Stiglitz dresse l’état des lieux de la macroéconomie

Dans le discours qu’il a récemment prononcé lors de la conférence tenue en l’honneur du Français Jean-Paul Fitoussi, Joseph Stiglitz (2014) débute par un constat sévère: qu’il s’agisse de la science ou de son objet, la macroéconomie ne se porte pas très bien.

Pourtant, en avril 2006, Anne Krueger, la directrice générale déléguée du FMI, affirmait que « l’économie mondiale a rarement été dans une meilleure forme ». De son côté, lorsqu’Olivier Blanchard (2008) se pencha sur « l’état de la macro » alors même que le marché du crédit subprime connaissait de fortes turbulences, il le jugea bon. Puis les pays avancés basculèrent dans la plus sévère crise économique depuis la Grande Dépression des années trente.

Non seulement les modèles standards n’ont pas prédit la Grande Récession, mais ils suggéraient tout simplement qu’un tel événement ne pouvait survenir. Dans le type d’économies dépeint par les modèles standards, les bulles n’existent pas ; l’approfondissement des marchés financiers est censée avoir dissolu les risques.

Pourtant, ces deux derniers siècles ont été marqués par une volatilité récurrente des prix d’actifs et du crédit. Même après que la bulle immobilière ait éclaté, les modèles standards n’ont pas prédit l’ensemble de ses répercussions. Ils n’ont pas plus prédit l’occurrence de la crise de la zone euro ou ses conséquences. Ils n’ont pas pu fournir de bons conseils aux autorités monétaires pour agir efficacement face à la déstabilisation des marchés financiers et à la détérioration de l’activité.
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Cinq autres faillites publiques à l’américaine

Comme Detroit, plus de 650 collectivités publiques se sont déclarées en faillite aux Etats-Unis depuis 1934, pour des raisons parfois étonnantes… Sélection.

Pour spectaculaire qu’elle soit, la faillite de Detroit n’est pas un cas isolé aux Etats-Unis. Depuis 1934 et la création d’un régime faillitaire pour les collectivités locales, près de 650 d’entre elles se sont placées sous ce statut qui leur permet de renégocier leurs créances. Un nombre qui a significativement augmenté depuis le début de la crise : selon le magazine spécialisé américain Governing, 36 entités publiques, dont 8 villes et comtés, sont déclarées en faillite depuis 2010. Investissements hasardeux, condamnations en justice, mauvaise gestion… Les situations sont plus diverses qu’on ne l’imagine. Sélection.

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Cela va très mal finir ! Et la “fin de la partie” est pour bientôt !

« Par essence, la création monétaire ex nihilo que pratiquent les banques est semblable, je n’hésite pas à le dire pour que les gens comprennent bien ce qui est en jeu ici, à la fabrication de monnaie par des faux-monnayeurs, si justement réprimée par la loi. Concrètement, elle aboutit aux mêmes résultats. La seule différence est que ceux qui en profitent sont différents ».

Maurice Allais, prix Nobel de sciences économiques en 1988.

Nous pensons que les banques centrales sont en train de perdre le contrôle des Systèmes bancaire et monétaire dans la mesure où leurs politiques ultra laxistes ont abouti (comme tout économiste “autrichien” pouvait d’ailleurs le prévoir) au contraire de ce qu’elles voulaient obtenir puisque les taux d’intérêt à long terme ont commencé une forte hausse de nature à provoquer l’effondrement des prix des obligations et que les actions très surévaluées ont commencé leur retournement à la baisse dont tout indique qu’il va se transformer en krach (mini ou maxi impossible à savoir), sans que les économies se soient durablement redressées ni que le chômage ait suffisamment baissé.

