Zone euro : Dette, la spirale infernale

L’explosion de la dette publique hante l’Europe depuis la crise financière de 2007. Le risque d’une faillite de la Grèce et d’une contagion à d’autres pays de la zone euro a été mal géré par les gouvernements, trop hésitants et rarement d’accord sur la politique à suivre.

Ce soutien tardif a déclenché la méfiance des marchés. Les politiques d’austérité ont stoppé l’hémorragie des déficits publics mais ont mis à genoux les économies du sud de l’Europe. La Grèce, le Portugal et l’Espagne se sont enfoncés plus profondément dans la crise. Mais comment en est-on arrivé là ? Et qu’est-ce que la dette publique ?

En compagnie des économistes français Thomas Piketty et Bernard Maris, assassiné le 7 janvier, de la députée socialiste française Karine Berger, de l’anthropologue et militant anarchiste américain David Graeber et du député européen belge écologiste Philippe Lamberts, la réalisatrice Laure Delesalle propose un passionnant voyage dans les rouages de l’économie.

Au contraire d’un plaidoyer “pour ou contre” la dette, son documentaire raconte son histoire de la fin du Moyen Âge à nos jours et éclaire les dessous de la crise actuelle. Il lance également des pistes pour la résoudre et prémunir la zone euro de soubresauts futurs, en rappelant que l’endettement est vieux comme le monde. Aujourd’hui, rappelle le film, nous vivons tous à crédit : maisons, voitures, écoles, dépenses publiques, tout est financé par des emprunts. Aussi le débat sur les voies qui s’offrent à l’Europe pour restructurer les dettes existantes est-il essentiel.

États-Unis : L’art de rançonner les pauvres

Impossible, ou presque, de vivre aux États-Unis sans contracter un emprunt. Devant les difficultés de leurs clients à rembourser, les banques augmentent les pénalités et… leurs profits. En revanche, dans certains quartiers défavorisés, elles refusent d’ouvrir des agences. Les habitants doivent alors avoir recours aux échoppes de « prêteurs rapaces ».

Au comptoir d’un check casher, le long de Broadway, une artère de Central Brooklyn assombrie par le métro aérien de New York, M. Carlos Rivera demande un sursis. « No tengo los 10 pesos » (« Je n’ai pas les 10 dollars »), lance-t-il à l’employée derrière la vitre. A Brooklyn, ces boutiques sont omniprésentes: les Pages jaunes en recensent 268.

A l’échelle nationale, ces milliers d’échoppes forment une industrie financière puissante, multiforme, désignée par le terme générique de predatory lenders, ou « prêteurs rapaces ». Un surnom dû à un modèle commercial agressif: on ne lâche jamais un emprunteur, qui rembourse souvent une dette contractée lors d’un premier emprunt en en souscrivant un nouveau.

On les reconnaît à leurs façades colorées et décrépites, à leurs néons, au symbole du dollar et au mot « Cash » sur les vitrines. Outre les transferts d’argent liquide, elles assurent l’encaissement des chèques à l’ordre d’habitants qui n’ont pas de compte en banque: le montant est converti en espèces moyennant une commission (autour de 2 % pour 100 dollars, plus frais divers). Elles proposent aussi des prêts de très court terme à des taux d’intérêt très élevés.
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3.200 milliards d’euros : La dette française cachée dont on ne parle pas

Si la dette publique française fait l’objet de nombreuses polémiques, peu évoquent la dette hors bilan de l’état. L’économiste Jean-Yves Archer dénonce notamment les 50 milliards d’euros du poste Logement. Le citoyen en qualité d’électeur tout autant que de contribuable sait largement qu’il existe une dette, générée par les gouvernements de gauche et de droite, qui dépasse les 2035 milliards et frôle par conséquent les 100% de notre PIB.

Mais, il y a une dette immergée qui s’invite à bien des évènements de la vie de la sphère publique. Lorsque l’État apporte une garantie aux prêts bancaires de l’UNEDIC (dont la dette atteint 20 mds), cela ne se retrouve pas dans son bilan. Quand l’État soutient à bout de bras la situation de la banque DEXIA, cela n’est pas inscrit au bilan mais dans les cautions accordées. Lorsque l’État employeur prévoit la future retraite de ses agents, le montant des provisions pour pensions est inscrit ailleurs qu’au budget annuel approuvé par le Parlement.

Autrement dit, ces trois exemples illustrent l’importance de ce que l’on nomme «les engagements hors-bilan» de la France dont le montant total est égal à près de 3.200 milliards d’euros.

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Islande : Vers la révolution du système monétaire

L’Islande est-il sur le point de révolutionner son système monétaire ? C’est ce que suggère un document récent qui remet radicalement en question le système actuel de création de « l’argent dette » par les banques commerciales. Un virage qui pourrait être historique dans le monde de la finance moderne.

L’information relayée le 31 mars aura probablement été confondue avec un gros poisson et fut tristement ignorée des mass-médias. Elle, n’en est pas moins véridique et se base sur un rapport de 113 pages commandé par le gouvernement islandais. L’étonnant document promeut ni plus ni moins une révolution du système monétaire islandais.

La proposition de réforme intitulée « A better monetary system for Iceland » (Un meilleur système monétaire pour l’Islande) recommande au gouvernement progressiste d’interdire aux banques commerciales de créer de la monnaie. Une tâche qui serait, si la proposition est adoptée, désormais confiée à la banque centrale à travers le pouvoir décisionnel du parlement.

