Après la Crimée, la Finlande ?

Un ancien conseiller de Poutine a expliqué au journal suédois Svenska Dagbladet que le président russe cherchait à rendre une « justice historique », et qu’il cherchait à reformer la Russie historique de l’époque du Tsar Nicolas II et de l’Union Soviétique sous Staline.

Le président russe Vladimir Poutine ne se contentera pas de l’annexion de la Crimée, et il devrait également tenter de reconquérir la Biélorussie, les pays baltes et la Finlande, a affirmé Andrej Illarionov, l’un de ses anciens conseillers les plus proches. Illarionov  a été conseiller économiste en chef du président russe entre 2000 et 2005.

« Des parties de la Géorgie, l’Ukraine, la Biélorussie, les pays baltes et la Finlande sont des États que Poutine revendique », a déclaré Illarionov, qui a affirmé que Poutine estimait que l’accession à l’indépendance de la Finlande en 1917 était un « acte de trahison contre les intérêts nationaux » russes. Avant cette date, la Finlande avait été pendant 108 ans un Grand-Duché autonome intégré à l’empire russe.

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Estonie : Mise au point d’un robot sous-marin

Le U-CAT est un petit robot à l’apparence de tortue mis au point par l’université de technologie de Tallinn, située en Estonie. Aperçu lors du Robot Safari au Musée des Sciences de Londres, l’appareil est capable d’explorer les fonds marins difficiles d’accès comme les épaves de navires ou les grottes.

À l’origine de sa construction, le programme Arrows, démarré en septembre 2012 et financé par l’Union européenne, qui a pour mission de fabriquer des véhicules sous-marins à faible coût.

Roumanie : Le bel avenir de l’agriculture bio

Avec l’essor de l’agriculture bio, les paysans roumains ont décidé de mettre à profit leur retard technologique. Des fermes bio sont de plus en plus nombreuses mais le manque de traçabilité reste toutefois le principal obstacle à un développement à grande échelle.

Nicoleta et Dan Florea ne voient que du rose depuis un mois. C’est la saison des récoltes et ce couple d’agriculteurs trentenaires du village d’Ucea de Sus, au centre du pays, passe ses journées dans sa petite parcelle de 2.000 m2 à ramasser avec soin les pétales de roses écologiques qu’il y cultive depuis trois ans. « Cette année, nous allons faire environ 10.000 pots de confiture mais aussi du sirop et du vinaigre », lâche Nicoleta, petite femme souriante aux cheveux noirs.

Au cœur des collines vertes de la Transylvanie, les petites fermes bio comme celle-ci sont de plus en plus nombreuses. L’intérêt pour la culture écologique a connu en effet un véritable boom dans le rang des petits agriculteurs roumains ces dernières années.

« Les paysans qui pratiquent une agriculture traditionnelle font déjà du bio car ils ne cherchent pas à cultiver de manière intensive », explique le président de l’association Bio România, Marian Cioceanu. Selon lui, plus de 50 % des exploitations agricoles de Roumanie pratiquent déjà de l’agriculture biologique sans être certifiées.
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La crise économique en Europe s’étend vers l’est

Certains de ces anciens champions de la croissance comme la Pologne ou l’Estonie, sont en pleine décélération, alors que la République tchèque s’enfonce dans la récession.

Le produit intérieur brut (PIB) de la Pologne, poids lourd économique de la région, n’a augmenté que de 0,1% au premier trimestre par rapport au trimestre précédent.Un chiffre qui apparait d’autant plus faible qu’il concerne un pays en rattrapage économique dopé par les fonds de l’UE.

La Pologne, avec ses 38 millions d’habitants, constitue de loin la plus grande économie parmi les anciens pays communistes devenus membres de l’UE, et la seule parmi les 27 à être restée en croissance tout au long de la crise surgie en 2008.

«L’économie polonaise traverse toujours une phase de net ralentissement», a commenté Monika Kurtek, économiste en chef de la Bank Pocztowy. Sur l’ensemble de 2012, la Pologne avait vu son PIB progresser de 1,9%, contre 4,5% en 2011.

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Nettoyer tout le pays en un jour ? Faisons-le !

