Le Département du Rhône doit trouver en urgence 50 millions d’euros sous peine de faillite

L’audit ne sera dévoilé publiquement qu’en septembre, mais le travail du cabinet Ernst & Young, choisi par le président du Nouveau Rhône Christophe Guilloteau pour éplucher les comptes du Département, a été présenté cette semaine aux élus. Et le constat est alarmant. Et même consternant.

Le document révèle tout d’abord que le Rhône a quelques mois pour trouver entre 44 et 56 millions d’euros d’économies pour éviter la faillite et la mise sous tutelle de l’État et du préfet!

Le cabinet préconise la mise en place d’un “plan stratégique de réduction des dépenses du Département”. “Cette réflexion doit être lancée très tôt, dès juillet 2015, pour s’inscrire dans un travail de refonte du processus de préparation budgétaire et sur la mise en œuvre d’un contrôle interne plus fiable afin de limiter le risque d’aléas négatifs sur les dépenses du Département“.

Christophe Guilloteau a toujours dénoncé le budget 2015 voté le 20 février par le Conseil Général et l’ancienne majorité centriste. Ernst & Young lui donne aujourd’hui raison : le budget était insincère et ne représentait pas la réalité des comptes du Département. “Sans la sous-estimation des dépenses et la hausse des recettes, le budget 2015 n’aurait pas été voté à l’équilibre“, annonce Ernst & Young.
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Susan George : « Le pouvoir des transnationales, illégitime et non élu, veut en finir avec la démocratie »

« Nous sommes cernés. » Ainsi débute le nouvel ouvrage de Susan George, les Usurpateurs. Comment les entreprises transnationales prennent le pouvoir. Fidèle à la méthode du dévoilement qu’elle éprouve depuis son premier livre, Comment meurt l’autre moitié du monde, ce 17e opus pose la question de la légitimité des détenteurs du pouvoir dans la mondialisation, en montrant les rouages de l’émergence d’une « autorité illégitime » qui s’ingère dans les affaires internationales grâce à des moyens impressionnants.

Présidente d’honneur d’ATTAC France et présidente du conseil du Transnational Institute, poursuivant son combat contre la mondialisation capitaliste, elle met au jour la cohorte d’individus et d’entreprises mus par leurs seuls intérêts, et qui, s’immisçant dans les traités de libre-échange, se substituent à l’autorité issue du fonctionnement démocratique. Entretien.

Dans votre ouvrage Les Usurpateurs, vous vous qualifiez de « chercheur militant », quel sens cela a-t-il pour vous ?
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Loi Taubira : Vote sous pression du « grand capital »

Le débat sur le mariage homosexuel qui a accaparé l’actualité au cours des derniers mois tend à apparaître comme un débat franco-français lié à l’affrontement des partis et des sensibilités propres à l’Hexagone et l’outre-mer français. Il a pourtant une dimension internationale déterminante. Il n’est même, d’un certain point de vue, que l’un des champs de bataille dans une guerre non déclarée qui fait rage dans une grande partie du monde, pas seulement occidental.

En même temps que les parlementaires français débattent de la loi Taubira, en effet, le mariage unisexe fait la une aux États-Unis avec le recours auprès de la Cour suprême contre l’État de Californie qui a interdit le « mariage gay » par référendum (et un autre recours, le cas Wilson, tendant à faire reconnaître un « mariage » lesbien conclu au Canada).

Si la Cour suprême annule la décision de l’État de Californie comme contraire aux droits de l’homme, le mariage homosexuel qui, jusqu’ici, n’avait été admis que par neuf États sur 50 [1], deviendrait obligatoire sur tout le territoire de l’union. La décision de la Cour suprême est attendue pour la fin juin.

 Le business gay

Une des dimensions de cette bataille particulièrement âpre est l’intervention massive des plus grandes sociétés américaine en faveur du mariage homosexuel. 278 d’entre elles ont signé un mémoire déposé à la Cour suprême en tant qu’amici curiae (une procédure propre aux États-Unis, qui permet à des tiers, « amis de la Cour », de donner leur avis dans une affaire) lui demandant instamment d’admettre cette revendication.

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De plus en plus de patrons prêts à corrompre

Le nombre de hauts dirigeants d’entreprise se disant prêts à verser des pots-de-vin et autres dessous-de-table pour gagner ou conserver des marchés est passé de 9% à 15% cette année, selon l’enquête annuelle du cabinet Ernst & Young publiée mercredi.

Croissance et morale en affaires dans les marchés aujourd’hui peuvent apparaître comme des priorités concurrentes,” note David Stulb, responsable du service spécialisé dans la fraude chez Ernst & Young. [...]

La Colombie, l’Ukraine et le Brésil figurent en haut de la liste des pays perçus comme les plus corrompus. Mais plus d’un tiers des quelque 1.700 dirigeants interrogés par Ernst & Young dans 43 pays estiment que la corruption est très répandue dans leur propre pays.

