Chine : Le nouvel Empire

Une fresque en trois volets, passionnante et dense, qui retrace un siècle et demi de l’histoire de la Chine pour comprendre l’ascension fulgurante d’une superpuissance en devenir.

Partie 1: Ce premier volet dépeint la période qui va de l’avènement de la République populaire de Chine en 1949 à la mort de Mao Zedong en 1976.

Partie 2: L’ouverture libérale de Deng Xiaoping, le successeur de Mao, fait souffler un vent de réforme. Lire la suite

Il y a 3.000 ans le mondialisme entraînait déjà la fin d’une civilisation

Vers - 1177, la civilisation de l’âge de bronze moderne autour de la Méditerranée s’est brutalement effondrée. Il faudra attendre plusieurs siècles pour que la Grèce connaisse une renaissance culturelle. Que s’est-il donc passé il y a un peu plus de trois mille ans? C’est à cette question que répond le professeur d’histoire et d’anthropologie américain Eric H. Cline dans “1177 av. J.-C. Le jour où la civilisation s’est effondrée“, un livre fascinant.

Federico Barocci, La fuite d’Enée (1598)

L’auteur propose dans son ouvrage une exploration des différentes cultures du bassin méditerranéen de l’âge du bronze, en s’interrogeant en particulier sur la raison de leur rapide effondrement vers la fin du premier millénaire avant JC. Dès la préface et l’introduction, il pose clairement la question inscrite au cœur de son enquête: pourquoi des civilisations vieilles de plusieurs centaines d’années, organisées dans des empires stables et puissants, se sont-elles rapidement effondrées ? Quels facteurs faut-il incriminer ?

Ce monde formait un système, interconnecté, interdépendant, alimenté par un dense réseau. Les crises traversées par ces formations politiques se sont donc nourries les unes des autres, leurs effets se sont cumulés, et, quand les routes commerciales se sont effondrées, c’est l’ensemble de ce monde global qui a suivi.

La réponse à la question s’articule en quatre chapitres, allant du XIVe siècle au XIIe siècle avant notre ère. D’emblée, l’auteur s’attache à présenter le monde dans lequel on s’inscrit: si certaines civilisations sont relativement bien connues des lecteurs contemporains, comme l’Égypte du Nouvel Empire, d’autres le sont moins, et l’empire hittite, la Crète, la Grèce de Mycènes, sont ici fort bien présentées, au fil des sources.
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Propagande : “Je suis un occupant russe”

Traduction du dernier paragraphe:

Comprenez moi bien, je n’ai pas besoin de votre “liberté” hypocrite, je n’ai pas besoin de votre démocratie pourrie. Tout ce que vous nommez les “valeurs occidentales” m’est étranger. Mes intérêts sont ailleurs. Je vais vous le dire poliment une dernière fois : ne nous ennuyez pas ! Je construis la paix, je l’aime, mais je sais me battre comme personne.

Vocativ.com

Le dessous des cartes : Xinjiang, le grand ouest chinois

Au carrefour de la Russie, de l’Asie centrale et de l’Asie du Sud, la région autonome chinoise du Xinjiang est majoritairement peuplée de turcophones musulmans. Lieu de tensions interethniques, cette périphérie occidentale de la Chine connaît pourtant un développement accéléré.

“Les investissements, ajoutés à la large immigration han, sont vus par les Ouïghours comme un pillage organisé de leurs ressources et comme une colonisation de l’intérieur.”

“Aujourd’hui les Han se sont imposés comme l’élite économique et sociale du Xinjiang, Pékin mène une politique répressive envers la culture et la religion des Ouïghours. La majorité des Ouïghours est hostile à la tutelle de Pékin.”

Prenez un cachou, Karpov (Maj vidéo)

J’ai déjà indiqué ici, avec toutes les réserves qu’impose mon ignorance des détails, que la politique russe en Ukraine, et singulièrement à l’égard de la Crimée était, sinon prévisible, du moins fort logique, et même compréhensible. Je dis cela avec toute la froideur que requiert, au-delà de mon goût pour les bons mots et l’ironie, le suivi de l’actualité internationale.

Par aboudjaffar

L’évolution de la crise ukrainienne m’échappe largement car elle ne m’intéresse pas au-delà des articles lus ici ou là et qui relèvent de la culture générale.

Je reste, en revanche, extrêmement attentif aux arguments des uns et des autres, ici, en France, où ce qui aurait pu être un débat entre adultes a tourné au pugilat.

On assiste ainsi, depuis des semaines, à de fascinantes contorsions, à de merveilleux retournements de vestes, et même à des coming out venant d’un peu partout.

La rationalité, à supposer que certains en aient un jour été capables, a cédé rapidement le pas à des coups de menton qui cachent mal un mélange de fascination malsaine pour la force armée et une série de certitudes idéologiques, glanées à l’extrême gauche ou à l’extrême droite, qui ont en commun d’être à la fois creuses, incohérentes et nauséabondes.

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Ukraine : Horizons de la révolution

(Notre lecteur Boreas nous transmet la traduction d’un article de Olena Semenyaka, ukrainienne, professeur de philosophie à l’Université de Kiev. Merci à lui.)

