Gaz de schiste : scepticisme chez les économistes

Extrait d’un rapport très étayé de l’IDDRI (Institut du développement durable et des relations internationales /Sciences Po), présenté dans la presse par son “directeur du programme climat” Thomas Spencer :

Une étude de l’université de Stanford, en Californie, datant de septembre, démontre comme nous que l’impact de la ”révolution” des gaz et pétrole de schiste sur la croissance sera marginale aux Etats-Unis […], et cela malgré la chute spectaculaire du prix du gaz naturel aux Etats-Unis, qui n’est d’ailleurs pas viable à long terme : après avoir plongé jusqu’à 1,95 dollar par million de BTU début 2012, il est remonté à près de 5 dollars en janvier. En fait, d’autres facteurs jouent bien plus sur la croissance et la compétitivité des Etats-Unis que les hydrocarbures de schiste, notamment la baisse du dollar par rapport au yuan chinois et à l’euro…

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Frédéric Lordon : « Nous avons une occasion de mettre le système bancaire et financier à terre, il ne faut pas la louper »

« Sortir de l’euro est une opération qui n’a vocation qu’à transformer l’état présent des structures du capitalisme, sans nous faire sortir du capitalisme lui-même. »

« J’envisage la possibilité d’un défaut [de paiement] comme d’un levier, c’est à dire l’instrumentalisation politique du défaut qui conduirait à mettre à terre l’intégralité des systèmes bancaires et financiers. »

France Inter (Le 7/9 du 17/04/2014)

Trois destins possibles pour l’Europe

Poussée des eurosceptiques confirmée ? Gauche sanctionnée, comme aux municipales ? Président (e) de la Commission européenne vraiment issu (e) du choix des électeurs ? L’élection des députés européens, dimanche 25 mai, apportera son lot de surprises. Notre sort ne sera pas tranché pour autant.

Du sursaut au lent déclin en passant par la résurgence de la crise, La Tribune vous propose trois scénarios sur l’avenir de l’Europe en 2017.

1 – L’effondrement ou le krach italien

LA FICTION – Avril 2017. Sommet de crise à Bruxelles
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Olivier Delamarche : « Si le Japon continue sur cette pente, il va envoyer le yen à zéro »

Le 14 avril, l’assouplissement de la politique monétaire de la BCE pour contrer l’euro fort, a été le thème abordé par Olivier Delamarche, associé et gérant de Platinium Gestion et Isabelle Reux-Brown, directeur général délégué en charge des gestions de Vega Investments, dans Intégrale Placements, avec Guillaume Sommerer et Cédric Decoeur, sur BFM Business.

« Je ne vois pas pourquoi on est si bas sur les taux français alors qu’on n’a fait aucune réforme et qu’on ne fait rien pour baisser la dette. Si vous avez des taux aussi bas partout dans le monde, c’est que vous n’êtes pas sortis de récession. »

Partie 1/2 :

Partie 2/2 :
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Olivier Delamarche interrogé par “Devenons citoyens”, janvier-février 2014 (Màj avril)

Voici, dans l’ordre inverse de leur parution, les sept premiers épisodes d’une série de douze courts reportages didactiques consacrés à l’économie contemporaine et à l’impact qu’elle a sur chacun d’entre nous. Les cinq reportages suivants restent à venir.

Les cinq vidéos ajoutées le 08/04/14 :

Sommes nous proches d’une insurrection générale ?


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La BCE ouvre la porte à l’assouplissement quantitatif

La Banque centrale européenne n’exclut pas d’acheter des actifs bancaires pour combattre une éventuelle déflation, a déclaré mardi le président de la Bundesbank, comme pour signifier prudemment un infléchissement de la traditionnelle réticence de la BCE à épouser une pratique controversée.

Le rachat d’actifs bancaires par la Banque centrale européenne s’apparenterait à de l’assouplissement quantitatif, mesure à laquelle ont largement eu recours la Réserve fédérale américaine et la Banque d’Angleterre pour soutenir leurs économies mais à laquelle la BCE, notamment sous la pression de l’Allemagne, s’est toujours refusée.

La BCE a baissé ses taux directeurs à des niveaux historiquement bas et inondé le système bancaire avec des prêts à taux bas, mais la reprise reste fragile et le taux d’inflation ne remonte pas.

