Hongrie : Plus en plus d’enfants sous le seuil de pauvreté

En Hongrie, plus de 42 pourcent des enfants de moins de 7 ans vivaient dans la pauvreté en 2014. Le pays est le mauvais élève du Visegrad, le groupe des quatre pays d’Europe centrale et en queue de peloton au niveau européen.

Depuis 2008, le gouvernement n’a pas réévalué les aides à l’enfance, et la précarité infantile s’est accentuée.

Europe : L’horreur des déchets plastiques drainés par le Danube jusqu’à la Mer Noire

Le plus puissant fleuve d’Europe, le Danube, rejette au moins 1.500 tonnes de débris plastique dans la mer Noire chaque année. C’est ce que révèle une équipe de scientifiques autrichiens après deux ans d’échantillonnage intensif.

La plupart des débris plastiques rejetés dans le fleuve, soit environ 80 %, proviennent de sources industrielles qui fabriquent une multitude d’objets de consommation courante tel que des brosses à dents ou encore des jouets pour enfants, rappelle Aaron Lechner, chercheur à l’Université de Vienne, qui a fait équipe avec d’autres scientifiques pour s’attaquer au problème. “Il serait pourtant facile pour ces producteurs de contrôler ces déchets avant leur diffusion dans le fleuve” dit Lechner.

Même si seulement 0,01 pour cent des matériaux plastiques de production s’échappent dans l’environnement, ils finissent par créé une énorme quantité de déchets plastiques qui vont persister à le polluer pendant des milliers d’années. Ces déchets seront encore présents dans la nature les 100.000 prochaines années, rappelle-t-il, plaidant pour une réglementation urgente et beaucoup plus stricte de l’activité plastique en Europe.

Les recherches de cette équipe pour cette nouvelle étude ont été soigneusement planifié et exécuté entre 2010 et 2012. Les chercheurs ont analysé plus d’un millions de gallons d’eau du fleuve Danube à travers leurs écrans d’ordinateur après les avoir filtré via des filets à mailles fines pour tenter de quantifier et de trier la pollution plastique du fleuve.
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Auvergne : La vérité sur les travailleurs détachés

Ces ouvriers ou employés venus souvent d’Europe centrale ou de Géorgie sont officiellement 145.000 en France aujourd’hui. Mais officieusement, selon un récent rapport du Sénat, ils seraient 300.000.

Le phénomène de ces travailleurs étrangers en Auvergne est récent. Même sur des petits chantiers de rénovation, les artisans doivent faire face à cette concurrence jugée “déloyale”. Depuis plusieurs mois, Thierry Grimaldi, patron maçon, alerte les autorités mais, à sa grande surprise, l’administration lui répond qu’il n’y a pas de travailleurs étrangers. Avec d’autres collègues du bâtiment, il a décidé d’employer les grands moyens et recruté un détective privé.

La présence de ces salariés détachés en France est légale, autorisée depuis une directive européenne de 1996. Selon la loi, pour travailler en France, un travailleur étranger doit être payé au Smic, travailler 35 heures, être logé et nourri. En échange, la société paye les charges sociales dans le pays d’origine, jusqu’à 30 % de moins qu’en France. Mais les abus en tous genres seraient très nombreux.

L’équipe de France 2 a pu le constater en caméra cachée sur le chantier public d’une prison. Un syndicaliste, qui a fait de la défense de ces travailleurs détachés sa bataille, témoigne. Selon la Cour des comptes, ces emplois non déclarés dans le secteur du bâtiment représenteraient un manque à gagner de 380 millions d’euros de cotisations sociales par an.

Pascal Marchand : géopolitique de l’Europe et de la Russie (vidéo)

Pascal Marchand est géographe, professeur des Universités à Lyon II, spécialiste de la géopolitique de l’Europe et de la Russie et auteur de l’Atlas géopolitique de la Russie : La puissance retrouvée.

Interviewé pendant 42 mn par Agence Info Libre, il livre une synthèse historique, géographique, économique et stratégique des relations entre la Russie, l’Ukraine, les républiques du Caucase, l’Union Européenne et l’OTAN, et nous ramène avec brio sur l’actuelle crise en Ukraine et le récent rattachement de la Crimée à la Russie.

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Les nouveaux pronostics de Nouriel Roubini, le « Dr Catastrophe »

Nouriel Roubini, l’économiste qui avait prédit la crise des subprimes, est de retour avec un nouveau livre (Économie de crise, JC Lattès), écrit à quatre mains avec Stephen Mihm. Et de nouvelles prévisions. Presque aussi pessimistes que les précédentes…

Bien que l’économie mondiale ait entamé son rebond, les risques et les faiblesses qu’elle présente pourraient produire de nouvelles crises dans les années à venir.

