Les Maîtres de la monnaie

Documentaire historique non-fictif de 3h30 qui retrace les origines de la structure du pouvoir qui régit les nations du monde d’aujourd’hui. Les Maîtres de la monnaie revient aux sources de l’actuelle crise mondiale. Un discours sur la monnaie, la dette publique et l’étalon or.

Se pose aussi le problème de la tolérance à l’inflation, la question de savoir qui a le droit d’émettre la monnaie, pour le compte de qui, et du prix pour lequel ce service public est rendu…

Cela interroge également sur la hausse des bilans des banques centrales, lorsque l’on sait par exemple que la FED reverse au Trésor les intérêts que celui-ci lui paye, ce qui n’est rien d’autre que la transformation de la monnaie crédit en monnaie fiat, où la quantité de monnaie est gardée constante, en renationalisant une partie de cette masse monétaire.

Europe : La fin de la prodigalité

Par

L’euro a créé une crise de la balance des paiements en Europe, comme l’a fait le système monétaire des années 1920 fondé sur l’étalon-or. En fait, une seule chose distingue ces deux épisodes : les pays actuellement en crise peuvent faire appel à de vastes programmes internationaux de renflouement.

Ces programmes ont soulagé les tensions financières dans la zone, mais à quel prix? Non seulement ils ont permis aux investisseurs de ne pas avoir à payer le coût de leurs mauvaises décisions ; ils ont également donné l’occasion aux pays du sud de l’Europe dont les prix sont trop élevés de retarder ce qui revient à une dévaluation sous la forme d’une réduction des prix relatifs des marchandises. Cette dévaluation de la monnaie est généralement nécessaire pour restaurer la compétitivité érodée par les débuts de l’euro, qui avait gonflé l’inflation.

En réalité, pour des pays comme la Grèce, le Portugal ou l’Espagne, il faudrait pour qu’ils redeviennent concurrentiels qu’ils baissent les prix d’environ 30 % de leurs propres produits par rapport à ceux du reste de la zone euro au début de la crise. L’Italie a probablement besoin de réduire ses prix relatifs de 10 à 15 %. Mais le Portugal et l’Italie n’ont pu jusqu’ici effectuer une telle « dépréciation effective », tandis que les prix relatifs en Grèce et en Espagne n’ont diminué que de 8 % et 6 %, respectivement.

Fait plutôt révélateur, de tous les pays en crise, seule l’Irlande est parvenue à passer le point critique. La raison en est évidente : la bulle spéculative avait déjà éclaté en Irlande dès la fin de 2006, à l’époque où les fonds de sauvetage n’existaient pas.
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Annie Bussière : La crise du symbolique et la nouvelle économie psychique

La question du patrimoine engage celle du Père et de la transmission symbolique. Or, il se trouve que, de nos jours, la figure du Père est fortement contestée.D’où les questions : le Père assure-t-il encore la Transmission ? Si oui, que transmet-il ?

En passant de l’économie industrielle du XIXè siècle à l’économie financière du néolibéralisme, nous sommes passés d’une économie de la névrose, bâtie sur le refoulement, à une économie de la perversion fondée sur la jouissance.

L’économie industrielle s’achève en août 1971 avec la fin de l’étalon or et l’auto-régulation du Marché. Simultanément, on constate au niveau sociétal un effacement de l’étalon phallus – cette instance symbolique qui régule le manque et permet la subjectivation de l’individu – dont le déclin, il convient de le dire, s’est amorcé au siècle des Lumières ; l’individu doit désormais s’auto-réguler en dehors de toute référence symbolique, ce qui génère une nouvelles économie psychique donnant libre cours à la jouissance aux dépens du désir. On constate que les mêmes mécanismes sont à l’œuvre dans l’économie financière et dans la nouvelle économie psychique, soit le déni du réel au profit du virtuel et de l’imaginaire.

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Quels sont les enseignements de la Grande Dépression pour la zone euro

Par Simon-Wren Lewis

Il est plus facile de considérer les problèmes de la zone euro en considérant tout d’abord la zone euro dans son ensemble et en observant ensuite les différents pays. Dans les deux cas, la zone euro est en train de faire exactement les mêmes erreurs que celles qui ont été commises lors de la Grande Dépression des années vingt et des années trente.

La zone euro subit actuellement un manque chronique de demande agrégée. L’OCDE estime un écart de production (output gap) de presque -3,5 % en 2013. La banque centrale ne peut ou ne désire en faire beaucoup pour accroître la demande, donc la relance budgétaire apparaît nécessaire. C’est la première leçon de la Grande Dépression qui est ignorée. Mais au lieu d’avoir une relance budgétaire, le Pacte de Stabilité et de Croissance (PSC) nous impose d’embrasser l’austérité.

Dans la zone euro, nous avons un problème provoqué par une Allemagne cherchant à vendre moins cher que les autres pays-membres sur la période 2000-2007. Je ne suis pas en train de suggérer que ce fut une politique délibérée, mais les conséquences ne furent pas saisies par les gouvernements des autres pays-membres à cette époque.

Une certaine correction a été à l’œuvre en 2007, mais elle fut inachevée. Or, quelle est la seconde leçon de la Grande Dépression et de l’étalon-or ? Chercher à corriger via la déflation et la réduction des salaires s’avère non seulement difficile, mais aussi inutilement douloureux.
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La bioéconomie, c’est le stade ultime du capitalisme

Dans son livre “Le Corps-Marché”, la sociologue canadienne Céline Lafontaine, professeure à l’université de Montréal, dénonce la “bioéconomie”, une économie fondée sur la marchandisation du corps.

