Transition énergétique : le contre-modèle allemand

Par Jean Syrota, ancien président de la commission énergie au Centre d’analyse stratégique, ancien directeur de la Cogema, et Etienne Beeker, économiste de l’énergie

L’Allemagne a fondé son développement industriel sur le charbon (houille et lignite), dont elle continue à subventionner la production Aujourd’hui encore, rien que pour assurer 45% de sa production d’électricité, elle en consomme plus de 200 millions de tonnes par an qui sont la première source des fortes émissions de CO2 du pays. Ainsi, en moyenne, un citoyen allemand émet moitié plus de ce gaz à effet de serre qu’un citoyen français (10,3 tonnes par an contre 6,3), pour une consommation d’énergie et un niveau de vie comparables.

L’action du gouvernement allemand, ces dernières années, dans le domaine de l’énergie, a été axée principalement autour de :

- la construction de 23 centrales électriques au charbon,

- l’inauguration d’un nouveau gazoduc, Nordstream, permettant des importations massives et directes de Russie,

- un fort développement des énergies renouvelables intermittentes (éolien et photovoltaïque) et de la biomasse avec des cultures dédiées

- une attitude cahoteuse et imprévisible concernant l’avenir du nucléaire, qui faisait l’objet d’un consensus favorable jusqu’en 1998 ; une coalition SPD-Verts planifie alorsla sortie progressive du nucléaire, avec 2020 comme échéance. En 2010, le gouvernement dominé par la CDU prolonge la durée de vie des réacteurs jusqu’en 2036 puis, après l’accident de Fukushima, en 2011, ramène cette date à 2022 et fait arrêter huit réacteurs, dans le cadre d’une transition énergétique, ou « Energiewende ».

L’Energiewende : une gigantesque ambition nationale et déjà des interrogations
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Maroc, la grande spoliation

Attirés par le soleil et la vie moins chère, de nombreux retraités partent s’installer au Maroc.

Il y a un revers à la médaille : des malfrats locaux font main basse sur leurs biens immobiliers de manière tout à fait illégale. Le phénomène s’amplifie. Les autorités françaises sont impuissantes.

On a pu croire, au début, à quelques cas isolés d’entourloupe. Mais l’accumulation des dossiers, une trentaine sur le seul bureau de Me Viviane Sonier à Privas, prouve le contraire.

Sur le sol marocain, une redoutable mafia s’applique à faire main basse sur des biens immobiliers français. Assistant l’avocate ardéchoise, le juriste Moussa Elkhal enfonce le clou : « C’est une véritable honte ! De part et d’autre de la Méditerranée, aucune autorité ne bouge. Appartenant aux deux cultures, je suis doublement meurtri. La France laisse tomber ses vieux, le Maroc s’accommode de méthodes indignes ».
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Les Pays-Bas nationalisent le groupe financier SNS Reaal

Les Pays-Bas ont annoncé vendredi la nationalisation du groupe de banque et d’assurances SNS Reaal, incapable de trouver des capitaux privés, une opération de sauvetage en urgence dont le coût global pour l’Etat sera proche de 10 milliards d’euros.

Cette nationalisation aura pour conséquence d’alourdir le déficit budgétaire néerlandais 2013, déjà attendu au-dessus du seuil de 3% fixé par l’Union européenne, et devrait raviver dans l’opinion publique locale les critiques récurrentes sur les milliards d’euros apportés aux banques alors que les ménages continuent de subir l’austérité.

La Commission européenne a déjà pris contact avec le gouvernement pour obtenir des précisions sur le dossier, a déclaré un porte-parole de l’exécutif communautaire à Bruxelles. Le plan de sauvetage devra être soumis aux autorités européennes, qui veilleront à ce qu’elle ne se traduise pas par une distorsion de concurrence.

L’Etat néerlandais a déjà déboursé près de 40 milliards d’euros pour sauver son secteur financier en 2008, en apportant des capitaux frais à ING, Aegon et SNS Reaal tout en [nationalisant] ABN Amro.

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L’assurance-chômage est-elle trop généreuse ?

Peut-on faire de substantielles économies sur les indemnités des chômeurs, comme le suggère la Cour des Comptes dans son dernier rapport ? Les comparaisons européennes montrent pourtant que la France n’est pas la plus généreuse dans ce domaine.

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Un prêt public au centre d’une polémique

L’État français a accordé un prêt pour aider une plateforme marocaine accueillant des activités de service. Une association estime que le gouvernement favorise ainsi les délocalisations. L’État s’en défend.

Centre d’appels au Maroc

La France soutiendrait la délocalisation d’activités de services au Maroc. La principale association d’informaticiens, la Munci, dénonce en effet l’attribution par l’État français d’un prêt visant à soutenir une structure marocaine accueillant des activités tertiaires.