Les formes prises par les redressements économiques reflètent leur vigueur et leur soutenabilité. Un redressement en forme de V est rapide et vigoureux; un redressement en forme de U est lent et peu marqué; et dans le cas d’un redressement en forme de W, l’économie se rétablit brièvement avant de plonger une nouvelle fois.

Le scénario qui est actuellement le plus vraisemblable dans les économies avancées est celui d’un redressement en U caractérisé par une faible croissance pendant plusieurs années. [...] La récession actuelle est différente des précédentes. La crise récente est née d’un excès de dette et de levier d’endettement chez les ménages, dans le système financier et dans les entreprises.

La récession n’a pas été provoquée par un resserrement monétaire : ce fut une “récession bilancielle” due à une accumulation vertigineuse de dette. Les travaux récents de Carmen Reinhart et de Kenneth Rogoff ont montré qu’une récession bilancielle pouvait conduire à un redressement peu marqué en raison du désendettement simultané de tous les secteurs de l’économie. Cela prendra un moment. [...]

Durant la dernière décennie, les États-Unis – ainsi que des pays comme le Royaume-Uni, l’Irlande, l’Islande, l’Espagne, Dubai, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, les pays Baltes et d’autres pays d’Europe centrale – servirent de moteur à la consommation mondiale : ils dépensèrent davantage que leur revenu ne les y autorisait et présentèrent des déficits de la balance des paiements courants.
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A Budapest, les “bananes” ont la vie dure

Arrivés en Hongrie avant la chute du communisme, les immigrés Chinois ont fait du pays la plaque tournante du commerce avec l’Europe centrale et orientale. Mais leur présence suscite l’hostilité.

Je ne suis pas raciste, mais je déteste les Chinois et les Noirs.” Cette phrase, entendue lors d’une enquête sur l’accueil des élèves étrangers dans les établissements hongrois, est devenue familière. Alors même que le nombre des nouveaux immigrés ne cesse de baisser en Hongrie (leur taux n’atteint pas 2 % de la population), la xénophobie a doublé. Les Chinois sont les premières cibles de ces attaques.

Mais il n’existe pas de quartier chinois. Probablement parce que la mafia chinoise a, dès les années 1990, jugé plus prudent qu’ils vivent dispersés. En revanche, aux alentours du marché des Quatre-Dragons, leur densité est patente. Ceux de la colonie qui ne parlent pas hongrois – et ils sont majoritaires – peuvent y régler presque tout. On y trouve coiffeurs, médecins, restaurants et lieux de divertissement. En 2002, ils ont ouvert leur propre établissement bancaire, la Bank of China – signe que les Chinois rechignent à se mélanger à la population locale.

C’est particulièrement vrai à Budapest, où les affaires du marché chinois du 8e arrondissement discréditent la colonie. Les produits de haute technologie de l’industrie mécanique et électronique, qui atteignent un montant de quelque 7,5 milliards de dollars [5,5 milliards d’euros], représentent 80 % des échanges économiques entre la Chine et la Hongrie.
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La dette de l’Europe de l’Est ne sera pas remboursée

« La dette publique en Grèce n’est que la première d’une série de bombes européennes de la dette qui vont exploser, » avertit l’économiste Michael Hudson. Nombre de pays de l’Europe de l’est, à commencer par la Lettonie, très durement touchée par la crise, seront incapables de rembourser les prêts libellés en euros qui ont été accordés durant la période d’euphorie financière, prévient-il.

Les gouvernements devront bientôt choisir entre ruiner leurs économies et saigner à quatre veines leurs peuples pour rembourser ou bien renégocier la dette et la convertir en devises locales, provoquant ainsi des pertes dans le système bancaire européen. Le combat entre créanciers et débiteurs promet d’être acharné, à l’image de celui qui se déroule aujourd’hui entre la Grande Bretagne et l’Islande, mais l’issue ne faire guère de doute, selon lui. Entre la défense des intérêts de leurs mandants promis au servage de la dette, et ceux des banques étrangères, les gouvernements devront se déterminer et vont choisir, comme l’ont fait les islandais qui refusent de régler les dettes des banques privées. — L’accent mis aujourd’hui sur l’endettement « insoutenable » des États et la « rigueur draconienne » qui devrait s’en suivre fait l’impasse sur le fond du problème : l’accumulation folle de dette privée – et ce, dans tout l’occident, bien au-delà du cas spécifique de l’immobilier subprime américain. Sans dépenses et interventions publiques vigoureuses, nos sociétés menaçaient de sombrer. Aujourd’hui où le privé s’est un peu rasséréné, et que les banques savent qu’elles seront absoutes, quelle qu’ait été leur irresponsabilité, le poids écrasant de la dette privée entassée au-delà de toute possibilité vraisemblable de remboursement n’en a pas fini pour autant de peser sur le réel. Dans des sociétés fragilisées, où les perspectives d’activité peinent à reprendre des couleurs, le service de ces dettes – anciennes, du privé, et nouvelles, des États – va exercer une pression de plus en plus débilitante sur les revenus et les dépenses, sur l’activité, l’emploi et les conditions de vie. Le remboursement au prix fort d’emprunts sur des biens aujourd’hui dévalués ou en voie de l’être, la ponction sur la richesse nationale exigée des États, sont les formes d’un « esclavage moderne, » au seul bénéfice de créanciers dont le pouvoir, la superbe et l’arrogance n’ont d’autre origine qu’une dangereuse irresponsabilité, permise par la complaisance d’autorités et d’experts ayant abdiqué devant l’apparente toute puissance de l’argent. Mais aujourd’hui, lorsque la BRI évoque dans sa dernière étude un service de la dette qui pourrait dépasser les 10% du PIB, il convient de tirer les conclusions.