S’attachant en particulier à l’industrie biomédicale, Céline Lafontaine délivre une  enquête documentée et pragmatique sur les enjeux de la bioéconomie. Elle éclaire les règles d’un marché mondialisé du corps humain, dont les éléments (sang, ovules, cellules, tissus…) sont de plus en plus marchandisés, comme dans l’industrie de la procréation. Par-delà les clivages éthiques que tous ces débats suscitent entre les citoyens – par exemple au sujet de la gestation pour autrui –, elle consigne précisément les enjeux réels de cette bioéconomie souveraine. Un éclairage à partir duquel les positions éthiques de chacun peuvent s’ajuster en fonction de plusieurs conceptions possibles de la liberté et de l’égalité…

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Méridien Zéro : « La guerre des monnaies » (Audio)

Communiqué de presse de radio Méridien Zéro

Camarades, amis et auditeurs de Méridien Zéro,

Dans la nuit de jeudi à vendredi la Cambuse, local du MAS National qui abrite également les studios de Méridien Zéro, a été incendiée et entièrement détruite.

Si, selon l’expression consacrée, l’origine du sinistre reste indéterminée, nous avons pu constater la disparition d’une partie de notre matériel radio (ordinateur, micros, matériel d’enregistrement) non retrouvé dans les décombres.

Nous notons que cet acte grave survient dans un climat général délétère, émaillé de dégradations constantes des lieux de la mouvance (notamment la librairie d’Emmanuel Ratier, des permanences politiques, d’autres locaux militants).

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Martin Wolf : « L’échec des élites menace notre avenir »

Le divorce entre responsabilité et pouvoir porte atteinte à la notion même de gouvernance démocratique.

Les européens commémorent cette année le centenaire du déclenchement de la Première Guerre mondiale. Ce désastre a été le point de départ de trois décennies de sauvagerie et de stupidité, qui ont en grande partie détruit ce que la civilisation européenne recelait de positif au début du XXe siècle. Pour finir, comme Churchill le prédisait en juin 1940, “le Nouveau Monde, avec tout son pouvoir et sa puissance”, devait venir “à la rescousse libérer l’ancien”.

Les échecs des élites politiques, économiques et intellectuelles de l’Europe ont produit la catastrophe subie par leurs peuples de 1914 à 1945. C’est leur ignorance et leurs préjugés qui l’ont permise : des idées erronées et des valeurs négatives étaient à l’œuvre. Figurait parmi celles-ci la croyance atavique que les empires étaient non seulement brillants et rentables, mais que la guerre était glorieuse et contrôlable. C’est comme si une envie de suicide collectif avait saisi les dirigeants des grandes nations.

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Bitcoin: l’Allemagne lui donne le statut de monnaie officielle

La nouvelle a fait l’effet d’une bombe dans les milieux alternatifs. Le Bitcoin, la monnaie 100% virtuelle, vient de se voir décerner la reconnaissance officielle par le gouvernement allemand. Grâce à ce nouveau statut de “monnaie privée”, elle pourra être utilisée en toute légalité dans le cadre des “échanges multilatéraux”. La Grèce va-t-elle recevoir sa prochaine tranche d’aide en bitcoins au lieu d’euros? Pas si sûr…

Le Bitcoin est une monnaie électronique, célèbre dans la communauté “geek” et des défenseurs des libertés. C’est depuis la hausse massive de sa valeur, qu’elle s’est retrouvée sous les projecteurs de l’économie internationale. Mais ne cherchez pas un soudain élan de souplesse des argentiers allemands. L’existence juridique du Bitcoin permettra surtout à l’administration fiscale de récupérer sa part du gâteau. Eh oui, jusqu’à présent les transactions effectuées avec cette monnaie échappaient à l’impôt.

Ainsi, les gains issus d’une vente en bitcoins seront ponctionnés de 25% sur les bénéfices. Au bout d’un an, en revanche, il y aura exonération, indique le Frankfurter Allgemeine. Cela fonctionnera exactement comme la taxation sur les plus-values immobilière. Concernant les entreprises, elles devront intégrer un taux de TVA dans toutes leurs transactions en bitcoins. Du coup, cette monnaie alternative chère aux hackers va perdre un peu de son caractère rebelle…

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Les guerres de l’or

Conférence donnée par Ferdinand Lips1 à l’Université de St-Gall le jeudi 24 juin 2004 dans le cadre de la série intitulée «International Finance & Security»

Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi de remercier les organisateurs, Messieurs Graf et Brunner, de m’avoir invité. Avoir choisi un sujet aussi brûlant que celui de l’or les honore. Ils font ainsi preuve de courage. En effet, le mot «or» était tabou jusqu’il y a peu. Le prononçant, on risquait de passer pour un original. Ils ont pris une sage décision. Nous verrons bientôt à quel point, dès l’origine de la civilisation, l’or a joué un rôle essentiel et positif dans l’histoire de l’humanité.

Je prouverai que, sans monnaie-or, il n’est que crises et guerres dans le monde. Le XXe siècle et le début du XXIe en témoignent. Je prouverai également ou affirmerai tout au moins que, sans étalon-or, le monde retombera dans un nouveau moyen-âge. [...]

D’ici là, le système financier actuel – ou plutôt le non-système – aura fini d’exister, à mon avis. Comme vous le savez, il se fonde sur un mensonge et une accumulation gigantesque de dettes, qui ne peuvent plus être honorées. Il est probable que cette montagne de dettes recouvrira tout finalement.

