Équateur : Vente aux enchères de 3 millions d’hectares de forêt amazonienne aux compagnies pétrolières

L’Équateur envisage de vendre aux enchères plus de 3 millions d’hectares de forêt amazonienne à différentes compagnies pétrolières mondiales, notamment chinoises.

Pour Wilson Pastor, le ministre des Ressources naturelles non renouvelables de l’Équateur, le pays n’a pas suffisamment exploré ses ressources au cours des 15 dernières années, et il a besoin d’attirer les investissements étrangers.

L’annonce du Secrétariat aux hydrocarbures de l’Équateur propose 13 blocs pétroliers en grande partie inexplorés dans la région du sud-est du pays, près de la frontière avec le Pérou. Les réserves s’y trouvant sont estimées à plus de 100 millions de barils.

Selon Amazon Watch, plus d’un million de personnes ont signé une pétition en ligne pour que l’Équateur suspende cet appel d’offres, la pétition dénonce cette décision des autorités équatoriennes d’exploiter les ressources pétrolières des forets tropicales qui va dévaster les régions et les communautés indigènes qui y vivent.
Lire la suite

Mondialisation et régionalisation des flux migratoires

En ce début du vingt et unième siècle, les migrations internationales ont pris un essor sans précédent. Mais, à la différence du passé, ce ne sont plus les Européens qui ont émigré de par le monde, l’Europe étant au contraire devenue l’une des premières destinations migratoires, en proie à un déclin démographique, mais la planète entière qui est en mouvement, notamment les zones du sud.

De nouvelles destinations se sont fait jour, comme les pays du Golfe, le continent africain, certains pays asiatiques, tandis que des pays de départ sont devenus des pays d’accueil et de transit, comme l’Europe du sud, puis le Mexique, la Turquie et les pays du Maghreb.

Ces migrations se sont mondialisées depuis trente ans, et ont triplé depuis le milieu des années 1970 : 77 millions en 1975, 120 millions en 1999, 150 millions au début des années 2000, près de 240 millions aujourd’hui.

Ce processus va se poursuivre car les facteurs de la mobilité ne sont pas près d’avoir disparu : écarts entre les niveaux de développement humain (qui combinent l’espérance de vie, le niveau d’éducation et le niveau de vie) le long des grandes lignes de fracture du monde, crises politiques et environnementales, productrices de réfugiés et de déplacés.
Lire la suite

Espagne : Les citoyens meurent à crédit pour leurs banques

D’après une étude de la Plateforme des victimes de crédits hypothécaires (PAH), une association citoyenne, plus de 362.000 foyers espagnols ont été victimes de saisies immobilières depuis 2008, , entraînant dans plusieurs cas des suicides… Le gouvernement, en connivence avec les banques, refuse de modifier une loi sur les hypothèques obsolète et inhumaine.

Cette loi permet au créancier, les banques, de gagner sur tous les tableaux et de s’enrichir sur la misère. Pendant que le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, lisait son discours sur l’état de la Nation, le 20 février dernier, une femme s’immolait par le feu dans une succursale bancaire de Castelló (région de Valence). Brûlée à 50%, elle serait une victime de plus des cas des saisies immobilières qui se multiplient dans le pays.

En Espagne, toute personne se retrouvant en défaut de rembourser son crédit immobilier, perd non seulement sa maison mais est condamnée à rembourser le reste du prêt concédé par la banque, prêt qui ne fait qu’augmenter avec les taux d’intérêt variables et les pénalités pour retard de paiement. L’issue est parfois fatale… Depuis l’été dernier, une quinzaine de personnes se sont défenestrées le jour où elles allaient être expulsées de leur domicile.