Par ce biais, l’Islande souhaite mettre fin à un système jugé responsable d’une crise économique qui se répète par cycle encore et encore. L’île aurait ainsi essuyé 20 crises financières depuis 1875, mettant récemment le pays tout entier au bord de la faillite.
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Consommer à crédit en France et aux États-Unis

Comparant France et États-Unis, Gunnar Trumbull montre que le développement du marché du crédit à la consommation s’explique par des coalitions d’intérêts différentes qui ont influencé les politiques du crédit de manières opposées.

Ces dernières années, les travaux sur le crédit et l’endettement des ménages ont le vent en poupe notamment depuis la crise des subprimes qui a déclenché la crise financière en 2007-2008. Bien que le cas américain soit plus largement analysé dans la littérature, l’intérêt des chercheurs porte aussi sur d’autres pays d’Europe et d’Asie confrontés au problème du surendettement.

En effet, au cours du XXe siècle le crédit a de moins en moins fait l’objet de désapprobation morale dans les pays industrialisés occidentaux, et depuis les années 1970, des changements institutionnels majeurs ont transformé le cadre légal du surendettement pour faciliter les procédures de faillite personnelle.

Pourtant, en France il a fallu plus d’une décennie pour que les législateurs s’accordent, en 2003, sur les procédures de faillite personnelle qui autorisent l’annulation de la dette et donnent droit à un nouveau départ, comme le stipule la loi américaine depuis 1978. Cette différence de réglementation ne s’explique pas forcément par l’écart du nombre de ménages endettés. Pour comprendre cette différence, il importe de revenir sur le rôle que joue le crédit dans le système économique et dans le modèle de société des deux pays.
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Crimée et finances du Front National : Les textos secrets du Kremlin

La présidente du Front national est mentionnée à plusieurs reprises dans les textos d’un responsable du Kremlin révélés mardi. Rendus publics par un groupe de hackers russes, ces messages datés de mars 2014 évoquent des contacts entre les Russes et le Front national pour obtenir une prise de position officielle du parti d’extrême droite en faveur du rattachement de la Crimée à la Russie. Ils font aussi état de discussions financières.

Timur ProkopenkoTimur Prokopenko

Le 17 mars, Marine Le Pen prend effectivement position sur le sujet et son conseiller international se rend en Crimée en qualité d’« observateur ». Selon les documents hackés, les Russes ne cachent pas leur satisfaction et envisagent comment « d’une manière ou d’une autre remercier les Français ». 

Dans les mois qui suivent, Jean-Marie Le Pen et Marine Le Pen obtiennent tous deux des prêts russes pour leur financement politique à hauteur de 11 millions d’euros.

En février, les « Anonymous International » ont annoncé sur leur site Shaltaï Baltai avoir lancé une attaque contre Timur Prokopenko, chef-adjoint du département de politique intérieur au Kremlin.
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Europe : La fin de la prodigalité

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L’euro a créé une crise de la balance des paiements en Europe, comme l’a fait le système monétaire des années 1920 fondé sur l’étalon-or. En fait, une seule chose distingue ces deux épisodes : les pays actuellement en crise peuvent faire appel à de vastes programmes internationaux de renflouement.

Ces programmes ont soulagé les tensions financières dans la zone, mais à quel prix? Non seulement ils ont permis aux investisseurs de ne pas avoir à payer le coût de leurs mauvaises décisions ; ils ont également donné l’occasion aux pays du sud de l’Europe dont les prix sont trop élevés de retarder ce qui revient à une dévaluation sous la forme d’une réduction des prix relatifs des marchandises. Cette dévaluation de la monnaie est généralement nécessaire pour restaurer la compétitivité érodée par les débuts de l’euro, qui avait gonflé l’inflation.

En réalité, pour des pays comme la Grèce, le Portugal ou l’Espagne, il faudrait pour qu’ils redeviennent concurrentiels qu’ils baissent les prix d’environ 30 % de leurs propres produits par rapport à ceux du reste de la zone euro au début de la crise. L’Italie a probablement besoin de réduire ses prix relatifs de 10 à 15 %. Mais le Portugal et l’Italie n’ont pu jusqu’ici effectuer une telle « dépréciation effective », tandis que les prix relatifs en Grèce et en Espagne n’ont diminué que de 8 % et 6 %, respectivement.

Fait plutôt révélateur, de tous les pays en crise, seule l’Irlande est parvenue à passer le point critique. La raison en est évidente : la bulle spéculative avait déjà éclaté en Irlande dès la fin de 2006, à l’époque où les fonds de sauvetage n’existaient pas.
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États-Unis : Le krach des campus

Aux États-Unis, une année d’université peut coûter jusqu’à 50 000 euros par an. Pour financer leurs études, des jeunes Américains s’endettent puis remboursent dès qu’ils commencent à travailler.

Mais depuis la crise, le chômage frappe les jeunes diplômés et le système se grippe. Incapables de rembourser ces prêts aux taux élevés, beaucoup d’étudiants commencent leur vie déjà ruinés.

