A la recherche des travailleurs américains perdus

Le recul du taux d’activité, signifiant que des millions d’Américains se sont retirés du marché travail, commence à préoccuper la Fed et la Maison-Blanche. Difficile à analyser, le phénomène pourrait avoir des conséquences majeures pour l’économie américaine s’il se prolongeait durablement.

“Le rêve américain est terminé”

Dans les statistiques que va publier aujourd’hui le département du Travail américain pour le mois de février, les experts – et les membres du comité de politique monétaire de la Fed – ne vont pas nécessairement s’intéresser, en premier lieu, au taux de chômage. Celui-ci est tombé à 6,6 %, en janvier. Il a chuté rapidement au cours des derniers mois – il était de 7,3 % encore en octobre.

Mais ce reflux, plus marqué que les conjoncturistes ne s’y attendaient, se fait sans créations d’emplois massives. En janvier, l’économie américaine n’a créé que 113.000 jobs et, en décembre, encore moins : 75.000. Pas de quoi pavoiser, donc.

Lire la suite

Pourquoi les Allemands n’ont guère envie de se fâcher avec Poutine

La Russie fournit un tiers du gaz naturel et du pétrole [consommé par] l’Allemagne. Et leurs économies sont si imbriquées que l’idée même de sanctions effraient les champions de l’exportation.

Sanktionen nein danke ! S’il est un patronat qui veut éviter toute sanction économique contre Moscou, c’est bien l’allemand. Les deux économies sont tellement imbriquées que Berlin aurait énormément à perdre. Les échanges entre l’Allemagne et la Russie s’élèvent à près de 80 milliards d’euros (4 fois plus que la France).

L’hebdomadaire Wirtschaftswoche résumait cette semaine : “Plus de 6.000 entreprises, de la multinationale aux PME, sont présentes en Russie, où elles ont investi directement plus de 20 milliards. 300.000 emplois dépendent en Allemagne de ces échanges“. Berlin est le deuxième fournisseur de Moscou, après Pékin (la France, 8ème).

Lire la suite

«Les Français ruinés par l’immigration» de Gérard Pince

Gérard Pince est docteur en économie et spécialiste de l’économie du développement : il a publié en 2013 un petit livre intitulé Les Français ruinés par l’immigration (éditions Godefroy de Bouillon). Dans cet ouvrage assez aride Gérard Pince a résumé ses analyses de la comptabilité nationale destinées à évaluer l’impact des populations immigrées sur notre économie. Les sources de toutes les données chiffrées utilisées par l’auteur sont disponibles dans les annexes ; ce rapport est vérifiable par tous les amateurs d’arithmétique.

Les bases du calcul

A la différence d’autres rapports, celui de Gérard Pince ne prend pas en compte tous les étrangers et leurs descendants de la première génération mais seulement les étrangers d’origine extra-européenne parce que, selon lui, l’impact positif des étrangers d’origine européenne sur nos comptes nationaux masque l’impact négatif des étrangers originaires des pays tiers.

Par ailleurs et à la différence de rapports qui ont conclu au faible impact de l’immigration sur notre économie, celui-ci prend en compte la part des dépenses régaliennes qui sont imputables à ces étrangers (les premiers n’intègrent que les recettes).
Lire la suite

Ecotaxe, OGM, crise sanitaire… Un salon de l’agriculture sous tension

Le salon de l’agriculture se tient du 22 février au 2 mars à Paris. Un “moment politiquement délicat” pour le gouvernement, attendu au tournant.

S’adapter aux caprices des marchés, exporter, moderniser, pousser l’agroécologie, renforcer les “démarches de filière” et mieux coordonner les actions Etat-régions-filières : telles sont les six priorités annoncées par le gouvernement en matière d’agriculture à l’horizon 2025. Un plan d’action sera établi d’ici mi-mai, avec feuilles de route détaillée, filière par filière.

