Grèce : Le “non” au référendum l’emporte largement (61%)

Ce lundi matin, coup de théâtre : Yanis Varoufakis a démissionné de sa fonction de ministre des Finances. “Ministre, c’est fini !”, a-t-il écrit sur son blog. Sa décision découle d’une exigence des créanciers et du Premier ministre grec lui-même.

Ils étaient des milliers dans les rues d’Athènes à fêter la victoire du “non” (Όχι) au référendum.

Oxi !” (Non !). Laminés par cinq ans de crise économique, les Grecs ont rejeté, lors du référendum de ce dimanche 5 juillet, les offres d’aides financières des créanciers européens qui exigeaient, en retour, de nouvelles mesures d’austérité, de nouveaux impôts et de douloureuses réformes. Ce vote va-t-il aider à mettre fin à la tragi-comédie grecque ou la faire tourner au drame ?

Nouvel Obs
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Marine Le Pen et ses économistes pris au piège de la sortie de l’euro

En quête de crédibilité, Marine Le Pen s’est entourée d’un cercle restreint d’experts chargés d’élaborer un programme dont le pilier est la sortie de l’euro. Un credo qui l’empêche aujourd’hui d’élargir son électorat à droite.

Marine Le Pen en compagnie du vice-président du Front national, Florian Philippot. C’est sous l’influence de cet ancien énarque que la sortie de l’euro est devenue une formule phare du FN.

C’est un petit cercle hétéroclite qui apparaît rarement sur le devant de la scène. Au Front national, où l’économie a encore peu de spécialistes, ses membres font figure d’experts, avec leurs PowerPoint et ces argumentaires chiffrés qu’ils font remonter régulièrement à Marine Le Pen.

Il y a encore quelques années, l’immigration, l’identité, la sécurité, ce triptyque à succès de l’extrême droite, ouvraient plus sûrement aux idéologues la porte du chef. Mais depuis que la présidente du FN a poussé la mondialisation, l’Europe et la « France des oubliés » au cœur de son programme, ce petit groupe d’anciens cadres de banque, de gestionnaires d’entreprise − qui s’enorgueillit de compter en son sein un HEC et un énarque −, a pris une nouvelle importance dans un parti en quête de crédibilité.

« L’économiste en chef du FN, c’est lui », assure avec une pointe d’ironie un cadre du « Carré », le siège du FN à Nanterre, en désignant un petit homme mince et sec. Bernard Monot, 52 ans, toujours entre Paris, Bruxelles et Strasbourg où il est député européen, ne dément pas. Il est bien le chef de file du « CAP éco », ce comité d’action présidentielle chargé de l’économie et censé préparer Marine Le Pen à l’exercice du pouvoir.
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Marine Le Pen décroche des millions russes (Màj: Le FN va-t-il emprunter 40 millions d’euros ?)

Addendum du 27/11/2014 : “Les responsables du Front national ont voulu emprunter en Russie une somme globale de 40 millions d’euros“, écrit Mediapart.

Un membre du bureau politique du FN cité de manière anonyme par le site d’informations va plus loin, expliquant qu’”une première tranche a été débloquée sur un prêt de 40 millions [d'euros]. La tranche de 9 millions est arrivée, 31 vont suivre“.’ “Il n’y a pas de première tranche ou de deuxième tranche, simplement moi j’ai toujours dit que d’ici les législatives on avait besoin de 35 à 40 millions d’euros“, explique de son côté le trésorier du FN, Wallerand de Saint-Jus.

La présidente du FN Marine Le Pen a joint mercredi soir l’AFP pour contester les informations de Mediapart. “C’est fantaisiste, délirant”, affirme Marine Le Pen. “Il n’a jamais été question d’un prêt de 40 millions d’euros. Nous avons sollicité 9 millions d’euros et nous avons obtenu 9 millions d’euros”,  ajoute la numéro un du FN. “Nous serions bien débiles de mentir sur un tel sujet: les comptes du FN font l’objet de la surveillance de deux commissions”, a ajouté l’eurodéputée.

“S’il y a 40 millions d’euros, ils vont m’en apporter la preuve !”, a souhaité Marine Le Pen.

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Slovénie : Les mesures d’austérité ont-elles sauvé l’économie ou l’ont-elles achevée ?

Alors qu’elle était au bord de la faillite, la Slovénie semble retrouver le chemin de la croissance économique. Après deux ans de récession, le gouvernement prévoit une faible hausse du PIB pour 2014. Le pays doit-il son salut à la cure d’austérité recommandée Bruxelles, ou bien ce remède pourrait-il se révéler pire que le mal ? L’analyse de Maks Tajnikar, économiste à l’Université de Ljubljana.

Après Chypre, la Slovénie ? Il y a tout juste un an, la Slovénie faisait la une de la presse mondiale. En 2013, la Slovénie était sur le point de faire appel à l’aide internationale. Ce petit pays de deux millions d’habitants, entré en récession en 2012, voyait son PIB reculer de 2,5%.

Cependant, la recapitalisation des trois plus grandes banques du pays et le programme d’austérité lancé par l’ex-Première ministre Alenka Bratušek semblent avoir permis d’éviter le scénario catastrophe.

La fragilité du système bancaire, l’éventualité d’une aide internationale et la récession économique avaient conduit la presse à comparer la Slovénie à Chypre. Pourtant, les points communs entre les deux pays sont bien rares. Tout d’abord, le poids du secteur bancaire slovène est beaucoup moins important dans l’économie nationale qu’à Chypre.