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Méridien Zéro : « La loi du 3 janvier 1973 » (audio)

Le vendredi 21 juin, Méridien Zéro recevait Pierre-Yves Rougeyron pour évoquer avec lui son ouvrage sur la loi du 3 janvier 1973, la fameuse loi Rothschild qui oblige l’État à emprunter sur les marchés financiers privés.

Emission animée par Gérard Vaudan avec la complicité d’Eugène Krampon.

Lord Igor à la technique.

Cela va très mal finir ! Et la “fin de la partie” est pour bientôt !

« Par essence, la création monétaire ex nihilo que pratiquent les banques est semblable, je n’hésite pas à le dire pour que les gens comprennent bien ce qui est en jeu ici, à la fabrication de monnaie par des faux-monnayeurs, si justement réprimée par la loi. Concrètement, elle aboutit aux mêmes résultats. La seule différence est que ceux qui en profitent sont différents ».

Maurice Allais, prix Nobel de sciences économiques en 1988.

Nous pensons que les banques centrales sont en train de perdre le contrôle des Systèmes bancaire et monétaire dans la mesure où leurs politiques ultra laxistes ont abouti (comme tout économiste “autrichien” pouvait d’ailleurs le prévoir) au contraire de ce qu’elles voulaient obtenir puisque les taux d’intérêt à long terme ont commencé une forte hausse de nature à provoquer l’effondrement des prix des obligations et que les actions très surévaluées ont commencé leur retournement à la baisse dont tout indique qu’il va se transformer en krach (mini ou maxi impossible à savoir), sans que les économies se soient durablement redressées ni que le chômage ait suffisamment baissé.

Cette fois-ci, la chute des obligations ne permettra pas aux actions de monter plus haut, les deux actifs chutant ensemble comme cela a commencé au Japon. Ce qui entrainera de nouvelles faillites de banques et autres institutions financières dont l’exposition aux deux actifs précités est à un niveau record. Sans parler des épargnants qui se feront à nouveau rincer…

La seule action que les banques centrales ont réussi c’est de créer des bulles dont l’éclatement est inévitable, étant donné que leur création monétaire artificielle massive n’est pas entrée dans l’économie réelle mais s’est investie dans les actifs financiers dont la hausse ne favorise que les mécanismes de spéculation sans liens avec la réalité de l’offre et de la demande effectives au seul bénéfice de quelques “oligarques” de la finance (grands spéculateurs et/ou dirigeants des banques supposées “too big to fail”).

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Pour une monnaie commune avec ou sans l’Allemagne

Tel le radeau de la Méduse, la Droite Complexée (DC, ex-Parti socialiste [1]) s’accroche maintenant aux hypothèses les plus ténues pour éviter de sombrer corps et âme dans la honte historique. Une vaillante escouade de « responsables du PS français et du SPD allemand » a, par exemple, enfin cerné l’origine du « mal européen » dont elle redoute, à raison, d’avoir à pâtir : c’est « l’alliance néolibérale et conservatrice majoritaire [2] » — comprendre Angela Merkel et David Cameron.

Philipp Veit, Germania, 1834–36

Que David Cameron soit premier ministre d’un Etat qui n’appartient pas à la zone euro sera considéré en première approximation comme un enrôlement admissible puisqu’il s’agit de démontrer que, fût-elle sous la bienveillante tutelle de toutes les DC européennes, la monnaie unique aurait le visage progressiste et riant qui résulterait de l’inversion trait pour trait de sa sale gueule austéritaire présente. Bernard Guetta, intellectuel organique de la DC européenne, ne dit pas autre chose et nous montre même la lumière au bout du tunnel : « L’Union européenne n’est pas génétiquement de droite. Elle est conjoncturellement à droite, ce qui n’est pas du tout la même chose car ce que des élections ont fait, d’autres élections peuvent le défaire. Il faut, autrement dit, que cesse la fausse et mortifère identification de l’Europe à ses politiques du moment [3] ».

L’Europe constitutionnellement (ordo)libérale…

On va dessiller Bernard Guetta — et ses amis Complexés avec lui — quitte à ce que la lumière au bout du tunnel finisse par lui apparaître comme les phares du train qui arrive en face. En matière économique, l’Union européenne n’a pas de politique, au sens très précis d’une possibilité discrétionnaire d’initiative. L’Union européenne n’a pas de politique « conjoncturelle », c’est-à-dire de la politique dont les orientations sont déterminées par les partis « conjoncturellement » au pouvoir, car toute la politique économique européenne a été irrévocablement fixée dans des textes à valeur quasi-constitutionnelle. L’Union n’a donc d’autre politique que de la politique « structurelle », ou pour mieux dire de la politique constitutionnelle, c’est-à-dire de la politique mise sous la forme de règles inscrites dans les traités — et par là même vouées à fonctionner indépendamment de toute donnée proprement conjoncturelle.

Les désastreuses politiques d’austérité présentes ne sont en rien l’effet de quelque « décision conjoncturelle » que ce soit. Elles sont le résultat du fonctionnement mécanique des dispositions du traité de l’UE et du pacte de stabilité. Il n’y a pas de politique conjoncturelle car aucune donnée conjoncturelle ne saurait ajouter quoi que ce soit quand tout a déjà été écrit. Lorsqu’on a organisé l’indépendance de la Banque centrale européenne (BCE), il n’y a plus rien à lui demander puisqu’on lui a donné constitutionnellement pour mission de ne pas répondre [4]. Lorsqu’on a insisté pour graver dans le marbre des traités (Maastricht, Nice, Lisbonne) et de leurs pactes additionnels que les déficits devaient rester inférieurs à 3 % du PIB et les dettes à 60 %, il n’y a plus qu’à s’exécuter puisqu’il n’y a plus rien à discuter — et sous la surveillance renforcée de la Commission.

