L’Equateur est le premier pays à annoncer le lancement d’une monnaie virtuelle en décembre

Le président équatorien, Rafael Correa, envisage de lancer une monnaie d’Etat virtuelle en décembre de cette année. L’Equateur deviendrait ainsi le premier pays à créer une monnaie électronique émise par sa banque centrale.

Beaucoup considèrent que cette décision est motivée par le souhait de se désengager du dollar américain, l’unique monnaie utilisée dans le pays depuis l’année 2000. Cette année-là, l’Equateur avait été ébranlé par une crise bancaire très grave. Les officiels de la banque centrale du pays ont indiqué que la monnaie serait introduite en décembre, mais ils n’ont pas révélé quel serait son nom, ni aucun détail technique.

On sait cependant qu’il ne s’agira pas d’une crypto-monnaie comme le Bitcoin, dont l’Equateur a interdit l’utilisation le mois dernier.

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Russie : Poutine riposte aux sanctions en interdisant les importations agroalimentaires (Màj vidéo)

Addendum : Ukraine, la Russie va boycotter les légumes européens

Le président russe cible pendant un an les pays occidentaux qui ont décidé des sanctions contre la Russie. Il laisse entendre qu’il pourrait revenir sur cette mesure s’ils assouplissaient leur position. Au risque d’instaurer un équilibre de la terreur économique.

Menaces, sanctions puis représailles, le tout dans un contexte de tension entre l’Union européenne et les États-Unis d’une part et la Russie de l’autre. La situation n’est pas sans rappeler la guerre froide et Vladimir Poutine est décidé à instaurer un équilibre de la terreur économique.

Le président russe a ordonné mercredi d’«interdire ou de limiter pendant un an» les importations de produits agroalimentaires en provenance des pays ayant adopté des sanctions économiques contre la Russie, a annoncé le Kremlin dans un communiqué.

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Amazonie : Le champignon capable de digérer le plastique

Des étudiants américains ont découvert un incroyable champignon jusqu’alors inconnu qui est capable de digérer totalement le plastique. Le domaine de l’écologie va peut-être faire un bond en avant grâce à cette trouvaille sensationnelle.

Pour Bernard Henrissat, directeur de recherche au CNRS, au laboratoire AFMB à l’université d’Aix-Marseille, “c’est une découverte à première vue extraordinaire”.

Un groupe d’étudiants de l’université de Yale s’est rendu dans la forêt amazonienne, en Équateur, dans le but de rapporter des plantes et des champignons. Ils ont participé à la Rainforest Expedition and Laboratory avec leur professeur afin d’améliorer leurs connaissances dans le domaine de la botanique.

Ils sont revenus chargés de nombreux spécimens végétaux qu’ils ont étudiés pour découvrir une nouvelle espèce de fungus très intéressante qu’ils ont nommée Pestalotiopsis microspora.

Ce champignon pourra se révéler très utile à l’avenir, d’une part parce qu’il est capable de survivre en se nourrissant de plastique (de polyuréthane pour être précis) et d’autre part parce qu’il peut le faire dans un milieu anaérobie, autrement dit sans oxygène.

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Équateur : Le triomphe de Big Brother

L’Équateur recourt massivement à la vidéosurveillance. Préconisées pour lutter contre la délinquance, les caméras s’installent petit à petit partout, jusque sur la plage et dans les taxis.

« Au sommet de la pyramide est placé Big Brother. Big brother est infaillible et tout-puissant »… Les mots de Georges Orwell, dans son roman d’anticipation 1984 semblent de plus en plus d’actualité. Des mots qui résonnent en Équateur, pays de plus de 15 millions d’habitants et dont l’économie s’appuie principalement sur le pétrole et le tourisme.

La sécurité y est un enjeu capital. Et la vidéosurveillance semble efficace : en un an, les meurtres y ont reculé de 26%. C’est aussi un moyen de «fliquer» le citoyen jusque chez lui. En Équateur, Big Brother n’est plus une anticipation.

