Sommes-nous proches d’une insurrection générale?

« Je trouve qu’il y a une passivité des populations qui est extraordinaire ! Quand vous voyez ce qui se passe en Grèce : jusqu’où peut-on aller jusqu’à ce qu’un peuple se révolte ? », s’interroge l’analyste macro-économiste Olivier Delamarche.

Guerre des légumes chez les bobos

Qui aurait cru qu’acheter ses légumes allait devenir un acte politique ? Les hostilités ont débuté en juin dernier avec un brûlot posté sur le Web par un dénommé Benjamin Guilbault. Cet apiculteur qui fournit plusieurs Amap (Association pour le maintien d’une agriculture de proximité) s’en prend vertement à la Ruche qui dit oui, accusée de “tromperie” du consommateur et de manquements à “l’éthique”.

Il l’accuse, en gros, de faire son miel sur le dos d’une filière équitable et de proximité, alors qu’elle ne ferait que prolonger les “pratiques capitalistiques du marché”.

Une sorte de parasitisme d’une petite start-up maline dans l’écosystème idéal des associatifs.

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États-Unis : Obama en croisade fiscale contre les entreprises quittant le pays

Une quinzaine de grandes entreprises ont déjà transféré leur résidence fiscale hors des Etats-Unis cette année. La Maison-Blanche veut supprimer cette possibilité, avec 20 milliards de dollars d’impôts supplémentaires à la clef.

Le patriotisme économique n’est pas que français. C’est au nom de ce principe que Barak Obama entend empêcher les entreprises de transférer leur résidence fiscale hors des Etats-Unis. Le phénomène a pris des proportions alarmantes depuis quelques mois : une quinzaine d’entreprises ont opté pour l’exil fiscal, depuis le début d’année, en rachetant des entreprises implantées dans des pays fiscalement attractifs. Le plus inquiétant est qu’il s’agit de grandes sociétés, représentant des dizaines de milliers d’emplois.

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Dette argentine : les fonds vautours, maîtres-chanteurs des Etats, au nom du droit

Par Xavier Boucobza, professeur agrégé des Facultés de droit

La récente décision de la Cour suprême américaine rejetant le recours de l’Argentine contre les décisions new-yorkaises ayant ordonné le paiement d’une partie de la dette due à des fonds d’investissements, manifeste certainement une certaine impuissance des Etats à faire valoir leurs intérêts face à des investisseurs privés rompus aux stratégies judiciaires internationales.

“La patrie, oui ! Les vautours, non !” – Manifestation pro-gouvernementale en Argentine, juin 2014

Deux fonds d’investissements, assez justement qualifiés de vautours, l’un américain l’autre bahamien, avaient acquis des obligations émises par l’Etat argentin. Compte tenu de ses difficultés récurrentes, l’Argentine a entamé une renégociation de sa dette avec ses créanciers, qui a abouti à une diminution du montant dû et à la mise en place d’un nouvel échéancier. Par des accords passés en 2005 et 2010, 93% des créanciers ont alors accepté ces nouvelles conditions.

Les deux fonds d’investissements qui avaient racheté les obligations à un prix très décoté en raison des risques connus qui pesaient déjà, ont, quant à eux, refusé cette renégociation et préféré entamer des procédures judiciaires, afin de se faire régler la totalité de la créance obligataire acquise.

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La pratique du ‘tunnelling’

Des sociétés qui mettent en scène la faillite de certains de leurs sites de production pour s’en séparer plus facilement, qui organisent la chute de leurs revenus afin d’en justifier la fermeture et les licenciements qui en découlent; Qui, en résumé, imputent à la conjoncture et au marché leurs propres orientations stratégiques, depuis 2000, les économistes de la Banque Mondiale appelle cela du tunneling.

Par Caroline Castets

Une pratique encore relativement peu connue mais de plus en plus répandue chez les grands groupes internationaux. Ceux-là mêmes qui, depuis quelques années et

“sous couvert de la crise”, y ont recours pour restructurer à moindre frais et à moindre risque, indique Nadine Levrato.

Professeure d’économie et spécialiste des cessions d’entreprises, elle évoque un procédé consistant à habiller en “morts naturelles” les fermetures de sites sains et rentables pour un résultat final nettement plus avantageux qu’une restructuration menée à visage découvert. Surtout, elle pointe un phénomène qui, bien qu’encore discret, tend à se généraliser en toute impunité.

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La grande transformation du travail

Il est demandé à chacun de se trouver un emploi et aux entreprises de créer les emplois que chacun occupera. Voilà la manière classique dont on envisage les choses. Mais l’évolution du marché du travail ne devrait-elle pas nous conduire à modifier drastiquement notre manière de voir ?

Les travaux des champs, la transformation des matières premières, la manufacture de biens, le traitement de dossiers requéraient de la main-d’oeuvre en quantité considérable. Cela a cessé d’être le cas.