Lire « Les croyants », Europe, droit d’inventaire, Manière de voir n°129, juin-juillet 2013.

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L’or l’histoire d’une obsession (Rediff.)

Cette série sur l’or comprend 3 volets. Le premier volet traite de la fascination des grandes civilisations antiques, notamment des Romains, pour l’or.  Le deuxième volet (Une monnaie pour le monde) raconte comment les Arabes et les Européens se sont réparti la maîtrise du commerce de l’or et l’exploration de nouveaux territoires afin de découvrir d’autres gisements. Le troisième volet (Une ruée incontrôlable) s’intéresse au développement de l’or en tant que monnaie d’échange international, facteur de prospérité et de stabilité économique, et souligne les enjeux modernes inhérents à la maîtrise de l’or.

Partie 1 : Une fascination antique

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‘Le monde vient d’adopter un nouvel étalon-or dans la plus grande discrétion’

Le monde vient de se doter d’un nouvel étalon or, et cela s’est fait sans réunion au G20 pour en débattre, affirme Ambrose Evans-Pritchard dans le Telegraph.

L’étude annuelle de la GFMS pour 2012, une société de recherches spécialisée sur les métaux précieux, avait déjà indiqué que les banques centrales à travers le monde avaient acheté plus d’or l’année dernière qu’elles ne l’avaient fait quasiment au cours des cinquante dernières années. Elles auraient ainsi acquis 536 tonnes d’or en 2012, qui ont été substituées aux réserves détenues dans les 4 devises les plus courantes : le dollar, l’euro, le yen et la livre sterling. Parallèlement, elles ont réduit de 26% leurs détentions en obligations souveraines européennes de la zone euro, leur faisant retrouver les niveaux qu’elles avaient atteints il y a une décennie.

C’est donc la perte de confiance dans les deux plus grandes devises de réserve du monde, le dollar et l’euro, qui suscite cette évolution. La crise de la dette a révélé les défauts de la monnaie unique, qui ne dispose pas d’une trésorerie capable d’intervenir pour la soutenir, tandis qu’elle est agitée de crises successives ; quant au dollar, c’est la dette abyssale des Etats Unis qui lézarde sa crédibilité.

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Monnaie-marchandise et monnaie gagée par des marchandises

Il y a souvent beaucoup de confusions entre le concept de monnaie-marchandise et celui de monnaie gagée sur des marchandises. C’est la faute à l’or, qui, en tant que “divin métal” a servi de monnaie et en tant que “valeur absolue” a gagé les émissions de monnaie.

La “Currency School” est cette école de pensée qui estimait que la monnaie n’est pas un bien en soi et ne peut être que la stricte représentation d’un étalon dont elle est totalement dépendante. Les défenseurs de cette école considéraient naturellement que l’or était le bon étalon, éventuellement l’argent (bimétallisme or-argent). Dans son principe, réduit au strict minimum, la “Currency School” posait qu’il ne pouvait pas y avoir d’émission de monnaie qui ne soit strictement le reflet des stocks d’or disponibles. L’histoire, la vraie, celle qui fait que la monnaie, lorsqu’on veut l’enfermer dans des raisonnements imparables et définitifs, suit toutes les voies d’évitement possibles, a évidemment conduit les tenants de cette inflexible théorie à mettre beaucoup de nuances dans leurs propos et leurs recommandations.

L’or monnaie-marchandise est une marchandise-monnaie par excellence.

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De quoi l’Europe souffre-t-elle ?

Lisbonne, Portugal – Ici, tout va très mal puisque le taux de chômage dépasse les 13 pourcent. C’est encore pire en Grèce, en Irlande et d’une certaine façon en Espagne et l’Europe toute entière semble glisser vers une nouvelle récession.

Pourquoi l’Europe est-elle devenue le malade de l’économie mondiale ? Tout le monde connaît la réponse. Malheureusement, la majeure partie de ce que les gens savent n’est pas la vérité - notre discours économique est plein d’histoires fausses quant aux maux dont souffre l’Europe.

Si on lit un éditorial à propos de l’Europe - ou, comme trop souvent, un article censément factuel - on y rencontrera très certainement l’un des deux récits que je me représente comme le récit républicain et le récit allemand. Aucune de ces deux histoires ne colle à la réalité.

Le récit républicain - et c’est l’un des thèmes centraux de la campagne de Mitt Romney - veut que l’Europe ait des problèmes car elle en a trop fait pour aider les pauvres et les moins chanceux, et que nous assistons aux derniers souffles de l’état Providence. D’ailleurs, cette histoire est une histoire révérée par les républicains depuis très longtemps : en 1991, lorsque la Suède souffrait d’une crise bancaire causée par les dérèglements (ça vous rappelle quelque chose ?), le Cato Institute a publié un rapport triomphant démontrant que c’était l’échec du modèle de l’état Providence.

Ai-je mentionné le fait que la Suède, qui possède toujours un état Providence très généreux, est aujourd’hui un pays ultra performant, avec une croissance économique plus rapide qu’aucun autre pays développé ?

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Le Minotaure Mondial : Une crise issue de l’hégémonie américaine

L’économiste grec Yanis Varoufakis revient sur l’acte fondateur du nouveau régime de mondialisation, qui portait en germe la financiarisation des économies et l’accumulation des déséquilibres qui ont provoqué la crise de 2008.

