Y a-t-il un lien entre énergie disponible et croissance du PIB ?

Jean-Marc Jancovici, ingénieur et enseignant à Mines ParisTech, nous livre son analyse sur le rapport entre les ressources énergétiques et la croissance. Aujourd’hui, il expose son hypothèse d’une corrélation étroite entre l’énergie disponible et la croissance du PIB

Émission “Les carnets de l’économie” sur France Culture – Octobre 2012

Géothermie profonde : Quels sont les risques ?

A la différence de la géothermie haute température qui consiste à exploiter des réserves d’eau chaude naturellement présentes dans le sous-sol terrestre,  la géothermie profonde consiste à créer des réserves d’eau artificielles en fracturant la roche par injection d’eau sous-pression. Sa toute première application industrielle devraient être prochainement mise en œuvre en Alsace.
Un forage hors du commun a été inauguré le 29 octobre à Rittershoffen en Alsace. S’il permet de mettre en évidence la présence de chaleur suffisante dans le sous-sol terrestre à une profondeur relativement basse, ce forage validera la suite du chantier de la première application industrielle mondiale en géothermie profonde par fracturation des roches : une centrale de 24 MWth qui alimenterait en chaleur une amidonnerie de la région.

La géothermie profonde vise à exploiter la chaleur naturellement présente dans le sous-sol terrestre, à des profondeurs (5.000 mètres de profondeur) où elle est prisonnière de roches peu perméables et où il n’y a donc pas naturellement de réserves aquifères directement extractibles.

Cette première étape du projet Ecogi est l’occasion d’expliquer ce qu’est la géothermie profonde et ce qu’il la différencie des autres formes d’exploitation de l’énergie de la terre.
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L’éolien dans la tourmente

Périple en Normandie et en Picardie où des habitants se mobilisent contre les nouveaux moulins à vent. Puis cap sur l’Allemagne où 23 000 éoliennes ronronnent déjà, contre seulement 4 000 dans l’Hexagone. La situation varie d’une région à l’autre : à Langenhorn en Frise du nord, la majorité des villageois est prête à investir dans le nouveau parc qui doit voir le jour, car la hausse récente des prix de rachat de l’électricité verte leur promet des revenus substantiels.

Mais plus au sud, un couple de retraités s’oppose aux éoliennes qui leur pourrissent la vie. Avec vingt-cinq comités locaux, ils ont créé une association, qui a organisé des référendums. Résultat : vingt-deux communes ont dit nein !

Nombre de riverains s’insurgent contre la défiguration des paysages et les nuisances sonores par les parcs éoliens.

Accident nucléaires, pénurie de pétrole : Notre planète court-elle à la catastrophe ?

Ces dernières années, les catastrophes naturelles n’ont jamais été aussi nombreuses ni aussi dévastatrices. Le tsunami qui a touché le Japon, l’ouragan Katrina ou encore le tremblement de terre qui a dévasté Haïti en sont les exemples les plus récents.

Documentaire diffusé sur Direct8 le 28/05/2012.

Le ciel est rose : “Gasland”, la suite…

Version sous titrée en français du nouveau film de Josh Fox (réalisateur de Gasland) sur le gaz de schiste dans l’état de New York. Une très bonne analyse des moyens par lesquels l’industrie arrive à imposer ses idées malgré des preuves scientifiques contraires.

L’énergie dans le monde en 2011 : Quelles leçons en tirer pour l’avenir ?

Bulletin de l’Industrie Pétrolière BIP N°12071 Mardi 10 avril 2012 (pages 6 à 9) & N°12072 : L’énergie dans le monde en 2011 : Quelles leçons en tirer pour l’avenir ? Par Pierre-René Bauquis, Ancien directeur Stratégie et Planification du groupe Total, auteur de plus d’une cinquantaine d’articles sur l’économie du pétrole, du gaz et de l’énergie, de plusieurs livres, dont trois sur l’économie des hydrocarbures, Pierre-René Bauquis nous livre aujourd’hui son analyse des évolutions survenues l’an passé sur la scène énergétique et des leçons à en tirer.

L’année 2011 a confirmé une tendance apparue vers 2003, qui est l’incapacité du secteur pétrolier à croitre au rythme de la demande potentielle, l’équilibre se faisant donc par une hausse des prix. En gros, de 2003 à maintenant, les prix du Brent ont été multiplies par cinq, passant de 25 $/b à 125 $/b.

Cette tendance lourde fait que, depuis 2002-2003 le pétrole n’est plus le régulateur physique de la demande énergétique mondiale, comme il l’avait été pendant les cinquante années précédentes et c’est le charbon pour l’essentiel qui l’a remplacé dans ce rôle. Environ les deux tiers de l’augmentation mondiale de la production d’énergie primaire de 2003 à fin 2011 auront été couverts par le charbon et près d’un quart par le gaz.

Il est très difficile pour un Européen de réaliser qu’en 2011 la consommation chinoise de charbon a dépassé les 3 milliards de tonnes, et que cette même année la Chine, premier producteur mondial, est aussi devenue le premier importateur mondial de charbon – devant le Japon.

L’inélasticité depuis le début des années 2000 de l’offre pétrolière signifie que nous sommes sortis de l’ère du pétrole bon marché et facile à produire pour basculer dans l’ère des pétroles difficiles et chers, parfois encore appelés « non conventionnels »: offshore profonds et ultraprofonds, sables bitumineux, pétroles dits de roches mères (ou shale oil, terminologie malheureuse car elle prête à la confusion avec les oil shales!).

Ce basculement confirme que nous approchons désormais du maximum soutenable de la production pétrolière mondiale ou Peak Oil.