De nombreux économistes estiment depuis un moment que la BCE a épuisé ses marges de manoeuvre en matière de taux directeurs et doit envisager des mesures plus radicales comme l’achat de dette souveraine, à l’instar de ce que fait régulièrement la Fed pour soutenir l’économie américaine.

L’assouplissement quantitatif est une politique controversée puisqu’elle s’apparente pour ses détracteurs à un financement d’un Etat par une banque centrale, une pratique interdite à la BCE par ses statuts.

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2014 ne sera pas non plus “l’année du dollar”

Par Myret Zaki

De nombreux analystes annoncent chaque année le retour du dollar. Or, la devise américaine continue de perdre de la valeur aussi bien face au franc [suisse] ou à l’euro que par rapport à sa valeur passée.

2014, «année du dollar» ? Cette année encore, les stratèges des banques pourraient bien se tromper. Depuis 2001, le dollar a perdu la moitié de sa valeur face au franc suisse. D’importants facteurs baissiers, trop souvent ignorés, s’accumulent pour peser sur la valeur du billet vert à long terme. Analyse en vidéo.

Bilan

Comment les grandes banques manipulent le marché des devises

Par Eric Toussaint, maître de conférences en économie à l’université de Liège (Belgique), président du Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde (CADTM)

Les banques sont les principaux acteurs sur le marché des devises et elles entretiennent une instabilité permanente des taux de change. Plus de 95 % des échanges de devises sont de type spéculatif. Une infime partie des transactions quotidiennes en devises concerne des investissements, du commerce de biens et de services liés à l’économie réelle, des envois de migrants.

Les gens de la Fed, au sujet des contribuables : “Ils font de charmants animaux de compagnie… Très dociles…”

Le volume quotidien des transactions sur le marché des devises tournait, en 2013, autour de 5.300 milliards de dollars (3.799 milliards d’euros) ! Les banques qui disposent, comme les fonds de placement mutuel, de très importantes liquidités en usent et en abusent en poussant des monnaies à la baisse ou à la hausse afin d’obtenir des gains sur les différentiels de taux de change.

Les banques jouent également de manière déterminante sur des dérivés de change qui peuvent provoquer des pertes considérables, sans compter les méfaits de l’instabilité des monnaies pour l’ensemble de la société. A partir de mai 2013, les monnaies de grands pays dits émergents (Inde, Brésil, Afrique du Sud, Russie, Turquie, Argentine…) ont été soumises à des attaques spéculatives et ont perdu dans certains cas jusqu’à 20% de leur valeur.

SPÉCULATION
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Le citoyen français est-il un produit à code-barre ?

Le moral de la population du pays inventeur des droits de l’homme n’est pas au plus haut. Ce constat, déjà un peu ancien, n’est pas sans conséquences: la France est en tête du nombre de suicides comme de la consommation d’anxiolytiques et autres antidépresseurs. L’économie est morose, les problèmes sociaux croissants, l’ambiance générale plutôt sombre. Mais pourquoi donc ?

vivre sans argent

La France est capable du pire comme du meilleur. Ce pays aime s’emballer, vibrer autour de grands événements. Les Français savent qu’ils représentent quelque chose dans le monde, de par leur histoire et leur place dans le concert des nations : de la révolution de 1789 en passant par la Commune, la première et la seconde guerre mondiale, la création de l’ONU, leur rôle durant la guerre froide, l’agriculture, le rayonnement culturel… De nombreux éléments soulignent le caractère unique de ce pays. Et de ses habitants.

Jusqu’à la fin des années 90, les acquis français ont suffit à maintenir un ensemble social et économique cohérent, à laisser entendre à la population que le projet national continuait à se déployer. Chacun pouvait encore, même sans avoir fait de grandes études, travailler, partir en vacances, acheter un bien, faire des économies. Et rêver un avenir meilleur. Mais à cette époque, la fin des années 90, le projet national a changé de tournure, et s’est focalisé sur un mot: l’Europe.

Il fallait, à cette époque pas si lointaine, participer à un mouvement de fond, celui de la mondialisation de l’économie, et empêcher la marginalisation (politique et surtout économique selon les promoteurs de cette logique) du pays. Il fallait se souder au niveau du vieux continent, se hisser à un niveau supérieur, et l’effort collectif allait permettre de faire face à ce défi.