« Aux alentours de 1971, les autorités américaines ont entrepris un mouvement stratégique audacieux : au lieu de s’attaquer aux déficits jumeaux toujours croissant du pays, les hauts responsables politiques américains ont décidé de faire le contraire : de stimuler ces déficits. Et qui paierait pour eux ? Le reste du monde ! Comment ? Par le biais d’un transfert permanent de capitaux, se ruant sans cesse au dessus des deux grands océans pour financer les déficits jumeaux américains. »

« Thésée et le minotaure » - Maître des Cassoni Campana (1500-1525)

Entretien avec Philip Pilkington, Naked Capitalism, 13 février 2012

Philip Pilkington : Dans votre livre, « Le Minotaure mondial : l’Amérique, les véritables origines de la crise financière et l’avenir de l’économie mondiale », vous affirmez que cette crise économique actuelle a des racines très profondes. Vous estimez que si de nombreuses thèses très répandues – une cupidité sans borne, une soumission des régulateurs – expliquent certaines caractéristiques de la crise actuelle, elles ne traitent pas la question sous-jacente réelle, qui est celle de la structure actuelle de l’économie mondiale. Pourriez-vous expliquer brièvement pourquoi vous considérez que ces thèses sont insuffisantes ?

Yanis Varoufakis : Il est vrai que, durant les décennies qui ont précédé le krach de 2008, la cupidité est devenue le nouveau credo ; que les banques et les hedge funds ont fait plier les autorités réglementaires à leurs volontés ; que les financiers croyaient en leurs discours, et étaient donc convaincus que leurs produits financiers étaient un « risque sans risque ». Cependant, ce passage en revue des phénomènes de l’époque pré-2008 nous laisse le sentiment tenace que nous manquons quelque chose d’important, que, toutes ces vérités isolées étaient de simples symptômes, plutôt que des causes, du monstre qui nous propulsait vers le krach de 2008.
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Une crise issue de l’hégémonie américaine

« Aux alentours de 1971, les autorités américaines ont entrepris un mouvement stratégique audacieux : au lieu de s’attaquer aux déficits jumeaux toujours croissant du pays, les hauts responsables politiques américains ont décidé de faire le contraire : de stimuler ces déficits. Et qui paierait pour eux ? Le reste du monde ! Comment ? Par le biais d’un transfert permanent de capitaux, se ruant sans cesse au dessus des deux grands océans pour financer les déficits jumeaux américains. » L’économiste grec Yanis Varoufakis revient sur l’acte fondateur du nouveau régime de mondialisation, qui portait en germe la financiarisation des économies et l’accumulation des déséquilibres qui ont provoqué la crise de 2008.

Philip Pilkington : Dans votre livre, « Le Minotaure mondial : l’Amérique, les véritables origines de la crise financière et l’avenir de l’économie mondiale », vous affirmez que cette crise économique actuelle a des racines très profondes. Vous estimez que si de nombreuses thèses très répandues – une cupidité sans borne, une soumission des régulateurs – expliquent certaines caractéristiques de la crise actuelle, elles ne traitent pas la question sous-jacente réelle, qui est celle de la structure actuelle de l’économie mondiale. Pourriez-vous expliquer brièvement pourquoi vous considérez que ces thèses sont insuffisantes ?

Yanis Varoufakis : Il est vrai que, durant les décennies qui ont précédé le krach de 2008, la cupidité est devenue le nouveau credo ; que les banques et les hedge funds ont fait plier les autorités réglementaires à leurs volontés ; que les financiers croyaient en leurs discours, et étaient donc convaincus que leurs produits financiers étaient un « risque sans risque ». Cependant, ce passage en revue des phénomènes de l’époque pré-2008 nous laisse le sentiment tenace que nous manquons quelque chose d’important, que, toutes ces vérités isolées étaient de simples symptômes, plutôt que des causes, du monstre qui nous propulsait vers le krach de 2008. La cupidité existe depuis des temps immémoriaux. Les banquiers ont toujours essayé de contourner les règles. Les financiers sont à l’affût de nouvelles formules trompeuses de crédit depuis l’époque des Pharaons. Pourquoi la période post-1971 a-t-elle permis que la cupidité domine et que le secteur financier dicte ses conditions sur le reste de l’économie sociale mondiale ? Mon livre veut insister sur une cause plus profonde, derrière tous ces phénomènes distincts mais étroitement liés.

PP : Oui, ces tendances doivent être contextalisées. Quelles sont donc les racines de la crise que vous avez mises au jour ?

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La dépression des années 20 provient d’une erreur d’application de l’étalon-or

Par Antal E. Fekete, professeur de mathématiques et de statistiques, Université de Newfoundland (Canada) - Gold University. Conférence donnée le 6 octobre 2010 au Munich Economic Talks.

L'Allemagne au poteau de torture – Carte postale, 1920

D’après une information récente, très peu relayée par les médias, le 3 octobre 2010 dernier, l’Allemagne a effectué son ultime paiement des réparations issues de la première guerre mondiale, mettant ainsi un terme à plus de 90 années d’esclavage. Cet événement est hautement symbolique. Il me donne l’occasion d’être l’un des premiers à vous adresser mes félicitations, et ce, littéralement quelques heures après la libération du peuple allemand de cet esclavage.

J’ai étudié la monnaie et le crédit depuis plus de cinquante ans. Je pourrais faire la synthèse de mes études comme suit : la plupart, si ce n’est la totalité de grands événements de l’histoire de l’humanité depuis l’avènement de la monnaie, ont une explication causale. Les causes peuvent être trouvées dans l’utilisation ou l’abus d’utilisation de la monnaie et du crédit — on arrive à ce résultat, à condition de s’enfoncer suffisamment profondément dans l’historiographie.