Cette fois-ci, la chute des obligations ne permettra pas aux actions de monter plus haut, les deux actifs chutant ensemble comme cela a commencé au Japon. Ce qui entrainera de nouvelles faillites de banques et autres institutions financières dont l’exposition aux deux actifs précités est à un niveau record. Sans parler des épargnants qui se feront à nouveau rincer…

La seule action que les banques centrales ont réussi c’est de créer des bulles dont l’éclatement est inévitable, étant donné que leur création monétaire artificielle massive n’est pas entrée dans l’économie réelle mais s’est investie dans les actifs financiers dont la hausse ne favorise que les mécanismes de spéculation sans liens avec la réalité de l’offre et de la demande effectives au seul bénéfice de quelques “oligarques” de la finance (grands spéculateurs et/ou dirigeants des banques supposées “too big to fail”).

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Entretien avec Olivier Delamarche : Vers la faillite des Etats

Olivier Delamarche, associé-gérant chez Platinium Gestion, analyse les principales tendances économiques et financières à venir. Il nous explique en quoi les solutions actuellement mises en oeuvre, en particulier la monétisation des dettes souveraines, ne pourront ni relancer la croissance ni faire baisser le chômage. La solution passera forcément par des faillites, partielles ou totales, de certains Etats.

Zone Euro : Que réserve l’année 2013 ?

par Jaques Sapir

La zone Euro a connu d’intenses bouleversements durant l’année 2012. Les attaques spéculatives se sont multipliées durant une partie de l’année, tandis que les fondamentaux économiques  continuaient de se dégrader.

Et pourtant, un sentiment de soulagement était perceptible chez les dirigeants politiques dès le début du mois de novembre. Le Président Français, M. François Hollande, pouvait affirmer que, selon lui, la crise de l’Euro touchait à sa fin. C’est donc à une situation plus que paradoxale que l’on est confrontée en cette fin d’année 2012. En effet, si les déclarations des uns et des autre se veulent rassurantes, en réalité la zone Euro est actuellement en récession, et devrait le rester en 2013 pour le moins.

Face à la situation désastreuse de la fin du premier semestre 2012, trois changements majeurs ont été annoncés. Le premier fut l’annonce par Mario Draghi, le Président de la Banque Centrale Européenne de défendre « à tout prix » l’Euro. Dans la foulée, la BCE annonçait sa disponibilité à racheter des dettes souveraines des pays en difficultés.

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L’idéal de l’Empire de Prométhée à Épiméthée

par Massimo Cacciari

Incontestablement, la période qui va de l’écroulement du « socialisme réel » à la nouvelle « grande crise » que nous traversons actuellement peut être définie véritablement comme une époque. Le terme Épochè indique, en effet, l’arrêt, l’interruption, mais non pas comme s’il s’agissait d’un espace vide, d’un intervalle. Il signifie, au contraire, un resserrement dans le cours du temps, une abréviation extraordinaire, dans laquelle ses caractères essentiels s’expriment comme contractés les uns sur les autres et les uns contre les autres. L’époque, de ce point de vue, n’est donc nullement un « temps long », mais le concentré de ses significations dans un spasme, qui les révèle et peut aussi, en même temps, les dissoudre.

Gustave Moreau : “Prométhée”

De ce même point de vue, on peut définir comme « époque » la grande guerre civile qui a anéanti la centralité politique de l’Europe entre 1914 et 1944 : trente ans seulement, à peine plus que « notre » 1989 – 2011. Dans l’époque, se précipitent évidemment des idées, des facteurs, des contradictions mûries dans le « temps long » – et c’est pourquoi il est impossible de la comprendre de manière isolée. Mais elle assume toutefois une valeur révélatrice et déploie les mêmes éléments qui étaient déjà à l’œuvre selon des dimensions et des énergies nouvelles.

Alors que, précisément, toute « normalité » est arrêtée, ce qui semblait à première vue normal et facilement prévisible dans ses développements s’exprime désormais selon des formes inattendues et inquiétantes. Dans un certain sens, l’époque assume toujours une valeur « apocalyptique ». Conséquence évidente de cet état de choses : l’affirmation d’une extraordinaire porosité des mots. Leur puissance « apophantique » décroît redoutablement. Le rapport entre les mots et les choses qu’ils devraient désigner se fait dans la plus grande insécurité.