Même quand la différence géopolitique entre l’Occident et la Russie existait encore, la Russie ne satisfaisait pas entièrement à la définition de la puissance tellurique [ou continentale, ndt]. J’ai déjà commenté l’opposition faite par Carl Schmitt entre le Nomos de la Mer (les puissances thalassocratiques, atlantistes) et le Nomos de la Terre (bloc tellurique, continental) en ce qui concerne les États-Unis et la Russie, qui a toujours été tenue pour acquise par Douguine.

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Haroun (Vadim) Sidorov, l’auteur de l’article « L’État russe en tant que nomade, anarchiste naturel et technocrate » (…) remarque assez que l’identité russe a toujours été plus nomade (la mobilité asiatique), contrairement à la paysannerie européenne qui est directement liée à la terre où elle vit et qu’elle défend (définition du Partisan de Carl Schmitt et, à propos, auto-description des disciples de Stepan Bandera).

Les traditions de l’État russe ont toujours été marquées par une centralisation bureaucratique élevée (monarchisme-absolutisme-despotisme), par opposition à la haute mobilité verticale européenne et à l’accent mis sur les droits de l’aristocratie et les libertés locales ; le servage a existé en Russie pendant longtemps, jusqu’au déclenchement même de la révolution.

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Opinions : la Pythie vient en mangeant

N’ayant rien d’intéressant à dire sur les derniers développements de la crise ukrainienne, il me semble important de le partager séance tenante avec vous. C’est dans ma nature, je suis d’une incroyable générosité.

par Abou Djaffar

La Russie semble donc sur le point de rappeler à qui veut l’entendre qu’elle est la puissance dominante dans la région. Je dis « semble » car pour l’heure l’invasion dénoncée par Kiev n’a pas provoqué d’affrontements. Les arrivées de navires dans la rade de Sébastopol, bien qu’inquiétantes, ne constituent pas un acte de guerre, même si elles en sont peut-être le prélude, et les actions, certes peu discrètes, des forces spéciales russes en Crimée depuis quelques jours, indiquent que

Moscou joue la partie à sa façon, ferme, sans se cacher, sans provoquer de combat, mais sans, manifestement, les craindre.

Les heures qui viennent diront s’il a été décidé de jouer la carte d’une partition de l’Ukraine, voire d’une annexion, mais il devrait être évident pour tout le monde que la Russie estime qu’une ligne rouge a été franchie lors des derniers mois et que ses intérêts sont, à ses yeux, intolérablement menacés.

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Gabriele Adinolfi : L’Imperium contre l’Empire

Gabriele Adinolfi est l’auteur de “Pensées Corsaires, abécédaire de lutte et de victoire” et de “Nos belles années de plomb“. Il dirige le centre “Polaris”, think-tank qui travaille dans les domaines de la géopolitique et des relations internationales principalement au niveau méditerranéen et européen.

Figure éminente de la droite radicale italienne, cofondateur de l’organisation Terza Posizione brisée par la répression du système dans les années 70, exilé politique en France pendant vingt ans, il est l’un des initiateurs du renouveau de la droite radicale italienne notamment par son implication auprès du mouvement d’orientation alter-nationale et sociale : Casapound Italia.

Après avoir évoqué en profondeur le modus operandi et les raisons de la stratégie de la tension qui ensanglanta l’Italie des années 70, Gabriele Adinolfi développe ensuite les bases de ce qu’on a longtemps appelé le nationalisme européen. Nationalisme européen qui pose comme idée centrale de sa vision du monde que la seule dimension valable pouvant permettre aux nations européennes de peser à l’échelle de la mondialisation et d’œuvrer à l’émergence d’un monde multipolaire reste la dimension continentale. La dimension européenne et carolingienne.


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L’Union européenne, c’est l’Empire et l’Empire, c’est la guerre

Par Thierry Baudet, juriste et historien néerlandais né en 1983. Docteur à la faculté de droit de Leyde avec une thèse sur la souveraineté nationale, il publie régulièrement des articles dans la presse néerlandophone, en particulier sur la question des droits de l’homme. Il est l’auteur de “Significance of borders” (Importance des frontières).

On a l’habitude de considérer que l’Union a assuré la paix en Europe. Or lorsque les États-nations cèdent leur souveraineté à des entités supranationales, cela mène au conflit, note de manière provocatrice l’historien Thierry Baudet. Voilà pourquoi il propose de dissoudre l’euro et de rétablir les frontières.

Les partisans du projet européen soutiennent, imperturbables, que le nationalisme conduit à la guerre et la construction européenne à la paix. Toute perte provoquée par Bruxelles sur les plans de la démocratie, de la souveraineté et de la transparence, serait en définitive compensée par un objectif noble : la paix.

Or cette supposition repose sur une erreur. Le nationalisme ne conduit pas à la guerre. L’ambition d’instaurer un Empire européen conduit à la guerre. L’ambition de faire entrer de force différents peuples dans un carcan mène à la guerre. En somme, c’est la construction européenne qui conduit à la guerre.

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Chine : Le Nouvel Empire

D’ici peu, la Chine deviendra la première puissance économique mondiale. Comment l’empire du Milieu s’est-il profondément transformé, depuis la révolution maoïste jusqu’à ce jour ? Réponses de Chinois politiciens, artistes, ouvriers, paysans ou intellectuels qui décrivent ces mutations radicales.

Le film propose, pour la première fois, une peinture globale d’un siècle d’histoire de ce pays, depuis la guerre de l’opium jusqu’à la future nomination de Xi Jinping à la présidence de la République Populaire.

