Espagne : Taxation des comptes bancaires, début du plus grand hold-up de l’Histoire ?

C’est parti : le 7 juillet, l’Espagne a décidé de taxer de façon rétroactive tous les dépôts bancaires de 0,03%. Et devinez pourquoi ? Pour relancer la croissance et la création d’emploi, bien sûr ! À chaque fois que nous nous disons « ils n’oseront pas » nous nous trompons. « Ils » c’est bien sûr les fonctionnaires omniscients et leurs conseillers intéressés. La chypriotisation, la confiscation des assurances vies en Pologne, les taux négatifs, la taxe Lagarde… Quelle couleuvre n’avalerait-on pas pour la croissance et l’emploi ?

Pourtant, pendant des milliers d’années, l’économie – c’est à dire la production de biens et services et les échanges commerciaux librement consentis entre bipèdes – s’est développée sans ces artifices. En effet, nous produisons plus qu’à l’Âge de pierre et les biens et services circulent plus librement qu’au XIXème siècle. Ce résultat a été obtenu le plus souvent malgré les taxes douanières, les escroqueries monétaires, de malheureux épisodes guerriers ; nous avons connu des hauts et des bas, mais sommes arrivés à produire et à échanger plus et mieux.

Aujourd’hui, toutefois, on nous explique que des administratifs et des fonctionnaires sont seul aptes à savoir ce qui est bon pour la croissance et l’emploi. Ce qui leur donne le droit de confisquer notre argent.

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Des embauches de plus en plus précaires

Si le CDI reste la forme la plus répandue d’emploi, et de loin, les embauches se font de plus en plus en contrats précaires, voire très précaires.

Alors que le chômage n’en finit plus de progresser, la précarité augmente-t-elle pour ceux qui trouvent un emploi ? Oui, à en croire l’explosion des embauches en contrats précaires. Selon une étude du ministère de l’Emploi publiée jeudi [24 juillet 2014], près de 92 % des intentions d’embauche étaient des CDD et des missions d’intérim en 2012 !

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Inégalité pour tous

Ancien secrétaire au Travail sous la présidence de Bill Clinton et actuel professeur à l’université Berkeley, Robert Reich soutient avec ferveur depuis toujours que l’accroissement des inégalités salariales constitue l’une des menaces les plus graves pour l’économie et la démocratie.

Analysant les origines de cette situation et ses conséquences à court terme, il pointe également les nombreux défis à relever avec cette facilité déconcertante qui lui est propre : celle de rendre accessible à tous des principes d’une grande complexité.

Pourquoi et comment l’accroissement insensé des revenus d’une infime minorité des plus riches, conjugué avec la fragilisation des classes moyennes, constitue la plus grande menace pour l’économie et la démocratie ?

Certes, la leçon d’économie que développe ici Robert Reich, ancien secrétaire au travail de Bill Clinton et actuellement professeur à l’université de Berkeley, n’est pas des plus réjouissantes pour qui ne verrait dans l’organisation de nos sociétés que beauté et justice.

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Pourquoi il faudrait travailler seulement 3 jours par semaine

C’est l’avis de Carlos Slim, magnat des télécoms mexicains et deuxième plus grosse fortune mondiale. Il estime que le monde du travail a besoin d’une «réforme radicale».

Et si nous avions tout faux dans notre manière de concevoir le travail aujourd’hui? C’est ce qu’a déclaré le multi-milliardaire mexicain Carlos Slim, lors d’une conférence d’affaires au Paraguay. Selon lui, il faut prendre en considération le fait que l’espérance de vie augmente considérablement, et doit donc se répercuter sur notre manière de travailler: il faudrait travailler moins, mais plus longtemps. «Les gens vont avoir à travailler davantage d’années, jusqu’à leurs 70 ou 75 ans… L’idéal serait de travailler 11 heures par jour, trois jours par semaine», estime Slim, qui a lui-même 74 ans.

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Les Français perdent une semaine par an dans les transports pour aller travailler

Combien de temps passez-vous dans les embouteillages ou dans les rames de métro ? Selon une enquête publiée lundi 30 juin, les Français mettent en moyenne 23 minutes par trajet pour se rendre sur leur lieu de travail, soit une semaine par an si l’on prend en compte les allers et les retours.

Sans surprise, ce sont les Franciliens qui passent le plus de temps dans les transports en commun et sur la route. Un tiers d’entre eux met plus de 45 minutes pour aller travailler et les automobilistes passent 60 heures par an dans les bouchons.

Ces chômeurs “invisibles” ou “découragés” qui doublent le nombre de sans-emploi

En cumulant les catégories A, B et C (les personnes ayant exercé une activité réduite), le nombre d’inscrits à Pôle emploi a augmenté de 34.300, soit 0,7%, pour s’élever officiellement à 5.020.200 en métropole et 5.320.000 en incluant les départements d’Outre-mer.