Russie : Les emprunteurs en devises étrangères pris au piège

La devise russe remonte sensiblement aujourd’hui sur le marché des changes, autour de 59 roubles pour un dollar, mais elle a perdu la moitié de sa valeur depuis l’annexion de la Crimée il y a un an.

L’une des conséquences, c’est l’impossibilité de remboursement pour les particuliers qui ont contracté des prêts immobiliers en devises étrangères. Ils se retrouvent aujourd’hui pris au piège. Certains ont tenté d’attirer l’attention sur cette situation en manifestant hier sur la place rouge à Moscou.

Les biotechs : La nouvelle bulle spéculative ?

La bourse et les investisseurs sont-ils en train de surévaluer les perspectives du secteur de la santé ? Les opérations dans ce domaine se multiplient ces derniers mois, et la valorisation de certaines sociétés commence à inquiéter sérieusement certains observateurs.

475 milliards de dollars en 15 mois ! Le montant total des opérations de fusion-acquisitions dans les secteurs de la santé (biotech/medtech) laisse un peu songeur, d’autant que tout s’est fait avec une rapidité foudroyante, témoignant d’une véritable frénésie.

Et la tendance n’est pas au ralentissement, vu que ce sont 70 milliards de dollars d’opération qui ont été d’ores et déjà annoncées depuis le début de l’année.

La dernière d’entre elles est particulièrement parlante, il s’agit du rachat de la biotech américaine Pharmacyclics par le laboratoire Abbvie pour 21 milliards de dollars. Rachat qui est intervenu au prix d’une bataille boursière assez tendue avec Johnson & Johnson, qui proposait 17 milliards, et un acquéreur non-identifié, sans doute pour un montant comparable.
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Zone euro : Mario Draghi voit la vie en rose

Cela faisait longtemps qu’on ne l’avait pas vu aussi optimiste. Au moment de dévoiler ses perspectives de croissance pour la zone euro, Mario Draghi a dévoilé des chiffres bien meilleurs que prévus. la France reste à la traîne, malgré plusieurs signes encourageants.

Les hôpitaux français en difficulté depuis la flambée du franc suisse

Les taux d’emprunts de certains hôpitaux français ont bondi de près de 30% depuis la flambée du franc suisse. Les CHU tirent aujourd’hui la sonnette d’alarme.

Le CHU de Saint-Étienne est l’un des plus endettés de France. Sa situation est critique. Le responsable de cette situation est le franc suisse. Depuis le 15 janvier dernier, la Banque Nationale suisse laisse sa monnaie s’échanger librement face à l’euro.

Résultat : le franc suisse est subitement devenu plus cher de 20% par rapport à l’euro. Le problème, c’est que la plupart des hôpitaux français ont contracté ces dernières années des prêts en franc suisse. Ils se retrouvent donc à devoir rembourser beaucoup plus d’argent : + 500 millions d’euros d’intérêts à payer en quelques semaines.

Parmi les hôpitaux les plus touchés, Saint-Étienne, Dijon, Toulon, Rambouillet ou encore Rodez. Des hôpitaux victimes du franc suisse et qui avaient déjà été empoisonnés par les emprunts “toxiques” de la banque Dexia il y a quelques années.

Aujourd’hui, ces hôpitaux demandent donc au gouvernement une aide financière en urgence, car leur situation a des conséquences sur les patients comme par exemple moins de matériels et des séjours écourtés.

Lyon : Custom 77, “This is the end… “

Custom 77, le créateur lyonnais de guitares, a annoncé voilà une semaine qu’il mettait la clef sous la porte. En cause: le refus d’un prêt de 50.000 euros, indispensable pour créer un stock et répondre aux commandes. Lancée en 2007, l’entreprise avait vendu plus de 6.000 guitares dans le monde.

Parmi ses clients : des groupes de rock anglo-saxons, des revendeurs installés au Japon, en Australie. L’entreprise venait de mettre un pied aux États-Unis. Mais le refus d’un prêt bancaire a sonné le glas du fabricant lyonnais.

Pour écouler ses dernières guitares et basses, l’entreprise casse les prix et les brade à moins 40 %. En une semaine, 450 instruments ont été achetés. Il ne leur en reste plus que 30….

Mais les gérants de Custom 77 n’ont pas dit leur dernier mot : ils voudraient relancer leur entreprise sous une autre forme.

Roumanie : Les prêts en francs suisses n’ont pas fini de faire souffrir

Les emprunts en francs suisses et donc indexés sur l’évolution de la monnaie helvétique, n’ont pas fini de faire souffrir. En Europe de l’est, les particuliers sont nombreux à avoir été séduits avant la crise de 2008 par ces emprunts aujourd’hui empoisonnés.

Myret Zaki : « La BCE a le plus mauvais maître : la Fed »

La Banque centrale européenne (BCE) ne parvient jamais à contenter les marchés et les leaders économiques. Quoi qu’elle fasse, on la compare à sa grande sœur, la Réserve fédérale américaine (Fed), censée être plus jolie et plus douée qu’elle. Une erreur d’appréciation qui sera à l’origine de la prochaine crise financière.

Quand la BCE ne fait pas d’assouplissement, un concert de critiques s’élève contre son manque de proactivité, évident en comparaison de la Fed, qui a eu le “courage” d’employer des grands moyens en sortant le fameux “bazooka” de la planche à billets entre 2009 et 2014.