Mon discours se veut sans passion aucune, bien ancré dans la pensée économique et certainement libre de toute tonalité nationaliste. Ce soir, je voudrais illustrer ma thèse au travers de l’exemple suivant :

La Grande Dépression de 1930, et en particulier le chômage sans précédent, a été causée par la décision des puissances victorieuses de l’Entente de revenir à l’étalon-or d’avant guerre, mais sans permettre à une institution de compensation issue de l’étalon-or, le marché international des effets, de reprendre du service.

Cette décision a été prise en secret, elle n’a jamais été rendue publique. Or, il n’y a aucun doute sur le fait qu’en 1920 tout le monde, y compris Keynes lui-même, admettait la désirabilité d’un retour expéditif à l’étalon-or. S’il n’y avait pas eu la décision de l’abolir, le commerce des effets aurait repris spontanément.

Le but de cette décision était d’accomplir par la force pure un blocage multilatéral du commerce mondial. Il fallait le remplacer par un commerce bilatéral ou bien, pour nommer les choses par leur nom, un système de troc. Pourquoi les puissances de l’Entente ont-elles pris une décision si sotte, qui allait heurter leurs propres producteurs et consommateurs et empêcher la reconstruction ? Elles le firent parce qu’elles voulaient punir l’Allemagne au-delà du Traité de Versailles.

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L’or, un faux ami ?

Que se passerait-il si nous repassions à l’étalon-or ? Le 8 novembre 2010, Robert Zoellick, président de la Banque mondiale, était le principal sujet de discussion des économistes. Il venait d’écrire que le G20 devrait «envisager d’employer l’or comme point de référence international des anticipations du marché pour l’inflation, la déflation et la future valeur des devises».

Le Wall Street Journal a applaudi Zoellick, qui propose selon lui «une meilleure approche : une politique monétaire prudente aux États-Unis, et un leadership américain affirmé à l’étranger, afin de renforcer la coopération monétaire et de rendre plus stables les taux de change».

Brad DeLong, économiste à l’université de Berkeley, a quant à lui qualifié Zoellick «d’homme le plus stupide du monde».

Personne ne dit qu’un retour à l’étalon-or est envisageable à court terme. «C’est aussi probable qu’une démission de Barack Obama au profit de John McCain, explique J.D. Foster, économiste à la Heritage Foundation. On entre ici dans le domaine du pur fantasme». Barry Bosworth, économiste à la Brookings Institution, est du même avis : «C’est une mauvaise plaisanterie. Cela n’a rien à voir avec l’économie moderne».

Posons-nous tout de même cette question : que se passerait-il si les États-Unis décidaient de lier le dollar au prix de l’or ?

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Possible retour à un système monétaire basé sur l’or

Dans une tribune publiée dans le Financial Times, le patron de la Banque Mondiale, Robert Zoellick, souhaite que l’or joue un rôle stabilisateur dans les changes.

Retour aux sources. À quelques jours du sommet du G20, le patron de la Banque Mondiale prône la mise en place d’un système monétaire international basé sur l’étalon or.

Face à l’insoluble guerre des monnaies, Robert Zoellick, évoque la nécessité de remplacer l’actuel “Bretton Woods II”, le système de change flottant qui prévaut depuis la fin des accords de Bretton Woods en 1971. L’ancien membre du secrétariat au Trésor américain plaide en faveur de l’instauration «d’un système international en mesure d’impliquer à la fois le dollar, l’euro, le yen, la livre sterling et le renminbi (monnaie chinoise, NDLR)».

Il ajoute que ce système «doit également envisager de se baser sur l’or en qualité de point de référence international pour évaluer les attentes des marchés sur l’inflation, la déflation, et la valeur future des monnaies».

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La guerre des monnaies

Un article du Monde vient de mettre en exergue un phénomène qui ne date pas d’hier. En effet, on apprend dans cet article que le Japon a décidé de façon unilatérale de faire descendre la valeur de sa monnaie. Cette dernière n’a pas cessé de s’accroître ces derniers mois et la cause principale [en est le] changement dans la politique monétaire de la Chine. En effet, cette dernière souhaite de plus en plus se débarrasser de ses bons du Trésor américains ; les Chinois se sont donc naturellement rués vers les bons japonais. Ce faisant, ils font grimper de façon artificielle la monnaie japonaise, alors que la situation économique au Japon ne justifie en rien cette hausse.

Cette affaire montre le caractère totalement instable du système de changes flottants mis en place dans les années 70, suite à la déconnexion du Dollar et de l’or, qui était pourtant le pilier du système de Bretton Woods. Si le système a fait illusion jusqu’à présent, avec tout de même quelques graves crises, que ce soit dans les pays émergents ou développés comme en 1987, en 1992, en 1997, en 2002, c’est parce que l’Amérique et ses déficits étaient là. Or, la crise actuelle est plus grave, parce que le mécanisme qui permettait à la machine de continuer à fonctionner a disparu. Ce sont les déficits commerciaux américains toujours croissants et les politiques semi-keynésiennes de relance sans protection, qui ont permis à la croissance de continuer, en évitant ainsi une guerre mondiale des monnaies.

Sans la surconsommation américaine, le système à changes flottants montre son instabilité intrinsèque, chaque pays cherchant à profiter de ses excédents pour croître au détriment du voisin. Tout le monde comprime sa demande et, au final, il n’y a plus de croissance nulle part. Sans un pays consommateur absorbant tous les excédents, la planète est condamnée à la dépression et à la guerre monétaire.