De temps immémoriaux, nous avons cherché à remplacer le travail humain par celui de la machine dans les tâches dangereuses, abrutissantes ou fastidieuses, et nous y avons admirablement réussi. La « machinisation » est devenue « ordinisation » : le robot nous remplace dans les tâches manuelles et le logiciel nous remplace dans les tâches intellectuelles.

En décembre 2013, alors que le président Barack Obama plaidait pour un relèvement du salaire minimum, la chaîne de restauration rapide Applebee’s faisait savoir que les commandes seraient désormais passées sur des tablettes intégrées dans les tables, à l’aide desquelles se ferait aussi le règlement par carte de crédit.

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L’art de la déstabilisation psycho cognitive

La déstabilisation concurrentielle est une pratique extrêmement répandue dans nos sociétés capitalistes, mondialisées et plongées dans un contexte de guerre économique. Cette pratique fait intervenir des actions d’influence, de désinformation, d’intoxication mais aussi des pratiques illicites (espionnage industriel, corruption, attaques informatiques,…). Nous allons étudier comment utiliser des techniques scientifiquement validées de persuasion, d’influence et de manipulation pour modifier les attitudes et les comportements des individus.

Par Thomas Bonnecarrere


Pourquoi les Allemands n’ont guère envie de se fâcher avec Poutine

La Russie fournit un tiers du gaz naturel et du pétrole [consommé par] l’Allemagne. Et leurs économies sont si imbriquées que l’idée même de sanctions effraient les champions de l’exportation.

Sanktionen nein danke ! S’il est un patronat qui veut éviter toute sanction économique contre Moscou, c’est bien l’allemand. Les deux économies sont tellement imbriquées que Berlin aurait énormément à perdre. Les échanges entre l’Allemagne et la Russie s’élèvent à près de 80 milliards d’euros (4 fois plus que la France).

L’hebdomadaire Wirtschaftswoche résumait cette semaine : “Plus de 6.000 entreprises, de la multinationale aux PME, sont présentes en Russie, où elles ont investi directement plus de 20 milliards. 300.000 emplois dépendent en Allemagne de ces échanges“. Berlin est le deuxième fournisseur de Moscou, après Pékin (la France, 8ème).

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“La BCE devrait se montrer plus accomodante”

Un euro trop fort, une périphérie en déflation : la zone euro aurait besoin d’une banque centrale plus agressive pour relancer le crédit aux entreprises. La vidéo du Café Eco avec Michel Girardin, économiste, professeur à HEC Genève et Myret Zaki, rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan.

Bilan

France, où en est la croissance ?

par Jacques Sapir

La presse, essentiellement celle qui soutient le gouvernement, se remplit d’optimisme et de commentaires flatteurs pour notre Président à la vue des derniers chiffres de l’INSEE qui ont été publiés le 14 août. Ainsi, au second semestre 2013 la France aurait connu une croissance de 0,5%, Alléluia ! La croissance revient donc et semble donner raison au Président comme au gouvernement. Pourtant, les commentateurs feraient mieux d’être plus prudents et de lire plus attentivement le document de l’INSEE, qui est loin d’être aussi affirmatif qu’ils ne le disent .

En réalité, le chiffre de 0,5% obtenu au second trimestre 2013 est dû à deux facteurs : une hausse de la consommation de 0,3% et un accroissement des stocks de 0,2%. Or, les stocks des entreprises avaient baissé de -0,8% en 2012. Une correction était attendue et se situe dans la normale des choses. On mesure par ailleurs qu’elle reste inférieure à la baisse précédente. Une comparaison des deux premiers trimestres de 2013 avec 2011 et 2012 montre que cet accroissement ne sera pas durable.

Le PIB et ses composantes

On peut lire sur ce graphique, et c’est pourquoi on le publie, la permanence des facteurs qui font stagner le PNB de la France, et en particulier l’évolution de l’investissement et du solde commercial. On voit parfaitement que l’ensemble des facteurs susceptibles de contribuer à la croissance de l’économie française sont en panne depuis la fin de 2011.

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La formation en Intelligence Economique à la croisée des chemins

Depuis vingt ans, nous cherchons à créer un état d’esprit favorable à une prise en compte de  l’usage de l’information. Si j’osais une comparaison historique un peu décalée, nous sommes encore loin d’égaler le niveau de ferveur des soldats de l’armée de l’an II. Or c’est justement la volonté de réagir sans trop savoir comment et avec une minorité potentiellement agissante que l’armée de l’an II a pu se transformer en une force capable de rivaliser avec toute une partie de l’Europe de la fin du XVIIIe siècle. La France du XXIe siècle entame à peine cette mutation dans un contexte de guerre économique.

Par Christian Harbulot

Les pays qui sont très avancés dans un tel processus sont les nouveaux entrants à l’image de la Chine qui développe depuis  30 ans un modèle d’accroissement de puissance par l’économie, reprenant à son compte les fruits du modèle japonais et sud-coréen. Ces économies combattantes ne fonctionnent pas comme les acteurs économiques du monde occidental. Mais le résultat est là : la Chine est en train de devenir la partie la plus dynamique du monde.