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Méridien Zéro : « La guerre des monnaies » (Audio)

Communiqué de presse de radio Méridien Zéro

Camarades, amis et auditeurs de Méridien Zéro,

Dans la nuit de jeudi à vendredi la Cambuse, local du MAS National qui abrite également les studios de Méridien Zéro, a été incendiée et entièrement détruite.

Si, selon l’expression consacrée, l’origine du sinistre reste indéterminée, nous avons pu constater la disparition d’une partie de notre matériel radio (ordinateur, micros, matériel d’enregistrement) non retrouvé dans les décombres.

Nous notons que cet acte grave survient dans un climat général délétère, émaillé de dégradations constantes des lieux de la mouvance (notamment la librairie d’Emmanuel Ratier, des permanences politiques, d’autres locaux militants).

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“La BCE devrait se montrer plus accomodante”

Un euro trop fort, une périphérie en déflation : la zone euro aurait besoin d’une banque centrale plus agressive pour relancer le crédit aux entreprises. La vidéo du Café Eco avec Michel Girardin, économiste, professeur à HEC Genève et Myret Zaki, rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan.

Bilan

Revue de presse économique de Pierre Jovanovic, avec Olivier Delamarche (Février 2014)

Dans cette 1ère partie de la Revue de Presse (février 2014), Pierre Jovanovic et Olivier Delamarche présentent les actualités économiques et financières du moment : nouvelles mesures de quantitative easing aux États-Unis et au Japon, débats sur l’avenir de l’Euro, situation économique en Europe et aux États-Unis, état du système bancaire mondial.

Partie 1/2 :

Partie 2/2 :

Dans la seconde partie, Pierre Jovanovic demande à Olivier Delamarche quelles solutions économiques devraient être mises en oeuvre : réformes bancaires, remboursement des dettes publiques. Ils analysent ensuite la conjoncture actuelle mondiale et dressent enfin une liste de plans sociaux annoncés dans les dernières semaines.
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Emmanuel Todd : “L’euro, un veau d’or français”

Vue de Washington ou de Tokyo, la zone euro est le trou noir de l’économie mondiale. Il faut en sortir. Aux élections européennes, l’abstention sera la seule arme contre le FN et les européistes.

Marianne : A quel moment s’est formée votre conviction selon laquelle nous devions sortir de l’euro ?

Emmanuel Todd : J’ai commencé par dire qu’il ne fallait pas y entrer. Quand débute le débat sur Maastricht en 1992, je suis en train d’étudier la divergence des sociétés industrielles sur l’immigration – France, Allemagne, Grande-Bretagne -, où je mesure des taux de mariages mixtes très différents. Je n’imagine pas ces nations dans une monnaie unique, je vote non. Le oui l’emporte. Je m’intéresse alors à la façon dont l’euro dysfonctionne, et, bon citoyen, je milite pour un protectionnisme européen capable de sauver cette monnaie mal pensée. Dans Après l’Empire (2002), j’ai de grands projets d’unité franco-allemande, j’écris que la France devrait partager avec l’Allemagne son siège au Conseil de sécurité.

Enfin, vers 2009, influencé par la lecture d’économistes mainstream comme Xavier Timbeau et Patrick Artus, j’admets que l’Allemagne est sur une trajectoire nationaliste et utilise l’euro pour détruire ses partenaires. Nous devons sortir de ce rapport monétaire sadomasochiste avec l’Allemagne.

Marianne : Même les économistes qui souhaitent la sortie de l’euro évoquent un recul provisoire du niveau de vie et une grosse déstabilisation… Pensez-vous que les peuples soient prêts à accepter cela, même transitoirement ?

E.Todd : Jusqu’ici les peuples étaient tenus par la peur, celle de perdre leurs économies, notamment. Beaucoup de gens s’imaginaient jusqu’à il y a très peu de temps qu’ils avaient plus à perdre qu’à gagner à un choc chirurgical monétaire. Mais les choses changent car le niveau de vie a commencé à baisser. Il y a un élément magique dans la monnaie. Les gouvernants français, intellectuellement, ne sont pas au niveau. Ils n’ont pas lu Knapp, indispensable auteur allemand d’une Théorie étatique de la monnaie (1905), que Keynes avait fait traduire. Nos benêts d’énarques n’ont jamais envisagé les conséquences concrètes du transfert de souveraineté monétaire en Allemagne. Une sortie de l’euro provoquerait certes une désorganisation temporaire mais, surtout, des effets économiques bénéfiques et rapides, avec en prime une révolution sociale, le nettoyage d’élites mal formées, vieillissantes, archaïques, quelque chose de comparable à ce qui s’est passé en 1945.
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Quand le tsunami des capitaux s’en va