Le mouvement Let’s Do It, World! est né dans un petit pays du nord de l’Europe, l’Estonie, où 50.000 personnes – soit 4% de la population totale – se sont réunies un 03 mai 2008 pour nettoyer en cinq heures de temps 10.000 tonnes de déchets sauvages et illégaux répartis sur tout le pays.

Chaque pays organise une journée entre mars et septembre pour nettoyer les décharges illégales dans la nature à l’aide de milliers de volontaires et de bénévoles, de partenaires publics et privés, d’associations ou ONG.

Cette année, plus que 80 pays se sont mobilisés pour récurer la planète et venir à bout des ordures sauvages. Ainsi 3 millions de volontaires et 67.000 tonnes de déchets ont été récoltées.

Alors, ça vous tente ? Faisons-le, France!
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L’austérité est une manière de vivre

Le mot-clé “austerity” (“austérité“) commence à entrer dans le vocabulaire estonien. On le dit et l’entend de plus en plus. Le dictionnaire Merriam-Webster l’a même déclaré mot de l’année. En estonien, le mot “austérité” a une couleur grise et une odeur de pauvreté.

Vivre comme des petites souris

 

Comment les Estoniens pratiquent-ils l’austérité ?

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L’Europe politique franco-allemande menacée par l’Europe purement économique italiano-britannique

David Cameron et Mario Monti ont envoyé une lettre au président du Conseil Européen Herman Van Rompuy. Cosignée par dix autres dirigeants, cette missive lui demande de contribuer à “restaurer la confiance en la capacité de l’Europe à générer une croissance économique forte et durable”.

L’Union européenne fonctionne déjà dans une configuration polycentrique. La crise de la zone euro a conduit à une démarche d’autonomisation de sa gouvernance fortement conduite par le couple franco-allemand. Cette volonté s’appuie sur un constat : partager la même monnaie n’impose pas les mêmes contraintes que l’appartenance au marché unique.

Le choix de ne retenir que 12 ratifications de la part des Etats de la zone euro, qui en compte 17, pour l’entrée en vigueur du traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’Union économique et monétaire (ci-après TSCG) ne s’explique pas seulement par la volonté d’en accélérer la mise en œuvre. Des dispositions ont prévu le défaut de ratification du mécanisme européen de stabilité par une partie des Etats membres de la zone euro : ce dernier entrera en vigueur lorsqu’il sera ratifié par des signataires dont la souscription initiale représente au moins 90% des souscriptions totales (article 48). Tout est en place pour que l’Union politique, stade ultime de la gouvernance de la zone euro, puisse fonctionner avec une partie seulement des Etats de la zone.

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La Banque Centrale Européenne (BCE)

Monétisera-t-elle de la dette souveraine ou non? (version élégante pour “faire fonctionner la planche à billets ”). A l’heure actuelle, il semblerait que toute la Banque Centrale Européenne soit résumée à cette question. La BCE est un acteur essentiel de la vie de l’Eurozone. Les débats qui tournent autour d’elle en sont l’illustration.

Au centre de la plus grave crise monétaire depuis la crise de 1929, la Banque Centrale Européenne a su « outrepasser »  les missions définies de façon très restrictive par ses statuts et contribuer à éviter une propagation de la crise bancaire américaine en 2008 et d’éviter qu’elle dégénère en crise bancaire systémique. Depuis, le statut, les missions, les décisions de la BCE, donnent lieu à des débats, les uns très politiques, les autres très techniques. Toutes tournent autour de ce que peut ou doit être une banque centrale. Toutes font revivre, sur fonds de négociations de dettes grecques, portugaises ou italiennes, les débats de la Banking et de la Currency school, qui, version très simplifiée, opposent ceux qui considèrent qu’une banque centrale doit être engagée dans la création monétaire, l’autre ceux qui pensent qu’elle doit s’en garder !

Naissance et organisation

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Plaidoyer pour un protectionnisme européen

« L’UE, avec ses 495 millions d’habitants, reste à ce jour le plus vaste et le plus riche marché du monde. Face à la menace de rétorsions commerciales, elle a des arguments à faire valoir pour négocier les conditions auxquelles elle consent à acheter les produits et services du monde. » affirme Gaël Giraud, chercheur au CNRS.