La semaine dernière, le premier ministre, Jean-Marc Ayrault et le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, ont signé des accords de coopération avec le Maroc. Hormis des prêts consentis pour favoriser le développement d’infrastructures, l’agence française de développement (AFD), la structure française chargée du développement, a accordé un prêt de 150 millions au groupe marocain Medz.
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L’UE octroie un don de 107 millions d’euros à la Tunisie

L’Union européenne a annoncé mardi l’octroi d’un don de 107 millions d’euros à la Tunisie, une aide visant à amortir les effets de la crise internationale, et qui s’accompagne d’un prêt d’un milliard de la Banque mondiale et de la Banque africaine pour le développement.

“Cette aide exceptionnelle par son montant permet au gouvernement d’équilibrer les comptes publics en cette année 2012, et contribue à amortir les effets négatifs sur l’économie tunisienne de la crise internationale, ainsi que de l’instabilité” en Tunisie, a indiqué la délégation de l’UE à Tunis dans un communiqué.

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Bruxelles : 45 millions d’euros à l’Algérie

L’UE soutient la transition démocratique. La Commission européenne a débloqué jeudi quelque 45 millions d’euros dans le cadre de programmes de coopération destinés à favoriser la bonne gouvernance et la diversification de l’économie algérienne.

Abdelaziz Bouteflika, le visage de la démocratie algérienne

Le commissaire européen chargé du dossier, Stefan Füle, a assuré vouloir “soutenir l’approfondissement du processus de réformes en Algérie, notamment l’élargissement des libertés fondamentales“, promettant de faire profiter le pays de son expérience en matière de “transition vers une démocratie solide, une économie durable qui profite à tous“.

Un premier programme, doté d’un budget de 15 millions d’euros, interviendra “en faveur de la diversification de l’économie algérienne et appuiera le développement durable du secteur de la pêche et de l’aquaculture“, a précisé l’exécutif européen dans un communiqué.

Le deuxième programme, doté d’un budget de 30 millions d’euros, “soutiendra la pleine mise en oeuvre de l’Accord d’association et visera à renforcer la bonne gouvernance au sein de l’administration publique“, a précisé la Commission. L’UE, qui s’est engagée à la faveur du Printemps arabe à soutenir la transition démocratique dans les pays de la région, est liée depuis 2005 à l’Algérie par un accord d’association.

Europe 1

Un rapport accablant sur l’absence d’austérité à Bruxelles

La Cour des comptes européenne, gardienne des intérêts financiers des citoyens de l’Union, a publié son rapport 2011 la semaine dernière. Elle y explique que les paiements sont «affectés par un niveau significatif d’erreur». Pour la 18e fois consécutive, les auditeurs ont d’ailleurs refusé de le signer.

La nouvelle n’a guère ému les médias. C’est le nouveau think tank Open Europe Berlin qui le signale, un institut au conseil duquel nous trouvons le Suisse Charles Blankart et le prince Michael du Liechtenstein.

La conclusion de la Cour des comptes mérite le détour : 3,9% d’erreur sur un budget de 127 milliards d’euros. Cela représente 5,95 milliards de francs suisses. Non seulement le montant est effrayant, mais le taux d’erreur est en augmentation par rapport à 2010 (3,7%). La Commission s’est pourtant félicitée que l’erreur n’atteignait que 5 milliards d’euros et renvoie la responsabilité aux parlements nationaux. Dans le jargon de Bruxelles, on parle d’absence d’«erreur matérielle» lorsque le taux est inférieur à 2%.

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Malgré ses promesses, la Grèce a embauché des fonctionnaires

Tel est le résultat des études menées par la Troïka et le ministre des Finances récemment nommé George Zannia sur la gestion du gouvernement précédent.

Un graffiti dans une rue d'Athènes

La Grèce avait violé un accord avec l’UE et le FMI en embauchant quelque 70.000 fonctionnaires en 2010-2011, selon des rapports publiés dimanche 24 juin par le magazine To Vima.

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Quelques nouvelles de Russie

Par Xavier Moreau

Ksénia Sobchak, la Paris Hilton russe

Après un agenda très chargé ces deux derniers mois, Realpolitik.tv revient sur les derniers événements en Russie.

Manifestations à Moscou, la marche des millions d’euros…

Pour rappel, Vladimir Poutine a obtenu en mars dernier, 45.602.075 voix, tandis que l’ensemble de ses opposants en ont obtenu 25.262.899. La presse française nous explique donc, sans rire, que Vladimir Poutine aurait opéré un bourrage d’urnes de… 20.339.176 voix.

Comme nous l’avions annoncé lors de notre dernier article, le désintérêt de la population russe pour l’agitation des groupuscules fascisto-anarcho-gauchisto-gay-libéraux, poussera ces derniers vers la radicalisation, afin de fournir la presse internationale, française notamment, en photos et vidéos truquées. Lire la suite

Evasion fiscale : le livre qui accuse

Les paradis fiscaux abriteraient illégalement près de 600 milliards d’euros provenant du patrimoine des Français. Un scandale que dénonce le journaliste Antoine Peillon dans son dernier livre.

