Radio Courtoisie : “De la guerre économique à la guerre totale !”

Samedi 4 mai 2013 dans le Libre Journal des Lycéens, Pascal Lassalle (assisté de Franck Wilsdorf) recevait sur Radio Courtoisie, Jean-Loup Izambert, à propos des relations troubles entretenues entre l’État français et des organisations terroristes. La seconde partie de l’émission est consacrée à Georges Feltin-Tracol auteur de l’ouvrage : “Réflexions à l’Est“.

Afrique noire, Palestine, Yougoslavie, Irak, Afghanistan, pays du Caucase et du Maghreb, Iran… De François Mitterrand à François Hollande, les dirigeants de l’État français pactisent en secret avec des organisations terroristes pour engager la France dans les guerres planifiées et commandées par Washington.

Dans cette enquête sans compromis sur les coulisses des guerres contre la Libye et la République arabe syrienne, riche en révélations surprenantes, en documents inédits et en témoignages accablants, Jean-Loup Izambert met à jour le puzzle de vingt années de complicités criminelles contre le monde arabo-perse, l’Eurasie et l’Afrique.

Crimes sans châtiment: un nouvel éclairage sur les guerres contemporaines…

(Merci à Le Chiffre Le Fer)

Relations Russie – Union Européenne

par Arnaud Leclerc

« La crise de l’Euro est bien plus profonde qu’une simple crise de la dette. L’Euro a été créé pour des raisons politiques et sans prendre en compte le niveau de technologie des pays, l’harmonisation du marché du travail, l’intégration politique et une langue commune. On aurait dû être davantage pragmatique. Quand la crise est survenue, les réponses ont été inadaptées. L’Union Européenne n’est pas une vraie Fédération et en a tous les inconvénients sans en avoir les avantages. »

Cette déclaration cassante de Vladimir Poutine le 25 octobre 2012 lors du Club Valdaï résume bien le sentiment russe vis-à-vis de l’Union Européenne : vous n’êtes pas un modèle pour la Russie. En d’autres termes, la monnaie est construite sur du sable,  les disparités économiques et territoriales ont été négligées, vous ne disposez pas d’un socle identitaire solide et votre gouvernance est bancale. Qui êtes-vous pour nous donner des leçons ?

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Au lieu de nous autoflageller, préparons-nous à un renversement du monde

Alors que la zone euro se débat avec sa crise, la croissance russe devrait atteindre 3,6% en 2012 et le chômage diminue. Son rapprochement commercial avec la Chine illustre le déplacement de son centre de gravité vers l’Est.

Par Arnaud Leclercq*.

Alors que le chômage dépasse 26% en Espagne, que la Grèce est engloutie dans des aides financières abyssales sur fond de désastre social ; alors que l’Italie et l’Irlande sont officiellement en récession et que le Royaume-Uni et la France flirtent avec la croissance négative, les dirigeants européens défendent l’Euro coûte que coûte.

Cette ligne Maginot est censée protéger du pire…, mais encore faudrait-il se dépêcher de le définir et de le quantifier. Familièrement, l’on dit que « les pieds ont quitté le plongeoir » et la noyade collective n’est plus considérée comme un danger virtuel. Dans le même temps, certains économistes renommés – Paul Krugman, Jacques Sapir et autres – s’interrogent le plus sérieusement du monde sur la pérennité de la monnaie unique et constatent que le prix à payer pour conserver l’euro atteint la somme vertigineuse des 50 milliards d’euros par an, sans compter les 15 à 40 milliards de pertes engendrées par les fonds de sauvetage FESF et MES. En d’autres termes, une situation intenable, particulièrement pour les pays du sud qui s’enfoncent dans une dépression structurelle.

Dans ce contexte, quid du grand voisin de l’Europe, la Russie ?

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La Russie puissance d’Eurasie

Philippe Conrad présente La Russie, puissance d’Eurasie – Histoire géopolitique des origines à Poutine, d’Arnaud Leclercq (Ellipses, 2012). Après l’effondrement du soviétisme, le plus vaste pays du monde est passé de la superpuissance à l’humiliation, avant de redevenir un acteur majeur du monde multipolaire. Forte de son identité retrouvée et gorgée de richesses naturelles, la Russie dispose d’atouts considérables, comme les nouvelles routes de la soie ou celles de l’Arctique, qui feront d’elle la superpuissance eurasiatique tournée vers une nouvelle économie-monde centrée en Asie.

Loin des clichés médiatiques, plongeant dans les profondeurs de l’histoire et de la géopolitique, Arnaud Leclercq nous offre une réflexion atypique et inscrite dans la longue durée, nourrie d’une connaissance intime des Russes. Il met en lumière les constantes religieuses, identitaires, politiques de la Russie et trace les perspectives d’une puissance qui, n’en déplaise à l’Occident, sera de plus en plus incontournable.

