Éducation : Plus question d’apprendre par cœur, il faut penser et s’exprimer !

Analyser la situation, voir ce qui se passe ailleurs et trouver la bonne réforme… Les gouvernements n’ont pas la tâche facile quand ils veulent améliorer leur système éducatif et il n’y a pas de méthode miracle. Certains pays pourtant réussissent à tirer leur épingle du jeu.

La Cour des comptes pointe du doigt le coût de la formation des lycéens

Le coût des lycées est épinglé par la Cour des comptes. Le coût d’un lycéen français est supérieur de 38 % au coût moyen établi dans les autres pays de l’OCDE. Tandis qu’on dépense moins qu’ailleurs pour l’enseignement primaire.

C’est la faute à la masse salariale, trop élevée. Il y a aussi un trop grand nombre d’options, qui génère trop de cours, et nécessite trop d’enseignants, pour trop peu d’élèves parfois notamment en lycée professionnel. La Cour préconise donc de resserrer les options dans la voie générale et le nombre de spécialités dans la voie professionnelle.

Privé ou public : Faut-il payer pour l’école de nos enfants ?

De plus en plus de parents quittent le public pour confier leur progéniture à des écoles privées. Ces dernières mettent en avant une discipline rigoureuse et un encadrement renforcé permettant d’obtenir de meilleurs résultats. Est-ce vraiment efficace? L’argent est-il LA solution pour lutter contre l’échec scolaire?

D’autre part, selon un sondage de l’OCDE, dévoilé en 2014, les professeurs s’estiment en grande partie mal formés à la pédagogie et à la gestion d’une classe. Enquête sur l’éducation, un sujet particulièrement sensible qui soulève souvent de nombreuses polémiques.

Partie 1:

Partie 2:

Zoom sur le business des cours en ligne

La vente de cours en ligne a le vent en poupe. Un jeune homme propose sur internet l’essentiel de ces cours d’ingénieur informatique contre quelques euros. Il n’est pas gourmand, le cours ne coûte qu’un ou deux euros. D’autres proposent l’ensemble de leur année pour plusieurs centaines d’euros.

Dans des filières très concurrentielles comme Pharmacie et Droit, l’achat des cours sur internet cartonne auprès des étudiants. Certains ont même créé un site spécialisé dans la vente de cours : un business florissant, né en Australie.

Dans les universités, ce commerce de notes ou de cours dérange pour une question de propriété intellectuelle des écrits des professeurs.

Violence : quand les profs craquent

En 2009, 7000 professeurs auraient exercé leur droit de retrait après des incidents violents dans les lycées et les collèges. Selon l’INSERM, les enseignants font partie des professionnels qui se suicident le plus, davantage que les policiers et les militaires.

L’Éducation nationale a bien du mal à trouver une parade. En 2010, 16 000 jeunes enseignants ont pris leur premier poste, sans avoir effectué de stage préalable.

Après la fermeture des IUFM, ils doivent se contenter d’un DVD de formation leur présentant des «trucs» pour affronter une classe difficile.

Corée : Bac à tout prix

Au pays du matin calme, l’examen de fin de lycée est l’enjeu de toute une vie. Un bon classement, c’est la garantie d’accéder aux meilleures universités et de faire carrière.

Pour s’y préparer, chaque année, les 600.000 candidats révisent jusqu’à quinze heures par jour. Une course à la performance, une obsession pour les études qui vire, parfois, au drame. En Corée, le suicide est la première cause de décès chez les adolescents.

L’imprévoyance générationnelle : Question taboue

En France, l’idée des inégalités entre générations figure comme un non-dit. La raison en est simple: mettant en cause plusieurs choix politiques opérés par les générations vieillissantes, les dettes publiques sans cesse reportées ou les invraisemblables ratés du système d’enseignement français, sans parler du patinage artistique autour de la réforme des retraites, elle est quasiment taboue. En fait, personne n’a envie d’endosser le fiasco d’un égoïsme générationnel.

On renvoie alors la responsabilité aux élites politiques qui nous gouvernent, oubliant que celles-ci ont été démocratiquement élues et que l’opinion publique est plus que jamais une boussole qui oriente leurs choix. De surcroit, (presque) toutes les familles éprouvent une solidarité face aux difficultés potentielles d’insertion de leur progéniture et déploient la panoplie du parent responsable: encouragement pour conduire au plus haut niveau scolaire, aide matérielle et morale pour accompagner au mieux vers l’autonomie, accueil lors des différents « pépins » qui peuvent survenir dans la vie du jeune adulte.

