La crise du logement affecte 10 millions de Français

La France compte 3,5 millions de mal-logés et dix millions de ses habitants sont affectés, de près ou de loin, par une crise du logement qui ne cesse de s’aggraver, prévient la Fondation Abbé Pierre. Dans son 15ème rapport annuel, publié lundi, l’organisation souligne que “l’aggravation progressive de la crise du logement aboutit à un vrai problème de société” dont les autorités ne semblent pas avoir mesuré l’ampleur.

Aux 3,5 millions de mal-logés s’ajoutent 6,5 millions de personnes fragiles, susceptibles de basculer à tout moment dans cette première catégorie, en cas d’éclatement de la famille ou de perte d’emploi, par exemple. “Le fait d’être logé ne signifie pas qu’on est à l’abri des difficultés“.

La crise du logement est bien antérieure à la crise financière, puis économique, qui a submergé le monde à partir de l’été 2008, alors que ni ses manifestations ni ses causes n’ont été traitées.

Le problème du logement “s’ancre dans la durée” et la crise “ne fait que renforcer des difficultés qui perduraient depuis longtemps“, renchérit Christophe Robert, délégué général adjoint de la Fondation Abbé Pierre. Lire la suite

Pétrole : cruel sera le réveil

S’appuyant sur des images d’archives, des documents de la NASA et des extraits de films, le réalisateur Ray McCormack et le journaliste Basil Gelpke prévoyaient la crise du pétrole dans laquelle le monde est entré. Leur documentaire montre comment, en 150 ans, l’être humain a presque épuisé des réserves qui ont mis plusieurs millions d’années à se constituer.

Ce constat soulève des questions inquiétantes pour l’avenir proche : combien de pétrole reste-t-il ? Se pourrait-il que la possession des dernières réserves entraîne des conflits armés ? Ray McCormack et Basil Gelpke s’intéressent aussi aux recherches menées dans le domaine des nouvelles sources d’énergie, analysant le problème énergétique dans sa globalité, paramètre par paramètre, entre écologie, économie et politique.

Partie 1:
http://www.dailymotion.com/video/x6w11m
Lire la suite

Le C.O.E. tempère les espoirs de développement des emplois verts

Selon le Conseil d’orientation pour l’emploi (C.O.E.), l’économie verte est certes potentiellement créatrice d’emplois, à condition toutefois de surmonter de nombreux freins.

La croissance verte a, depuis le début de la crise, été présentée comme l’un des principaux outils, voire comme une véritable martingale, de lutte contre le chômage.

Selon les prévisions gouvernementales, qui s’appuient notamment sur une étude du Boston Consulting Group, réalisée en 2008, cette croissance écologique pourrait créer plus de 600.000 emplois qualifiés de “verts”, d’ici à 2020.

Une étude très contestée, car elle omet de prendre en compte les emplois détruits d’ici là, et qui a fait dire à certains spécialistes que ses chiffres avaient été “gonflés”.

Alors que le ministère du développement durable prépare activement la conférence nationale sur les métiers de la croissance verte, qui aura lieu jeudi prochain 28 janvier, un avis du Conseil d’orientation pour l’emploi (C.O.E.), publié aujourd’hui lundi [25 janvier], vient doucher quelque peu cet optimisme.

L’avis de cet organisme rattaché à Matignon et qui réunit élus, experts, représentants patronaux et syndicaux, est néanmoins modéré et tente de produire un “diagnostic partagé”.

Le virage de l’économie vers le respect de l’environnement pourrait en effet créer jusqu’à 600.000 emplois, mais seulement, et seulement si le potentiel existe, estime le C.O.E. Car au-delà des bonnes intentions et des espoirs que suscite cette croissance, le changement s’annonce beaucoup plus “complexe” que ce que les pouvoirs publics laissent entendre. “La croissance verte peut être significativement créatrice d’emplois dans les nouvelles activités”, mais “avec une ampleur encore incertaine à moyen et long terme”, indique-t-il.

Lire la suite

La Russie peut-elle sauver l’Occident ?

Sergei Karaganov est Doyen de la School of International Economics and Foreign Affairs de la Russian Research University – Higher School of Economics. Cet article est basé sur un rapport sur la sécurité euro-atlantique préparé par le groupe russe du Valdai Club, dirigé par le professeur Karaganov.

Les rapides bouleversements dans l’économie mondiale et dans la politique internationale mettent au jour, une fois encore, un éternel sujet d’inquiétude en Russie : sa relation avec l’Europe, ainsi qu’avec l’ensemble des pays de la région euro-atlantique. La Russie appartient bien sûr en partie à cette région. Mais la Russie ne peut et ne veut s’y associer sans réserves – du moins pas pour l’instant. La situation est pourtant bien différente aujourd’hui.