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Quand le monde manquera de métaux

500 Tours Eiffel : c’est ce que nos sociétés modernes consomment en métal chaque 24 heures. De la moindre puce électronique jusqu’aux gigantesques buildings, les métaux sont partout. Or certains sont en voie d’épuisement : les gisements de cuivre, de nickel ou de zinc n’ont plus que quelques décennies devant eux. Et si le recyclage se développe, la consommation s’emballe. Enquête sur une pénurie désormais annoncée.

L’humanité est accro aux métaux. Câbles électriques et circuits électroniques, transports individuels ou collectifs, électroménager ou BTP… Les métaux sont partout. On en oublierait presque qu’ils constituent une ressource non renouvelable. Comme pour les hydrocarbures, il faut plusieurs millions d’années pour en renouveler les stocks. Or, côté consommation, la tendance est à l’emballement. « En l’espace d’une génération, nous devrions extraire une quantité plus grande de métaux que pendant toute l’histoire de l’humanité », prévient Philippe Bihouix, ingénieur centralien et co-auteur d’un livre de référence sur le sujet.

Moins de vingt métaux étaient exploités dans les années 1970. Ce chiffre a depuis été multiplié par trois. Mais les réserves ne sont pas infinies. Une cinquantaine de métaux – sur la soixantaine exploités – seraient menacés de pénurie. Il reste plus d’un siècle de réserve pour le cobalt ou le platine. Celles de l’argent, de l’antimoine (utilisé notamment dans l’électronique), de l’indium (utilisé dans les cellules photovoltaïques ou les écrans LCD) se limiteraient à 20 ans, pointe l’étude de Philippe Bihouix. Et il ne resterait que 30 à 60 ans de réserve pour la plupart des grands métaux industriels : zinc, cuivre, nickel, plomb…

500 Tours Eiffel par jour

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Espagne : Compétition de l’innovation en maison solaire

Une maison portugaise qui pivote à 180 degrés en fonction du soleil, une autre japonaise entourée d’une rizière et d’arbres fruitiers pour être autosuffisante: 19 équipes universitaires du monde entier exposent les maisons écolos-solaires de demain dans un concours à Madrid.

Les concurrents qui s’affrontent du 15 au 30 septembre à l’occasion du deuxième Solar Decathlon Europe (SDE) ont eu une dizaine de jours pour construire un prototype de maison ayant le soleil pour seule source d’énergie.

Objectif du concours: «sensibiliser les citoyens à l’importance de l’environnement et la construction durable», disent les organisateurs du concours, commanditée par des entreprises privées et l’État espagnol qui a donné jusqu’à 50.000 euros à chacune des équipes.

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Écosystème : Un effondrement planétaire irréversible est imminent

En se basant sur des théories scientifiques, des modélisations d’écosystèmes et des preuves paléontologiques, une équipe de 18 chercheurs, incluant un professeur de la Simon Fraser University (SFU, Vancouver), prédit que les écosystèmes terriens vont faire face à un effondrement imminent et irréversible.
Dans un article récemment publié dans Nature, les auteurs examinent l’accélération de la perte de biodiversité, les fluctuations climatiques de plus en plus extrêmes, l’interconnexion grandissante des écosystèmes et le changement radical dans le bilan énergétique global.

Ils suggèrent que tous ces éléments constituent des précurseurs à l’apparition d’un état planétaire de seuil ou encore d’un point de basculement. Si cela s’avérait, ce que les auteurs prédisent pour le siècle en cours, les écosystèmes de la planète, en l’état de connaissances actuelles, pourraient rapidement et irréversiblement s’effondrer.

Le dernier point de basculement dans l’histoire de la Terre est apparu il y a 12.000 ans, lorsque notre planète est passée de l’âge de glace, qui a duré 100.000 ans, à un état inter glacial“, dit Arne Mooers, professeur de biodiversité à SFU. “Alors, des changements biologiques les plus extrêmes menant à notre état actuel sont apparus en seulement 1000 ans. C’est comme passer de l’état de bébé à l’âge adulte en moins d’une année. Et la planète est en train de changer encore plus vite aujourd’hui“.
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Tchernobyl | Припять | Ville Verte

PRIPYAT était une ville nouvelle de 49.000 habitants, située à 2 km de la centrale nucléaire de Tchernobyl, construite en 1970 pour héberger les employés de la centrale. Pripyat était alors considérée comme une « ville modèle » de l’architecture soviétique, possédant des logements de bonne qualité et une multitude d’équipements : jardins publics, installations sportives, cinémas, théâtres, etc.
(…) Ainsi, 188 villes et villages ont été évacués, certains ont été rasés, la plupart ont été abandonnés.
Depuis, la nature a repris ses droits et dévore la ville de Pripyat, s’attaque au bitume et aux murs de béton de la cité interdite. Les animaux sauvages et contaminés y viennent trouver refuge.  
Les ingénieurs estiment que les éléments radioactifs les plus dangereux devraient atteindre leur demi-vie dans 900 ans et qu’il faudrait théoriquement 48.000 années pour que la radioactivité s’épuise totalement. Des estimations cependant contestées.

Quels enjeux pour le développement durable en Chine ?

Comment la Chine s’engage vers des projets de coopération de très grande envergure avec son étranger proche comme la Russie ou le Kazakhstan dans le domaine du développement durable. Débat entre Emmanuel Meneut et Emmanuel Lincot. Enregistré le 6 juillet 2012.

http://www.dailymotion.com/video/xsfoyo

La facture d’électricité des Français augmenterait de 50% d’ici à 2020

La facture moyenne d’électricité d’un ménage français va s’alourdir de 50 % d’ici à 2020 à cause des investissements élevés du renouvelable et ceux croissants du nucléaire, selon un rapport de sénateurs présenté mercredi 18 juillet. Sous réserve, souligne le texte, d’une législation et de comportements de consommation inchangés.