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Emmanuel Todd : « Non, je n’irai pas voter ! »

Dans un entretien exclusif avec Herodote.net, l’historien Emmanuel Todd analyse l’évolution de l’Union européenne et dit son intention de ne pas aller voter le 25 mai, pour la première fois de sa vie. Un choix raisonné et, de son point de vue, civique…

Par ses travaux sur les structures familiales, Emmanuel Todd est l’un des principaux historiens de sa génération. C’est aussi un témoin engagé de son époque qui peut se flatter de n’avoir jamais été pris en défaut dans ses nombreux essais. Volontiers provocateur, il s’est attiré quelques inimitiés par ses interventions dans la presse et à la télévision mais rares sont les contradicteurs qui s’estiment assez armés pour lui faire front.

Herodote.net : À vous lire, on peut se demander si vous avez le don de prophétie. En 1976, à 25 ans, votre coup d’essai fut un coup de maître car vous avez annoncé dans La Chute finale l’effondrement à moyen terme du système soviétique sans connaître pour autant l’URSS.

Emmanuel Todd : Je vais vous l’avouer, il n’y a rien de miraculeux là-dedans ! Je fais simplement un peu plus attention que d’autres aux chiffres qui traînent partout. Par exemple, mon intuition sur La Chute finale est venue de ce que la mortalité infantile en URSS était en train de fortement remonter. C’est un phénomène exceptionnel et j’y ai vu l’effritement du système. J’en ai conclu que le pouvoir soviétique était condamné à brève échéance.

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Élections : « Votez Marchais ! »

Fortune a déniché pour vous, en vidéo, les critiques par le candidat Georges Marchais de la politique économique et sociale de Valéry Giscard d’Estaing et le programme alternatif du Parti Communiste français, lors de la campagne électorale présidentielle de 1981. Sujets: produire en France, protectionnisme, immigration…

Avec la participation d’André Lajoinie, Philippe Herzog, Pierre Juquin et Emmanuel Maffre-Baugé.

Vidéo du 14 avril 1981 :

Vidéo du 17 avril 1981 :

Ukraine : Décryptage des émeutes

Par Alexandre Latsa

La situation en Ukraine donne lieu à de nombreuses interprétations fantaisistes lorsqu’elles ne sont pas mensongères ou propagandistes, par omission ou méconnaissance bien souvent. L’idée de cet article est de tenter de définir un cadre clair à ces événements, loin de l’impartialité du Mainstream médiatique occidental.

1) Les Ukrainiens qui manifestent se battent pour lutter contre un président illégitime

Malheureusement ce n’est pas totalement vrai. Si la précédente révolution en Ukraine de l’hiver 2004, 2005 s’était déclenchée dans les jours qui ont suivi les résultats d’une élection serrée et peut-être contestable, ce n’est pas le cas aujourd’hui.

Le président Viktor Ianoukovitch a été élu le 7 février 2010, soit il y 4 ans, et le scrutin a été déclaré par L’OSCE « transparent et honnête ». Lors de ces mêmes élections, le précédent président, issu de la révolution de couleur, a lui obtenu 5,5 % des voix. Viktor Ianoukovitch est donc tout aussi légitime à ce titre que Vladimir Poutine, Barack Obama ou Angela Merkel.

 2) Les Ukrainiens qui manifestent se battent pour l’Europe

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Exclusivité Fortune – États-Unis : La pauvreté montre majoritairement un visage blanc

Traduction exclusive d’un article du Daily Mail publié le 28 juillet. L’intégralité de cette traduction a été réalisée par nos lecteurs: France Forever, Petokask, wisewhite et Yarr. Tous nos remerciements pour leur excellent et très rapide travail.

Certaines zones rurales ont des taux de pauvreté avoisinant les 99% La pauvreté chez les Blancs est en augmentation. 63% des Blancs pensent que le niveau économique dans lequel ils vivent est “faible”. Aux alentours de 2030, près de 85% de toute la population en âge de travailler aux États-Unis vivra l’insécurité économique sous un aspect ou un autre.

Quatre adultes américains sur cinq font face au chômage, à la précarité ou comptent sur les aides sociales pour les dernières parties de leurs vies, c’est le signe de la détérioration de la sécurité économique et de l’érosion du “Rêve Américain”.

Les difficultés de vie augmentent particulièrement chez les Blancs, c’est ce qu’établissent plusieurs indicateurs. Le pessimisme au sein de ce groupe racial à propos de l’avenir économique de leurs familles a grimpé à son plus haut depuis 1987.

Ce sondage exclusif de The Associated Press pointe une économie américaine en état de mondialisation permanente, un fossé qui se creuse entre les riches et les pauvres, et la disparition des emplois manufacturiers bien rémunérés comme causes à cette tendance générale.
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Quand les marchés financiers pariaient sur la victoire de Nicolas Sarkozy

Investisseurs et marchés financiers croient-ils aux programmes des candidats ? Spéculent-ils sur les amitiés de l’un ou de l’autre dans le monde des affaires ? Une étude de l’École d’économie de Paris montre qu’en 2007 les entreprises considérées comme proches de Nicolas Sarkozy ont particulièrement profité de sa victoire.

Les « marchés financiers » s’intéressent-ils à l’élection présidentielle ? Et parient-ils sur la victoire d’un candidat au second tour ? Deux chercheurs de l’École d’économie de Paris, Renaud Coulomb et Marc Sangnier, se sont intéressés à un éventuel impact de la campagne électorale de 2007 sur plusieurs grandes entreprises françaises [1]. Ils ont étudié la variation des actions en bourse de 72 entreprises (CAC 40 et SBF 120) avant et après l’élection de Nicolas Sarkozy. Leur objectif : voir dans quelle mesure les entreprises ont profité ou pas des perspectives de victoire de l’un ou de l’autre.

Trois groupes de multinationales ont été distingués : celles qui bénéficiaient de mesures annoncées par le programme de Ségolène Royal, celles qui profitaient des propositions du futur président, et celles qui sont considérées comme faisant partie du réseau proche du candidat de l’UMP. Les chercheurs se sont ensuite intéressés aux variations de leurs cotations en bourse, « qui reflètent l’espoir placé en [la] performance future » de chaque candidat, comparées à l’évolution de la probabilité de victoire de l’un ou de l’autre, à partir du 1er janvier 2007.

