Les énergies renouvelables et la décroissance freinées par la crise

La crise économique mondiale entrave la promotion des énergies propres et renouvelables. Pour faire face à cette situation, les États-Unis veulent s’inspirer de certains pays européens où les mesures incitatives s’appuient non pas sur la fiscalité, mais sur les fonds d’aide.

La plupart de l’électricité des États-Unis vient du charbon, du gaz naturel ou du nucléaire, et dans certaines régions montagneuses, des barrages. Moins de 4% de cette électricité provient de sources renouvelables.

Des efforts sont en cours pour inverser la tendance. Dans la région de Seattle, dans l’État de Washington, une compagnie locale offre aux consommateurs l’option de contribuer de quatre à dix dollars par mois à un fonds qui financera l’installation de nouvelles éoliennes. Pour le moment, peu de consommateurs se laissent convaincre.

Pour le député John McCoy de l’État de Washington, un appui plus important aux énergies renouvelable est nécessaire. La meilleure manière d’accroître l’offre d’électricité éolienne, solaire ou marine consisterait, dit-il, à faire construire les installations par le gouvernement et vendre l’énergie produite aux compagnies d’électricité.

Pour Stanley Florek, responsable d’une entreprise d’énergie solaire de Seattle, cette formule garantit aux producteurs d’énergie de rentrer dans leurs frais. Une forme modifiée de cette mesure incitative a été adoptée récemment par les États américains du Vermont, de Californie et de l’Oregon. Un député de l’État de Washington prépare un projet de loi dans ce sens.

Toutefois, lorsque les gouvernements sont obligés par la crise économique d’opérer des coupes budgétaires, ces programmes en pâtissent. Aux États-Unis, diverses compagnies d’électricité sont opposées au modèle européen.

« Nous serions forcés d’acheter de l’électricité dont nous n’avons pas besoin et arrêter nos groupes électrogènes, ou même remplacer l’électricité hydroélectrique bon marché par de l’électricité très chère, » s’insurge Dave Warren de l’association des compagnies d’électricité de l’État américain de Washington.
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De qui l’Union [européenne] est-elle le nom ?

Monnaie chinoise, FMI, hedge funds, sur chaque dossier, les porte paroles officiels de l’Union européenne se font les porte parole des lobbies financiers et et des grands groupes qui jouent la Chine contre la ré-industrialisation de l’Europe. Le tout dans l’indifférence générale…

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Le FMI avoue s’être trompé depuis 20 ans

Les révolutions, dans le monde de l’économie et des finances, sont rares, et on n’en prend souvent conscience que rétrospectivement. Mais ce qui s’est passé le 19 février marque à coup sûr, dans la finance globale, la fin d’une époque.

Le bulletin émanant ce jour-là du Fonds monétaire international allait à l’encontre de la position que ses économistes avaient longtemps tenue en matière de contrôles de capitaux. Les taxes et autres contrôles sur les flux de capitaux, écrivaient-ils, ont leur utilité et constituent une “part légitime” de l’arsenal des dirigeants politiques.

Ce bulletin de février est donc un revirement phénoménal – un peu plus, et c’était le désaveu qui amène une institution à dire, “Désolés, on s’est planté” – mais il fait écho au retournement d’opinion auquel on a assisté chez les économistes, et qui explique, par exemple, que Simon Johnson, l’économiste en chef du FMI en 2007-2008, soit devenu l’un des plus ardents défenseurs de la sévérité des contrôles financiers à l’intérieur et par-delà les frontières.

Avec un bon sens dont le Fonds avait bizarrement manqué durant deux décennies, le bulletin faisait observer: “Des raisons logiques portent à penser que, bien conçus, les contrôles sur les flux des capitaux pourraient avoir toute leur place” aux côtés d’autres mesures. En novembre dernier, Dominique Strauss-Kahn, le responsable du FMI, jouait encore les rabat-joie face à la volonté brésilienne de taxer les flux de capitaux spéculatifs et refusait d’ériger ce type de contrôles en norme.

Le bulletin du FMI affirme que le contrôle des flux financiers aux frontières est, non seulement souhaitable, mais avantageux. Il faut le souligner, parce qu’en dernier recours, l’argument habituellement brandi contre les contrôles de capitaux était la difficulté à les aligner: les marchés financiers seraient toujours là pour déjouer les décisions politiques.
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Le Medef et Ni putes ni soumises font cause commune

Le Mouvement des entreprises de France (Medef) et l’association Ni putes ni soumises ont lancé lundi une expérimentation pour développer l’accès des femmes à l’emploi.

Réunies, à l’occasion de la journée internationale de la femme, la présidente du Medef, Laurence Parisot, et Sihem Habchi, de Ni Putes ni Soumises, ont paraphé une convention qui prévoit des opérations de parrainage entre des responsables d’entreprises et membres de l’association à Paris et dans l’Est parisien.

La collaboration entre le Medef et Ni putes ni soumises organise un coaching, un accompagnement qui, s’il est démultiplié, peut avoir un effet décisif pour plein de femmes et de jeunes filles,” a souligné Laurence Parisot lors de la cérémonie de signature à la Maison de la Mixité, dans le XXe arrondissement de Paris.

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Emploi : une féminisation à géométrie variable

Si les femmes se sont taillé leur part du gâteau parmi les métiers les plus qualifiés, les inégalités persistent aux deux extrémités de l’échelle des rémunérations.

Une bonne nouvelle pour les femmes européennes : depuis le mois de mai 2009, leur taux de chômage, d’ordinaire systématiquement supérieur à celui des hommes, est pour la première fois passé en dessous du leur.

Un soudain rattrapage que l’on ne peut malheureusement imputer qu’à la crise. Les secteurs de l’industrie et de la construction, traditionnellement masculins, ont été particulièrement touchés par le recul de l’activité économique, tandis que ceux relevant du secteur tertiaire, plus investis par les femmes, ont été globalement plus épargnés. Mais cette statistique, bien qu’apparemment positive pour les femmes, souligne aussi que nombre de secteurs d’activités restent très majoritairement investis soit par l’un, soit par l’autre sexe.

Le rapport Grésy, consacré à l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes, a certes mis en évidence «les formidables avancées» déjà observées en la matière : les femmes représentent désormais en France 47% de la population active en 2007, et ce sont 83% des femmes de 25 à 49 ans qui travaillent. Lire la suite

La pauvreté augmente de nouveau

Le dernier rapport de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale reconnaît officiellement l’échec du gouvernement à réduire la pauvreté. La récession y est évidemment pour quelque chose…

L’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (ONPES) vient de remettre son rapport annuel. Il dresse un état des lieux complet de la pauvreté en France.

L’observatoire livre une batterie particulièrement riche de données, qui permet de comprendre la pauvreté ; notamment, via 11 indicateurs phares, du taux de pauvreté à la part des demandeurs d’emploi non indemnisés, en passant par les inégalités de revenus.

Mais ces données, publiées début 2010, posent problème : elles portent en effet au mieux sur l’année 2007, pour la plupart des indicateurs. Ce qui signifie qu’elles ne prennent pas en compte l’effet du retournement économique majeur intervenu depuis deux ans.

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Scénario noir pour le chômage des jeunes hommes

Le scénario noir tant redouté d’un chômage de masse des hommes en début de vie active est en train de se produire avec la crise: le chômage masculin des 15-24 ans atteint un record depuis 1975 en métropole. Fin 2009, un quart des jeunes ayant terminé ou quitté les études était au chômage (25,3%, contre environ 20% lors de la récession de 1993-94 et 5 à 6% après le premier choc pétrolier), selon un chiffre provisoire Insee.