À Paris, le nombre de SDF a augmenté de 84% en dix ans

L’Insee et l’Atelier parisien d’urbanisme (APUR) ont publié ce jeudi [19 juin 2014] le résultat de leur étude complète sur le profil des sans-domicile fixe dans l’agglomération parisienne. Si on voit que leur nombre a explosé en dix ans, on apprend également que leur profil a beaucoup changé. De plus en plus de jeunes, de femmes et de familles se retrouvent à la rue.

Illustration parfaitement aléatoire – Source

Ils dorment dans la rue, dans des hébergements provisoires, bénéficient de la soupe populaire ou font la manche dans les coins de rue.

En 2012, les sans domicile fixe (SDF)* à Paris étaient au nombre de 28.800 dans l’agglomération parisienne : une augmentation de 84% depuis 2001.

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Stages en entreprises : Tremplin ou exploitation ?

Les députés doivent se prononcer le 26 juin sur la proposition de loi encadrant les stages des étudiants. Les sénateurs ont déjà adopté la version définitive de la proposition, qui prévoit notamment une augmentation, d’ici septembre 2015, de la rémunération accordée à ceux dépassant deux mois de stage.

Exceptionnels il y a encore quelques années, les stages en entreprise sont devenus quasiment la règle. S’ils peuvent être une très bonne école, ils sont parfois détournés de leur fonction première. Ainsi, certaines entreprises y voient l’occasion de faire travailler une main d’œuvre au rabais.

Une France qui sacrifie sa jeunesse

La France est pour une fois sur la première marche du podium, celui du classement des inégalités de générations. Elle a sacrifié sa jeunesse plus que n’importe quelle autre société développée, comme le démontre l’étude des niveaux de vie.

Niveau de vie selon la génération: le cas alarmant des jeunes Français – Écart de niveau de vie par rapport à la moyenne (à caractéristiques des ménages équivalentes) en %.

En sciences sociales, cet indice, construit à partir du revenu net après redistribution (donc après impôts et droits sociaux) et rapporté à la taille du ménage, est l’aune à laquelle se mesure la progression du confort dans une société.

Le niveau de vie relatif des trentenaires a perdu 17%

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Stiglitz : “Les inégalités aux Etats-Unis auront des conséquences dévastatrices”

Prix Nobel d’économie, Joseph Stiglitz prévoit, dans une interview à La Tribune, un affaiblissement de la croissance aux Etats-Unis, conséquence de la montée des inégalités qui bride la consommation de la plupart des ménages.

LE REVE AMERICAIN (jeu de société, 1979)

Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, était l’invité ce mardi de la Toulouse School of  Economics, qui organisait son deuxième Tiger Forum. En marge de cette réunion, l’économiste a accordé une interview à La Tribune.

Les revenus de 99% des américains ont stagné au cours des trois dernières années connues, alors que 1% d’entre eux ont eu droit à une hausse cumulée dépassant les 30%. Quelles sont les conséquences économiques de telles inégalités ?

L’économie américaine a tout pour aller bien. Des universités d’un haut niveau, de l’énergie bon marché grâce au gaz de schiste, un secteur high tech très performant… Et pourtant, sa croissance n’est pas si forte, avec, pour conséquence, un taux d’emploi qui reste en dessous de la moyenne des années 2000, et 20 millions de personnes cherchant en outre, sans succès, à passer du temps partiel au temps plein.

Cette croissance faible s’explique uniquement par la montée des inégalités, qui bride la consommation. Et cela va empirer. Le taux d’épargne est retombé à ses niveaux les plus bas. Car, si 20% des ménages parviennent à épargner un peu bon an mal an, 80% d’entre eux ne le peuvent absolument pas : ils dépensent déjà plus que ce qu’ils gagnent ! D’où une consommation bridée, et cela va s’aggraver.

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“Osons imaginer l’existence sociale en dehors du travail !”

Loic Wacquant, sociologue, explique que la société est prisonnière de mythes économiques tels quel le plein emploi et la croissance. Pourquoi la société ne parvient-elle pas à imaginer reconnaitre l’utilité d’autres activités en dehors du travail salarié et marchand? Pourquoi pas le faire grâce à un revenu universel?

Le chômage mondial continuera d’augmenter jusqu’en 2019

Selon les dernières projections de l’Organisation internationale du travail (OIT), le monde comptera 213 millions de chômeurs en 2019 contre 169 millions en 2007. La hausse est plus forte dans les pays développés.

Si l’Organisation internationale du travail (OIT) a réactualisé en légère baisse le nombre de chômeurs en 2013 dans le monde – à 199,9 millions contre 202 millions en janvier dernier – la tendance reste à la hausse. Plus de 213 millions de personnes seront privées d’emploi à l’horizon 2019.

«Nous prévoyons une progression sur les deux prochaines années et surtout l’emploi est loin de retrouver les niveaux d’avant crise», commente Raymond Torres, directeur du département de la recherche de l’OIT.

Ainsi, le taux de chômage dans les économies développées et l’Europe est passé de 5,8% à 8,3% entre 2007 et 2014 et sera encore à 7,5% à l’horizon 2019. Pis, dans la zone euro, durement impactée par la crise des dettes souveraines en particulier dans les pays périphériques, le taux atteindra 11,2% contre 7,5% en 2007.
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L’Unedic prévoit encore 300.000 chômeurs de plus en 2014 et 2015

La dette totale de l’assurance-chômage devrait dépasser 28,5 milliards en 2016.

