Lune à vendre

La course à l’espace suscite bien des convoitises. Chacun rêve de s’approprier des ressources et du potentiel de ces nouveaux eldorados. Russes, Chinois et Américains ont planifié leur retour sur la lune en 2020. Entrepreneurs et opportunistes tentent de s’immiscer dans cette conquête dans l’espoir de s’enrichir, car la Lune pourrait nous fournir l’énergie dont nous aurons besoin demain.

Polynésie : Le paradis solaire des Tokelau

Les trois îles de Tokelau, situées à 500 km au nord des Samoa, font partie des contrées les plus reculées de la planète. Un ferry relie toutes les deux semaines les trois atolls aux Samoa. En outre, l’archipel ne fut raccordé au réseau téléphonique mondial qu’en 1994.

Sa population vit depuis des siècles sous le système de l’inati, une forme de communisme, dans le cadre duquel tout est partagé. Tant que l’archipel était dépendant du pétrole importé des Samoa – à raison de 200 litres quotidiens –, le courant n’était disponible que quelques heures par jour.

Mais depuis 2012, une centrale solaire fonctionne 24h/24 et fournit de l’électricité de manière stable. C’est ainsi que les Tokelau sont devenues pionnières en matière d’énergies renouvelables.

Allemagne : Des fermes d’État à l’agrobusiness

Par Rachel Knaebel

Main basse sur les terres de l’Est. Après avoir connu la noblesse prussienne, la collectivisation, les coopératives et la transition, l’agriculture est-allemande suscite désormais l’appétit de grands investisseurs souvent étrangers au secteur. Une situation paradoxalement favorisée par les structures héritées du régime communiste.

Peu après la réunification de 1990, l’agriculture est-allemande a vu arriver des investisseurs sans passé d’exploitants mais aux poches bien pleines. Le patron d’un empire industriel de la gestion des déchets (Remondis) a ainsi acheté en 1994 plusieurs des 465 domaines agricoles gérés directement par l’État au temps de la République démocratique allemande (RDA).

Appelées « biens du peuple », ces fermes représentaient moins d’un dixième des terres est-allemandes cultivées. L’agriculture de la RDA s’organisait plutôt autour de coopératives agricoles de production, soumises au contrôle du régime mais constituées des sols et des équipements mis en commun lors de la collectivisation forcée qui dura jusqu’en 1960 — en 1945, les Soviétiques avaient exproprié les propriétaires terriens possédant plus de 100 hectares et étatisé les terres.

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La compétitivité est une idée morte

La quête de la compétitivité n’est pas seulement erronée, elle est dangereuse, parce qu’elle masque les vrais défis et les vrais enjeux de l’avenir de nos économies et de nos sociétés. Telle est la thèse que soutient Thomas Coutrot, cofondateur des Économistes atterrés et porte-parole d’Attac.

Peu nombreux sont ceux qui le contestent : la montée des inégalités socio-économiques et l’augmentation continue des émissions de gaz à effet de serre portent en germe des catastrophes sociales et écologiques à l’horizon de deux ou trois décennies. Pourtant les décisions politiques de court terme ne sont pas seulement indifférentes à ces menaces, mais en accélèrent de toute évidence l’arrivée.

Contrairement à une vision superficielle, l’austérité n’engage aucunement nos sociétés dans la voie de la sobriété. La priorité donnée par François Hollande à la compétitivité de la France s’inscrit en effet dans une vision de court terme — redresser la croissance des exportations du pays par la baisse du coût du travail et des dépenses publiques — qui est contraire à toute perspective de redistribution des richesses et de transition écologique. Je voudrais montrer ici en quoi ses effets secondaires prévisibles, l’accroissement encore accéléré des inégalités et des émissions de GES, nous rapprochent des grandes fractures annoncées.