Partie 1 :

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La bataille pour l’Eurasie va-t-elle s’accélérer ?

Par Alexandre Latsa

Les États-Unis s’opposeront à des processus d’intégration dans l’espace postsoviétique“.

Hillary Clinton – 2012

Les récentes déclarations de la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton sur l’intention de Washington de s’opposer aux processus d’intégration dans l’espace postsoviétique lors d’une conférence tenue à Dublin le 6 décembre 2012 ont au moins un mérite, celui de démontrer que l’Union Douanière, et donc la future Union Eurasiatique sont considérés par l’administration américaine comme le mal absolu.

Hillary Clinton n’a pas pris de gants, pour elle, l’union eurasiatique n’est ni plus ni moins que la réincarnation de l’Union Soviétique, et traduit donc la volonté de la Russie de vouloir reprendre le contrôle du cœur de l’Eurasie, que Russie et Occident, via l’Angleterre puis l’Amérique, se disputent depuis prés de 150 ans.

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La grande Albanie : Un projet américain contre le monde orthodoxe ?

Par Alexandre Latsa

Mercredi dernier, le Premier ministre albanais Sali Berisha a prôné l’octroi de la nationalité albanaise à tous les Albanais, où qu’ils résident. Cette déclaration a été faite lors d’une visite de la ville de Vlora où l’indépendance de l’État Albanais a été prononcée, il y a juste 100 ans. A l’époque l’Albanie venait tout juste de se libérer du joug ottoman.

Cette déclaration fait suite a une autre déclaration, commune cette fois, que Sali Berisha avait fait avec son homologue Kosovar Hashim Thaçi il y a quelques semaines, promettant l’union de tous les Albanais. L’endroit était, il faut le dire bien choisi, puisque l’immense majorité des habitants du Kosovo y est aujourd’hui d’origine albanaise, ce qui n’a pas toujours été le cas.

Lors de la guerre des Balkans en 1913, les Serbes constituent encore la majorité de la population. En 1941, le Kosovo est rattaché à la Grande Albanie (déjà) sous protectorat fasciste italien. Après la guerre, le maréchal Tito interdira l’immigration albanaise car la Yougoslavie ne pouvait selon lui être forte qu’avec une Serbie la plus faible possible. En 1974, c’est du reste lui qui attribue au Kosovo le statut de province autonome, statut qui sera supprimé par Slobodan Milosevic en 1989, alors que les Serbes ne représentent déjà plus que 15 % de la population.

Lorsqu’en 2008 le Kosovo se déclare indépendant, près d’une décennie après l’intervention militaire occidentale, peu de commentateurs mettent le doigt sur l’Albanité dominante de ce nouveau petit état. L’heure est au contraire à la fête pour ce peuple soi disant oppressé et qui accède enfin à la liberté.

Au sein de la plupart des pays Occidentaux et de l’Union Européenne, la reconnaissance est instantanée, sans que ne se pose la question du traitement de la minorité serbe et de l’avenir qui lui était réservé, malgré le terrible précédent de 2004, lorsque les chrétiens avaient été victimes de pogroms, les églises brulées, et les droits humains les plus élémentaires bafoués. Il est vrai que l’Europe, pardon l’UE, avait à cette époque d’autres priorités : l’organisation essentielle d’une gaypride a Belgrade.
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Dmitry Orlov : “La population européenne est moins instable qu’en Amérique”

Traduction d’un entretien avec Dmitry Orlov réalisé le 15 décembre 2011.

Quelle différence voyez-vous entre l’avenir de l’Amérique et celui de l’Europe ?

Les pays d’Europe sont des entités historiques qui gardent encore des vestiges d’allégeance par delà le domaine monétisé, commercial, tandis que les États-Unis ont commencé comme une entité commerciale, basée sur une révolution qui était essentiellement une révolte fiscale et donc n’avait pas de position de repli. La population européenne est moins instable qu’en Amérique, avec un plus fort sens de l’appartenance régionale, et elle est plus susceptible d’avoir des relations avec ses voisins, de pouvoir trouver un langage commun et de trouver des solutions aux difficultés communes.

La plus grande différence probablement, et la plus prometteuse pour une discussion fructueuse, est dans le domaine de la politique locale. La vie politique européenne est peut-être endommagée par la politique de l’argent (1) et le libéralisme de marché, mais au contraire des États-Unis, elle ne semble pas en complète mort cérébrale. Du moins j’espère qu’elle n’est pas complètement morte ; l’air chaud sortant de Bruxelles est souvent indistinguable de la vapeur dissipée par Washington, mais de meilleures choses pourraient se produire au niveau local.

