La Crise nous fait un vrai festival…

par Philippe Béchade

Je ne sais pas si le palmarès du Festival de Cannes peut constituer aux yeux du monde entier un « avis de grand frais » sur la désintégration sociale qui affecte la France mais également beaucoup de pays aux alentours… il n’empêche que le couronnement de films qui traitent de « la crise » (chômage, déclassement, déracinement) et d’acteurs qui incarnent des victimes de « la crise » télescope le discours officiel qui ne cesse de marteler « le pire est derrière nous, la croissance repart », alors que c’est tout l’inverse qui est perçu par 70% de la population, et bon nombre de réalisateurs présents sur la Croisette.

La nuit tombe sur le festival de Cannes…

La nette percée de Podemos (gauche antilibérale) aux municipales le weekend dernier témoigne de cette même incrédulité populaire en Espagne face aux discours triomphalistes de l’équipe dirigeante qui revendique la paternité d’un pseudo renouveau économique, lequel tient essentiellement au franc succès des mesures d’incitation à l’achat d’un nouveau véhicule.

Les effets positifs sur les immatriculations sont spectaculaires, mais comme pour tout cadeau fiscal, le principe reste: c’est « l’état qui paye ».

Et l’état, c’est au bout du compte chaque espagnol -y compris ceux qui n’achètent pas de voiture- qui pourrait à terme supporter le coût de l’opération… à moins bien sûr que les futures recettes fiscales ne viennent compenser le déficit budgétaire qui se creuse aujourd’hui.

Pour en revenir à Cannes, jamais depuis sa création en 1939 (et son premier déroulement « normal » en 1946), le palmarès n’avait été aussi marqué par « la crise », alors que jamais les festivaliers n’ont été aussi riches (il n’y avait qu’à compter les yachts de plus de 30 mètre amarrés au large de la croisette ou à Monaco: plus aucun « anneau » disponible dans un rayon de 50Km autour du « Rocher »)… et rarement les fêtes n’ont été aussi somptueusement démesurées.

Voilà un nouvel exemple saisissant de télescopage de l’ultra richesse et du vaste monde exclu du miracle des « quantitative easing ».

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2014 : Mon épargne en danger !

5 spécialistes de l’investissement, reconnus et médiatisés (Olivier Delamarche, Olivier Berruyer, Philippe Herlin, Maîtres Nicolas Lecoq Vallon et Hélène Feron-Poloni), répondent sur l’essentiel dans cette période trouble pour les épargnants.

États-Unis : La nouvelle bulle immobilière

L’immobilier aux Etats-Unis s’emballe. Sur un an, le glissement des prix est supérieur à 10%. C’est la meilleure «performance» depuis 7 ans. 47 Etats sur 50 bénéficient de l’envolée. La palme revient au Nevada en hausse de 20% suivie de l’Arizona en hausse de 19% puis la Californie en hausse de 15%.

Depuis 2008, la politique monétaire vise à reflater. Pour cela, on a soufflé une bulle des emprunts d’Etat, celle-ci semble avoir atteint ses limites. On a soufflé une bulle des marchés d’actions; malgré des records marginaux récents, les bourses ont du mal à aller plus loin. Une troisième bulle est en train d’être soufflée, c’est celle de l’immobilier. On notera que les bulles ne se succèdent plus, elles sont maintenant simultanées.

Notre analyse est que le phénomène auquel on assiste est délibérément voulu. Bernanke et le système financier tentent une nouvelle expérience.

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Chypre : Taxe sur les dépôts bancaires ou hold-up généralisé ? (Màj)

3000 étudiants manifestent contre le plan de sauvetage cypriote

  • Après Chypre, l’Italie fait chuter les marchés. A Milan, où l’indice phare dévisse de 2,50 %, les investisseurs s’inquiètent d’une possible dégradation de la note souveraine par Moody’s alors que Pier Luigi Bersani mène actuellement des consultations pour tenter de former un gouvernement. Le marché s’interroge aussi sur un éventuel précédent chypriote. (Les Échos)
  • Chypre : les mesures du plan de sauvetage détaillées (Le Monde)

Les autorités chypriotes mettront en place une restriction des mouvements de capitaux, pour éviter la fuite des capitaux, notamment étrangers. Il s’agit surtout de capitaux russes et britanniques, qui étaient placés à des taux très attrayants dans les banques chypriotes.

