Portrait social par l’Insee d’une France subissant les effets de la crise

La France a subi en 2008 de premières conséquences sociales de la crise, notamment une forte hausse du chômage et un ralentissement des salaires, mais l’ensemble des effets de cette crise se verra dans la durée, note l’Insee dans l’édition 2009 de son “Portrait social.”

Après plus de 100.000 pertes d’emplois en 2008 dans les secteurs marchands, les plus sensibles à la conjoncture, le recul du marché du travail s’est amplifié au premier semestre 2009, avec plus de 270.000 pertes d’emplois, et “les perspectives à court terme sont médiocres.

Quant au taux de chômage, il est passé de 7,1% au premier trimestre 2008 à 9,1% au deuxième trimestre 2009 en métropole, après deux ans de baisse régulière en 2006 et 2007. “Le nombre de chômeurs augmente donc de presque 30% en un an et demi,” souligne l’Institut national de la statistique et des études économiques.

Le chômage partiel a été plus que décuplé en un an environ pour atteindre 320.000 personnes au deuxième trimestre 2009, “niveau équivalent” à 1993. Une situation qui pèse sur les revenus et niveaux de vie des chômeurs mais aussi des personnes en emploi.

L’ensemble des conséquences sociales de la crise économique apparaîtra dans la durée,” souligne l’Insee, en raison du délai nécessaire au redémarrage de l’emploi mais aussi de l’effet amortisseur des systèmes d’assurance chômage, de protection sociale ou du plan de relance.

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La Bourse est déconnectée de l’économie réelle : “ils n’ont décidément rien appris”

Un article de Philippe Béchade, collaborateur de La Chronique Agora, site « contrarien » que nous avons déjà cité, explique, avec une ironie mordante, pourquoi le marché financier exulte actuellement, alors que la crise est toujours là, voire s’aggrave, pour ceux qui ne bénéficient pas de “l’argent gratuit”.
Argent, qui est en effet littéralement distribué aux spéculateurs par les gouvernements réunis au sein du G-20, par le biais d’une politique de poursuite des soutiens publics à l’économie et de taux d’intérêts faibles, voire nuls, favorisant le “carry trade” au détriment du dollar.

M. Béchade est clairement d’avis que cela ne peut guère durer, puisque cette folie boursière reposant sur du vent reproduit, en pire, les “erreurs” du passé, selon des mécanismes conduisant inévitablement à la crise. Avant l’indigestion, les excès…

▪ Le marché est une entité binaire, il monte ou il baisse… Cette alternative simplissime génère une abondante littérature théorique et mobilise au quotidien les meilleurs cerveaux qui rivalisent d’ingéniosité pour prendre un coup d’avance, sur la base de minuscules indices techniques et autres signaux imperceptibles réputés “précurseurs”.

Comme le rappellent de nombreux humoristes, faire des prévisions, c’est difficile, surtout lorsque cela concerne le futur, alors le marché s’efforce plus raisonnablement de prédire le présent… et même avec cet objectif moins ambitieux, il n’y parvient pas toujours.

Mais les choses sont en train de changer. Les banques centrales ont doté les marchés d’un “grand convertisseur” qui élimine — en temps réel — toute équivoque sur la tendance. Lire la suite

Le chômage américain officiel au-dessus des 10%… et officieusement, près des 20%

Les prévisions de la banque centrale américaine sont désormais caduques, avec un taux de chômage de 10,2% en octobre.

[N.B. : rappelons qu'officieusement, en raison du mode de comptage discutable des chômeurs aux Etats-Unis, le taux réel de la "population active" sans emploi, avoisinerait plutôt les 20%, si l'on en croit certains économistes hétérodoxes, tels que le célèbre Gerald Celente (18,7% en juillet 2009), le moins connu Peter Morici (18 % en novembre 2009) ou le fameux site Shadowstats, autrement dit "statistiques fantômes" (22% en novembre 2009), ou encore... un responsable local de la Fed à Atlanta (16 % en août 2009) - Fortune]

Effet psychologique garanti : le chômage américain a dépassé en octobre la barre des 10%, atteignant 10,2%. Le marché de l’emploi souffre encore de destructions d’emplois massives, bien qu’en baisse, selon les chiffres officiels corrigés des variations saisonnières publiés vendredi à Washington.