Et quand la BCE décide, comme aujourd’hui, de faire un assouplissement monétaire, on la désapprouve tout autant, en estimant que la zone euro a de toute façon des problèmes plus grands que les États-Unis et que cette opération ne suffira pas.

La BCE n’a pourtant pas lésiné sur les moyens. En annonçant ce 22 janvier à 14:30 qu’elle va injecter, d’ici septembre 2016, 1100 milliards d’euros (ou 1300 milliards de dollars), elle a pris les attentes les plus optimistes du marché (1000 milliards) et y ajouté une petite prime de 100 milliards pour remercier le marché de sa patience, lui qui n’aurait pas toléré opération moins démesurée.
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États-Unis : La Fed a peut-être trouvé le moyen de réduire la taille des méga-banques

Par John Gapper du Financial Times

Goldman Sachs a provoqué une certaine émotion cette semaine en publiant une note d’analyse insinuant que la banque JPMorgan Chase pourrait vouloir se morceler en plusieurs entités. Je crois à l’indépendance de la recherche sur les banques d’investissement autant que n’importe qui, mais il est difficile de ne pas remarquer que le grand bénéficiaire d’une telle décision serait Goldman Sachs.

Ce qui ne veut pas dire que c’est une mauvaise idée. En fait, cela pourrait être une très bonne idée, peut-être pour les actionnaires de JPMorgan, et sans conteste pour la société au sens large. Cela signifie aussi que les régulateurs des banques dans le monde entier s’approchent irréductiblement de l’idée de démanteler les plus grosses banques avec leurs propres outils, au lieu d’attendre que les gouvernements fassent ce qu’il faut faire. Si c’est le cas, on leur souhaite vraiment bonne chance.

Les analystes de Goldman n’ont pas eu à travailler eux-mêmes sur les chiffres d’un démembrement de JPMorgan. La Réserve fédérale leur a donné un coup de main. Le mois dernier, celle-ci a dévoilé son plan pour imposer des ratios de capitaux plus élevés aux huit banques qui figurent parmi les 29 “banques d’importance systémique dans le monde”. Il s’agit des institutions financières que les régulateurs ne pourraient en aucun cas laisser sombrer dans le chaos durant n’importe quelle crise.

En tête de liste, JPMorgan, qui n’est pas seulement la banque américaine la plus importante et la plus diversifiée, avec ses 2,4 milles milliards d’actifs et d’activités dans de nombreux pays, depuis les cartes de crédit jusqu’aux crédits dérivés, mais qui est aussi, et c’est là le point embêtant, celle qui réussit le mieux. Contrairement à nombre de ses concurrentes, comme Barclays, il n’y a pas de raison pour elle de séparer ses activités d’investissement ou de maigrir par de quelconques autres moyens.
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Vent de panique sur les Bourses mondiales

Le mois d’octobre s’annonce calamiteux pour les marchés boursiers. Après deux séances de répit, un vent de panique a soufflé hier. Le CAC 40 a chuté sous le seuil des 4000 points. A la clôture mercredi, le Dow Jones a perdu 1,06% et le Nasdaq 0,28%.De mauvaises statistiques économiques aux États-Unis et les interrogations sur le futur financement de la Grèce ont précipité les places dans le rouge. A Paris, l’indice CAC 40 a dévissé sous le seuil symbolique des 4000 points, à 3.939,72 points, son plus bas depuis fin août 2013 .

Avec un recul de 3,63% mercredi, l’indice vedette parisien affiche désormais une perte de 8,29 % depuis le début de l’année. Aucune valeur n’a été épargnée : Alcatel-Lucent (-6,3 %), Crédit Agricole (-5,45 %) et GDF Suez (-5,42 %) ont signé les plus fortes baisses de la journée.

Ailleurs en Europe, la Bourse de Francfort a reculé de 2,87%, Madrid a perdu 3,59%, Athènes 6,25% et Londres 2,83%. Wall Street a terminé en baisse une séance éprouvante mercredi : le Dow Jones, après avoir chuté de plus de 2,80% en séance, a finalement perdu 1,06% et le Nasdaq 0,28%.

Le financement de la Grèce en question

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Chine : La croissance serait tombée sous les 2%

Alors que les prévisions officielles dépassent les 7%, la croissance réelle serait de 1 à 2%, selon l’économiste Patrick Artus, qui souligne la stagnation de l’industrie chinoise. Elle est victime de coûts de production trop élevés.

Évoquant le comptage du nombre de participations à une manifestation, Maurice Thorez distinguait la statistique arithmétique et la statistique politique. Le gouvernement chinois est, on le sait, plutôt partisan de la seconde. Et ce à grande échelle.

Alors que les autorités évoquent pour la Chine une croissance du PIB de l’ordre de 7% cette année, celle-ci est en réalité tombée à un rythme de « 1 à 2% » l’an, selon Patrick Artus, directeur des études économiques de Natixis, et bon spécialiste de l’économie chinoise.

Une industrie désormais en stagnation
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Emprunts toxiques : Un sale été pour les communes touchées

Les banques peuvent souffler : le Conseil constitutionnel, qui avait été saisi par le groupe UMP de l’Assemblée nationale, a, la semaine dernière, jugé conforme la loi sur les emprunts dits « toxiques » contractés par des collectivités locales. La validation rétroactive de ces emprunts à risque est définitivement actée, et les intérêts de l’État sont donc saufs.