  • Chypre sacrifie ses banques pour éviter la faillite (Les Échos)



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L’Espagne veut aussi instaurer une taxe sur les dépôts bancaires

Madrid pourrait lever auprès des banques une taxe de 0,2 % sur le montant des dépôts qu’elles détiennent. L’Espagne affirme que cet impôt nouveau n’a rien à voir avec celui de Chypre. Mais ce n’est pas l’avis de tout le monde…

Par Romaric Godin

Cet impôt ne sera pas en effet directement levé auprès des épargnants,

mais il sera levé sur les banques. Ce sont ces dernières qui se verront imposées sur l’ensemble de leurs dépôts. En théorie donc, les clients ne seront pas touchés.

(…) En ne frappant pas les épargnants directement, cette taxe ne devrait pas créer de panique. En Europe, elle est, du reste, demeurée inaperçue au milieu de l’affaire chypriote. Mais il n’empêche : Jaime Becerril, analyste chez JP Morgan, estime que cette taxe est « risquée » et arrive « à un bien mauvais moment. »

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Noire Finance

Une enquête magistrale au cœur d’un capitalisme financier que plus personne ne maîtrise, et qui a plongé le monde dans de graves turbulences.

Dans le premier volet, les auteurs remontent au fameux jeudi noir d’octobre 1929 à Wall Street, pour montrer comment une crise boursière se transforme en crise bancaire, qui elle-même se développe en crise économique mondiale. Des “barons voleurs” d’hier aux golden boys des années Tapie, des accords de Bretton Woods à la création de l’euro, il retrace ensuite les différentes étapes qui ont conduit à la libéralisation des flux financiers.

Le second volet montre comment, à travers l’éclatement de la bulle immobilière et la crise des subprimes des années 2000, le “piège à pauvres” s’est refermé. Il décortique les rouages de la “machine à dette” et expose avec clarté les logiques boursières qui ont mené à la crise mondiale actuelle.

Dénonçant l’impunité des “banksters” et leur emprise sur la classe politique occidentale (aux États-Unis, on parle même d’un “gouvernement Goldman Sachs”), les réalisateurs concluent leur enquête sur un chiffre éloquent : les principaux dirigeants financiers mondiaux totalisent 95 milliards de dollars de salaire alors qu’ils ont accumulé 1 000 milliards de perte…

Partie 1 : La Grande Pompe à “phynances”

Partie 2 : Le Bal des Vautours (déjà diffusé sur Fortune sous le nom : L’oligarchie financière)

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Grèce : Les retraits bancaires s’intensifient

Plus de 700 millions d’euros ont été retirés des banques grecques sur la seule journée du 15 mai. La crise politique fait ressurgir le spectre d’un bank run et d’une éventuelle contagion à toute l’Europe.

Les responsables politiques grecs se refusent pour l’instant à parler de bank run, c’est-à-dire d’un vrai mouvement de panique bancaire. Ils reconnaissent un“sentiment de peur qui pourrait évoluer en panique”. Pourtant, ça y ressemble de plus en plus.

Jusque-là, les retraits s’étaient étalés dans le temps. Les Grecs ont retiré 60 milliards d’euros depuis le début de la crise, en 2009. Ce qui représentait déjà près d’un tiers du PIB grec. Le 15 mai, 700 millions ont été retirés des banques en une seule journée.

Ce rythme pourrait encore s’accélérer si l’hypothèse d’une sortie du pays de la zone euro se faisait plus vraisemblable. L’échec des négociations en vue de former une coalition gouvernementale et la tenue de nouvelles élections n’ont de ce point de vue rien de rassurant.

Un risque majeur de contagion

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Emprunts européens : le grand chassé-croisé

Le regard du responsable des emprunts européens chez BNP Paribas AM.

Supervisant l’investissement obligataire du plus gros fonds institutionnel de la zone euro – 106 milliards d’euros lui sont confiés –, Patrick Barbe décrypte qui sont ces «financiers» auxquels font face les pays européens.