Le rythme des destructions d’emploi a néanmoins ralenti par rapport à un mois de septembre catastrophique. L’économie américaine a détruit 190.000 postes en octobre, soit 13,3% de moins que le mois précédent, mais toujours bien plus qu’en août, quand les licenciements nets étaient tombés à 154.000, a indiqué le département du Travail.

“Faiblesse persistante”

Les chiffres publiés “contiennent à la fois les signes d’un rétablissement et la preuve douloureuse de la faiblesse persistante du marché de l’emploi”, a réagi la conseillère économique en chef du président Barack Obama, Christina Romer. Lire la suite

Le traité de Lisbonne fauteur de crise

Nous y sommes. Après la signature du Président tchèque Vaclav Klaus le 3 novembre 2009, le traité de Lisbonne entrera en vigueur le 1er décembre prochain, mettant un terme à dix ans de démêlés institutionnels, à contre-courant de la plupart des opinions publiques européennes.

Pourquoi ne pas l’avouer ? Nous avons cherché longuement une analyse économique un peu détaillée des conséquences de ce traité, et ne l’avons trouvée que dans… un article de L’Humanité, vieux d’un an. La qualité de ce texte justifie néanmoins que nous le reprenions.

Les dirigeants européens ont rivalisé de sévérité, ces dernières semaines, pour fustiger les « dérives du capitalisme financier » et « l’idée folle » de la liberté totale du marché. En pleine crise, ces postures peinent à faire oublier l’activisme de l’Union européenne en faveur de la dérégulation, de la déréglementation et d’une politique économique et monétaire tout entière tournée vers le soutien aux marchés financiers, au détriment de l’emploi, de la croissance, du développement humain.

Cette politique ultralibérale, au fondement de la crise actuelle, comme de celles qui l’ont précédée, fut inspirée, dans le sillage des années Reagan aux États-Unis, par les cercles prêchant la « modernisation » de la finance, le soutien à « l’innovation » et à la prise de risques dans ce secteur, la libre circulation des capitaux, l’ouverture des marchés et la confiance dans les vertus « autorégulatrices » de ces derniers. Un catéchisme popularisé, entre autres, par le fameux groupe des Trente rassemblant financiers privés et banquiers centraux parmi lesquels Jean-Claude Trichet, gouverneur de la Banque centrale européenne.

Ces dogmes sont inscrits au coeur même des traités européens, et singulièrement du traité de Lisbonne que Nicolas Sarkozy et ses homologues européens espèrent toujours faire adopter en dépit de l’échec manifeste des politiques économiques et monétaires qu’il codifie. Retour sur un traité au service du capitalisme financier.

La libre circulation des capitaux sanctifiée Lire la suite

Selon la Commission Européenne, la Grande-Bretagne risque de faire faillite

Certaines informations ne font pas beaucoup de bruit. C’est pourquoi il leur faut parfois un peu de temps pour arriver jusqu’à nous.

C’est le cas de l’appréciation portée par la Commission Européenne sur l’économie britannique, le 14 octobre 2009, dans un rapport dont seul, parmi les grands médias, le Daily Mail semble s’être fait l’écho.

L’économie britannique a été ajoutée à la liste de celles à «haut risque» hier, à cause du dérapage de la dette nationale.

La Commission européenne a formulé un avertissement humiliant, selon lequel l’alourdissement du déficit budgétaire soulève de «sérieuses interrogations» quant à la capacité du pays de respecter ses obligations futures de dépenses, comme les retraites.

Le nombre croissant de personnes âgées menace de rendre l’endettement insupportable, et a conduit l’économie britannique à être classée au même rang que des nations comme la Lettonie, la Grèce et la Roumanie.

Cet avertissement a jeté le gouvernement dans une furieuse dispute contre Bruxelles, tandis que les représentants du Trésor disaient qu’il [l'avertissement] remettait en question la capacité de la Commission Européenne de mener à bien une «analyse économique crédible.»

Mais les Conservateurs ont saisi l’occasion pour justifier leur décision d’instaurer un ensemble de réductions de dépenses visant à rétablir l’équilibre des finances publiques. Lire la suite

Recul mondial des salaires

Les rémunérations réelles ont baissé dans la plupart des grandes économies mondiales, selon le Bureau international du travail.
“Sur un échantillon de 53 pays pour lesquels des données existent, la croissance des salaires réels moyens (…) est passée de 4,3% en 2007 à 1,4% en 2008″, a expliqué le Bureau international du travail (BIT) qui a procédé à une actualisation de son Rapport mondial sur les salaires publié en novembre 2008.