Evoquant “le prix à payer pour amorcer la transition énergétique”, la commission estime que “l’augmentation provisoire du prix de l’électricité due aux renouvelables, incontestable, doit donc être prise pour ce qu’elle est : un investissement nécessaire pour l’avenir”.

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Jean-Marc Jancovici : Le grand défi énergétique du gouvernement

De quelles marges de manœuvre disposent le nouveau gouvernement français pour passer le cap d’une énergie de plus en plus rare ? Avant d’entrer dans le vif du sujet, Jean-Marc Jancovici a voulu cerner les contours du débat.

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Autriche : Une utopie concrète de l’après-pétrole

Comment sortir de l’urbanisme fossile, qui, à grand renfort d’énergie pétrolière, est à l’origine du phénomène désormais universel de l’étalement urbain ? L’ASPO (Association pour l’étude du pic pétrolier et gazier) a tracé les pistes de l’autonomie énergétique, dont un Land en Autriche est pionnier.

A l’occasion de sa dixième conférence, l’ASPO, réunie à Vienne jusqu’au 1er juin, a tracé les pistes de l’après-pétrole. Le professeur de technologie à l’Université d’Innsbruck, Wolfgang Streicher, y a présenté un scénario d’autarcie énergétique pour l’Autriche d’ici à 2050, destiné au ministère de l’environnement autrichien.

D’étymologie grecque, le mot autarcie signifie la capacité pour un système ou une communauté de se sustenter par soi-même, en utilisant des ressources produites d’origine locale. Un système autarcique peut être un foyer, une commune, une région ou un pays qui n’utilisent que des biens et services produits par eux-mêmes, sans recourir à des importations.

En matière d’énergie, les secteurs concernés par l’autarcie sont le bâtiment, l’industrie et la mobilité. Pour qu’ils ne soient alimentés qu’en sources d’énergies domestiques, deux conditions sont requises : une stricte limitation des besoins, et un système de stockage local et saisonnier d’énergie pour compenser l’intermittence des renouvelables et éviter les importations. Mais, pointe Wolfgang Streicher, la société est-elle prête à se passer de vacances aux Maldives, de vêtements fabriqués en Chine, de pommes produites en Espagne ? En matière d’alimentation, est-elle prête à manger moins de viande ? Et, du côté de l’habitat, les citoyens seront-ils disposés à jouer le jeu de la densification, alors que le logement individuel est primé par les ménages, malgré les inconvénients qu’il induit en terme de rallonge des temps de transport ? Tout le système est organisé de manière non autarcique.
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Après la géothermie, l’énergie géomagmatique

Baptisée Power Tube, la technologie mise au point par l’ingénieur américain Doyle W. Brewington récupère la chaleur du magma sans injection d’eau. Les commandes de centrales affluent depuis les zones volcaniques comme l’Équateur, le Guatemala et le Chili.

En visite au Chili pour y présenter son invention, le mathématicien, physicien et ingénieur Doyle W. Brewington affiche un parcours pour le moins atypique. Après avoir dirigé une entreprise installant des centrales thermiques classiques, fonctionnant grâce aux combustibles fossiles, il décide un jour de tout plaquer pour se consacrer au développement des énergies propres.

Le pollueur repenti

«J’ai vendu toutes mes actions de l’entreprise et j’ai passé les trois années suivantes à effectuer des recherches sur tous les types d’énergies non conventionnels : le solaire, l’éolien et la géothermie.»

C’est la constance de la production géothermique qui le convainc d’opter pour la géothermie plutôt que pour le solaire ou l’éolien, trop sujets aux fluctuations.

Jusqu’à 1GW d’énergie propre
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Transformer ses calories en électricité, un régime de printemps écolo

Des installations sportives en plein air qui transforment l’énergie dépensée en électricité ont été inaugurées en Grande-Bretagne…

Le concept, développé par l’entreprise Great Outdoor Gym Company, a tout pour plaire: accessible gratuitement, il est financé par les municipalités qui y voient un moyen de lutter notamment contre l’obésité et d’améliorer la santé des populations les plus modestes.  Cerise sur le gâteau, l’énergie déployée pendant l’effort sur les vélos ou les tapis est transformée en électricité qui alimente le parc la nuit.

«On a l’impression de participer à quelque chose»

Si les usagers sont assez nombreux, et assez courageux, ils pourront peut-être bientôt recharger leurs téléphones ou leurs lecteurs MP3 sur les machines.

«Ca donne une raison supplémentaire de venir faire de l’exercice, pense Georgie Delaney, de Great Outdoor Gym Company. Beaucoup de gens pensent que c’est une perte de temps, mais quand on a quelque chose de tangible qui en ressort, on a l’impression de participer à quelque chose.»

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Raréfaction des métaux : demain, le « peak all »

Merci à la rédaction du magazine Science & Vie, qui propose ce mois-ci une enquête sur un sujet essentiel que je me désespérais de trouver le temps de traiter : le déclin des réserves mondiales de métaux (précieux ou pas). Et oui, le pétrole n’est pas la seule matière première que menace le prurit de la société de consommation. Le cuivre, le zinc, l’or et l’uranium figurent parmi  les principaux métaux dont les ressources mondiales semblent en voie d’épuisement.

Le problème est similaire à celui du pic pétrolier. Pire, les deux questions ont toutes les chances de finir tôt ou tard par s’enchevêtrer en un cercle vicieux, vertigineux et inextricable.

Philippe Bihouix et Benoît de Guillebon, auteurs de l’ouvrage français de référence sur la question (Quel futur pour les métaux ?, EDP Sciences, 2010, 39 €), expliquent :

Au cours de l’histoire, l’Homme a eu tendance à d’abord exploiter les minerais les plus concentrés (on a vu que nos ancêtres ont commencé par exploiter les éléments natifs, c’est-à-dire concentrés à 100 %…) Avec moins de découvertes géologiques majeures, la tendance est donc à une baisse de la concentration moyenne des minerais.