Le Temps : Les responsables européens ont conspué les «spéculations» à l’origine de la crise les affectant depuis un an…

Patrick Barbe : En réalité, la spéculation sur les emprunts des Etats européens – celle des « hedge funds » – est aujour­d’hui limitée. Pour une raison simple : la liquidité sur ces marchés s’est totalement asséchée. Il est cependant vrai que ce sont les flux financiers sur ces obligations – tout autant que l’inquiétude sur la situation financière de chaque pays – qui font maintenant la loi sur les taux d’intérêt de ces Etats. Depuis un an, on a en effet assisté à un véritable basculement de l’équi­libre entre les détenteurs de ces titres.

– Au profit de qui a eu lieu ce mouvement de balancier ?

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Monnaie, recherche désespérement souverain sérieux

Par Jean-Claude Werrebrouck

Les images du bateau, et des passagers clandestins, évoquées dans « l’euro : sursaut ou implosion » se voulaient révélatrices de la réalité de la monnaie unique. Les passagers clandestins étaient les Etats eux-mêmes, et des Etats – puisque passagers clandestins – peu soucieux d’une stratégie de coopération.

Le bateau était lui-même le symbole de la monnaie, et une monnaie sans autre pilote qu’un fonctionnaire indépendant, voire en état d’apesanteur, et surtout dépourvu de gouvernail : la banque centrale est en effet indépendante et son rôle n’est que de maintenir le navire à flot, et ce, sans même lui assigner une direction.

Jadis, le pilote était l’Etat lui-même, et les passagers avaient le statut d’usagers d’un service monétaire largement soumis au caprice du prince. Bref la monnaie avait un maître, et il est vrai, souvent autoritaire, et peu scrupuleux, appelé souverain.

En sorte qu’il était exact que « battre monnaie était un attribut de la souveraineté ». Et souvent avec la violence du souverain : seigneuriage, dilution, assignats, « banqueroute des deux-tiers », inflation, etc. (cf. : « la crise : scénario pour 2010 »)

Le fonctionnement des marchés politiques en Europe, et leur histoire, devait pourtant aboutir à une « grande transformation » à la Polanyi : puisque « l’extériorité » qui tient les hommes ensemble peut devenir le marché, lequel rend faussement et magiquement obsolète l’Etat, alors il est possible d’engendrer une monnaie sans Etat et donc sans souverain : l’Euro était né.

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Un pays peut il répudier sa dette ?

Une tribune libre de Patrick Reymond

J’ai vu un article du grand gourou de la finance, étoile clignotante des pitis Zépargnants, et comme d’habitude, il m’a fait beaucoup rire.

L’Argentine de 1997 n’était pas un pays émergent, mais plutôt descendant depuis 1945, et largement en voie de désindustrialisation depuis 1974. En outre, il ne faut pas surestimer le poids de son secteur agricole. Si celui-ci est important et assure les 3/4 des exportations, il avoisine les 5 % du PIB… Donc, cacahuètes (ça tombe bien comme image pour le secteur agricole). De plus, les terres cultivées sont loin de coller à leur potentiel réel (380.000 km² contre 2.800.000 km² de superficie totale). Si tout n’est pas cultivable, on voit donc bien que cette agriculture a des problèmes de débouchés.

De plus, dévaluation, banqueroute et autres, font IMMEDIATEMENT remonter les productions, même si l’appareil productif est peu important. Le Zaïre des années 1970 fut mis pendant deux ans à l’index du FMI, “puni”. La première année, la production agricole fit du + 100 % et la production industrielle + 50 %. La “punition” ne fut pas pour tout le monde. A l’image de l’Argentine, ce sont les productifs qui furent avantagés, comme le seront les pays concernés par des faillites, ouvriers, techniciens et ingénieurs, et les vrais punis seront les financiers…

Le choix des Kirchner, s’il fut certainement imparfait, fut de favoriser un capitalisme productif au lieu d’un capitalisme financier de branleurs invétérés.