Concernant une dizaine de pays du G-20, la croissance des salaires réels est passée en moyenne “de 1% en 2007 à -0,2% en 2008″, ajoute-t-il. Les salaires ont stagné [toujours en 2008] notamment dans des pays comme les Etats-Unis, l’Autriche et baissé en Allemagne (-0,6%) et au Japon (-0,9%).

Le BIT prévoit par ailleurs que le tableau continue de s’assombrir en 2009, malgré les signes de reprise économique, en raison notamment de l’augmentation du chômage. Ainsi, “les salaires réels du premier trimestre 2009 ont diminué dans plus de la moitié des 35 pays pour lesquels on dispose de données récentes”, souligne le BIT.

Aux Etats-Unis, “les salaires ont baissé de 2% depuis le début de l’année”, a expliqué un des auteurs du rapport, Patrick Belser, lors d’une conférence de presse. Lire la suite

(02.11.2009)

Strauss-Kahn “inquiet” de l’augmentation du salaire minimum en Ukraine

Une mission récente du Fonds en Ukraine a conclu que les politiques dans certains domaines, dont la nouvelle loi sur le salaire minimum, menaçaient la stabilité” du pays, a indiqué M. Strauss-Kahn. “Donc, nous sommes inquiets de la promulgation de la loi,” a-t-il ajouté, une critique rare de la part du plus haut dirigeant du FMI envers un pays auquel le Fonds prête de l’argent. Le Monde

USA: 9 banques mises en faillite en une journée

Les autorités américaines ont fermé vendredi neuf banques, un record pour une seule journée depuis le début de la crise financière. Cette opération porte à 115 le nombre de banques mises en faillite depuis le 1er janvier, soit le plus haut niveau annuel depuis 1992. Les analystes s’attendent à ce que d’autres surviennent encore d’ici la fin de l’année. Parmi les neuf établissement fermés vendredi se trouve la California National Bank, qui devient donc la quatrième plus grosse faillite du secteur cette année. La CNB dispose de 68 antennes dans l’ensemble du sud de la Californie, pour plus de 7 milliards d’actifs. Boursorama

Amérique latine: les bourses de Sao Paulo et Buenos Aires en chute

La Bourse de Sao Paulo, première place financière d’Amérique du sud, a de nouveau clôturé vendredi en chute de 3,41%, dans le sillage des autres places financières. Le principal indice de la bourse des valeurs, l’Ibovespa, a terminé une semaine mouvementée à 61.545 points, en recul de 5,39% par rapport au vendredi précédent (65.058). La bourse de Buenos Aires a elle aussi clôturé en forte baisse de 4,1% à 2.115,76 points. La place argentine a perdu 7,84% sur l’ensemble de la semaine. L’Agefi

USA: l’impact du plan de relance américain sur l’emploi surestimé

Selon le premier bilan des effets sur l’emploi du plan de 787 milliards de dollars, ce sont 30.000 postes qui ont été créés ou sauvés. Mais en examinant des contrats financés avec l’argent du dispositif, l’Associated Press a constaté que le chiffrage des créations d’emploi était dans certains cas jusqu’à dix fois supérieur à la réalité. Certains emplois sont comptés deux fois et parfois même plus de quatre fois, et d’autres emplois ont été indûment mis au crédit du plan de relance. Nouvel Obs

USA : profits des grands banquiers contre misère des plus de 65 ans

D’un côté les bonus (primes de fin d’année), dont on prévoit déjà que, dans nombre d’entreprises du secteur financier, ils dépasseront leur plus haut historique. De l’autre, l’emploi, qui continue de se détériorer. Tels sont deux sujets du jour aux Etats-Unis.

En des temps antédiluviens – pensez, on était encore au premier semestre 2008 -, la corporation des économistes américains se divisait en deux.

Les premiers, analystes des banques et sociétés d’investissement, s’affichaient partisans déterminés de la définition dite classique de la récession : elle n’existe qu’après deux trimestres successifs de rétraction de la production de richesses (supposée se réduire au PIB). Dès lors qu’elle n’était pas observée, ils en concluaient que les Etats-Unis connaissaient certes un “ralentissement”, mais pas une récession.