Pas un mot, pourtant, du chef du gouvernement sur ce sujet dans son discours. Sauf lorsque les députés de la gauche plurielle (minoritaires) ont insisté sur la nécessité de réformer la loi sur les hypothèques, l’une des plus drastiques et obsolètes d’Europe, datant de 1909. Les mouvements citoyens s’organisent pour freiner les expulsions et changer la loi.
Lire la suite

Équateur : Chevron condamné, un avertissement pour les multinationales

La cour d’appel de Lago Agrio dans le nord est de l’Equateur a confirmé la condamnation à 18 milliards de dollars de la Compagnie pétrolière Texaco, rachetée en 2001 par Chevron, pour pollution de plus d’un million d’hectares de forêt équatoriale. Plus de 30000 indigènes ont été affectés par cette pollution.

La condamnation en première instance, annoncée en février 2011, chiffrait le montant des dommages et intérêts à payer par la compagnie nord américaine à 9 milliards de dollars. Cette somme était doublée si Chevron Texaco ne présentait pas d’excuses auprès du tribunal pour son attitude hostile et manipulatrice tout au long du procès.

Au lieu d’excuses, la Compagnie a fait appel. La nouvelle décision de la justice équatorienne condamne donc Chevron à 18 milliards de dollars de dommages et intérêts. La première action en justice contre Texaco avait commencé en 1993. Un groupe d’avocats et de défenseurs de l’environnement avait réuni les plaintes de plusieurs victimes des pollutions de Texaco en Equateur pour le dépôt d’une plainte collective devant un tribunal Newyorkais.

Lire la suite

Équateur : Une nouvelle constitution pour bien vivre

Le 28 septembre 2007, le projet de nouvelle constitution proposé par le président Rafael Correa était approuvé par 64% des voix, confirmant une fois de plus l’adhésion de la population équatorienne au « socialisme du 21e siècle », modèle également en voie de réalisation au Venezuela et en Bolivie. Jetons un œil sur cette constitution aussi innovatrice qu’audacieuse dont la toile de fond est la notion du « bien vivre » (« sumak kawsay », en langue quechua) qui, empruntée à la vision indigène du monde, est définie comme « l’ensemble organisé, durable et dynamique des systèmes économiques, politiques, socioculturels et environnementaux » (article 275).

Les 444 articles de la nouvelle constitution, nous dit Magdalena Leon, du portail Internet Amlatina, proposent de « désactiver le néolibéralisme » et d’aller vers un système économique basé sur une répartition plus égalitaire des moyens de production et des bénéfices du développement.

Étroitement lié à une nouvelle conception du développement, le droit au « bien vivre » consacre, entre autres, les droits pour tous à l’eau, l’alimentation, la santé, l’éducation, la sécurité sociale, l’énergie électrique, les télécommunications de même qu’aux infrastructures routières et sanitaires.

La nouvelle charte caractérise le système économique comme « social et solidaire », reconnaissant que l’être humain en est à la fois le sujet et le but. Ce système doit tendre vers une « relation dynamique et équilibrée entre la société, l’état et le marché, le tout en harmonie avec la nature » (article 283).

Le droit à la propriété sous toutes ses formes (publique, privée, communautaire, coopérative, associative, etc.) est reconnu mais la vieille notion de « liberté d’entreprise » sans limite est remplacée par « le droit à développer individuellement ou collectivement des activités économiques conformes aux principes de solidarité et de responsabilité sociale et environnementale » (article 66).

Le terme « entreprise » n’est même plus utilisé dans le texte constitutionnel qui lui préfère les expressions « unités économiques » et « unités productives ».

Le travail, un droit social et économique

Lire la suite

L’Équateur soutient l’Economie Populaire et Solidaire

Depuis 2008, l’Equateur s’est engagé dans un processus de reconnaissance et de valorisation des acteurs de l’Economie Populaire et Solidaire (EPS). Une loi organique vient d’être adoptée qui reconnait et normalise les structures financières populaires et qui au passage, légalise le recours à des moyens de paiement complémentaires physiques ou électroniques.