Si un taux de chômage spécifique n’est pas encore disponible pour les jeunes vivant dans les quartiers concentrant les difficultés économiques liées à l’immigration et l’enclavement, on sait que dans les Zones urbaines sensibles (ZUS), il est le double de la moyenne métropolitaine.

Il atteignait ainsi en ZUS 18,8% au troisième trimestre 2009 contre 9,1% au plan national, a indiqué vendredi une source gouvernementale à l’AFP. Ce qui représenterait près de 50% pour les jeunes, un chiffre digne du tiers-monde.

Les jeunes femmes, qui “commencent à tirer profit de leur réussite scolaire” selon l’Insee, ont aussi du mal à trouver du travail (22,3% de chômage fin 2009 en métropole) mais moins que leurs camarades masculins et moins que dans le passé.

Plusieurs générations de femmes ont connu un chômage autour de 25% à leur sortie sur le marché du travail (en 1984, de 1994 à 1997 et en 2006) ce qui n’était jamais arrivé pour les hommes.

Selon l’Insee, “depuis 2007, le taux de chômage des femmes en début de carrière est plus faible que celui des hommes” et la crise a aggravé la situation du fait de la “moindre embauche dans le secteur de la construction dont la main d’oeuvre est essentiellement masculine”.

Ces données apparaissent en décalage avec les efforts du gouvernement et l’argent public dépensé pour l’emploi des jeunes, depuis 2008 avec le plan Espoir Banlieue et depuis 2009 avec le Plan Urgence Jeunes.

Le taux de chômage Insee contredit aussi les chiffres de Pôle emploi qui fin 2009 montrait un ralentissement encourageant des inscriptions parmi les jeunes.

“On ne mesure pas la même chose. L’Insee mesure le nombre de chômeurs, que le jeune soit inscrit ou non”, a expliqué à l’AFP l’Insee vendredi.
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Le commerce mondial n’avait pas connu un niveau aussi bas depuis 1945

Le volume des échanges commerciaux dans le monde a enregistré l’an dernier un recul de 12% en raison de la crise, un chiffre sans précédent depuis 1945, a annoncé mercredi 24 février le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Pascal Lamy, lors d’une conférence à Bruxelles.

Cette baisse de 12 % est aussi supérieure aux plus récentes prévisions de l’OMC, qui tablait encore début décembre sur un repli de 10%. La contraction sans précédent des échanges mondiaux est une conséquence de la récession économique qu’ont connue les grands pays industriels l’an dernier, suite à la crise financière.

L’activité économique mondiale a reculé l’an dernier “d’environ 2,2%” et le nombre de chômeurs a atteint un niveau sans précédent de 200 millions de personnes, selon l’Organisation internationale du travail (OIT), a souligné M. Lamy. Globalement, l’OIT estime que la crise a fait perdre leur emploi à 20 millions de personnes dans le monde depuis octobre 2008.

Cette situation, qui menace d’exacerber les réflexes protectionnistes, rend aux yeux de M. Lamy d’autant plus impératif de relancer les négociations dites du cycle de Doha sur la libéralisation des échanges mondiaux.

Les négociations sont au point mort depuis des mois, en raison, notamment, de l’absence notoire d’implication des Etats-Unis. Ce cycle de négociations a débuté en 2001 et a mis l’accent sur le démantèlement des obstacles au commerce pour les pays pauvres. Mais les échéances fixées pour conclure les pourparlers, ont été manquées à plusieurs reprises.

Le Monde

Crise: ceux qui trinquent

La crise est une bombe à retardement qui n’a pas encore montré tous ses effets sur l’emploi et le niveau de vie des ménages.

Le recul de l’emploi a poussé des centaines de milliers de personnes dans le chômage et entamé d’autant leurs revenus. Si le pire a sans doute été évité, la partie est loin d’être terminée: il y a tout lieu de penser que la situation du marché du travail n’est pas prête de s’arranger. Mais ceux qui trinquent le plus souffrent souvent d’un manque de visibilité. Particulièrement les salariés précaires: frappés de plein fouet par le retournement d’activité, ils ont peu d’influence sur le débat public. Quant aux jeunes, eux aussi sont particulièrement touchés par la crise, mais comme leurs difficultés ne datent pas d’hier, on risque de sous-estimer les épreuves qu’ils rencontrent à présent.

Peu visibles, les perdants de la crise le sont également dans les statistiques. Les données disponibles restent lacunaires. C’est le cas de celles qui concernent la pauvreté: les derniers chiffres officiels remontent à 2007! Sans baromètre, les politiques publiques avancent à l’aveugle. Et le gouvernement ne prend manifestement pas la mesure des dégâts sociaux causés par la crise.

Pourtant, celle-ci est une bombe sociale à retardement. Les répercussions d’une récession sur l’emploi se font toujours sentir avec un certain décalage. De même, il existe un délai entre l’augmentation du chômage et la hausse du nombre de bénéficiaires des minima sociaux. Ce n’est qu’une fois leurs droits épuisés que les chômeurs basculent dans le revenu de solidarité active (RSA). Or, plus la crise dure, plus leur situation va devenir critique. Il est donc urgent de réagir face à cette réplique sociale du choc qui secoue l’économie. Sans nouvelles mesures de solidarité, c’est la cohésion de la société dans son ensemble qui va être encore plus ébranlée.

L’enjeu est aussi économique: si les Français ont le sentiment que personne ne vient à leur secours alors que le chômage monte et que la précarité s’étend, ils risquent de se mettre à épargner encore plus et de casser définitivement la timide reprise.

Alternatives Économiques

Les indicateurs conjoncturels français virent au rouge

Baisse inattendue du moral des ménages, remontée du chômage et regain de tension sur les prix laissent augurer d’une rechute de la croissance française au premier trimestre, après une embellie, fin 2009, qui détonnait au sein de la zone euro.


Le redressement de l’opinion des ménages sur la situation économique, amorcé en octobre 2008, a connu un coup d’arrêt en février.

L’indicateur résumé de l’opinion des ménages a reculé de trois points en février, revenant à -33 et retrouvant ses niveaux de l’automne 2009, selon les données publiées jeudi par l’Insee.

Vingt économistes interrogés par Reuters s’attendaient à une poursuite de l’amélioration du moral des ménages et prévoyaient en moyenne un indicateur résumé à -28.

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Économie américaine : d’une nation industrielle à une société de consommation…

Par le Dr. Eberhardt Unger, économiste indépendant, fort de plus de 30 ans d’expérience des marchés et de l’économie. Vous pouvez retrouver ses analyses sur le site Faire Search.

L’économie américaine évolue vers une société de services vivant principalement de la consommation privée financée par le crédit. Ce constat n’est pas nouveau, mais il est intéressant de le reconsidérer dans le contexte de la crise économique actuelle.

Graphique de l’emploi aux États-Unis

Le graphique ci-dessus montre l’évolution de l’emploi dans l’industrie depuis 1941. Lire la suite

“La crise économique accélère le déclassement social”

Dans le contexte de flambée du chômage, jeunes et moins jeunes sont souvent obligés d’accepter des postes sous valorisés par rapport à leurs diplômes, leur formations ou leurs fonctions précédentes. Le problème c’est qu’une fois ce phénomène enclenché, il est très difficile d’y remédier, souligne le sociologue Louis Chauvel. Professeur à Sciences Po, il explique comment la spirale du déclassement se met en place, quelles sont les populations les plus menacées, le rôle joué par les entreprises. Il prévient enfin que le déclassement n’alimente pas seulement un pessimisme ambiant, il engendre une défiance vis-à-vis des élites et provoque des difficultés sociales majeures.