Sans attendre que les circonstances nous l’imposent, il nous serait possible de développer un « protectionnisme européen raisonné ». De quoi s’agirait-il ? D’imposer des barrières douanières autour de l’Union européenne (UE), qui pénalisent les biens, services et capitaux importés des pays : qui ne respectent pas les conditions de travail « décentes » préconisées par l’Organisation internationale du travail ; qui ne respectent pas les accords internationaux de Kyoto ; qui tolèrent les sociétés écrans et permettent de contourner l’impôt dû ailleurs (non pas les paradis fiscaux au sens de la liste « grise » de l’OCDE, vidée de toute substance, mais au sens, par exemple, de l’indice d’opacité financière établi par le Tax Justice Network.

Ces conditions peuvent paraître insuffisantes : elles laissent de côté, notamment, les accords multilatéraux sur l’environnement, ainsi que tout ce qui pourrait concerner la lutte contre le dumping salarial. Elles n’en constitueraient pas moins une première étape. Quant à établir une taxe sur les biens produits dans des conditions salariales « déloyales », elle suppose une révision intellectuelle en profondeur du concept même de concurrence, qui n’est guère à la portée, aujourd’hui, de la Commission européenne ou encore de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

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Sept pays candidats pour rejoindre [la zone euro]

Derrière l’Estonie, sept États membres de l’Union européenne sont inscrits dans la file d’attente pour rejoindre la zone euro : la Lettonie, la Lituanie, la Roumanie, la Bulgarie, la République tchèque, la Hongrie et la Pologne.

Tous ces candidats sont issus du côté soviétique du rideau de fer, et, pour leurs dirigeants, l’adoption de l’euro, malgré la crise actuelle, sera la consécration d’une intégration européenne accomplie en deux décennies doublée d’une stabilité économique présumée meilleure. L’enthousiasme des élites est en général contrebalancé dans l’opinion par la crainte d’une envolée des prix.

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Industrie pharmaceutique : Quand les Européens servent de cobayes

C’est la prochaine étape de la mondialisation, et il y a de bonnes raisons de ne pas vouloir que ça soit le cas,” constate Vanity Fair. Les laboratoires pharmaceutiques américains testent de plus en plus leurs médicaments à l’étranger, sur des personnes qui ne bénéficient pas de toutes les garanties de sécurité.

Cette tendance concerne les pays du Tiers-Monde mais aussi l’Europe, précise le mensuel new-yorkais. De 2004 à 2007, la part des essais cliniques effectués aux États-Unis a baissé de 5,2%, tandis qu’elle augmentait de 16% en Europe de l’Est, de 12% en Asie et de 10% en Amérique latine.

L’avantage pour les laboratoires, explique Vanity Fair, est de conduire les tests dans des conditions moins strictes et moins coûteuses, obtenir des résultats positifs et “ainsi convaincre la Food and Drug Administration américaine que les médicaments sont sûrs et efficaces pour les Américains.

En 2008, 80% des produits soumis à la FDA ont été testés hors des États-Unis, soit 58 788 tests. Quelque 876 d’entre eux ont eu lieu en Roumanie et 589 en Ukraine . L’Estonie, la Pologne, la Russie, la Lituanie, la Slovaquie ou la Croatie sont des pays également appréciés des laboratoires.

Hors de tout contrôle sérieux, ces tests sont souvent mortels. Le magazine cite l’exemple d’un test de vaccin contre la grippe effectué dans un refuge pour sans-abris de Grudziadz, en Pologne. Rémunérés 2 dollars, “les cobayes pensaient recevoir une vaccination normale. Ce n’en était pas une. Au moins vingt d’entre eux sont morts.

Press Europ

Stuxnet n’est pas clair – Cyberguerre contre l’Iran ?

Étrange histoire que celle de Stuxnet, un logiciel informatique malveillant (un «cheval de Troie» ) qui agite beaucoup le monde de la cybersécurité. Repéré depuis juillet, ce virus pourrait bien présenter la particularité d’être le premier vrai outil de cybersabotage (une arme de cyberguerre ou de cyberterrorisme, si l’on préfère) capable de s’en prendre sérieusement à des infrastructures vitales.