Que signifient aujourd’hui les mots démocratie ? marché ? paix ? Ou encore : nous avons fait l’unité européenne – mais que signifie l’Europe ? l’Occident ? Ainsi, le terme époque résume aussi en soi sa profonde signification sceptique : toute époque authentique se révèle également en tant que doute radical sur son propre passé et ne s’ouvre au futur que de manière hasardeuse.

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30 départements prévoient de grandes difficultés pour boucler leur budget

L’Assemblée des départements de France tire la sonnette d’alarme sur l’augmentation des dépenses sociales. Elle réclame une aide exceptionnelle de l’Etat de 400 à 500 millions d’euros pour boucler 2012 et une réforme de fond du financement des collectivités pour la suite.

Le financement des départements vire au casse-tête. Comme l’année dernière, où le gouvernement Sarkozy avait été contraint en fin d’année de mettre en place un fonds d’urgence de 150 millions d’euros pour permettre aux départements dans le rouge de boucler leur budget, 30 d’entre eux se trouvent aujourd’hui en difficulté. Certains évoquent même, sous le couvert de l’anonymat, l’idée de voter un budget en déséquilibre, ce qui est interdit par la loi. Claudy Lebreton, président de l’Assemblée des départements de France, élu PS des Côtes-d’Armor, se dit « extrêmement inquiet » et va même jusqu’à faire du règlement de cette question le préalable à toute réforme de la décentralisation. Dans l’immédiat, pour boucler 2012, les élus plaident pour la création d’un fonds d’urgence de 400 à 500 millions d’euros.

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La Californie va voter sur l’augmentation des impôts

Toujours impactée par la crise immobilière et un taux de chômage élevé, la Californie ne peut plus boucler son budget et affiche un déficit de 16 milliards de dollars. Le gouverneur coupe dans les budgets et en appelle aux électeurs pour augmenter les impôts.

La Californie s’enfonce dans la crise. En janvier, le gouverneur démocrate Jerry Brown avait annoncé un déficit de 9,2 milliards de dollars (7,4 milliards d’euros). Mais confronté à des revenus plus bas que prévu à cause de la crise économique, il a dû réviser ses prévisions. A la mi-mai, il a annoncé un déficit de 16 milliards de dollars (12,9 milliards d’euros) et proposé un nouveau budget d’austérité. Sa recette comprend aussi des augmentations d’impôts qui seront soumises aux électeurs en novembre.

Problèmes structurels

« Ce n’est pas un problème de dépenses, mais de revenus. Les impôts en Californie sont bas pour le niveau de services qui est plus généreux que dans beaucoup d’états », explique John Ellwood, professeur politique publique à l’université de Berkeley. Il cite deux problèmes structurels. D’une part, depuis 1978, la Proposition 13 limite l’augmentation des impôts fonciers. D’autre part, selon la loi, l’état doit voter un budget équilibré ce qui force les gouverneurs à faire des prévisions optimistes et irréalistes. Le déficit est toujours repoussé à l’année suivante. D’ailleurs en Californie, on ne parle pas de déficit, mais de manque à gagner. Depuis la ruée vers l’or, l’Etat alterne entre des périodes de prospérité et de récession. Les Californiens comptent toujours sur le retour de la prospérité. Là, le gouverneur Brown leur dit que le problème risque de durer, analyse John Ellwood.

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Le Portugal est la prochaine Grèce

« Au lieu d’une réduction de l’endettement public, nous assistons à son aggravation, car la réduction de l’activité économique produite par les coupes budgétaire se traduit par une réduction des dépenses du secteur privé. » Pour Ed Harrison, l’éditeur de Credit Writedowns, les dirigeants européens font une erreur de diagnostic en se focalisant sur les politiques d’austérité. Pour la raison suivante : lorsque les Etats, les ménages et les entreprises tentent tous ensemble de se désendetter au même moment en réduisant leurs dépenses, s’amorce alors une spirale récessive s’auto alimentant. Avec au bout, la faillite.

