débattait pour payer ses dettes une proposition fort moderne ; c’est ce que racontent deux personnes qui ont été instruites lors de cette rencontre.

Les banquiers – emmenés par Gary D. Cohn, Président de Goldman Sachs – ont fait miroiter un instrument financier qui aurait repoussé dans un lointain avenir l’endettement du système de santé grec – un peu comme des propriétaires en faillite prendraient une seconde hypothèque sur leur maison, pour amortir le découvert de leurs cartes de crédit.

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Chômage en France: une stabilité en trompe l’œil

L’INSEE a publié le jeudi 3 juin les chiffres du chômage pour le 1er trimestre 2010 : 9,5 % de la population active, en Métropole, était «sans emploi». Malgré tout, la situation s’aggrave si l’on considère que le nombre des contrats à durée indéterminée reflue toujours davantage au profit des contrats limités dans le temps et des missions en intérim.

Près d’un Français sur dix en âge de travailler était au chômage pendant le premier trimestre 2010. Tel est le «verdict» de l’INSEE, en fonction des critères du Bureau International du Travail. (Selon la méthodologie du Bureau, un chômeur est un citoyen de plus de 15 ans, n’ayant pas atteint l’âge de la retraite, et qui n’a pas travaillé du tout au cours de la semaine donnée bien qu’ayant entrepris des démarches actives de recherche d’emploi. Beaucoup de pays, pour maquiller la situation sur le front de l’emploi, considèrent qu’une personne qui a travaillé une heure cesse de s’apparenter à un chômeur…)

En fait, le taux exact du chômage est de 9,9 %. Si l’on se limite à la France métropolitaine, délaissant les DOM-TOM, l’on obtient un taux de chômage à 9,5 %. (Au dernier trimestre 2009, cette proportion était de 9,6 %). Actuellement, 2,7 millions de personnes sont sur le carreau.

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Désintox : le « mythe grec » de la retraite à 53 ans

L’information telle qu’elle esf relayée par les médias. Depuis quelques jours, de nombreux commentaires hostiles à la Grèce fleurissent sur les blogs et dans les commentaires d’articles de presse en ligne. La cause ? Plusieurs articles de journaux et émissions de radio ont appris aux Français que les Grecs partaient à la retraite… à 53 ans !

La Procession du cheval dans Troie par Giovanni Battista Tiepolo. (L'offrande fut introduite dans la cité grâce aux subterfuges de l'habile menteur Sínôn, cousin d'Ulysse).

La source de cette information : une dépêche, reprise en choeur par la quasi-totalité des journaux, indiquant que dans une interview accordée au Financial Times le ministre grec des affaires sociales avait déclaré que l’âge moyen de la retraite en Grèce allait passer de 53 ans à 67 ans.

Cette affirmation a suscité une vague de colère : “pas étonnant qu’ils soient dans une situation de faillite, ces fainéants, puisqu’ils partent en retraite sept ans avant nous !

Voici quelques extraits prouvant qu’une majorité de journalistes s’est contentée de recopier cette dépêche, parfois à la virgule près, induisant ainsi en erreur une bonne partie de leurs lecteurs :
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Le krach obligataire passe aussi par la France

Un scandale financier ! Un de plus. Non, je ne vous parle pas de Goldman Sachs et de ses démêlés avec la SEC et deux banques mais d’un scandale qui a éclaté à côté de chez nous, à Saint-Etienne et qui fait mal. Très mal même. La crise financière mondiale vient de poser ses valises dans la municipalité du centre de la France, si bien que Saint-Étienne est, de fait, au bord du défaut de paiement.

Il y a quelques années, les dirigeants de Saint-Étienne ont décidé de réduire le poids de l’endettement de la municipalité en utilisant les produits dérivés. Tout cela en jouant avec l’argent des contribuables. Et dès octobre 2008, Alexandra Voinchet vous mettait en garde contre les pratiques dangereuses de nos édiles locaux.

Saint-Etienne a joué avec le feu… et s’est sérieusement brûlé

Au départ, il faut bien avouer que cela semblait une excellente idée. Pour financier plusieurs projets municipaux, la ville de Saint-Étienne a emprunté 22 millions d’euros à un taux de 4,9%. Un classique de l’endettement : taux fixe et durée connue.

Mais entre 2005 et 2008, la municipalité a décidé d’alléger le poids de sa dette et donc de réduire les coûts de son emprunt. Pour cela, elle a contracté différents swap – complexes et non-régulés évidemment.

Dans un premier temps, le choix de Saint-Étienne s’est avéré payant : en 2009, l’économie ainsi réalisée atteignait les 126 000 euros et le taux d’intérêt était tombé à 4,3%. Tout allait très bien donc… sauf qu’avec la crise, la machine des produits dérivés s’est emballée. Et Saint-Étienne a découvert le revers de la médaille…

Pas de chance pour la ville, les paris pris se sont avérés exécrables. Saint-Étienne avait par exemple parié sur la livre sterling contre le franc suisse. Malheureusement, depuis que l’accord de swap a été passé il y a deux ans, la livre sterling a perdu 21% face au franc suisse.