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États-Unis : Transition énergétique, le pays mise sur les réseaux intelligents

Alors qu’en France le débat sur la transition énergétique vers les énergies renouvelables n’est toujours pas terminé, les Etats-Unis investissent massivement dans le solaire et l’éolien. Comment les “réseaux intelligents” à base d’énergies renouvelables sont-ils en voie de transformer radicalement la donne énergétique américaine ?

Le terme de transition énergétique est en vogue en France, et bien qu’il renvoie à de nombreuses annonces gouvernementales devant se réaliser dans le futur, il n’est relié à rien de bien concret en 2015 : les énergies renouvelables sont très peu développées, le réseau électrique est entièrement centralisé et basé à 75% sur l’énergie nucléaire. Ailleurs dans le monde, les énergies renouvelables sont en plein essor, les “sorties du nucléaire” s’enchaînent — surtout depuis la catastrophe de Fukushima de 2011.

Les Etats-Unis sont désormais un moteur mondial de cette transition énergétique basée sur des “énergies propres” et la création de “smart-grids” (réseaux de transport et de distribution électrique intelligents) à grande, moyenne ou petite échelle. Balade au “pays de l’innovation et de la transition énergétique concrète”.

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Bientôt des éoliennes sans pales ?

Leurs mâts imposants qui se dressent sur les crêtes et leurs immenses pales qui tournent dans un bruit sourd leur valent de solides hostilités. Les éoliennes sont constamment critiquées, accusées de dénaturer les paysages, de provoquer des nuisances sonores ou de menacer les oiseaux et les chauves-souris.

Afin de “réinventer leur modèle”, Vortex Bladeless, une entreprise espagnole, a conçu des turbines d’un genre nouveau : de longs cônes qui n’arborent aucune pale, appelés Vortex, une invention dont s’est fait l’écho la presse anglo-saxonne.

Comme leurs cousines tripales à axe horizontal, les turbines Vortex transforment l’énergie cinétique du vent en énergie mécanique, puis électrique. Mais à la différence des éoliennes traditionnelles qui utilisent des courants laminaires (réguliers), ces nouvelles machines, développées depuis quatre ans, exploitent l’effet aérodynamique des tourbillons d’air.

Les mâts sont conçus dans des matériaux légers et résistants – fibre de verre et fibre de carbone – pour leur permettre de vibrer autant que possible. Deux anneaux magnétiques, installés à leur base, se repoussent, entraînant alternativement l’ensemble de l’équipement dans deux directions opposées, ce qui lui imprime un léger mouvement d’oscillation indépendant de la force du vent.

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La startup qui veut vous libérer du réseau EDF grâce à l’énergie solaire

Comwatt entend rendre chaque maison productrice de sa propre énergie grâce à l’Indepbox, un boitier connecté capable de synchroniser la consommation électrique des foyers avec la production des panneaux solaires dont ils sont équipés.

Lorsqu’en France, un particulier installe des panneaux solaires sur son toit, ils ne servent pas directement à alimenter sa maison. L’énergie produite est revendue à EDF à un tarif d’achat garanti, avant d’être redistribuée autre part. « Or, le transport de l’énergie représente environ 50 % du prix payé par les consommateurs. Il serait beaucoup plus logique de consommer et produire l’énergie localement », explique Grégory Lamotte, PDG de Comwatt. « Chef d’entreprise et militant », il entend montrer que la troisième révolution industrielle n’est pas qu’un concept pour prospectiviste américain optimiste. Son crédo, c’est l’autoconsommation électrique, ou « énergie potagère », comme il l’appelle.

Francis Gendron et les serres du futur

Les serres solaires passives sont écologiques, économiques et saines. Elles annoncent une révolution dans le monde car elles permettent à tous de prendre soin de leurs besoins de base à moindre coût tout en maximisant son impact positif sur l’environnement et les gens ! Francis Gendron a fondé Solution ERA afin de partager l’information des meilleures technologies, alternatives et techniques que nous connaissons et qui sont disponibles et applicables immédiatement pour passer de l’époque des problèmes à l’ère des Solutions !