Face à ce monde en mouvement, on ne ressent pas dans notre pays l’âme d’un peuple, ni le partage de valeurs communes pour un combat utile à l’intérêt général.

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Bruxelles presse la France d’entreprendre six grandes réformes

Simplifier le système fiscal, abaisser le coût du travail, réformer les retraites dès cette année -ce n’est pas tout !-, réduire le déficit à 3,6% du PIB en 2014, ouvrir les professions « fermées » (médecins, notaires, taxis…)… Vaste programme ! La Commission européenne a fixé hier une dizaine de « recommandations » à la France pour qu’elle parvienne à tenir son objectif de réduction du déficit et pour qu’elle retrouve les chemins de la compétitivité.

Ces pistes de réforme ne sont pas nouvelles, certaines sont même déjà dans les tuyaux. Mais Bruxelles veut que la France tape plus fort et plus vite. Sous leurs faux airs de bons conseils, ces injonctions s’apparentent en réalité presque à des ordres puisque si elles sont validées fin juin lors d’un sommet, elles deviendront légalement contraignantes. La France pourrait être sanctionnée si les résultats budgétaires n’étaient pas au rendez-vous.

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Chine : L’inquiétude monte autour de l’endettement

La dette est supérieure à celle des autres pays émergents.

Attention au dérapage ! Les inquiétudes se font de plus en plus palpables au sujet de l’endettement de l’économie chinoise. En mars, la banque Nomura mettait en garde contre un risque de crise financière. En avril, l’agence de notation Fitch dégradait la note de la dette chinoise en monnaie locale en raison de l’explosion du crédit. Et hier [14 mai 2013], ce sont simultanément deux institutions, CLSA et Moody’s, qui ont tiré la sonnette d’alarme.

Le courtier CLSA, régulièrement optimiste au sujet de la Chine, a en effet présenté, à Pékin, une étude qui fait état d’un risque en nette hausse en matière d’endettement. Son auteur, Francis Cheung, qui dirige la stratégie de CLSA pour la Chine, a ainsi dressé le tableau d’une économie «droguée» à la dette, comme en témoigne la hausse du crédit de 58% constatée lors du premier trimestre de cette année.

Efficacité remise en cause
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Le CAC 40 n’a plus grand chose de français

Avec moins d’un salarié sur quatre dans l’Hexagone, et plus des deux tiers des clients – donc de leur chiffre d’affaires – hors du territoire national, des actionnaires largement venus d’ailleurs.

Par Patrick Arnoux

Les thèmes de satisfaction sont suffisamment rares pour qu’on ne les boude point. Le club des 40 big caps tricolore joue les premiers rôles au niveau mondial.

Ce n’est certes pas la conjoncture de leur pays d’origine, ni même de leur continent, qui justifie ces performances de niveau planétaire.

Loin de là. La consommation tristement flageolante les contraint à trouver ailleurs le moteur de leur croissance…

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Afrique : Défense des intérêts économiques français

Conférence sur la France-Afrique à l’école Militaire par Monsieur André JANIER Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire auprès de la République de Côte d’Ivoire jusqu’à l’été 2009. L’objet de cette conférence est de donner un éclairage sur la capacité de la France à défendre ses intérêts en Afrique francophone.

16 décembre 2009

En écoutant le parcours professionnel de notre orateur, qui d’autre que lui aurait la légitimité à redonner espoir à nos entrepreneurs, attirés qu’ils seraient vers de nouveaux territoires… de compétition.

La débâcle de l’austérité

Alors que la sortie de récession des économies développées dans le courant de l’année 2009 paraissait marquer la fin de la crise, la rechute de l’activité depuis la mi-2011 a anéanti les espoirs d’une sortie sans douleur de la dégradation des finances publiques causée par l’épisode précédent. Les stabilisateurs automatiques, les plans de relance et les dispositifs de sauvetage des agents privés menacés par la crise financière de 2008/09 ont évité un engrenage récessif, mais au prix d’un creusement des déficits et d’une montée de l’endettement public.

Prévision du 18 octobre 2012, Sous la direction de Xavier Timbeau – L’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

OFCE

Créateurs de richesse ?

Surprise : un laborieux épluchage de chiffres par le New York Times démontre que les preneurs d’otages ne sont pas les vilains syndicalistes, mais les gentils « créateurs de richesse », vous savez, les entreprises. Voici un digest, car l’article est très long.

Quand General Motors a publié la liste des usines qui allaient fermer, il y a trois ans, au moment de sa faillite, les collectivités locales qui s’étaient crues partenaires se sont retrouvées en ligne de mire. Depuis des années, des Maires et des Gouverneurs en lutte contre le chômage offraient à GM des liquidités, des locaux gratuits, la formation du personnel, des réductions d’impôts. En 2007 encore, GM déclarait que « ces avantages fiscaux renforçaient leurs relations et que ce serait donnant-donnant » (procès-verbal d’un conseil municipal du Michigan). Et pourtant, au moins 50 des sites fermés en 2009 se trouvaient dans des communes ou des États qui avaient accordé de tels avantages, se montant à des milliards de dollars publics.