A titre d’exemple, la concentration moyenne des minerais de cuivre exploités est ainsi passée de 1,8 % (55 tonnes de minerai pour un tonne de métal) dans les années 1930 à 0,8 % aujourd’hui (125 tonnes de minerai pour une tonne de métal). La concentration des mines d’or en Australie et en Afrique du Sud, deux des principaux pays producteurs, est passée de plus de 20 grammes par tonne de minerai à moins de 5 grammes en l’espace d’un siècle. (…)

Pour la grande majorité des éléments, les réserves se situent entre 30 et 60 ans. (…)

Les problèmes arrivent plus vite que le nombre théorique d’années de réserve, car toute ressource limitée passe par un pic de production : c’est le cas du pétrole. (…) L’or a déjà franchi son pic de production mondiale, mais cela est passé inaperçu du fait de son rôle très spécifique. (…)

Les investissement [en exploration minière] sont passés de 2 à 10 milliards de dollars entre 2002 et 2007 ! Cependant, ces efforts n’ont quasiment pas apporté de gisements nouveaux.

En quoi pic pétrolier et pics des métaux sont-ils liés ?

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Notre civilisation va t-elle s’effondrer sous son propre poids ?

A peu près inconnu en France, l’anthropologue américain Joseph A. Tainter trace un parallèle inattendu entre le déclin de l’empire romain et la situation présente des vieux empires occidentaux dont nous sommes, somme toute, les héritiers. Un parallèle qui, je crois, mérite d’être discuté. Les thèses de Joseph Tainter sont concentrées dans un ouvrage célèbre dans le monde universitaire anglo-saxon : L’Effondrement des Sociétés Complexes.

Plus une société est complexe, plus elle est fragile. « Durant les 10 000 dernières années, la résolution des problèmes a produit une complexité croissante dans les sociétés humaines », remarque Joseph Tainter. Pour continuer de croître, chaque problème rencontré signifie plus de complexité pour le résoudre. Car la croissance économique induit une population plus nombreuse, une division du travail exacerbée, des ressources naturelles en voie de raréfaction, plus d’informations à traiter – et moins de retour sur l’argent dépensé !

En mettant en oeuvre de nouvelles solutions complexes nous allons buter sur le problème des rendements décroissants – juste au moment ou nous allons être à court d’énergie bon marché et abondante. Au bout du compte, on atteint un point où toutes les énergies et les ressources à la disposition d’une société sont nécessaires uniquement pour maintenir son niveau actuel de complexité. Puis, quand le climat change ou qu’arrive la fin du pétrole, les institutions proches du point de rupture s’effondrent et l’ordre civil avec elles. Ce qui émerge ensuite c’est une société moins complexe, organisée sur une plus petite échelle.

M. Tainter a-t-il raison ? Quand la complexité augmente, les sociétés doivent ajouter de plus en plus de niveaux de gestion, mais dans une hiérarchie, un individu doit tenter de conserver une vue d’ensemble, et cela commence à devenir impossible. À ce moment-là, les hiérarchies cèdent leur place à des réseaux dans lesquels la prise de décision est distribuée. Nous en sommes à ce point : notre efficacité réside dans notre prise de décision très distribuée. Cela rend les sociétés occidentales modernes plus résistantes que celles dans lesquelles la prise de décision est centralisée, comme dans l’ancienne Union soviétique.

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Bienvenue dans l’Anthropocène !

Ce film de 3 minutes remonte le temps au début de la Révolution Industrielle, il y a 250 ans. Des images exceptionnelles des flux d’énergie (électricité, pipelines…), de communication (câbles sous-marins) et de transport (routes, voies ferrées, voies maritimes et trafic aérien) montrent la toile qui s’est tissée sur toute notre planète.

De plus, des données sont superposées sous forme d’un graphique, celles-ci montrent l’emballement de nos activités et de la croissance démographique à partir des années 1950.

« L’Anthropocène change notre relation avec la planète. Nous avons une responsabilité nouvelle et nous devons déterminer comment y répondre. » Elinor Ostrom, prix Nobel d’économie, Université d’Indiana.

Crise de la dette et Pic pétrolier : quel est le lien?

Pour que les États puissent payer leurs dettes, il faut des recettes. Pour qu’il y ait des recettes, il faut de la croissance. Pour qu’il y ait de la croissance, il faut de l’énergie, de plus en plus d’énergie. Pour produire de l’énergie, il faut des matières premières, comme le pétrole, et ce dernier a atteint son pic de production.

En clair, cela signifie que la production mondiale de pétrole stagne autour des 86-87 millions de barils par jour depuis 2006 et n’augmentera plus. Alors que pour faire de la croissance, il faudrait que l’on atteigne 50% en plus d’ici à 2030. Sans croissance, pas de recettes.

Sans recettes, les États ne peuvent pas payer leurs dettes, de même que les nombreux services qui fournissent le confort de nos sociétés actuelles. Le système s’effondre.

Allemagne : Débâcle de l’industrie solaire

Le leader de l’énergie photovoltaïque en Allemagne Q-Cells a annoncé lundi son dépôt de bilan, laissant plus de 2.000 salariés dans l’incertitude et illustrant la débâcle de toute une industrie, passée en quelques années du boom à la faillite généralisée.

Q-Cells, qui explique dans un communiqué que “les perspectives d’existence de l’entreprise n’étaient plus suffisamment garanties”, doit déposer mardi son bilan au tribunal administratif de Dessau (est).

Cette annonce est la plus spectaculaire d’une série de défaillances récentes dans le secteur de l’énergie solaire en Allemagne, qui a laissé sur le carreau les sociétés Solon, Solarhybrid ou encore Solar Millenium. Q-Cells tentait depuis des semaines de faire adopter par ses créanciers un plan de rééchelonnement et de restructuration de sa dette.