Comment exploiter les énergies renouvelables marines ?

Berceau d’incroyables forces de la nature, les mers et océans sont de gigantesques réservoirs d’énergie. Des chercheurs et des ingénieurs se sont fixé un but ambitieux : couvrir un tiers des besoins énergétiques actuels à l’échelle mondiale grâce aux énergies renouvelables marines. Comment atteindre cet objectif ?

Xenius – Allemagne (2014)

Allemagne : “Le marché de l’énergie est un désastre”

Le secteur de l’énergie est un « désastre » en Allemagne, et l’un de ses deux plus grands groupes est « plus ou moins mort », a déclaré Henri Proglio, le PDG de la compagnie électrique française EDF au Financial Times.

Il a estimé que l’Allemagne était un grand pays qui se portait bien, notamment dans le secteur automobile. « Mais en ce qui concerne l’énergie c’est un désastre. Les deux plus grandes sociétés, Eon et RWE, subissent une pression énorme. L’une d’elle est plus ou moins morte, et l’autre est dans une situation très difficile.

Après la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon en 2011, la chancelière allemande Angela Merkel a décidé d’accélérer la sortie du pays du nucléaire et la transition énergétique vers les énergies renouvelables, un mouvement surnommé « Energiewende ».

Dans le Daily Telegraph, Ambrose Evans Pritchard avait parlé de « romantisme » à propos de cette décision. Il avait estimé que le choix de l’abandon du nucléaire, qui était à l’origine de la ruine du secteur énergétique en Allemagne, n’avait été fait que sur des conditions électoralistes. La chancelière, qui est à l’origine une spécialiste de l’atome, n’ignorait probablement pas que les centrales nucléaires allemandes ne risquaient pas d’être inondées comme l’avait été celle de Fukushima au moment du tsunami.
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Low-tech : « Il va falloir apprendre à s’appauvrir »

Philippe Bihouix est ingénieur spécialiste de la finitude des ressources minières et de son étroite interaction avec la question énergétique. En 2010, il coécrit l’ouvrage « Quel futur pour les métaux ? » où il s’attaque à l’utilisation dispendieuse et inconsidérée des métaux et appelle à une économie de la sobriété.

« L’Age des low-tech », son nouveau livre publié aux éditions du Seuil, reprend et élargit ce thème. L’auteur y développe un discours avant tout pratique et pragmatique, loin des idéologies et politiques.

Son approche évite les écueils d’un discours catastrophiste sur le dérèglement climatique, brise les repères habituels et mène pas à pas le lecteur vers une conclusion simple : notre civilisation consomme plus que la planète n’a à offrir.

Croissance verte, développement durable et autres solutions high-tech sont autant d’impasses. Plutôt qu’une sortie de crise « par le haut », préférons une sortie « par le bas » qui nous épargnera bien des souffrances et désillusions.

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Le coût du nucléaire a bondi en France depuis 2010… et ce n’est qu’un début !

Le coût de l’énergie nucléaire, qui produit 75% de l’électricité en France, devrait augmenter fortement en raison d’importants investissements dans les centrales vieillissantes d’EDF, a souligné mardi 27 mai la Cour des comptes dans un rapport. Ce rapport chiffre à 20% l’augmentation du prix de l’énergie nucléaire en raison des investissements dans les centrales vieillissantes.

L’énergie nucléaire est plus chère que l’énergie renouvelable, Christian Bataille, dans GMB – 19/05

Ce coût de production moyen des 19 centrales nucléaires françaises a déjà bondi entre 2010 et 2013: la Cour l’estime à 59,8 euros le mégawattheure (MWh) l’an dernier, soit une augmentation de 20,6% (en euros courants) par rapport aux 49,6 euros de 2010, calculés dans un précédent rapport datant de janvier 2012.

Une forte croissance des dépenses d’exploitation

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Et si les routes étaient d’immenses panneaux solaires ?