En 2012, les caméras de surveillance n’étaient que 400 à surveiller les rues de Quito. Aujourd’hui, elles sont 2000 et ce nombre devrait doubler à la fin de l’année 2014. Cesar Navas, directeur du service intégré de sécurité, s’explique : « Les limites opérationnelles, c’est la nécessité qui les imposera et la nécessité est alimentée par celle des citoyens. Chaque jour, nous recevons des centaines de lettres qui nous demandent de mettre des caméras dans les quartiers. Les gens veulent être protégés. »

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Équateur : Pollution, la justice américaine donne raison à Chevron

La justice américaine a donné raison, mardi 4 mars, au groupe pétrolier Chevron, qui estimait que le jugement équatorien lui ayant infligé une amende record de 9,5 milliards de dollars pour pollution était entaché d’irrégularités. A l’issue de six semaines d’audience, le juge de district new-yorkais Lewis Kaplan estime en effet que les plaignants ont corrompu le juge équatorien chargé de l’affaire et ont falsifié certaines preuves.

Les quelque trente mille plaignants, regroupés au sein du Front de défense de l’Amazonie et soutenus par leur gouvernement, ont annoncé qu’ils faisaient appel « immédiatement ». Un de leurs avocats a dénoncé « une sentence injuste et illégitime, qui provient d’un juge incompétent, dans le cadre d’une procédure absurde ».

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Mexique : L’eau solide, une révolution pour l’agriculture mondiale

Sergio Rico, ingénieur polytechnicien mexicain, est l’inventeur de la pluie solide, une potion magique très simple qui pourrait révolutionner l’agriculture mondiale.

Depuis une dizaine d’années, le Mexique subit des sécheresses terribles dans le nord du pays. Sergio Rico, sensible aux problèmes de pauvreté, de famine et de migration, a cherché comment mieux utiliser les faibles pluies qui tombent malgré tout sur ces zones arides.

“En travaillant sur la récupération de l’eau de pluie, déclare Sergio Rico, nous avons trouvé le moyen de la solidifier pour lui donner une autre valeur. Je me suis inspiré des couches pour bébés qui permettent d’absorber un liquide dans un minimum d’espace, et c’est à partir de là que j’ai eu l’idée de transformer l’eau de pluie en la gardant sous forme moléculaire dans un acrylate très absorbant dont la caractéristique est d’emmagasiner jusqu’à 500 fois son poids en eau sans en modifier la structure chimique.”

L’eau de pluie, captée des toits, est canalisée vers un réservoir dans lequel il suffit de verser une dose de 1,5 gramme de polyacrylate de potassium pour 1 litre d’eau. En 15 minutes, on assiste au processus de solidification de l’eau. Se produisent alors une ionisation et une précipitation qui permettent aux molécules d’eau de se coller aux polymères, ce qui donne de l’eau en grains, à l’état solide.

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Équateur : L’or noir l’emporte sur la forêt

Le président équatorien Rafael Correa vient d’autoriser l’extraction de pétrole dans le parc national Yasuní. En 2007, il s’était engagé à ne pas y toucher, en échange d’une aide financière internationale lutter contre le réchauffement climatique. Mais l’aide attendue n’est pas arrivée.

Le parc national Yasuní

La pirogue s’élance sur les eaux brunes de la rivière Tiputini, entre les immenses arbres du parc national Yasuní, et pénètre au cœur de la forêt amazonienne de l’Equateur. De temps à autre, sur le chemin qui mène à la station scientifique de Tiputini, le guide pointe la rive du doigt. Un caïman prend le soleil, des singes-araignées jouent au sommet des arbres, une nuée de papillons jaunes tourne autour d’un groupe de tortues, attirée par le sel de leurs carapaces, un faon prend son bain, un dauphin rose pointe le bout de son nez et disparaît aussitôt.

Sur un seul du million d’hectares qui composent le parc Yasuní, on dénombre près de 600 espèces d’arbres ; soit autant que sur tout le territoire des Etats-Unis et du Canada. Sur un arbre cohabitent jusqu’à 43 espèces de fourmis. Il a fallu des millénaires pour qu’une telle biodiversité se crée”, affirme Diego Mosquera, responsable de la station, qui dresse depuis huit ans l’inventaire des animaux de la région à l’aide de pièges photographiques.

 

Cette richesse biologique est aujourd’hui menacée. Le gouvernement de Rafael Correa s’apprête à extraire le pétrole des derniers gisements non exploités du Yasuní, situés sous le champ Ishpingo-Tambococha-Tiputini (ITT). Là  où se trouvent quelque 9 milliards de barils de pétrole brut, soit 20 % des réserves totales du pays. Extraire ce pétrole rapporterait entre 5 et 7 milliards de dollars [entre 3,7 et 5,2 milliards d'euros], dont une partie permettrait de combler le déficit de l’Etat. D’après des experts interrogés par le quotidien El Comercio, l’exploitation du champ ITT prendrait entre trois et cinq ans.