Il semblait avoir réussi, avant qu’une minorité d’entre eux ne bloque le processus en fin de semaine dernière. Son action était en chute libre lundi, perdant près de 34% à 14 centimes d’euro vers 13h36 GMT. Fin 2007, alors que Q-Cells était au sommet de sa réussite et passait pour candidat à l’indice vedette boursier allemand Dax, aux côtés de Daimler ou BMW, son titre coûtait plus de 90 euros.

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La troisième révolution industrielle va-t-elle sauver le monde ?

Dans un essai en forme de récit prophétique, Jeremy Rifkin pose le paradigme de l’ère post-carbone, qui sera fondé sur les énergies renouvelables décentralisées et suscitera un modèle sociétal coopératif, par une nouvelle forme de conscience, empathique et globale.

Le prix du pétrole flambe, mais les dirigeants de ce monde persistent à ne pas voir la corrélation entre hausse du prix de l’énergie, dégradation du pouvoir d’achat et spirale de la dette.

Ces signaux sont pourtant liés et ils sont annonciateurs de la fin de la deuxième révolution industrielle, dont la récession actuelle illustre les derniers soubresauts.Le mérite majeur de l’ouvrage fleuve du célèbre prospectiviste américain Jeremy Rifkin, La troisième révolution industrielle. Comment le pouvoir latéral va transformer l’énergie, l’économie et le monde (éditions Les Liens qui libèrent, 2012), est de mettre en lumière la portée des transformations en cours, déterminées par la fin du pétrole bon marché. Ce sont les lois de l’énergie qui gouvernent toute l’activité économique, affirme Rifkin.

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Grèce : « Viens chez moi, j’ai allumé le chauffage »

Avec la hausse du prix du fuel, les Grecs coupent le chauffage central et rallument leur cheminée. Le bois devient une denrée précieuse, et des entreprises en profitent. Certains Athéniens se chauffent au bois parce qu’ils ne peuvent plus payer leurs factures de fuel.

Lorsque l’on arrive dans ce quartier de la banlieue nord d’Athènes, un quartier plutôt bourgeois, de grandes maisons individuelles et d’appartements confortables, la jeune femme qui nous a alerté sort en trombe de chez elle.

Elle déborde de colère, écourte les salutations, traverse la rue, poursuit ses explications rageuses, s’arrête enfin. Elle désigne deux troncs coupés, là voyez-vous même, sur cette ligne régulière sur laquelle se dressent de rares et minces arbres. Elle est profondément indignée : des hommes sont venus couper du bois en bas de chez elle !

Son voisin ne s’est pas démonté, il a relevé la plaque minéralogique des voleurs et les a dénoncé à la police . Laquelle a ricané : « Vous voudriez qu’on s’occupe de types qui coupent du bois alors que la criminalité galope ? »
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Énergie : Se chauffer pour 20 euros/an dès 2013 ?

Si tout se passe bien, vous devriez bientôt pouvoir adjoindre à votre chauffage central actuel un dispositif révolutionnaire de 400 à 500 dollars / euros vous permettant de chauffer votre maison avec une simple cartouche recyclable à base de poudre de nickel, pour moins de 20 dollars/euros par an.

Jusqu’il y a peu le prix du dispositif avait été estimé à 4000 dollars. Grâce à la volonté de son concepteur, l’ingénieur Andrea Rossi (1950), au partenariat industriel avec National Instruments aux États-Unis, et une fabrication hautement automatisée, le prix a été divisé par dix, de façon à couper l’herbe sous le pied des copies par retro-engineering qui ne manqueront pas d’apparaître une fois le système lancé à grande échelle. Objectif : 1 million d’unités domestiques par an à partir de début 2013. (*)

De la taille d’un ordinateur portable (le processeur a la taille d’un paquet de cigarettes) et d’une sécurité annoncée comme totale, ce système révolutionnaire dit de réaction nucléaire à basse énergie n’émet selon Rossi (et le professeur Focardi de l’université de Bologne) aucune radiation ni émission d’aucune sorte.

Le nickel est abondant sur Terre et n’est pas cher, mais il est toxique, surtout en poudre, et son traitement doit être fait par des professionnels. La quantité de nickel consommée dans le processus est extrêmement réduite. Pour fixer les idées, selon Andrea Rossi, un gramme permet de produire 23.000 mégawatt heure d’énergie (oui : vingt trois mille mégawatt heure).

L’E-cat est un système thermique révolutionnaire qui utilise de la poudre de nickel, une quantité infime d’hydrogène, un ou des catalyseurs spécifiques, de même que des radiofréquences permettant de faire travailler les forces de répulsion (Coulomb) entre particules subatomiques de façon avantageuse, un peu à l’image de ce qui se passe dans les arts martiaux orientaux.
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Les contradictions allemandes dans le domaine énergétique

La baisse durable des températures a obligé les autorités allemandes à remettre en service des centrales au bois et au charbon. L’Afp a semble-t-il mal traduit une communication allemande reprise par le Figaro comme quoi quatre entreprises gestionnaires de réseaux électriques outre-Rhin avaient réactivé des centrales nucléaires retirées du réseau, mais conservées comme «réserve froide».

Cette décision de réactiver des centrales au bois et au charbon démontre les limites de la politique allemande à propos de l’écologie car elle renforce les émissions de Co2 dans l’atmosphère. Une telle mesure souligne aussi l’incapacité des énergies renouvelables à satisfaire la hausse de la demande en énergie en cas de période prolongée de grand froid.

La distribution de l’énergie en Europe soulève aujourd’hui plus d’une interrogation.

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L’économie pourrait-elle décroître ?

Question stupide, votre honneur : évidemment que non, l’économie ne peut pas décroître. Sauf à l’occasion d’épisodes aussi brefs qu’indésirables, la vocation de l’économie, c’est de croître, et en général nous croissons bel et bien, non mais sans blague !