La centrale nucléaire de Bushehr, en Iran

Résumons : le virus se propage par des clefs USB et profite d’une faille de Windows, il est nocif et sophistiqué, il aurait été repéré en Inde et en Indonésie, il s’en prend à des systèmes dits Scada (Supervisory Control and Data Acquisition)… Jusque-là, rien de très passionnant pour le non-spécialiste.

Jusqu’à ce qu’il tique en lisant deux informations : Stuxnet s’en prend à des systèmes qui programment des automates de chez Siemens et 60 % des vers repérés l’ont été sur le territoire iranien selon Symantec.

De là, certain ont commencé à déduire que Stuxnet, qui pourrait, par exemple, mettre en panne une centrifugeuse, serait une arme secrète destinée non pas à prélever des informations secrètes, mais à paralyser la centrale iranienne d’enrichissement de l’uranium à Bushehr. Même si Siemens (qui avait installé certains des systèmes iraniens) le dément, l’hypothèse d’une attaque informatique (gouvernementale ?) contre la nucléarisation de l’Iran commence à avoir beaucoup d’adeptes.

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Les 25 mythes russophobes

Par Alexandre Latsa

1 – Sous Poutine, la vie ne s’est améliorée que pour les riches et les oligarques, et les pauvres n’ont pas vu une augmentation de leur niveau de vie.

Faux. Sous le gouvernement Poutine, la pauvreté a considérablement diminué. Le taux de russes vivant sous le seuil de pauvreté, est passé de 35 à 23% de 2000 à 2004 et était tombé à 13,5% en 2008 (avant la crise).

2000 (arrivée de Poutine au pouvoir): 35%

2004 (fin du premier mandat Poutine): 23%

2008 (fin du second mandant Poutine): 13,5%

Mémo : il est à noter qu’en France, en 2007, 13,7% de la population vivait sous le seuil de pauvreté.

2 – La spirale démographique russe devrait voir la population de ce pays diminuer, à moins de 100 millions d’habitants, contre 142 millions aujourd’hui.

Faux. Il est très fréquent de lire, en effet, que le taux de natalité est bas, que le taux de mortalité est élevé, ainsi que le taux d’avortements et de suicides, et que la Russie perdrait inexorablement 700.000 habitants par an. Pourtant, ce n’est pas le cas.

En 2005, la population russe a décru de 760 000 habitants, ce qui était le record absolu.

En 2006, la baisse n’a été « que » de 520 000 habitants.

En 2007, la baisse n’a été « que » de 280 000 habitants.

En 2008, la baisse est, à peu près, de 116.000 habitants.

En 2009, la population a augmenté de 12.000 personnes, la natalité ayant augmenté de 3% sur l’année 2009 et ce, malgré la crise économique. Les mesures Medvedev de 2005 ont donc eu un résultat absolument foudroyant.
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Avant la Grèce, l’Europe et le FMI ont déjà sauvé la Lettonie…

Il existe un précédent au cas de la Grèce, celui de la Lettonie qui a bénéficié d’un prêt du FMI et de l’Union européenne en contrepartie d’un plan de rigueur. Résultat édifiant : une récession de – 26% ! Voilà qui promet pour la Grèce et le Portugal.

Petit pays balte de 2,2 millions d’habitants, la Lettonie a aujourd’hui le triste privilège d’être fréquemment désignée comme l’exemple à ne pas suivre. Pourtant, il n’y a pas si longtemps, elle faisait figure de «tigre» avec ses deux voisines l’Estonie et la Lituanie, elles-aussi ex-républiques soviétiques, avant de rejoindre avec Riga l’Union européenne en 2004.

Le fauve letton a connu une croissance rare -9% annuels entre 2000 et 2007 ! L’une des croissances les plus rapides au monde, accompagnée, en toute logique, d’une hausse vertigineuse des salaires, qui ont doublé entre 2005 et 2008 ! Suivit une ruée sauvage sur l’immobilier, et la consommation, qui firent exploser les prix et ont conduit à un endettement considérable –la Lettonie bat tous les records européens avec 89,3 % de prêts libellés en euros.

La chute n’en fut que plus rude, courant 2008. Après les années d’euphorie, où les ménages et les entreprises ont massivement emprunté, le «tigre» balte a reçu en pleine gueule l’arrêt brutal des flux de capitaux, l’explosion de la bulle immobilière et l’effondrement du commerce mondial. Sous l’effet de ce triple choc, production, investissements, et consommation se sont effondrés, tandis que le chômage triplait en quelques mois, dépassant 18%.