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Crise grecque : le faux alibi de la dette

Certains accusent la Grèce d’être responsable de la crise qui la frappe de par ses dépenses budgétaires incontrôlées. Mais pour Gabriel Colletis, c’est bien la folie des marchés financiers qui est coupable. Dans cette première partie, l’économiste examine les maux de l’économie grecque ainsi que les hypocrisies des spéculateurs.

Après avoir dépensé des centaines de milliards d’euros ou de dollars dans différents plans dits de « relance » de l’activité économique ainsi que, surtout, dans le soutien du système financier, tous les gouvernements, et pas seulement le gouvernement grec, semblent avoir désormais choisi la voie de la « sortie budgétaire ». Ce choix est estimé nécessaire afin de maîtriser les déficits, alors même que le risque existe de produire un impact négatif sur une croissance restant très fragile.

Prenant quelque distance avec l’unanimisme ambiant, nous voulons donner suite aux observations et interrogations exprimées par Paul Krugman aux Etats-Unis ou Paul Jorion en France. Le premier n’hésite pas, en effet, à dénoncer « l’hystérie des déficits » (New York Times, 5 février), alors que le second s’interroge « la dette est-elle un boulet ou un prétexte ? » (Le Monde, 9 février), penchant plutôt pour la deuxième hypothèse.

En nous centrant sur le cas de la Grèce, nous évoquerons d’abord les maux dont souffre ce pays (1.), puis nous commenterons la nature des « doutes » que l’on prête aux marchés, lorsque ceux-ci semblent s’effaroucher du niveau des déséquilibres des comptes publics de certains Etats (2.). Enfin, nous examinerons les issues actuellement privilégiées, en Grèce comme ailleurs, pour réduire les déficits et restaurer la « confiance des marchés » (3.).

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Selon le C.O.R., des perspectives économiques plus sombres que jamais

Selon le Conseil d’orientation des retraites, le retour au plein emploi serait repoussé de 9 ans. L’impact de la crise sur l’économie pourrait être plus violent que prévu. Seule certitude : la facture devrait avoisiner les 100 milliards d’euros en 2050.

Le Conseil d’orientation des retraites (COR) vient d’envoyer à chacun de ses membres, en vue de la réunion plénière qui doit se tenir mercredi, une révision de ses prévisions macroéconomiques afin de pouvoir réajuster fin avril ses projections financières des différents régimes de retraite à terme.

«Les dernières projections du COR ont été réalisées en 2007», indique le conseil en introduction. «Elles sont donc antérieures à la crise économique et financière qui a débuté en 2008 et a contribué à une dégradation plus rapide que prévu des comptes des régimes».

Selon lui, l’impact de la crise sera important mais reste difficile à chiffrer. «Les conséquences à plus long terme de la crise sur les perspectives financières des régimes de retraite, dépendent de fait des effets de la crise sur la croissance et le chômage à moyen et long terme, qui sont incertains», confirme le COR qui fait donc trois scénarios d’évolution, entre autres, de ces deux paramètres fondamentaux.

Alors qu’il anticipait, dans son scénario de base, en 2007, un retour au plein emploi huit ans plus tard – c’est-à-dire un taux de chômage de 4,5 % -, il le repousse désormais de neuf ans, en 2024. Dans le meilleur des cas.

Pis, il indique dans son scénario C, le plus noir, que le taux de chômage pourrait plafonner à 7 % à partir de 2022 et donc ne jamais atteindre le plein-emploi.

La croissance potentielle ? Elle pourrait être, selon les nouvelles projections du COR, de 1,7 % entre 2009 et 2013, de 2,1 % entre 2014 et 2020 puis de 1,9 % jusqu’en 2050. Dans cette hypothèse, «la crise n’aurait aucun effet, en niveau, sur le PIB à long terme» et impacterait la croissance potentielle jusqu’en 2013, en la réduisant de 0,4 point par rapport à celle observée entre 1999 et 2008.

Enfin, là encore, dans le meilleur des cas, car les deux autres scénarios évoqués sont bien moins optimistes.
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L’emploi salarié a perdu 412.000 postes en 2009

L’emploi salarié a continué de baisser fin 2009 en France, même si le rythme des destructions d’emplois a un peu ralenti, a annoncé l’Insee.
Dans les secteurs principalement marchands, les effectifs ont baissé de 0,4% au quatrième trimestre, avec 56.500 postes perdus contre 76.100 (-0,5%) les trois mois précédents, selon ces chiffres provisoires qui sont corrigés des variations saisonnières.

Sur un an, l’emploi salarié a baissé de 2,5% à 16.019.000 personnes occupées, soit 412.000 postes perdus après déjà 144.500 en 2008.

Les données préliminaires de l’Insee n’englobent pas les entreprises de moins de 10 salariés, ce qui pourra entraîner des révisions importantes lorsque la statistique révisée sera publiée le 11 mars.

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Aucune solution prévue pour 400.000 chômeurs en fin de droits

« On ne laissera personne abandonné, mais la solution n’est pas dans la multiplication des aides de toutes sortes », avait déclaré la semaine dernière le chef de l’Etat, concernant le million de chômeurs en fin de droits qu’escompte Pôle emploi cette année.

La conciliation de ces deux exigences risque d’être difficile, si l’on se réfère aux estimations transmises hier par le service public de l’emploi aux partenaires sociaux et que « Les Echos » se sont procurés.

Le service statistique de Pôle emploi, qui estime à 9 % le nombre de chômeurs en fin de droits « créés » à la suite du nouveau droit à indemnisation dès 4 mois de cotisations, a évalué le devenir des demandeurs qui épuiseront leurs droits à allocation-chômage cette année (dans les six mois suivant leur fin de droits) en extrapolant le passé.

Selon ces travaux, près de 170.000 d’entre eux deviendraient bénéficiaires de l’Allocation de solidarité spécifique (ASS), financée par l’Etat, et 220.000 deviendraient bénéficiaires du « RSA socle » (l’ex-RMI), financé par les départements. Environ 10.000 partiraient en retraite. Par ailleurs, 190.000 retrouveraient un emploi (dont 100.000 reviendraient à Pôle emploi après un CDD ou contrat d’intérim).

« A ce stade, il y aurait environ 400.000 demandeurs d’emploi pour lesquels il n’est pas possible d’envisager le devenir par l’extrapolation des données actuelles », note Pôle emploi.

En clair, ils n’auraient droit à rien soit parce qu’ils ont moins de 25 ans (pas de droit au RSA), soit parce que leur conjoint perçoit des revenus.

Cela va donner matière à discussion aux partenaires sociaux, qui se penchent sur la question des chômeurs en fin de droits, vendredi.

Les Echos

(Merci à Christopher Johnson)

Chômage : une baisse en trompe-l’œil

Malgré la baisse des demandeurs d’emploi de catégorie A, la situation du marché du travail ne s’est malheureusement pas réellement améliorée en décembre dernier.

Cliquer sur le graphique pour l'agrandir (Source : Dares)

Le chômage a baissé de 18 000 personnes en décembre, entend-on partout. Bonne nouvelle… Sauf que, malheureusement, cette information est partielle et même trompeuse, si on en reste là : il ne s’agit en fait que des chômeurs dits de catégorie A, c’est-à-dire, ceux qui n’ont pas travaillé du tout pendant le mois.
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Roumanie : les diplômes n’aident pas à l’emploi des jeunes

L’université roumaine est devenue une usine à chômeurs. Faute de revoir des filières et des programmes figés depuis l’ère communiste, elle forme des diplômés qui restent sur le carreau, dénonce Adevarul.