En Europe il reste quelque chose comme un spectre politique, la contestation n’est pas entièrement futile, et la révolte n’est pas entièrement suicidaire. En somme, le paysage politique européen peut offrir beaucoup plus de possibilités de relocalisation, de démonétisation des relations humaines, de dévolution à des institutions et des systèmes de subsistance plus locaux, que les États-Unis.

L’effondrement américain retardera-t-il l’effondrement européen ou l’accélérera-t-il ?
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LEAP-GEAB : L’économie globale aspirée dans un trou noir…

…et la géopolitique mondiale chauffée à blanc.

GEAB N°67 (Septembre 2012)

Comme anticipé par LEAP/E2020 depuis la fin 2011, cette fin d’été 2012 marque le début du renouveau pour l’Euroland avec l’émergence d’une dynamique positive nourrie par deux phénomènes durables : d’une part, la mise en place opérationnelle progressive des instruments âprement discutés et décidés au cours des 18 derniers mois ; et d’autre part, l’étincelle visionnaire apportée par les changements politiques de ces derniers six mois qui ont replacé l’avenir de l’Euroland à moyen/long terme au cœur du processus décisionnel.

L’évolution de l’Euro ces dernières semaines offre une parfaite illustration du phénomène (1). Cela étant dit, l’Europe va être en récession pour les 6 à 12 mois à venir. Comme quoi la seule bonne nouvelle que nous annoncions dans le GEAB N°66 du mois de Juin 2012 est loin d’être miraculeuse. D’une certaine manière, c’est même le contraire, puisqu’il n’est désormais plus possible de cacher derrière le prétexte de la « crise de l’Euro ou de la Grèce » l’état tragique de l’économie mondiale.

Plus l’Euroland va avancer sur un chemin constructif, plus va se révéler le caractère « Potemkinien » (2) de la « santé » des économies US, chinoise, japonaise, brésilienne, …. L’arbre ne cachera plus la forêt, à savoir que toutes les grandes économies mondiales entrent simultanément en récession ou en croissance ralentie, entraînant la planète socio-économique et financière dans un trou noir.

Parallèlement l’été 2012 aura marqué une accélération majeure de la dislocation géopolitique mondiale avec un conflit syrien qui devient chaque jour plus dangereux pour le Moyen-Orient et le monde (3), une tension israélo-iranienne prête à exploser à tout moment et un test généralisé de la puissance US déclinante – de la Mer de Chine à l’Amérique latine en passant par l’ensemble du monde musulman. Le monde stratégico-militaire est chauffé à blanc comme l’illustre d’ailleurs la reprise massive des ventes d’armes au niveau mondial, avec les États-Unis fournissant 85% du total (4).

Évolution des ventes d’armes dans le monde et de la part des principaux exportateurs (2010-2011) – Source : New York Times, 08/2012

Pour ces raisons, LEAP/E2020 maintient son Alerte Rouge de Juin 2012 et estime que, d’ici la fin Octobre 2012, l’économie globale va être aspirée dans un trou noir sur fond de géopolitique mondiale chauffée à blanc. Autant dire que les semaines à venir vont, selon notre équipe, emporter la planète dans un ouragan de crises et de conflits sans précédent.
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L’influence atlantiste en Allemagne et en Russie

Par Michel Drac

Par commodité, nous réputerons ici que l’ensemble USA/Grande-Bretagne/Israël constitue une entité capable d’agir de façon coordonnée sur le plan géopolitique. Nous appellerons cette entité : l’Empire.

Cet Empire est confronté à son déclin. Sa réaction est maintenant visible. Confronté à un défi géostratégique qu’il ne parvient pas à relever, celui de la Chine ; confronté encore à la volonté manifeste de la Russie de se poser en acteur géostratégique de premier plan, à nouveau ; confronté, enfin, au risque de voir l’Europe échapper à son assujettissement, l’Empire a choisi de combattre, pour l’instant, en usant de stratégies d’influence. L’attaque sur l’Iran, pour l’instant toujours, n’a pas eu lieu. La guerre ouverte n’est pas, à ce stade, l’option choisie par les dirigeants de l’Anglosphère (et de son annexe israélienne).

Cela peut changer du jour au lendemain, bien sûr.

Mais jusqu’ici, l’influence semble bel et bien la stratégie privilégiée. Elle prend la forme d’une entreprise de cooptation sélective des élites des puissances que l’Empire doit ou conserver en sujétion (l’Allemagne et la France, pour faire court), ou tenir en respect (la Russie).

Le point sur la question.

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