Souveraineté monétaire : Les grandes puissances à armes inégales

Les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou le Japon, de manière très pragmatique, ont conservé cette faculté de monétiser leur dette en cas de besoin. Contrairement à l’Union européenne.

C’est l’histoire de l’amateur de vin qui demande à un ami de l’enfermer pour l’empêcher de boire à l’excès. Mais, lorsque l’épicurien trop généreux avec lui-même se sent à nouveau capable de tempérance, l’ami refuse de lui rendre sa liberté. Le buveur, c’est l’Europe, et le copain qui décide à sa place de ce qui est bien ou pas, c’est la BCE.

Le parallèle est osé, mais il fonctionne en ce qui concerne la souveraineté politique européenne en matière de création monétaire : les Etats de la communauté ont bel et bien confié leur “planche à billets” à un acteur non politique, la BCE qui, d’un côté, ne dispose pas de la faculté de financer directement le budget des Etats membres et, de l’autre, délègue la création monétaire au bon vouloir du système bancaire privé.

C’est une différence fondamentale avec les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou le Japon qui, de manière très pragmatique, ont conservé cette faculté de monétiser leur dette en cas de besoin. Evidemment, ce n’est pas une pratique anodine : il y a, en jeu, le risque inflationniste si l’injection de monnaie supplémentaire ne crée pas de richesses dans les mêmes proportions, et des conséquences sur les équilibres de change. Cela explique que, grâce au statut du dollar tout-puissant, les Etats-Unis puissent en user beaucoup plus facilement que d’autres.

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Libre-échange transatlantique : l’UE à la rame

Si José Manuel Durao Barroso voulait fournir aux eurosceptiques un argument de campagne clef en main, il ne s’y prendrait pas autrement. À un an des élections européennes de mai 2014, le président de la Commission n’a rien trouvé de mieux que de se lancer dans la négociation d’un vaste accord de libre-échange entre les États-Unis et l’Union européenne, les deux principales puissances économiques du monde. Son idée est de créer un grand marché intérieur transatlantique où les biens et les services circuleront librement, ce qui, selon lui, permettra de relancer la croissance.

Mais il y a un énorme hic : cette négociation ne pourra aboutir que si les Européens renoncent au passage à une partie de leurs normes, qu’elles soient juridiques, financières, sanitaires, environnementales, culturelles, etc. « On se demande vraiment pourquoi Barroso nous a embarqués dans cette galère politiquement explosive », se demande un haut fonctionnaire bruxellois pour qui « l’Europe a tout à perdre et quasiment rien à gagner dans cette négociation ». Autant dire qu’il s’agit de pain béni pour les opposants à la construction communautaire qui trouveront là du grain à moudre sur « l’Europe pro-américaine et ultralibérale ».

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Vive la banqueroute ! – Entretien avec Frédéric Lordon

Les éditions Fakir publient un livre collectif « Vive la banqueroute ! ». En dix brefs récits, cet ouvrage raconte comment nos grands hommes (Sully, Colbert, Talleyrand, Poincaré, etc.) furent plus radicaux dans leurs actes que ne le sont aujourd’hui ATTAC ou Jean-Luc Mélenchon dans leurs discours. Suivi de « L’irréalisme, c’est eux ! », entretien avec l’économiste Frédéric Lordon.

Réfléchissons ensemble (B.Esambert, O.Delamarche, O.Berruyer)

Débat à propos de la situation économique mondiale avec Bernard Esambert (grand patron, conseiller du président Pompidou), Olivier Delamarche et Olivier Berruyer.

Les intervenants proposent une analyse très intéressante et sans tabou sur la situation économique actuelle (dettes, euro, États-Unis, éthique et solutions) suivie d’une analyse approfondie du système politique et économique, en croisant leurs expériences.

ThinkerView est un groupe indépendant issue de l’internet, très diffèrent de la plupart des think-tanks qui sont inféodés à des partis politiques ou des intérêts privés.

La dette et les économistes

Par Jean-Pierre Béguelin, ancien économiste au sein de la Banque nationale suisse, ancien économiste en chef de la banque Pictet & Cie (Suisse)

Une erreur de calcul vient d’affaiblir une étude, souvent citée par les austériens, qui concluait que la croissance s’effondre dès que la dette publique dépasse les 90% du PIB. Une telle limite n’a toutefois pas trop de sens car il y a dette publique et dette publique.