A trois jours de l’ouverture du salon de l’agriculture  - et à deux jours des Etats généraux du secteur organisés par la puissante FNSEA – le ministre Stéphane Le Foll a mis les petits plats dans les grands. Il faut dire que le grand rendez-vous de l’agriculture française est, de l’aveu même du ministre, “un moment politiquement délicat, surtout pour la gauche“, confrontée à “un monde professionnel pas très acquis à notre cause au départ”. Tour d’horizon des sujets qui fâchent.

1 – L’écotaxe : “On n’en veut pas”
Lire la suite

Travail : Personne ne voit le plus grand bouleversement depuis 1800

La généralisation de l’automatisation dans tous les secteurs de l’économie va se poursuivre au cours de la prochaine décennie. Cette automatisation va nous enrichir sur le long terme, mais à court terme, le remplacement du travail humain va créer beaucoup de problèmes, notamment parce qu’aucun gouvernement ne se prépare à cette révolution, affirme The Economist.

L’innovation, et en particulier l’automatisation, a révolutionné notre façon de travailler. Elle a détruit des emplois, et en a créé de meilleurs. Une société plus productive est une société plus riche, et l’augmentation de la richesse provoque une hausse de la demande pour des biens et des services de plus en plus sophistiqués. Aujourd’hui, on ne voit plus de pool de secrétaires, mais il y a de plus en plus de programmeurs et de designers web.

Pour les travailleurs, ce seront d’abord les inconvénients de cette évolution qui se feront sentir. Même si elle suscite la création de nouveaux emplois plus intéressants sur le long terme, à court terme, la tornade technologique provoquera un élargissement des écarts de salaires, et ce phénomène est susceptible de créer des tensions sociales et peut-être même politiques. Or, aucun gouvernement ne s’y est préparé.

Lire la suite

L’industrie européenne gagne en compétitivité grâce aux énergies renouvelables

L’industrie européenne a conservé sa position sur le marché mondial grâce à des niveaux d’intensité énergétique relativement bas et à la haute pénétration des énergies renouvelables, révèle un document de la Commission consulté par EurActiv.

Les énergies renouvelables « contribuent à réduire les coûts d’importations des carburants et à améliorer la balance commerciale de l’énergie » affirme un rapport de la direction générale des affaires économiques et financières (DG ECFIN), qui vient d’être publié dans le cadre de la présentation de paquet énergie-climat 2030.

Selon la Commission, l’électricité provenant d’énergies renouvelables, comme l’éolien et le solaire, présente des opportunités pour les industries et le commerce et « contribuent à réduire [la] dépendance énergétique » dans l’Union européenne.

Lire la suite

États-Unis : Réflexion sur une pseudo croissance non créatrice d’emplois

Hervé de Carmoy, Philippe Béchade, Olivier Delamarche, Olivier Berruyer proposent une analyse très intéressante sur la situation économique actuelle suivie d’une analyse approfondie du système politique et économique, en croisant leurs expériences.

La France troisième puissance militaire mondiale

Par Michel Goya.

Il est singulier de constater que ceux qui réclament, à tort ou à raison, une riposte immédiate et foudroyante en Syrie sont les mêmes qui militaient vingt ans plus tôt pour toucher les « dividendes de la paix ». Le personnel politique français ne se renouvelant que très lentement, il peut arriver ainsi que l’on en vienne à être rattrapé par les effets à long terme des causes que l’on a défendu en son temps.

Le fait est que sans cet empressement à baisser la garde à la fin de la guerre froide et en considérant que l’on ait maintenu le même effort de défense qu’à l’époque, on aurait investi plus de 200 milliards d’euros (constants) supplémentaires dans notre outil de défense, dont environ 80 milliards en investissements industriels et technologiques. Le budget s’élèverait aujourd’hui à environ 56 milliards d’euros au lieu de 31. Si les contribuables français faisaient le même effort que les contribuables américains ce budget avoisinerait les 80 milliards d’euros.

Cet effort aurait eu évidemment un impact économique. Une somme de 200 milliards d’euros représente environ 11 % du déficit public actuel.