Le projet Solar Roadways consiste à recouvrir routes, trottoirs et parkings de dalles munis de capteurs. Une campagne Indiegogo en cours compte lever 1 million de dollars.

Les panneaux solaires, c’est bien, mais les installations à grande échelle prennent de la place. D’où l’idée d’en disposer sur des espaces déjà utilisés à autre chose.

C’est l’idée de Scott Brusaw, un ingénieur américain en électricité qui, chez lui dans l’Idaho, a monté le projet Solar Roadways ambitionnant de recouvrir les routes, les parkings, les trottoirs d’immenses capteurs d’énergie solaire, capables de redistribuer aussitôt l’électricité ainsi produite alentours, de manière complètement décentralisée : bâtiments, commerces, signalisation, éclairage urbain.

Scott Brusaw a lancé le 21 avril dernier une campagne de financement public via le site Indiegogo. Objectif : lever 1 million de dollars d’ici le 31 mai pour passer à la phase de production du système. Car un prototype a déjà été réalisé chez l’ingénieur, le long de son garage, avec l’aide de la Federal Highway Administration qui, intéressée par le projet, a alloué 750.000 dollars.

Antidérapantes et à haute résistance
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Allemagne : Les conséquences de la transition énergétique

La sortie du nucléaire Outre-Rhin aura des conséquences économiques plus lourdes encore qu’imaginé.

Un des effets collatéraux de l’accident nucléaire de Fukushima au Japon en 2011, est le changement de l’approche énergétique de l’Allemagne. En effet, ce pays a engagé un processus de transition énergétique qui prévoit notamment l’abandon de l’énergie nucléaire d’ici 2022. Une des conséquences de ce processus de transition est le passage d’une production électrique basée sur les énergies fossiles, vers une production basée sur les énergies renouvelables. Si la population adhère pour le moment à cette politique, la hausse prévisible des prix de l’énergie et les coûts engendrés pourraient faire évoluer la situation car les ménages et les entreprises subiront cette hausse des coûts. De nombreuses contraintes et difficultés vont nécessairement émerger.

Une situation particulière, des objectifs ambitieux et des interrogations pratiques

L’Allemagne est le pays le plus densément peuplé d’Europe et le pays dans lequel l’industrie occupe la part la plus importante dans l’économie nationale. Le mix-énergétique allemand, autrement dit la répartition des différentes sources d’énergies primaires consommées, est très largement dominé par les énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon), fortement émettrice de gaz à effet de serre (GES). Un des résultats de ce mix-énergétique est qu’en moyenne, un allemand émet 9 tonnes de dioxyde de carbone (CO²) par an, contre 5,8 tonnes pour un français. L’énergie nucléaire est la deuxième source d’énergie du pays avec 23% de la consommation, le reste correspondant essentiellement aux énergies renouvelables (EnR) (voir graphique ci-dessus).

60% d’énergies renouvelables en 2050
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Allemagne : Transition énergétique

Depuis deux ans, l’Allemagne mène une politique de transition énergétique des plus ambitieuses – un virage à 180 degrés qui n’est pas du goût de tous. Enquête outre-Rhin sur les dessous d’un projet de grande envergure.

Partie 1:

Après la catastrophe de Fukushima, l’Allemagne est le seul État européen à s’être lancé dans un changement radical de son dispositif énergétique, visant à mettre fin à la production électrique d’origine nucléaire d’ici 2022. Deux ans après l’annonce de ce plan d’action, le pays fait face à de sérieuses difficultés.

L’essor fulgurant des énergies renouvelables a affecté les grands producteurs d’électricité, dont les pertes de chiffre d’affaires se comptent en milliards d’euros.

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La facture astronomique du nucléaire

Des prévisions d’EDF évaluent à 300 milliards sur cinquante ans le coût de la rénovation et de la construction de nouvelles centrales.

Poursuivre le nucléaire coûtera cher, très cher. Un document interne à EDF, que le JDD s’est procuré, dresse les estimations des coûts futurs pour l’entretien et le renouvellement du parc nucléaire français. Les chiffres donnent le tournis.