En 2008, les Equatoriens adoptent une nouvelle Constitution qui reconnait l’Economie Populaire et Solidaire (EPS) en la plaçant comme composante du système financier, au même titre que le secteur public et privé. Elle va plus loin dans le soutien à ce secteur dans son article 311 où « les initiatives du secteur financier populaire et solidaire et des micros, petites et moyennes unité de productives, recevront un traitement différencié et préférentiel de l’Etat ». Nous pouvons comprendre par là que l’Etat lui donnera des avantages fiscaux, des subventions spécifiques et qu’il s’adressera prioritairement à ce secteur, dans le cadre des commandes publiques par exemple. La Constitution reconnait aujourd’hui un secteur marginalisé pendant des années, ignoré par la loi et la société. Les unités économiques qui le composent étaient considérées comme marginales et dédiées « à la solution à de petits problèmes ».

L’Economie Populaire et Solidaire se présente sous plusieurs formes : entreprises unipersonnelles, familiales, domestiques, ateliers artisanaux, réseaux de finances populaires et solidaires. Ces formes d’entreprise ont surgi de manière spontanée des communautés et sont le produit de relations familiales, ethniques, culturelles, ou territoriales.

L’ESP contribue fortement à l’activité du pays, elle représente aujourd’hui 50% de l’emploi national et 30% du PIB[1]. Les petites et très petites surfaces agricoles (de moins de 1 à 5 ha) fournissent 65% des aliments de base aux populations urbaines. La finance populaire est une composante importante du secteur et compte 1500 coopératives financières et quelques 600 caisses d’épargne et banques communautaires. Elle rassemble 12% de l’épargne nationale.

Lire la suite

Islande : Les ressources naturelles bientôt transférées aux citoyens ?

Les Islandais ont décidé de reprendre leur destin en main. Après avoir refusé le renflouement des banques en 2010 et 2011, ils ont voté lors d’un referendum en octobre, les propositions faites par un comité de citoyens pour élaborer une nouvelle Constitution. Le texte prévoit en particulier que les ressources naturelles soient « détenues par le peuple islandais ». Entretien avec Victor David, juriste de l’environnement à l’Institut de recherche pour le développement (IRD).

Novethic : Le projet de nouvelle constitution islandaise prévoit que les ressources naturelles soient «  détenues par le peuple islandais ». Quelle serait la portée de ce texte s’il était adopté ?

Victor David : Cette formulation est une façon politiquement correcte de parler de nationalisation des ressources naturelles. En Islande, un des grands enjeux concerne les produits de la mer. Quelques grosses entreprises concentrent presque l’ensemble des quotas de pêche. Cette nationalisation permettrait de renégocier les quotas vers une redistribution plus favorable à l’ensemble de la population. Les perspectives de trouver du pétrole dans les eaux territoriales islandaises en mer du Nord ne sont probablement pas non plus étrangères à cette proposition.

Plus largement, la nationalisation est motivée par la crainte de voir des multinationales, voire des États étrangers via des entreprises publiques, accaparer les ressources. La Chine a par exemple essayé d’acquérir des terrains en Islande. Il faut cependant relativiser la portée du texte islandais qui ne fait référence qu’aux ressources non déjà privatisées. Il ne s’agit donc pas pour le gouvernement de faire une chasse aux compagnies privées.

Lire la suite

Amérique latine : Quand Washington observe Pékin

« Zou chuqu » est une expression officielle utilisée par le gouvernement chinois. Elle décrit l’invitation faite aux entreprises du pays – notamment celles portées vers les marchés internationaux auxquelles il est directement associé – pour qu’elles se déploient et investissent activement en Afrique, au Moyen-Orient et en Amérique latine.

Ce slogan pourrait se traduire par « aller au dehors » ou « sortir au loin ». Il revêt des dimensions géoéconomiques, géopolitiques et géoculturelles intégralement analysées et mises en perspective dans une récente livraison de la publication universitaire britannique The China Quarterly Special Issues [1].