La révolution roumaine : manifestation anticommuniste à Bucarest, le 21 décembre 1989

Avec la transition de l’économie roumaine du socialisme au capitalisme, métallurgie, sidérurgie et pétrochimie ont, tour à tour, disparu.
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Le C.O.E. tempère les espoirs de développement des emplois verts

Selon le Conseil d’orientation pour l’emploi (C.O.E.), l’économie verte est certes potentiellement créatrice d’emplois, à condition toutefois de surmonter de nombreux freins.

La croissance verte a, depuis le début de la crise, été présentée comme l’un des principaux outils, voire comme une véritable martingale, de lutte contre le chômage.

Selon les prévisions gouvernementales, qui s’appuient notamment sur une étude du Boston Consulting Group, réalisée en 2008, cette croissance écologique pourrait créer plus de 600.000 emplois qualifiés de “verts”, d’ici à 2020.

Une étude très contestée, car elle omet de prendre en compte les emplois détruits d’ici là, et qui a fait dire à certains spécialistes que ses chiffres avaient été “gonflés”.

Alors que le ministère du développement durable prépare activement la conférence nationale sur les métiers de la croissance verte, qui aura lieu jeudi prochain 28 janvier, un avis du Conseil d’orientation pour l’emploi (C.O.E.), publié aujourd’hui lundi [25 janvier], vient doucher quelque peu cet optimisme.

L’avis de cet organisme rattaché à Matignon et qui réunit élus, experts, représentants patronaux et syndicaux, est néanmoins modéré et tente de produire un “diagnostic partagé”.

Le virage de l’économie vers le respect de l’environnement pourrait en effet créer jusqu’à 600.000 emplois, mais seulement, et seulement si le potentiel existe, estime le C.O.E. Car au-delà des bonnes intentions et des espoirs que suscite cette croissance, le changement s’annonce beaucoup plus “complexe” que ce que les pouvoirs publics laissent entendre. “La croissance verte peut être significativement créatrice d’emplois dans les nouvelles activités”, mais “avec une ampleur encore incertaine à moyen et long terme”, indique-t-il.

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Crise et mutation (suite et fin)

Il y a quelques jours, nous avons publié deux extraits d’un livre-dialogue, insolite et inclassable, qui vient de paraître, « Crise et mutation » (Editions Charles Antoni – L’Originel, janvier 2010).

En voici un troisième et dernier passage, dû à Jean-Pierre Crépin, ex-associé du groupe de marketing HighCo, spécialiste de la mutation consommateur citoyen, auteur du blog Nécronomie, sur lequel il chronique la crise après l’avoir annoncée dès 2005.

« L’individu ayant abandonné sa liberté au profit du social, peut, en cas de retournement, se déchaîner contre ce qu’il adulait jusque-là. » (Charles Antoni)

Certes, mais depuis la chute des idéologies, Charles, je pense que les insurrections auxquelles nous aurons droit seront d’un autre ordre ou plutôt le prolongement de celui-ci.

Nous sommes devenus les sous-produits d’un mode de vie érigé en tant que culture : le consumérisme et la culture des Marques devenus philosophie de vie.

Les émeutes de la Gare du Nord avaient donné lieu à des commentaires, où il s’agissait de déterminer si nous étions en présence d’une révolte sociale, ou d’actes de délinquance. Un syndicat de police nous certifiant que nous étions en présence de délinquants, puisqu’il y avait eu pillage d’un magasin de chaussures.
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Allemagne : comment l’intérim précarise l’emploi

Par Arnaud Lechevalier, chercheur au Centre Marc Bloch à Berlin.

L’« affaire Schlecker » qui secoue actuellement l’opinion publique allemande est révélatrice de la précarisation de l’emploi outre-Rhin : de plus en plus d’entreprises remplacent leurs salariés en CDI par des intérimaires, en baissant au passage les salaires et en reportant sur les salariés les risques liés à la fluctuation de l’activité.

Première chaîne de drogueries en Europe (plus de 30 000 salariés, 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2008), Schlecker défraie la chronique outre-Rhin pour sa gestion des ressources humaines. Le comportement de cette entreprise est révélateur des conséquences de la déréglementation du marché du travail intervenue ces dernières années en Allemagne, et des abus auxquels elle incite.

La ministre du Travail Ursula von der Leyen (chrétienne-démocrate) est montée en personne au créneau en annonçant un « examen »des pratiques de l’entreprise et une éventuelle révision de la loi : « S’il se confirme qu’il existe des lacunes et des manques dans la législation (…), il faudra compléter la loi. »

Que reproche-t-on à Schlecker ? D’avoir fermé certaines filiales et licencié des salariés afin d’embaucher des travailleurs intérimaires à des salaires inférieurs (6,80 euros de l’heure contre 12,80 dans les anciennes filiales, selon le syndicat des services Verdi). Les salariés intérimaires concernés − plusieurs milliers selon le syndicat ont été placés par l’entreprise d’intérim Meniar, dirigée, ô surprise, par un ancien cadre dirigeant de Schlecker.

La dérégulation de l’intérim en Allemagne Lire la suite

Consommation : les Français ont mangé leur pain blanc en 2009…

Par Alexandre Bourgeois, économiste chez Natixis

C’est un fait entendu : de tous les « grands pays », la France est celui qui, durant cette crise, a le mieux résisté. Au classement des bons élèves de l’Union à vingt-sept, notre pays, avec un recul maximal de son PIB de 3,5 %, occupe même une très bonne quatrième position, loin toutefois derrière la Pologne (dont le PIB n’a pas reculé), la Grèce (- 1,7 %) et la Suède (- 2,3 %). A l’arrivée, l’écart de croissance avec la zone euro devrait dépasser les 1,5 point en moyenne cette année, un sommet depuis plus de vingt ans.

Ce serait toutefois un contre-sens de penser que l’économie française va bien.

En effet, comme la très grande majorité des économies occidentales, la France a connu en 2009 sa crise la plus grave depuis la Deuxième Guerre Mondiale. L’intensité de la récession a ainsi été presque trois fois supérieure à celle de la grave crise de 1992-93.

Heureusement, la consommation des ménages, principal moteur de l’économie hexagonale depuis dix ans, a bien résisté.

De manière surprenante en effet, malgré la hausse du chômage, malgré le ralentissement des salaires, malgré un indice de confiance à son plus bas niveau historique, les Français n’ont pas réduit leurs dépenses de consommation durant cette crise.

Deux explications principales peuvent être mentionnées pour expliquer ce phénomène. Lire la suite

Attali-Minc : «La facture de la crise n’est pas payée»

Pour Jacques Attali et Alain Minc, l’économie mondiale est toujours en salle de réanimation. Le surendettement des États, la création monétaire, l’impunité des banquiers, les risques sur le dollar et l’euro menacent toujours le système capitaliste.

- Slate : La récession de 2009 ne semble finalement pas avoir été beaucoup plus douloureuse que celles du début des années 1990 et du début des années 2000. Est-ce que cette perception correspond à la réalité ?

- Jacques Attali : Si on parle de la France, cette perception est juste, si on parle du reste du monde, c’est totalement faux. La récession en France est apparemment modérée, même si elle s’est traduite par presque un million de chômeurs de plus, ce n’est pas rien.