On a souvent besoin d’un plus savant que soi, c’est bien connu. Sauf évidemment lorsque le professeur, distrait comme Tryphon Tournesol, se trompe et c’est ce qui vient d’arriver aux austériens, pour utiliser ce néologisme à la mode fort commode. Récemment encore, politiciens allemands, commissaires bruxellois et soi-disant experts nord-européens justifiaient l’austérité en brandissant un article publié en janvier 2010 par deux professeurs de Harvard, Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff, par ailleurs ancien chef économiste du FMI, qui, après avoir collecté et disséqué 3.700 données sur 44 pays, concluaient que la prospérité économique s’effondrait dès que l’endettement public dépassait les 90% du PIB. Entre 1946 et 2009, en effet, la croissance annuelle avait été proche de 3% pour les années et les pays développés où la dette publique relative se trouvait en deçà de cette limite, alors qu’au-delà de celle-ci l’économie stagnait, voire reculait de 0,1% par an, une chute de croissance du même ordre de grandeur étant observée pour les économies émergentes.

Or, ces moyennes étaient erronées puisqu’elles n’englobaient pas les observations pour les cinq premiers – rangés alphabétiquement – des pays étudiés, à la suite sans doute d’une mauvaise définition du champ des cellules dont on voulait prendre la moyenne, une bévue que tout utilisateur d’un tableur type Excel a sans doute commise ou évitée de justesse une, si ce n’est plusieurs fois.

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Non, l’euro n’est pas en crise

Ne croyez pas cette “mythologie moderne” qui voudrait que la monnaie unique soit au bord de l’effondrement. Le vrai problème, c’est que les perdants, les pays les moins compétitifs, sont de plus en plus nombreux.

Construction des décors du film “Metropolis” de Fritz Lang (1927)

Cela fait déjà plusieurs années que dure la soi-disant crise de l’euro. Elle est devenue un phénomène durable, à tel point que la “crise de l’euro” s’est installée comme une rubrique pérenne dans certains médias occidentaux. Au même titre que la politique intérieure, l’économie, la météo ou le sport.

La crise s’est inscrite dans la conscience collective comme un phénomène durable. On peut voir les choses d’un point de vue positif : regardez, citoyens, une crise de l’Histoire sans précédent et l’euro tient bon. Nos grands hommes politiques savent mener des actions efficaces. Ils sont nos sauveurs ! Nous devrions répondre à leurs demandes pressantes et leur laisser davantage de pouvoir. Plus d’Europe, c’est-à-dire plus de Bruxelles, de Commission européenne, de Parlement européen, etc. Seule une Europe unie peut relever le défi de la crise de l’euro ! Nous devons achever l’intégration !

Tout cela n’est qu’une mythologie moderne. Un conte moderne visant à justifier idéologiquement l’incroyable expansion de la puissance publique au niveau des autorités bruxelloises non élues et des gouvernements des Etats nations. Un conte qui sert à légitimer le processus continuel de centralisation du pouvoir.

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La BCE aurait-elle perdu le contrôle de la création monétaire en zone euro ?

Les banques européennes auraient trouvé le moyen d’obtenir des liquidités en faisant marcher la planche à billets sous l’oeil bienveillant des banques centrales nationales et de la Banque centrale européenne (BCE) selon Die Welt. Ce, grâce à des titres financiers opaques potentiellement surévalués déposés en garantie en échange des liquidités offertes par la BCE aux banques. Les banques françaises, plus grandes détentrices de ces titres dont personne ne connaît le prix de marché, pourraient notamment être à l’origine d’une bulle financière par ce mécanisme selon Die Welt. Explications.

En stérilisant ses opérations visant à fournir le marché bancaire en liquidités en exigeant des garanties en échange, la Banque centrale européenne (BCE) disait vouloir éviter de faire marcher la planche à billets. Selon le quotidien allemand Die Welt, une faille juridique dans l’Eurosystème, et un peu de mauvaise volonté de la part des banques centrales nationales et du président de la BCE Mario Draghi, auraient pourtant permis la création d’une bulle financière et la perte de contrôle sur le mécanisme de création monétaire par l’institution de Francfort.