Peu présente dans la région  avant les années 2000, et ce malgré l’existence de relations officielles développées avec plusieurs pays latino-américains depuis les années 1960 – Cuba en 1960, Chili en 1970, Pérou en 1971, Brésil en 1974 -, la Chine est désormais sur le point de détrôner l’Europe en tant que second partenaire commercial de l’Amérique latine, après les États-Unis.

Dans ce numéro consacré aux liens qu’entretiennent la Chine et l’Amérique latine au 21ème siècle, les auteurs (universitaires latino-américains, européens, états-uniens, australiens et chinois) exposent notamment dans quel cadre politique s’inscrivent les relations sino-latino-américaines du point de vue des autorités de la seconde puissance mondiale.
Lire la suite

Équateur : Les crevettes de la discorde

Autrefois aliment de luxe, la crevette s’est démocratisée pour devenir le premier produit de la mer exporté dans le monde. Mais à quel prix ?

L’équateur est le premier fournisseur français. Chaque année 25.000 tonnes de ces crustacés terminent dans nos assiettes. Des crevettes issues à 95% de l’élevage. Depuis la fin des années 70, ce petit pays d’Amérique Latine a misé sur l’aquaculture pour se développer. Il est devenu le 5ème exportateur mondial et la crevette est sa 2ème source de revenu après le pétrole.

Pour creuser les bassins des mégas fermes d’élevages, les industriels ont rasé une grande partie des forêts de mangroves qui bordent l’Océan Pacifique. En s’attaquant à cet écosystème unique, les éleveurs mettent en péril les ressources des communautés de pêcheurs artisanaux et les terres ancestrales qu’ils occupaient.

Cette industrie pourtant très lucrative, profite essentiellement à une poignée de gros éleveurs qui emploient une main d’œuvre en contrat précaire. Elle a surtout des conséquences environnementales et sociales désastreuses. Entre les industriels de la crevette et les peuples de la mangrove la tension monte. En signe de protestation ou poussés par le désespoir, certains pêcheurs se lancent dans la piraterie…

Global gâchis : Le scandale mondial du gaspillage alimentaire

Reportages sur les dysfonctionnements de la production alimentaire dans six pays : France, Équateur, Inde, États-Unis, Japon, Angleterre. Au cours de cette enquête, on constate que si en Inde chaque foyer gaspille environ cent euros de nourriture par an, aux États-Unis c’est six fois plus.

Le gâchis se situe à toutes les étapes : la production, où l’on sélectionne les plus beaux légumes et on élimine les tordus ; la distribution, où les magasins jettent des tonnes d’aliments périmés ou non, et naturellement chez les consommateurs.

Au nom de la pérennité du secteur industriel, le système contraint à produire toujours plus, toujours trop, dans l’alimentation comme ailleurs. N’est-ce pas avant tout une question d’éducation et d’indépendance d’esprit du consommateur, bombardé de nouveautés et presque sommé de consommer sans mollir, sous peine de faire sombrer l’économie ?

Le recyclage comme industrie

Partie 1:


Lire la suite

“Global gâchis” : Un tour du monde du gaspillage alimentaire

À travers un tour du monde du gâchis alimentaire, le militant anglais Tristram Stuart pointe l’immense absurdité que constitue notre société de surabondance, alors qu’un milliard d’êtres humains souffrent de la faim.

Auteur du livre Waste (inédit en France), Stuart est le guide, au phrasé certes un peu bizarre, de ces reportages sur les dysfonctionnements de la production alimentaire dans six pays : France, Équateur, Inde, États-Unis, Japon, Angleterre. Au cours de cette enquête, on constate que si en Inde chaque foyer gaspille environ cent euros de nourriture par an, aux États-Unis c’est six fois plus.

Le gâchis se situe à toutes les étapes : la production, où l’on sélectionne les plus beaux légumes et on élimine les tordus ; la distribution, où les magasins jettent des tonnes d’aliments périmés ou non, et naturellement chez les consommateurs.
Lire la suite

Un réfugié, combien ça coûte ?