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Mondialisation : Alerte dans nos assiettes

En moins de vingt ans, la mondialisation a aussi bouleversé ce que nous mangeons : les pizzas et les plats surgelés ont rejoint les portables et les écrans plats dans la liste des produits low cost importés, souvent made in China. Une tendance méconnue, tant les géants de l’agroalimentaire entretiennent l’opacité. Et inquiétante, car la traçabilité est un leurre. Engagés dans une course au profit, les industriels du secteur agroalimentaire draguent les tradeurs et les cadors du marketing.

Ce 24 juillet est une journée comme les autres aux portes de l’Europe. Les douanes françaises interceptent une cargaison d’aubergines de République dominicaine, avec des doses très élevées d’un insecticide toxique, le méthomyl. Aux Pays-Bas, les autorités sanitaires découvrent que des carcasses de bovins roumains n’ont pas été soumises aux tests obligatoires de dépistage de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), la maladie de la vache folle. En Italie, des lots d’ustensiles de cuisine toxiques made in China sont saisis juste avant leur mise sur le marché, tandis qu’en France une alerte est lancée sur des filets d’espadon gavés de mercure en provenance d’Équateur…

Longtemps, nous avons été heureux sans le savoir. La volaille s’élevait à Bresse, les pommes normandes avaient du goût et le poisson se ramassait dans les filets bretons. Aujourd’hui, des conteneurs de nourriture affluent du monde entier, pour le meilleur – toujours plus de variété, en toute saison -, mais aussi pour le pire. Pressés par la concurrence, par leurs actionnaires et par une grande distribution sans pitié, les groupes agroalimentaires vont chercher toujours plus loin, et toujours moins cher, des produits qu’ils trouvaient autrefois à leur porte.

Au nom de la productivité, ils délocalisent à l’autre bout du monde, au risque de surveiller davantage leur assiette fiscale que celle du consommateur. Dans l’alimentation comme dans tant d’autres secteurs, la planète est devenue une gigantesque usine. Les langoustines pêchées en mer d’Écosse coûtent trop cher à produire sur place? On les envoie en Thaïlande pour les faire décortiquer par des “petites mains”, avant de les renvoyer en Europe pour les cuire. Soit un joli voyage de 27.000 kilomètres.
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Sale temps pour la planète : Équateur

Zoom sur la menace planant sur l’Équateur avec le volcan Cotopaxi. Ce cône blanchi situé aux alentours de Quito est même devenu un des symboles du pays, mais son éruption entraînerait une coulée de boue qui priverait la capitale de l’essentiel de son alimentation en eau potable.

Cette situation n’est pas un cas isolé. L’Équateur recense pas moins de 25 volcans actifs ou très actifs surnommés le «boulevard des volcans» par le géographe et explorateur allemand Alexander Von Humboldt. Pour faire face à cette situation, des sentinelles veillent. Quant à la population, elle s’entraîne à évacuer la ville pour se mettre en lieu sûr. Mais la capitale Quito, installée sur une faille sismique, risque à tout moment de subir un séisme.

Équateur : Vente aux enchères de 3 millions d’hectares de forêt amazonienne aux compagnies pétrolières

L’Équateur envisage de vendre aux enchères plus de 3 millions d’hectares de forêt amazonienne à différentes compagnies pétrolières mondiales, notamment chinoises.

Pour Wilson Pastor, le ministre des Ressources naturelles non renouvelables de l’Équateur, le pays n’a pas suffisamment exploré ses ressources au cours des 15 dernières années, et il a besoin d’attirer les investissements étrangers.

L’annonce du Secrétariat aux hydrocarbures de l’Équateur propose 13 blocs pétroliers en grande partie inexplorés dans la région du sud-est du pays, près de la frontière avec le Pérou. Les réserves s’y trouvant sont estimées à plus de 100 millions de barils.

Selon Amazon Watch, plus d’un million de personnes ont signé une pétition en ligne pour que l’Équateur suspende cet appel d’offres, la pétition dénonce cette décision des autorités équatoriennes d’exploiter les ressources pétrolières des forets tropicales qui va dévaster les régions et les communautés indigènes qui y vivent.
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Mondialisation et régionalisation des flux migratoires

En ce début du vingt et unième siècle, les migrations internationales ont pris un essor sans précédent. Mais, à la différence du passé, ce ne sont plus les Européens qui ont émigré de par le monde, l’Europe étant au contraire devenue l’une des premières destinations migratoires, en proie à un déclin démographique, mais la planète entière qui est en mouvement, notamment les zones du sud.