Cet effort est évidemment indexé sur les revenus de chaque famille – 54 % des 18-24 ans et 34 % des 25-34 ans reçoivent une aide financière de leurs parents (BVA 2014, Les Français et leur budget). Ainsi, les parents se posant en premier amortisseur de la crise de la reproduction sociale, la perception du conflit de génération existe à peine. Cette question objective n’est pas perçue subjectivement.

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États-Unis : Des lycéens s’amusent à faire danser des chats morts

Mardi 12 mai, l’association de défense des animaux Peta a relayé une vidéo dans laquelle une classe d’un lycée de l’Oklahoma réalise en effet une chorégraphie avec les cadavres de félins, entonnant la musique d’une publicité pour de la nourriture pour chats.

“Les images montrent des étudiants sans cœur en blouse en train de danser avec des chats massacrés pour être disséqués en cours de biologie”.

Interrogée par une chaîne de télévision locale, la directrice régionale d’une autre association de protection des animaux, The Humane Society of the US, a plaidé pour qu’il soit interdit de manipuler des animaux euthanasiés dans le cadre de leur enseignement, leur demandant d’utiliser des modèles en plastique.

Selon elle, cette vidéo démontre qu’ils ne sont pas assez matures pour le recours à de vrais animaux. Elle a déploré cette “tache” sur la réputation de l’école mise en cause, connue comme un exemple d’éducation alternative.

Inde : A l’université de la vie

Faut-il forcément étudier dans une école classique en dur pour réussir ? Ou alors existe-t-il d’autres types d’environnement tout aussi propices à la réussite ? Cette semaine, Learning World vous fait découvrir deux écoles anti-conformistes qui proposent un enseignement sans murs, loin des sentiers battus.

(Merci à Tilak)

Comment j’ai détesté les maths

Les maths vous ont toujours barbées, vous avez toujours pensé qu’être nul en maths était une fatalité, bref vous les avez toujours détestées! On aurait pu se contenter d’en rire si elles n’avaient pris une telle place dans notre société : Apple, Google, Goldman Sachs ne sont plus qu’algorithmes et formules mathématiques.

Comment les maths en sont-elles arrivées à souffrir d’une telle désaffection au moment même où elles dirigent le monde ? A travers un voyage aux quatre coins du monde avec les plus grands mathématiciens dont Cédric Villani (Médaille Fields 2010), Comment j’ai détesté les maths nous raconte comment les mathématiques ont bouleversé notre monde, pour le meilleur… et parfois pour le pire.

Réalisé par Olivier Peyon (2014)

Brevet des collèges : 2 élèves sur 3 n’ont pas eu la moyenne en maths

Les collégiens français seraient-ils fâchés avec les mathématiques ? Près des deux tiers des élèves qui se sont présentés à la session 2014 du brevet n’ont pas eu la moyenne à l’épreuve finale de mathématiques, selon une note du ministère de l’Éducation publiée vendredi.

Dans l’ensemble, 85,4% des candidats au Diplôme national du brevet (DNB) ont réussi l’examen, selon les résultats définitifs, détaillés dans une note de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP). L’actuel brevet tient compte de notes obtenues en contrôle continu pendant l’année, de trois épreuves écrites (français, mathématiques, histoire-géographie-éducation civique), d’une épreuve orale d’histoire des arts et de la validation du socle commun de connaissances et de compétences.

La parution de cette note relevant que près des deux tiers des candidats obtiennent moins de 10 sur 20 à l’épreuve finale de mathématiques, intervient en pleines négociations entre le ministère et les syndicats sur la réforme du collège qui prévoit notamment une aide personnalisée pour tous les élèves.

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Castres (81) : La Maison positive

La Maison positive retrace une aventure pédagogique menée au Lycée professionnel du Sidobre à Castres, (Tarn, France) en 2010-2011 : la construction d’une maison à énergie positive par les lycéens eux-mêmes.