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L’étalon-or crée et protège les emplois

gold standardCertains lecteurs pourraient se demander : «Qu’est-ce que l’or a à voir avec les emplois ? Les personnes qui thésaurisent de l’or ne sont certainement pas des créateurs d’emplois et épargner toujours davantage d’or n’arrange rien du tout. »

L’or est bien lié aux pertes d’emplois aux USA et il est bien aussi lié à la création d’emplois dans l’économie américaine. Revenons aux années 1960. Pendant ces années les USA et le monde étaient dans un système d’étalon or et dollar.

Dans les années 60, les pays prenaient soin de maintenir une balance monétaire constante entre leurs importations et leurs exportations. Ils voulaient tous être dans la situation où ils exporteraient davantage qu’ils n’importeraient, de sorte que leurs balances d’or ou de dollars augmenteraient dans leurs Trésors respectifs.

Pour être plus précis, ils souhaitaient tous exporter plus qu’ils n’importaient, à l’exception des États-Unis.

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Crash Course – 10

Prêt à apprendre tout ce que vous devez savoir sur l’économie dans le plus court laps de temps ?

Chapitre 10: Inflation

Nous avons encore un concept clé à partager avant de nous lancer dans les conditions économiques actuelles et il concerne l’inflation.

La plupart d’entre nous pensons à l’inflation comme la hausse des prix, mais ce n’est pas tout à fait correct. Imaginez qu’une pomme et une orange valent chacun un dollar un certaine année, mais que chacun vaut dix dollars l’année suivante. Puisque vous désirez tout autant manger des pommes et des oranges d’une année à l’autre, alors la seule chose qui a vraiment changé ici, c’est votre argent, qui a baissé en valeur.

L’inflation n’est pas causée par la hausse des prix. La hausse des prix est un symptôme du l’inflation. L’inflation est causée par trop d’argent disponible en regard des biens et services. Ce que nous ressentons c’est que les choses coûtent plus cher, mais en fait, l’inflation est vraiment la valeur de votre argent qui baisse, tout simplement parce qu’il y en a trop.

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Aveuglés par notre confiance en l’euro

Le mantra autour de la monnaie européenne nous a empêchés de voir les périls approcher, explique l’économiste irlandais David McWilliams.

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Les choses ont pris un tour bizarre. Il y a quelques semaines, nous avions fait remarquer à quel point l’Irlande était passée de la démocratie à la “bancocratie.” Par le biais de l’État, en effet, les richesses étaient transférées des “non-initiés” – en l’occurrence, le peuple – vers les “initiés” de notre système bancaire. Maintenant c’est bien pire, puisque l’État transfère ces richesses vers les initiés d’un autre pays. Qu’on ne s’y trompe pas, le sauvetage de la Grèce, qui nous coûtera 1,3 milliard d’euros, ne sauvera pas le peuple grec, mais les banques qui ont prêté de l’argent à la Grèce. Ce n’est pas un prêt, non plus : c’est un cadeau. Ce qu’on a présenté comme le sauvetage d’un État en faisant appel à notre sentiment de solidarité européenne n’est rien d’autre qu’un transfert direct d’argent, de votre poche à celle des créanciers étrangers de banques françaises et allemandes. Ces créanciers auraient perdu de l’argent si la Grèce avait fait faillite fin avril. La bancocratie est désormais transnationale.

Le renflouement de la Grèce est assorti de conditions : cure d’austérité et alourdissement de la fiscalité. Mais quel usage fera-t-on exactement des fonds ? Une grande partie servira à refinancer les obligations existantes. En d’autres termes, les investisseurs originaux en Grèce réduiront leur exposition.

En revanche, le contribuable ordinaire que vous êtes assumera ce risque. Ainsi, le contribuable grec et les autres contribuables européens sont dans le même bateau : les banques font payer leurs propres erreurs par les peuples qui n’ont rien à voir avec les obligations grecques.

On nous dit que tout cela vise à accroître la crédibilité de l’euro. Mais comment peut-on redorer le blason d’une zone financière en récompensant le fiasco des banques ? Comment expliquer que des gens apparemment intelligents, comme les banquiers centraux et les hauts fonctionnaires, agissent de manière idiote ? Pour répondre, il faut se référer à l’Histoire et se pencher sur l’étalon-or, qui était lui aussi entaché de défauts.
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Les divers systèmes monétaires depuis 100 ans

Par André Dorais

Depuis à peine un siècle, l’Occident a connu pas moins de quatre systèmes monétaires, passant du meilleur au pire. Lorsque le système actuel flanchera les politiciens poursuivront-ils dans la même direction? Tant qu’ils contrôleront la monnaie, nous devons le craindre. Je présente ici un résumé de ces systèmes.

L’étalon-or classique (1815-1914)

Le système monétaire du 19e siècle permettait aux gens de convertir leurs billets en pièces d’or. En d’autres termes, les billets étaient des substituts des pièces en question. Le dollar américain s’échangeait contre 1/20 d’once d’or, la livre anglaise équivalait à 1/4 d’once d’or, etc. Ces taux de change étaient fixes, il s’agissait de définitions, tout comme on dit que 100 centimètres sont la même chose que 1 mètre.

L’étalon-or n’a pas été imposé par les gouvernements, il s’est développé librement au cours des siècles. La provision d’or était stable, car elle était sujette aux seules forces du marché plutôt qu’aux décisions arbitraires des hommes de l’État.