Ce triptyque est un documentaire de référence permettant de mieux comprendre l’actualité et le futur de la Chine, en découvrant les multiples facettes de ce pays hors norme qui peut transformer le devenir du monde…

Partie 1 : La Chine s’éveille


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EXCLUSIVITÉ Fortune : Brzezinski et le réveil politique mondial

Extrait d’une conférence de Zbigniew Kazimierz Brzezinski, donnée fin septembre ou début octobre 2012 en Pologne. Brzezinski fut conseiller à la sécurité nationale du Président des États-Unis, Jimmy Carter, de 1977 à 1981.

« Une domination mondiale des États-Unis n’est plus possible. »

(Traduction et sous-titrage: Fortune)

L’idéal de l’Empire de Prométhée à Épiméthée

par Massimo Cacciari

Incontestablement, la période qui va de l’écroulement du « socialisme réel » à la nouvelle « grande crise » que nous traversons actuellement peut être définie véritablement comme une époque. Le terme Épochè indique, en effet, l’arrêt, l’interruption, mais non pas comme s’il s’agissait d’un espace vide, d’un intervalle. Il signifie, au contraire, un resserrement dans le cours du temps, une abréviation extraordinaire, dans laquelle ses caractères essentiels s’expriment comme contractés les uns sur les autres et les uns contre les autres. L’époque, de ce point de vue, n’est donc nullement un « temps long », mais le concentré de ses significations dans un spasme, qui les révèle et peut aussi, en même temps, les dissoudre.

Gustave Moreau : “Prométhée”

De ce même point de vue, on peut définir comme « époque » la grande guerre civile qui a anéanti la centralité politique de l’Europe entre 1914 et 1944 : trente ans seulement, à peine plus que « notre » 1989 – 2011. Dans l’époque, se précipitent évidemment des idées, des facteurs, des contradictions mûries dans le « temps long » – et c’est pourquoi il est impossible de la comprendre de manière isolée. Mais elle assume toutefois une valeur révélatrice et déploie les mêmes éléments qui étaient déjà à l’œuvre selon des dimensions et des énergies nouvelles.

Alors que, précisément, toute « normalité » est arrêtée, ce qui semblait à première vue normal et facilement prévisible dans ses développements s’exprime désormais selon des formes inattendues et inquiétantes. Dans un certain sens, l’époque assume toujours une valeur « apocalyptique ». Conséquence évidente de cet état de choses : l’affirmation d’une extraordinaire porosité des mots. Leur puissance « apophantique » décroît redoutablement. Le rapport entre les mots et les choses qu’ils devraient désigner se fait dans la plus grande insécurité.

Que signifient aujourd’hui les mots démocratie ? marché ? paix ? Ou encore : nous avons fait l’unité européenne – mais que signifie l’Europe ? l’Occident ? Ainsi, le terme époque résume aussi en soi sa profonde signification sceptique : toute époque authentique se révèle également en tant que doute radical sur son propre passé et ne s’ouvre au futur que de manière hasardeuse.

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Les villes fantômes et barbares de l’American Dream

Le nombre de villes quasiment insolvables ou d’ores et déjà en faillite aux USA ne cesse d’augmenter, imposant une économie urbaine d’apocalypse, avec une régression extraordinaire de tous les services publics. Les échos de cette situation sont de plus en plus nombreux et montrent l’absence totale de programmes nationaux, d’efforts du gouvernement central pour tenter d’enrayer cette tendance. Bien entendu, le gouvernement est lui-même enfermé dans une dette colossale et dans des dépenses colossales pour une politique étrangère de guerres multiples, d’aides à l’étranger pour conserver son hégémonie, d’un réseau de plus de 900 bases à travers le monde. L’Empire se vide de l’intérieur tandis qu’il continue à exercer sa violence extérieure sans aucune contrainte.

The Observer du 15 juillet 2012 consacre un reportage à la ville de Scranton, en Pennsylvanie, sur le point d’être déclarée en faillite. Cela permet d’évoquer le problème général du tissu urbain US, confronté à une situation de crise de “barbarisation” sans précédent. (…)

Le 16 juillet 2012, le site The Economic Collapse consacre un long article à la situation dans douze grandes villes des USA, surtout du point de vue sécuritaire. (L’article donne un très grand nombre de liens renvoyant à des articles publiés sur la situation dans ces villes.) Parmi ces douze villes, on trouve Chicago, Detroit, Philadelphie, Cleveland, St Louis, New Orleans, Oakland, Baltimore… La réduction radicale des services publics, notamment de la police, des pompiers et des services sanitaires, entraîne un effondrement de la sécurité, une augmentation catastrophique du banditisme, l’abandon des taches fondamentales d’entretien du domaine public, avec des quartiers entiers vivant en état de quasi sécession par rapport à l’ordre public, non seulement “zones de non-droit” mais zones détachées même de la référence du droit. Les statistiques nous donnent la référence froide de cette situation (la ville de Flint, dans le Michigan, détient un record, avec un coefficient d’assassinats plus élevé que celui de Bagdad). Certaines scènes font penser à des films hollywoodiens sur la barbarie post-postmoderne s’installant dans les lieux de la civilisation après de grandes catastrophes ou la désintégration de tout l’ordre social. Ainsi, de la ville de St Louis, avec ce “détail” qui nous a particulièrement frappé, où la barbarie et la sauvagerie que produit ce Système semble tout frapper, – à la fois la situation sociale, l’être humain, l’animal, absolument tout…

«The following is from a report by the local CBS affiliate in St. Louis… Lewis Reed is sounding the alarm. “I’ve witnessed packs of dogs, 10 and 15 dogs running together, and I’ve seen all these dogs I’m talking about they don’t have collars, they don’t have tags, these are truly wild dogs,” he said. Reed says stray dogs are terrorizing the north side. “It’s obscene that parents have to walk their kids to school, in some parts of the city, with a golf club to fend off wild dogs.”»