Face à eux, nombre d’économistes universitaires – progressivement rejoints par les économistes d’entreprises – jugeaient que le pays était bien entré en récession, puisque l’emploi se contractait durant plus de six mois.

Ce débat a été tranché, du moins formellement, en faveur du second camp : depuis la fin 2008, l’économiquement correct veut que la récession ait bien commencé en décembre 2007.

Entre signes de reprise financière et inquiétudes sur l’emploi, le débat, en filigrane, reprend.

Samedi 24 octobre, le New York Times proposait en “une” de ses pages économiques une analyse et une enquête dont la proximité illustrait bien ce nouveau débat.

Le premier article s’intitulait “Mémoires courtes chez Goldman”, le second, “65 ans et plus, à la recherche d’un travail”. Lire la suite

La reprise annoncée aux USA n’en est pas une, selon La Chronique Agora

Un article de Philippe Béchade, collaborateur de La Chronique Agora, site « contrarien » que nous avons déjà cité, fait un sort à la bonne nouvelle diffusée depuis jeudi par tous les grands médias. A chacun de se faire son opinion.

▪ Nous ne nous étions pas trompé en anticipant une bonne surprise à l’occasion de la publication des chiffres du PIB américain au troisième trimestre 2009. Le score de +3,5% s’inscrit dans le haut de la fourchette des estimations les plus optimistes.

Nous n’avons pas eu grand mérite à privilégier ce scénario. Tout d’abord parce que le Département du Commerce n’allait pas manquer l’occasion de gonfler toutes les composantes attestant de l’efficacité des mesures de relance (soutien au logement et au secteur automobile). En second lieu parce que la base de comparaison, par rapport à un été 2008 économiquement pourri, était favorable… Et enfin parce que Goldman Sachs avait réduit la veille son estimation à +2,7%, partant d’une hypothèse déjà “prudente” de +3%.

Goldman Sachs anticipe peut-être de quelques semaines sur le chiffre révisé qui sera publié mi-novembre. Cependant, la divulgation d’un abaissement d’objectif de croissance à la veille même de la sortie du chiffre officiel a certainement contribué à plomber la tendance. Cela a poussé les indices américains vers le bas (-2% en moyenne mercredi soir), de telle sorte que l’enfoncement initial de nombreux supports graphiques et techniques ne souffrait plus d’aucune ambiguïté.

Connaissant les liens plus qu’étroits existant entre la Maison Blanche, la Fed et Goldman Sachs, il était déjà étonnant que la banque d’affaire affiche une prévision inférieure de 10% au consensus. L’ultime révision à la baisse à +2,7% (soit 20% sous le consensus) pourrait s’apparenter à une nouvelle tentative de manipulation de la psychologie des non-initiés. Lire la suite

Trompeuses statistiques du chômage…

Nous avons déjà attiré l’attention sur l’incertitude pesant sur les chiffres du chômage.

Une dépêche de l’AFP rappelle que, de toute manière, de nombreux postulants à un emploi ne sont pas pris en compte dans les chiffres officiels.

Des centaines de milliers de personnes (près de 800.000 en 2007) inactives mais souhaitant travailler forment un “halo” autour du chômage, car elles ne sont pas comptées comme chômeurs selon les critères du Bureau international du travail (BIT), selon une étude de l’INSEE publiée vendredi.

Le BIT considère comme chômeur toute personne n’ayant pas du tout travaillé, pendant une semaine de référence, disponible pour prendre un emploi dans les deux semaines et à la recherche d’un emploi.

En 2007, en moyenne, 25,6 millions de personnes avaient un emploi au sens du BIT, 2,2 millions étaient considérées au chômage et 11,9 millions inactives.

Environ 770.000 inactifs de 15 à 64 ans souhaitaient travailler mais n’étaient pas comptés comme chômeurs car ils ne recherchaient pas d’emploi (535.000) ou n’étaient pas disponibles rapidement pour travailler (233.000). Ces personnes forment un “halo” autour du chômage.

Un trimestre plus tard, 14% d’entre elles occupaient un emploi, plus d’un quart était encore au chômage et un tiers ne souhaitaient plus travailler.

Pour ces personnes, le critère de disponibilité, indispensable selon le BIT pour être considéré comme chômeur, détermine “beaucoup moins les chances d’accéder à un emploi que celui de recherche” d’emploi, selon l’étude.