Par Myret Zaki

Ce n’est pas le moindre des paradoxes : la Banque centrale américaine (Fed) et celle du Japon (BoJ), qui insufflent d’immenses liquidités dans les actions, obligations et changes, ont plus d’effets sur les marchés émergents que sur les marchés développés qu’elles régissent directement.

Depuis le mois de mai déjà, les capitaux globaux ont commencé à se retirer des marchés émergents, dès la première utilisation du mot «tapering» (réduction de l’assouplissement monétaire) par la Fed. Aux annonces de réduction de liquidités des Etats-Unis s’est ajoutée celle du Japon.

Il n’en fallut pas davantage pour que les capitaux globaux, tel un banc de harengs, se détournent en quelques secondes de ce qu’ils considèrent comme les actifs les plus risqués, les marchés émergents.

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Jacques Sapir : « Ce que Sartre aurait appelé des saloperies »

Les temps sont malsains. À force de prétendre que nous sommes dans une situation comparable aux funestes « années 1930 », certains journalistes et hommes politiques sont en train de créer une atmosphère particulièrement délétère. 

Les insinuations, les amalgames et les mensonges tiennent lieu aujourd’hui d’arguments. On a franchi un nouveau cap avec l’article du sieur Colombani dans Direct Matin et avec les accusations proférées à mon endroit par Pierre Moscovici, Ministre de l’économie et des finances.

Les deux m’apparaissent liés. On en voit l’origine : la volonté d’un pouvoir aux abois et d’une élite discréditée de sauver l’Euro à tout prix en qualifiant les adversaires de la monnaie unique d’extrémistes. C’est en soi un acte de déni de la démocratie. Mais on pourrait aussi  les comparer à ce que Jean-Paul Sartre appelait des “saloperies”[5].

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Après le FMI, la Bundesbank préconise aussi une taxation exceptionnelle sur l’épargne

Lundi 27 janvier, la Bundesbank a préconisé que  les pays de la zone euro en difficulté devaient d’abord prélever une taxe exceptionnelle sur l’épargne de leurs propres citoyens avant de demander l’aide des autres pays, a rapporté le journal Frankfurter Allgemeine.

« Il est crucial qu’un pays en crise épuise d’abord ses propres solutions pour regagner la confiance dans sa capacité à gérer de façon durable ses finances publiques. Les programmes de sauvetage financés par les contribuables des autres États membres ne devraient être sollicités qu’en dernier ressort, lorsque la stabilité financière de la zone euro est mise en danger », écrit la ‘Buba’.

« Une taxation sur le capital correspond au principe de responsabilité nationale, selon lequel les contribuables sont responsables pour les obligations de leur gouvernement, avant que la solidarité des autres États ne soit requise », énonce la banque centrale allemande, dans son dernier rapport mensuel.

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Martin Wolf : « L’échec des élites menace notre avenir »

Le divorce entre responsabilité et pouvoir porte atteinte à la notion même de gouvernance démocratique.

Les européens commémorent cette année le centenaire du déclenchement de la Première Guerre mondiale. Ce désastre a été le point de départ de trois décennies de sauvagerie et de stupidité, qui ont en grande partie détruit ce que la civilisation européenne recelait de positif au début du XXe siècle. Pour finir, comme Churchill le prédisait en juin 1940, “le Nouveau Monde, avec tout son pouvoir et sa puissance”, devait venir “à la rescousse libérer l’ancien”.

Les échecs des élites politiques, économiques et intellectuelles de l’Europe ont produit la catastrophe subie par leurs peuples de 1914 à 1945. C’est leur ignorance et leurs préjugés qui l’ont permise : des idées erronées et des valeurs négatives étaient à l’œuvre. Figurait parmi celles-ci la croyance atavique que les empires étaient non seulement brillants et rentables, mais que la guerre était glorieuse et contrôlable. C’est comme si une envie de suicide collectif avait saisi les dirigeants des grandes nations.

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