Ce projet éducatif et écologique, conduit par Jean-Michel Decuq, professeur de génie climatique au Lycée du Sidobre, se veut être une illustration des multiples actions pédagogiques menées dans les établissements scolaires conçues pour l’éducation au développement durable.

Au delà de la sensibilisation aux enjeux écologiques et aux techniques de l’habitat durable, le film montre comment ce projet d’éco-construction a réussi à fédérer l’ensemble de la communauté scolaire du lycée, dépassant ainsi les cloisonnements disciplinaires.

Un autre objectif du film d’Yves Ardourel, enseignant-chercheur à l’Institut Universitaire de Formation des Maîtres (IUFM Midi-Pyrénées) est de susciter la réflexion des enseignants et futurs enseignants sur les expériences et les dispositifs éducatifs.

Conseiller au développement durable: Frédérick Mathis (directeur de l’Association 3PA). Participants : Philippe Barboza, Jean-Michel Decabooter, Christine Guérineau, Antoine Parent, Luc Picard, Perrine Raynaud et les élèves du lycée du Sidobre.

Finlande : Écriture manuscrite vs écriture numérique

À partir de la rentrée 2016, les élèves finlandais n’apprendront plus l’écriture cursive, autrement dit, l’écriture en attaché. À la place, ils apprendront à taper à l’ordinateur. Une compétence jugée plus utile à l’heure du tout numérique ou presque.

Qu’on se rassure, on continuera à leur enseigner l’écriture manuscrite, mais uniquement en caractère d’imprimerie.

L’économie, un rempart contre le terrorisme islamiste ?

Le redressement de l’économie peut-il constituer un rempart contre le terrorisme? Après l’union nationale, apparaissent les risques de fracture, des écoles aux quartiers défavorisés en passant par les prisons et les réseaux sociaux.

La crise économique, la panne de l’ascenseur social et le délaissement de certaines banlieues forment-elles un terreau pour le terrorisme? Débat avec Général Vincent Desportes, ancien directeur de l’École de Guerre (2008-2010), Christian Menanteau, chroniqueur économique sur RTL et l’ économiste Jean-Paul Betbèze.

Éducation : Le casse-tête chinois

Dans la Chine impériale, les études représentaient l’unique moyen de sortir de la pauvreté. Dans la Chine du XXIe siècle, elles sont longtemps restées le meilleur moyen.

L’essor économique et la considération dont bénéficient ceux qui travaillent dur ont amené les Chinois à espérer que l’éducation permettait automatiquement d’échapper à la misère.

Mais aujourd’hui, le système éducatif de la République populaire livre une génération entière au chômage et au désespoir.

Issy les Moulineaux (92) : Microsoft imagine l’école de demain

À notre époque, le numérique prend une place de plus en plus importante. Microsoft, ayant bien conscience de cela, a décidé de s’attaquer au secteur de l’éducation en créant une classe immersive pour des écoliers français. Présentation de cet espace qui allie technologie et apprentissage à travers différents ateliers pédagogiques.

Situé à Issy les Moulineaux en banlieue parisienne, ce lieu unique en Europe pensé par Microsoft s’inscrit dans la lignée des promesses du gouvernement concernant la refonte du modèle éducatif français via les nouvelles technologies.

Le but est également de rendre la compréhension de certaines matières jugées compliquées, comme par exemple la physique, plus accessible grâce au côté ludique des nouvelles technologies tactiles et 3D.

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Surdoués en souffrance

Ils sont surdoués mais au lycée leur quotient intellectuel se révèle un handicap. Parce qu’ils s’y ennuient, parfois parce qu’ils s’y sentent exclus, un tiers des enfants surdoués abandonneraient l’école.

A Marseille un établissement, le seul de France tente de redonner le goût d’apprendre à ces surdoués décrocheurs.

Réussir à l’école : Une affaire de cerveau ?

Savoir comment notre cerveau fonctionne, est-ce utile pour améliorer les résultats scolaires ? Le débat n’est pas clos. Qu’on y voit un intérêt ou non, les neurosciences fascinent. Voyons de quoi il s’agit, notamment en recueillant le point de vue de spécialistes.

USA : quelle activité cérébrale pour quel apprentissage ?