Ces problèmes étaient pourtant prévisibles, se désole Jeffrey Sommers, de la Stockholm School of economics à Riga. «Sans régulation des prix ni protection industrielle, avec une politique fiscale qui appauvrit le travail et le capital industriel en récompensant les spéculateurs, l’économie lettonne s’est peu développée. Ce qu’elle a réussi – et qui lui a valu tant d’applaudissements en Occident- c’est d’accumuler avec empressement d’énormes dettes pour financer ce désastre économique

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LEAP : la dislocation géopolitique mondiale accélère son rythme

Communiqué public du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (LEAP), 15 mai 2010

Comme anticipé par le LEAP – Europe 2020 en décembre 2009 et février 2010, le printemps 2010 marque bien un point d’inflexion de la crise systémique globale, caractérisé par son aggravation brutale du fait de l’ampleur insoutenable des déficits publics (voir novembre 2009) et de l’inexistence de la reprise tant annoncée (voir septembre 2009).

Les dramatiques conséquences sociales et politiques de ces évolutions reflètent par ailleurs bien le début du processus de dislocation géopolitique mondiale, comme anticipé en février 2009.

Enfin, les récentes décisions prises par les dirigeants de la zone Euro confirment les anticipations du LEAP, inverses du discours dominant de ces derniers mois, sur le fait que non seulement l’Euro n’«exploserait pas» à cause du problème grec, mais qu’au contraire la zone Euro sortirait renforcée de cette étape de la crise (1).

On peut même estimer que depuis la décision de la zone Euro, sorte de « coup d’Etat de l’Eurozone » soutenu par la Suède et la Pologne, de créer ce vaste dispositif de protection des intérêts de 26 Etats membres de l’UE (2), la donne géopolitique en Europe a radicalement changé. Parce qu’elle va à l’encontre des préjugés qui façonnent leur vision du monde, il va bien entendu falloir quelques mois à la plupart des médias et opérateurs, pour se rendre compte que, derrière l’apparence d’une décision budgétaro-financière purement européenne, il s’agit d’une rupture géopolitique à l’impact mondial.

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Il ne fait pas bon être vieux en Lituanie

Gravement touché par la crise économique, aucun autre pays – à l’exception de l’Irlande – n’a adopté de mesures d’économie plus strictes que la Lituanie. Si ce plan de rigueur n’a pas encore suscité autant d’agitation dans l’opinion publique qu’en Grèce ou en Espagne, son impact sur les Lituaniens sur les plans social et individuel est considérable.

Si les dirigeants de ce monde, largement endetté, se demandent à quoi ressemble la véritable austérité, la réponse est probablement à chercher du côté de cette république de 3,3 millions d’habitants.

Confronté à des déficits croissants menaçant le pays de faillite, cet État balte a réduit ses dépenses publiques de 30%, avec des coupes claires de 20% à 30% dans les salaires des fonctionnaires et une réduction de 11% des pensions de retraite. Même le Premier ministre, Andrius Kubilius, a vu son salaire réduit de 45%.

Et ce n’est pas tout. Dans le même temps, le gouvernement lituanien a augmenté les taxes sur toute une série de biens, notamment l’alcool et les produits pharmaceutiques. Les impôts sur les bénéfices des entreprises sont passés de 15% à 20% et la TVA de 18% à 21%. Le résultat sur les finances publiques s’est traduit par une économie équivalant à 9% du PIB, ce qui représente le deuxième plus grand rééquilibrage budgétaire d’un pays développé – après l’Estonie – depuis le début de la crise du crédit.

Les retraités à la soupe populaire
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Zone euro : tous exportateurs !

Par Olivier Demeulenaere

Nous sommes au coeur d’une crise de la dette. Dette des Etats relayant celle des particuliers, elle-même née de la déflation salariale mise en place depuis 25 ans pour compenser une mondialisation sans règles ni garde-fous.

Aujourd’hui, les pays de la zone euro subissent les affres d’un endettement public insoutenable aux yeux des marchés, qui les sanctionnent pour les contraindre à remettre de l’ordre dans leurs comptes.