Près de 300 milliards d’euros devront être investis dans les cinquante prochaines années si les centrales actuelles sont reconstruites à l’identique. Une hypothèse toutefois difficile à tenir pour remplir l’objectif de réduction de 75 % à 50 % de la part du nucléaire dans la production électrique française.

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Philippe Lamberts : « Il est grand temps de fermer le casino financier »

Remettre la finance à sa place. Pour le député européen, il n’y a pas d’autre impératif plus urgent pour remettre de l’ordre dans l’économie.

En imposant des critères de rendement aberrants et sa vision court-termiste, la finance est en effet à la source des deux maux qui frappent la planète : la montée des inégalités et l’épuisement des ressources naturelles. “Du fait de leur taille, les banques font peser un chantage permanent sur la société en n’assumant pas les risques qu’elles prennent”, s’insurge le député belge. Il est plus que temps de démanteler ce pouvoir nocif. La vraie solution serait de revenir au Glass Steagall Act, c’est-à-dire à la séparation des activités de marché du coeur de métier des banques.

Or les demi-réformes engagées en la matière ne sont que des pis-allers. “Le degré de résistance du secteur financier est colossal”, déplore-t-il.

Ce qui motive mon engagement en politique, c’est la volonté d’éviter à notre société l’effondrement que pourraient causer deux bombes à retardement, la bombe des inégalités et la bombe écologique. Les inégalités explosent à l’intérieur même des pays développés, et cette tendance s’est aggravée avec la crise. Lorsqu’on est à 27 millions de chômeurs en Europe, sans compter les millions de travailleurs pauvres, lorsque 60 % d’une génération de jeunes est au chômage comme en Espagne et en Grèce, lorsque un Européen sur quatre est au seuil de pauvreté ou d’exclusion sociale, il y a quelque chose de potentiellement explosif dans la société. Cette évolution n’est absolument pas soutenable. Pas plus que le creusement des inégalités entre les sociétés, par exemple entre l’Europe et l’Afrique.

La deuxième bombe est l’épuisement des ressources de la planète.

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Transition énergétique : L’Allemagne devant et tous derrière

Après la catastrophe de Fukushima, l’Allemagne est le seul Etat européen à s’être lancé dans un changement radical de son dispositif énergétique, visant à mettre fin à la production électrique d’origine nucléaire d’ici 2022. Deux ans après l’annonce de ce plan d’action, le pays fait face à de sérieuses difficultés.

L’essor fulgurant des énergies renouvelables a affecté les grands producteurs d’électricité, dont les pertes de chiffre d’affaires se comptent en milliards d’euros. Quant au lobby nucléaire, il répand de fausses informations pour tenter d’entacher le nouveau succès de ces sources d’énergie. En faisant cavalier seul sur ce sujet, l’Allemagne met également ses voisins en porte-à-faux.

Documentaire réalisé par Dirk Laabs (disponible également en deux parties : partie 1, partie 2)

(Merci à NOP)

Écosse : Oyster, l’électricité verte qui vient des vagues

En frottant la surface des masses d’eau, le vent peut donner naissance à la houle, une série de vagues pouvant se déplacer sur de longues distances, tout en charriant de grandes quantités d’énergie. L’entreprise Aquamarine Power a développé l’Oyster, un système qui peut exploiter le mouvement des vagues pour produire un courant électrique, autrement dit, une énergie renouvelable.

Les mouvements ondulatoires de l’eau mettent en action un volet mobile immergé par 10 à 15 mètres de fond à proximité des côtes. Le mécanisme actionne alors deux pistons qui compriment de l’eau douce et l’envoient par des canalisations dans une centrale hydroélectrique située hors de l’eau. L’électricité est ainsi produite au sec.

À terme, l’entreprise prévoit d’installer des champs d’Oyster qui seront tous interconnectés et reliés à une seule turbine. Les tests en cours se montrent concluants.