À New-York, l’Université de Columbia dispose depuis 1887, d’un département dédié aux futurs professeurs, le Teachers College. Son credo ? L’innovation en matière d’enseignement. L’une de ses équipes de recherche se concentre par exemple sur l‘étude des zones cérébrales activées lorsqu’on apprend une langue étrangère.

Le Dr Karen Froud qui dirige le laboratoire neurocognitif du langage en est arrivée à la conclusion que les difficultés des étrangers pour reproduire certains sons n‘étaient pas liées à “un problème de prononciation, mais de perception de ces sons et c’est au niveau du cerveau qu’on peut le voir,” assure la scientifique.

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La revanche des cancres

Ils ne sont pas passés par les grandes écoles, ils ne sont pas non plus diplômés de l’enseignement supérieur… et pourtant, à 25 ans à peine, ils sont déjà chefs d’entreprise.

Jason qui était en échec scolaire, dirige aujourd’hui une société d’aide à la personne et emploie 15 salariés. Après un bac pro, Paul, lui, a lancé une entreprise de lunettes fantaisie. Il est désormais invité dans les écoles de commerce pour donner des conseils aux étudiants.

Neurobiologie et éducation

Neurobiologiste allemand de premier plan, le Pr. Gerald Hüther dirige le département de recherche fondamentale de neurobiologie du Centre Hospitalier Universitaire psychiatrique de l’université de Göttingen et le centre de recherche préventive de neurobiologie de l’université de Göttingen et Mannheim/Heidelberg. Il est l’auteur de plusieurs livres sur le sujet.

(Merci à quarantined)

En France les écoliers travaillent trop et mal

Quelles sont les faiblesses de l’Éducation nationale? La question se pose chaque année à la rentrée. Voici les vrais chiffres qui permettent de comparer l’école de la République à celle de nos voisins européens. Elle atteint tout juste la moyenne.

De la maternelle à la terminale, près de 13 millions d’élèves sont de retour à l’école. Pour Najat Vallaud-Belkacem, c’est la première rentrée. La toute nouvelle ministre de l’éducation nationale a sans nul doute déjà évalué les forces et les faiblesses du système éducatif français pour répondre aux détracteurs des réformes en cours, notamment la modification des rythmes scolaires.

Comme la ministre, nous avons évalué l’école de la République comparée à celle de nos voisins européens. Avec tout juste la moyenne, les notes de l’école de la république ne sont pas très bonnes, mais ce n’est pas le cancre européen comme que certains l’affirment.

Pour noter le plus objectivement possible l’école nous avons retenus cinq critères significatifs:
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École du futur : La fin des profs ?

En France, le ministère de l’Éducation Nationale veut faire entrer l’école dans l’ère du numérique. Tableaux interactifs et tablettes tactiles devraient, d’ici 2020, remplacer progressivement la craie et les cahiers.

Pour les firmes informatiques, cette évolution représente un marché colossal, évalué à 100 milliards d’Euros à l’échelle mondiale. Sur les 12 millions d’élèves que compte l’Hexagone, seulement 10% travaillent actuellement à l’aide d’un matériel informatique à l’école.

Ce bouleversement inquiète les professeurs qui craignent un repli sur soi de l’enfant en classe, où le rapport au savoir ne se ferait plus par la communication avec les autres, mais à travers un support. Enquête en Corrèze, premier département à avoir équipé tous les collégiens d’une tablette numérique.

Partie 1:

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« Comment sommes-nous devenus si cons ? » : Le cri de colère du linguiste Alain Bentolila

Par Jean-Paul Brighelli

Derrière le titre un brin provocateur, Alain Bentolila, spécialiste du créole haïtien et de l’apprentissage des langues maternelles au Maroc, dresse dans son ouvrage paru jeudi 11 septembre, un portrait sévère de notre rapport à l’intelligence et à l’apprentissage.

L’auteur pousse cri de colère contre des années d’errances éducatives, mais également contre l’ensemble de la société, de l’école à internet.