De nouvelles destinations se sont fait jour, comme les pays du Golfe, le continent africain, certains pays asiatiques, tandis que des pays de départ sont devenus des pays d’accueil et de transit, comme l’Europe du sud, puis le Mexique, la Turquie et les pays du Maghreb.

Ces migrations se sont mondialisées depuis trente ans, et ont triplé depuis le milieu des années 1970 : 77 millions en 1975, 120 millions en 1999, 150 millions au début des années 2000, près de 240 millions aujourd’hui.

Ce processus va se poursuivre car les facteurs de la mobilité ne sont pas près d’avoir disparu : écarts entre les niveaux de développement humain (qui combinent l’espérance de vie, le niveau d’éducation et le niveau de vie) le long des grandes lignes de fracture du monde, crises politiques et environnementales, productrices de réfugiés et de déplacés.
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Espagne : Les citoyens meurent à crédit pour leurs banques

D’après une étude de la Plateforme des victimes de crédits hypothécaires (PAH), une association citoyenne, plus de 362.000 foyers espagnols ont été victimes de saisies immobilières depuis 2008, , entraînant dans plusieurs cas des suicides… Le gouvernement, en connivence avec les banques, refuse de modifier une loi sur les hypothèques obsolète et inhumaine.

Cette loi permet au créancier, les banques, de gagner sur tous les tableaux et de s’enrichir sur la misère. Pendant que le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, lisait son discours sur l’état de la Nation, le 20 février dernier, une femme s’immolait par le feu dans une succursale bancaire de Castelló (région de Valence). Brûlée à 50%, elle serait une victime de plus des cas des saisies immobilières qui se multiplient dans le pays.

En Espagne, toute personne se retrouvant en défaut de rembourser son crédit immobilier, perd non seulement sa maison mais est condamnée à rembourser le reste du prêt concédé par la banque, prêt qui ne fait qu’augmenter avec les taux d’intérêt variables et les pénalités pour retard de paiement. L’issue est parfois fatale… Depuis l’été dernier, une quinzaine de personnes se sont défenestrées le jour où elles allaient être expulsées de leur domicile.

Pas un mot, pourtant, du chef du gouvernement sur ce sujet dans son discours. Sauf lorsque les députés de la gauche plurielle (minoritaires) ont insisté sur la nécessité de réformer la loi sur les hypothèques, l’une des plus drastiques et obsolètes d’Europe, datant de 1909. Les mouvements citoyens s’organisent pour freiner les expulsions et changer la loi.
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Équateur : Chevron condamné, un avertissement pour les multinationales

La cour d’appel de Lago Agrio dans le nord est de l’Equateur a confirmé la condamnation à 18 milliards de dollars de la Compagnie pétrolière Texaco, rachetée en 2001 par Chevron, pour pollution de plus d’un million d’hectares de forêt équatoriale. Plus de 30000 indigènes ont été affectés par cette pollution.

La condamnation en première instance, annoncée en février 2011, chiffrait le montant des dommages et intérêts à payer par la compagnie nord américaine à 9 milliards de dollars. Cette somme était doublée si Chevron Texaco ne présentait pas d’excuses auprès du tribunal pour son attitude hostile et manipulatrice tout au long du procès.

Au lieu d’excuses, la Compagnie a fait appel. La nouvelle décision de la justice équatorienne condamne donc Chevron à 18 milliards de dollars de dommages et intérêts. La première action en justice contre Texaco avait commencé en 1993. Un groupe d’avocats et de défenseurs de l’environnement avait réuni les plaintes de plusieurs victimes des pollutions de Texaco en Equateur pour le dépôt d’une plainte collective devant un tribunal Newyorkais.

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Équateur : Une nouvelle constitution pour bien vivre

Le 28 septembre 2007, le projet de nouvelle constitution proposé par le président Rafael Correa était approuvé par 64% des voix, confirmant une fois de plus l’adhésion de la population équatorienne au « socialisme du 21e siècle », modèle également en voie de réalisation au Venezuela et en Bolivie. Jetons un œil sur cette constitution aussi innovatrice qu’audacieuse dont la toile de fond est la notion du « bien vivre » (« sumak kawsay », en langue quechua) qui, empruntée à la vision indigène du monde, est définie comme « l’ensemble organisé, durable et dynamique des systèmes économiques, politiques, socioculturels et environnementaux » (article 275).