En outre, le déficit commercial, c’est comme les dettes, elles sont un jeu à deux. Quand on relie deux pays par ces liens, le coup de tabac quand on les coupe concerne AUTANT le pays exportateur que le pays importateur. On a vu, en 2008, les réductions des déficits US, grand-breton et espagnol ont créé de sérieux problèmes aux exportateurs.

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A quel prix un pays peut-il répudier sa dette ?

Par Loïc Abadie (N.B. : comme quoi, encore une fois, ne sont pas publiés que des auteurs partageant toutes les vues de fortune.fdesouche.com…)

La nouvelle poussée en cours de hausse des taux sur les pays les plus fragiles de l’Union Européenne (Grèce, Irlande et Portugal… pour l’instant) nous montre qu’à terme, il devient de plus en plus probable de voir plusieurs Etats européens incapables de faire face au remboursement de leur dette.

Quelles sont les conséquences pratiques du défaut d’un état sur l’économie d’un pays ?

La conséquence immédiate est bien entendu une forte dévaluation de la monnaie du pays touché, associée à une situation d’hyperinflation, et à une perte de confiance générale de la population conduisant à une chute de la consommation et à une récession profonde.

Mais si on va plus loin, on pourra distinguer trois grands cas de figure :

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Brève histoire de l’oligarchie en Russie

Par Xavier Moreau

Mikhaïl Khodorkovski

Le mot oligarque symbolise à lui tout seul l’histoire de la Russie de ces vingt dernières années et nous le trouvons utilisé pour désigner tout et n’importe quoi. Ce terme qui, au milieu des années 90, était synonyme de puissance et était ouvertement revendiqué est aujourd’hui récusé par les grandes fortunes de Russie, tant il est lié aux pires heures de l’ère Eltsine.

L’oligarchie a fortement évolué tout au long de la période. Certains oligarques sont tombés dans l’oubli, d’autres ont fui ou sont en prison. Les plus pragmatiques se sont adaptés en renonçant à toute prétention politique, ce qui rend d’autant le terme inadéquat pour les désigner aujourd’hui.

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Marc Faber : «Le système sera en faillite dans cinq à dix ans»

Selon Marc Faber, le gourou de la finance, les pays occidentaux sont devenus plus risqués que les économies émergentes.

– L’intervention des Etats dans l’économie va-t-elle encore durer des années ?

- Certainement. L’excès de crédits qui a provoqué la crise a été plus ou moins nettoyé et caché sous le tapis. A entendre les discours récents de Bernanke (ndlr : président de la Réserve fédérale américaine) et de Krugman (ndlr : Prix Nobel d’Economie en 2008), aucune mention n’est faite par rapport à la croissance démesurée de l’endettement. Cela n’existe pas pour les Américains. L’Etat peut intervenir dans l’économie de deux manières : directement, ou via la politique fiscale et monétaire. C’est cette dernière qui est privilégiée. Il me semble qu’avec Obama, les aides étatiques augmenteront, notamment pour sauver Fannie Mae et Freddie Mac. Ils ont bien plus de problèmes que n’en ont eus AIG et d’autres établissements. Aujourd’hui comme lors de la faillite du fonds LTCM, le message qui est envoyé par les Etats est : continuez de spéculer, nous sommes là pour vous sauver. Ceux qui veulent, aux Etats-Unis, créer une inflation de l’ordre de 6% par an, ne pourront pas le faire sans avoir de problèmes d’endettement. Pour créer cette inflation, les taux d’intérêt seront artificiellement maintenus à des niveaux proches de zéro, comme aujourd’hui.

Cette année, on prévoit 1600 milliards de dollars de déficit pour les Etats-Unis. A moyen terme, l’endettement américain ne pourra être inférieur à 1000 milliards de dollars, ce qui reste énorme. En conséquence, lorsqu’il faudra remonter les taux d’intérêts pour réduire la dette, le payement des intérêts sera équivalent à 35% des entrées fiscales dans cinq à dix ans. Cela posera des problèmes énormes.

– Où se situe-t-on dans le développement de la crise ?
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“Comment la Presse-Pravda prend des vessies pour des lanternes”

Une tribune libre de Patrick Reymond

Il y a une définition de base en économie, c’est celle du patrimoine : l’ensemble des biens et créances possédés, diminués des dettes. Jusque-là, tout va bien, mais il faut affiner le réglage.