A l’origine, un marché dérégulé permettant aux banques de se refinancer
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La déflation salariale menace la France

La baisse des coûts salariaux crée une concurrence au sein de la zone euro. La déflation pourrait s’étendre.

Illustration volontairement un peu décalée du sujet de l’article… (Source : Sénat, janvier 2011 – http://www.senat.fr/rap/r10-227/r10-22781.html – NB : la “VA” est la valeur ajoutée, les “facteurs” sont les facteurs de production.) Cliquer sur le graphique pour l’agrandir

Certains économistes – à commencer par ceux de la Commission européenne – pointent les premiers signes de redressement de la compétitivité dans les pays en récession. Sous l’effet des politiques de consolidation budgétaire, assurent-ils, l’Espagne, le Portugal, la Grèce l’Irlande voient leurs coûts salariaux baisser depuis le début de la crise – le salaire par tête a même retrouvé son niveau de 2006 en Grèce – et regagnent des parts de marché en Europe.

Les économistes de l’OFCE, s’ils ne nient pas ces évolutions, y voient eux les prémices d’un nouveau danger pour la zone euro, une déflation salariale qui pourrait s’installer durablement, avec des conséquences dramatiques, notamment pour la France.

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Nouveau : la BCE donne pouvoir à la France de battre monnaie

Mais que se passe-t-il ? Voici que notre Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne (BCE), vient en catimini, il y a quelques jours, de donner à un pays de la zone euro le droit de battre lui-même monnaie. Et qui plus est de façon quasi “illimitée” (le mot à la mode pour la finance internationale).

Mais attention, pas à Chypre, pas à la Grèce, pas à l’Espagne, pas au Portugal, pas à l’Irlande, pas à l’Italie. Non, à la France. À nous tout seuls ! Et, attention encore, pas dans n’importe quelle monnaie, pas en francs. Non, en euros sonnants et trébuchants (c’est le cas de le dire, comme on va le voir).

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L’Union européenne, c’est l’Empire et l’Empire, c’est la guerre

Par Thierry Baudet, juriste et historien néerlandais né en 1983. Docteur à la faculté de droit de Leyde avec une thèse sur la souveraineté nationale, il publie régulièrement des articles dans la presse néerlandophone, en particulier sur la question des droits de l’homme. Il est l’auteur de “Significance of borders” (Importance des frontières).

On a l’habitude de considérer que l’Union a assuré la paix en Europe. Or lorsque les États-nations cèdent leur souveraineté à des entités supranationales, cela mène au conflit, note de manière provocatrice l’historien Thierry Baudet. Voilà pourquoi il propose de dissoudre l’euro et de rétablir les frontières.

Les partisans du projet européen soutiennent, imperturbables, que le nationalisme conduit à la guerre et la construction européenne à la paix. Toute perte provoquée par Bruxelles sur les plans de la démocratie, de la souveraineté et de la transparence, serait en définitive compensée par un objectif noble : la paix.

Or cette supposition repose sur une erreur. Le nationalisme ne conduit pas à la guerre. L’ambition d’instaurer un Empire européen conduit à la guerre. L’ambition de faire entrer de force différents peuples dans un carcan mène à la guerre. En somme, c’est la construction européenne qui conduit à la guerre.

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Olivier Delamarche : Le Bitcoin, une alternative à l’euro ?

Le 12 avril, Olivier Delamarche, associé et gérant de Platinium Gestion est revenu sur l’actualité économique du moment : la BoJ, le marché de l’emploi US, l’euro… Il était interviewé en direct de la conférence FXCM par Sebastien Couasnon dans Intégrale Placements, présenté par Cédric Decoeur et Guillaume Sommerer, sur BFM Business.

George Soros : “L’Allemagne a le choix entre les euro-bonds et quitter la zone euro”

C’est par ces mots que le milliardaire George Soros s’est invité dans la campagne électorale allemande lors d’une sévère leçon d’économie à l’adresse de l’Allemagne d’Angela Merkel, la favorite de l’opinion publique. Revue du discours prononcé à Francfort devant un parterre d’acteurs économiques et financiers allemands.