En fait, ces 200 milliards et surtout les 80 milliards d’achats industriels auraient occasionné aussi un accroissement de richesses, consolidé notre industrie et à l’instar des Etats-Unis largement stimulé une recherche-développement irriguant l’ensemble du tissu économique.

Lire la suite

Renault Trucks, Habitat ou Rossignol : Le mirage de la relocalisation

Il paraîtrait que la relocalisation est en marche. C’est du moins ce qu’affirme le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, qui martèle l’expression « made in France » à qui veut l’entendre. Pourtant, il s’agit d’un phénomène encore très limité. Rue89Lyon passe au crible les sociétés qui ont relocalisé en Rhône-Alpes depuis le début de l’année 2013.

Renault Trucks est le dernier en date. Mais avant lui, les médias rhônalpins ont parlé du fabricant de skis Rossignol, de Photowatt, un fabricant de panneaux solaires, de l’éditeur de mode Garella, ou encore de la chaîne d’ameublement Habitat. Ces sociétés ont relocalisé une partie de leur production dans la région.

Pour le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, qui annonçait des mesures pour inciter à la relocalisation le 14 juin dernier, un mouvement de relocalisation s’amorce en France. Et il va même plus loin : selon lui, les consommateurs manifesteraient un « amour » envers le « made in France ».

Pour étayer son propos, Arnaud Montebourg avance un chiffre quelques jours plus tard : ces quatre dernières années, 107 entreprises ont relocalisé tout ou partie de leur activité en France. Pour le ministre, c’est clair, un phénomène de relocalisation se met en marche… Ou du moins c’est ce qu’il aime à croire :

« Un mouvement tangible de relocalisation a commencé: il est minoritaire mais prometteur. Il n’est pas massif mais pionnier. »

Lire la suite

Narcissisme : Les riches sont persuadés qu’ils le valent bien

Une étude publiée dans “Personality and Social Psychology Bulletin” révèle des liens étroits entre richesse et narcissisme. Les CSP+ se regardent davantage dans le miroir et pensent “sincèrement mériter plus que les autres”. Des conclusions étonnantes ? Pas pour les sociologues Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, dont l’ouvrage “La violence des riches – Chronique d’une immense casse sociale” paraît le 12 septembre aux éditions La Découverte.

Paris Hilton, icône du mérite économique international

Si vous êtes né à Neuilly, vous n’y êtes pour rien. Pas plus qu’un jeune d’une famille pauvre élevé à Saint-Denis ou Aubervilliers. Mais cet aspect arbitraire des privilèges, la classe supérieure l’a transformé en dû et en mérite. L’héritage est maquillé en des qualités personnelles.

Se dire “je suis riche parce que je le vaux bien”, c’est le résultat d’un travail idéologique et d’une escroquerie linguistique mis au point par les riches. Sur les plateaux des émissions télévisées, ils se présentent tous comme des bienfaiteurs de l’humanité, des créateurs de richesses et d’emplois – alors que c’est l’exact inverse puisque le système capitaliste est fondé sur le vol du travail d’autrui.

Lire la suite

États-Unis : Une croissance low cost

Outre-Atlantique, la reprise dure depuis quatre ans et pourrait bientôt s’accélérer. Mais les travailleurs ne s’y retrouvent pas : si le chômage a nettement baissé, la qualité des nouveaux emplois laisse à désirer.

La timide reprise du marché du travail américain a encore ralenti en juillet – et les emplois créés se situent en grande partie dans les secteurs à bas salaires. Plus de la moitié concernent en effet la restauration et le commerce de détail, où les salaires horaires sont largement au-dessous de 20 dollars. “Ces emplois figurent dans les statistiques, mais on prête peu attention à leur nature”, déclare Arne Kalleberg, professeur de sociologie à l’université de Caroline du Nord et auteur de Good Jobs, Bad Jobs [Bons emplois, mauvais emplois].

“Ce sont souvent des emplois peu rémunérés, dans le commerce de détail ou les services à la personne, et beaucoup sont à temps partiel.” Néanmoins, le taux de chômage a chuté à 7,4 %, son plus bas niveau depuis décembre 2008.