Le 1er avril dernier, un des accords de swap est arrivé à terme. Saint-Etienne devait donc payer des intérêts à hauteur de 1,18 million d’euros à la Deutsche Bank. Ce qu’elle a refusé de faire.
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Dans une Europe en crise, la Pologne fait figure d’exception

Ils ont le sentiment de prendre leur revanche.

Eux qui n’ont rejoint l’Union européenne (UE) qu’en 2004, avec le profil bas du dernier de la classe, les voilà à présent sacrés “meilleur élève” de l’Europe ! De tous les pays de l’UE, la Pologne est le seul à pouvoir se targuer d’une croissance positive (+ 1,7%) en 2009.

Chaque trimestre, le premier ministre libéral, Donald Tusk, éprouve un malin plaisir à tenir une conférence de presse sur l’économie polonaise à la Bourse de Varsovie. Sous l’oeil des caméras, il se tient ostensiblement devant la carte de l’UE, toute de couleur rouge, à l’exception d’un îlot vert : la Pologne… Même au sein de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), aucun pays ne peut se vanter d’avoir fait mieux.

Sur les raisons de cette bonne santé, aussi extraordinaire qu’inespérée, les analystes divergent.

Pour les uns, le pays a bénéficié d’une conjonction d’heureux facteurs, presque d’un “coup de chance”. Pour les autres, cet exploit est à mettre au crédit du gouvernement, qui, dès 2008, a su gérer la crise financière internationale “avec sang-froid”, en refusant le plan de relance massif “qui lui était conseillé de tous côtés”, et en réussissant “à donner confiance à la population”, comme le raconte, le ministre de l’économie, Waldemar Pawlak.

Une chose est sûre : même divisée par deux par rapport à l’année précédente, la consommation continue de doper la croissance du pays. Avec ses 38 millions d’habitants, la Pologne bénéficie en effet d’un vaste marché intérieur. Moins ouverte que ses voisins, moins dépendante de ses exportations, forte d’une économie diversifiée, elle n’a pas vécu comme un drame le ralentissement du commerce mondial.

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La Grèce n’est pas la seule à “maquiller” sa dette

Maquillage de comptes ou habillage légal de bilan ? Sous le feu des critiques pour leur responsabilité dans la crise financière, les banques de Wall Street, Goldman Sachs en particulier, sont au coeur d’un nouveau scandale.

Cette fois, il ne s’agit plus de “subprimes”, ces crédits hypothécaires explosifs vendus à des ménages modestes, mais de produits financiers sophistiqués proposés à des Etats endettés pour enjoliver leurs comptes.

L'escamoteur, attribué à Jérôme Bosch (vers 1500)

Encore une fois, la Grèce est au coeur de cette affaire. Mais le pays est, semble-t-il, loin d’être le seul à avoir eu recours à des astuces financières conseillées par des banques de New York et de Londres.

Le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie et le Portugal ont, eux aussi, “optimisé” leurs comptes avec l’aide de Goldman Sachs, JP Morgan, Barclays ou encore “feu Lehman Brothers”.

Dans le cas grec, la très controversée Goldman Sachs aurait, selon la presse allemande et américaine, offert ses services à Athènes pour réduire, en 2001, ses déficits en utilisant des “swaps de devises”. Un outil qui permet de se protéger des effets de changes en transformant en euros la dette initialement émise en dollars et en yens.

“Légal !”, affirment les autorités grecques. Sauf que le taux de change utilisé ici aurait été exagérément favorable. Bilan de l’opération : 1 milliard d’euros de dette gommée pour le pays et 300 millions de commissions empochés par la banque.

“Ce serait une honte s’il s’avérait que les banques, qui nous ont déjà amenés au bord du précipice, ont également participé à la falsification des statistiques budgétaires de la Grèce”, a réagi la chancelière allemande, Angela Merkel, mercredi 17 février.

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L’emploi salarié a perdu 412.000 postes en 2009

L’emploi salarié a continué de baisser fin 2009 en France, même si le rythme des destructions d’emplois a un peu ralenti, a annoncé l’Insee.
Dans les secteurs principalement marchands, les effectifs ont baissé de 0,4% au quatrième trimestre, avec 56.500 postes perdus contre 76.100 (-0,5%) les trois mois précédents, selon ces chiffres provisoires qui sont corrigés des variations saisonnières.

Sur un an, l’emploi salarié a baissé de 2,5% à 16.019.000 personnes occupées, soit 412.000 postes perdus après déjà 144.500 en 2008.