L’accès à l’emploi des personnes dans le “halo” du chômage était bien plus fréquent en 2007 que celui des inactifs ne souhaitant pas travailler (3%), mais moins fréquent que celui des chômeurs au sens du BIT, dont un quart avait un emploi le trimestre suivant.

Le “halo” du chômage forme “un groupe hétérogène et mouvant : ceux qui recherchent un emploi, ou ceux qui attendent les résultats de démarches antérieures, sont proches des chômeurs BIT en termes de retour à l’emploi, alors que ceux qui ne recherchent pas, qu’ils soient disponibles rapidement ou non, en sont plus éloignés”, souligne l’INSEE.

C’est notamment le cas des “travailleurs découragés”, estimés à 49.000 en 2007, qui sont disponibles pour occuper un emploi mais n’en recherchent plus car ils estiment que ce n’est pas le moment, que leur âge est un frein, ou qu’il n’y a pas d’emploi disponible dans leur domaine.

L’année 2008, marquée par un fort retournement conjoncturel, a donné lieu à davantage de passages de l’emploi vers le chômage et le “halo” du chômage, mais les personnes sans emploi souhaitant travailler “se dirigent pour le moment toujours autant sur le marché du travail”, observe aussi l’INSEE.

AFP (via Ouest France)

(Merci à Christopher Johnson)

“Plan jeunes” du gouvernement, une bouteille à moitié vide

L’élargissement du revenu de solidarité active aux jeunes de moins de 25 ans, mesure phare du plan jeunes annoncé par Nicolas Sarkozy le 29 septembre, ne bénéficiera pas aux plus précaires de cette classe d’âge. Quant aux autres mesures, elles peinent à compenser cette limitation difficilement acceptable.
Le plan jeunes que vient de concocter le gouvernement est incontestablement « un pas en avant » pour reprendre le terme de la CFDT.

Mais, en même temps, c’est un plan qui oublie encore les plus précaires, pour reprendre le commentaire de la fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (Fnars).

Les deux appréciations sont vraies, et c’est bien cela qui est gênant : faut-il mettre l’accent sur le verre à moitié plein, ou sur celui à moitié vide ? Mais le plus gênant est que c’est la mesure phare de ce plan qui mérite ce double jugement, alors que les à-côtés sont soit insignifiants, soit très positifs.

La mesure phare ? Il s’agit, bien entendu, de l’attribution possible du revenu de solidarité active (RSA) – qu’il s’agisse du RSA « socle » (ex-RMI et API) ou du RSA « chapeau » (versé aux travailleurs pauvres) – aux jeunes de moins de 25 ans n’ayant pas de charges de famille. C’est là un pas en avant essentiel, qui répare à la fois une iniquité et une injustice.

L’iniquité résidait dans le fait que, entre deux jeunes travailleurs placés exactement dans les mêmes conditions d’emploi, mais dont l’un avait moins de 25 ans et l’autre 25 ans révolus, le premier était exclu du RSA alors que le second pouvait y prétendre.

L’injustice provenait de ce que c’était précisément les plus en difficulté sur le marché du travail qui, parmi les moins de 25 ans, étaient les plus précarisés. Lire la suite

(19.10.2009)

Washington "tea party", 12 septembre 2009 : 1 à 2 millions de manifestants contre le Système

  • Obama juge sa réforme de santé vitale pour l’économie américaine

Le président Barack Obama a exhorté samedi le Congrès à adopter sa réforme du système de santé américain, faute de quoi, a-t-il dit, les coûts continueront de grimper, jusqu’à ruiner l’économie des Etats-Unis. La réforme se heurte à l’opposition farouche de la plupart des républicains, des assureurs privés, de syndicats et de grandes organisations patronales. “L’histoire est claire: depuis des décennies, l’augmentation des coûts de santé fait des ravages dans les familles, les entreprises et l’économie. Et depuis des décennies, quelles que soient nos tentatives pour réformer le système, les assurance ont fait tout ce qui était en leur considérable pouvoir pour nous en empêcher”, a lancé le président lors de son allocution hebdomadaire à la radio et sur Internet. “Ce n’est pas exagérer que de dire que si nous n’agissons pas, les coûts vont ruiner l’économie des Etats-Unis”, a-t-il dit. Les assureurs ont publié cette semaine une étude concluant que la réforme ferait grimper les cotisations de millions de personnes possédant déjà une couverture de santé. Faisant allusion à ce rapport, le président Obama a accusé les assurances de faire circuler des allégations “trompeuses et malhonnêtes”, d’envoyer de l’argent et des lobbyistes au Congrès et de financer des études “destinées à induire en erreur le peuple américain”. Associated Press (via Boursorama)