Les 444 articles de la nouvelle constitution, nous dit Magdalena Leon, du portail Internet Amlatina, proposent de « désactiver le néolibéralisme » et d’aller vers un système économique basé sur une répartition plus égalitaire des moyens de production et des bénéfices du développement.

Étroitement lié à une nouvelle conception du développement, le droit au « bien vivre » consacre, entre autres, les droits pour tous à l’eau, l’alimentation, la santé, l’éducation, la sécurité sociale, l’énergie électrique, les télécommunications de même qu’aux infrastructures routières et sanitaires.

La nouvelle charte caractérise le système économique comme « social et solidaire », reconnaissant que l’être humain en est à la fois le sujet et le but. Ce système doit tendre vers une « relation dynamique et équilibrée entre la société, l’état et le marché, le tout en harmonie avec la nature » (article 283).

Le droit à la propriété sous toutes ses formes (publique, privée, communautaire, coopérative, associative, etc.) est reconnu mais la vieille notion de « liberté d’entreprise » sans limite est remplacée par « le droit à développer individuellement ou collectivement des activités économiques conformes aux principes de solidarité et de responsabilité sociale et environnementale » (article 66).

Le terme « entreprise » n’est même plus utilisé dans le texte constitutionnel qui lui préfère les expressions « unités économiques » et « unités productives ».

Le travail, un droit social et économique

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L’Équateur soutient l’Economie Populaire et Solidaire

Depuis 2008, l’Equateur s’est engagé dans un processus de reconnaissance et de valorisation des acteurs de l’Economie Populaire et Solidaire (EPS). Une loi organique vient d’être adoptée qui reconnait et normalise les structures financières populaires et qui au passage, légalise le recours à des moyens de paiement complémentaires physiques ou électroniques.

En 2008, les Equatoriens adoptent une nouvelle Constitution qui reconnait l’Economie Populaire et Solidaire (EPS) en la plaçant comme composante du système financier, au même titre que le secteur public et privé. Elle va plus loin dans le soutien à ce secteur dans son article 311 où « les initiatives du secteur financier populaire et solidaire et des micros, petites et moyennes unité de productives, recevront un traitement différencié et préférentiel de l’Etat ». Nous pouvons comprendre par là que l’Etat lui donnera des avantages fiscaux, des subventions spécifiques et qu’il s’adressera prioritairement à ce secteur, dans le cadre des commandes publiques par exemple. La Constitution reconnait aujourd’hui un secteur marginalisé pendant des années, ignoré par la loi et la société. Les unités économiques qui le composent étaient considérées comme marginales et dédiées « à la solution à de petits problèmes ».

L’Economie Populaire et Solidaire se présente sous plusieurs formes : entreprises unipersonnelles, familiales, domestiques, ateliers artisanaux, réseaux de finances populaires et solidaires. Ces formes d’entreprise ont surgi de manière spontanée des communautés et sont le produit de relations familiales, ethniques, culturelles, ou territoriales.

L’ESP contribue fortement à l’activité du pays, elle représente aujourd’hui 50% de l’emploi national et 30% du PIB[1]. Les petites et très petites surfaces agricoles (de moins de 1 à 5 ha) fournissent 65% des aliments de base aux populations urbaines. La finance populaire est une composante importante du secteur et compte 1500 coopératives financières et quelques 600 caisses d’épargne et banques communautaires. Elle rassemble 12% de l’épargne nationale.

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Islande : Les ressources naturelles bientôt transférées aux citoyens ?

Les Islandais ont décidé de reprendre leur destin en main. Après avoir refusé le renflouement des banques en 2010 et 2011, ils ont voté lors d’un referendum en octobre, les propositions faites par un comité de citoyens pour élaborer une nouvelle Constitution. Le texte prévoit en particulier que les ressources naturelles soient « détenues par le peuple islandais ». Entretien avec Victor David, juriste de l’environnement à l’Institut de recherche pour le développement (IRD).

Novethic : Le projet de nouvelle constitution islandaise prévoit que les ressources naturelles soient «  détenues par le peuple islandais ». Quelle serait la portée de ce texte s’il était adopté ?