En effet, un bien possédé n’a de valeur qu’au moment de sa réalisation, une créance a toujours un caractère incertain.

Y compris la monnaie, dans certains cas extrêmes.

Par contre, la dette a une autre caractéristique : elle est certaine.

Une monnaie peut perdre une bonne partie de sa valeur en un clin d’oeil, si la dette est libellée dans une autre monnaie qui, elle, se maintient et augmente : on a alors un effet de ciseau, provoquant l’insolvabilité.

C’était pour parler d’un article bien comme il faut et propre sur lui, paru dans Le Figaro : “Le patrimoine des français augmente [accrochez-vous] de 0,6 % à 10.200 milliards d’euros”.

Il est composé aux 2/3 d’immobilier, soit 6.800 milliards.

En réalité, cette valeur est largement fictive et d’un renouvellement très lent.

Elle est fictive, car même en période de bulle immobilière, on n’a pas atteint les 900.000 ventes en France, pour 30 millions de logements. On atteindra sans doute à peine les 600.000 cette année et moins encore l’année prochaine.

Le taux de rotation des biens, avec le recul des transactions, est passé de 35 à 50 ans.

Le reste, 3.400 milliards d’euros, ce sont des placements financiers, en grande partie en assurance-vie.

Les épargnants ont mis au pot, cette année, 70 milliards dans l’immobilier et 120 dans les placements financiers, et c’est là que le “hic” apparaît.

61 milliards de progression seulement (+0,6 % pour arriver à 10.200 milliards) pour 190 milliards d’épargne. Il existe un hiatus.

En outre, l’élément “passif” – les dettes -, augmente, lui, de 3 %.

La conclusion est simple : les dettes augmentent plus vite que le patrimoine, et celui-ci augmente moins que l’épargne. On a donc une situation de bilan pourri.

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Madoff, la “French connection”

La vérité sur l’homme qui a volé plus de 50 milliards de dollars à des milliers d’épargnants viendra-t-elle de France ? Le juge Van Ruymbeke enquête. Son espoir : mettre au jour la complicité des banques.

C’est fait :la banque américaine JP Morgan Chase et la prestigieuse Union des banques suisses (UBS) sont dans le collimateur de la justice française. Motif : elles auraient abusé de la confiance de plusieurs dizaines de milliers de souscripteurs de fonds Madoff. Résultat : des victimes françaises ont déposé plainte à Paris,une information judiciaire a été ouverte et confiée au juge Renaud Van Ruymbeke.Les victimes ont été entendues, ainsi que des intermédiaires.Des perquisitions ont eu lieu. L’enquête avance à grands pas.

Aussi le magistrat devrait-il demander des explications aux dirigeants des deux banques, via des commissions rogatoires internationales envoyées aux États- Unis et au Luxembourg. Au grand-duché, le parquet vient d’ailleurs de diligenter une enquête préliminaire pour faux et usage de faux visant l’UBS.Van Ruymbeke envisage même de se rendre aux États-Unis pour auditionner Bernard Madoff, l’homme qui a ruiné un peu partout dans le monde, surtout aux États-Unis,des épargnants et leur a fait perdre plus de 50 milliards de dollars.

Le juge français s’interroge sur les liens apparemment peu orthodoxes qu’entretenait le financier new-yorkais avec la banque JPMorgan.Il dispose depuis peu de documents qui montrent qu’en juin 2008 la banque a diligenté un audit qui annonçait l’ampleur du désastre. Or, au lieu d’alerter ses clients, elle a liquidé un portefeuille de fonds Madoff estimé à 250 millions de dollars.

Pis encore: Morgan continuera de proposer d’investir dans ces fonds ; cette activité de conseil lui aurait rapporté,entre 1993 et 2008, 483 millions. Des broutilles quand on sait que pour la même période 175 milliards de dollars – la fortune totale déposée par les investisseurs – ont transité sur le compte n° 140 de Madoff à la Morgan… Parmi ses victimes on trouve, outre- Atlantique, tous les poids lourds de la finance et des stars d’Hollywood comme Steven Spielberg. En France, on recense des grands noms de l’industrie, quelques personnalités du monde des arts et du show-business…

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Crash Course – 12

Prêt à apprendre tout ce que vous devez savoir sur l’économie dans le plus court laps de temps ?