  • Nokia dans le rouge pour la première fois de la décennie

Le numéro un mondial des téléphones mobiles, le finlandais Nokia, qui souffre d’une concurrence accrue et des difficultés de sa coentreprise Nokia Siemens, a annoncé jeudi une perte inattendue de 559 millions d’euros entre juillet et septembre. Le finlandais était déjà descendu au premier trimestre à son plus faible bénéfice net de la décennie. C’est la filiale commune avec l’allemand Siemens, Nokia Siemens Networks (NSN), qui produit des réseaux de télécommunications, qui a particulièrement pesé sur les comptes du finlandais, nécessitant une charge de 908 millions de dépréciation d’actifs en raison de moins bonnes perspectives. Nokia estime que sa part de marché sur les smartphones a chuté à 35%, contre 41% au deuxième trimestre. Entre juillet et septembre, le chiffre d’affaires de Nokia s’est élevé à 9,81 milliards d’euros, en baisse de 20% sur un an et inférieur aux attentes. AFP

  • Thyssen pourrait supprimer 20.000 emplois au cours de l’exercice 2009-2010

Le groupe industriel allemand ThyssenKrupp pourrait supprimer jusqu’à 20.000 emplois au cours de son nouvel exercice fiscal commencé le 1er octobre, annonce son président du directoire dans un entretien au Frankfurter Allgemeine Zeitung publié samedi. “L’emploi dans le groupe baissera de 15.000 à 20.000 personnes au cours de la nouvelle année fiscale via des cessions et des restructurations”, déclare Ekkehard Schulz. De 2.000 à 2.500 des 18.000 emplois administratifs du groupe devraient être supprimés au cours de l’exercice, précise-t-il. Le numéro un allemand de la sidérurgie a commencé sa dernière année fiscale avec 198.000 personnes, mais il a supprimé des emplois face à la récession. Reuters

  • Une nouvelle banque américaine ferme, 99 faillites cette année

La banque californienne San Joaquin a fermé vendredi. D’après la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC), les actifs de San Joaquin s’élevaient à 775 millions de dollars et elle avait 631 millions en dépôts. La Citizens Business Bank a accepté d’assumer tous les dépôts de San Joaquin, dont cinq succursales rouvriront lundi en tant qu’agences de la Citizens Business. Cette défaillance devrait coûter une centaine de millions de dollars au fonds d’assurance de la FDIC. Les faillites de banques aux Etats-Unis n’ont plus atteint le niveau de 100 depuis 1992, en pleine crise des caisses d’épargne. Cette année-là, 181 établissements avaient été fermés. En 1989, au plus fort de la crise, 534 banques avaient mis la clé sous la porte. La FDIC estime que les défaillances bancaires vont coûter une centaine de milliards de dollars à son fonds d’assurance sur la période 2009-2013. Elle s’attend à ce que le nombre de faillites reste élevé cette année et l’an prochain. Reuters

(14.10.2009)

►GB: Londres va céder pour 16 milliards de livres d’actifs

Pour limiter le déficit, Gordon Brown annonce des privatisations. Face à la détérioration inquiétante des finances publiques, le Premier ministre britannique Gordon Brown a annoncé que le gouvernement vendrait pour 16 milliards de livres d’actifs (soit plus de 17 milliards d’euros) sur deux ans. Il y a urgence : le déficit budgétaire britannique devrait s’élever à 175 milliards de livres l’an prochain… soit 12,4% du produit intérieur brut, la pire performance de l’ensemble des pays du G20. Les Échos

► Europe: l’emploi sur internet a reculé en septembre

L’indice Monster de l’emploi en Europe, qui mesure la vigueur du marché du travail sur internet dans plusieurs pays du vieux continent, a reculé de 3 points en septembre pour s’établir à 97 unités. Un an avant, il était à 155 points (-37% en un an). “On note une baisse de l’embauche dans le secteur public, des secteurs traditionnellement porteurs, comme l’éducation et la santé, affichant désormais des tendances baissières”, expliquent les rédacteurs de l’étude. En Italie, en France, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en Allemagne, la tendance est partout baissière. Yahoo