L’impossible retour de la croissance

Par Charles Sannat, diplômé de l’École Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d’Études Diplomatiques et Stratégiques. Directeur des Études Économiques d’AuCOFFRE.com, il rédige quotidiennement des articles sur l’actualité économique dans Le Contrarien Matin, journal gratuit accessible chaque jour sur le site d’AuCOFFRE.com.

J’explique depuis plusieurs années qu’attendre la croissance, enfin son retour, même si notre Normal 1er pense avoir aperçu la reprise, est une illusion. La croissance c’est fini, il n’y en aura plus, ou en tout cas pas comme nous la pensons jusqu’à présent et pour plusieurs raisons.

La répartition des profits est indispensable

La croissance est liée à la notion de répartition des profits et de la création de richesse. La croissance est un « être » économique complexe. Très complexe même. Pour qu’il y ait création de richesses futures, il est nécessaire d’avoir une répartition optimale des richesses présentes (nous éviterons le mot « juste » qui n’a aucun sens).

En clair, c’est parce qu’il y a des consommateurs solvables que les entreprises peuvent vendre ce qu’elles produisent. Point de croissance sans consommateur solvable, or le consommateur solvable devient une espèce en voie de disparition ces derniers temps.

Les consommateurs solvables disparaissent sous la double pression de la mondialisation et de ses cohortes de délocalisations (je rappelle que délocaliser pour payer le même salaire n’a aucun sens, donc une entreprise qui délocalise le fait pour pouvoir verser des salaires de misère participant ainsi à la réduction du pouvoir d’achat global des consommateurs au niveau mondial), mais également des progrès techniques qui nécessitent de moins en moins de bras pour créer les nouvelles richesses. Moins de bras, égal moins de bras payés, égal réduction de la masse de consommateurs solvables donc, in fine, baisse de la croissance.

Mais ce n’est pas tout.
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Allemagne : Le citoyen, source principale d’énergie renouvelable

Alors que le «tournant énergétique» allemand est ralenti par les batailles de divers lobbys industriels et politiques, plusieurs études récentes montrent que c’est surtout le citoyen germanique lambda qui assure le développement du courant vert.

ÉCO QUARTIER VAUBAN À FRIBOURG-EN-BRISGAU

Selon l’enquête de l’institut TrendResearch de Brême, les panneaux solaires vissés sur les toits des particuliers ou les éoliennes et centrales à biogaz détenues par des privés représentent près du tiers des installations produisant de l’énergie renouvelable. Soit, en tout, 25 gigawatts de puissance installée, l’équivalent d’une quinzaine de centrales nucléaires classiques.

Claudia Kemfert, directrice du département Energie à l’Institut allemand de recherche économique (DIW), confirme :

«On peut dire que, pour l’instant, le développement du renouvelable est une affaire privée… Les chiffres du ministère parlent d’eux-mêmes : 50% du financement est assuré par les particuliers contre moins de 7% pour les quatre gros producteurs d’énergie.»

Bien sûr, ces derniers investissent aussi. Mais surtout dans de lourds projets, notamment les parcs éoliens offshore, qui accumulent actuellement retards et problèmes techniques.

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Angleterre : Les énergies renouvelables en passe de remplacer le nucléaire

La Grande-Bretagne passe la cinquième et s’apprête à lancer le plus grand parc éolien off-shore au monde, en se lançant un défi sans précédent : les énergies renouvelables doivent avoir dépassé le nucléaire en termes de puissance avant 2018.

Il s’agit là d’une prévision élaborée par l’association du secteur des énergies renouvelables ‘Renewables UK’ et reprise dernièrement par le quotidien « The Guardian », après l’entrée en fonction de la première turbine du London Array, ce gigantesque réseau d’éoliennes établi à l’embouchure de la Tamise.