Ils se sont aperçus que, plus l’échéance électorale approchait, plus les transactions boursières quotidiennes s’intensifiaient. Surtout, plus la probabilité de victoire du candidat Sarkozy se renforçait, plus les valeurs boursières des entreprises faisant partie de son réseau progressaient de façon anormale, comparativement à l’évolution générale de la Bourse. Et si Ségolène Royal avait été élue ? « Une telle victoire n’aurait pas eu d’impact particulier » sur la rentabilité financière des entreprises censées bénéficier de son programme, ont estimé Renaud Coulomb et Marc Sangnier.

Les amis de Sarkozy sur-valorisés de 7 milliards d’euros
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Méridien zéro : “Les financiers qui mènent le monde”

Émission de Méridien zéro du dimanche 2 avril, Eugène Krampon et Gérard Vaudan reçoivent Pierre Jovanovic pour aborder l’épineux sujet des financiers apatrides qui mettent le monde en coupe réglée.

Jovanovic n’a rien perdu de sa verve habituelle, il commente l’actualité financière en procédant à de nombreux rappels historiques, conseille utilement les particuliers sur la bonne gestion à tenir. En évoquant le talent créatif de Blythe Masters à laquelle Jovanovic a consacré un ouvrage, ces deux interlocuteurs semblent fascinés davantage que uniquement par les compétences professionnelles de cette femme, enfin à l’approche des présidentielles il est fait référence à une autre femme (française) qui est d’après Jovanovic la seule éventuellement capable de parvenir par la voie des urnes à réformer utilement ce système financier mortifère, lequel nous mène tout droit à une catastrophe globale.

Partie 1:


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Olivier Delamarche : « Les marchés sont demeurés »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 17 avril 2012 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Bourse.

« Le rebond du marché est purement technique, on n’est pas arrivé au bout de la baisse – Il n’existe plus de levier, les politiques s’en foutent complètement, tout ce qu’ils veulent c’est gagner les élections – On a l’impression que les gens ne comprennent rien. »

(Merci à Michele)

Olivier Delamarche : « Le déficit public dépasse les 100% partout dans le monde »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 3 avril 2012 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Bourse.

« Nos dirigeants n’ont pas pris la mesure de la situation dans laquelle nous sommes – Soit on rembourse la dette mais l’on se retrouve en récession, soit on ne rembourse pas – Pour détendre les choses, une récession maîtrisée peut être saine et positive, mais aujourd’hui le problème c’est qu’on ne maîtrise plus quoi que ce soit… »

Le petit Nicolas et la mère Merkel : la France et son complexe allemand

Alors que les relations entre la France et l’Allemagne étaient tendues cet été au moment où la crise reprenait dans la zone euro, Nicolas Sarkozy n’a pas cessé de faire référence à nos voisins d’outre-Rhin lors de son intervention télévisée de ce dimanche 29 janvier 2012. L’Allemagne, l’Allemagne, et encore l’Allemagne : c’est bizarre – vous avez dit bizarre – cette façon dont Nicolas Sarkozy, président de la France, ne cesse de prendre l’Allemagne comme modèle de société.

Le président de la République, face aux journalistes qui l’interrogeaient prioritairement sur l’avenir de leur propre pays, n’avait que ce mot à la bouche : l’Allemagne, véritable ritournelle obsessive, plus encore que la France, dont il est pourtant censé être le premier et plus glorieux des citoyens, comme si celle-ci devait absolument imiter celle-là, parce que l’Allemagne est aujourd’hui le pays le plus fort d’Europe sur le plan économique.

La puissance allemande, éternel modèle

Les Français, qui auraient préféré que leur président s’intéresse plus directement à eux plutôt que d’en passer toujours par les concitoyens d’Angela Merkel, apprécieront ! Tout comme ils apprécieront, par ailleurs, que la responsable politique d’un pays étranger, la mère Merkel toujours, prétende s’immiscer de manière aussi inopportune, en déclarant publiquement qu’elle soutiendra son petit Nicolas lors de la campagne électorale, dans un débat national où elle n’a, théoriquement, rien à dire, ni même à redire !

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Le «grand chelem» pour la gauche en 2012 ?

Depuis que le Sénat a basculé, la gauche se prend à rêver au «grand chelem» si elle gagne présidentielle et législatives en 2012.

Si, par malheur, la gauche avait tous les leviers de pouvoir, on aurait alors un sacré travail de renaissance idéologique à faire. (Hervé Mariton, UMP)

Une France rose en 2012: c’est le scénario catastrophe pour la majorité. Même durant les deux septennats de François Mitterrand, le Sénat était resté la forteresse de la droite. Mais si la gauche remporte en 2012 la présidentielle puis, dans la foulée, les élections législatives, elle aura tout: l’Élysée, Matignon, les deux assemblées parlementaires, 21 régions sur 22, 61 départements sur 101 (dont 56 en métropole), et 27 des 39 villes de plus de 100.000 habitants.

Le scénario est bien sûr «espéré» au PS, comme le précise Jean-Jack Queyranne. […]«Si la gauche gagne tous les pouvoirs, elle aura le pays à dos six mois après», veut croire Jacques Myard (Yvelines). […]

Le Figaro

La crise en 2011 ou le scénario de l’inextricabilité

Par Jean Claude Werrebrouck

Notre texte concernant le scénario pour 2010, publié le 1er janvier de ladite année, se penchait longuement sur la question du retour à la souveraineté monétaire. Il était assez optimiste, en ce qu’il annonçait la difficulté croissante à faire admettre par le contribuable qu’il devrait payer pour une dette publique dont la responsabilité reposait au moins partiellement sur la rente financière.