En résumé, le gouvernement a préservé ses intérêts, en refusant aux communes la possibilité de se retourner contre les banques qui leur avaient conseillé de souscrire ces prêts à risque. Et les communes, telles des spéculateurs piégés par des produits financiers indomptables, restent de ce fait très endettées.

Cette confirmation de la sécurisation des emprunts atterre les collectivités « victimes » : le texte validé par les « sages » vise à mettre ces emprunts pourris à l’abri d’une annulation par le juge civil qui pourrait, comme cela a déjà été le cas à Nanterre et Paris, les remplacer par des emprunts au taux d’intérêt légal, quasi nul. 

Ce qui n’arrangerait ni les banques, ni Bercy, qui a assumé avec la Belgique le sauvetage de Dexia et transféré dans la SFIL (société de financement local) le stock de prêts sensibles.

Des taux à 15 %

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Gérard Foucher : « Combat contre la finance »

Gérard Foucher s’est transformé en résistant contre la finance en cherchant à comprendre le fonctionnement de la monnaie et du système économique. Une entrevue dans la bonne humeur pour comprendre la finance et son système de prédation de la richesse des peuples.

Auteur du livre “Les secrets de la monnaie – Changer la monnaie pour changer le monde“, il était invité à Toulouse le 17 septembre 2013 par le groupe local pour le revenu de base, dans le cadre de la semaine internationale du revenu de base, à présenter la conférence gesticulée qu’il a créé sur la base de son livre.

Le piège des prêts étudiants

Pour les jeunes qui peinent à trouver un emploi à la sortie de leurs études, cet investissement qu’ils pensaient rentable pour l’avenir peut rapidement devenir un boulet qui les entraîne vers la précarité et les pousse souvent à trouver un boulot alimentaire, bien loin de leurs ambitions initiales.

Emprunter pour étudier est généralement présenté comme un investissement sur son avenir, une forme de risque limité. Si ce mécanisme permet à de nombreux jeunes de s’ouvrir les portes de formations trop chères pour eux ou leurs parents, il peut aussi être un accélérateur de chute pour ceux qui ne décrochent pas immédiatement un emploi. «On se dit c’est pas grave, on fait un prêt, on arrivera à le rembourser», témoigne Céline, 25 ans.

«On y va un peu tête baissée parce que de toute façon, on est un petit peu emprisonné, il faut avoir un bon CV, il faut faire cet investissement et au final on se rend compte que c’est un investissement très coûteux et pas du tout rentable». Cette franc-comtoise a du emprunter 28.000 euros pour financer son école de communication. À partir d’octobre, elle devra verser des mensualités de 370 euros à sa banque, mais n’a toujours pas décroché de job.

Selon une étude de l’Observatoire de la vie étudiante (OVE), seuls 6,1 % des étudiants français avaient souscrit un prêt en 2009. Une proportion que la crise a sans doute augmentée. L’Unef, le principal syndicat étudiant, estime ainsi que 8% de la population étudiante au minimum a du contracter un emprunt pour financer ses études. Et beaucoup pensent que les étudiants endettés ont même déjà dépassé la barre des 10%, soit plus de 200.000 jeunes.

«Si j’ai un toit sur ma tête pour les mois à venir, c’est déjà pas mal»
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Crédit à la consommation : Les ménages qui s’endettent sont de moins en moins européens

Entre 2009 et 2012, le montant global des crédits à la consommation a crû de 15% dans le monde. Mais c’est surtout dans les banques des pays émergents que la demande progresse.

Le marché mondial du crédit à la consommation ne connaît pas la crise. Le volume des encours mondiaux est passé de 5.523 milliards d’euros en 2009 à 6.383 milliards fin 2012, soit une progression de 15% en trois ans, selon l’étude annuelle du Crédit Agricole Consumer Finance.

Les encours de crédits à la consommation dans l’Europe des 27 accusent une baisse de plus de 100 milliards d’euros sur 4 ans

Dans le détail, la situation entre les pays est assez disparate. L’essentiel de la croissance du marché est porté par les pays émergents. Ainsi la Russie, l’Argentine, la Thaïlande et l’Azerbaïdjan ont rencontré des progressions supérieures à 30% des encours durant l’année 2012. La Chine et l’Inde voient le nombre d’adeptes du crédit à la consommation fortement augmenter avec le développement d’une classe moyenne avide de pouvoir consommer “à l’occidentale”.

Dans le même temps, les pays développés ont connu pour leur majorité une stagnation voire une baisse du volume des crédits contractés par les ménages. Parmi les pays “riches”, seuls les États-Unis et le Canada connaissent des progressions significatives, respectivement +5,8% et +2,8%.

Répartition des encours de crédit à la consommation fin 2012

Malgré cette poussée des pays émergents, les États-Unis conservent leur position de 1er pays consommateur de crédit à la consommation (2.162 milliards), loin devant le Japon (714 milliards) et la Chine (433 milliards).

Une baisse quasi-généralisée en Europe
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Olivier Delamarche : « Il faut qu’Hollande change de métier, qu’il fasse comique ! »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 16 juillet 2013 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Cédric Decoeur.