L’Europe a pris la mauvaise direction car le remède prescrit pour résoudre la crise de la dette souveraine, une soi disant rigueur expansionniste, est une politique économique conduisant à l’échec. L’idée, c’est que le licenciement de salariés du secteur public, afin de réduire les dépenses, permettrait d’éliminer le déficit budgétaire dans des pays comme la Grèce et le Portugal et, par conséquent, de rétablir la confiance du marché dans leur dette souveraine. La réalité s’est avérée quelque peu différente. Au lieu d’une réduction de l’endettement public, nous assistons à son aggravation, car la réduction de l’activité économique produite par les coupes budgétaire se heurte à une réduction des dépenses du secteur privé. Si l’Europe continue sur cette voie, la zone euro va complètement éclater, avec des répercussions politiques et économiques entièrement imprévisibles.

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Attali : Le système financier menacé de zombification

Non seulement la crise n’est pas finie, mais en plus de nouveaux nuages s’accumulent à l’horizon, avec notamment le scandale de la titrisation.

Il faut être aveugle pour ne pas voir qu’un nouveau tsunami s’annonce à l’horizon : une nouvelle dépression mondiale est en train de se mettre en place. D’abord, celle déclenchée en 2007 par la crise des subprimes n’a jamais été réglée.

Et toutes les actions lancées depuis l’ont été en vain : la baisse des taux d’intérêt n’a pas fait repartir la croissance et n’a fait que nourrir des turpitudes nouvelles, rendant plus facile à supporter l’endettement public, et permettant de retarder les réformes de structures nécessaires.

Au total, les banques ont reconstitué leur fonds propres pendant que les contribuables sont de plus en plus endettés et les chômeurs de plus en plus nombreux, et sur des durées de plus en plus longues.

Contrairement au discours dominant, la crise actuelle n’est pas terminée.

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Je ne rembourserai pas

Ou « Les pauvres paieront-ils pour les (très) riches » ?

La dette publique française file désormais allègrement vers les 1 800 Md€, soit la bagatelle de 60 000 € par foyer.

En 2010, la situation budgétaire de l’État est dramatique : Ressources nettes 175 Md€, Dépenses nettes 325 Md€, Déficit 150 Md€ (« www.performance-publique.gouv.fr » – le gouvernement a conservé son humour…). Le plafond de Maastricht de 3 % du PIB est enfoncé avec près de 8 % du PIB. Nous dépensons ainsi cette année 190 % des recettes (contre encore 120 % avant la crise)… Et du coup, la dette représente près de 10 ans de recettes fiscales actuelles…

Heureusement les politiques nous l’ont promis : il est hors de question qu’ils gèrent les finances publiques avec « rigueur » – pour ceux qui auraient encore un doute. Voilà enfin une promesse dont nous pouvons être assurés qu’elle sera tenue… Vivons donc au dessus de nos moyens, ou plutôt, enrichissons les riches, et après, que diable, advienne que pourra. Et bien justement, ça advient…

Car enfin, n’est-il pas formidable qu’une situation financière que n’importe quel ménage trouverait insensée et intenable pour son cas personnel, devienne une pratique acceptée voire théorisée quand elle est appliquée au niveau de l’État – qui n’est qu’un ensemble de ménages… Mais pour justifier ce qui heurte le bons sens, les discours abondent…

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La dette des pays riches atteindra 110 % du PIB en 2015

A tous ceux qui n’ont pas compris avec la panique des marchés européens que la dette publique était devenue insupportable, le rapport “Monitor fiscal que publie ce vendredi 14 mai le Fonds monétaire international (FMI) fera froid dans le dos.

Malgré une évidente amélioration de la conjoncture économique, les pays riches du G20 ont peu réduit leurs déficits et le fardeau de leur dette devrait représenter 110 % de leur produit intérieur brut en 2015 contre 91 % aujourd’hui et 73 % en 2007, au tout début de la crise.

Manifestement la Grèce ne sera plus une exception et les champions de cette vague de dettes sont sans conteste les États-Unis et le Royaume-Uni.