Certaines collectivités, prêtes à tout pour retenir GM, ont fait des offres plus importantes : l’Ohio a proposé 56 millions pour garder l’usine de Moraine, et le Wisconsin 153 millions pour celle de Janesville. En vain. GM est parti, et grâce au plan de renflouement fédéral, est de nouveau bénéficiaire. Pas les villes, qui ont épuisé leurs réserves pour préserver des milliers d’emplois aujourd’hui disparus.

La commune d’Ypsilanti (Michigan) poursuit GM en justice. « On ne peut pas faire des promesses pareilles et les oublier comme des pièces au fond d’un tiroir, » déclare son avocat. C’est pourtant ce que font des entreprises de tout le pays.

Le NYT a mené l’enquête pendant 10 mois, et fait les comptes : les États, les comtés et les villes accordent 80 milliards par an en avantages fiscaux aux entreprises. Tous les secteurs en bénéficient, y compris les conglomérats pétroliers, les entreprises high-tech, l’industrie du spectacle, les banques, et les grandes chaînes de restauration. Le coût de ces aides est impossible à estimer, car elles proviennent de milliers de collectivités, et on ne sait pas combien d’emplois sont vraiment créés, et combien l’auraient été sans elles.

Pour rechercher les chiffres par entreprise, par État, par commune, le NYT a créé une base de données sur le sujet: Explore the data

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La France en état de “chocs”

La France vient de subir trois chocs majeurs en ce début d’automne 2012.

Philippe Mabille

Un choc social avec le franchissement de la barre des 3 millions de chômeurs, amplifié par la multiplication des plans sociaux.

Un choc économique, avec le sentiment d’une panne complète de croissance, qui risque de tourner à la récession en raison de l’austérité budgétaire.

Un choc fiscal, enfin, avec une loi de Finances qui va prélever 20 milliards d’euros de recettes nouvelles sur les ménages et les entreprises en 2013.

Du jamais vu !

Ces trois chocs ont pour point commun de fabriquer du découragement.

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Budget 2013: Les entrepreneurs sont-ils des pigeons?

Ils pestent contre la taxation des plus-values à 60%. Les auto-entrepreneurs enragent eux contre la hausse des charges…

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«Un hold-up fiscal sans précédent». C’est peu dire qu’une partie des patrons sont très remontés contre le budget 2013 présenté vendredi par le gouvernement et qui prévoit 10 milliards d’impôts nouveaux pour les entreprises auquel s’ajoute le projet de loi sur le financement de la Sécu annoncé lundi.

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Social, impôts : Hollande met la pression

François Hollande a tenu dimanche soir un discours quasi churchillien en proposant du sang et des larmes sur le plan fiscal, avec 30 milliards de mesures nouvelles pour 2013. Seule condition pour parvenir à un “redressement de la France dans les deux ans“. C’est le calendrier qu’il s’est donné pour inverser la courbe du chômage et rétablir la compétitivité de la France.

Ce qui passera, c’est confirmé, par une réforme du financement de la protection sociale, qui s’appuiera sur de nouvelles recettes, sans doute la CSG et une imposition écologique. Les partenaires sociaux ont eux été invités à s’entendre d’ici à la fin de l’année sur la redéfinition du contrat de travail, faute de quoi l’Etat prendra ses responsabilités.

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En août, la France n’est plus un désert économique

Avec l’évolution de la société, la mondialisation et les 35 heures, de plus en plus d’entreprises ne baissent pas le rideau l’été. Les Français préfèrent fractionner leurs congés.

Un départ en vacances normal, de nos jours.

Connaissez-vous Paris au mois d’août, un film réalisé en 1965 par Pierre Granier-Deferre tiré du roman éponyme de René Fallet ? On y découvre la passion dévorante, en plein mois d’août, d’un jeune quadra (Charles Aznavour), resté seul à Paris alors que sa femme et ses enfants sont partis en vacances, pour un jeune mannequin britannique.

À l’issue de ce mois torride mais condamné par le simple retour de sa famille au bercail, le cœur du chanteur «ressemble à s’y méprendre à Paris au mois d’août». Il est tout simplement «vide de tout». Vide comme le reste de la France : à l’arrêt, fermé pour congés, en sommeil prolongé. Dans l’imaginaire collectif, rien ne fonctionne en août : l’activité économique tourne au ralenti, les services publics sont désertés, les médecins abandonnent leur cabinet et il est impossible de trouver un plombier ou un serrurier en urgence ! La France s’arrête, comme figée pour un mois dans la glace ou le marbre. Mais la réalité est, comme souvent, un peu plus complexe.
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Pénurie de talents : Où sont les ouvriers qualifiés ?