[La suite provient d’un rapport du correspondant de CBS à Saint Louis. Lewis Reed tire la sonnette d’alarme. “J’ai été témoin de meutes de chiens, 10 à 15 chiens, courant ensemble, et j’ai remarqué qu’ils n’ont ni collier ni tatouage ; ce sont de véritables chiens sauvages” dit-il. Reed dit que des chiens errant terrorisent la partie nord de la ville. “Il est effarant que des parents, dans certaines parties de la ville, aient besoin d’accompagner leurs enfants à l’école avec des clubs de golf pour repousser des chiens sauvages”. - (Merci à Irminius pour la traduction)]
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L’arnaque de la dette et l’escroquerie politicienne

La «crise» grecque rapportée par les médias a levé une partie du voile qui recouvre le système financier soigneusement caché aux yeux des peuples.

Cette crise qui affecte tous les pays soumis à l’imperium étasunien, c’est à dire les pays de l’OCDE, a pour effet de conduire ces peuples soumis à l’appauvrissement et à une immense pression pour que leur soient soustraits des avantages sociaux acquis de longues luttes.

Il est donc légitime de se poser des questions sur la réalité de cette crise et des mécanismes qui l’induisent.

La découverte du système d’endettement des nations et des «crises» induites par des difficultés de remboursement de certains pays, nous incite à nous intéresser à des mécanismes financiers particulièrement opaques et pour cause. La découverte du fonctionnement du système révèle une immense arnaque. Le fait que les politiciens de toutes obédiences de droite comme de gauche couvrent cette arnaque et en défendent les rouages est particulièrement grave et pose question sur leur dépendance.

L’imposition du Dollars, de l’Euro, de Union Européenne et de la dette obligatoire forme un système qui permet à la fois aux USA de conserver une valeur à leur monnaie et d’alimenter leur industrie d’armement mais aussi permet à une oligarchie très limitée en nombre de s’enrichir d’une manière considérable.

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/a79ab890-0a6b-11df-811c-d996489948b4/

Démontage d’une arnaque

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Saisies immobilières et SDF aux USA

La descente aux enfers des USA se poursuit. Le 29 décembre 2010, l’Office of the Comptroller of the Currency, l’organisme gouvernemental de tutelle des banques aux USA, a publié son rapport sur la situation des crédits immobiliers au troisième trimestre 2010.

Ce rapport concerne 33,3 millions de prêts immobiliers (non commerciaux) totalisant 5.907 milliards de dollars. Il nous éclaire en particulier sur les saisies immobilières et, contrairement à ce que l’on martèle quotidiennement, la situation économique s’aggrave de jour en jour, dans une Amérique qui sombre dans le chaos.

Village de tentes à Sacramento (Californie), en 2009

Les procédures de saisies immobilières ont ainsi progressé de 4,5 % depuis le début de l’année 2010, passant de 1.149.461 à 1.201.622 (page 9/65 du rapport) et les saisies effectives ont explosé, avec 57,5% d’augmentation par rapport à 2009 (page 42/65 et 45/65 du rapport).

Le cap des 13.000 procédures de saisies par jour a été franchi !

Plus grave encore, les catégories les moins risquées de ces prêts (prime) sont sévèrement touchées avec 67,7% d’augmentation par rapport à 2009 (page 45/65).

Heureusement que la crise est terminée !

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La disparition des États-Unis en tant que superpuissance mondiale

Par Alfred W. McCoy, professeur d’histoire à l’Université de Wisconsin-Madison. Auteur régulier pour TomDispatch, il préside également le projet “Empires in transition”, un groupe de travail mondial de 140 historiens, provenant d’universités issues de quatre continents.

Un atterrissage en douceur pour les États-Unis d’ici quarante ans ? N’y pensez pas ! La disparition des États-Unis en tant que superpuissance mondiale pourrait survenir bien plus vite que ce que l’on imagine. Si Washington rêve de 2040 ou de 2050 comme date de fin pour le « Siècle Américain », une estimation plus réaliste des tendances aux États-Unis et dans le monde laisse penser qu’en 2025, exactement dans 15 ans, tout pourrait être pratiquement terminé.

Malgré l’aura d’omnipotence que la plupart des empires projettent, un regard sur leur histoire devrait nous rappeler que ce sont des organismes fragiles. L’écologie de leur pouvoir est si délicate que lorsque les choses commencent à aller vraiment mal, les empires se désagrègent généralement à une vitesse incroyable : juste une année pour le Portugal, deux années pour l’Union Soviétique, 8 pour la France, 11 pour les Ottomans, 17 pour la Grande-Bretagne et, selon toute vraisemblance, 22 ans pour les États-Unis, à partir de la cruciale année 2003.