« Les sociétés américaines vont avoir du mal à défendre leurs marges avec un recul du chiffre d’affaires, elles ont déjà viré tout le monde. Il faut qu’Hollande change de métier, qu’il fasse comique. La crise en Europe n’est absolument pas terminée. Aujourd’hui la vraie question est : comment peut-on vivre avec 0.5% de croissance ? Mais personne n’ose la poser. »

Les financiers reprennent un peu trop goût au risque

A chaque crise financière, on entend le même refrain du côté des autorités de tutelle et des sociétés financières: promis, juré, on ne nous y reprendra plus. Et puis les mois passent, et il faut bien recommencer à chercher à gagner de l’argent.

Et actuellement, ce n’est pas facile: les actions ont déjà bien monté sur les marchés de beaucoup de pays développés et restent à un niveau désespérément bas dans les grands pays émergents, et les emprunts émis par les États les plus sûrs ne rapportent plus grand-chose (tout juste 2,10% pour ceux à dix ans de la France), de même que ceux des entreprises les mieux notées.

Pour trouver des rendements plus intéressants, nettement supérieurs à l’inflation, il faut donc aller chercher du côté des sociétés un peu moins bien notées ou des pays émergents. Et là, comme le constate Bernard Aybran, directeur de la multigestion chez Invesco, «des signes de surchauffe deviennent clairs».

Un exemple, passé relativement inaperçu: l’emprunt lancé, le 25 avril dernier, sur le marché international des capitaux par le Rwanda, pour la première fois de son histoire.
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Grèce : 54 % des habitants ne pourront plus faire face à leurs dettes en 2013

Après trois ans d’austérité, 93 % des foyers grecs ont souffert d ‘une baisse de revenus, en moyenne de 38 %, et 40 % d’entre eux comptent au moins un chômeur, selon un sondage, réalisé en décembre auprès de 1 200 foyers par l’Institut Marc et rendu public jeudi.

Près de 60 % des Grecs ont puisé dans leur épargne pour faire face, tandis qu’un tiers a aussi emprunté auprès de son cercle familial ou amical. Mais 40 % des foyers n’ont pas pu honorer toutes leurs obligations financières, qu’elles portent sur la couverture de leurs besoins courants, le paiement des impôts ou le suivi des crédits bancaires.

Pour 2013, 54 % des foyers interrogés prévoient qu’ils ne pourront pas payer tout ce qu’ils doivent. La moitié des Grecs, en particulier, se prépare à faire traîner ses impôts, alors que le gouvernement lui-même reconnaît recourir à une « hypertaxation », pour regonfler les caisses publiques.

90 % des Grecs propriétaires
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Suisse : La dette du pays flambe avec les prix de l’immobilier

Avec le bas niveau des taux d’intérêt, les prix de l’immobilier en Suisse ont pris l’ascenseur. Et avec eux l’endettement hypothécaire, domaine où les ménages suisses sont aujourd’hui vice-champions du monde.

La Banque nationale suisse (BNS) revient régulièrement sur les risques liés à la «dynamique» du marché de l’immobilier. Aujourd’hui, cette tendance à la surchauffe ne se traduit plus uniquement par une flambée des prix, mais aussi par une forte augmentation de l’endettement des ménages suisses.

Au fil des ans, celle-ci a augmenté pour dépasser la performance économique du pays, à savoir le niveau annuel du produit intérieur brut (PIB). Pour être précis, le volume des crédits hypothécaires des seuls ménages atteint le niveau record de 614,244 milliards de francs, selon les chiffres de la BNS pour août 2012.

Il s’élève ainsi 103,6% du produit intérieur brut (PIB), que le Seco estime à 592,652 milliards de francs. Seuls les ménages néerlandais présentent au monde un taux d’endettement hypothécaire plus élevé (107%).

Trois quarts du total

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Cuba : Quand la dette devient odieuse

Depuis la découverte de l’île par Christophe Colomb en 1492, Cuba est sous domination espagnole. Son armée, sa police, son or, ses cultures de canne à sucre et de tabac, ses esclaves et ses dettes sont administrés par Madrid. Or, dès le milieu du XIXe siècle, la révolte gronde. Les États-Unis se tiennent en retrait, armant plus ou moins en secret les insurgés cubains.

Mais, le 15 février 1898, le cuirassé USS Maine explose dans la baie de La Havane. Il sombre avec 266 membres d’équipage à bord. Le navire de guerre venait à Cuba protéger les intérêts américains. Les combats qui opposent l’Espagne aux indépendantistes sont une menace pour les plantations sucrières, dont une grande partie des récoltes est destinée au marché américain.

Le naufrage du cuirassé servira de prétexte à une intervention américaine. Galvanisés par la presse et une partie de l’opinion, les États-Unis haussent le ton : reconnaissance d’un État cubain indépendant et libre, ultimatum contre l’armée espagnole, blocus de l’île. Le 24 avril, l’Espagne déclare la guerre. Surnommée la “Splendid Little War” par les Américains, celle-ci ne durera que quatre mois. Acculée par ses adversaires, l’Espagne capitule et, le 12 août 1898, un traité de paix préliminaire met fin aux hostilités.

La bannière étoilée en profite pour annexer Porto Rico et l’île de Guam et acquérir les Philippines contre 20 millions de dollars. Si les États-Unis réfutent toute volonté expansionniste à Cuba, la “Destinée manifeste”, idéologie empreinte d’une mission divine qui conduisit à la conquête de l’Ouest, pointe vers le sud.