Un employeur sur quatre en Belgique et dans la région EMEA (Europe, Moyen-Orient, Afrique) éprouve des difficultés à remplir ses postes vacants, contre un sur trois dans le monde, conclut encore Manpower. Fait nouveau : «Les employeurs semblent s’habituer à vivre avec ces pénuries chroniques de talents, en cherchant des solutions à court terme.»

Globalement, les pays les plus touchés sont le Japon (81 %), le Brésil (71 %), la Bulgarie (51 %), l’Australie (50 %), les Etats-Unis (49 %) et l’Inde (48 %). En Europe, les employeurs doivent aussi faire face au problème que ce soit en Allemagne (42 %), en Pologne (37 %), en France (29 %) et dans une moindre mesure en Italie (14 %), au Royaume-Uni (11 %) en Espagne (9 %) et aux Pays-Bas (7 %). (…)

«Les entreprises engagent moins et/ou reportent leurs nouveaux recrutements pour réduire leurs coûts et s’adapter à l’évolution du développement de leurs affaires,

analyse Philippe Lacroix, managing director de Manpower Belgique-Luxembourg. Cette situation devient progressivement la nouvelle normalité

la croissance des entreprises est moins forte et les employeurs s’habituent à faire plus avec moins. Le fait qu’il n’y ait pas suffisamment de talents qualifiés disponibles est donc considéré comme un problème moins urgent. Le défi reste néanmoins important avec un employeur sur quatre qui rencontre des difficultés de recrutement.»

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[Attention, cette vidéo peut heurter les plus sensibles - Fortune.]

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La Chine n’est plus un eldorado pour les entreprises européennes

Selon une enquête de la Chambre de commerce européenne en Chine,  une société sur cinq envisage de retirer ses investissements du pays. Les raisons : un cadre juridique incertain et un coût du travail en hausse.

La Chine perd de son attractivité pour les investisseurs européens. Selon une étude menée par la Chambre de commerce européenne en Chine auprès de 557 entreprises membres, plus d’une sur cinq envisage de retirer ses investissements. La première raison invoquée est un environnement concurrentiel qui est loin d’être équitable.

Entre une entreprise  européenne et une autre de nationalité chinoise, l’administration en Chine va privilégier la seconde la plupart du temps. Une société étrangère sur deux estime ainsi, d’après l’enquête, qu’elle rate des contrats à cause d’obstacles réglementaires.

L’autre explication avancée par les entreprises pour justifier leur désintérêt croissant de la Chine est le coût du travail qui tend à augmenter. C’est une inquiétude pour 63 % des sociétés interrogées.  59 % estiment, en outre, qu’il va continuer à augmenter dans un proche avenir.

(…) Pour soutenir leur croissance, les entreprises font le choix de s’implanter dans le centre de la Chine où la main d’œuvre reste bon marché.

Elles peuvent aussi privilégier certains cantons qui ont mis en place des mesures incitatives pour favoriser les investissements étrangers.

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Le Portugal est la prochaine Grèce

« Au lieu d’une réduction de l’endettement public, nous assistons à son aggravation, car la réduction de l’activité économique produite par les coupes budgétaire se traduit par une réduction des dépenses du secteur privé. » Pour Ed Harrison, l’éditeur de Credit Writedowns, les dirigeants européens font une erreur de diagnostic en se focalisant sur les politiques d’austérité. Pour la raison suivante : lorsque les Etats, les ménages et les entreprises tentent tous ensemble de se désendetter au même moment en réduisant leurs dépenses, s’amorce alors une spirale récessive s’auto alimentant. Avec au bout, la faillite.

L’Europe a pris la mauvaise direction car le remède prescrit pour résoudre la crise de la dette souveraine, une soi disant rigueur expansionniste, est une politique économique conduisant à l’échec. L’idée, c’est que le licenciement de salariés du secteur public, afin de réduire les dépenses, permettrait d’éliminer le déficit budgétaire dans des pays comme la Grèce et le Portugal et, par conséquent, de rétablir la confiance du marché dans leur dette souveraine. La réalité s’est avérée quelque peu différente. Au lieu d’une réduction de l’endettement public, nous assistons à son aggravation, car la réduction de l’activité économique produite par les coupes budgétaire se heurte à une réduction des dépenses du secteur privé. Si l’Europe continue sur cette voie, la zone euro va complètement éclater, avec des répercussions politiques et économiques entièrement imprévisibles.

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Comment les entreprises du CAC échappent-elles aux impôts ?

FISCALITÉ – Décryptage des petites astuces des grandes entreprises…

Pancarte brandie lors d'une manifestation à Lyon, le 29 janvier 2009

Un quart des entreprises du CAC 40 ne paye pas d’impôt. Aucune triche là-dedans, elles ne font qu’appliquer les dispositifs fiscaux en vigueur.

En octobre dernier, le Conseil des prélèvements obligatoires notait dans un rapport à la Cour des Comptes une «augmentation constante du nombre de dépenses fiscales applicables aux entreprises», en particulier «sensible sur la période 2002 – 2010». Et chiffrait le coût global de ces mesures à 71,3 milliards d’euros en 2010, contre 19,5 milliards en 2005. Ce sont particulièrement les entreprises du CAC 40 qui en bénéficient : elles sont taxées sur leurs profits à 8%, contre 22% pour les PME.