« On n’est pas con, on nous a rendus cons ! La télévision en porte une grande responsabilité : même s’il y a des émissions remarquables, celles regardées sont souvent d’une affligeante débilité. Les réseaux sociaux ont également une part de responsabilité ; Facebook rend les gens très cons. Les hommes politiques, enfin, au discours rodé, nous prennent également pour des cons… et à force, on finit par le croire. »

La com/position de l’ouvrage va de la surface vers la profondeur – de la société du spectacle et de la “grande anesthésie” télévisuelle (Nabilla n’est pas la meilleure copine de Bentolila) aux abominations com/munautaires des fous de Dieu de toutes farines.
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Inde : Des milliers d’étudiants indignés par une épreuve d’anglais

Une simple épreuve d’anglais a provoqué ces derniers mois le soulèvement de milliers d’étudiants à travers l’Inde. Descendus dans la rue pour réclamer “l’égalité des chances”, ces jeunes protestent contre le concours d’entrée dans la fonction publique qu’ils jugent discriminatoire.

(Merci à Tilak)

Russie : L’école alternative de l’académicien Shchetinin

L’école de Shchetinin est une structure russe où les enfants peuvent terminer le niveau primaire et secondaire en 2 ans. Ils peuvent aussi obtenir leur doctorat avant l’âge de 17 ans. Les enfants apprennent autres choses que les matières scolaires classiques comme la danse traditionnelle, les arts martiaux, la musique et les arts.

La doctrine de l’école repose sur le précepte: “Je vois, J’analyse et j’agis”.

En fait, on ne dicte pas aux enfants ce en quoi ils doivent croire et comment apprendre. Ils le font à leur manière, ce qui assure leur succès. Le professeur n’est pas là comme dictateur mais bien comme aide à l’apprentissage. Il propose des notions à apprendre et ensuite en discute avec les élèves, puis les enfants doivent eux-même en discuter avec les autres pour démontrer ce qu’ils ont compris.

L’enseignant n’oblige pas un élève à étudier ceci ou cela, c’est l’élève lui-même qui décide ce qu’il veut apprendre en premier et puisqu’il est attiré par ce sujet alors il apprendra beaucoup plus vite.

En apprenant aux enfants à étudier de cette façon, les professeurs s’assurent que les enfants créent leur propre méthode et que par la suite ils pourront apprendre n’importe quel sujet très rapidement.

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« Nous sommes à une période de transition vers une ère post-emplois »

La théorie du marché libre sur laquelle se fonde nos sociétés s’avère fausse, estime le Professeur Amos Witztum, un économiste de la London School of Economics. « On nous a dit que si nous faisions de longues études, et que nous travaillions dur, tout se passerait bien. Mais cette assertion ne tient plus depuis longtemps », dit-il.

Des études de l’OCDE montrent que la hausse du PIB par tête liée aux gains de productivité ne s’est accompagnée que de progressions de salaires proportionnelles à la hausse de l’inflation, au mieux, mais qui ont été très inférieures à cette croissance de la productivité.

Le lien traditionnel entre la productivité et la rémunération, c’est-à-dire entre le rendement des salariés, et la compensation qu’ils reçoivent, une pierre angulaire du système de marché traditionnel, ne s’applique plus. L’argent gagné par cette productivité qui n’a pas été utilisé pour payer des salaires a profité aux capitalistes, au travers des dividendes que les sociétés leur ont payés.

En outre, le professeur Witztum observe que souvent, les emplois que les gens trouvent ne correspondent pas à leurs qualifications. Au Royaume Uni, par exemple, le nombre d’employés sur-qualifiés pour leur emploi est passé de 21% en 1992 à 33% en 2006.

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Les enfants monstrueux du numérique

Par Ferdinand Cazalis (29 novembre 2012)

Ils ont 3, 4 ou 10 ans et regardent le monde au travers d’un Ipad, doudou glacé qui fleure bon la « modernité ». Pour l’industrie technologique, l’enfance se pense à l’ombre des machines, innovations qualifiées de nécessaires par la bien-pensance scientiste et introduites sans recul sur le marché des marmots. Retour sur l’apparition du numérique dans l’aire du jeu et de l’apprentissage.

Nous sommes en 2004. Des hommes se lèvent, mûrs, aux joues granitées. Grattage de nez, sifflotements, fée électricité – une nouvelle journée. Se rasent, enfilent leur costume de Grands responsables, cravate en option, douche, café, emails, cellulaire, taxi, pensées fugitives, travail.