Les futurs historiens identifieront probablement l’invasion irréfléchie de l’Irak par l’administration de George W. Bush, cette année-là, comme le commencement de la chute de l’Amérique. Cependant, à la place du bain de sang qui a marqué la fin de tant d’empires du passé, avec des villes qui brûlent et des civils massacrés, cet effondrement impérial du 21ème siècle pourrait survenir de façon relativement discrète, par les circonvolutions invisibles de l’effondrement économique ou de la guerre cybernétique.

Mais n’ayez aucun doute : lorsque la domination mondiale de Washington prendra irrémédiablement fin, il y aura des souvenirs quotidiens douloureux de ce qu’une telle perte de pouvoir signifie pour les Américains de tous les milieux. A l’instar de ce qu’une demi-douzaine de nations européennes ont découvert, le déclin impérial tend à avoir un impact remarquablement démoralisant sur une société, apportant ordinairement des privations économiques pendant au moins une génération. Au fur et à mesure que l’économie se refroidit, la température politique monte, déclenchant souvent de sérieux troubles.

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Brève histoire de l’oligarchie en Russie

Par Xavier Moreau

Mikhaïl Khodorkovski

Le mot oligarque symbolise à lui tout seul l’histoire de la Russie de ces vingt dernières années et nous le trouvons utilisé pour désigner tout et n’importe quoi. Ce terme qui, au milieu des années 90, était synonyme de puissance et était ouvertement revendiqué est aujourd’hui récusé par les grandes fortunes de Russie, tant il est lié aux pires heures de l’ère Eltsine.

L’oligarchie a fortement évolué tout au long de la période. Certains oligarques sont tombés dans l’oubli, d’autres ont fui ou sont en prison. Les plus pragmatiques se sont adaptés en renonçant à toute prétention politique, ce qui rend d’autant le terme inadéquat pour les désigner aujourd’hui.

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Hu Jintao fossoyeur du made in France

Le Président Hu Jintao – qui s’est vu dérouler le tapis rouge – a quitté les terres françaises. Cette visite d’État révèle la toute-puissance de la Chine. Peut-on se permettre de tourner le dos à cet empire qui pourtant ne concourt pas à la défense de nos intérêts nationaux ?

Il est parti. Ouf ! Les Parisiens et les Niçois peuvent reprendre une vie normale. Mais au-delà des embouteillages et des caprices de la « star », la visite du Président Chinois est la démonstration parfaite de la toute-puissance de la Chine. Une toute-puissance que vient de couronner le magazine Forbes, qui affirme aujourd’hui que le nouvel homme le plus puissant de la planète n’est plus Barack Obama, mais Hu Jintao, justement.

Sa visite en France aura donc été placée sous le double signe de la brosse à reluire et du carnet de chèque. Sous le signe de la brosse à reluire, tout d’abord, avec un accueil somptuaire, des déclarations dithyrambiques sur l’amitié indéfectible entre la France et la Chine (alors que ces deux pays sont en froid depuis 2008), de « vraies convergences » sur certains sujets (notamment ceux que seront abordés lors du prochain G20), des partenariats aux bénéfices réciproques… Le pays des Bisounours, quoi !

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Poutine, de Gaulle russe !

Par Marc Rousset

Poutine, c’est l’homme que les Américains n’attendaient pas et qui a non seulement redressé la Russie, mais l’a sauvée du dépeçage en trois tronçons envisagé par Zbigniew Brzezinski, de l’exploitation de ses ressources naturelles par les groupes étrangers, de l’encerclement par l’O.T.A.N.

Intronisé par Eltsine, il a su très habilement s’imposer progressivement en changeant l’orientation politique du pays, après quelques hésitations vis-à-vis des États-Unis, tout en se débarrassant des encombrants oligarques. Par son action, Poutine a d’ores et déjà sauvé la Russie, mais il va aussi probablement sauver l’Europe occidentale, en lui proposant une aide et un autre modèle que le droit de l’hommisme décadent, de façon à ce qu’elle puisse se libérer du protectorat militaire américain.

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L’influence atlantiste en Allemagne et en Russie

Par Michel Drac

Par commodité, nous réputerons ici que l’ensemble USA/Grande-Bretagne/Israël constitue une entité capable d’agir de façon coordonnée sur le plan géopolitique. Nous appellerons cette entité : l’Empire.

Cet Empire est confronté à son déclin. Sa réaction est maintenant visible. Confronté à un défi géostratégique qu’il ne parvient pas à relever, celui de la Chine ; confronté encore à la volonté manifeste de la Russie de se poser en acteur géostratégique de premier plan, à nouveau ; confronté, enfin, au risque de voir l’Europe échapper à son assujettissement, l’Empire a choisi de combattre, pour l’instant, en usant de stratégies d’influence. L’attaque sur l’Iran, pour l’instant toujours, n’a pas eu lieu. La guerre ouverte n’est pas, à ce stade, l’option choisie par les dirigeants de l’Anglosphère (et de son annexe israélienne).

Cela peut changer du jour au lendemain, bien sûr.

Mais jusqu’ici, l’influence semble bel et bien la stratégie privilégiée. Elle prend la forme d’une entreprise de cooptation sélective des élites des puissances que l’Empire doit ou conserver en sujétion (l’Allemagne et la France, pour faire court), ou tenir en respect (la Russie).