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Des entreprises commencent à rapatrier leur production… en France

De la délocalisation vers la relocalisation… Certaines entreprises relocalisent : elles rapatrient leur production en France. Encore peu nombreuses et dans des conditions qui ne favorisent pas beaucoup l’emploi. Mais peut-être est-ce un signe que les délocalisations commencent à atteindre leurs limites. Y compris dans l’esprit des chefs d’entreprise. Ci-dessous un sujet diffusé [le] 1er janvier 2011, au journal de 20 heures de France 2.

Novopress

Vers l’intégration transatlantique ?

Les Etats-Unis cherchent à intégrer l’Union Européenne dans un espace économique et juridique sous leur entière hégémonie.


Les Etats-Unis planifient l’intégration de l’Union Européenne dans leur propre espace économique et juridique, en accord avec les législateurs de Bruxelles et de Strasbourg. Washington espère ainsi construire un marché puissant de 800 millions de citoyens sous le régime normatif et hégémonique du seul droit américain.

Lors d’une réunion commune entre Américains et Européens dans le cadre du « Conseil Economique Transatlantique » (CET), les Etats-Unis et l’UE ont mis au point un projet pour élaborer des critères communs dans de nouveaux secteurs comme le développement de la production technologique, la nanotechnologie et les automobiles électriques. Réunion qui a suscité un grand enthousiasme chez les fonctionnaires américains…

Les Etats-Unis et l’Union Européenne ont décidé de développer un « système d’alerte précoce », grâce auquel tant Bruxelles que Washington s’échangeront des connaissances sur les nouveaux systèmes de régulation en chantier, en particulier pour tout ce qui concerne les produits de haute technologie.

Les règles ne seront pas d’emblée les mêmes pour les deux parties concernées, mais celles-ci ont néanmoins décidé d’arriver à « une coopération accrue sur le plan normatif ». Au cours de la réunion, les parties se sont mises d’accord sur une série de principes communs qui devront encadrer la réglementation future : cette série comprend la transparence, la participation publique et la réduction au minimum des charges pour les entreprises.

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En 2009, les patrons du CAC 40 ont gagné en moyenne 190 fois le smic

Les rémunérations des patrons d’entreprises du CAC 40 ont baissé de 14 % par rapport à 2009, mais elles tournent encore en moyenne aux alentours de 3 millions d’euros, selon une étude du cabinet de conseil aux investisseurs Proxinvest, diffusée mardi 14 décembre.

Selon le document, la rémunération totale des présidents exécutifs du CAC 40 s’est élevée en 2009 à 3,06 millions d’euros en moyenne, stock-options et actions gratuites comprises. Cela représente 190 fois le smic annuel.

Sur le podium des patrons les mieux payés, on retrouve Carlos Ghosn (Renault-Nissan) avec 9,2 millions d’euros par an, Christopher Viehbacher (Sanofi-Aventis) avec 8,2 millions et Bernard Arnault (LVMH) avec 7,6 millions.

En outre, poursuit l’étude, les revenus des patrons d’entreprises du CAC 40 sont restés, en 2009, sans commune mesure avec ceux des petites et moyennes entreprises.

Le salaire moyen des dirigeants de PME était de 61.300 euros nets annuels en 2008, selon l’Insee, et « auront sans doute baissé en raison de la crise » en 2009, rapporte Jean-François Roubaud, le président de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME).

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L’ombre de la faillite plane sur plusieurs Etats américains

Après la Californie, le New Jersey et l’Illinois sont étranglés par leurs dettes. Certains estiment que Washington viendra à leur aide, d’autres évoquent la solution de la banqueroute.

San Diego sera-t-elle la première ? Dans la grande ville du sud de la Californie, le débat fait rage depuis quelque temps : pour s’en sortir, la municipalité doit-elle se déclarer en faillite ? L’ancien procureur de cette ville de près de 1,5 million d’habitants s’est déclaré favorable à l’idée, comme les principaux entrepreneurs, lassés disent-ils des «semi-vérités» assénées par des élus qui cacheraient la gravité de la situation.

Plus de 2 milliards de dollars de déficit dans le régime des retraites ; 1,4 milliard manquant pour financer le système de santé… Alors que les autorités de San Diego refusent d’augmenter les impôts, certains s’interrogent sur la pertinence de cette solution radicale, qui permettrait notamment à la ville de renégocier en bloc les salaires et le montant des retraites.

Panique à l’européenne

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La puanteur du déclin économique des USA augmente. Quand les Américains opprimés vont-ils descendre dans la rue ?