Le rapport souligne pour la première fois qu’un lien “évident” existe entre la dette et la croissance : “Si celle-là ne revient pas en dessous de ses niveaux antérieurs, le potentiel de croissance des économies avancées s’en trouverait amputé chaque année de plus de 0,5 %, effet considérable quand il se prolonge d’année en année,” notent les auteurs, qui s’inquiètent de l’effort à fournir pour revenir à un taux “normal” de 60 % dans des pays qui verront dans le même temps progresser de 4 ou 5 points de PIB leurs dépenses de retraite et de santé au cours des vingt prochaines années.

Baisses phénoménales des rentrées fiscales

Mission impossible ? Les pays émergents du G20 ont moins de crainte à avoir, car le FMI prédit qu’ils reviendront sans grande difficulté au niveau de dette souhaitable (40 %) et redresseront la barre à partir de 2011. Ils peuvent toutefois s’attendre à pâtir de taux d’intérêt élevés et des soubresauts budgétaires des pays riches.

Le FMI contredit tous ceux qui ont accusé les plans de relance de l’économie d’être responsables de cette forte poussée de l’endettement public. Selon son rapport, ce sont les baisses phénoménales des rentrées fiscales dues à l’approfondissement de la crise à partir de 2011 qui ont creusé les trous budgétaires. Autrement dit, c’est le moins de recettes et non le surcroît de dépenses des pays du G20 qui a créé la montagne de dette publique qui fait trembler les marchés.

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« Une bataille est gagnée, la crise n’est pas terminée »

Yannick Roudaut, anime une cellule de veille et de prospective sur l’économie durable et la finance responsable au sein d’Alternité. Chroniqueur économique, auteur de « L’Alter Entreprise » (Dunod), il analyse le plan de défense de la zone Euro et les effets de la crise financière.

- Le méga-plan de secours des pays de l’Union européenne et l’action concertée des banques centrales seront-ils suffisants pour endiguer la crise ?

A court terme, oui. La réaction des investisseurs est d’ailleurs unanime.

En débloquant potentiellement 750 milliards d’euros, l’Europe apporte une réponse à la crise de liquidités. Les pays en difficultés devraient désormais pouvoir se financer dans de meilleures conditions de taux d’intérêt.

A moyen terme, le plan, ne résout pas la crise budgétaire. L’un des points soulevés ces dernières semaines, est celui de la capacité des états comme la Grèce, le Portugal et l’Espagne à réduire sensiblement leur déficit budgétaire. On leur donne certes les moyens de ne pas faire défaut sur leurs dettes, mais le problème du retour à la croissance économique et de la réduction des déficits pour revenir aux exigences de Maastricht demeure. Une bataille est gagnée, mais la crise n’est malheureusement pas terminée.

- D’autres actions sont-elles nécessaires ?

Les pays les plus fragiles vont peut-être devoir commencer à restructurer leur dette rapidement. Cela veut dire que leurs créanciers (banques, compagnies d’assurances, États) vont peut-être devoir provisionner une partie des pertes. Au-delà de ces mesures financières, il faut que nos responsables européens poursuivent leurs efforts politiques pour faire évoluer l’Europe vers le fédéralisme ou une forme équivalente. Cette crise nécessite une réponse politique forte. Le cas échéant, de nouvelles attaques financières sont prévisibles au cours des prochains mois.
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Le FMI plaide pour des mesures d’austérité dès 2011

Les pays développés avec des déficits publics élevés doivent commencer dès aujourd’hui à préparer leurs opinions publiques aux mesures d’austérités qui seront nécessaires à partir de l’an prochain, a estimé dimanche le numéro deux du Fonds monétaire international.

Pour le FMI, il y a urgence à préparer les opinions publiques de certains pays fortement endettés ! Les mesures de restriction qui vont devoir être prises seront inévitables à partir de l’an prochain, de quoi toucher les ménages au portefeuille, selon John Lipsky, le Directeur général adjoint du FMI.

L’ampleur des ajustements sera si vaste que ces mesures inévitables risquent de se traduire par :

1) Un recul des allocations de santé et de retraite

2) Une réduction des dépenses publiques

3) Une hausse des impôts

S’il est pour l’instant “approprié” de conserver les mesures de soutien à l’économie mis en place dans les pays développés, l’assainissement des finances publiques devra démarrer par la suite, dès 2011, si la reprise économique suit son cours, a encore expliqué le numéro deux du FMI…
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La pression s’accroît sur le fragile Portugal

Les agences de notation menacent de dégrader la note du pays, alors que le gouvernement de José Socrates doit contenir la dette publique et réduire le déficit de l’Etat.