Ils s’appellent Pierre, Olivier, Jean-Claude ou Laurent. Tous sont présidents ou directeurs d’entreprises du secteur micro-électronique et participent au Groupement professionnel des industries de composants et de systèmes électroniques, le Gixel (2). Le plus naturellement du monde, ils veulent faire prospérer les quelque 32.000 emplois et 4 milliards de chiffre d’affaires qu’ils représentent en France.

Pour cela, et parce qu’ils ne se sentent pas les coudées assez franches, ils écrivent un Livre bleu, consistant en une série de recommandations à l’adresse du gouvernement pour développer le marché des circuits imprimés, composants d’interconnexion et autres cartes à puce. Parmi leurs propositions, l’une fit grand bruit, et reste bien connue chez celles et ceux qui s’interrogent sur la portée politique des nouvelles technologies :

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Éducation: Changer le paradigme

Pourquoi certains élèves ne sont pas attentif en cours ou sont mal-compris par leurs camarades et professeurs ? Parfois parce qu’ils sont surdoués, et comme il n’y a pas de « dépistage » ou de tests de Q.I. à l’école, les élèves sont tous traités de la même manière, ce qui pénalise les meilleurs tout comme les moins bons.

Pourquoi les institutions (de tous les pays) ne prennent-elles pas conscience qu’il est temps de changer de système éducatif ? Le poids des traditions n’est-il pas assez lourd ? L’école peut parfois freiner le développement de l’enfant au lieu de l’aider.

Mooc : La standardisation ou l’innovation ?

Si vous n’avez pas encore succombé au buzz des Mooc (massive online open courses, Cours en ligne ouvert et massif), ça ne saurait tarder : le temps de l’enseignement supérieur de masse en ligne est venu et la face du monde en sera changée, nous dit-on. Face à la force de frappe de cette bulle d’opinion, il devient difficile de résister et toutes les universités se sentent obligées de prendre position. Mais pour quelle raison et pour y faire quoi ?

Avant tout pour ne pas paraître décrochées, pour rester dans la compétition mondiale, pour maintenir leur réputation et leur attractivité. Ce qui d’ores et déjà disqualifie non seulement la plupart des universités des pays du Sud, mais aussi une bonne partie des universités des pays du Nord, qui n’ont aucun moyen voire aucune envie d’entrer dans ce jeu d’une supposée concurrence internationale, alors qu’elles sont déjà submergées par les inscriptions en masse qui font leur lot quotidien et, dans des pays comme la France, sans que cela génère des revenus supplémentaires, mais seulement des charges puisque les frais d’inscription sont fixés par la loi.

La masse est un problème pour ces universités, mais semble-t-il une chance pour les marques universitaires élitistes mondiales qui veulent capter ce marché de la formation payante. La sélection n’est plus l’ennemie du recrutement de masse, dès lors qu’il existe un marché d’étudiants avides de payer tout ce qui sera étiqueté Stanford par exemple.

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Grèce : 300 écoles fermées par manque de chauffage

Plus de 300 écoles du département grec de Macédoine occidentale, resteront fermées, puisque les fonds prévus pour le chauffage pendant cette année scolaire sont prématurément épuisés. Selon le reportage du journal « Ethnos », lors de la réunion des municipalités régionales, l’unanimité des maires a décidé de fermer les écoles en raison du manque de fioul de chauffage.

«Dans le cas contraire, les salles se transformerons en véritables réfrigérateurs». Il faut souligner que le coût du fioul de chauffage nécessaire à un seul département comme par exemple à celui de Kastoria, atteint les 20 millions d’euros.[…]

La situation à laquelle sont confrontés les enfants est sans précédent. Dans 20 municipalités de la Macédoine occidentale, le froid est très intense et l’hiver deux fois plus long que dans le reste de la Grèce. Dans la matinée, les routes sont glacées et le thermomètre est bien au-dessous de zéro.

« Est-ce que les enfants, qui sont obligés de porter des gants et des bonnets dans la salle de classe, peuvent vraiment suivre des cours dans des telles conditions ? », s’interroge le président de l’association régionale des municipalités, Vryzidou Paraskevi.
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Vladimir Poutine : plaidoyer en faveur d’une « communauté économique harmonieuse, de Lisbonne à Vladivostok »

Tribune de Vladimir Poutine, parue dans la Süddeutsche Zeitung du 25 novembre 2010

Il est évident, aujourd’hui, que l’éclatement de la crise mondiale en 2008 n’était pas seulement dû au gonflement des «bulles» et à l’échec de la régulation des marchés mais qu’il était de nature structurelle. Le problème central consiste dans l’accumulation de déséquilibres mondiaux. Le modèle selon lequel un centre régional multiplie les emprunts et consomme des biens sans frein alors que l’autre produit des marchandises bon marché et rachète des dettes a échoué.