Le point sur la question.

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L’empire américain est ruiné par ses guerres

Les USA se ruinent à vouloir maintenir leur statut de super puissance par de coûteuses guerres et un budget militaire gigantesque financés à crédit. Pour Eric Margolis, le complexe militaro-industriel, contre lequel le président Eisenhower avait mis en garde lors de son discours d’adieu, entraîne le pays vers sa chute et Obama, comme son prédécesseur, abuse ses concitoyens en recourant à l’emprunt pour continuer à maintenir l’illusion d’un empire aujourd’hui vacillant.

Le président américain Barack Obama a qualifié d’étape importante, dans le rétablissement de la santé économique de l’Amérique, le budget de 3.800 milliards de dollars US qu’il vient de soumettre au Congrès.

En fait, il s’agit d’une nouvelle forte dose donnée à un malade souffrant d’une grande dépendance à une drogue dangereuse : la dette.

Plus d’empires sont tombés à cause d’une politique budgétaire inconsidérée, qu’en raison d’une invasion. Le dernier exemple en a été donné par l’Union soviétique, qui s’est ruinée en achetant des chars.
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Que faire pour surmonter la crise ? La “stratégie Alpha”

Une tribune libre de Michel Drac

Faut-il trembler pour ses placements à la banque ?

Réponse : oui.

En dépit de leurs bénéfices souvent plus que confortables depuis dix ans, beaucoup de groupes bancaires français sont fragiles.

Les récentes augmentations de capital de BNP-Paribas (4,3 milliards d’euros) et de la Société Générale (4,8 milliards d’euros) eurent pour motivation officielle le remboursement des aides d’Etat. Outre que cela revient à dire qu’on recourt à l’épargne publique pour refinancer indirectement un Etat surendetté, ce qui en soi est déjà assez malsain, ce n’est de toute façon pas la raison réelle.

La raison officieuse, mais assez évidente, est plutôt à chercher du côté des très mauvais ratios dettes sur capitaux propres de ces établissements, lesquels ont eu recours, depuis dix ans, à des effets de levier phénoménaux.

Ce ratio, en bonne gestion, ne doit pas excéder, pour une banque, le niveau approximatif de 10. Or, il avoisine 30 pour les grandes banques françaises.

On a calculé que pour leur redonner une structure de bilan stable, il faudrait injecter au bas mot 200 milliards d’euros de capitaux propres. Autant dire que les augmentations annoncées récemment ne sont qu’une goutte d’eau par rapport à l’ampleur réelle du problème.

On objectera qu’en regard de leurs dettes, ces établissements possèdent des actifs colossaux. C’est vrai. Mais comme ces actifs renvoient pour l’essentiel à des créances sur des acteurs économiques eux-mêmes surendettés (ménages, entreprises, Etat), les banques françaises sont potentiellement le fusible qui, en sautant, apurera tôt ou tard l’énorme bulle de l’endettement. En France, comme ailleurs en Europe, au demeurant (les banques allemandes sont tout aussi fragiles). Lire la suite

Le FMI attaque l’Europe

Le FMI ne tarit pas de critiques envers l’Europe. Laxiste, dépensière, il est temps de la “réformer.” Entendez par là baisser les prestations sociales, privatiser les services publics, démanteler le droit du travail. Les États-Unis qui pilotent le FMI et le milieu des affaires qui est aux commandes de l’économie pressent l’Europe de se dépouiller au plus vite de ses protections sociales. Que signifie l’arrivée du FMI sur la scène européenne ? Quel sont ses résultats passés ? Quel rôle jouent les États-Unis dans ce processus ? Éléments de réponse.

Le FMI qui a un bilan totalement désastreux dans les pays pauvres (voir les documentaires présentés ici) étend en ce moment sa politique à l’Europe. Depuis la fin des accords de Bretton Woods, cette institution pilotée par les États-Unis (majoritaires en voix) a systématiquement prôné la privatisation et la suppression des politiques sociales (fin des remboursements des frais de santé, fin des services publics etc.)

Si les peuples ne se défendent pas de façon concertée, il est probable que l’irruption du FMI sur la scène européenne ne signe le début d’un processus de tiers-mondisation du continent.

Il n’a jamais été présenté un éventail de remèdes disponibles à chaque pays selon sa situation propre, comme cela se pratiquait à la Banque Mondiale avant 1973. Ce sont toujours les mêmes recettes qui sont appliquées sans distinction et présentées comme une panacée par le FMI.

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Comme prévu

Une tribune libre de Michel Drac

Le déroulement de la Deuxième Grande Dépression, jusqu’ici, correspond exactement à ce que l’on pouvait attendre. La seule surprise est qu’il n’y a pas de surprises. L’Occident implose, l’Empire américain se disloque, les économies émergentes souffrent mais s’en sortent correctement, et l’oligarchie financière, pour se sauver elle-même, dévore la substance de l’économie réelle.

Comme prévu, quoi.

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“Comment j’ai liquidé le siècle”

Présentation du roman “Comment j’ai liquidé le siècle,” fortement inspiré de la réalité. Avec son livre, Flore Vasseur autopsie l’oligarchie financière, prisonnière de sa sophistication, de ses dogmes morbides, qui va dévaster le monde. C’est la chronique d’une explosion définitive préfigurant la prochaine étape du capitalisme.