Le parc sera activé en plusieurs phases, la première devant être normalement achevée d’ici la fin de l’année 2013 : 175 turbines Siemens pour un puissance totale de 630 MW, capables de fournir de l’énergie à 470,000 habitations. Dans un deuxième temps, le parc devrait atteindre les 870 KW.

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Autriche : Une ville exemplaire pour les énergies renouvelables

La ville de Güssing, dans la province du Burgenland (est de l’Autriche), se veut la championne européenne des énergies renouvelables. Ces énergies, contrairement aux énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon), utilisent des flux inépuisables d’origine naturelle (soleil, vent, eau, croissance végétale).

«Il y a une quinzaine d’années, la région de Gussing était la plus pauvre d’Autriche, et la population, confrontée à des difficultés économiques, était obligée de partir chercher du travail ailleurs. Il fallait faire quelque chose», indique le patron de ce centre de compétence pour les énergies renouvelables.

Les élus locaux ont alors décidé de mettre en place un nouveau plan énergétique, mettant à profit la grande quantité de biomasse (les matières organiques produites par les végétaux et les animaux) disponible dans la région, afin de remplacer les énergies fossiles par des énergies renouvelables.

L’application de ce plan, piloté par le Centre européen des énergies renouvelables, un organisme sans but lucratif, a ainsi permis la création progressive de 35 installations de production d’énergie, sous forme de sociétés d’économie mixte avec la participation des agriculteurs locaux pour l’approvisionnement des matières organiques.
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Dans un an, il y aura du vent dans le gaz

En Allemagne, des éoliennes sont sur le point de produire de l’hydrogène. Les éoliennes produisent de l’électricité suivant un procédé qui remonte à l’invention de la dynamo : la force du vent fait tourner les pales, qui entraînent un alternateur, lequel met en mouvement des électrons. Mais dans quelques mois, elles produiront aussi… du gaz !

De l’autre côté du Rhin, ce sera bientôt une réalité. Début décembre, un consortium d’entreprises a posé, près de l’aéroport de Berlin, la première pierre d’une centrale qui convertira en hydrogène le courant excédentaire d’une ferme éolienne voisine. Objectif : ne perdre aucun mégawatt de cette source d’énergie intermittente que l’on ne sait pas stocker sous forme électrique. Car, en Allemagne, le parc éolien s’est développé massivement, et les réseaux électriques n’ont pas suivi. Résultat, certains jours de vent fort, les éoliennes produisent trop d’électricité au regard de ce que les câbles peuvent acheminer. Ou alors, elles en produisent aux heures où on n’en a pas beaucoup besoin. Il faut donc les brider. Un comble ! Pour l’exploitant, ces jours de vent fort signifient paradoxalement une perte sèche…

Lassés de chercher l’adéquation parfaite mais impossible entre production et consommation d’électricité, certains opérateurs ont donc eu cette drôle d’idée : pourquoi ne pas utiliser l’énergie éolienne excédentaire pour d’autres usages, en la convertissant en gaz ? Sous cette forme, plus besoin de céder aux caprices de la demande : le gaz se stocke, et il ne suit pas les mêmes pics de consommation que l’électricité. Le procédé indispensable à cette transformation se nomme électrolyse. On l’apprend en cours de chimie au lycée. Ou comment décomposer l’eau en oxygène et en hydrogène par l’électricité en utilisant des catalyseurs.

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Alpes : Un refuge 100% énergie renouvelable, une exception en montagne

Dans les Alpes, un propriétaire de refuge aux allures de Géo Trouvetout a bâti à 2.000 mètres d’altitude un refuge autonome, fonctionnant aux seules énergies renouvelables, une exception parmi les 300 refuges de montagne français, en retard en termes de solutions écologiques.

Après les lacets de la montée de l’Alpe d’Huez se dessine au sommet d’un col verdoyant le refuge de Sarenne, confortable chalet de bois et de pierres qui se targue de pouvoir recevoir, été comme hiver, jusqu’à une vingtaine de convives en ayant recours uniquement aux énergies renouvelables.