Les données préliminaires de l’Insee n’englobent pas les entreprises de moins de 10 salariés, ce qui pourra entraîner des révisions importantes lorsque la statistique révisée sera publiée le 11 mars.

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Qui s’engraisse sur le dos de la Grèce ? Les banques !

La crise grecque aura un coût élevé pour les citoyens de ce pays. Mais c’est une bonne affaire pour certains pays et certaines institutions financières.

Les avocats le disent toujours : il ne faut jamais avouer, même si l’on est pris en flagrant délit. Quelle mauvaise inspiration a pu pousser le nouveau gouvernement grec à avouer publiquement que ses prédécesseurs truquaient allègrement les statistiques publiques ? Sans doute eût-il mieux valu inciter les hauts fonctionnaires qui avaient réussi les tours de passe-passe précédents, à revenir discrètement et progressivement à des pratiques plus rigoureuses et compatibles avec les normes européennes. Après tout, la façon dont le pays avait réussi à se qualifier pour l’entrée dans la zone euro en disait long sur l’habileté de ses comptables nationaux. Personne n’était vraiment dupe…

Mais le mal est fait. Maintenant, il faut en assumer les conséquences. Les agences de notation et les opérateurs de marché se sont emparés du dossier. Le marché de la dette publique grecque est sous pression, on mesure les risques de faillite de l’État, on regarde quelles pourraient être éventuellement les victimes suivantes, et les économistes spécialisés en scénarios catastrophes, un peu retournés dans l’ombre au cours des derniers mois, retrouvent avec bonheur leur place sous les projecteurs. Lire la suite

Recul de mauvais augure des ventes au détail dans la zone euro

Les ventes au détail ont baissé dans la zone euro en septembre, un recul inattendu et inquiétant, une faiblesse persistante de la consommation risquant de pénaliser la reprise économique.

La baisse des ventes au détail dans les 16 pays utilisant la monnaie unique a été de 0,7% selon les statistiques publiées jeudi par Eurostat, soit la plus forte baisse d’un mois sur l’autre depuis octobre 2008. Sur un an, leur recul atteint 3,6%.

Les économistes et analystes interrogés par Reuters anticipaient une hausse de 0,2% sur un mois et un repli limité à 2,4% sur un an.

Si l’on en croit ces chiffres, la consommation des ménages n’aura donc joué qu’un rôle secondaire dans le retour annoncé à la croissance de la zone euro au troisième trimestre, après la pire crise qu’ait subie la région depuis la Seconde Guerre mondiale.

“Ces chiffres sont cohérents avec l’idée selon laquelle la reprise sera modérée au cours des prochains trimestres”, a commenté Nick Kounis, économiste en chef de Fortis.

Pour les économistes, le retour à la croissance de la zone euro est surtout à mettre au crédit des dizaines de milliards d’euros de dépenses publiques engagées par les gouvernements et à celui de la reconstitution des stocks des entreprises.

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L’Espagne est incapable de sortir de la crise

Les Espagnols ne voient aucun des timides signes de reprise qui clignotent ici et là en Europe. Alors que l’Espagne est le pays de la zone euro qui a le plus dépensé en plans de relance (2,3 % du produit intérieur brut en 2009), elle reste l’enfant malade de l’Europe, avec une perte d’activité au deuxième trimestre de 1,1 % du PIB, contre une moyenne de – 0,1 % dans l’Union, selon les chiffres d’Eurostat publiés le 7 octobre.

Les effets du plan d’investissement de 8 milliards d’euros, qui a permis de préserver près de 400 000 emplois dans le bâtiment et les travaux publics (BTP) depuis le printemps, arrivent à leur terme.

L’hémorragie du chômage a repris à la rentrée, avec 80 367 chômeurs supplémentaires en septembre.

Ni les experts, ni le gouvernement ne se risquent à pronostiquer une sortie de crise, tant l’économie espagnole paraît touchée en profondeur en raison de caractéristiques qui lui sont propres : faible productivité, gros déficit extérieur (10 % du PIB), fort endettement des ménages, chômage record, etc.

Au risque de retarder encore l’échéance de la reprise en pénalisant une consommation déjà atone, le gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero a adopté un projet de budget – actuellement en débat au congrès des députés -, qui prévoit une forte hausse d’impôts directs et indirects, censée rapporter 11 milliards d’euros à l’Etat.

La première raison tient au creusement du déficit public. Excédentaires à hauteur de 2,2 % du PIB en 2007, les comptes publics devraient terminer l’année à – 10 %, selon les estimations les plus optimistes.

Outre les plans anticrise, l’envolée des dépenses est due à l’explosion des aides aux chômeurs. Pour 2010, le gouvernement a provisionné 31 milliards d’euros, soit une augmentation de 59 % par rapport à 2009, sur la base de 18,9 % de demandeurs d’emploi. Or Eurostat table plutôt sur un taux dépassant 20 %. Lire la suite