L’évasion fiscale en France ne se résume pas à quelques anecdotiques valises de lingots d’or qui traversent la frontière franco-suisse. D’après Antoine Peillon, grand reporter à La Croix et auteur du livre Ces 600 milliards d’euros qui manquent à la France (aux éditions Seuil), la dissimulation illégale d’argent repose sur un véritable système qui opère dans l’indifférence la plus totale.

En tout, ce sont donc près de 590 milliards d’euros d’avoirs français qui sont situés à l’étranger sans être déclarés, dont 108 milliards d’euros en Suisse. A titre de comparaison, cela représente plus d’un tiers de la dette publique de la France au quatrième trimestre 2011. Un manque à gagner de près de 30 milliards d’euros par an pour le fisc. Si on y ajoute les autres formes de fraude fiscale, l’addition grimpe même à près de 80 milliards d’euros chaque année. Lire la suite

La fraude à la TVA coûte 10 milliards d’euros par an

La Cour des comptes préconise la mise en place d’un nouveau plan anti-fraude plus efficace.

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La fraude à la TVA coûterait très cher à l’État. C’est ce que révèle un rapport publié [la semaine dernière] par la Cour des comptes. Il établit à environ 10 milliards d’euros la perte engendrée chaque année.

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Sondages : La taxation à 75% plébiscitée

Si François Hollande voulait rassembler le peuple de gauche en proposant de taxer à 75% les revenus annuels supérieurs à un million d’euros, c’est réussi. C’est ce que nous enseigne un sondage BVA (*) réalisé pour la presse quotidienne régionale. Mais l’assentiment est bien plus général.

À 65%, les Français se déclarent favorables à ce que soient taxés à 75% les revenus supérieurs à un million d’euros par an. 36% sont même « tout à fait favorables » à cette proposition de François Hollande. À l’inverse, 34% des personnes interrogées expriment leur opposition au principe d’un tel prélèvement fiscal. Il est à noter que seul 1% de l’échantillon testé n’exprime pas d’opinion, ce qui en dit long sur l’aspect clivant de la mesure.

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Le noble Nobel et les CDS grecs

Les CDS sur la dette grecque ne vont pas se déclencher. Faut-il y déceler une sorte de complot? Joseph Stiglitz ne se fait pas que des amis…

Joseph Stiglitz n’a pas sa langue en poche. Dans une tribune publiée sur L’Echo du 8 février, le prix Nobel d’économie égratigne la Banque centrale européenne et son manque de transparence.

Dans le dossier grec, Stiglitz estime que la position de l’institution de Francfort a été pour le moins curieuse. Elle s’est ainsi toujours opposée à ce fameux “événement de crédit ”, lié à un défaut de paiement de la Grèce, qui déclencherait les contrats de CDS.

Que n’a-t-on écrit sur ces “credit default swaps ”, ces contrats qui permettent de s’assurer contre un défaut de paiement? Un produit qui a enfoncé des firmes comme AIG et Fortis en pleine tourmente financière en 2008, et qui a ensuite mis à mal des pays, comme la Grèce.

A la base, un CDS peut s’avérer utile. Il permet à un détenteur d’une obligation de se couvrir contre le défaut de paiement de l’émetteur. Comme un “bon père de famille” assure sa maison contre un incendie. Mais quand ce sont majoritairement des non-détenteurs de l’obligation qui se ruent sur les CDS, cela se corse. Il s’agit alors d’acteurs qui s’assurent contre un risque financier qu’ils ne courent pas. Ou comme l’indiquait Peter Praet, “c’est un peu comme si j’achetais une assurance contre le risque d’incendie de la maison d’une tierce personne ”. En d’autres mots, ce serait presqu’une incitation à mettre le feu à la maison du voisin.

Mais revenons à Athènes. Les banques européennes détiennent quelque 40 milliards d’euros de dette grecque. On aurait pu supposer que face au risque de défaut sur leurs obligations, les banquiers, en gestionnaires avisés, achètent une assurance sous forme de CDS.

Dans ce cas, un régulateur qui prend en compte la stabilité financière du système veille en principe à ce que l’assureur paye en cas de perte. Pourtant la BCE veut que les banques ne soient pas dédommagées en cas de perte sur les obligations qu’elles détiennent ”, s’étonne Stiglitz.

Juges et parties?

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Finances locales : les trois bombes à retardement de Sarkozy

Par Maurice Vincent, sénateur-maire PS de Saint-Etienne

Au moment où s’achève le quinquennat, le financement des investissements des collectivités territoriales apparaît des plus aléatoires, alors qu’il constitue un enjeu majeur des années à venir pour la croissance de notre pays. Le gouvernement s’apprête en effet à laisser trois « bombes à retardement » à son successeur.