Il semble de plus en plus manifeste que le monde euro-atlantique, dont les modèles économiques et politiques semblaient si triomphants il y a 20 ans, est maintenant à la traîne derrière la Chine et certains autres pays asiatiques. Il en est de même pour la Russie qui, malgré des discussions encourageantes sur le développement de l’innovation, souffre d’une économie en pleine décomposition puisque la corruption a été autorisée à s’y métastaser et que le pays repose de plus en plus sur la richesse de ses ressources naturelles. L’Asie est finalement le vrai vainqueur de la guerre froide. Lire la suite

“Energie : la Presse-Pravda a encore frappé”

Une tribune libre de Patrick Reymond

E24 répercute les contes pour enfants de l’OCDE et de l’AIE (Agence Internationale de l’Energie). A savoir : on ne change rien, on reprend les tendances antérieures et on les prolonge, en faisant semblant de croire que la période 2008-2010 sera un bref incident vite oublié.

Il n’y a aucune trace des “erreurs antérieures” considérables : ” ‘il y a suffisamment de ressources mondiales en énergie pour répondre à la prévision de demande en 2030 et bien au-delà’, souligne l’AIE. “

Bien entendu, on n’indique pas, par exemple, que les consommations pétrolières estimées pour 2030 sont passées de 130 Millions de barils/jour au chiffre, encore contesté, de 105 millions. La plupart des pétroliers pensent d’ailleurs que le chiffre de 100 millions de barils est lui-même très optimiste.

Il faudrait, en matière pétrolière, découvrir 4 Arabie Saoudite pour maintenir la production et 6 pour l’augmenter.

Les gisements découverts représentent, au plus, quelques mois de consommation mondiale, et le seul champ pétrolier géant peu exploité, Kashagan, est extraordinairement compliqué et coûteux à utiliser (présence de soufre et de gaz explosif).

En la matière, la consigne était de ne pas peiner les USA, de ne même pas refaire une addition. Il a fallu attendre que L’AIE retrouve son courage et son crayon, pour procéder à cette opération arithmétique de base et donner une date pour le Peak Oil [pic pétrolier] : 2020. Encore faut-il dire que cette date apparaît, elle-même, très optimiste.

La vitesse de déclin des gisements, estimée à 3,7 % en 2008, est passée à un chiffre plus réaliste de 6,7 %. En gros, la production baisse de 5 millions de barils-jour par an et les nouveaux gisements ne fournissent que 1,5 millions de barils.

Quant aux nouvelles découvertes, elles n’ont souvent, comme au Brésil, qu’un inconvénient : on ne sait pas aller assez profond, ni comment traverser des couches de sel très épaisses. Et les gisements non-conventionnels, tels les schistes bitumineux et le pétrole lourd de l’Orénoque, présentent le désavantage de demander une grosse consommation d’énergie et des investissements massifs, sans doute jamais rentables.

Pour le gaz, la donne est tout aussi claire : le pic gazier suit de 5 ans le pic pétrolier et non, de 30 ans comme on le pensait. Lire la suite

Entretien avec Aymeric Chauprade : la stratégie énergétique de la Russie

Aymeric Chauprade enseigne la géopolitique depuis 10 ans au Collège interarmées de défense. Il est l’auteur du traité géopolitique Constantes et changements dans l’Histoire, devenu rapidement un manuel de référence. Son récent atlas de géopolitique mondial Chronique du choc des civilisations, en revanche, a déclenché une polémique qui s’est soldée par sa mise à pied, exigée par le ministre de la Défense. Chauprade défend et incarne une approche scientifique de la discipline qui prend en compte le « facteur culturel », et donc la représentation que les peuples se font d’eux-mêmes et des autres dans l’Histoire.

Nous reproduisons ici l’entretien qu’il a accordé au magazine Le Courrier de Russie.

Le Courrier de Russie : Dans l’entretien sur la Russie que vous avez accordé récemment à la NRH (« La géopolitique de la Russie », in La Nouvelle Revue d’Histoire, n° 38, sept.-oct. 2008), vous proposez une interprétation dans laquelle la stratégie de Poutine – et de Medvedev aujourd’hui – est aussi claire que déterminée. Sa politique en matière d’énergie n’est pas seulement « économique », elle est au centre d’un plan stratégique très précis. Dans le même entretien, vous dites aussi qu’il s’agit d’une réaction de la Russie à un certain sentiment d’encerclement, à une politique américaine qui détermine finalement la donne a priori, les acteurs les plus faibles se défendant avec les moyens dont ils disposent.

Aymeric Chauprade : Ce n’est pas en opposition, bien au contraire. La Russie se vivait comme assiégée par la géopolitique américaine avant l’arrivée de Poutine, et elle l’était. Les Etats-Unis et leurs alliés progressaient à la périphérie, dans l’Etranger proche de la Russie.