Démarche on ne peut plus saine et correction méritée, dans la mesure où le laxisme budgétaire européen préexistait à la crise financière ; mais démarche beaucoup plus discutable si l’on admet qu’une bonne partie de ces déficits n’ont été consentis que pour sauver l’économie des dégâts provoqués par les marchés eux-mêmes !

Les marchés ne sont autres que les acteurs de la finance privée, au premier rang desquels les banques…

Que celles-ci viennent aujourd’hui nous expliquer, notamment en France, que leur sauvetage n’a rien coûté aux Etats puisqu’ils ont été remboursés des sommes qu’ils leur avaient prêtées, relève donc d’une belle hypocrisie. Les banques ont en quelque sorte été sauvées deux fois.

Le mal étant fait, comment sortir au mieux de cet endettement public massif ? En commençant évidemment par mettre fin aux excès budgétaires de toutes sortes.

Mais la tentation est grande aussi de relancer la croissance – donc les recettes fiscales – par la désinflation compétitive.

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La récession en Lettonie sera pire que la crise de 1929

Pire que la grande dépression de 1929, tel est le sort réservé aux Lettons. Selon les prévisions du Fonds monétaire international (FMI), la chute du PIB entre 2008 et 2010 devrait atteindre 30 %, soit autant qu’entre 1929 et 1933 aux États-Unis. Sur les deux dernières années, c’est deux fois plus que la crise asiatique de 1997 et cela dépasse aussi la crise argentine de 2001.

Manifestation d'étudiants à Riga, contre la politique d'austérité, le 1er décembre 2009

Selon l’estimation publiée mardi, l’économie lettone a encore reculé de 17,7 % au quatrième trimestre, ce qui représente une baisse pour l’année dernière de 18,4 %, après un recul de 4,6 % en 2008. Il s’agit aussi de la plus forte baisse dans l’Europe des Vingt-Sept.

Si la récession est aussi profonde dans le petit État balte, entré dans l’UE en mai 2004, c’est du fait de l’ancrage de sa monnaie à l’euro. La Lettonie a choisi un mode de change très fixe, qui limite la fluctuation à plus ou moins 1 %. Adopté très tôt après l’indépendance en 1991, ce régime visait à gagner en crédibilité et contenir l’inflation. Il a d’ailleurs eu des effets positifs.

«Entre 2002 et 2008, la croissance a été tirée par le crédit abondant, une fiscalité attractive et les flux de capitaux», explique Juan Carlos Rodado, de Natixis. Les perspectives d’adhésion à l’euro ont également attiré les entreprises.

Mais après les années d’euphorie, de croissance à deux chiffres, où les ménages et les entreprises ont massivement emprunté, le «tigre» balte a subi de plein fouet l’arrêt brutal des flux de capitaux, l’explosion de la bulle immobilière et l’effondrement du commerce mondial.

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L’adhésion à la zone euro entravée par la crise

La crise mondiale compromet le processus d’adhésion à la zone euro des nouveaux pays membres de l’Union européenne au moment même où ceux-ci éprouvent le plus le besoin d’adopter la monnaie unique.

Les perspectives pour ces pays “sont moins claires que jamais,” selon un rapport de l’Institut bulgare de politique européenne, portant sur la Bulgarie, la République tchèque, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne et la Roumanie.

D’une part, il y a la volonté croissante d’adhérer à la zone euro et d’accélérer le processus car le prix d’en rester exclu a augmenté de manière significative. D’autre part, la crise mondiale a rendu difficile l’accomplissement des critères” et rendu vagues les délais.

La forte volatilité des taux de change, même si elle a dans certains cas permis de maintenir la compétitivité des exportations, a stimulé l’intérêt pour la devise européenne de pays comme la République tchèque, la Hongrie, la Pologne et la Roumanie.

Après septembre 2008, la zone euro est apparue comme le meilleur refuge dans un monde turbulent, offrant un abri contre les attaques spéculatives et une absorption efficace des chocs,” relève l’étude. Si la Slovaquie a rejoint la zone le 1er janvier 2009, les incertitudes liées à la crise et la prudence des 16 pays membres promettent les nouveaux candidats à “une longue attente.

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