La diminution du nombre de chômeurs reflète dans une certaine mesure un rythme d’embauche qui, bien que lent, est resté stable depuis un an et plus que suffisant pour absorber la hausse de la population. Mais elle est aussi due au fait que le marché du travail demeure trop peu dynamique pour attirer les travailleurs qui sont sortis des rangs de la population active [par découragement] : 6,6 millions d’Américains disent vouloir travailler mais ne sont pas comptés comme chômeurs parce qu’ils ne sont pas activement en recherche d’emploi.

La part des actifs dans la population est à son plus bas niveau depuis trente ans [depuis octobre 2008, le taux d’activité a chuté de 66 % à 63,4 %].

Lire la suite

Vers une société de «jobs à la con» ?

Le pamphlet d’un anthropologue américain dénonçant la bureaucratisation de l’économie et la multiplication des emplois inutiles, baptisés «bullshit jobs», a lancé une polémique.

Avez vous un «job à la con» ? Si vous avez le temps de lire cet article devant votre ordinateur au boulot, la réponse est probablement oui. Et à en croire la viralité du pamphlet consacré aux «bullshit jobs» (en VO) signé David Graeber, anthropologue à la London School of Economics et une des figures du mouvement Occupy Wall Street, vous n’êtes pas pas le seul.

Dans un court essai publié dans le magazine de la gauche radicale britannique Strike ! le 17 août, l’universitaire, qui n’aime pas qu’on le définisse comme anarchiste, décrit ce qu’il a baptisé le «phénomène des jobs à la con». Soit, selon lui, l’aliénation de la vaste majorité des travailleurs de bureau, amenés à dédier leur vie à des tâches inutiles et vides de sens, tout en ayant pleinement conscience de la superficialité de leur contribution à la société.

«Tout un tas d’emplois inutiles»

Lire la suite

Les pays émergents ont mal à leurs industries

Les bulles financières et immobilières ont pris trop d’importance.

Manifestation demandant des hausses de salaires, aux Philippines

Et si l’Asie émergente avait aujourd’hui mal à son secteur industriel ? Dans un rapport tout juste publié pour accompagner sa batterie d’indicateurs économiques Asie-Pacifique 2013, la Banque asiatique pour le développement (BAD) répond par l’affirmative. L’institution basée à Manille s’inquiète du fossé croissant, dans la région, entre le boom des services – dopés par les bulles spéculatives et immobilières – et la progression trop lente de la production manufacturière.

Plus inquiétant : la BAD s’alarme de la tentation qu’ont plusieurs gouvernements de «délaisser» l’industrie, base de leur modèle centré sur l’exportation et source de saine répartition des investissements en province, au profit de services concentrés dans les capitales.

Lire la suite

L’austérité consacre le pouvoir des rentiers

Par Roberto Fiorini

L’austérité est une erreur économique qui conduit à des catastrophes sociales. Elle n’arrange rien et aggravera tout. En Espagne, le taux de chômage des jeunes est à 55 %, mais l’Espagne devra quand même trouver 100 milliards € d’économies sur 3 ans. Cela passera par des hausses de TVA (qui freineront la consommation), des hausses de prix sur le tabac et l’électricité, une fiscalité accrue sur les hydrocarbures (comme celle qui se prépare en France), avec l’inéluctable cortège de rabotage des services publics (toutes ces mesures impactant le pouvoir d’achat).


Illustration issue de la “Monographie du rentier” d’Honoré de Balzac

Pour ceux qui sont licenciés, ou le seront sous peu, on envisage la baisse des indemnités chômages, la réduction des indemnités de licenciements, et la facilitation des procédures de licenciements… En Grèce, des cortèges de mesures identiques ont empiré la situation: la dette sur PIB est passée de 112 % en 2008 à 180 % en 2012, le chômage a été doublé, tout comme les suicides!

L’économie s’enlise dans la récession, avec un PIB qui recule de 7 %. Beau bilan pour les élites qui voulaient faire baisser l’endettement du pays ! Une situation qui pourrait aboutir à des conséquences similaires se met en place en France (voir l’article intitulé «Le PS fera baisser les salaires à la rentrée»).