Croissance de quoi, au fait ?

Que tout le monde affirme que la croissance est l’état normal de l’économie, c’est indéniable. Mais au fait, c’est quoi exactement la croissance ? En économie, cette “croissance” désigne généralement (malgré l’absence de complément de nom) quelque chose de bien précis : l’augmentation, d’une année sur l’autre, d’une grandeur qui s’appelle le Produit Intérieur Brut ou PIB, une notion qui date de juste après la Seconde Guerre Mondiale. Ce PIB a lui-même une définition très précise : il s’agit du “résultat final de l’activité de production des unités productrices résidentes ”. Ouf ! Si nous décortiquons pas à pas, et que nous traduisons cela en Français, cela donne ce qui suit :

  • il s’agit du “résultat final” de l’économie, c’est-à-dire des biens et services qui sont utilisés par un consommateur final. Le consommateur final, dans cette affaire, c’est celui qui utilise le bien ou service pour son propre compte, et ne va pas l’incorporer dans une production qui sera elle-même vendue ou transférée à un tiers. Par exemple, si j’achète un poireau pour le manger moi-même, je suis un consommateur final pour ce poireau. Par contre, si j’achète le même poireau en tant que restaurateur, pour fabriquer puis vendre de la soupe aux poireaux, ou en tant qu’épicier, pour simplement le revendre après l’avoir transporté, alors je ne suis pas un consommateur final pour ce poireau. Ce “résultat final” (ou “biens et services disponibles pour un usage final ”, ce que l’on trouve aussi parfois) concerne donc tout ce que les agents économiques (individus, mais aussi entreprises, administrations, associations, etc) consomment en propre. Il peut s’agir de biens durables (immeubles, voitures) ou pas, et cela inclut les variations de stock.
  • ce “résultat final” doit provenir d’une “activité de production ”. En fait, cette “activité de production” signifie le plus souvent “activité marchande ”, car c’est le seul cas de figure où la mesure du résultat est facile, à défaut d’être juste : on va valoriser la production… au prix de vente. Cela semble évident, mais en fait ça ne l’est pas du tout ! En effet, comment valoriser la production non vendue, en particulier tout ce que l’on appelle “services non marchands” ? Cela concerne une large part de l’éducation (l’Education Nationale n’envoie pas de facture quand votre gamin va à l’école), de la santé, de la justice, et plus généralement tout ce que des fonctionnaires font pour la collectivité sans se faire directement payer. Et encore, là nous avons un cas de figure facile, car même si le service est non marchand il y a eu échange monétaire : la collectivité a payé le médecin et l’enseignant. Il arrive que les services soient rendus sans aucun échange monétaire (le troc), auquel cas la comptabilisation devient un peu plus difficile encore, et enfin il arrive qu’il y ait production mais pas d’échange du tout.

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La grande correction : et si 2011 était la fin de la croissance entamée avec la révolution industrielle ?

Certaines voix commencent à s’élever pour dire que la croissance économique sur laquelle repose l’équilibre de nos sociétés n’aurait en fait été qu’une parenthèse à l’échelle de l’histoire de l’humanité. Un cycle de 250 ans généré par une énergie abondante et bon marché. Mais ne sommes nous pas en train de nous heurter aux limites de la planète ?

Depuis le XXe siècle, la population des pays développés considère le progrès et la croissance du PIB comme acquis. Moyennant quoi, les gouvernements se sont endettés pour financer des dépenses et des politiques fiscales favorables à la croissance et comptant sur cette croissance future pour rembourser et pour s’en sortir. Idem pour les entreprises et les ménages. Tout le monde est accro à la croissance. Mais qu’est ce qui génère réellement la croissance ? L’innovation ou les ressources dont nous disposons ? Et si le cycle de croissance entamé avec la révolution industrielle était avant tout attribuable [à] une énergie abondante et bon marché ?

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Risque global et dividendes en 2011

Par Nouriel Roubini

Les perspectives de l’économie mondiale en 2011 sont en partie définies par la persistance des tendances initiées en 2010. Celles-ci incluent : une reprise molle, en dessous de la tendance et en forme de U dans les économies avancées, dès lors que les entreprises et ménages continueront de réparer leur bilan ; une reprise plus forte, en forme de V dans les pays émergents, grâce aux meilleurs fondamentaux macroéconomiques, financiers et politiques.

Cela permettra d’arriver à presque 4% de croissance annuelle pour l’économie mondiale, les économies avancées croissant à environ 2% et les économies émergentes autour des 6%.

Mais ce scénario contient de nombreux risques, aussi bien à la baisse qu’à la hausse. Du côté des premiers, un des risques les plus importants est une poursuite de la contagion financière en Europe, si les problèmes de la zone euro se répandent – et ceci semble probable – au Portugal, en Espagne et en Belgique. Étant donné le niveau actuel des ressources officielles à la disposition du Fonds Monétaire International et de l’Union Européenne, l’Espagne semble aujourd’hui trop importante à la fois pour être laissée tomber et pour être sauvée.

Les États-Unis représentent un autre risque à la baisse pour la croissance mondiale. En 2011, les USA seront confrontés à une rechute probable du marché immobilier, un taux de chômage élevé et une faible création de nouveaux emplois, une contraction persistante du crédit, la nécessité de combler les trous dans les budgets de l’état fédéral et des entités fédérées, ainsi qu’une augmentation des coûts de l’emprunt due à l’absence de consolidation fiscale du gouvernement fédéral. De plus, la croissance du crédit sera restreinte des deux côtés de l’Atlantique, car beaucoup d’institutions financières aux USA et en Europe restent réticentes à l’idée prêter leurs fonds.