Victor David : Cette formulation est une façon politiquement correcte de parler de nationalisation des ressources naturelles. En Islande, un des grands enjeux concerne les produits de la mer. Quelques grosses entreprises concentrent presque l’ensemble des quotas de pêche. Cette nationalisation permettrait de renégocier les quotas vers une redistribution plus favorable à l’ensemble de la population. Les perspectives de trouver du pétrole dans les eaux territoriales islandaises en mer du Nord ne sont probablement pas non plus étrangères à cette proposition.

Plus largement, la nationalisation est motivée par la crainte de voir des multinationales, voire des États étrangers via des entreprises publiques, accaparer les ressources. La Chine a par exemple essayé d’acquérir des terrains en Islande. Il faut cependant relativiser la portée du texte islandais qui ne fait référence qu’aux ressources non déjà privatisées. Il ne s’agit donc pas pour le gouvernement de faire une chasse aux compagnies privées.

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Amérique latine : Quand Washington observe Pékin

« Zou chuqu » est une expression officielle utilisée par le gouvernement chinois. Elle décrit l’invitation faite aux entreprises du pays – notamment celles portées vers les marchés internationaux auxquelles il est directement associé – pour qu’elles se déploient et investissent activement en Afrique, au Moyen-Orient et en Amérique latine.

Ce slogan pourrait se traduire par « aller au dehors » ou « sortir au loin ». Il revêt des dimensions géoéconomiques, géopolitiques et géoculturelles intégralement analysées et mises en perspective dans une récente livraison de la publication universitaire britannique The China Quarterly Special Issues [1].

Peu présente dans la région  avant les années 2000, et ce malgré l’existence de relations officielles développées avec plusieurs pays latino-américains depuis les années 1960 – Cuba en 1960, Chili en 1970, Pérou en 1971, Brésil en 1974 -, la Chine est désormais sur le point de détrôner l’Europe en tant que second partenaire commercial de l’Amérique latine, après les États-Unis.

Dans ce numéro consacré aux liens qu’entretiennent la Chine et l’Amérique latine au 21ème siècle, les auteurs (universitaires latino-américains, européens, états-uniens, australiens et chinois) exposent notamment dans quel cadre politique s’inscrivent les relations sino-latino-américaines du point de vue des autorités de la seconde puissance mondiale.
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Équateur : Les crevettes de la discorde

Autrefois aliment de luxe, la crevette s’est démocratisée pour devenir le premier produit de la mer exporté dans le monde. Mais à quel prix ?

L’équateur est le premier fournisseur français. Chaque année 25.000 tonnes de ces crustacés terminent dans nos assiettes. Des crevettes issues à 95% de l’élevage. Depuis la fin des années 70, ce petit pays d’Amérique Latine a misé sur l’aquaculture pour se développer. Il est devenu le 5ème exportateur mondial et la crevette est sa 2ème source de revenu après le pétrole.

Pour creuser les bassins des mégas fermes d’élevages, les industriels ont rasé une grande partie des forêts de mangroves qui bordent l’Océan Pacifique. En s’attaquant à cet écosystème unique, les éleveurs mettent en péril les ressources des communautés de pêcheurs artisanaux et les terres ancestrales qu’ils occupaient.

Cette industrie pourtant très lucrative, profite essentiellement à une poignée de gros éleveurs qui emploient une main d’œuvre en contrat précaire. Elle a surtout des conséquences environnementales et sociales désastreuses. Entre les industriels de la crevette et les peuples de la mangrove la tension monte. En signe de protestation ou poussés par le désespoir, certains pêcheurs se lancent dans la piraterie…

Global gâchis : Le scandale mondial du gaspillage alimentaire

Reportages sur les dysfonctionnements de la production alimentaire dans six pays : France, Équateur, Inde, États-Unis, Japon, Angleterre. Au cours de cette enquête, on constate que si en Inde chaque foyer gaspille environ cent euros de nourriture par an, aux États-Unis c’est six fois plus.

Le gâchis se situe à toutes les étapes : la production, où l’on sélectionne les plus beaux légumes et on élimine les tordus ; la distribution, où les magasins jettent des tonnes d’aliments périmés ou non, et naturellement chez les consommateurs.

Au nom de la pérennité du secteur industriel, le système contraint à produire toujours plus, toujours trop, dans l’alimentation comme ailleurs. N’est-ce pas avant tout une question d’éducation et d’indépendance d’esprit du consommateur, bombardé de nouveautés et presque sommé de consommer sans mollir, sous peine de faire sombrer l’économie ?

Le recyclage comme industrie

Partie 1:


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