Celle-ci s’est dit qu’elle devait retrouver son statut contesté de puissance régionale, et même de puissance internationale. Or elle n’avait qu’un atout sur la scène internationale : les ressources énergétiques. C’est le levier principal qui a été trouvé. Lire la suite

Energies : baisse historique de la consommation mondiale

Avec la crise, la consommation mondiale d’électricité et de gaz atteint des baisses de niveaux historiques – respectivement – 3,5 % et – 3 % pour l’année 2009.

La plupart des grands opérateurs sont obligés de réduire la voilure. C’est l’un des principaux enseignements de l’Observatoire européen des marchés de l’énergie, publié [le 25 octobre 2009].

«À court terme, ces entreprises repoussent – voire annulent – leurs investissements dans des projets d’infrastructures, tout en procédant à des cessions d’actifs», souligne d’emblée Colette Lewiner, directrice internationale du secteur énergie, utilities et chimie chez Capgemini.

EDF constitue ainsi un bon exemple. Après un exercice 2008 très offensif – avec notamment l’acquisition de British Energy pour plus de 14 milliards d’euros -, le groupe français cherche aujourd’hui avant tout à se désendetter. Il espère bien boucler au premier trimestre 2010 la vente de son réseau de distribution en Grande-Bretagne et en retirer 4 milliards d’euros.

Il est loin d’être le seul à vouloir s’alléger : l’Observatoire met en exergue que la dette cumulée des dix principaux groupes d’énergie s’élevait à 213 milliards d’euros en 2008, soit une progression de 113 % depuis 2006.

La situation ne devrait guère s’améliorer dans les prochains mois. La baisse de la consommation et des prix devrait durer et inciter les opérateurs à la prudence. Lire la suite

Précarité énergétique: quand se chauffer devient un luxe

De deux à cinq millions de Français souffrent de “précarité énergétique”. Ce terme, qui est en train d’apparaître dans les discours officiels, désigne les foyers qui éprouvent des difficultés à se chauffer ou qui s’endettent pour maintenir une température correcte dans leurs logements.

En Europe, le Royaume-Uni est le seul pays à avoir défini une norme pour quantifier le phénomène. Tout ménage qui dépense au moins 10 % de ses revenus pour régler ses factures d’énergie est comptabilisé comme souffrant de précarité énergétique.

Entre 50 et 125 millions d’Européens seraient touchés. En France, ils sont de 2 millions à 5 millions. Sur ce nombre, 300 000 sollicitent, chaque année, les services sociaux pour les aider à régler leur facture énergétique. Le montant des aides publiques s’élève à 150 millions d’euros, une somme en hausse de 15 % par an.

Lire la suite

Hausse de 40% de la demande mondiale d’énergie d’ici à 2030

L’Agence internationale de l’Énergie (AIE) s’attend à un rebond du prix du baril de pétrole qui devrait atteindre 100 dollars en 2020 et 115 dollars en 2030, la demande d’énergie restant massivement orientée vers les énergies fossiles.

Les prix moyens pour 2009 devraient s’établir aux environs de 60 dollars en 2009, sur fond de déclin de l’activité, avant de rebondir “en raison de la reprise économique” pour atteindre 115 dollars dans vingt ans, en dollars constants de 2008 (c’est-à-dire hors inflation), indique l’AIE dans son rapport sur les perspectives énergétiques mondiales publié mardi.

Après une baisse de la consommation en 2009, la première depuis 1981, la demande mondiale d’énergie devrait augmenter de 40% d’ici à 2030, tirée quasi exclusivement (90%) par les pays émergents dont la Chine et l’Inde. Elle resterait dans une écrasante majorité (77%) tournée vers les énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon…), responsables des émissions de gaz à effet de serre, selon le scénario “noir” envisagé par l’AIE.

Pour répondre à cette demande, les investissements requis d’ici à 2030 sont “immenses“, juge l’AIE, qui les chiffre à 26.000 milliards de dollars, soit 1.100 milliards par an. “La crise financière a rendu plus incertaine que jamais” la possibilité de mobiliser ces fonds, selon le rapport.

Lire la suite

Quand la Presse néolibérale critique le Marché

Alors que la Commission Européenne continue de préconiser une libéralisation des marchés de l’énergie en Europe, Laurent Pinsolle, blogueur dont nous avons déjà parlé, nous apprend que le magazine The Economist, la bible néolibérale, questionne durement l’efficacité du marché et de la concurrence dans ce domaine.

L’analyse de l’hebdomadaire anglais repose sur l’étude du marché britannique de l’énergie.

En effet, ce marché a été libéralisé au milieu des années 90, par le dernier gouvernement conservateur.

Les investissements dans les centrales produisant de l’énergie sont réalisés par des acteurs privés et une demi-douzaine d’entreprises se partagent le marché de la distribution de l’énergie aux ménages.

