Michéa face à la stratégie Godwin

Récemment associé à la galaxie lepéniste par un dossier du “Point”, le philosophe Jean-Claude Michéa, auteur d’”Impasse Adam Smith”, répond à ses détracteurs et se défend face à la tentative d’annexion de sa pensée antilibérale par l’extrême droite.

Marianne : Un hebdomadaire faisait sa une, il y a quelques semaines, sur les «néocons», vous bombardant comme l’idéologue le plus emblématique d’une véritable lame de fond identitaire, souverainiste et protectionniste, et amalgamant votre nom à celui de Marine Le Pen, soi-disant admirative de vos écrits. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

Jean-Claude Michéa : N’exagérons rien ! Le magazine de François Pinault a d’ailleurs bien pris soin – sans doute pour brouiller un peu plus les pistes – d’inclure également, dans sa liste noire des «néoconservateurs à la française», des personnalités telles que Régis Debray, Arnaud Montebourg, Natacha Polony, Benoît Hamon ou Yves Cochet.

Liste dont l’absurdité devrait sauter aux yeux puisque la nébuleuse «néoconservatrice», telle qu’elle a pris naissance aux Etats-Unis, est plutôt connue pour son soutien constant aux politiques de Reagan et de Bush père et fils – trois présidents qu’il est difficile de tenir pour de farouches contempteurs du capitalisme ! Naturellement, la pratique qui consiste à inverser délibérément le sens des mots afin de rendre plausibles les amalgames les plus fantaisistes n’a rien de nouveau.

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L’immigration, armée de réserve du capital (Rediff.)

Par Alain de Benoist (analyse publiée le 8 avril 2011 dans le n° 139 de la revue Éléments, datée d’avril-juin 2011)

En 1973, peu de temps avant sa mort, le président Pompidou reconnaissait avoir ouvert les vannes de l’immigration à la demande d’un certain nombre de grands patrons, tel Francis Bouygues, désireux de bénéficier d’une main-d’œuvre docile, bon marché, dépourvue de conscience de classe et de toute tradition de luttes sociales, afin d’exercer une pression à la baisse sur les salaires des travailleurs français, de réduire leurs ardeurs revendicatrices, et subsidiairement de briser l’unité du mouvement ouvrier. Ces grands patrons, soulignait-il, en « veulent toujours plus ».

Quarante ans plus tard, rien n’a changé. A un moment où plus aucun parti de gouvernement ne se risquerait à demander qu’on accélère encore le rythme de l’immigration, seul le patronat se prononce en ce sens, tout simplement parce que c’est toujours son intérêt. La seule différence est que les secteurs économiques concernés sont désormais plus nombreux, dépassant le secteur industriel ou la restauration pour s’étendre à des professions autrefois épargnées, telles que les ingénieurs ou les informaticiens.

La France, on le sait, a fait massivement appel à l’immigration dès le XIXe siècle. La population immigrée représentait déjà 800 000 personnes en 1876, 1,2 million de personnes en 1911. D’abord centre d’attraction des émigrations italienne et belge, l’industrie française a par la suite attiré les Polonais, puis les Espagnols et les Portugais.

« Cette immigration, peu qualifiée et non syndiquée, va permettre à l’employeur de se soustraire aux contraintes croissantes du droit du travail »1. En 1924, une Société générale d’immigration (SGI) est même créée à l’initiative du Comité des houillères et des gros exploitants agricoles du Nord-Est. Elle ouvre des bureaux de placement en Europe, qui fonctionnent comme une pompe aspirante. En 1931, on comptera 2,7 millions d’étrangers en France, soit 6,6 % de la population totale. La France affiche alors le plus fort taux d’immigration du monde (515 pour 100 00 habitants).

« Un bon moyen pour toute une partie du patronat de faire pression à la baisse sur les salaires […] Dès cette époque, le capitalisme cherche à mettre en concurrence la force de travail en faisant appel à des armées de réserve salariales »2.
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Zemmour : « L’Euro n’existe déjà plus »

Extrait de l’émission « Ca se dispute » du 4/12/2010 avec Éric Zemmour et Nicolas Domenach.

« L’Euro a été imposé par les élites européennes à un peuple très rétif au départ et qui sentait confusément que c’était mal conçu. Les ‘sachants’ ont imposés une vision, ont promis que l’Euro allait protéger les peuples, en fait c’était l’inverse. L’Euro a été un ‘truc’ pour nous faire rentrer plus vite dans cette mondialisation libérale qui donne tous pouvoirs aux financiers et aux grands groupes internationaux. »

Émission complète :

(Merci à Quentin et à Ole)

Le péril jeune

Par Éric Zemmour

Victimes des « trente piteuses » et de l’égoïsme de leurs aînés, les jeunes ont de quoi protester. Mais ils se trompent de cible.

Sarkozy, t’es foutu, les jeunes sont dans la rue ! l’entrée fracassante des lycéens et des étudiants dans les défilés, battant le pavé contre la réforme des retraites, n’a pas révolutionné l’art difficile du slogan. Elle n’a pas non plus apaisé les esprits puisque, c’est une habitude désormais, ces jeunes manifestants ont attiré aussitôt, comme les abeilles par le miel, des nuées de casseurs venus de banlieue pour piller et voler. Enfin, elle n’a guère éclairci les débats embrumés autour de la question centrale du projet gouvernemental : le report à soixante-deux ans de l’âge de la retraite.

Les représentants officiels du mouvement juvénile, précocement blanchis sous le harnais socialiste, n’ont cessé de répéter l’antienne partageuse selon laquelle un vieux qui part plus tard en retraite, c’est une place de moins pour un jeune pressé d’entrer dans le monde du travail. Si ce faux bon sens était avéré, la France ne serait pas à la fois le pays où le chômage des jeunes est le plus élevé d’Europe et où l’activité des plus de soixante ans est la plus faible !

Les lois d’airain du système par répartition auraient plutôt dû pousser les jeunes à manifester… en faveur de la réforme. C’est, en effet, leur génération qui sera appelée à financer les retraites des ex baby- boomers, plus nombreux qu’eux. Le maintien de la retraite à soixante ans les aurait même obligés à payer deux fois, puisque l’État aurait été contraint de s’endetter pour financer une part croissante de ses engagements.

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L’Europe, dernier croyant du libre-échangisme intégral

Sur l’antenne de RTL, Eric Zemmour a rappelé que le libre-échange a toujours été défendu par les grandes nations exportatrices.

C’est une idée surprenante mais rafraîchissante que RTL a eu d’embaucher Eric Zemmour pour faire une chronique matinale à 7h15. En effet, la première radio de France donne la parole à un journaliste qui a l’habitude de pourfendre le politiquement correct.

http://www.dailymotion.com/video/xcja9p

Après une chronique très intéressante sur l’euro, il a signé jeudi 11 mars une chronique sur le protectionnisme des États-Unis dans l’affaire du marché des avions-cargos auquel Airbus a renoncé. Cette intervention était d’une limpidité dont tous les partisans d’une autre politique (moi le premier) pourraient s’inspirer. En effet, le chroniqueur impertinent a réussi à présenter la réalité du commerce international depuis deux siècles d’une manière extrêmement pédagogique et clair.
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À qui profite l’immigration ?

Du regroupement familial à l’immigration choisie, l’union sacrée de la droite d’affaires et de la gauche bobo au service de la destruction des classes populaires françaises.

Avec par ordre d’apparition : Georges Marchais, Francis Bouygues, Éric Zemmour, un ouvrier français, Nicolas Domenach, François Hollande, Julien Dray.