La première est la plus visible, c’est le besoin de 22 milliards d’euros de crédits demandés annuellement par les collectivités territoriales et les hôpitaux. Les réticences des banques privées, qui se retirent de ce marché, et l’effondrement de DEXIA ne sont pas compensées actuellement par les mesures annoncées. L’agence de financement voulue par les collectivités est sans cesse retardée et ne sera opérationnelle qu’en 2013. Il est urgent de solliciter la Caisse des Dépôts à hauteur de 5 milliards. Même dans cette hypothèse, pas encore acquise, il manquera encore 4 milliards d’euros en 2012, soit quasiment 20 % de la demande. Le nouveau gouvernement devra les trouver en urgence, au moment même où il se mettra en place…
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L’inquiétante volatilité des prix des matières premières agricoles

Le rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation de l’ONU tire le signal d’alarme sur la hausse des prix des denrées alimentaires.

Carte publiée en juin 2009 - Cliquez dessus pour l'agrandir

« Les stocks ont été regarnis en 2008 et en 2009, mais l’écart entre la réalité de ces stocks et l’évolution des prix sur les marchés est parfois considérable. En ce sens, nous vivons aujourd’hui le début d’une crise alimentaire similaire à celle de 2008 », s’inquiète, mardi 11 janvier, Olivier de Schutter, dans Les Echos, en référence à l’explosion des prix alimentaires de 2008, qui avait provoqué des émeutes de la faim dans une trentaine de pays dans le monde.

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Après la Chine, le Japon vole à son tour au secours de l’Europe endettée

Après la Chine, le Japon a promis à son tour d’acheter des obligations européennes pour aider à stabiliser la zone euro fragilisée par la crise de la dette de plusieurs de ses pays membres.

« Il est approprié que le Japon, un pays important, achète une certaine proportion » des obligations que le Fonds européen de stabilité financière (FESF) s’apprête à émettre, a annoncé mardi le ministre japonais des Finances, Yoshihiko Noda, lors d’une conférence de presse, ajoutant que cet achat nippon allait renforcer « la crédibilité » des titres européens.

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Comment les entreprises du CAC échappent-elles aux impôts ?

FISCALITÉ – Décryptage des petites astuces des grandes entreprises…

Pancarte brandie lors d'une manifestation à Lyon, le 29 janvier 2009

Un quart des entreprises du CAC 40 ne paye pas d’impôt. Aucune triche là-dedans, elles ne font qu’appliquer les dispositifs fiscaux en vigueur.

En octobre dernier, le Conseil des prélèvements obligatoires notait dans un rapport à la Cour des Comptes une «augmentation constante du nombre de dépenses fiscales applicables aux entreprises», en particulier «sensible sur la période 2002 – 2010». Et chiffrait le coût global de ces mesures à 71,3 milliards d’euros en 2010, contre 19,5 milliards en 2005. Ce sont particulièrement les entreprises du CAC 40 qui en bénéficient : elles sont taxées sur leurs profits à 8%, contre 22% pour les PME.

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L’euro peut-il survivre à la crise ?

Par Jacques Sapir

Peut-on encore sauver l’euro ? La question hante désormais les responsables, en dépit des déclarations fracassantes et des rodomontades des uns et des autres. Le sommet européen, que l’on a officiellement salué pour la mise en place d’un dispositif de solidarité après 2013, a été incapable de prévoir des mécanismes permettant de lutter contre la spéculation et la crise de l’euro en 2011 et 2012. Les gouvernements vont partout répétant que les mesures déjà prises suffiront. Il est évident que c’est faux.

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Emprunts européens : le grand chassé-croisé

Le regard du responsable des emprunts européens chez BNP Paribas AM.

Supervisant l’investissement obligataire du plus gros fonds institutionnel de la zone euro – 106 milliards d’euros lui sont confiés –, Patrick Barbe décrypte qui sont ces «financiers» auxquels font face les pays européens.

Le Temps : Les responsables européens ont conspué les «spéculations» à l’origine de la crise les affectant depuis un an…

Patrick Barbe : En réalité, la spéculation sur les emprunts des Etats européens – celle des « hedge funds » – est aujour­d’hui limitée. Pour une raison simple : la liquidité sur ces marchés s’est totalement asséchée. Il est cependant vrai que ce sont les flux financiers sur ces obligations – tout autant que l’inquiétude sur la situation financière de chaque pays – qui font maintenant la loi sur les taux d’intérêt de ces Etats. Depuis un an, on a en effet assisté à un véritable basculement de l’équi­libre entre les détenteurs de ces titres.

– Au profit de qui a eu lieu ce mouvement de balancier ?

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