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La dette, premier poste des dépenses de l’État

Le projet de loi de finances 2011 promet une réduction sans précédent du déficit de l’Etat, qui devrait passer de 152 à 92 milliards d’euros. La fin des mesures exceptionnelles prises au cours des deux années précédentes (principalement le plan de relance et le grand emprunt) explique l’essentiel de cette baisse. Du côté des recettes courantes, l’Etat ne peut compter que sur l’évolution spontanée des assiettes, car l’essentiel des 10 milliards récupérés sur les niches fiscales ira à la Sécurité sociale.

Répartition des crédits du budget général dans le projet de loi de finances 2011, par mission, en milliards d'euros

Pas vraiment de bouleversements non plus du côté des dépenses. L’Etat s’engage à les stabiliser en valeur (hors charge de la dette et pensions), ce qui implique une baisse en volume, hors inflation. Il compte pour cela sur le gel du point d’indice des fonctionnaires, le non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux (- 31 600 postes) et une réduction de 5% des crédits de fonctionnement et d’intervention. L’équilibre entre les missions de l’Etat ne change que très marginalement, au détriment de l’équipement, du logement et de l’écologie, et à l’avantage de la justice et de l’éducation.

La progression la plus marquante parmi les dépenses de l’Etat concerne ses engagements financiers (le paiement des intérêts et le remboursement de la dette) : ils progresseraient de 6,3% en 2011, pour devenir le premier poste de dépenses, devant l’enseignement hors pensions. Et ce n’est qu’un début : la hausse devrait atteindre 28,5% d’ici à 2013, selon la programmation pluriannuelle du gouvernement. Autant dire que c’est après 2011 qu’il deviendra vraiment difficile de faire baisser le déficit.

Alternatives Economiques

Les trois France : France des privilégiés, France d’origine immigrée, France ostracisée

Par Michel Geoffroy

La crise sociale rampante que connaît notre pays révèle une fracture profonde qui divise de plus en plus la France en trois groupes concurrents, en trois France rivales.

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L’Occident comme déclin

(extraits)

Par Guillaume Faye

N.B. : ce texte date de 1985.

Phénix renaissant de ses cendres (enluminure du Bestiaire d'Aberdeen, XIIème siècle)

En apparence, l’erreur d’Oswald Spengler fut immense : il annonçait pour le XXème siècle le déclin de l’Occident, alors que nous assistons tout au contraire à l’assomption de la civilisation occidentale, à l’occidentalisation de la Terre, à la généralisation de cet « Occident » auto-instauré comme culture du genre humain, dont, suprême paradoxe, les nations néo-industrielles de l’Orient constitueront peut-être d’ici peu l’avant-garde. En apparence toujours, c’est au déclin de l’Europe que nous sommes conviés. Montée en puissance de l’Occident et perte de substance de l’Europe : les deux phénomènes sont sans doute liés, l’un entraînant l’autre. Tout se passe comme si, après avoir accouché de l’Occident, répandu aujourd’hui sur toute la planète, l’Europe épuisée entrait dans un nouvel âge sombre.

La thèse ici présentée sera simple : l’Occident n’est pas « en » déclin – il est au contraire en expansion – mais il est le déclin. Et il l’est depuis ses fondements, depuis son décollage idéologique au XVIIIème siècle. L’Europe, quant à elle, n’est qu’en décadence.

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Roumanie : les diplômes n’aident pas à l’emploi des jeunes

L’université roumaine est devenue une usine à chômeurs. Faute de revoir des filières et des programmes figés depuis l’ère communiste, elle forme des diplômés qui restent sur le carreau, dénonce Adevarul.

La révolution roumaine : manifestation anticommuniste à Bucarest, le 21 décembre 1989

Avec la transition de l’économie roumaine du socialisme au capitalisme, métallurgie, sidérurgie et pétrochimie ont, tour à tour, disparu.
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