Cela varie grandement en fonction de sa situation. Un réfugié sri-lankais qui habite en région parisienne n’a pas les mêmes besoins que l’un des 400.000 réfugiés somaliens qui habitent dans les camps géants du nord-est du Kenya.


Dans les pays riches, le coût des réfugiés fait l’objet de polémiques. En France, 520 millions d’euros ont été dépensés sur l’asile par le gouvernement en 2011 pour 60.000 demandeurs (le budget initialement prévu était de 327,55 millions d’euros), soit 8.666 euros dépensé par demandeur d’asile.

Là encore, ce calcul est purement théorique, et ne prend pas en compte les aides aux personnes qui ont obtenu l’asile, ni le budget des associations qui travaillent en parallèle du gouvernement.

Sur ce budget, 334 millions d’euros (soit 64%) sont dédiés à l’hébergement. En comparaison, le logement ne représente que 4,7% de l’aide internationale prévue pour les réfugiés syriens de Jordanie.
Lire la suite

Équateur : Les Indiens contre les rois du Pétrole

Dans l’est de l’Équateur, la forêt tropicale, qui abrite une faune d’une infinie diversité, est polluée par le pétrole. Seule une poignée d’indigènes ose protester.

Les habitants de Sarayaku, village perdu au fin fond de la forêt équatorienne, se battent depuis des lustres contre les géants du pétrole qui prétendent prospecter leurs terres pour en extraire l’or noir.

Les villageois de Sarayaku ont confié à Patricia Gualinga et à son jeune frère Heriberto, chefs de file du mouvement, une mission très spéciale : se rendre dans des régions pétrolières éloignées et y recueillir la preuve que les groupes pétroliers tiennent rarement les promesses qu’ils font aux habitants.

Perenco Les tribulations d’un pétrolier français en Équateur

Quatre pays d’Amérique du Sud se retirent du traité de défense interaméricaine

Le Venezuela, la Bolivie, le Nicaragua et l’Equateur ont annoncé mardi leur retrait du Traité interaméricain d’assistance réciproque (TIAR), un accord hémisphérique de défense mutuelle signé en 1947.

Rafael Correa (président de l'Equateur) et Evo Morales (président de la Bolivie) à l'assemblée de l'Organisation des Etats Américains, le 4 juin 2012 à Cochabamba (Bolivie)

Les quatre membres de l’Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA) ont convenu de se retirer du Traité dans le cadre de la 42e Assemblée générale de l’Organisation des Etats américains (OEA) , qui s’est clôturée mardi dans la ville bolivienne de Cochabamba.

Lire la suite

Après la géothermie, l’énergie géomagmatique

Baptisée Power Tube, la technologie mise au point par l’ingénieur américain Doyle W. Brewington récupère la chaleur du magma sans injection d’eau. Les commandes de centrales affluent depuis les zones volcaniques comme l’Équateur, le Guatemala et le Chili.

En visite au Chili pour y présenter son invention, le mathématicien, physicien et ingénieur Doyle W. Brewington affiche un parcours pour le moins atypique. Après avoir dirigé une entreprise installant des centrales thermiques classiques, fonctionnant grâce aux combustibles fossiles, il décide un jour de tout plaquer pour se consacrer au développement des énergies propres.

Le pollueur repenti

«J’ai vendu toutes mes actions de l’entreprise et j’ai passé les trois années suivantes à effectuer des recherches sur tous les types d’énergies non conventionnels : le solaire, l’éolien et la géothermie.»

C’est la constance de la production géothermique qui le convainc d’opter pour la géothermie plutôt que pour le solaire ou l’éolien, trop sujets aux fluctuations.