Chapitre 12: Dette

Maintenant nous entrons dans la deuxième partie du Crash Course. Ici vous verrez les informations qui m’ont réellement conduit moi et ma famille à changer profondément notre vie, où nous vivons, ma ligne de conduite, et même où nous obtenons notre nourriture.

Avec ce que vous avez déjà appris à ce stade, vous êtes maintenant en mesure de comprendre comment les trois “E”, l’Économie, l’Énergie et l’Environnement, se croisent et semblent converger vers une issue très étroite pour l’avenir : La décennie 2010. Les données dans les chapitres suivants m’amènent à conclure que les vingt prochaines années seront complètement différentes des vingt dernières années. Une petite mise en garde, ce document peut être choquant et certains ou vous-même pourriez être ébranlés psychologiquement.

Nous commençons donc la deuxième partie par la “dette.” Nous allons voir deux autres concepts clés dans ce chapitre, et l’un d’eux est tout à fait essentiel. C’est le suivant : Un endettement sans cesse croissant suppose implicitement que l’avenir sera plus grand que le présent. Nous allons examiner cette déclaration en détail dans ce chapitre.

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Les banques européennes se préparent au choc de liquidité

Le 1er juillet, les banques devront rembourser 442 milliards d’euros d’aide exceptionnelle accordée par la BCE, il y a un an. Les établissements financiers ont pris de l’avance dans leur programme de refinancement, mais tous ne sont pas dans la même position. A l’accès à la liquidité s’ajoutent les tensions sur le coût et ses répercussions sur le crédit.

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Absorber le choc de liquidité. Dans à peine plus de deux semaines, le 1er juillet, les établissements financiers du Vieux Continent devront rembourser à la Banque centrale européenne (BCE) 442 milliards d’euros pour sortir de la facilité de financement exceptionnelle qu’elle leur a accordée un an plus tôt. Et ce, alors que l’accès à la liquidité reste tendu, en dépit des quelques émissions obligataires réalisées la semaine dernière.

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Crash Course – 6

Prêt à apprendre tout ce que vous devez savoir sur l’économie dans le plus court laps de temps ?

Chapitre 6: Qu’est L’Argent?

Avant de commencer notre voyage à travers l’économie, l’environnement et l’énergie, nous avons besoin de partager une compréhension commune de cette chose appelée l’argent.

L’argent est quelque chose avec laquelle nous vivons si intimement chaque jour qu’il a probablement échappé à notre attention.

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Les non-dits de la crise économique et financière

La critique des banquiers et des spéculateurs est juste. Mais elle ne suffit pas à expliquer l’ampleur de la crise économique et financière.

La réalité est la suivante :

Les consommateurs et les rentiers contre les producteurs

Nous assistons à l’agonie d’un système qui s’est imposé depuis trente ans. Un système favorable aux consommateurs, aux assistés et aux rentiers, mais profondément pénalisant pour les producteurs et les forces vives des pays développés.

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Roubini très pessimiste sur l’avenir de la zone euro

Le professeur à la New York University Nouriel Roubini a dit qu’il n’a jamais été aussi pessimiste sur l’avenir de l’union monétaire européenne, en avançant que l’Espagne constituait une menace imminente pour la région euro dans son ensemble.

«Dès cette année ou d’ici deux ans à partir de maintenant, nous pourrions avoir une rupture de l’union monétaire,» a déclaré Roubini dans une entrevue avec Bloomberg à la réunion annuelle du Forum économique mondial de Davos, en Suisse. «C’est un risque croissant.»

La préoccupation de Roubini contraste avec l’avis du président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet, qui a dit que cela était «absurde» d’imaginer que les 16 pays de la zone euro pourraient voler en éclats.

La spéculation d’une rupture est montée sur les marchés financiers alors que la Grèce s’efforce de réduire le plus grand déficit budgétaire et des pays de l’Espagne à l’Irlande font face à l’alourdissement du fardeau de la dette.