Ce système avait l’énorme avantage de corriger les manipulations gouvernementales. Par exemple, si la France augmentait sa quantité de francs, les prix montaient; les revenus croissants qui en découlaient stimulaient les importations, qui étaient également encouragées par les prix relativement plus bas des biens étrangers. Au même moment, les prix domestiques élevés réduisaient les exportations. Les pays commerçant avec la France lui présentaient les francs accumulés dans le but de les échanger contre des pièces d’or. Afin de ne pas perdre tout son or, la France devait réduire le nombre de billets émis en trop. Cette contraction réduisait les prix domestiques, encourageait les exportations et ramenait l’or à la maison jusqu’à ce que les prix reviennent à la normale. Le système avait la capacité de s’auto-réguler.
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«Vers la modération» [monétaire et bancaire]

Quelles sont les missions d’une banque ? Est-elle au service de la population en recevant des dépôts et en accordant des crédits, en émettant et administrant des titres, en effectuant des opérations boursières, des transactions et en conseillant sa clientèle en matière financière ? Contribue-t-elle ainsi à l’évolution sociale ? Ou doit-elle obtenir des rendements les plus élevés possible pour ses investisseurs, s’agrandir sans fin, si possible dans le monde entier, prendre des risques ? Doit-elle rétribuer ses directeurs comme des princes ?

Silvio Gesell

Le titre du dernier ouvrage du professeur Hans Christoph Binswanger «Vorwärts zur Mässigung» (Vers la modération) convient bien au débat actuel. Il constitue un tour d’horizon à travers l’œuvre de l’auteur. Ceux qui cherchent des suggestions de solutions à la crise actuelle ne seront pas déçus.

Binswanger propose une restructuration du système monétaire en relation avec une réorientation de l’économie : il faut abandonner la recherche unilatérale de taux de crois­sance élevés et s’orienter vers une meil­leure préservation des ressources naturelles qui se raréfient et vers le respect de l’environnement.

Une croissance modérée et davantage d’argent en circulation sont certes indispensables pour ne pas mettre en danger le fonctionnement de l’économie moderne mais la «modération» est nécessaire. Qu’est-ce que cela signifie dans le domaine financier?

Restructuration du système monétaire

Binswanger propose une procédure qui va plus loin que les propositions de Thomas Jordan (BNS) ou de Boris Zürcher (Avenir Suisse). Il faut restructurer le système monétaire et réorienter l’économie.

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L’or, gage de liberté et d’efficacité économiques

Par Olivier Demeulenaere

La thèse selon laquelle le libéralisme, voire « l’ultralibéralisme » serait à l’origine de tous nos maux ne résiste pas à l’examen. Les interventions systématiques et répétées des autorités publiques dans la vie économique et sociale montrent que l’étatisme est au moins aussi important.  Certes, les dérégulations massives, ainsi que le démantèlement des frontières au nom de la libre circulation des biens, des services et des capitaux ont fait des ravages. Mais, même aux États-Unis, l’utilisation de l’arme monétaire, budgétaire ou fiscale par les pouvoirs publics a pris des proportions gigantesques – au point que les USA ont été rebaptisés par certains USSA (« États-Unis socialistes d’Amérique »).

Que ce soit la socialisation des pertes du système bancaire ou les politiques de relance de l’activité, les dernières initiatives du gouvernement américain ont de quoi faire enrager les libéraux.

Pour comprendre pourquoi et comment les États (et derrière eux, l’oligarchie financière) ont pu pervertir à ce point le fonctionnement des économies, un article écrit par Alan Greenspan en 1966, et bien connu des défenseurs de l’or, est éclairant. Comble d’ironie, son auteur n’est autre que celui qui deviendra le président de la Fed de 1987 à 2006, et à ce titre, le grand ordonnateur du quantitative easing responsable des deux dernières grandes crises !

Surtout qu’en amont, la crise financière elle-même a été causée par une politique monétaire expansionniste : c’est à une stimulation artificielle du crédit et de l’endettement que l’on doit les célèbres bulles spéculatives dont l’éclatement a provoqué le krach Internet en 2000 et l’énorme collapsus de la fin 2008. Il faut bien l’admettre : les manipulations monétaires engendrent des crises financières et, par voie d’entraînement, économiques, de plus en plus rapprochées.

L’étalon-or et la croissance harmonieuse des économies Lire la suite

Une nouvelle Magna Carta pour les temps modernes

Par Hugo Salinas Price, Président de la « Mexican Civic Association Pro Silver »

La «Magna Carta» (1215) a été le premier document imposé à un roi anglais par un groupe de ses sujets (les barons) en vue de limiter ses pouvoirs par la loi et de protéger leurs privilèges.

Imaginons le président Obama à la place du roi d’Angleterre et que le groupe du G-20 qui se réunit régulièrement représente les barons d’Obama. Les barons d’aujourd’hui, – les présidents des pays du G-20 -, sont très affairés. Ils ne sont pas satisfaits de la manière dont le roi Obama procède.

Malheureusement, ils n’ont pas la jugeote d’exiger ce dont ils ont réellement besoin, c’est-à-dire un retour à l’étalon or. Mais peut-être n’ont-ils pas la jugeote nécessaire parce qu’ils ignorent que c’est d’un retour à l’étalon or dont ils ont besoin.

La profession d’économiste a été réduite à néant par les interférences de la profession bancaire dans la discussion publique sur les problèmes économiques à un point tel que même les conseillers des barons ont oublié ce qui les a conduit dans la triste situation où ils se trouvent.

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