La planète est un Monopoly, les entreprises des sigles à la pelle, les cadres, les fantassins du grand capital. Le monde bosse pour nous. Nous n’apparaissons jamais. Nous, les banquiers, vivons leveragés, hyperendettés. Nous n’avons jamais mis le pied dans une entreprise, ce repaire de besogneux [...]. Les pires truands de la planète sont comme moi. ils financent la lutte contre le paludisme, créent des écoles en Afrique, investissent dans l’éolien. ils écoutent Bono comme le Messie, veulent serrer la main d’Angelina Jolie. Ils cherchent une rédemption dans l’art, investissent dans n’importe quoi. Je suis un enfant du fascisme occidental. Je veux appuyer sur la touche ” échappe “.

Fils de plombier à Clermont-Ferrand, Pierre s’est réfugié dans les mathématiques pour oublier une enfance désespérante. Devenu polytechnicien, trader richissime, roi du quant au Crédit Général, il conçoit des programmes de calcul systémique qui engrangent des milliards. Mais sa vie est un désastre affectif. Ses rares sentiments sont pour une prostituée tendre et drôle. Parce qu’il frôle à la fois le génie, le néant et l’absurde, il est convoqué à New York par Mme Krudson qui dirige d’une main de fer le Bilderberg, un rassemblement transatlantique secret qui domine le monde. Incapable d’accepter la fin de la suprématie américaine au profit de la Chine, Mme Krudson décide de faire sauter le capitalisme pour mieux le sauver en infiltrant les systèmes informatiques et financiers mondiaux. scénario terroriste redouté par le FBi. Pierre n’a pas le choix : liquider ce monde de chiffres n’est-il pas le moyen de recouvrer sa vie d’homme ?

Le coup d’Etat silencieux

L’année 2010 est en train de marquer une rupture dans notre histoire institutionnelle, qu’il ne faut pas hésiter à qualifier de « coup d’Etat ».

Darth Sidious, personnage "méchant" de la série cinématographique "La guerre des étoiles" (1)

Jusqu’ici, on considérait que les gouvernements tiraient leur légitimité du peuple, dont la volonté s’exprimait lors des élections et à qui ils devaient rendre des comptes en fin de mandat.

Ce type de régime a progressivement été vidé de sa substance, sous l’influence de la démocratie d’opinion, des normes supranationales européennes, des exigences de la compétitivité dans une économie ouverte, ainsi que d’un jeu politique qui n’offre le choix qu’entre un libéralisme social et un social-libéralisme.

Mais le principe démocratique demeurait, au moins en théorie, même s’il apparaissait de plus en plus comme une fiction. Le principe est en train de sauter sous nos yeux, depuis quelques mois. Désormais, un autre type de souveraineté est en passe de se substituer à celle de la volonté du peuple.

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La fin du mirage britannique ?

Alors que la plupart des projecteurs médiatiques sont braqués sur la Grèce, aux dernières nouvelles les taux d’intérêts sur la dette de ce pays viennent d’ailleurs d’atteindre le chiffre délirant de 13%, la Grande-Bretagne vit une situation en tout point similaire, voir même plus grave.

Mais étrangement, point de panique sur la City dans nos médias, il est vrai qu’ils ne s’inquiètent guère non plus de la situation US, forcément meilleure puisque super Obama résout tout les problèmes.

Les britanniques traversent également une crise politique qui rend le pays complètement ingouvernable, le déclin des travaillistes est certain, mais le pays possède trois grandes formations politiques capables de peser et le futur vote du 6 mai prochain risque de ne pas donner de majorité claire. Ce qui devrait favoriser les petits partis extrémistes comme le BNP (British National Party) qui pourront jouer des alliances pour permettre aux grands partis de former une majorité, c’est d’ailleurs l’un des gros problèmes du vote à la proportionnelle [en fait, le scrutin est majoritaire, à un tour - NDLR] que cette situation souligne.

L’autre petit parti qui pourrait peser étant l’UKIP, dont j’aimerais qu’il y ait l’équivalent en France, car il réclame l’indépendance de la GB et la sortie pure et simple de l’union Européenne, tout un programme auquel je ne peux qu’adhérer. Bien sûr, ce parti est qualifié d’extrémiste par le système médiatique, puisque l’UE est forcement notre avenir…

Mais quel que soit le prochain parti au pouvoir, il va devoir affronter une situation économique particulièrement préoccupante. Les poumons de l’économie britannique ont tout simplement cessé de fonctionner, la dévaluation a certes arrangé les choses sur le déficit commercial, preuve que oui, cela aide, mais le déclin du pétrole en mer du Nord et l’hypertrophie du secteur tertiaire et financier, tout comme le déclin industriel, ne préparent pas à l’optimisme.

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Implosion occidentale et croissance chinoise

Une tribune libre de Michel Drac

La plupart des Occidentaux sont encore aujourd’hui convaincus que les USA possèdent une économie infiniment plus puissante, performante et créatrice de richesses que l’économie chinoise.

Il est fréquent qu’on vous oppose, quand vous évoquez la montée en puissance de la Chine, le ratio qui existe entre le PIB US au taux de change courant (14 400 milliards de dollars en 2008) et son équivalent chinois (4 300 milliards pour la même année), soit à peu près le chiffre magique de 3.