C’est un pavé dans la mare qu’est venu jeter mardi soir le milliardaire George Soros lors d’un discours fleuve au Centre d’études financières de Francfort en Allemagne. Selon lui, le problème de la zone euro vient du manque de leadership de l’Allemagne qui doit choisir, selon lui, entre accepter les euro-bonds et quitter la zone euro.

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Espagne : L’État pille le fonds des retraites pour les “paiements d’urgence”

Le Fondo de Reserva de la Seguridad Social, le fonds de la Sécurité Sociale espagnole, a saisi l’opportunité des promesses de Mario Draghi, le président de la Banque Centrale Européenne, de faire « ce qu’il faudrait faire pour sauver l’euro », pour augmenter la part d’obligations souveraines espagnoles qu’il détient. 

Le fonds, qui a été créé pour garantir les paiements futurs des pensions, a acquis 20 milliards d’euros de dette espagnole l’année dernière, et il s’est débarrassé dans le même temps de 4,6 milliards d’euros d’obligations françaises, allemandes et hollandaises. 70% des achats ont eu lieu après les déclarations de Mario Draghi qui ont fait remonter le cours des obligations espagnoles.

Désormais, ce sont 97% de ce fonds de 65 milliards d’euros qui ont été investis en obligations souveraines espagnoles de plus en plus risquées, contre 90% en 2011, et 55% en 2008.

« On dirait qu’à défaut de disposer de sa propre banque centrale pour monétiser sa propre dette, le gouvernement espagnol a tout simplement pillé une autre entité quasi-gouvernementale pour s’assurer du rachat des obligations », écrit le blog financier américain Zero Hedge.

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Chypre : les épargnants paient à la place des spéculateurs

Une des choses les plus mal comprises, dans la crise chypriote, est sans doute l’essentiel : à savoir sa cause principale, qui n’est autre que la spéculation contre la zone euro.

Ce phénomène est si mal identifié, qu’on arrive aujourd’hui à faire passer l’idée qu’il serait légitime d’aller chercher dans les poches des épargnants ce qui a été pris aux banques par la spéculation massive contre la dette souveraine de la zone euro. Or les épargnants locaux n’ont aucune responsabilité dans cette affaire, et un transfert de richesses s’opère des populations vers l’élite sophistiquée, non régulée et non sanctionnée de la finance, en dehors de tout contrôle démocratique.

Les épargnants chypriotes, dont les comptes de plus de 100.000 euros seront potentiellement taxés jusqu’à 50% ou 80%, vont en réalité payer pour compenser ce que des hedge funds ont pillé à la zone euro, trois ans durant. La crise trouve ses origines fin 2009, dans les attaques spéculatives anglo-saxonnes qui ont ciblé de manière concertée la zone euro, et qui ont coulé le pays voisin de Chypre, la Grèce, alors que les banques chypriotes détenaient de grandes quantités de dette grecque, comme l’explique clairement l’agence Standard & Poor’s.

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Merkel : “La Grèce doit quitter la zone euro maintenant !”

Dans un article paru dans le quotidien allemand Die Welt datant du 28 mars dernier, la chancelière a fait part de sa lassitude vis à vis de la situation grecque ; exprimant son désir que la Grèce fasse enfin défaut et quitte la zone euro craignant que la situation de ce pays n’occasionne “des dommages plus importants“.

Elle a par ailleurs comparé la situation de la Grèce actuelle à celle de la fin de la République Démocratique d’Allemagne.

“Le sauvetage de la Grèce a échoué. La situation actuelle de ce pays ressemble à la fin de la RDA. Athènes doit quitter la zone euro avant que des dommages plus importants ne surviennent !”

Crise de la zone euro : Faisons sauter les paradis fiscaux !

La crise chypriote a révélé au grand jour le statut fiscal particulier de l’île au sein de la zone euro. Mais il n’est pas très différent de celui d’autres pays européens, comme le Luxembourg ou les îles Anglo-Normandes : des aberrations qu’il faudrait purement et simplement abolir.

Pourquoi fait-on couler Chypre, alors que les autres paradis fiscaux – le Luxembourg ou les petites îles britanniques comme Man et Guernesey – ne sont pas inquiétés ?

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La Finlande ne veut plus sauver de banques avec de l’argent public

La population du pays, le dernier de la zone euro noté “triple A”, se montre de plus en plus hostile à la participation finlandaise aux plans de sauvetage des pays en difficulté.