Derrière les pourcentages d’économies, des gens meurent
Lire la suite

Quand les élus passent à la caisse pour racheter des usines

Pour sauver des entreprises et des emplois, mairies et conseils régionaux puisent dans leurs caisses.

Pour sauver des entreprises et des emplois, mairies et conseils régionaux doivent mettre la main au portefeuille.

Le tsunami de disparitions d’entreprises – 300.000 depuis 2010 – pousse les maires et présidents de collectivités à ajouter des lignes de dépense dans leurs budgets déjà serrés. Avances remboursables, apports en capital et rachats de sites sont devenus monnaie courante pour limiter la casse sociale.

Lire la suite

Transition énergétique : le contre-modèle allemand

Par Jean Syrota, ancien président de la commission énergie au Centre d’analyse stratégique, ancien directeur de la Cogema, et Etienne Beeker, économiste de l’énergie

L’Allemagne a fondé son développement industriel sur le charbon (houille et lignite), dont elle continue à subventionner la production Aujourd’hui encore, rien que pour assurer 45% de sa production d’électricité, elle en consomme plus de 200 millions de tonnes par an qui sont la première source des fortes émissions de CO2 du pays. Ainsi, en moyenne, un citoyen allemand émet moitié plus de ce gaz à effet de serre qu’un citoyen français (10,3 tonnes par an contre 6,3), pour une consommation d’énergie et un niveau de vie comparables.

L’action du gouvernement allemand, ces dernières années, dans le domaine de l’énergie, a été axée principalement autour de :

- la construction de 23 centrales électriques au charbon,

- l’inauguration d’un nouveau gazoduc, Nordstream, permettant des importations massives et directes de Russie,

- un fort développement des énergies renouvelables intermittentes (éolien et photovoltaïque) et de la biomasse avec des cultures dédiées

- une attitude cahoteuse et imprévisible concernant l’avenir du nucléaire, qui faisait l’objet d’un consensus favorable jusqu’en 1998 ; une coalition SPD-Verts planifie alorsla sortie progressive du nucléaire, avec 2020 comme échéance. En 2010, le gouvernement dominé par la CDU prolonge la durée de vie des réacteurs jusqu’en 2036 puis, après l’accident de Fukushima, en 2011, ramène cette date à 2022 et fait arrêter huit réacteurs, dans le cadre d’une transition énergétique, ou « Energiewende ».

L’Energiewende : une gigantesque ambition nationale et déjà des interrogations
Lire la suite

L’économie américaine a besoin d’immigrants

Le brain drain a de l’avenir. Pour continuer à être une puissance innovante, les Etats-Unis réforment l’immigration pour attirer des compétences du monde entier. Un impératif quand le système supérieur peine à former suffisamment de diplômés, notamment pour l’informatique, un secteur qui soutient la réforme en cours.

Même paradoxe d’un côté et de l’autre de l’Atlantique : un taux de chômage élevé d’un côté et simultanément des postes qui restent désespérément à pourvoir. Aux Etats-Unis, l’audition du directeur juridique de Microsoft, Brad Smith devant la commission du Sénat qui étudie la réforme des lois sur l’immigration a ainsi rappelé que si le taux de chômage global est de 7,6 %, tous secteurs confondus, il n’est que de 3,2 % pour le secteur informatique/mathématique. A ce niveau les économistes parlent de plein emploi. Plus inquiétant selon Brad Smith, la tension sur le marché “empire“.

Lire la suite

La déflation salariale menace la France

La baisse des coûts salariaux crée une concurrence au sein de la zone euro. La déflation pourrait s’étendre.

Illustration volontairement un peu décalée du sujet de l’article… (Source : Sénat, janvier 2011 – http://www.senat.fr/rap/r10-227/r10-22781.html – NB : la “VA” est la valeur ajoutée, les “facteurs” sont les facteurs de production.) Cliquer sur le graphique pour l’agrandir

Certains économistes – à commencer par ceux de la Commission européenne – pointent les premiers signes de redressement de la compétitivité dans les pays en récession. Sous l’effet des politiques de consolidation budgétaire, assurent-ils, l’Espagne, le Portugal, la Grèce l’Irlande voient leurs coûts salariaux baisser depuis le début de la crise – le salaire par tête a même retrouvé son niveau de 2006 en Grèce – et regagnent des parts de marché en Europe.