La vraie question est de savoir qui a payé pour que cette récession ne semble pas trop sévère. La récession a été faible, mais le coût pour en limiter les effets est considérable : une augmentation massive du déficit budgétaire et de la dette publique. Et les banquiers osent dire qu’ils n’ont rien coûté à la collectivité, parce qu’ils ont remboursé les prêts accordés par l’État. En réalité, ils ont coûté à la France 500 000 chômeurs et un endettement considérable pour les futurs contribuables.

Deuxièmement, sur le plan mondial, l’année 2009 est épouvantable. La perte de valeur des actifs est, selon les derniers calculs de la Deutsche Bank, de l’ordre de 30 000 milliards de dollars. L’argent que les gouvernements mondiaux ont mis sur la table, la France étant un de ceux qui en a mis le moins, est équivalent à cinquante plans Marshall. Lire la suite

Malgré la “reprise”, l’emploi se dégrade des deux côtés de l’Atlantique

Les États-Unis ont détruit 85 000 emplois en décembre 2009, a indiqué le département du travail américain. Le taux de chômage, de son côté, est resté stable, à 10 % de la population active. Ces chiffres ont constitué une mauvaise surprise, les analystes misant sur un solde proche de zéro.

L’économie américaine, avec une croissance légèrement inférieure à 3 % et un taux de chômage aux environs de 10 % de la population active, demeure toutefois “fragile,” voire “convalescente,” indique M. Benjamen Carton, économiste au Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii).

En valeur absolue, le nombre des emplois détruits pendant l’année 2009 (4,6 millions) est le plus élevé dans les annales du département américain du travail, qui remontent à 1939.

En Europe, la crise est loin d’être terminée Lire la suite

Après la faillite des banques, faut-il craindre la faillite des États ?

Débat entre Philippe Frémeaux, directeur de la rédaction d’Alternatives Economiques, et François Lenglet, rédacteur en chef de la Tribune, qui s’est déroulé sur les ondes de France Culture le mercredi 16 décembre.

http://www.dailymotion.com/video/xbilzp

Les presque vrais chiffres de l’emploi

Chaque mois, avec un relais médiatique, le gouvernement français annonce et publie les chiffres du chômage. En fait, pour être plus précis il faudrait dire : chaque mois, avec un relais médiatique, le gouvernement annonce les chiffres des demandeurs d’emploi de catégorie A. Et d’un autre côté, il publie, sans grand relais médiatique, les chiffres des demandeurs d’emploi des catégories A à E (la définition des catégories se trouve en bas de l’article).

La subtilité est de taille. Si l’on analyse les données de novembre 2009, le nombre de demandeurs d’emploi de la catégorie A (celui que l’on retrouve à la une des médias généralement sous le titre « le nombre de chômeurs ») s’élevait à 2,630 millions, alors que si on totalise l’ensemble des cinq catégories on obtient le chiffre de 4,312 millions.

Cette subtilité permet au gouvernement d’annoncer des chiffres « plus présentables » et un taux de chômage inférieur à 10 % de la population active. Ainsi, lorsque sur la catégorie A le taux de chômage est de 9,1 %, il est de 14,92 % si l’on prend comme base les cinq catégories. De même il a été annoncé pour le mois de novembre une augmentation de 3 000 demandeurs d’emplois, ce chiffre correspond à la catégorie A, si l’on prend l’ensemble des catégories, l’augmentation est de 25 000.

Les deux graphes ci-dessous, publiés par le Ministère de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi, illustrent parfaitement les écarts.

Chiffres demandeurs d'emploi toutes catégories (cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Cette façon de communiquer n’est pas le privilège de la France et elle se retrouve dans l’ensemble des pays industrialisés.
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USA : quand les immigrés deviennent un fardeau pour leur famille

(Traduction d’un article du New York Times)

Aux Etats-Unis, nombre de Mexicains sans papiers ont perdu leur emploi. Et leurs parents, restés au pays, se saignent aux quatre veines pour leur envoyer de l’argent.

Quand tout allait pour le mieux, Alfonso Salcedo, immigré clandestin en Californie du Sud, envoyait plusieurs centaines de dollars par mois à sa famille restée au Mexique. Agé de 18 ans, il faisait la plonge dans une cafétéria de San Diego. Puis les temps sont devenus difficiles.

Lorsque l’économie américaine s’est détraquée, le jeune homme a perdu son emploi. Aujourd’hui, son père, Miguel, fait quelque chose qu’il n’aurait jamais imaginé : il expédie des pesos au nord.

Le chômage frappe si durement les immigrés aux Etats-Unis qu’un phénomène surprenant est apparu : au lieu de recevoir de l’argent de leurs proches expatriés dans le pays le plus riche du monde, certaines familles mexicaines démunies font tout ce qu’elles peuvent pour aider leurs parents aux Etats-Unis.

“Nous envoyons quelque chose dès que nous pouvons, pour que notre fils puisse au moins manger”, explique Miguel Salcedo, qui habite un petit village proche de Miahuatlán, dans l’Etat rural d’Oaxaca, et exerce toutes sortes de métiers pour subvenir aux besoins de sa femme, de ses deux plus jeunes enfants, et, désormais, de leur frère aîné.

Il n’est pas le seul dans ce cas. Leonardo Herrera, qui travaille dans un ranch au Chiapas, a récemment dû vendre une vache en vue d’aider sa famille à réunir 1 000 dollars [660 euros], une somme qui a été expédiée à son neveu, en difficulté en Californie.

Il n’existe pas vraiment de statistiques permettant de mesurer ces “transferts inversés”. Toutefois, il ressort de divers entretiens avec des responsables du gouvernement mexicain, des opérateurs spécialisés dans le transfert d’argent, des spécialistes de l’immigration et des familles de migrants au chômage que ces opérations tendent à se multiplier. Lire la suite

Sondage – Les Français et l’économie : une nation de schizophrènes ?

Un sondage TNS-Sofres a été réalisé fin octobre pour essayer de décrypter le complexe rapport des Français à l’économie et à l’entreprise. Le résultat en est troublant.

Il a été demandé si certains mots évoquaient des valeurs positives ou négatives. Certains termes sont sans surprise des valeurs-repoussoir : mondialisation, capitalisme, profit, libéralisme (avec respectivement 73, 72, 56 et 53% d’opinions négatives).

D’autre résultats sont plus surprenants : la nationalisation est majoritairement une valeur négative, tout comme le protectionnisme (52%/48%) ; l’entreprise privée (28% négatif) est mieux vue que l’entreprise publique (33%) et que l’administration (51%). Enfin, les valeurs travail/argent/consommation sont plébiscitées (84%/71%/66% de positif), mais aussi… le temps libre (94% de positif).

On peut dire que ces simples attributions sont bourrées de paradoxes : le libéralisme est majoritairement repoussé, mais les nationalisations aussi (retour du “ni-ni” ?) et, plus surprenant, les Français ont plus confiance dans le privé que le public. Le capitalisme et le profit sont conspués, mais pas l’argent et la consommation. Le travail est une valeur-refuge (une des explications de l’élection de Nicolas Sarkozy ?), mais le temps libre aussi (donc, a priori, pas de remise en cause des 35 heures).

Ces multiples paradoxes montrent que les français sont perdus. Mais, surtout, qu’une dichotomie (voire schizophrénie) croissante s’opère entre l’individu-consommateur qui ne veut pas changer son mode de vie (consommation, protection de l’Etat, pollution) et l’individu-citoyen qui ne veut pas subir les conséquences des actes de l’individu-consommateur (capitalisme effréné, taxes, dégradation de l’environnement). Lire la suite

Les Français, rois de l’épargne en 2009

Les Français n’ont presque jamais autant épargné que durant la crise. Puiseront-ils dans cette réserve pour consommer plus en 2010 ? Les avis divergent.