Angela Merkel et Jyrki Katainen, premier ministre finlandais

La Finlande a appelé mardi à épargner les contribuables de la zone euro dans les plans de sauvetage des banques européennes à l’avenir, estimant que les actionnaires et les créanciers devaient s’acquitter de la facture.

“Partout en Europe, nous devrions passer à une économie de marché normale, dans laquelle les propriétaires et les investisseurs accusent des pertes en cas de faillite d’une banque”, a déclaré mardi le Premier ministre Jyrki Katainen dans un discours sur l’Europe prononcé à Helsinki. Il a souhaité que l’union bancaire européenne, en cours de création, en fasse un principe fondateur, sinon “nous resterons dans la situation actuelle dans laquelle le contribuable paie de ses deniers les crises bancaires”, a-t-il précisé aux journalistes après le discours.

Katainen a dit vouloir que les décisions sur l’union bancaire soient prises dans l’année.

Après le discours, l’entourage du chef du gouvernement a précisé que le plan de sauvetage de Chypre était considéré par la Finlande comme un cas “unique”, et non comme un modèle à suivre dorénavant. Cet entourage a aussi rappelé que le gouvernement tenait à la protection des petits épargnants (moins de 100 000 euros). Les propos de Katainen interviennent au lendemain de la polémique créée par le président de l’Eurogroupe, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem, qui a d’abord affirmé qu’il faudrait éviter de “faire porter sur les épaules du public” le coût des sauvetages de banques, avant de préciser que chaque pays était unique, et que Chypre était “un cas spécifique”.

Mardi matin, Benoît Coeuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), a jugé que Dijsselbloem avait “eu tort” de sembler faire de Chypre un modèle. La population de la Finlande, le dernier pays de la zone euro noté “triple A” par des agences de notation, se montre de plus en plus hostile à la participation finlandaise aux plans de sauvetage des pays en difficulté. Selon un sondage récent, réalisé à la demande de la chaîne de télévision publique YLE, la moitié des Finlandais ne veulent plus financer de plans de sauvetage, même si le résultat doit être la dissolution de la zone euro.

LePoint.fr

Chypre : trois leçons pour un sauvetage réussi

« Caramba, encore raté ! » Avec le plan de sauvetage de Chypre décidé lundi matin, les ennemis de l’Europe en sont, une nouvelle fois, pour leurs frais. A gauche, les accusations proto-staliniennes de M. Mélenchon contre les « 17 salopards » de l’Eurogroupe ( « dans ces 17 salopards, il y a un Français, il a un nom, il a une adresse [sic], il s’appelle Pierre Moscovici… ») nous feraient presque regretter la modération de feu Hugo Chavez et ont l’effet d’un boomerang. A droite, les éditorialistes de la presse anglo-saxonne, tout heureux de divertir l’attention des marchés loin de l’effondrement de l’économie et des finances publiques britanniques, se réjouissaient de la énième implosion imminente de la zone euro.

Ces partisans de la mort de l’euro devront prendre leur mal en patience : l’Eurogroupe a spectaculairement retourné, au bénéfice des intérêts des citoyens de l’Union européenne, une situation très mal engagée la semaine dernière.

Rappelons les chiffres, quand on parle de Chypre. Cette île de la Méditerranée est pour l’Union européenne un caillou dix fois plus petit que la Grèce : 0,2% du PIB et de la population de l’Union. Un caillou petit, mais costaud : à l’image d’autres îles ayant prospéré dans le giron britannique (Jersey, Guernesey, les îles Caïmans, les îles Vierges britanniques, etc.), Chypre est devenu un paradis bancaire et fiscal.

Les banques s’y sentaient tellement bien qu’à force d’effets de levier, d’expositions excessives aux activités de marché, de prêts abondants, permis notamment par l’appartenance à la zone euro (et la garantie implicite de la BCE), elles ont fini par représenter 670% du PIB de l’île.

Qui dit mieux ? Pas la France (387%), ni l’Allemagne (333%), qui se sont gardées de cette déviance. Seule la Grande-Bretagne, avec les banques de la City, approche le niveau de Chypre (507% du PIB – source : European Banking Federation).

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