Il n’y a pas de contrôle des prix et l’intervention de l’Etat se limite à quelques centrales nucléaires.

Mais dans un papier intitulé « La remise en cause de la main invisible », The Economist critique radicalement la libéralisation. L’hebdomadaire liste trois arguments qui la remettent en cause. Lire la suite

La crise commence

Dans le monde fantasmagorique des responsables et analystes de l’économie, le bien et le mal se résument aux frémissements d’un totem : le produit intérieur brut (PIB). Il chute de 2 %, c’est la catastrophe, il remonte en tremblant à 0,3 %, la reprise s’annonce.

Et l’obsession est de rejoindre les 2-3-4 % “normaux” afin que la vie redevienne belle. Je ne caricature pas : des dizaines de déclarations et d’articles dans le Wall Street Journal, The Financial Times, The Economist, Les Echos, La Tribune – et bien sûr, notre cher Monde – ratiocinent autour de ce thème.

Parlons de la vraie économie, celle qui se préoccupe de la subsistance durable des sociétés.

Il n’y aura pas de “sortie de crise”. La crise commence. En fait, ce n’est pas une crise, mais le début de la grande transformation : celle qui nous conduira à une société humaine s’adaptant aux limites de la biosphère ou, si nous restons dans le vieux schéma “croissanciste”… à l’explosion.

Lire la suite

(15.10.2009)

► Assurance chômage: déficit de 3,6 milliards en 2010

En cause: la poursuite de la montée du chômage malgré la reprise de l’activité. L’Unedic s’attend par ailleurs à un déficit de 902 millions d’euros cette année. Le déficit cumulé de l’assurance chômage atteindrait ainsi 5,9 milliards d’euros au 31 décembre de cette année et 9,5 milliards un an plus tard.

Ces prévisions sont fondées sur l’hypothèse d’une contraction du produit intérieur brut (PIB) de 2,2% cette année suivie d’un retour à la croissance (+1,1%) en 2010. Cette évolution de l’activité irait de pair avec une contraction de l’emploi salarié de 413.000 postes en 2009 et une augmentation du nombre des chômeurs de 519.000. Pour 2010, les projections de l’Unedic font état de 75.000 suppressions de postes. Yahoo

► Cinquième mois d’inflation négative en septembre

Ces chiffres ont surpris les économistes qui attendaient en majorité une stabilité en septembre et ils ravivent les craintes de déflation. Le taux d’inflation était passé sous zéro au mois de mai, pour la première fois depuis 1957.

Les prix de l’énergie ont diminué de 0,7% en septembre par rapport à août et de 14,3% sur un an. La baisse des prix tient aussi aux services qui ont diminué de 0,8%. Les prix des produits frais ont, eux, augmenté de 4,6% sur le mois (-6,7% sur un an) et ceux de l’habillement/chaussures de 0,3% (-0,1% sur un an). S’il écarte le risque de déflation, c’est-à-dire d’une baisse durable des prix qui finit par paralyser l’activité, Nicolas Bouzou du cabinet d’analyse Asterès s’inquiète toutefois du recul des prix des produits manufacturés, lequel dénote un manque de tension de la demande, et du tassement des crédits au secteur privé “qui est de nature à faire diminuer les prix durablement“.

Les taux de marché et le chiffre de l’inflation en France entrent par ailleurs dans le calcul du taux de rémunération du Livret A, dont la prochaine révision sera théoriquement le 1er novembre. Pour refléter le mouvement de baisse des prix, le rendement du placement préféré des Français avait été réduit à 1,25% le 1er août, et avant cela à 1,75% le 1er mai. L’Express

► TVA: la restauration sous pression de l’État

Après la baisse, le gouvernement juge l’effort de la profession insuffisant. Et brandit la menace du retour à un taux de 19,6 %. La baisse à 5,5 % ne faisait pas l’unanimité, certains restaurateurs auraient t préféré une baisse des charges assortie d’engagements précis et contrôlables (le donnant-donnant), notamment en termes d’emploi. Le risque du malentendu actuel est de voir les Français prendre leurs distances avec le restaurant. Sud-Ouest

► Immobilier : la défiance des ménages bloque la reprise du marché

Le nombre de transactions est toujours en baisse au 3ème trimestre, selon la FNAIM. Les prix chutent, les taux d’intérêt aussi, mais les ménages, eux, … attendent. En cause : l’indice de confiance, au plus bas depuis près de 10 ans. Les Échos

“Il faudrait investir 1000 milliards d’euros dans l’énergie”

Colette Lewiner, vice-présidente de Cap Gemini : les investissements des énergéticiens ont beaucoup baissé en 2009, montre une étude de l’Observatoire européen des marchés de l’énergie (Cap Gemini).

http://www.dailymotion.com/video/xb5zt4