La réalité 2010 de la crise, est qu’un certain nombre de pays ont malgré d’extrêmes difficultés, ouvertement choisi de satisfaire la rente au détriment des Etats-providences et des contribuables : Grèce, Irlande, mais aussi à des degrés moindres, la quasi-totalité des Etats européens.

Les propos de la Chancelière de la République Fédérale, consacrés au partage du fardeau de la dette avec les créanciers, étant, était-il espéré, vite étouffés par de prétendus rédempteurs resserrements budgétaires. Prétendus, car on sait depuis peu (Patrick Artus), que le multiplicateur budgétaire sur la Grèce et l’Irlande est élevé, ce qui signifie – en principe – effondrement de la croissance, suite à une faible variation du déficit budgétaire.

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L’euro peut-il survivre à la crise ?

Par Jacques Sapir

Peut-on encore sauver l’euro ? La question hante désormais les responsables, en dépit des déclarations fracassantes et des rodomontades des uns et des autres. Le sommet européen, que l’on a officiellement salué pour la mise en place d’un dispositif de solidarité après 2013, a été incapable de prévoir des mécanismes permettant de lutter contre la spéculation et la crise de l’euro en 2011 et 2012. Les gouvernements vont partout répétant que les mesures déjà prises suffiront. Il est évident que c’est faux.

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Vers une crise terminale de la zone euro ?

Par Jacques Sapir

Après l’annonce du plan d’aide à l’Irlande, la situation continue à se dégrader dans la zone euro. Cette dégradation annonce la crise terminale de cette zone, qui devrait survenir d’ici à l’hiver 2011/2012, et peut-être avant. Fondamentalement, ce plan n’a pas rassuré les marchés. D’ores et déjà, les inquiétudes montent sur le Portugal, mais aussi sur l’Espagne, qualifiée « d’éléphant malade » par certains analystes.


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LEAP – 1er trimestre 2011 : franchissement du seuil critique de la dislocation géopolitique mondiale

Communiqué public du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (LEAP), du 15 novembre 2010

Comme l’avait anticipé le LEAP dans sa lettre ouverte aux leaders du G20 publiée dans l’édition mondiale du Financial Times le 24 Mars 2009, à la veille du sommet de Londres, la question d’une réforme fondamentale du système monétaire international est bien au cœur de toute tentative de maîtrise de la crise actuelle.

Mais hélas, ainsi que vient de le démontrer à nouveau l’échec du sommet du G20 de Séoul, la fenêtre d’opportunité pour réussir pacifiquement une telle réforme s’est bien refermée après l’été 2009 et elle ne se rouvrira plus avant 2012/2013 (1).

Le monde est en effet bien engagé dans la phase de dislocation géopolitique mondiale dont nous avions annoncé le début pour la fin 2009 et qui se traduit, moins d’un an plus tard, par la multiplication rapide des mouvements, des difficultés économiques, des défaillances budgétaires, des conflits monétaires… prémices de chocs géopolitiques majeurs.

Avec le sommet du G20 de Séoul, qui marque la prise de conscience planétaire de la fin de la domination américaine sur l’agenda international et de son remplacement par un « chacun pour soi » généralisé, une nouvelle étape de la crise vient de s’ouvrir qui incite l’équipe du LEAP à lancer une nouvelle alerte.

En effet, le monde est en train de franchir un seuil critique de la phase de dislocation géopolitique globale. Comme tout franchissement de seuil critique dans un système complexe, cela va générer dès le premier trimestre 2011 un cortège de phénomènes non-linéaires, c’est-à-dire, d’évolutions échappant aux « règles habituelles » et aux « projections traditionnelles » tant en terme économiques que monétaires, financiers, sociaux et politiques.

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Dix-huit mois décisifs

Par Jacques Sapir

La suspension, probablement temporaire, du mouvement social qui s’est manifesté à travers l’opposition au projet de réforme des retraites du gouvernement, ouvre ce que l’on peut appeler la « grande » année électorale. Désormais, il est clair que tous les acteurs vont avoir les yeux rivés sur les échéances de 2012.

Cela ne signifie pas que tout se réduise à cette forme de lutte politique. Cependant, pour tenter de prolonger le mouvement social dans ce nouveau contexte, il faut tirer les leçons de ce que nous venons de vivre depuis septembre, et se projeter au-delà.

Une victoire tactique et une défaite stratégique

La première leçon est, incontestablement, que si le gouvernement a remporté une victoire tactique contre le mouvement social, il l’a payée d’un prix exorbitant. Cette victoire pourrait se transformer en une défaite stratégique.

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Les banlieues masquent les vraies fractures françaises

Addendum vidéo (Merci à Waza80)

Marc Voinchet reçoit Christophe Guilluy, géographe, auteur de « Fractures françaises ». France Culture – Les Matins – 27.10.2010

Quinze ans après le fameux slogan de campagne de Jacques Chirac sur la « fracture sociale », où en sont les inégalités ? Le constat du géographe Christophe Guilluy dénonce l’incapacité de nos dirigeants à pallier les inégalités territoriales.

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Il y a 15 ans maintenant, Jacques Chirac emportait l’élection présidentielle grâce à une intuition que résumait non pas son indigeste premier slogan « manger des pommes » mais le second, ô combien plus politique, dénonçant la « fracture sociale ».

Pour Christophe Guilluy, rien n’a vraiment changé en 15 ans. Au contraire, d’évitement en évitement, les cassures se sont approfondies, diffusées, multipliées, comme un cancer mal soigné se métastase.

Avec « Fractures françaises », son dernier essai, dont on peut lire quelques extraits ci-dessous, le géographe dresse un constat alarmiste sur la situation des couches populaires après 20 ans de mondialisation à marche forcée. Cette fois-ci, ce sera sans cartes, mais avec en appui un sérieux paquet de statistiques.