Officiellement, les Américains sont venus aider les Cubains épris d’indépendance. En réalité, l’intervention marque un tournant historique pour les États-Unis. Elle consacre pour nouvelle politique extérieure la doctrine Monroe, énoncée par le président du même nom en 1823 et qui fait de l’hémisphère américain – Nord et Sud – la sphère d’influence exclusive des États-Unis.

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Dettes de cartes de crédit aux Etats-Unis : le retour des robots-signeurs

Aux Etats-Unis, les nombreuses poursuites judiciaires des banques concernant les dettes de cartes de crédit reposent sur des documents déficients. Les “robots-signeurs” sont de retour mais avec de nouvelles victimes cette fois.

La première apparition des robots-signeurs date de la crise des prêts hypotécaires lorsque les banques et leurs sous-traitants avaient massivement produit des documents falsifiés ou non-vérifiés relatifs aux saisies. En automne 2010, les principaux prêteurs tels que JPMorgan Chase et Bank of America avait suspendu leurs opérations de saisie après la révélation au public des robots-signeurs. Finalement, un arrangement de 26 milliards avait été obtenu entre les banques et les emprunteurs lésés.

Aujourd’hui, ce sont les sociétés émettrices de carte de crédit comme American Express, Citigroup et Discover Financial qui vont en justice pour réclamer l’argent qu’elles disent leur appartenir.

Le New York Times rapporte que les procédures judiciaires sont tout aussi défaillantes que les précédentes tentatives de saisies immobilières. Selon le journal, les problèmes concernent de nombreux “documents erronés, des enregistrements incomplets et des témoignages vagues”.

Un juge du Tribunal civil de Brooklyn, qui préside jusqu’à 100 affaires de dette de carte de crédit par jour, a déclaré au Times, “Je dirais qu’environ 90% de ces poursuites judiciaires ont des dossiers déficients et qu’il n’est pas possible de prouver que les accusés doivent de l’argent”.

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Espagne : La prétendue exemplarité du système bancaire

Par Michel Santi

Il est parfaitement toléré que des établissements financiers européens de taille importante masquent leurs pertes si elles parviennent ainsi à traverser une crise violente. Les banques espagnoles n’ont-elles pas honorablement tiré leur épingle du jeu de massacre survenu à l’automne 2008 ? Si ce n’est que nous savons maintenant qu’elles étaient toutes sur un siège éjectable et que ces « provisions dynamiques » n’ont fait qu’aggraver leurs situations financières en rendant leur sauvetage beaucoup plus cher aujourd’hui.

Alors que l’Espagne a désespérément besoin d’un montant minimum de 100 milliards d’Euros pour sauver de la banqueroute son système bancaire, qui se souvient aujourd’hui que ces établissements financiers espagnols étaient cités comme référence il y a de cela quelques années à peine ?

Les autorités de régulation du pays ne se plaisaient-elles effectivement pas de rappeler haut et fort et de déclarer lors de toute conférence internationale que ses banques s’étaient sortis avec des dégâts négligeables de la crise financière et du crédit ayant culminé en fin 2008 et début 2009 ?

La technique des « provisions dynamiques » était présentée comme instrument suprême ayant épargné le système bancaire espagnol et qui consistait à faire des réserves lors des périodes fastes afin d’être armé à affronter les crises futures. Ce coussin – qui était supposé leur permettre de traverser les épreuves les plus rudes – était censé représenter l’arme contre cyclique par excellence pour lutter et surmonter les potentielles pertes futures causées par des prêts non remboursés.

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Europe : Le scénario catastrophe de la faillite décrit par les banquiers

Risque de faillite de l’Italie et de l’Espagne, déstabilisation de l’Union européenne et des banques, craintes de moindre croissance en zone euro … l’organisation bancaire internationale décrit un véritable scénario catastrophe si la Grèce devait renoncer à payer sa dette.

Dans un rapport diffusé mardi de source bancaire, mais rédigé mi-février avant la signature du deuxième plan de sauvetage de la Grèce, les banquiers qui ont négocié l’accord de restructuration et de réduction de la dette grecque mettent en garde sur les conséquences d’une faillite de ce pays.

Une possibilité qui n’est pas encore définitivement écartée. La communauté bancaire doit se prononcer définitivement jeudi à 20H00 GMT sur un des éléments clé du sauvetage, l’effacement de 107 milliards d’euros de dette privée sur les 350 milliards au total.

Les banques et fonds privés détenant des obligations souveraines de droit grec devront dire si oui ou non elles participent à l’opération d’échange d’obligations. Si moins de 75% y participent, le projet sera abandonné et la Grèce ne pourra rembourser le 20 mars une échéance de 14,4 milliards d’euros.
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Le Portugal entraîne l’Espagne et l’Italie dans ses tourments

Pressé par la France et l’Allemagne de demander une aide financière, selon le «Spiegel», Lisbonne doit lancer un emprunt clé mercredi. La défiance s’étend malgré le soutien de la BCE. Paris, Berlin et Bruxelles le nient haut et fort: non, le Portugal ne fait actuellement l’objet d’aucune pression en vue de demander un soutien financier européen.