► GB: l’effondrement des fonds de pension menace le système de retraite

Aujourd’hui, ce mécanisme craque par toutes ses coutures. Car l’essentiel du fardeau repose sur les entreprises et les salariés, via le fonds de pension de la firme. En garantissant des versements indexés sur le salaire de fin de carrière, la retraite était plutôt généreuse. Ce n’est plus le cas. Car la rente future, qui dépend surtout des marchés boursiers – plus de 50 % des investissements des fonds sont en actions -, est devenue aléatoire. Le déficit total des fonds des 100 plus grosses compagnies cotées à la Bourse de Londres s’élève à 100 milliards de livres – il a doublé en un an. Face aux difficultés qu’affrontent ces fonds de pension, la plupart des sociétés en ont fermé l’accès aux nouveaux entrants, pour les remplacer par des plans d’épargne-retraite individuels. Le Monde

► USA: les distributeurs espèrent cesser les rabais massifs

Les distributeurs américains, qui ont dû consentir des rabais massifs pour attirer la clientèle en pleine récession en 2008, vont tenter de limiter la chasse aux bonnes affaires lors des achats des fêtes de fin d’année. Le risque est d’avoir à consentir des rabais énormes lors des soldes de janvier pour écouler les invendus. En 2008, dans la foulée de l’effondrement des marchés financiers en septembre, les consommateurs avaient réduit leurs dépenses de façon draconienne mais trop tard pour que les distributeurs puissent ajuster leurs stocks à temps. De ce fait, même les grands magasins haut de gamme comme Saks avaient dû se résoudre à des rabais allant jusqu’à 70%. Depuis, Saks s’est employé à réduire de 20% les niveaux de ses stocks et d’autres distributeurs ont fait de même, préférant risquer de perdre sur leur chiffre d’affaires afin de protéger leurs marges. “Maintenant, la situation est complètement différente“, explique Steve Sadove, directeur général de Saks. “Il va y avoir raréfaction plutôt qu’abondance de l’offre. Cela signifie qu’on va voir des tailles qui vont manquer dans la confection, des produits très demandés qui seront en rupture de stocks et qu’il y aura de ce fait, je pense, beaucoup moins de rabais.Yahoo

La mondialisation n’améliore pas l’emploi des pauvres

La mondialisation et l’ouverture du commerce n’ont pas permis d’améliorer les conditions de travail dans les pays en voie de développement, indiquent l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) et l’Organisation internationale du travail (OIT).

Dans ces pays, environ 60% des actifs travaillent dans l’économie informelle, échappant ainsi à la législation du travail et donc à toute forme de protection sociale. Les taux de travail informel varient selon les régions. Ils avoisinent 30% dans plusieurs pays d’Amérique latine et atteignent même plus de 80% dans certains pays d’Afrique subsaharienne ou d’Asie du sud-est.

La forte croissance de l’économie mondiale n’a pas, pour le moment, conduit à une amélioration correspondante des conditions de travail et du niveau de vie pour nombre de gens.”

Les travailleurs précaires de secteurs comme le bâtiment, l’agriculture et les mines ne paient généralement pas d’impôts et sont privés de bénéfices sociaux comme les primes d’invalidité ou de retraite. Ils restent aussi vulnérables qu’avant le boom du commerce.

Même dans l’économie officielle, une proportion croissante de travailleurs ne sont pas déclarés ou travaillent dans des conditions précaires. Cet état de fait va probablement empirer avec la crise financière mondiale“.
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(28.09.2009)

► Le G20 de 2011 aura lieu en France

Quelle ville française devra se préparer à vivre un état de siège dans deux ans? On ne le sait pas encore. Mais les chefs d’États et de gouvernement du G20, réunis à Pittsburgh ont annoncé dans leur communiqué final qu’ils se retrouveraient deux fois en 2010, au Canada et en Corée du Sud, et une fois en 2011, en France. 20 Minutes

► Aides de l’État pour un quart des emplois des jeunes

Fin 2008, 21,2% des moins de 26 ans en emploi avaient ainsi un contrat en alternance, 2,5% un contrat aidé dans le secteur marchand et 1,1% un contrat aidé dans le secteur non marchand, selon une étude des ministères du Travail et de l’Emploi.