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La courbe du chômage n’est pas près de s’inverser… Selon les dernières prévisions de l’Unedic, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits en catégorie A à Pôle emploi devrait encore bondir de 163.200 sur l’ensemble des années 2014 et 2015. Sur les trois premiers mois de l’année, il a déjà progressé de 42.000… Pis, si on ajoute aux inscrits de la catégorie A les chômeurs en activité réduite (recensés en B et C), la progression sur deux ans devrait dépasser cette fois-ci les 300.000 !

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L’inexorable paupérisation de la recherche

Deux ans après les Assises de la recherche qui avaient mis en évidence les problèmes structurels du système français, la situation des chercheurs ne s’est pas améliorée, au contraire.

Image du film Le Procès, d’Orson Welles (1962)

Il y a ceux qui pensent que la rentrée prochaine sera « chaude » et qui ne s’étonneraient pas de voir les blouses blanches descendre dans la rue, comme aux beaux jours du mouvement « Sauvons la recherche », il y a tout juste dix ans. Et ceux qui estiment au contraire que la communauté scientifique est passée du « ras-le-bol » à la « désillusion », que l’heure n’est plus aux tribunes dans les journaux ni même aux manifestations mais à la « désertion », au « courage, fuyons ! »… L’avenir dira ce qu’il en est.

Mais une chose est sûre : malgré les paroles réconfortantes­ du tout nouveau ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Benoît Hamon, lors du colloque dédié à la Stratégie nationale de la recherche – un exercice de prospective scientifique destiné à définir les 4 ou 5 grands axes autour desquels se concentrera le gros des forces de la recherche française en 2020 –, les chercheurs des laboratoires publics sont quasi unanimes pour dire que leurs conditions de travail se sont encore dégradées au cours des deux dernières années.

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Europe : “Sous-Smic” qui tapera le plus fort sur les jeunes ?

Un sous-smic pour les jeunes ? L’idée lancée cette semaine par le patron du Medef en a fait bondir plus d’un. Pourtant, il n’est pas le seul à se poser la question. La Grèce et le Royaume-Uni font déjà trinquer les jeunes, en modulant le smic selon l’âge. Les patrons espagnols et allemands aimeraient bien les imiter…

“Le Marché aux esclaves” – Gustave Boulanger (1882)

« Une marche d’escalier ». C’est ainsi que le président du Medef voit le salaire minimum en France. Le patron des patrons, Pierre Gattaz, a donc mis cette semaine les pieds dans le plat et le feu aux poudres à gauche, en proposant de raboter cette « marche »: il suggère l’instauration d’un sous-smic, dispositif « transitoire » et « temporaire » nécessaire à ses yeux pour relancer l’emploi en France.

Pascal Lamy avant lui

Une idée également défendue par l’ancien directeur de l’OMC, Pascal Lamy, le plus social-libéral des socialistes. Ce chantre de la flexibilité évoquait récemment les bienfaits potentiels pour l’économie française de « boulots pas forcément payés au smic »… D’autres, comme les économistes Élie Cohen, Philippe Aghion et Gilbert Cette, préconisent une évolution du salaire minimum, pour le rendre plus flexible et enrayer la « machine à chômeurs ».

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L’informatisation est-elle responsable du chômage ?

David Dorn, économiste au Centre des études monétaires et financières (Cemfi) de Madrid travaille sur l’impact de la globalisation et des nouvelles technologies sur les économies occidentales.

Invité à Paris par la chaire sécurisation des parcours professionnels de Sciences Po, il explique pourquoi il est faux de croire que l’informatisation est responsable de la montée du chômage.

Selon lui, elle détruit cependant les emplois des classes moyennes, conduisant à une préoccupante polarisation de nos sociétés entre bas et hauts salaires.

Selon vous, l’idée que l’informatisation nuit aux emplois humains est fausse. Pourquoi ?

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Le Japon compte sur les femmes et les immigrés pour relancer son économie

Lors de son discours mardi à l’OCDE, le Premier ministre japonais Shinzo Abe a annoncé vouloir ouvrir les portes de l’emploi aux femmes et aux immigrés. Une révolution culturelle au Japon, mais aussi une nécessité pour l’économie de l’archipel.

Shinzo Abe lors de sa visite officielle en Côte d’Ivoire le 10 janvier 2014, avec le président Alassane Ouattara

Je veux une société dans laquelle la femme puisse briller“, ou encore “le Japon doit devenir une terre d’espoir” pour les immigrés. Voilà des propos qui détonnent dans la bouche d’un dirigeant japonais. Ces mots ont pourtant bel et bien été prononcés par Shinzo Abe mardi matin au siège parisien de l’OCDE, lors d’un discours dressant un état des lieux des Abenomics, qui désignent son plan de relance de l’économie lancé il y a un an.

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