Par Paul Craig Roberts

Nécrophores américains sur une charogne

La veille de Thanksgiving, le China Daily en Anglais et le site People’s Daily Online rapportaient que la Chine et la Russie s’étaient mis d’accord pour utiliser leurs monnaies respectives au lieu du dollar dans leurs transactions commerciales bilatérales. Les Russes et les Chinois ont dit qu’ils avaient pris cette décision pour protéger leur économie des problèmes qui ont ébranlé leur confiance dans le dollar comme monnaie de réserve mondiale.

C’est une nouvelle importante spécialement pendant la période des congés de Thanksgiving où il n’y a pas beaucoup de nouvelles, mais on n’en a pas parlé sur Bloomberg, CNN, [le] New York Times, ni nulle part dans les médias, presse ou TV, étasuniens. L’autruche ne sort pas sa tête du sable.

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La génération de l’échec

Par Michel Geoffroy

La génération au pouvoir dans les pays européens depuis la fin du XXe siècle restera devant l’histoire comme la génération de l’échec. C’est la génération de mai 1968, fille spirituelle des lanceurs de pavés, des fumeurs de joints et des idolâtres de Mao et de Che Guevara.

Car elle a tout raté, sauf précisément parvenir à cumuler les pouvoirs médiatiques, culturels, politiques et économiques en Occident et en profiter. Mais quel usage a-t-elle fait de son pouvoir sans précédent ?

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La France, les étrangers l’aiment et l’achètent

Dette publique, capital des entreprises, immobilier… Les investisseurs étrangers sont très présents dans l’Hexagone.

1.591 milliards d’euros de dette publique en France à la mi-2010, soit 82,9% du produit intérieur brut (PIB). Avec 163 milliards de plus en tout juste un an, cette dette s’est alourdie de plus de 8 points de PIB (à rapprocher de la croissance annuelle qui se situe entre 1,5 et 2,5 points de PIB par an).

Certes, il s’agit de la dette publique brute, comme définie par le traité de Maastricht. Elle totalise l’ensemble de la dette de l’État, des collectivités territoriales et des organismes publics. On distingue aussi la dette publique nette : par rapport à la précédente, on en déduit l’ensemble des actifs (biens et actions) possédés par l’Etat.

Cette dette nette s’établit aux alentours de 1.420 milliards d’euros mi-2010 (1.389 fin mars 2010, selon l’Insee). A de tels niveaux, peu importe que l’on se focalise sur l’une ou l’autre dette : elle est gigantesque et pèse, pour la dette publique, 24.500 euros sur les épaules de chaque Français.

1.223 milliards d’euros de dette publique négociable

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Irlande, Etats-Unis : l’enfer de la globalisation néolibérale

La crise économique ne cesse de faire sombrer l’Europe et ses Etats membres les plus fragiles. Les Etats-Unis s’essoufflent. Pour Laurent Pinsolle, un seul constat s’impose : l’échec de notre système économique construit voici 40 ans.

Gustave Doré, illustration pour L'Enfer de Dante

Les années que nous vivons ont le bénéfice indéniable de faire prendre conscience à beaucoup des réalités du système économique qui a été construit depuis quarante : il est inefficace, injuste et instable, comme le montrent les exemples irlandais et étasunien.

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Réforme du marché de l’électricité : ce qui va changer

Le Parlement français a adopté définitivement dans la nuit de mercredi à jeudi le projet de loi relatif à la Nouvelle Organisation du Marché français de l’Électricité (Nome) qui prévoit qu’EDF cèdera jusqu’à 25% de sa production nucléaire à ses concurrents. Décryptage.

1) Les prix vont augmenter

Principale crainte soulevée par ce texte, qui doit entrer en vigueur début 2011 : la hausse des tarifs. Tandis que les groupes UMP et du Nouveau centre (NC) ont voté pour, les groupes de l’opposition de gauche ont voté contre, affirmant que cette réforme se traduirait par une augmentation de 11 à 15% des tarifs.

Pour sa part, l’UFC-Que Choisir, organisation de défense des consommateurs, a affirmé dans un communiqué publié jeudi dernier que cette réforme risquait d’entraîner une forte hausse des tarifs « de 7% à 11% dès la mise en place de la loi et de 21% à 28% d’ici 2015 ».

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Poutine propose à l’Europe un nouveau « design économique »

Les 25 et 26 novembre, le premier ministre russe Vladimir Poutine a effectué une nouvelle visite de deux jours en Allemagne pour rencontrer la chancelière Angela Merkel, et toute l’Europe attache une attention particulière à cet événement. C’est généralement le cas lorsque Moscou et Berlin ont l’intention de lancer des « exercices architecturaux » conjoints en Europe. Mais à l’époque actuelle, alors que l’Union Européenne souffre toujours de la « pathologie affectant l’euro » et que presque tous les pays de l’UE sont contaminés, l’Allemagne est la seule à s’en remettre et ce phénomène suscite une attention d’autant plus grande.