Sous l’effet de la crise, le taux de chômage des jeunes actifs, souvent peu diplômés et avec une courte expérience professionnelle, a surtout augmenté au second semestre 2008 beaucoup plus vite que l’ensemble de la population active. E24

► Hausses de tarifs en assurance dommage

Les sinistres ont augmenté en France sur les huit premiers mois de 2009 en automobile et en habitation, a indiqué le président du Groupement des mutuelles d’assurance (Gema) Gérard Andreck, ce qui pourrait déboucher sur des hausses de tarifs en assurance dommage en 2010. CBanque

► 6 cadres sur 10 perdent du pouvoir d’achat

La rémunération brute moyenne a reculé de 0,65% et la charge de travail… a augmenté. Dans le détail, la rémunération du personnel de l’encadrement a reculé, en 2008, de 0,65%. En prenant en compte l’inflation, cela correspond à un recul de pouvoir d’achat de -3,4%. Sur le dernier trimestre, les salaires avaient en moyenne moins augmenté que l’inflation. 36% des salariés de l’encadrement ont vu leur rémunération brute annuelle stagner ou baisser. Par ailleurs, l’écart salarial entre hommes et femmes reste “très élevé”. Un homme touchait en 2008 une rémunération moyenne brute supérieure de 20,2% à son homologue féminine. E24

(Merci à Léonidas)

En France, la peur de la pauvreté gagne les classes moyennes

“La France est confrontée à une crise économique d’une ampleur inédite, qui suscite l’inquiétude légitime des Français. Ils ne savent pas combien de temps elle va durer. Ils ont parfois peur pour leur emploi et pour celui de leurs proches. Certains sont au chômage partiel et se demandent s’ils arriveront à joindre les deux bouts à la fin du mois. Ils ont le sentiment de payer les excès du capitalisme financier, alors qu’ils n’y sont pour rien. (…) La situation française est sérieuse, mais nous nous en sortons et nous en sortirons mieux que les autres pays.”

(Nicolas Sarkozy, lors d’une réunion à l’Elysée avec les partenaires sociaux, 18 février 2009)

Isabelle, 40 ans

Sur la carte de la galère, Isabelle ne se situe “pas loin de la pauvreté”. Il y a deux ans, elle travaillait comme conseil en entreprise à Rouen. Un poste de cadre et un salaire de 2 500 euros. Aujourd’hui, elle a rejoint la foule qui se presse, chaque vendredi, rue du Vieux-Moulin, à l’épicerie solidaire du Secours populaire de Gravigny (Eure), où les produits les plus chers ne dépassent pas les 2 euros. Isabelle a mis du temps avant de pousser la porte de la petite permanence tenue par Monique et Evelyne. “J’ai toujours fait partie des personnes qui apportaient de l’aide, et pas de ceux qui en avaient besoin”, explique-t-elle.

Titulaire d’une maîtrise de droit, la jeune femme n’avait jamais connu le chômage. Depuis un mois, elle touche l’allocation de solidarité spécifique (ASS) réservée aux chômeurs en fin de droits. Avec 400 euros par mois, le loyer du petit F2 social est encore trop lourd, même une fois déduits les 160 euros touchés au titre de l’allocation logement. Pour l’alimentation, il y a l’épicerie sociale et quelques courses dans un hard discounter. Lire la suite

Incertitude sur les vrais chiffres du chômage

Les statistiques de l’emploi pour le deuxième semestre, ont été publiées le 10 septembre 2009.

Quant à leur interprétation, des divergences opposent le Ministère de l’Emploi, l’INSEE, l’UNEDIC et le Pôle Emploi, d’une part, aux URSSAF, d’autre part.

Selon l’AFP, tout le monde constate que les destructions d’emplois ont continué. Mais le chiffre de l’augmentation du chômage varie presque du simple au triple selon les organismes ! Les désaccords portent notamment sur l’évolution de l’intérim.

Selon l’INSEE, il y a eu 106.800 destructions nettes d’emplois dans le privé (-0,6% sur trois mois, -2,1% sur un an), après 178.700 au premier trimestre.

La dégradation exponentielle constatée depuis presque un an, semble donc ralentir. Sur douze mois, pour l’INSEE, les pertes nettes ont atteint 381.000. Le nombre de salariés n’était plus que de 17,9 millions fin juin 2009. Lire la suite