Alors que sévit la pire crise depuis 1945, que la croissance est au plus bas et le chômage au plus haut, les Français… épargnent. Paradoxal ? Le taux d’épargne a bondi de plus de deux points au troisième trimestre 2009, à 17,1%, par rapport à la même période en 2008 d’après les chiffres de l’Insee. Un plus haut depuis 2002.

«Cette évolution peut paraître surprenante, mais elle est logique,» commente Olivier Gasnier, économiste à Société Générale CIB. En effet, la hausse du taux d’épargne a suivi l’évolution du pouvoir d’achat des Français. Ce dernier, en hausse de 2,2% sur l’année, a profité «d’un effet inflation monstrueux et d’une augmentation des transferts sociaux,» explique l’économiste. Il a donc permis aux Français de se constituer des économies.

Comme l’écureuil fait ses réserves de noisettes en prévision d’un hiver rigoureux, le Français a d’autant plus épargné qu’il entrevoyait des lendemains difficiles, sur fond notamment de hausse du chômage. Un phénomène que les économistes appellent «l’épargne de précaution.»

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Les “magasins sociaux” se multiplient en Allemagne

Cela ressemble à n’importe quelle brocante : des canapés usés alignés devant des buffets massifs, des vitrines remplies de verres et d’objets en tout genre, des livres à perte de vue et plusieurs lampadaires années 1950. Sauf que, au Sozialkaufhaus, un magasin social implanté dans un quartier populaire de Neukölln, à Berlin, les tarifs pratiqués s’adressent d’abord à une population particulière : chômeurs de longue durée, retraités, mais aussi des salariés aux revenus modestes, peuvent acquérir ici un lit complet avec matelas et sommier pour 50 euros, un verre pour 20 centimes d’euro, un buffet pour 50 euros, un livre pour 1 euro.

Les vêtements peuvent même être gratuitement emportés dans la limite de cinq pièces. Ce matin froid d’automne, il n’y a pas foule dans le magasin.

Cette image est trompeuse. Car, depuis que Michael Maskolus a créé l’association Die Teller Gottes (“les assiettes de Dieu”) et ouvert son premier centre en 2004, la demande ne cesse de croître.

Jusqu’à 150 personnes par jour, vivant parfois très loin, viennent se procurer des objets ou des meubles à des prix défiant toute concurrence.

“De plus en plus de gens ont besoin de ce type d’offre” en Allemagne, raconte cet ancien chômeur de 47 ans. La preuve : il a ouvert deux autres magasins et une petite cantine où sont servis, chaque midi, des repas chauds au tarif unique de 1 euro.

Son concept est simple : il récupère tout ce que les gens veulent jeter, répare si nécessaire et revend le tout à des prix très bas. “C’est incroyable tout ce qui peut atterrir dans la poubelle”, s’exclame-t-il en montrant des radiocassettes et chaînes hi-fi encore en bon état.

Le bouche-à-oreille a bien fonctionné et, aujourd’hui, il reçoit plus de dons qu’il ne lui en faut. Ainsi, faute de place, les vêtements s’entassent dans des sacs-poubelle bleus. Les gains de la vente servent à payer le loyer et les salaires des dix employés. “Nous ne faisons aucun profit et s’il devait à l’avenir rester de l’argent en trop, je le reverserai à une association”, assure M. Maskolus, qui se targue, à la différence d’autres associations, de ne percevoir aucune subvention publique.

Dans tout le pays, ces commerces caritatifs connaissent un véritable essor. On estime leur nombre à 350 et, chaque mois, de nouveaux magasins ouvrent leurs portes.

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Grande distribution : le plus dur reste à venir

Quand elles ne sont pas éclair, il en va des crises comme des guerres : elles frappent d’abord l’avant-garde, ensuite le gros des troupes et jusqu’à l’arrière-garde, avant de toucher l’ensemble de la population. En l’espèce, pour cette première crise économique et financière globale – datée de la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008 -, ce sont d’abord les banques d’affaires et leurs cohortes de traders qui sont tombés sous le feu. Puis les grands industriels et leurs sous-traitants, avec la litanie des plans sociaux qui ont fait exploser les compteurs du nombre de chômeurs.

A ce titre, 2009 restera dans les annales comme une « annus horribilis » pour l’emploi, avec déjà, selon l’Insee, quelque 350.000 emplois disparus en neuf mois en France. Autant de consommateurs dont le pouvoir d’achat se voit soudain réduit. Alors, bien sûr, arrive un moment où, après les concessionnaires automobiles, soutenus par une « prime à la casse », les magasins de biens d’équipement, touchés par la crise de l’immobilier, c’est la grande consommation qui, à son tour, est atteinte.

S’ils ont, jusqu’ici, généralement tenu le choc, hypermarchés et supermarchés n’en souffrent pas moins. Comme en témoignent les chiffres d’affaires de Carrefour et de Casino, seuls groupes cotés du secteur, en baisse de l’ordre de 4 % au troisième trimestre par rapport au trimestre correspondant de 2008. Sur neuf mois, les proportions de la baisse sont les mêmes. Loin, certes, de l’effondrement constaté ailleurs.

Mais, dans ce métier où, quoi qu’en disent les démagogues, les marges restent ténues, le modèle n’en est pas moins ébranlé. Les distributeurs n’ont pas tardé d’ailleurs à réagir, en réduisant leurs investissements et en mettant en oeuvre des plans d’économies. Ils ont commencé par avoir recours aux outils classiques du « cost killing », et notamment aux suppressions d’emplois.

De fait, la rentabilité opérationnelle des distributeurs n’a pas tant été affectée par la guerre des prix – encore limitée – que par l’augmentation mécanique de la masse salariale. Dans leurs hypothèses basses, les experts estiment que les effectifs siège vont diminuer de 20 % à 30 %, tandis qu’ils baisseraient de 10 % dans les magasins et les entrepôts. Lire la suite

Comment on maquille les vérités qui dérangent

Les mathématiques sont une science exacte, dit-on ; en ce cas, les statistiques ne doivent pas faire partie des mathématiques… Les gouvernements s’arrangent avec les chiffres et les faits au mieux de leurs intérêts électoraux. D’où la nécessité de disposer d’observatoires indépendants, capables de corriger les tripatouillages du pouvoir.

Aux Etats-Unis, avec une destruction de 11 000 emplois en novembre, le taux de chômage, qui était de 10,2% le mois précédent, est redescendu à 10 %. C’est le phénomène incroyable que vient d’annoncer le Bureau du Travail.

Comment une destruction d’emplois, aussi minime soit-elle à l’échelle de la nation américaine, peut-elle conduire à une régression du chômage ?

Avec 15,4 millions de chômeurs officiellement déclarés, une décrue de 0,2 % du chômage équivaut à 30 800 personnes.

On en déduit qu’avec 11 000 emplois perdus le mois dernier, l’économie américaine a réussi la prouesse de remettre 30 800 personnes au travail.

En poursuivant cette logique absurde, chaque emploi détruit équivaut donc à la création de trois nouveaux emplois. Tel est le miracle accompli par l’ange noir de la Maison Blanche. Lire la suite

“Sauvons nos emplois : délocalisons Pascal Lamy !”

