Emmaüs, le business de la misère ?

Tous les ans à la mi-juin, Emmaüs fête l’action de ses Compagnons et ouvre ses portes aux amateurs de meubles de récup’ pas trop chers. Affluence assurée : le mouvement créé par l’Abbé Pierre à l’hiver 1954 occupe toujours une place à part dans le cœur des Français.

Mais aujourd’hui, ses principes fondateurs d’accueil inconditionnel de tous les exclus et de préparation à la réinsertion sont-ils encore respectés ?

Au fil du temps, le mouvement de solidarité n’a-t-il pas adopté un fonctionnement de plus en plus proche de celui d’une simple entreprise commerciale ?

C’est cher d’être pauvre

Chauffage, électricité, logement, mutuelle santé, assurance, crédit bancaire, téléphonie mobile : plus on a un budget serré, et plus on paie cher. Un paradoxe qui ne semble choquer personne.

Et pourtant, Martin Hirsh, ex-Président d’Emmaüs France, a publié « Cela devient cher d’être pauvre », aux éditions Stock en 2013. Un livre qui dénonce cette double peine. C’est de ce constat que les journalistes d’Envoyé spécial ont enquêté sur ce phénomène qui pénalise les ménages les plus fragilisés.

Inventeur du revenu de solidarité active (RSA), Martin Hirsch explique dans son livre que, sur une année, un ménage avec un enfant, locataire d’un 70 m2 et ayant 1.540 euros ressources par mois va, sans s’en rendre compte, payer 1.025 euros de plus de charges fixes diverses que le même ménage gagnant 3.300 euros et louant 90 m2…

Quand on est pauvre, payer un loyer en ville, alors que le prix au m2 est plus cher pour les petites surfaces, est de l’ordre de l’impossible. Mais gagne-t-on à s’installer en banlieue ? Certes, le loyer est moindre, mais pour se rendre à son travail, il faut une voiture, ou une carte de transports multi-zones. Parfois, il faut les deux ! Au final, entre carburant et passe Navigo, les ménages se retrouvent à payer plus cher.
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Suisse : Les Roms maîtres des collecteurs d’habits

En deux ans, le phénomène n’a fait que s’amplifier. Aujourd’hui, les Roms se sont proclamés patrons des 286 boîtes à habits réparties à travers le canton. Ils n’hésitent plus à scier les bennes à la disqueuse ou à poser leurs propres cadenas en lieu et place de ceux d’Emmaüs. Sans considération pour les autres personnes dans le besoin, en Suisse ou à l’étranger.

Pire, certains indélicats osent faire le guet devant les collecteurs et exigent que les fringues leur soient remises directement­. Pour un usage personnel et, surtout, pour revendre les fripes en bon état, estiment les organismes.

«Des gens nous appellent pour dire qu’ils n’osent plus se rendre aux bennes, indique-t-on à Emmaüs. Nous leur répondons, de même qu’à nos employés, de ne pas prendre de risques».

Porte-parole de la police, Jean-Philippe Brandt préconise d’amener directement les vêtements dans les centres d’aide.

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Pau (64) : L’éconstruction pour tous

Bâtir sa maison avec des matériaux recyclés, le tout pour moins de 30.000 euros, c’est possible si l’on en croit les responsables de la communauté Emmaüs de Lescar-Pau, dans le sud-ouest de la France.

Depuis 2009, les Compagnons sont invités à dessiner la maison dont ils rêvent, puis à participer à l’élaboration des plans et à l’écoconstruction de leur futur foyer. Ces maisons bâties en partie avec des matériaux de récupération changent de forme ou de couleur au gré du goût de leurs architectes respectifs.

De la maison sur pilotis au chalet en bois et paille, chaque bâtisse de ce quartier expérimental est unique et consomme peu d’énergie.

L’objectif principal du projet est de permette aux Compagnons de retrouver un nouvel élan de vie grâce au bien-être que peut leur procurer ces habitations personnalisées. Une mairie a également été construite à la sortie du village. Un conseil municipal alternatif s’y réunit régulièrement. Au risque d’être considérée comme le vilain petit canard d’Emmaüs, la communauté continue de « risquer l’utopie ».