Le propriétaire, Fabrice André, ancien ingénieur agronome et bouillonnant inventeur, a investi près de 225.000 euros pour faire fonctionner cette bâtisse atypique qui n’est raccordée ni au réseau électrique, ni au réseau d’eau et n’utilise pour autant aucun carburant.

Pour remplacer les lignes à haute tension, il a installé 20m2 de panneaux photovoltaïques sur le toit, qui, les jours de mauvais temps, sont relayés par deux éoliennes à rotation verticale.

S’ajoute pour la production d’eau chaude des panneaux photothermiques et une microcentrale électrique alimentée par un torrent de montagne, ainsi qu’une chaudière à gazéification durant les mois d’hiver. L’imposant four d’acier brûle bois, cartons et papiers, puis comprime à très haute température les fumées et gaz émis pour les transformer en un combustible utile pour le chauffage au sol.

Ce refuge expérimental “est un cas rare, tout a fait expérimental, mais génial“, souligne Frédi Meignan, gardien du refuge du Promontoire en Isère et président de l’association écologiste Mountain Wilderness.

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Les énergies renouvelables glissent vers les marchés émergents

La production d’énergie renouvelable devrait poursuivre sa croissance ‘rapide‘ au cours des cinq prochaines années, selon un nouveau rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) qui reconnaît l’émergence du secteur des énergies renouvelables.

Le rapport indique que malgré les incertitudes économiques dans de nombreux pays, la production d’électricité mondiale provenant de l’hydroélectrique, du solaire, de l’éolien et des autres sources d’énergie renouvelables devrait augmenter d’ici 2017 de plus de 40% à près de 6.400 térawattheures (TWh) – soit environ une fois et demie la production actuelle d’électricité aux États-Unis.

L’étude de l’AIE, publiée jeudi, souligne pour la première fois la reconnaissance de la dynamique et du rôle croissant des énergies renouvelables dans le mix électrique mondial.

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Autriche : Une utopie concrète de l’après-pétrole

Comment sortir de l’urbanisme fossile, qui, à grand renfort d’énergie pétrolière, est à l’origine du phénomène désormais universel de l’étalement urbain ? L’ASPO (Association pour l’étude du pic pétrolier et gazier) a tracé les pistes de l’autonomie énergétique, dont un Land en Autriche est pionnier.

A l’occasion de sa dixième conférence, l’ASPO, réunie à Vienne jusqu’au 1er juin, a tracé les pistes de l’après-pétrole. Le professeur de technologie à l’Université d’Innsbruck, Wolfgang Streicher, y a présenté un scénario d’autarcie énergétique pour l’Autriche d’ici à 2050, destiné au ministère de l’environnement autrichien.

D’étymologie grecque, le mot autarcie signifie la capacité pour un système ou une communauté de se sustenter par soi-même, en utilisant des ressources produites d’origine locale. Un système autarcique peut être un foyer, une commune, une région ou un pays qui n’utilisent que des biens et services produits par eux-mêmes, sans recourir à des importations.

En matière d’énergie, les secteurs concernés par l’autarcie sont le bâtiment, l’industrie et la mobilité. Pour qu’ils ne soient alimentés qu’en sources d’énergies domestiques, deux conditions sont requises : une stricte limitation des besoins, et un système de stockage local et saisonnier d’énergie pour compenser l’intermittence des renouvelables et éviter les importations. Mais, pointe Wolfgang Streicher, la société est-elle prête à se passer de vacances aux Maldives, de vêtements fabriqués en Chine, de pommes produites en Espagne ? En matière d’alimentation, est-elle prête à manger moins de viande ? Et, du côté de l’habitat, les citoyens seront-ils disposés à jouer le jeu de la densification, alors que le logement individuel est primé par les ménages, malgré les inconvénients qu’il induit en terme de rallonge des temps de transport ? Tout le système est organisé de manière non autarcique.
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