Car il s’agit ni plus ni moins pour ce chercheur que de dénoncer l’incroyable cécité des politiques publiques, à comprendre, apprécier, mesurer les inégalités territoriales qui se sont maintenant enkystées dans ce «vieux pays». Derrière ces territoires, ce sont évidemment des populations.

Alors que les dynamiques de mondialisation, de « métropolisation », et d’émergence du multiculturalisme à l’œuvre depuis deux voire trois décennies ont ébranlé le « principe d’égalité sociale ». Les réponses apportées ont à chaque fois tapé à coté de l’objectif, mainte fois répété, rarement atteint, de maintien des principes républicains.

La banlieue occulte tous les autres territoires

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Qui a endetté la France ?

Addendum du 20/10/2010 à cet article paru le 09/10/2010

Dans la version intégrale de son intervention, lisible ici, Jean-Yves Le Gallou a bel et bien évoqué la loi de 1973 :

Reconnaissons qu’il y a un autre service rendu à l’oligarchie qui remonte, lui, à 1973. Et il s’agit cette fois de l’oligarchie bancaire : en 1973, la Banque de France s’est vu interdire de prendre en pension des emprunts d’Etat : ainsi fut créé un revenu supplémentaire et sans risques pour les banques qui créent la monnaie qu’elles prêtent à l’Etat ; prêt qu’elles facturent 2% à 3% l’an, ce qui contribue ainsi à augmenter le profit des banques en creusant le déficit de l’Etat, à hauteur de 40 milliards d’euros par an de charge des intérêts.

(Merci à Boreas)

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Note de Fortune : dans la mesure où le texte qui suit n’évoque pas la loi du 3 janvier 1973, ni l’article 104 du Traité de Maastricht transposé dans la loi française du 4 août 1993, qui, pourtant, nous paraissent constituer une source fondamentale (même si elle n’est certes pas la seule) de l’endettement public, nous renvoyons, en complément, à ces articles :

- La dette publique une affaire rentable

- La dette publique française

- De Socrate à nos jours, la ploutocratie toujours…

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Par Jean-Yves Le Gallou

Qui a endetté la France ?

La réponse est simple : la dynastie des Endettors qui gouverne la France depuis 1981.

La dynastie des Endettors arrive au pouvoir en 1981 : elle ne l’a pas quitté depuis.

Lorsque François Mitterrand, Endettor-Ier, arrive au pouvoir, la dette de la France est de moins de 300 milliards (en équivalent euros actuels) ; il la porte à 650 milliards. Jacques Chirac, Endettor-II, double lui aussi la dette qui atteint à son départ de l’Elysée près de 1.200 milliards. Endettor-III, Nicolas Sarkozy, va faire encore mieux : en trois ans seulement il porte la dette à 1.600 milliards. Tous les premiers ministres successifs ont pris activement part à cette politique.

Tous ces hommes ont eu une logique courtermiste. Leur horizon s’est souvent borné à la prochaine élection : « Plaire aujourd’hui… et facturer le plus tard possible », telle a été leur devise.

La logique clientéliste des Endettors-Distributors

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Que crève le système

Par Boreas
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Dans le contexte actuel de dé-mondialisation, on a pu lire récemment sur le blog de Paul Jorion, parlant de la divergence désormais avérée des grandes puissances économiques dans leur quête désespérée d’une illusoire reprise : « l’affirmation renforcée d’une politique du chacun pour soi (…) ne fera qu’accentuer la crise ».

C’est exactement ce que dit le LEAP (Laboratoire Européen d’Anticipation Politique) depuis l’an dernier, même si, au plan chronologique, ses prévisions se sont avérées à trop court terme : « d’ici la fin de l’été 2009. Sur fond de cessation de paiement des Etats-Unis s’ouvrira alors la période à partir de laquelle le « chacun pour soi » deviendra la règle du jeu international ».

Or, en effet, même dans le « chacun pour soi », ne gît aucune solution de continuité pour le système.

Parce qu’aucun des prétendus remèdes n’est viable (la planche à billets aux Etats-Unis et au Japon, les politiques d’austérité de droite – réduction des dépenses publiques – comme de gauche – augmentation des recettes publiques – en Europe).

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L’emploi continue de se détériorer aux Etats-Unis

Le pays a perdu des emplois pour le quatrième mois d’affilée. C’est le secteur public qui, face à des contraintes budgétaires considérables, détruit le plus de postes. Quant au secteur privé, il continue d’embaucher mais moins rapidement que les mois précédents.

Le marché de l’emploi s’est détérioré fortement en septembre aux Etats-Unis, selon des chiffres officiels publiés vendredi à Washington, à moins d’un mois des élections législatives. Le pays a perdu des emplois pour le quatrième mois d’affilée, et à un rythme bien plus rapide que le mois précédent, indique le rapport mensuel sur l’emploi du département du Travail.

L’économie a détruit en septembre 95.000 emplois de plus qu’elle n’en créait, indique le ministère, ce qui traduit une progression des emplois perdus de 67% par rapport à août. Les analystes estimaient au contraire que le pays était revenu en septembre à l’équilibre avec un solde nul de créations ou de destructions d’emplois.

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Que se passe-t-il dans les hautes sphères américaines ?

Par Frédéric Laurent

Caricature américaine, septembre 2010

Encore une fois, drôle de semaine sur les marchés financiers. La volatilité fait rage, dans des volumes peu importants. Pas de déclaration tonitruante, pas de gros titre en apparence… pourtant je m’étonne. Je m’étonne qu’aucun journal n’ait repris l’annonce de la démission d’Herbert Allison, sous-secrétaire adjoint à la stabilité financière aux Etats-Unis.

Donc, la personne qui était chargée de suivre le plan à 700 milliards de dollars lâche l’éponge.