Jusqu’à 1GW d’énergie propre
Lire la suite

Les annulations de dettes dans le passé

Il y a déjà eu dans l’Histoire de véritables annulations de dettes, parfois unilatérales, parfois validées en justice, parfois concédées par les puissances dominantes. Nous présentons ici quelques exemples significatifs.

Répudiations de dettes

Les États-Unis

En 1776, les treize colonies britanniques d’Amérique du Nord ont décidé de constituer les États-Unis et de rompre leurs liens de dépendance envers la Couronne britannique. Le nouvel État s’est libéré du fardeau de la dette en déclarant nulles les dettes dues à l’égard de Londres. Au XIXe siècle, après l’élection d’Abraham Lincoln |1| à la présidence, les États sudistes ont fait sécession et ont constitué les États confédérés d’Amérique. La guerre de Sécession qui s’en est suivie (1861-1865) a vu la victoire des États nordistes, anti-esclavagistes et en phase d’industrialisation. À cette occasion s’est produite une nouvelle répudiation de dette au détriment des riches des États sudistes. Des emprunts avaient été contractés dans les années 1830, essentiellement pour la création de banques (Planter’s Bank dans le Mississipi et Union Bank en Caroline du Nord notamment) ou pour garantir la construction des chemins de fer.

Dans le Mississipi par exemple, les remboursements initiaux ont été effectués, mais une loi a permis la tenue en 1852 d’un référendum, pour que les habitants se prononcent pour ou contre le paiement des bons de la Planter´s Bank. La réponse fut négative. Après la guerre de Sécession, en 1876, la Constitution a été modifiée par une clause où l’on a interdit spécifiquement le paiement des bons de la Planter’s Bank. Le nouveau régime a donc entériné cette décision pour que l’arrêt des remboursements devienne légal. Les montants en question dans les huit États concernés sont de 75 millions de dollars.

L’URSS
Lire la suite

La crise monétaire internationale et le traité du “SUCRE”

Jacques Sapir décrypte la crise monétaire, explique pourquoi le remplacement du Dollar (voué à la déchéance) par l’Euro en tant que monnaie de réserve à l’échelle mondiale ne lui paraît pas possible et surtout, décrit une initiative à l’échelle des pays du Sud, pour trouver une solution à la crise déclenchée dans les pays du Nord.

Selon lui, il s’agit de l’un des événements internationaux plus importants de ces vingt dernières années.

L’échec de la tentative de ces derniers jours des Banques Centrales à inverser le cours du Dollar américain, et l’impossibilité d’exercer des pressions efficaces pour une réévaluation du Yuan chinois, indiquent bien que la question des changes est aujourd’hui au-delà de ce que peuvent contrôler les pays du G-20. En particulier, rien ne semble pouvoir arrêter le processus de surévaluation de l’Euro. Les bribes de réglementation sur la question des rémunérations et des bonus qui ont été arrachées ne sauraient ici tromper qui que ce soit.

La crise du Dollar va donc continuer à s’amplifier dans les mois à venir, provoquant des ajustements qui – en raison de leurs poids cumulatifs – vont très probablement conduire à une crise ouverte du système monétaire international. Les marchés des matières premières – hydrocarbures mais aussi céréales et métaux – seront de plus en plus déstabilisés car ils deviendront l’un des refuges de la spéculation.

Faute d’aboutir à une solution concertée, qui clairement n’est pas possible aujourd’hui, c’est bien vers des initiatives régionales que l’on s’oriente. Dans leurs formes actuelles cependant, ces initiatives ne sauraient constituer qu’un palliatif. Il est même douteux que pour certaines d’entre-elles, et l’on pense ici spécifiquement à l’Euro, il arrive à se constituer en réelle alternative.

Dans ce cadre, une initiative importante a été prise ces dernières semaines. Le traité établissant le SUCRE, ou le Système Unifié de Compensation, ratifié le 16 octobre 2009 par cinq pays à l’initiative du Venezuela, apparaît comme une initiative au poids symbolique extrêmement important. Lire la suite