Voyons, comment pouvez-vous évoquer une situation de quasi-parité entre Chine et USA en termes de puissance économique, alors que le PIB des USA est trois fois plus gros que celui de la Chine ? Et comment pouvez-vous dire que le système US n’est pas forcément plus performant que le système chinois, alors que les USA, quatre fois moins peuplés que la Chine, ont un PIB trois fois plus important ? Voyons, le PIB par habitant des USA est 13 fois plus élevé que celui de la Chine !

Pour mesurer à quel point ce type d’interrogation est en soi révélateur de la confusion carte/territoire qui constitue, dans l’actuelle phase de paraphrénie collective, l’essence du mode de pensée de nos contemporains occidentaux, il faut ici rappeler quelques évidences.

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Qui veut acheter les Etats-Unis ?

Ou plutôt : “qui le veut ENCORE” ? C’est la question que pose l’économiste suisse Michel Santi.

Avec un montant total de 529 milliards de dollars sur les neuf premiers mois de l’année 2009, les ménages américains – échaudés par la crise et donc, en mal d’investissements sécuritaires – se sont révélés les plus gros consommateurs de bons du Trésor de leur pays, raflant ainsi 45% de toutes les nouvelles émissions de papiers valeurs US et contribuant, de manière décisive, à maintenir les rendements sous pression.

Quant à la Réserve Fédérale US, elle s’est montrée, l’an dernier, championne toutes catégories dans l’acquisition d’obligations émises par des instituts proches de l’Etat Fédéral (comme Fannie Mae et Freddie Mac entre autres), puisqu’elle a effectivement dépensé plus de 800 milliards de dollars à cet effet sur la même période, alors que les investisseurs étrangers, eux, ont, pour solde, écoulé pour quelques 110 milliards de dollars de ces obligations…

L’hyperactivité de la banque centrale américaine qui, prétextant les baisses de taux quantitatives, a acquis 50% des nouvelles émissions de la trésorerie américaine au deuxième trimestre 2009 et près de 30% de ses émissions au trimestre suivant, a été relayée – et soutenue – par le consommateur US, qui s’est montré extrêmement friand, vis-à-vis d’un type de placement qui s’apparente plus, aujourd’hui, à un gigantesque schéma de Ponzi qu’à une dette souveraine AAA !

Certes, les Etats-Unis – et avec eux le reste du monde – doivent-ils à ces baisses de taux quantitatives – et donc, en partie, aux ménages américains – d’avoir pu maintenir leurs taux proches du zéro et d’être, ainsi, en mesure d’injecter force liquidités dans leur système financier au bord de la banqueroute. Pour autant, ces ménages – et ce consommateur – US, représentent pour Wall Street une proie facile à convaincre – et à plumer -, dans une conjoncture où la trésorerie américaine éprouve une peine dramatique et sans précédent à écouler ses bons en direction de son marché traditionnel, à savoir à l’étranger.

Il est effectivement de notoriété publique que c’est l’appétit de l’investisseur non américain – privé, institutionnel et gouvernemental – qui a autorisé la trésorerie US à procéder, ces vingt dernières années, à des levées massives de fonds, ayant financé tout à la fois le train de vie du Gouvernement (guerres comprises), la consommation caricaturale du citoyen moyen et, au passage, quelques bonnes bulles spéculatives… Les autorités américaines ont néanmoins trouvé, aujourd’hui, une parade bien pratique pour contourner cette volte-face des investisseurs étrangers.
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Le nouveau monde

Les grands équilibres économiques et géopolitiques se modifient à un rythme stupéfiant ; la Chine, l’Inde et le Brésil contestent l’hégémonie américaine.

«Aux habitants des pays pauvres, nous promettons de travailler à vos côtés pour faire en sorte que vos fermes prospèrent et que l’eau potable coule, de nourrir les corps affamés et les esprits voraces. Et à ces pays qui comme le nôtre bénéficient d’une relative abondance, nous disons que nous ne pouvons plus nous permettre d’être indifférents aux souffrances à l’extérieur de nos frontières, ni consommer les ressources planétaires sans nous soucier des conséquences. En effet, le monde a changé et nous devons évoluer avec lui.»

Dans son discours d’investiture, le 20 janvier 2009, Barack Obama résume à grands traits son ambition et les nouvelles réalités qu’il s’apprête à affronter. Le monde, en effet, a beaucoup changé et bascule vers un nouvel équilibre. On le devinait, les indices s’accumulaient.

Les grands chiffres économiques le confirment : en 2009, la Chine est devenue la première puissance exportatrice devant l’Allemagne. En 2010, cette même Chine détrônera le Japon et deviendra la seconde économie du monde. L’Inde, dont on a sous-estimé les réformes et le parcours, retrouve peu à peu la place qui fut la sienne durant des siècles (voir infographie) par le seul fait de sa population. Le Brésil, le pays du président Luiz Inácio Lula, a trouvé la fierté et l’assurance qui lui manquaient. Pour la première fois de son histoire, le géant vert du continent sud-américain a réduit sa dette et prêté au FMI les milliards qu’il redoutait, il y a peu encore, de devoir emprunter.

Si la monnaie est bien le reflet de la richesse d’une nation, ainsi que l’affirme la théorie économique, le cours du dollar témoigne de la fin d’une hégémonie qu’on accorde à un empire tout-puissant, sans rival à sa taille. Lire la suite