Certes, ce n’est pas la première fois que quelqu’un de haut placé démissionne. Toutefois, quand on sait que ces hauts responsables émargent à plusieurs centaines de milliers de dollars par an, avec tous les « à côté » agréables (secrétariat, chauffeur, voyages d’affaires, logement, pas mal d’avantages en nature), on peut se dire qu’il doit y avoir une bonne raison à ce départ.

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Le populisme pourrait conduire des pays de l’UE à rejeter l’euro

Il serait politiquement et économiquement suicidaire pour un pays de renoncer à l’euro mais ce cas de figure n’est pas à exclure en cas de victoire électorale de partis extrémistes dans l’un ou l’autre des pays de la zone euro, a estimé jeudi Otmar Issing, ex-chef économiste de la BCE (Banque centrale européenne).

Lors d’une conférence parrainée par le magazine The Economist à Berlin, Issing a estimé que les sévères mesures d’austérité décidées ici et là dans les pays de la zone euro avaient pour conséquence de doper la cote des hommes politiques “populistes“.

Quitter (la zone euro) serait un suicide économique et politique. Mais il n’est pas exclu que cela se produise“, a dit Issing, actuel président du Centre d’études financières à Francfort.

Je pense que cela pourrait arriver dans le cas où un gouvernement serait confronté à une situation si catastrophique que des partis extrémistes remporteraient une majorité. Cela peut se produire là où prospère le populisme et l’idée d’un rejet des mesures nécessaires“, a continué Issing.

Je pense que les partis situés au centre de l’échiquier politique ont la lourde responsabilité d’expliquer à la population en quoi ces mesures (d’austérité) sont nécessaires“, ajoute-t-il.

Un certain nombre de partis eurosceptiques ou populistes ont progressé en Europe au cours des douze derniers mois, comme par exemple aux Pays-Bas où le Parti de la liberté (anti-immigration) de Geert Wilders joue un rôle pivot, les grands partis n’ayant pas encore réussi à former une coalition dans la foulée des élections législatives du 9 juin.

Reuters

La pauvreté a fortement augmenté aux Etats-Unis en 2009, notamment chez les Noirs et les Hispaniques

Près de 44 millions d’Américains vivent sous le seuil de pauvreté, selon un rapport rendu public, jeudi 16 septembre, par le Census Bureau (équivalent de l’Insee aux Etats-Unis). Presque 4 millions de personnes ont sombré dans cette catégorie en 2009, première année du mandat de Barack Obama. Au total, ils sont 6,3 millions à avoir rejoint les rangs des “nouveaux pauvres” au cours des deux dernières années.

Un mendiant dans les rues de Miami, le 16 septembre 2010 (AP/J PAT CARTER )

Ces données ont pourtant “rassuré” les prévisionnistes : la plupart craignaient une augmentation plus forte de l’extrême précarité. Aux Etats-Unis, le seuil de pauvreté se situe, pour un individu, à 10 830 dollars bruts annuels avant impôts (près de 8 400 euros, soit 700 euros par mois), et au double (21 954 dollars) pour un couple avec deux enfants.

Plus du quart des Noirs et des Hispaniques vivent sous le seuil de pauvreté, plus de deux fois et demi le taux constaté parmi les “Blancs non hispaniques”. Plus de 30 % des pauvres sont des femmes seules avec enfants et la proportion de mineurs parmi les pauvres est une fois et demie supérieure à la moyenne nationale.

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La retraite à 62 ans, un échec annoncé

Ainsi, le gouvernement (ce n’est pas une surprise) a décidé d’axer ses réformes des retraites sur l’allongement de la durée du travail : mais a-t-il les moyens de sa politique?

C’est, certes, une bonne chose que d’avoir abandonné le discours libéral à la mode il y a 10 ans, selon lequel l’avenir, c’était la capitalisation (qui ne créé aucune richesse supplémentaire, et ne met pas fin à la solidarité entre générations, comme l’a montré Jean-Paul Fitoussi) discours difficilement tenable après la crise financière qui a vu beaucoup de Britanniques et d’ Américains perdre la quasi-totalité de leur retraite… mais ce n’est qu’un changement de discours, pas d’objectif.

Je ne vais pas reprendre ici l’analyse classique des multiples paramètres jouant sur la retraite par répartition, le principal étant le chômage, dont la disparition ne se proclame pas par décret (il implique une modification radicale, et qui prendra du temps, de toute la politique économique et monétaire européenne, car, au niveau national, comme l’a dit Mitterrand, « on a tout essayé ») .

Problème démographique

Mais il faudrait que chacun admette enfin que l’allongement spectaculaire de l’espérance de vie et la modification du rapport entre actifs et retraités pose, toutes choses égales par ailleurs, un problème qu’il serait vain de nier : percevoir sa retraite en moyenne pendant moins de dix ans, comme c’était le cas en 1945, ou la percevoir en moyenne pendant 22 ans comme aujourd’hui (voir évolutions de l’espérance de vie à 60 ans et de l’âge de la retraite) change évidemment la nature du problème.

Il ne faut pas oublier que, lorsque Bismarck a institué la retraite, il a demandé à des démographes de lui dire à quel âge il fallait la fixer pour que le système ne coûte rien; et la réponse ayant été 60 ans, c’est ce chiffre qui a été retenu (ce qui l’avait beaucoup amusé, parce qu’il avait 70 ans à l’époque). Lire la suite

Les 25 mythes russophobes

Par Alexandre Latsa

1 – Sous Poutine, la vie ne s’est améliorée que pour les riches et les oligarques, et les pauvres n’ont pas vu une augmentation de leur niveau de vie.

Faux. Sous le gouvernement Poutine, la pauvreté a considérablement diminué. Le taux de russes vivant sous le seuil de pauvreté, est passé de 35 à 23% de 2000 à 2004 et était tombé à 13,5% en 2008 (avant la crise).