«La zone euro pourrait essentiellement faire face à une bifurcation, avec un centre fort et une périphérie plus faible. Finalement, certains pays pourraient sortir de l’union monétaire,» a déclaré Roubini, qui avait prédit la crise financière récente un an avant qu’elle ne commence. «C’est le tout premier test» du bloc de la monnaie unique. Des économies, dont l’Espagne et la Grèce, sont menacées par les déséquilibres budgétaires et la diminution de la compétitivité, estime Roubini. L’adhésion à l’euro signifie qu’ils ne peuvent plus dévaluer leur monnaie pour leurs exportations afin de sortir de la récession.
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«Aucun pays développé ne pourra rembourser sa dette»

Alors que l’Etat s’apprête à en appeler aux marchés pour financer un grand emprunt auquel il prédit l’impasse, l’économiste Jean-Luc Gréau reste catégorique : les 85 à 90% du PIB contractés en dette par les Etats seront impossibles à rembourser.

Michael Briffaud et Matthieu Faramus (IUT de Cannes) : Les États prêtent mais s’endettent de plus en plus. Pourront-ils rembourser ?

Jean-Luc Gréau : Les États occidentaux ne peuvent plus rembourser les dettes publiques.

Même les moins endettés ont dépassé, semble-t-il, la ligne rouge en deçà de laquelle ils étaient capables de rembourser.

La dette moyenne des pays occidentaux se situera entre 85% et 90% du PIB en 2010. C’est une masse impossible à rembourser.

D’autant plus que tous ces pays sont affectés par le vieillissement de leur population qui surcharge, année après année, les dépenses sociales.

Ils sont en outre confrontés à la compétition mondiale où leur marge de supériorité s’est effritée.

Faut-il, comme pour les pays pauvres, effacer la dette des États ?

Les États eux-mêmes ne peuvent pas décider d’effacer leur propre dette en disant à leurs emprunteurs «je ne rembourse pas».

Le mécanisme est celui de la monétisation de la dette. C’est-à-dire que la banque centrale rachète une partie des titres émis par le Trésor Public – donc l’État – et crée de la monnaie supplémentaire. C’est ce qu’ont commencé à faire les États américain et anglais depuis mars. Lire la suite

La reprise annoncée aux USA n’en est pas une, selon La Chronique Agora

Un article de Philippe Béchade, collaborateur de La Chronique Agora, site « contrarien » que nous avons déjà cité, fait un sort à la bonne nouvelle diffusée depuis jeudi par tous les grands médias. A chacun de se faire son opinion.

▪ Nous ne nous étions pas trompé en anticipant une bonne surprise à l’occasion de la publication des chiffres du PIB américain au troisième trimestre 2009. Le score de +3,5% s’inscrit dans le haut de la fourchette des estimations les plus optimistes.

Nous n’avons pas eu grand mérite à privilégier ce scénario. Tout d’abord parce que le Département du Commerce n’allait pas manquer l’occasion de gonfler toutes les composantes attestant de l’efficacité des mesures de relance (soutien au logement et au secteur automobile). En second lieu parce que la base de comparaison, par rapport à un été 2008 économiquement pourri, était favorable… Et enfin parce que Goldman Sachs avait réduit la veille son estimation à +2,7%, partant d’une hypothèse déjà “prudente” de +3%.

Goldman Sachs anticipe peut-être de quelques semaines sur le chiffre révisé qui sera publié mi-novembre. Cependant, la divulgation d’un abaissement d’objectif de croissance à la veille même de la sortie du chiffre officiel a certainement contribué à plomber la tendance. Cela a poussé les indices américains vers le bas (-2% en moyenne mercredi soir), de telle sorte que l’enfoncement initial de nombreux supports graphiques et techniques ne souffrait plus d’aucune ambiguïté.

Connaissant les liens plus qu’étroits existant entre la Maison Blanche, la Fed et Goldman Sachs, il était déjà étonnant que la banque d’affaire affiche une prévision inférieure de 10% au consensus. L’ultime révision à la baisse à +2,7% (soit 20% sous le consensus) pourrait s’apparenter à une nouvelle tentative de manipulation de la psychologie des non-initiés. Lire la suite