Les économistes de l’OFCE, s’ils ne nient pas ces évolutions, y voient eux les prémices d’un nouveau danger pour la zone euro, une déflation salariale qui pourrait s’installer durablement, avec des conséquences dramatiques, notamment pour la France.

Lire la suite

États-Unis : Plus d’un tiers des comtés sont en train de mourir

Washington (Associated Press) – Un nombre record de comtés américains – plus de 1 sur 3 – sont en train de mourir, frappés par le vieillissement de la population et des économies locales affaiblies qui poussent les jeunes adultes à chercher des emplois et bâtir une famille ailleurs.

Detroit, Michigan

Les évaluations du nouveau recensement de 2012, publiées jeudi, soulignent que la population se déplace, pendant que les États-Unis se heurtent à la croissance la plus molle depuis la Grande Dépression.

Les résultats reflètent également l’importance économique croissante de résidents d’origine étrangère, alors les États-Unis réfléchissent à une refonte d’une importante loi fédérale de 1965 sur l’immigration. Sans les nouveaux immigrants, de nombreuses agglomérations comme New York, Chicago, Detroit, Pittsburgh et Saint-Louis auraient affiché une évolution démographique nulle ou négative l’année dernière.

« Les immigrants sont des innovateurs, des entrepreneurs, ils font bouger les choses. Ils créent des emplois », a déclaré le gouverneur du Michigan Rick Snyder, un républicain, lors d’une conférence sur l’immigration dans son État, la semaine dernière. Affirmant que le Michigan devrait être une destination de choix pour les immigrants légaux, afin de dynamiser Detroit et d’autres zones en difficulté, Snyder a lancé un appel : « S’il vous plaît, venez. »
Lire la suite

Italie : «Nous vivons une crise sans équivalent depuis la guerre »

Une grande majorité des chefs d’entreprise italiens, principalement des PME, sont en colère. Ils dénoncent la bureaucratie tatillonne, l’alourdissement de la fiscalité et la difficulté à trouver des crédits. Reportage auprès de ceux qui restent encore le fer de lance de l’économie de la Péninsule.

Manifestation contre les réformes à l’occasion de la participation de Mario Monti à une réunion politique à Bologne, le 16 juin 2012

« Ne le dites pas, mais la crise est si grave que je conseille aux entrepreneurs de ne pas payer la location des machines et de privilégier le paiement des salaires des ouvriers. » Ce président de la Chambre de commerce d’une grande ville industrielle regarde les chiffres de la croissance et l’augmentation rapide du chômage, avant d’expliquer : « Les sociétés de leasing ont déjà plein de machines sur les bras et cela leur coûterait trop cher de venir en démonter d’autres et de les entreposer dans un hangar. Il vaut mieux ne pas les payer plutôt que d’être obligé de licencier du personnel qualifié. Mais ce petit jeu ne pourra pas durer longtemps. On peut encore tenir six mois, mais si la demande ne repart pas, ce sera la catastrophe. »

La plupart des entrepreneurs italiens vivent désormais dans l’urgence. Depuis le début de l’année, cinq entrepreneurs du nord du pays se sont suicidés. « Nous vivons une crise sans équivalent depuis la guerre », s’alarme le constructeur Paolo Buzzetti. « Le secteur est en train de mettre la clé sous la porte. Les entreprises ne licencient pas seulement les ouvriers, mais aussi les secrétaires et même les ingénieurs. » Depuis le début de la crise, le BTP a ainsi perdu plus de 500.000 emplois. « Personne n’a jamais affronté une crise de cette ampleur », confirme Maurizio Torreggiani, président de la section de Modène de la Confédération nationale des artisans.

Lire la suite