2000 (arrivée de Poutine au pouvoir): 35%

2004 (fin du premier mandat Poutine): 23%

2008 (fin du second mandant Poutine): 13,5%

Mémo : il est à noter qu’en France, en 2007, 13,7% de la population vivait sous le seuil de pauvreté.

2 – La spirale démographique russe devrait voir la population de ce pays diminuer, à moins de 100 millions d’habitants, contre 142 millions aujourd’hui.

Faux. Il est très fréquent de lire, en effet, que le taux de natalité est bas, que le taux de mortalité est élevé, ainsi que le taux d’avortements et de suicides, et que la Russie perdrait inexorablement 700.000 habitants par an. Pourtant, ce n’est pas le cas.

En 2005, la population russe a décru de 760 000 habitants, ce qui était le record absolu.

En 2006, la baisse n’a été « que » de 520 000 habitants.

En 2007, la baisse n’a été « que » de 280 000 habitants.

En 2008, la baisse est, à peu près, de 116.000 habitants.

En 2009, la population a augmenté de 12.000 personnes, la natalité ayant augmenté de 3% sur l’année 2009 et ce, malgré la crise économique. Les mesures Medvedev de 2005 ont donc eu un résultat absolument foudroyant.
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LEAP : les quatre points individuels de défaillance du système mondial au second semestre 2010

Communiqué public du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (LEAP), 15 juin 2010

Caspar David Friedrich, Entrée de cimetière (1825)

L’actualité confirme chaque jour combien la crise systémique globale est désormais entrée dans sa phase de dislocation géopolitique mondiale, même si les médias ne commencent que timidement à interpréter les bouleversements historiques qui se déroulent sous nos yeux. Lire la suite

L’Occident comme déclin

(extraits)

Par Guillaume Faye

N.B. : ce texte date de 1985.

Phénix renaissant de ses cendres (enluminure du Bestiaire d'Aberdeen, XIIème siècle)

En apparence, l’erreur d’Oswald Spengler fut immense : il annonçait pour le XXème siècle le déclin de l’Occident, alors que nous assistons tout au contraire à l’assomption de la civilisation occidentale, à l’occidentalisation de la Terre, à la généralisation de cet « Occident » auto-instauré comme culture du genre humain, dont, suprême paradoxe, les nations néo-industrielles de l’Orient constitueront peut-être d’ici peu l’avant-garde. En apparence toujours, c’est au déclin de l’Europe que nous sommes conviés. Montée en puissance de l’Occident et perte de substance de l’Europe : les deux phénomènes sont sans doute liés, l’un entraînant l’autre. Tout se passe comme si, après avoir accouché de l’Occident, répandu aujourd’hui sur toute la planète, l’Europe épuisée entrait dans un nouvel âge sombre.

La thèse ici présentée sera simple : l’Occident n’est pas « en » déclin – il est au contraire en expansion – mais il est le déclin. Et il l’est depuis ses fondements, depuis son décollage idéologique au XVIIIème siècle. L’Europe, quant à elle, n’est qu’en décadence.

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« Propaganda : Comment manipuler l’opinion en démocratie », par Edward Bernays

Qui a dit : « L’ingénierie du consentement est l’essence même de la démocratie, la liberté de persuader et de suggérer » ?

Non, la propagande politique au XXème siècle n’est pas née dans les régimes totalitaires, mais au cœur même de la démocratie libérale américaine ; elle est née d’Edward Bernays, l’auteur de cette phrase.

Le père de la propagande

Edward Bernays (1891-1995), neveu de Sigmund Freud émigré aux Etats-Unis, est considéré comme le père de la propagande politique institutionnelle et de l’industrie des relations publiques, dont il met au point les méthodes pour des firmes comme Lucky Strike. Son œuvre aborde des thèmes communs à celle de Walter Lippmann, notamment celui de la manipulation de l’opinion publique. Il fit à ce titre partie du Committee on Public Information créé par Woodrow Wilson [président des Etats-Unis - NDLR] pour gagner l’opinion publique américaine à l’entrée en guerre des États-Unis en 1917.

Conseiller pour de grandes compagnies américaines, Bernays a mis au point les techniques publicitaires modernes. Au début des années 1950, il orchestra des campagnes de déstabilisation politique en Amérique latine, qui accompagnèrent notamment le renversement du gouvernement du Guatemala, main dans la main avec la CIA.

Il a inventé cette technique moderne qui consiste à plier nos esprits aux projets de certains, technique que l’on nomme communément « propagande ».

Pour Bernays, la démocratie doit être pilotée par la minorité intelligente, c’est-à-dire, par l’élite…

Les méthodes de Bernays : de la théorie à la pratique.

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Le NAIRU, ou comment ceux qui dirigent ont intérêt au chômage

L’euro est-il irréversible ? (extrait)

Par Gérard Lafay, professeur à l’Université de Paris 2 (Cet article est paru dans Les Echos, le 18 décembre 2001)

(…)

Les bons résultats économiques obtenus jusque l’an 2000 ont découlé de deux facteurs temporaires : d’une part, la remontée du dollar, imputable à la situation des États-Unis et à la politique monétaire de la Réserve fédérale, d’autre part, la baisse initiale des taux d’intérêt de la Banque Centrale Européenne en avril 99. La BCE s’est-elle alors convertie à une politique monétaire expansive ? Malheureusement non. Certes, elle prend apparemment en considération la croissance de l’économie, mais elle le fait en se référant à une conception erronée de la croissance potentielle.