«Il n’y a pas de discussion dans ce sens et elles ne sont pas envisagées à ce stade», a martelé lundi le porte-parole du commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn. La thèse développée dans le magazine allemand Der Spiegel publiée lundi selon laquelle la France et l’Allemagne seraient en passe de contraindre Lisbonne à suivre les exemples irlandais et grec, dans le but d’éviter une contagion à l’Espagne, serait donc infondée.

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Après la Chine, le Japon vole à son tour au secours de l’Europe endettée

Après la Chine, le Japon a promis à son tour d’acheter des obligations européennes pour aider à stabiliser la zone euro fragilisée par la crise de la dette de plusieurs de ses pays membres.

« Il est approprié que le Japon, un pays important, achète une certaine proportion » des obligations que le Fonds européen de stabilité financière (FESF) s’apprête à émettre, a annoncé mardi le ministre japonais des Finances, Yoshihiko Noda, lors d’une conférence de presse, ajoutant que cet achat nippon allait renforcer « la crédibilité » des titres européens.

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Les deux capitalismes : Productivité, croissance et dépression

Nous nous penchons sur une question nouvelle qui devrait mobiliser notre attention pendant toute l’année 2011. Si la croissance américaine est à crédit, si les variations de la dépense publique l’impactent fortement faute d’une véritable croissance endogène, comment expliquer cette situation. Bref, au delà du constat d’une dépendance de la croissance au crédit public, il reste à expliquer pourquoi la croissance ne reprend pas véritablement pas aux USA.

Nous avons souvent répété que l’absence de redémarrage de la croissance tenait au fait que la crise était une dépression, et que dans le cas d’une dépression des mesures contra-cycliques sont peu efficaces. On peut avancer deux séries d’explications à ce phénomène.

1° – Chômage de masse, crise du crédit, fragilité des emprunteurs, stagnation des sources de revenu et baisse de valeur des patrimoines, reformation d’une épargne nationale pénalisant la demande, investissement mou, dégradation des comptes extérieurs et de la monnaie sont des facteurs suffisamment puissants pour peser négativement sur la croissance de l’économie réelle.

2° – L’allocation des ressources publiques ne peut que très difficilement inverser les effets délétères de la crise. Elle a de plus le défaut d’allouer des ressources en fonction de nouvelles formes de crédits ou de dépenses qui rendent la croissance artificielle. On qualifie alors de reprise, ce qui n’est que l’effet d’un crédit public maladroitement  substituer aux mécanismes ordinaires de la croissance américaine.

Ces deux explications ont une indéniable valeur, mais on peut leur adresser ce reproche : vous dites que la crise est une dépression, prouvez le ! Et si vous ne pouvez le prouver alors, vos analyses dérivent d’une pétition de principe.  L’argument n’est pas faux, il est simplement trop radical. Il nous invite toutefois à tenter d’expliquer pourquoi la crise est une dépression. Une dépression n’est pas simplement une contraction plus forte et plus longue de l’économie, elle est causée par une crise d’un modèle de croissance qui explique sa violence.

Nous allons essayer de montrer  que la crise est une dépression en considérant les évolutions de la productivité  du secteur privé aux États-Unis. Cette évolution permet d’articuler une explication montrant que la crise a entraîné une rupture dans la logique d’investissement depuis 2007, rupture qui peut être regardée comme annonçant un changement de mode de croissance. Cette approche permet d’esquisser une explication du porte-à-faux que constitue la politique de l’administration Obama et des raisons de la montée inexorable du risque sur la dette souveraine des USA.

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La madoffisation de l’économie

Intervention de Marc Fiorentino sur BFM Radio le 14 décembre 2010.

La Banque Centrale Européenne rachète des dettes des États pour sauver les banques, mais la BCE est assise dans le vide. La BCE est financée par les États. De l’illusion totale, ça passe ou ça casse ! On dirait un Ponzi récursif.

BFM Radio

L’Europe en porte-à-taux

L’Europe a mal à ses taux. Entre la création de l’euro en 1999 et mi-2008, tous les pays de la zone euro ont emprunté sur les marchés à des conditions très avantageuses, c’est-à-dire allemandes. Un parapluie protecteur qui a été un avantage pour tous, mais a également permis aux pays de s’affranchir des contraintes de la dette en menant des politiques néfastes.

Le réveil est brutal et les dominos tombent: Grèce, Irlande, et le Portugal en ligne de mire. L’euro existe encore et personne n’en est sorti.

Mais avec cet éclatement des taux d’intérêts, c’est déjà une petite mort de la monnaie unique. Avant la grande?

Un petit coup de spread

La crise a popularisé un florilège de mots techniques, jusque-là inconnus du grand public et qui peuplent désormais les articles de journaux. Parmi eux, le spread. Chaque pays, pour financer sa dette, émet des obligations d’État. En France, ce sont les OAT (Obligations Assimilables du Trésor). Il s’agit de titres de crédit qui sont achetés par des emprunteurs à un taux donné (le taux d’intérêt) et pour une maturité donnée. La maturité est la durée de l’emprunt. La plus commune est de 10 ans et c’est celle qui est retenue pour les comparaisons internationales. Il existe de multiples théories sur la fixation des taux d’intérêt. Une manière simple de considérer la chose est que plus les emprunteurs ont confiance dans la capacité d’un pays à rembourser sa dette, plus celui-ci pourra emprunter à des taux d’intérêts bas.

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