Révision à la baisse du PIB, avertissement de Fitch, grogne des syndicats, popularité en baisse… Le gouvernement portugais, qui subit déjà depuis plusieurs mois, au même titre que la Grèce, la pression des marchés face à l’envolée des déficits, a connu une bien mauvaise semaine.

S’il juge les sanctions excessives, le premier ministre, José Socrates, espère bien que son plan d’austérité dévoilé lundi dernier donnera plus de crédibilité à son pays.

L’objectif affiché est de ramener le déficit public de 9,3 % en 2009 à 2,8 % du PIB d’ici à 2013 et de contenir la dette, qui atteint 76,6 % de la richesse nationale.

Ce programme, qui sera présenté au Parlement le 25 mars et transmis à Bruxelles d’ici la fin du mois, prévoit notamment un gel des salaires des fonctionnaires, le plafonnement des aides sociales, une hausse des impôts sur les hauts revenus et les profits boursiers et un programme de privatisations. Au total, la baisse des dépenses comptera pour moitié dans le plan d’économie.

Le gouvernement envisage aussi d’anticiper le report à 65 ans, prévu pour 2015, de l’âge de départ à la retraite des fonctionnaires. Vivement opposés au gel des salaires, les syndicats ont annoncé une grande manifestation nationale pour fin mai.

Les nouvelles mesures d’austérité ne semblent pas avoir convaincu Fitch, qui n’a pas exclu mardi une dégradation de la note de crédit du pays, après une mise sous surveillance négative en septembre dernier.

Pour Philippe Sabuco, de BNP Paribas, les inquiétudes portent plus sur les perspectives de croissance : «Le ratio d’endettement public est certes élevé mais il se compare favorablement à celui de la zone euro dans son ensemble. En revanche, l’économie portugaise n’est pas assez compétitive.» Le pays cumule plusieurs handicaps : manque de productivité, secteurs à faible valeur ajoutée, formation insuffisante, natalité en déclin…

Le risque pour le Portugal, qui fait encore partie des pays les plus pauvres de la zone euro, est de connaître une faible croissance dans les prochaines années. Les derniers chiffres ne prêtent pas à l’optimisme. Le PIB a reculé au quatrième trimestre de 0,2 %, soit une baisse de 2,7 % pour 2009. Les prévisions sur 2010 restent très incertaines : faible reprise pour le gouvernement à 0,7 %, poursuite de la récession pour BNP Paribas de l’ordre de 0,5 %.

Le Figaro

Menaces sur la reprise économique

Par Nouriel Roubini

La montée des déficits budgétaires et de l’endettement public fait peser un risque sur nombre d’économies avancées.

Une menace qui était dans le passé celle des pays émergents.

L’abaissement de notations, l’accroissement des différentiels de taux d’intérêt et la contre-performance d’enchères de bons du Trésor de pays tels que le Royaume-Uni, la Grèce, l’Irlande et l’Espagne montrent bien que les investisseurs, les autorités de surveillance des marchés obligataires et les agences de notation pourraient encore durcir leur position.

A moins qu’ils assainissent leurs finances publiques.

Les conséquences de la sévère récession et de la crise financière ont été plus lourdes pour les pays qui n’ont pas pris de mesures visant à corriger leur déficit budgétaire structurel pendant les années de croissance. En outre, une faible reprise économique combinée à un vieillissement de la population menacent d’alourdir le fardeau de la dette dans de nombreux pays industrialisés : États-Unis, Royaume-Uni, Japon et certains pays de la zone euro.

La monétisation des déficits budgétaires est également en passe de se généraliser de façon inquiétante dans de nombreuses économies avancées au fur et à mesure que les banques centrales gonflent la base monétaire en achetant une pléiade de bons du Trésor à court et à long termes.
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