C’est la raison pour laquelle, dès novembre 99, la BCE s’est lancée dans une série de sept hausses de taux d’intérêt, afin d’éviter que le chômage ne descende en dessous d’un plancher baptisé NAIRU (dans le cas de la France, ce plancher est estimé par la Commission de Bruxelles à 11%). Selon les théories des années 70 et 80, sur lesquelles se fonde la BCE, un tel taux plancher de chômage est exigé impérativement par la lutte contre le fantôme de l’inflation.

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Quelque chose vient de se passer

Par James Howard Kunstler

Tout le monde sur cette terre est fauché, sauf peut être Lloyd Blankfein, le PDG de Goldman Sachs, quoiqu’il finira peut être plus brisé que fauché par la machine à broyer politique qui est en train de prendre les maux de la planète et de les transformer en une sorte de triste charcuterie destinée à être distribuée aux masses en colère comme un substitut synthétique de pain et de jeux. Appelez cela une obligation d’arbitrage politique synthétique et sans couverture.

Il s’est passé quelque chose la semaine dernière dans le monde et beaucoup de gens l’on ressenti, particulièrement dans les organes de distribution des nouvelles et de fabrication d’opinion, mais ce “ quelque chose ” n’a pas été clairement identifié. La macro-escroquerie des orgies mondiales de pyramides financières à la Ponzi est en train d’être découverte par le public, qui commence seulement à se rendre compte que le trou noir qui en est la conséquence va engloutir tout ce qui nous est familier, niveaux de vie, espoirs, rêves, sans compter de nombreuses vies. L’action politique va se résumer désormais à une frénésie pour déterminer qui et quoi sera englouti ou survivra dans ce trou noir d’anéantissement. Et tout ceci est en train d’apparaître comme un moment clef de l’histoire humaine.

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Les caisses du MoDem sont vides

Licenciements et doutes sur les capacités d’emprunt de François Bayrou pour 2012. Aura-t-il les moyens de se présenter dans de bonnes conditions en 2012 ? Au-delà de la crise électorale que traverse le MoDem – après une succession d’échecs aux dernières élections municipales, européennes et régionales, le parti de Bayrou traverse une crise financière.

Le financement public d’un parti politique dépend de ses résultats aux élections législatives. Or, les divisions des centristes (l’UDF ayant éclaté en deux partis, MoDem et Nouveau Centre) ont entraîné un morcellement des subventions publiques qui leur étaient destinées jusqu’à présent. Pour obtenir une subvention publique, le Nouveau Centre s’est arrangé avec le règlement en s’alliant avec un parti polynésien.

S’il apparaît improbable que Bayrou renonce à une candidature faute d’argent, il se pourrait qu’il opte pour une campagne low cost en cas de prêts bancaires insuffisants.

Le MoDem n’a pas eu besoin de contourner le règlement, mais avec seulement 3 députés à l’Assemblée nationale, le financement public s’est réduit comme peau de chagrin. Après toute une série de défaites électorales et de désistement interne, le parti est désormais en difficulté financière au point de devoir licencier et de s’interroger sur les conditions d’une candidature de Bayrou en 2012.

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L’imagination assiège le pouvoir

Par Philippe Grasset

Les exemples se succèdent et il est parfois bon de s’arrêter à l’un et l’autre, pour faire un bilan et mesurer l’évolution de la chose. Il s’agit de la “colère populaire”, voire de la “révolte populaire” contre le pouvoir du système anthropotechnique, ou système du technologisme et son allié incertain, le système de la communication ; tout cela, politiquement étiqueté “système occidentaliste-américaniste”, cette ampleur de l’étiquette justifiée par la diffusion et la généralisation du chaos qu’il engendre. En première ligne de ce système, les élites politiques, complètement soumises à lui, qui sont chargées à la fois de le gérer et de lui assurer une bonne réputation avec l’étiquette convenue (démocratie, droits de l’homme, bla bla bla).

Trois affaires en cours, en même temps que l’évolution générale de la “colère populaire“ aux USA, justifient notre commentaire à ce point. Il s’agit d’une part de l’affaire britannique, d’autre part de l’affaire japonaise. Ces deux affaires montrent l’imagination instinctive dont peut faire montre cette “colère populaire” contre le pouvoir politique assujeti au système. Dans un autre sens, exactement contraire, nous citons la question grecque, notamment avec les troubles (trois morts) qui ont eu lieu la semaine dernière, alors que le Parlement votait les mesures d’austérité.

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LEAP : la dislocation géopolitique mondiale accélère son rythme

Communiqué public du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (LEAP), 15 mai 2010

Comme anticipé par le LEAP – Europe 2020 en décembre 2009 et février 2010, le printemps 2010 marque bien un point d’inflexion de la crise systémique globale, caractérisé par son aggravation brutale du fait de l’ampleur insoutenable des déficits publics (voir novembre 2009) et de l’inexistence de la reprise tant annoncée (voir septembre 2009).

Les dramatiques conséquences sociales et politiques de ces évolutions reflètent par ailleurs bien le début du processus de dislocation géopolitique mondiale, comme anticipé en février 2009.

Enfin, les récentes décisions prises par les dirigeants de la zone Euro confirment les anticipations du LEAP, inverses du discours dominant de ces derniers mois, sur le fait que non seulement l’Euro n’«exploserait pas» à cause du problème grec, mais qu’au contraire la zone Euro sortirait renforcée de cette étape de la crise (1).

On peut même estimer que depuis la décision de la zone Euro, sorte de « coup d’Etat de l’Eurozone » soutenu par la Suède et la Pologne, de créer ce vaste dispositif de protection des intérêts de 26 Etats membres de l’UE (2), la donne géopolitique en Europe a radicalement changé. Parce qu’elle va à l’encontre des préjugés qui façonnent leur vision du monde, il va bien entendu falloir quelques mois à la plupart des médias et opérateurs, pour se rendre compte que, derrière l’apparence d’une décision budgétaro-financière purement européenne, il s’agit d’une rupture géopolitique à l’impact mondial.

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