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Islande : La Première ministre soutient la pétition de Björk sur l’énergie

La star islandaise Björk, qui a lancé une pétition contre la vente de l’énergie géothermique de l’île à des étrangers, devrait être bientôt reçue par la Première ministre…

La chanteuse Björk en concert à Sydney, Australie, le 23 janvier 2008.

La Première ministre islandaise Johanna Sigurdardottir salue le succès d’une pétition lancée par la star islandaise Björk contre la vente de l’énergie de l’île volcanique à des étrangers, peut-on lire mercredi sur sa page Facebook officielle.

Plus de 47.000 personnes -soit 15% de la population totale islandaise- ont déjà signé ce texte appelant à un référendum pour tenter d’éviter que l’énergie islandaise, principalement géothermique, tombe aux mains de sociétés étrangères.

Une des tâches les plus importantes du gouvernement est d’assurer la propriété de la nation sur ses ressources et de s’assurer que leurs revenus vont au peuple,” déclare Mme Sigurdardottir sur Facebook.

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Luttez contre ces dettes qui menacent l’économie mondiale

Il est toujours intéressant de suivre de près les investissements des gourous de la finance.

La "machine à rêves" - Times Square, New York City

Les dernières décisions du fonds Berkshire Hathaway sont particulièrement révélatrices de ce qu’anticipe Warren Buffett pour les mois à venir :

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« Les États-Unis traversent une crise plus grave que l’Europe »

INTERVIEW – L’économiste américain Jeffrey Sachs soutient une réforme du système monétaire mondial avec un euro aussi important que le dollar.

William Smith Jewett (1812–1873), La terre promise - La famille Grayson

L’économiste américain Jeffrey Sachs, conseiller spécial du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon et professeur à l’université de Columbia, intervient aujourd’hui [jeudi 06 janvier 2011] au colloque « Nouveau monde, nouveau capitalisme », organisé à Paris par le ministre de l’Industrie Éric Besson, en présence de François Fillon et du premier ministre grec Georges Papandréou.

Père de la thérapie de choc libérale dans la Russie d’Eltsine, Sachs, qui a conseillé de nombreux gouvernements, s’est mué au fil des ans en croisé interventionniste de la lutte contre la pauvreté.

LE FIGARO. – L’Union européenne va-t-elle devoir sauver d’autres États membres cette année ?

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Énergies renouvelables : Le scandale financier

Le thème des énergies renouvelables, accaparé par les spéculateurs du moment, relève du scandale financier. C’est finalement l’ensemble des acteurs économiques qui paiera le gâchis, dû à un laxisme politique où se côtoient incompétence et pratiques douteuses, sous couvert d’un discours vertueux. Le débat sur l’énergie et l’écologie n’en est que très mal engagé.

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On avait connu bien des « plans » étatiques, sensés promettre développement technologique, emplois et richesse collective, sombrer dans des fiascos retentissants malgré des milliards versé à fonds perdus : plan calcul, chantiers navals, machines outils, Crédit Lyonnais… Cette fois, c’est sur le thème des énergies renouvelables que des élus étalent leur incapacité à traiter un sujet d’envergure avec rationalité, bon sens, et sérieux.

Au delà des effets de manche, tout reste à faire pour définir et promouvoir une politique énergétique compatible avec l’écologie vraie. Mais il faudra préalablement que le public prenne conscience du rôle pervers de l’écologie politique comme moyen de prise de pouvoir par des affairistes aux pratiques douteuses.

Au cas particulier, il est hélas d’emblée patent que, telles qu’elles sont engagées, les pratiques ne sont non seulement pas porteuses, mais recèlent tous les ingrédients d’un des grands scandales financiers de ce début du siècle : une espèce de processus à la Madoff, dont les ficelles sont totalement visibles pour qui veut les voir, basé sur un dispositif où l’enthousiasme de quelques personnalités politiques, à la carrière proche de l’affairisme le plus douteux, impose, sur le dos de la collectivité et par la force de la loi, un système de prélèvements financiers au profit d’un petit nombre de personnes.

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Vladimir Poutine : plaidoyer en faveur d’une « communauté économique harmonieuse, de Lisbonne à Vladivostok »

Tribune de Vladimir Poutine, parue dans la Süddeutsche Zeitung du 25 novembre 2010

Il est évident, aujourd’hui, que l’éclatement de la crise mondiale en 2008 n’était pas seulement dû au gonflement des «bulles» et à l’échec de la régulation des marchés mais qu’il était de nature structurelle. Le problème central consiste dans l’accumulation de déséquilibres mondiaux. Le modèle selon lequel un centre régional multiplie les emprunts et consomme des biens sans frein alors que l’autre produit des marchandises bon marché et rachète des dettes a échoué.

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La disparition des États-Unis en tant que superpuissance mondiale

Par Alfred W. McCoy, professeur d’histoire à l’Université de Wisconsin-Madison. Auteur régulier pour TomDispatch, il préside également le projet “Empires in transition”, un groupe de travail mondial de 140 historiens, provenant d’universités issues de quatre continents.

Un atterrissage en douceur pour les États-Unis d’ici quarante ans ? N’y pensez pas ! La disparition des États-Unis en tant que superpuissance mondiale pourrait survenir bien plus vite que ce que l’on imagine. Si Washington rêve de 2040 ou de 2050 comme date de fin pour le « Siècle Américain », une estimation plus réaliste des tendances aux États-Unis et dans le monde laisse penser qu’en 2025, exactement dans 15 ans, tout pourrait être pratiquement terminé.

Malgré l’aura d’omnipotence que la plupart des empires projettent, un regard sur leur histoire devrait nous rappeler que ce sont des organismes fragiles. L’écologie de leur pouvoir est si délicate que lorsque les choses commencent à aller vraiment mal, les empires se désagrègent généralement à une vitesse incroyable : juste une année pour le Portugal, deux années pour l’Union Soviétique, 8 pour la France, 11 pour les Ottomans, 17 pour la Grande-Bretagne et, selon toute vraisemblance, 22 ans pour les États-Unis, à partir de la cruciale année 2003.