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Pourquoi l’Allemagne veut sauver l’Irlande

Lorsque la Grèce était au bord de la banqueroute, Angela Merkel avait tardé à garantir la participation financière de l’Allemagne au plan de sauvetage européen. Dans le cas irlandais, le ministre des Finances d’outre-Rhin n’a pas tergiversé : dans un discours prononcé à la Sorbonne il y a quelques jours — et alors que le Tigre celtique commençait à s’enfoncer dans la crise –, il a déclaré que « nous devons nous féliciter de la réaction (…) de l’Union européenne pour garantir la stabilité de l’euro ».

En observant l’exposition des banques allemandes à l’économie de l’île, on comprend aisément ce changement de ton.

Selon les derniers chiffres de la Banque des règlements internationaux (BRI), les établissements bancaires allemands sont exposés à hauteur de 205,8 milliards d’euros aux dettes des banques et des entreprises locales, ainsi qu’à celle de l’Etat. Par comparaison, ce montant ne s’élève qu’à 51 milliards d’euros pour la Grèce, soit quatre fois moins !

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De la Grèce à l’Irlande, des stratégies économiques illusoires

Après la Grèce, c’est maintenant l’Irlande qui va recevoir de l’aide financière de la part de l’Europe et du FMI : le premier ministre en a fait la demande officielle dimanche pour un montant évalué à environ 90 milliards d’euros. Cet argent, en plus de prêts bilatéraux accordés par le Royaume-Uni et la Suède, sera prélevé sur le Fonds européen de stabilité financière (FESF), élaboré dans l’urgence au printemps dernier pour mettre fin à la crise de la dette grecque et aux doutes sur la viabilité financière de la zone euro.

La création de ce fonds, doté de 750 milliards d’euros de garanties (réparties entre la Commission européenne, les Etats européens et le Fonds monétaire international), répondait au besoin de sécuriser la situation des pays “périphériques” en difficulté, au premier rang desquels la Grèce, l’Irlande, le Portugal et l’Espagne.

La situation irlandaise s’inscrit dans ce contexte économique périlleux : même si ces pays ont connu un modèle de croissance différent, tous doivent gérer “des stratégies macroéconomiques devenues illusoires”, selon Henri Sterdyniak de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

DES MODÈLES DE CROISSANCE FRAGILES

L’Espagne et l’Irlande ont connu “des évolutions similaires” dans les années 2000, selon Francesco Saraceno de l’OFCE. Leurs finances publiques étaient “saines avant la crise”, tandis que leur croissance reposait sur des secteurs privés portés sur la spéculation immobilière et banquaire. En Irlande, fin 2007, le montant des emprunts immobiliers équivalait ainsi à 250 % du produit national brut irlandais.

Ces secteurs ont été frappés de plein fouet par la crise des subprimes, provoquant la chute des économies les plus liées à la spéculation et aux emprunts toxiques (lire l’interview sur le retournement du marché immobilier irlandais et la fin du “tigre celtique”). La “bulle” immobilière qui a explosé en Espagne laissait de son côté près de 325 milliards d’euros de dettes au secteur, début 2010.

CES PAYS “SE SONT RÉVEILLÉS TOUT NUS”

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La Chinafrique

« Nous souhaiterions que la Chine dirige le monde, et quand ce sera le cas, nous voulons être juste derrière vous. Quand vous allez sur la Lune, nous ne voulons pas être laissés derrière, nous voulons être avec vous ».

Olusegun Obasanjo, président du Nigéria, s’adressant à Hu Jintao, 2006

Pendant des millénaires, l’Empire du Milieu ne s’est pas intéressé au reste du monde. Pour quoi faire ? La Chine était le pays le plus avancé, le plus fertile, le plus peuplé, le plus civilisé. Par hypothèse, dans l’idéologie impériale et, souvent, dans la réalité aussi.

Pourquoi les Fils du Ciel se seraient-ils préoccupés de ce qui se faisait chez les barbares ? En 1421, une flotte chinoise gigantesque atteint les rivages du Kenya. Les Chinois observent : pas intéressant, mieux vaut rentrer au pays. Confucius l’avait dit, et à raison : l’important, c’est la stabilité.

Seulement voilà : désormais, vraiment, tout change, même la Chine.

La Chine, désormais, à l’assaut de l’Afrique.

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Note de lecture sur «La Chinafrique», un ouvrage qui fait le point sur la question. L’œuvre fourmille d’informations intéressantes. Nous zapperons les passages politiquement corrects du type «c’est pas bien de soutenir le Soudan à cause des massacres au Darfour», et autres culculteries politiquement correctes inévitables dans un livre écrit par des journalistes français. Mais nous n’omettrons aucun type d’information vraiment intéressant – fût-ce l’enseignement d’une série d’anecdotes révélatrices.

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Brazzaville, Congo. Les auteurs marchent à travers la ville. Des enfants les apostrophent, à l’Africaine, c’est-à-dire sans chercher à connaître leur nom, mais sur un ton chaleureux.

Que disent-ils ? « Hello mista ? » Non. « Monsieur Monsieur ! » Non plus.

Ils disent : « Ni hao ».

Pour eux, tous les étrangers sont chinois.

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