Le papier des contrats, la finance prédatrice, les dettes odieuses, seraient-elles donc plus sacrées que les vies, la santé des économies et le bien être des sociétés ? Faute d’un allègement de la dette sous forme de réduction des créances, du recours à la monétisation et à l’inflation, à des impositions exceptionnelles sur les actifs spéculatifs, accompagnés par une réduction de la mobilité des capitaux et un contrôle renforcé sur le secteur bancaire, nombre de pays occidentaux risquent de s’enfoncer dans le marasme et la misère sociale – et pour longtemps – au moment même où les émergents accélèrent leur course.

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L’euro, un nouveau Yalta

Anciens membres contre nouveaux, États laxistes contre États vertueux, tolérance de l’UE contre exigence excessive : la crise de la monnaie unique révèle une nouvelle ligne de faille entre les Vingt-Sept, constate le politologue bulgare Ivan Krastev.

Soyons francs, si la Grèce était un pays d’Europe centrale, la crise grecque n’aurait jamais eu lieu. Pour commencer, jamais l’Allemagne et la France n’auraient laissé un pays connu pour ses piètres prestations économiques, ses mauvaises habitudes politiques et son don pour maquiller les comptes, rejoindre la monnaie unique. Ensuite, si, par hasard ou négligence, cette Grèce d’Europe centrale s’était retrouvée dans la zone euro, Bruxelles aurait méticuleusement épluché ses finances. Mais la Grèce n’est pas un pays d’Europe centrale. Tandis que la Commission européenne partait en croisade contre la corruption dans les pays du Club Yalta, ceux du Club Med jouissaient du privilège d’être traités comme de bons Européens.

Imaginez que le Premier ministre bulgare ou roumain contrôle 80 % des médias nationaux et qu’il ait l’habitude de passer ses vacances en compagnie de prostituées. Ou que le Premier ministre hongrois, au mépris de tous les conseils de Bruxelles, déclare qu’il ne gèlera pas les salaires de la fonction publique, malgré la gravité de la crise économique. On peine à seulement imaginer le tollé que cela soulèverait.

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Bye bye salaire fixe

Frappés par la crise et victimes d’une dette publique écrasante, plusieurs États ont décidé de baisser les revenus. Une mesure impopulaire, mais jugée nécessaire faute de pouvoir dévaluer leur monnaie.

Dublin, février 2009. Manifestation contre les mesures d’austérité imposées par le gouvernement Irlandais.

L’intouchable, le sacro-saint salaire garanti des fonctionnaires n’est plus. La Grèce, qui a décidé de réduire d’environ 7% la rétribution des employés du secteur public n’est que le dernier des pays qui ont fait des choix semblables à l’intérieur et hors de la zone euro, il y a un peu plus d’un an. L’histoire a toutefois commencé non pas sur les rives de la Méditerranée, mais sur celles de la Baltique.

Les salaires des fonctionnaire de Lettonie, ce petit pays balte qui a le premier allumé les feux de détresse de cette course au rabais, étaient redescendus en octobre 2009 aux niveaux de 2006. Les réductions, jusqu’ à 20% pour les enseignants et quelques autres catégories, ont été durement contestées pendant l’hiver et le printemps dernier, mais elles ont finalement toutes été acceptées.

Les prévisions quant à une dévaluation imminente ont ainsi été déjouées ; le pays a finalement surmonté l’effondrement de son PIB – moins 17% en 2009 – et aujourd’hui il a redressé ses comptes. Et la dette du pays n’est plus considérée à haut risque par les sociétés de notation. 
En fait, la Lettonie et, de manière assez comparable, les autres pays baltes, se sont résolus à une dévaluation interne. Ils ont maintenu les niveaux de change, mais réduit les salaires. Les salaires réels auraient été de toutes façons réduits par les dévaluations, qui auraient déclenché l’inflation. Le prix à payer est lourd en termes de niveau de vie, dans une région où la moyenne des salaires mensuels tourne autour de 500 euros. Mais la comptabilité nationale a tenu bon.
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