Allemagne : À qui appartient l’ex RDA

Des milliers d’entreprises, des millions d’hectares de bois, de terres et d’étendues d’eau, des centaines de milliers d’habitations. La RDA avait déclaré l’ensemble de ces biens et ressources “propriété du peuple”. Avec la réunification, la question se pose: désormais, à qui appartiennent-ils?

L’ambiance est à la ruée vers l’or, et des investisseurs du monde entier se jettent dans la mêlée, encouragés par d’importants avantages fiscaux. Mais les privatisations massives ne sont que rarement en accord avec les intérêts des populations locales.

L’Est manque de capitaux, la grande majorité des investissements provient donc de l’Ouest: de l’ex RFA, des États-Unis, et surtout de France avec Elf, GDF, Lafarge, ou encore la Générale des Eaux, qui rachète les mythiques studios de cinéma de Babelsberg. Entre 1990 et 2003, les entreprises françaises ont ainsi injecté plus de 8 milliards d’euros dans les nouveaux Länder.

L’extravagante affaire des avions renifleurs

Rien n’était impossible dans les seventies, malgré le choc pétrolier. On croyait encore au miracle. En juin 1976, Giscard d’Estaing reçoit en grand secret à l’Elysée un comte belge au nom espagnol, un réparateur de télévision italien, magicien à ses heures, et un avocat qui se prétend lié aux milieux du renseignement. Ils lui sont présentés par deux hauts personnages, Antoine Pinay, l’ancien ministre des Finances de la IVe République, et Pierre Guillaumat, PDG d’Elf-Erap.

Aldo Bonassoli, le bricolo, Alain De Villegas, l’aristo, et Jean Violet, l’homme de l’ombre, viennent fourguer au président français une machine destinée à repérer, à renifler, par avion, les gisements pétrolifères, à l’aide d’un système radar embarqué qui renvoie une image couleur en présence d’hydrocarbures. Les trois Pieds Nickelés avaient déjà envoûté les pontes d’Elf-Erap et leur avaient soutiré 250 millions de francs suisses. Un contrat avait été signé à l’Union des Banques suisses à Genève. Une garantie de sérieux.

L’épopée de l’or noir

Documentaire en 6 épisodes réalisé par Jean-Pierre Beaurenaut et Yves Billon

Envis­agée sous tous ses aspects – géopoli­tique, économique, écologique, technique – l’épopée de l’or noir épouse étroite­ment les péripéties les plus marquantes de la grande his­toire dont elle a pro­fondé­ment mod­i­fié le cours.

Épisode 1 : l’âge d’or des majors

Épisode 2 : le nation­al­isme pétrolier
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Françafrique : “La raison d’État”

En 1960, les quatorze colonies françaises d’Afrique noire ont accédé à l’indépendance. Le général de Gaulle a confié alors à Jacques Foccart, secrétaire général de l’Elysée aux affaires africaines et malgaches, la mise en place d’un système connu sous le nom de «Françafrique», visant par tous les moyens politiques et économiques à garder le contrôle sur ces anciennes colonies françaises.

Dans ce documentaire, des hommes en charge des plus hautes responsabilités officielles ou officieuses durant ces cinquante dernières années révèlent l’histoire tumultueuse d’un monde secret, où en dehors de tout contrôle parlementaire ou gouvernemental, tous les coups semblaient permis.

Partie 1:

Partie 2:
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Hausse du prix de l’essence : Total, profiteur ou bouc émissaire ?

Un article publié sur le site du Monde dénonce la caricature qui est faite des profits obtenus par l’entreprise de Christophe de Margerie. Et si la caricature avait du vrai ?

Dans un article publié dans le monde, Stéphane Lauer prend la défense de Total en avançant qu’il est « tentant de hurler avec les loups », et en montrant que « Total ne gagne pas sa vie sur le dos des Français ». L’opération de communication du PDG de Total, Christophe de Margerie, semble déjà fonctionner. Mais, pour que le débat soit plus juste, je me permets d’apporter quelques précisions à l’article de M. Lauer.

M. Lauer, dans votre article, vous dites : « Total ne gagne pas sa vie sur le dos des Français, mais essentiellement grâce à son métier d’exploration-production. » et vous ajoutez la décomposition du prix moyen payé en station et concluez : « A l’arrivée, la marge moyenne pour le distributeur se limite à… 1 centime ». Vous avez raison sur un point, la plus grosse partie des profits de Total provient de l’amont, c’est-à-dire de l’exploration et de la production. En 2011, sur les 12 milliards de bénéfice, 10 milliards proviennent de l’amont contre 2 milliards pour l’aval (raffinage, distribution et trading).

Mais cela ne remet pas en cause le fait que « Total gagne de l’argent sur le dos des Français ». Cette année, trois rapports ont accusé les pétroliers de ne pas répercuter équitablement à la pompe les variations des prix du pétrole, montrant que lorsque le prix du pétrole baissait les pétroliers faisaient des marges supplémentaires. La DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes), qui a fait une étude sur 13 jours en mai 2011, a montré que la baisse du prix du pétrole avait engendré une hausse des marges de 2,6 ct/litre pour le gazole et 3,9 ct/litre pour l’essence, soit une marge supplémentaire pour les pétroliers de 4,1 millions d’euros par jour. Ce qui revient sur la période d’étude qui n’a duré que 13 jours à une marge de 53 millions d’euros !

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Les paradis fiscaux, pierre angulaire du système

[L'auteur de cet article nous demande de préciser qu'il ne désire pas que ses textes soient repris par un parti politique. Nous prions donc les blogueurs de tenir compte de son souhait. - La rédaction de Fortune]

Grâce aux paradis fiscaux, le CAC 40 paie deux fois moins d’impôts que les PME. Bizarrement, alors que Sarkozy a joué le cow boy tout l’hiver pour terrasser lesdits paradis fiscaux, ceux-ci se portent très bien. Normal, leur poids dans l’activité commerciale internationale est bien plus important qu’on ne le pense.

Les coûts en Europe, les bénefs’ au paradis !

Enfin, bref. C’est le Conseil des prélèvements obligatoires qui l’a dit dans un rapport publié fin 2009 : pour 100 euros d’impôts sur les bénéfices payés par une PME, une entreprise du CAC 40 n’en paiera que 43. Ça fait 2,3 fois d’impôts en moins. Si le CAC 40 payait comme les autres, l’État pourrait encaisser 15 milliards d’euros par an au lieu de 6,5 actuellement.

Donc, quand on entend justement les PDG du CAC 40 et le Medef dire que les “prélèvement obligatoires“, autrefois appelés “cotisations sociales” sont écrasants, il convient de relativiser largement.

Mais par quel miracle le CAC 40 est-il épargné (ce qui ne l’empêche pas de gémir pour obtenir des réductions d’impôts et des subventions diverses et variées) ? La réponse est simple : les paradis fiscaux et les transferts des bénéfices [1] !

On sait par exemple que BNP Paribas –dont l’État est le 1er actionnaire, avec 17% du capital depuis avril 2009 [2] – détient 189 filiales offshore [3] dans des paradis fiscaux, les Banques Populaires en ont 90, le Crédit Agricole en a 115, LVMH en a 140 (dont 33 à Guernesey, allez savoir pourquoi…) le groupe PPR en a 97, Schneider 131… Parmi les paradis les plus prisés, on a les Pays-Bas, (17% des filiales du CAC 40) le Royaume-Uni (30 % des filiales), le Luxembourg, sans oublier Hong Kong, la Suisse…

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