L’hebdomadaire Marianne de cette semaine (n° 659 du 5 au 11 décembre 2009) nous offre un article décapant du prix Nobel d’économie Maurice Allais qui, dans cette « Lettre aux Français, » lance un cri d’alarme « contre les tabous indiscutés. »

Alors que nous traversons une crise importante, le seul Français Prix Nobel d’économie, écarté de la plupart des médias comme un éternel casse-pieds inclassable, n’est jamais sollicité pour donner à ses concitoyens ses explications des phénomènes dramatiques que nous vivons.

Quand, lors du dernier sommet du G-20, nos dirigeants appellent à conclure au plus vite le cycle de Doha de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en faveur d’une dérégulation accrue, Allais évoque leur « ignorance criminelle ».

Car pour lui, « les échanges, contrairement à ce que pense Pascal Lamy, ne doivent pas être considérés comme un objectif en soi, ils ne sont qu’un moyen. »

Lamy, affirme Allais, « ne comprend rien, rien, hélas ! Face à de tels entêtements suicidaires, ma proposition est la suivante : il faut de toute urgence délocaliser Pascal Lamy, un des facteurs majeurs de chômage ! »

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Quand la grippe A crée de l’emploi

Comme quoi, la tant redoutée grippe A n’a pas que des désavantages… Au-delà de rentabiliser études et recherches sur le Tamiflu et de permettre au laboratoire Roche d’enregistrer de très importants subsides, la pandémie, nous dit-on, serait même bénéfique pour l’emploi !

Laurent Wauquiez, secrétaire d’État à l’Emploi, qui semble être visiblement sur tous les fronts ces jours derniers, a ainsi annoncé jeudi que 5.000 personnes seront recrutées, d’ici dix jours, pour pallier l’engorgement des centres de vaccination contre la grippe H1N1.

Le gouvernement va permettre aux associations de recruter “5.000 contrats aidés supplémentaires qui seront financés à 100% et seront là pendant six mois,” a ainsi affirmé Laurent Wauquiez sur RMC et BFM TV. Les embauches seront faites par la Croix-Rouge, et devront être achevées “au maximum dans les dix jours.

Selon la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, la France a franchi, la semaine dernière, la barre du million de personnes vaccinées. Le directeur général de la Santé, Didier Houssin, a estimé de son côté que deux à trois millions de personnes pourraient être touchées par la grippe A(H1N1).

Alors que les ventes de Tamiflu, médicament permettant de lutter contre le virus, se sont élevées à 1 milliard de francs suisses (658,2 millions d’euros) au premier semestre 2009, Roche tablait en juillet dernier sur “environ 1 milliard” de ventes supplémentaires du produit “miracle.

Nous voilà rassurés… pour les finances du groupe… d’autant plus que “le prix de vente couvre le coût de fabrication, malgré les rabais,” nous précisait-t-on alors.

Roche avait annoncé, parallèlement, avoir réalisé au premier semestre un bénéfice net en hausse de 11%, à 5,2 milliards de francs suisses (hors éléments exceptionnels), poussé notamment par une explosion des ventes de son antiviral.

Oubliées, visiblement, les “vieilles” craintes liées à ce médicament miracle. Rappelons en effet qu’en mars 2007, le ministre japonais de la Santé Hakuo Yanagisawa avait annoncé que des études plus poussées allaient être menées, sur les éventuels effets psychiatriques du Tamiflu, après la mort de plusieurs patients dans des circonstances troublantes.

Le Blog Finance

On n’en fait jamais assez pour se protéger :

http://www.dailymotion.com/video/xaewy7

L’inefficacité des politiques publiques maintient le Mexique dans la crise

A un carrefour de Mexico, Juan Barrera, 34 ans, lave les pare-brise des voitures. “Faut bien manger”, soupire ce maçon au chômage qui gagne moins de 150 pesos (7,7 euros) par jour. Comme lui, 900 000 Mexicains ont perdu leur emploi en 2009 dans le pays d’Amérique latine le plus touché par la crise. Voté lundi 16 novembre, le budget 2010 suffira-t-il pour redresser la barre ? Les experts en doutent.

En 2009, la croissance mexicaine devrait chuter de 7,3 %, contre une baisse de 2,5 % en moyenne dans les autres nations d’Amérique latine et des Caraïbes, selon le Fonds monétaire international (FMI).

“Le Mexique est trop dépendant du marché américain, qui concentre 80 % de ses exportations. Le pays est aussi victime de politiques publiques inadaptées qui lui ont fait perdre son potentiel de leader latino face au Brésil”, souligne Bernardo Bolmedo, professeur d’économie à l’Université autonome du Mexique (UNAM).

La production pétrolière, qui représente 40 % des ressources de l’Etat, ne cesse de décroître, entraînant, en 2009, des pertes fiscales de 14 milliards d’euros. Même dégringolade du côté des transferts de fonds des émigrés. La deuxième source de devises du pays devrait afficher une baisse annuelle de 13 %, selon la Banque du Mexique.

Quant au secteur touristique, il subirait une chute de 15,3 % en 2009, d’après la Confédération nationale du tourisme.

“Le Mexique doit investir davantage en matière d’infrastructures mais aussi en technologie, en éducation ou en recherche”, a déclaré le Prix Nobel d’économie 2001, Joseph Stiglitz, en visite à Mexico. Lire la suite

Technologies vertes : la nouvelle course aux armements chinoise

Au moment où les commentateurs notent la fin de non-recevoir sur l’éventualité d’un partenariat de type G-2, opposée par le président chinois au président américain en visite officielle ; où la perspective d’un accord global sur le climat à Copenhague, bute sur les divergences d’intérêts entre pays émergents et pays riches ; où l’Occident semble empêtré dans des pesanteurs que l’on peut percevoir comme idéologiques, mais qui ne sont peut-être que celles d’une oligarchie crispée sur des avantages acquis ; l’impressionnant bilan des avancées chinoise dans secteur des technologies vertes, établi par l’américain Robert F. Kennedy Jr (universitaire et avocat, spécialiste des questions environnementales) dans le Huffington Post le 19 novembre 2009, remet quelques pendules à l’heure.

Dans un monde où les technologies cruciales de demain ne seront pas forcément celles qu’imaginent le bloc occidental (nano, NTIC, biotechs…) mais, plus prosaïquement, celles qui permettront d’affronter concrètement le défi du climat et de l’énergie, les plus modernes et les plus réactifs ne sont pas ceux que l’on croit.

Entravée par l’opposition des grands émetteurs de carbone et de leurs alliés à courte vue du Capitole [le siège du congrès US], l’administration Obama a reconnu cette semaine qu’elle reviendrait de Copenhague sans que soient pris de nouveaux engagements en vue de contrôler les gaz à effet de serre. De même, le Congrès fait marche arrière sur la promesse pourtant judicieuse de l’administration d’imposer un prix raisonnable sur le carbone.

L’explication ultime de blocage, c’est l’attitude traîtresse de la Chambre de Commerce américaine, toujours prête à caresser obséquieusement Big Oil [Gros Pétrole] et King Coal [Roi Charbon] dans le sens du poil, plutôt que de se soucier de ses devoirs envers notre pays, et qui combat chaque effort en vue d’accélérer la transition de l’Amérique vers une économie de marché dé-carbonisée .

La Chambre de Commerce continue à prétendre stupidement qu’un effort pour accroître l’efficacité et l’indépendance énergétique du pays mettrait, en quelque sorte, l’Amérique en désavantage concurrentiel par rapport à la Chine. Lire la suite

L’Europe perdra plus de 7 millions d’emplois en 2009-2010

L’Europe devrait encore perdre plus de sept millions d’emplois en 2009-2010, alors qu’elle avait constaté 9,7 millions de créations entre 2005 et 2008, et le chômage pourrait franchir le seuil des 10% d’ici à 2010 malgré la reprise de l’économie, selon un rapport et une communication publiés lundi par la Commission européenne.