Les futurs historiens identifieront probablement l’invasion irréfléchie de l’Irak par l’administration de George W. Bush, cette année-là, comme le commencement de la chute de l’Amérique. Cependant, à la place du bain de sang qui a marqué la fin de tant d’empires du passé, avec des villes qui brûlent et des civils massacrés, cet effondrement impérial du 21ème siècle pourrait survenir de façon relativement discrète, par les circonvolutions invisibles de l’effondrement économique ou de la guerre cybernétique.

Mais n’ayez aucun doute : lorsque la domination mondiale de Washington prendra irrémédiablement fin, il y aura des souvenirs quotidiens douloureux de ce qu’une telle perte de pouvoir signifie pour les Américains de tous les milieux. A l’instar de ce qu’une demi-douzaine de nations européennes ont découvert, le déclin impérial tend à avoir un impact remarquablement démoralisant sur une société, apportant ordinairement des privations économiques pendant au moins une génération. Au fur et à mesure que l’économie se refroidit, la température politique monte, déclenchant souvent de sérieux troubles.

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Le compteur électrique intelligent, gadget pour « bobos » ou service public?

Le nouveau compteur électrique “intelligent” va-t-il permettre à tous les Français de mieux contrôler leur consommation d’énergie ou cette faculté sera-t-elle réservée à quelques consommateurs riches et motivés ? Le débat est vif et encore loin d’être tranché.

Baptisé Linky, ce compteur capable de transmettre des informations à distance doit être installé dans 35 millions de foyers d’ici à 2020. A l’origine, sa mise en place visait à réduire les déplacements d’agents ErDF chargés des relevés de consommation et autres interventions techniques. Le nouveau compteur doit permettre au gestionnaire du réseau électrique d’économiser 35 millions de kilomètres par an en frais de déplacements.

L’efficacité énergétique n’était pas l’objectif prioritaire“, rappelle Michèle Bellon, présidente d’ErDF. Mais depuis 2007, le Grenelle de l’Environnement a fait du compteur intelligentun outil de maîtrise de la consommation d’énergie.

Une mission qu’il risque cependant d’avoir du mal à remplir, d’après l’Agence de l’Environnement et de Maîtrise de l’Energie (Ademe). L’Ademe a en effet souligné que Linky ne permettait pas de faire des économies d’énergie, sauf à lui adjoindre un “affichage pédagogique en temps réel” de la consommation d’électricité.

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Réforme du marché de l’électricité : ce qui va changer

Le Parlement français a adopté définitivement dans la nuit de mercredi à jeudi le projet de loi relatif à la Nouvelle Organisation du Marché français de l’Électricité (Nome) qui prévoit qu’EDF cèdera jusqu’à 25% de sa production nucléaire à ses concurrents. Décryptage.

1) Les prix vont augmenter

Principale crainte soulevée par ce texte, qui doit entrer en vigueur début 2011 : la hausse des tarifs. Tandis que les groupes UMP et du Nouveau centre (NC) ont voté pour, les groupes de l’opposition de gauche ont voté contre, affirmant que cette réforme se traduirait par une augmentation de 11 à 15% des tarifs.

Pour sa part, l’UFC-Que Choisir, organisation de défense des consommateurs, a affirmé dans un communiqué publié jeudi dernier que cette réforme risquait d’entraîner une forte hausse des tarifs « de 7% à 11% dès la mise en place de la loi et de 21% à 28% d’ici 2015 ».

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Poutine propose à l’Europe un nouveau « design économique »

Les 25 et 26 novembre, le premier ministre russe Vladimir Poutine a effectué une nouvelle visite de deux jours en Allemagne pour rencontrer la chancelière Angela Merkel, et toute l’Europe attache une attention particulière à cet événement. C’est généralement le cas lorsque Moscou et Berlin ont l’intention de lancer des « exercices architecturaux » conjoints en Europe. Mais à l’époque actuelle, alors que l’Union Européenne souffre toujours de la « pathologie affectant l’euro » et que presque tous les pays de l’UE sont contaminés, l’Allemagne est la seule à s’en remettre et ce phénomène suscite une attention d’autant plus grande.

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L’affouage, une utilisation traditionnelle et communautaire de la forêt

Les conseils municipaux de nombreuses communes forestières accordent à leurs habitants la possibilité de se procurer le bois nécessaire à leur chauffage domestique, en le prélevant dans la forêt communale : c’est l’affouage. Le mot date du XIIIe siècle, il est issu du verbe d’ancien français «affouer» = chauffer, lui même vient du latin «affocare». Ce terme est souvent utilisé comme synonyme de bois de chauffage, bois de feu.

Arthur Hacker - Un bûcheron et sa fille (1892)

Sous l’Ancien Régime, les communautés rurales, surtout dans la moitié Nord de la France, en Wallonie, et au Luxembourg, détenaient, en biens communaux indivis, des terrains, notamment des forêts et des pâturages. Actuellement, certaines communes possèdent encore des forêts communales.

En France: au milieu des années 1980, les volumes de bois délivrés sous forme d’affouage s’élevaient à 2 millions de stères et étaient en baisse constante. En 2005, les délivrances atteignaient 1,1 million de stères (à comparer aux 6,5 millions de stères de bois vendus par les communes). Il semblerait que, depuis 2005, il y ait une reprise des affouages, face à la hausse des prix de l’énergie.

Les volumes de bois concédés à l’affouage doivent être en rapport avec les besoins de l’affouagiste, c’est pourquoi le partage se fait surtout par feu (par foyer fiscal en fait). Le bénéficiaire ne peut vendre que le bois de chauffage qui lui a été destiné en nature (article L-145-1 du Code Forestier).

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