Sur les 400 directeurs financiers interrogés, 15% reconnaissent qu’ils accepteraient de verser de l’argent pour s’assurer des affaires, 4% se disant prêts à falsifier des informations financières. “Ce groupe de dirigeants n’est pas important en valeur absolue mais, compte tenu de leurs responsabilités, ils représentent un risque énorme pour leurs entreprises et leurs conseils d’administration.” [...]

L’Expansion

(Merci à Arbre Sec)

Les “économistes à gages” sur la sellette

Éditoriaux, matinales radiophoniques, plateaux de télévision : en pleine campagne présidentielle, une poignée d’économistes quadrillent l’espace médiatique et bornent celui des possibles. Présentés comme universitaires, ils incarneraient la rigueur technique au cœur de la mêlée idéologique. Mais leurs diagnostics seraient-ils aussi crédibles si ces « experts » rendaient publiques leurs autres activités ?

Cette fois, la controverse concerne la collusion entre économistes et institutions financières. Nombre d’universitaires invités par les médias pour éclairer le débat public, mais aussi de chercheurs appointés comme conseillers par les gouvernements, sont en effet rétribués par des banques ou de grandes entreprises. Un expert peut-il, « en toute indépendance », prôner la dérégulation financière quand il occupe simultanément un poste d’administrateur d’un fonds d’investissement ?

Ces liaisons dangereuses, sources de conflits d’intérêts, ne sont pas secrètes. Mais leurs bénéficiaires se gardent bien d’en faire la publicité. Avant le cataclysme de 2008, chacun s’accommodait de l’équivoque : les journalistes exhibaient leurs experts censément neutres, lesquels empochaient les dividendes de leur ubiquité sous forme de notoriété accrue et d’espèces sonnantes et trébuchantes.

Mais, depuis 2008, les accointances des économistes ne passent plus inaperçues. L’effet Dracula aura-t-il raison de cette forme intellectuelle de prévarication ? Suffira-t-il de la rendre publique pour la vaincre ? Tel est le pari de la prestigieuse Association américaine d’économie (American Economic Association, AEA).
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Le capitalisme français reste aux mains d’un club très fermé

L’année 2010 sera-t-elle celle des grands changements au sein des conseils d’administration ou des conseils de surveillance des sociétés du CAC 40 ?

Pour l’instant, ni la crise ni les recommandations du code de bonnes pratiques du Medef et de l’Association française des entreprises privées (AFEP), édictées fin 2000, n’ont provoqué de modifications majeures : les instances continuent d’être globalement très homogènes et consanguines.

Le cumul des mandats demeure une pratique régulière. Une petite centaine de personnes (98 exactement), soit 22% des administrateurs, détient 43% des droits de vote des sociétés du CAC 40, selon le cabinet Ernst & Young.

Ces conseils – ils comptent en moyenne 14 membres – n’accueillent que 21% d’étrangers quand ceux-ci détiennent 40% du capital des groupes du CAC 40 et que l’activité à l’international assure désormais l’essentiel de la croissance de leur chiffre d’affaires.

Enfin, les femmes occupent moins de 10% des sièges d’administrateurs.

Une entreprise, la banque BNP Paribas, illustre cette concentration des pouvoirs au coeur de la gouvernance des entreprises du CAC 40 : quatre personnes – trois dirigeants de la banque et un ex-dirigeant encore influent dans le groupe – sont répartis dans les conseils de douze sociétés de l’indice phare de la Bourse de Paris.

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Comment Lehman maquillait ses bilans

L’expert chargé d’analyser la faillite de la banque américaine a publié son rapport de 2200 pages. Il met en cause le PDG, Dick Fuld, et des cadres, ainsi que le cabinet d’audit Ernst & Young et deux banques concurrentes.

Richard Severin Fuld, Jr., ex-Président-directeur général de la banque d'investissements multinationale Lehman Brothers. Surnommé Big Dick ou encore le Gorille...

«Repo 105». C’est le nom de code d’une petite «manip» financière pratiquée par Lehman Brothers pour embellir ses comptes, relevée dans un rapport sur la faillite de la banque rendu public jeudi soir aux États-Unis. Ces «Repo», pour «repurchase agreement», c’est-à-dire «accord de rachat», consistaient pour la banque new-yorkaise à vendre à un partenaire des actifs, notamment immobiliers, à la veille de la publication de ses comptes, pour les lui racheter quelques jours plus tard.

But de la manœuvre: alléger temporairement sa dette afin d’améliorer son bilan. Le chiffre 105 signifie que la valeur des produits vendus par Lehman atteignait 105% des liquidités qu’il percevait en échange. Ce tour de passe-passe, Lehman l’a pratiqué dès 2001, mais l’a utilisé à une échelle de plus en plus importante en 2007 et 2008, pour une valeur de 39 milliards de dollars à la fin du dernier trimestre 2007, de 49 milliards à la fin du premier trimestre 2008 et de 50 milliards au second trimestre 2008.

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