Plus de quatre millions d’emplois ont été détruits depuis le début de la crise, ” mais les pertes d’emplois “restent relativement limitées dans certains États membres jusqu’à présent, notamment grâce au recours à la réduction du temps de travail ou au chômage partiel temporaire.

La croissance observée depuis l’an 2000 a été largement effacée par la crise“, selon l’édition 2009 de “L’emploi en Europe”, qui souligne que le taux de chômage des jeunes notamment a atteint ces derniers mois “de nouveaux sommets historiques.” Globalement, les plus touchés sont “les hommes, les jeunes, les moins qualifiés et les travailleurs temporaires.”

Pour le commissaire européen à l’Emploi Vladimir Spidla, après les réactions à court terme face à la crise, les réformes structurelles à long terme “sont une condition préalable pour que l’économie et les marchés de l’emploi européens puissent émerger de la récession actuelle bien préparés aux défis de demain, en particulier la transition vers une économie à faibles émissions de carbone.”

Les efforts accomplis par l’UE vers une économie compétitive et à faibles émissions de carbone vont sensiblement dynamiser le marché du travail“, selon le rapport, qui note cependant que “la création totale nette d’emplois devait être limitée.” Par ailleurs, “le chômage de longue durée reste une menace sérieuse” pour les marchés européens de l’emploi, même s’il recule depuis les années 1990, selon le rapport, qui conseille de favoriser la “flexisécurité.The Associated Press

La grande illusion (de la reprise économique)

Economiste suisse, analyste financier indépendant, membre du World Economic Forum ou Forum de Davos, Michel Santi nous dit son dégoût et son exaspération devant la situation actuelle, qui voit une oligarchie politico-financière déconnectée de l’économie réelle s’enrichir sur le dos des contribuables, tout en se gargarisant de la fin prétendue de la crise.

Comment tolérer un système financier dont la taille dépasse les capacités de production de l’économie ? Comment s’étonner que les liquidités excessives, incapables de se loger dans une économie aux habits décidément trop étroits, aillent se loger dans des marchés financiers et faire le bonheur des spéculateurs ?

Scénario pourtant répétitif d’un crédit subitement moins généreux, qui met en péril la bulle de l’endettement massif, tout en provoquant un effondrement boursier dont la combinaison déroule ses effets nocifs sur une activité économique et un taux du chômage érigés en victimes expiatoires…

Après l’euphorie, vient une déflation qui se répand sur l’ensemble des secteurs économiques, pendant que les Etats volent au secours d’un système financier autrefois champion des produits sophistiqués comme les subprimes. Les constructions financières ne sont-elles que des châteaux de cartes, donnant aux investisseurs et aux spéculateurs l’illusion de la richesse ?

Comment appréhender un instrument financier comme les subprimes, qu’il est pratiquement impossible – même aujourd’hui – de valoriser de manière fiable ?

Qu’à cela ne tienne : L’Etat, qui n’est providence que pour les investisseurs, soustrait ces instruments financiers toxiques aux affres (et à la cotation) d’un marché pourtant naguère encore bienfaisant.

L’hémorragie du système financier, les saignées boursières seront stoppées avec l’argent du contribuable : le destin du citoyen moyen est donc de sauver le spéculateur… Il est en effet écrit que les Etats dépenseront sans compter, dès lors qu’il s’agira de stabiliser le système financier, tandis qu’au même moment, les ménages devront subir des réductions drastiques de leur budget !
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Ombres chinoises

Trois articles – il y en a d’autres, mais nous avons trouvé ceux-ci particulièrement significatifs – sur l’Empire du Milieu.

Pour ceux qui pensent que la Chine dominera prochainement la planète, et pour les autres.

I – Chine et Etats-Unis butent sur leurs différends économiques

Les présidents américain et chinois ont soigneusement évité les sujets qui fâchent.

En visite en Chine cette semaine, Barack Obama et Hu-Jintao ont une nouvelle fois affiché leur volonté « d’adopter une stratégie de long terme et de développer les échanges et la coopération ».

En dépit de ces déclarations, les dirigeants n’ont pas avancé vers la résolution de leur principal contentieux économique : la sous-évaluation du yuan. Après s’être appréciée de près de 20 % en trois ans, la monnaie chinoise n’a pas bougé depuis l’été 2008. Elle reste fixée à 6,83 yuans contre 1 dollar, au grand dam des partenaires économiques de la Chine, au premier rang desquels figurent les Américains.

Barack Obama s’est contenté d’évoquer le sujet des changes, de façon très diplomatique, dans le communiqué publié à la fin de la rencontre. Le président dit avoir « noté l’engagement chinois, lors de précédentes déclarations, d’avancer progressivement vers un taux de change plus orienté vers le marché ». Et d’ajouter que « le faire sur la base des fondamentaux économiques serait une contribution essentielle à l’effort de rééquilibrage mondial ».

Derrière ces formulations prudentes, l’idée est toujours la même. Les Américains font pression pour que Pékin laisse s’apprécier le yuan, en soutenant que cela permettrait à la Chine d’être moins dépendante des exportations et de faire de sa demande intérieure, toujours très faible, un véritable moteur de croissance. Lire la suite

La reprise française passée au crible

Après les 0,3% enregistrés au second trimestre, le PIB a de nouveau progressé au troisième, dans les même proportions. Un “exploit”, selon Christine Lagarde, qui espère une fin d’année “sur les chapeaux de roues”. Ce sera peut-être plus compliqué…

“On réédite le même exploit qu’au deuxième trimestre. Ça me confirme dans l’idée que notre économie a vraiment pris le tournant de la reprise”. Christine Lagarde, qui s’exprimait ce vendredi depuis Singapour, est heureuse : le PIB a augmenté de 0,3% au troisième trimestre, d’après les données de l’INSEE, un taux similaire à celui observé au deuxième. A tel point que la ministre de l’Economie espère une fin d’année “sur les chapeaux de roues”. Voeu pieux ? LExpansion.com passe au crible la croissance française.

Le PIB. La France semble bel et bien sortie de la récession, mais le redémarrage, malgré les incantations de la ministre, est poussif. L’augmentation du PIB est plus faible qu’attendu, puisque le consensus des économistes anticipait une hausse de 0,5%. Elle est aussi moins élevée que chez notre principal partenaire, l’Allemagne, qui affiche un +0,7%. Enfin, elle se situe juste en dessous de la moyenne de la zone euro, qui se monte à +0,4%.

La consommation. Si la France peine à redémarrer, c’est, notamment, parce que la consommation des ménages patine. Or la consommation a été, pendant toutes ces dernières années, le principal moteur de la croissance française. Entre juillet et août, elle a été stable alors que, même au plus fort de la crise, au dernier trimestre 2008 et durant les deux premiers trimestres de cette année, elle avait continué de progresser, certes faiblement. “Il fallait s’y attendre”, note Jean-Christophe Caffet, économiste chez Natixis. “Les prix du pétrole sont repartis à la hausse, et l’emploi continue de se dégrader, ce qui pèse sur le pouvoir d’achat. Et ça ne va pas s’arrêter, car le chômage va poursuivre sa hausse et, en plus, les mesures du plan de relance, comme la prime à la casse, vont s’atténuer”. Ce ne sont donc pas les dépenses des Français qui vont amorcer la reprise annoncée par Christine Lagarde. Lire la suite