Cyberguerre : L’arme fatale ? (Màj vidéo)

Espionner, défendre, attaquer. Le cyber espace permet tout cela, et modifie les règles connues de la guerre.

Partie 1:

Edward Snowden a révélé au grand jour l’étendue de la surveillance généralisée sur les États, les centres de pouvoirs et les particuliers, et il nous a éclairés sur les actions de ces combattants modernes, car, ce que peu de gens savent, il était lui-même un de ces cyber-guerriers modernes.

Considérant notre dépendance absolue aux ordinateurs: sommes-nous tous, industriels, particuliers, chaînes de télévisions…, des victimes potentielles ? La boîte de Pandore a-t-elle été ouverte ?

Partie 2:

Edward Snowden, ennemi d’État

Tout commence à Hong Kong, le 23 juin 2013, quand Edward Snowden, un agent de la NSA, transmet à deux journalistes des documents secrets concernant les pratiques de surveillance du téléphone et d’Internet de son agence. Pour les services de renseignement américain, il devient immédiatement l’homme à abattre.

Isolé, pourchassé, Snowden trouve de l’aide auprès de l’équipe de WikiLeaks. Alors qu’il parvient à fuir Hong Kong pour une destination secrète, la traque commence.

Les Américains sont prêts à tout pour le récupérer et le ramener au États-Unis. Pour l’exemple, au moins. Ce documentaire haletant comme un thriller raconte cette chasse à l’homme.

Réalisé par Paul Eric Heilbuth et John Goetz (2015)

Big Data is algorithming you

Nouveau champ de domination et de commercialisation du monde, la collecte d’informations numériques via des algorithmes reste largement impensée. Sans doute en raison de la complexité du sujet. Tentative d’éclaircissement, avec Antoinette Rouvroy, chercheuse et spécialiste de la « gouvernementalité algorithmique ».

Je donne, tu donnes, il/elle donne… nos données. Les data sont le nouvel or noir que se disputent gouvernements et géants du numérique. Parfois, les premiers se servent même tout simplement chez les seconds, comme l’a montré l’existence du programme Prism, l’une des nombreuses révélations d’Edward Snowden – l’ancien sous-traitant de la toute-puissance National Security Agency (NSA) américaine.

Par une tentative de retournement culotté de la situation, les artisans de la surveillance de masse et de la présomption de culpabilité tentent de se dédouaner en pointant la collecte tentaculaire opérée par Google, Facebook et consorts. Leur argument : vous – population – filez bien plus à des entreprises privées ! Lesquelles répondent que pas du tout… Un cercle sans fin.

Ces enfumages et faux débats empêchent de penser la transformation de nos vies en données, en signaux infrapersonnels qui ne font sens qu’agrégés et moulinés par millions. En naît un pouvoir d’un genre nouveau, la « gouvernementalité algorithmique », explique la chercheuse belge Antoinette Rouvroy (1).
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Communications : Des SMS vraiment privés

Saviez vous que la NSA récupérait près de 200 millions de SMS par jour à travers le monde? Si eux le peuvent, j’imagine que d’autres aussi… Pour vous en convaincre, il vous suffit de faire une petite recherche sur google duckduckgo.

Personnellement, tout ceci me chagrine fortement. Même si ma vie privée n’a rien d’extraordinaire, j’aimerais que les sextos envoyés à maman ainsi que les blagues de cul envoyées à mon beau-père restent entres nous… J’ai donc décidé de scruter le web à la recherche d’un outil, facile d’utilisation pour les non geeks, open source (un critère de transparence mais pas que), et adaptable à mon smartphone qui tourne sous cyanogenmod (un android open source).

Bingo, et bonne nouvelle pour tous les utilisateurs d’android aussi, Open WhisperSystems a développé une petite application, nommée TextSecure, à installer depuis le Play Store. Cette application, conseillée par le grand Edward Snowden, est une des seules à remplir tous les critères de sécurité du test effectué par l’Electronic Frontier Foundation. Elle utilise les algorithmes Curve25519, AES-256, et HMAC-SHA256 et comme le chiffrement se fait de bout en bout (avec un système intégré de vérification pour être certain que le destinataire et l’expéditeur sont bien ceux qu’ils prétendent être), il n’est pas possible d’intercepter en clair les messages via une attaque Man In The Middle.

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La jeunesse d’aujourd’hui est une «génération perdue» qui ne sait rien bricoler

Le constat peut paraître surprenant, tant la position opposée est répandue. A l’inverse donc de ceux qui pensent que la jeunesse actuelle est hyper à l’aise avec tout ce qui se trame sous le capot des portables, ordinateurs, tablettes et compagnie, Danielle George rétorque qu’il n’en est rien.

A l’occasion des conférences de Noël à la Royal Institution de Londres (une tradition qui remonte à 1825), cette professeur en ingénierie des radio-fréquences affirme que ce n’est pas parce que la génération actuelle est née dans un univers numérique et informatisée qu’elle y évolue comme un poisson dans l’eau. Ou alors si, mais littéralement: elle ne se pose pas trop de questions sur pourquoi l’eau est là, et comment, et selon quelle composition.

Contrairement à ce que peut laisser entendre l’expression de «digital native» (natif du numérique), Danielle George explique que la jeunesse, notamment en Grande-Bretagne, «est devenue une génération perdue qui ne peut plus réparer les gadgets et appareils», cite The Telegraph, précisément parce que cette jeunesse est née dans un monde où des machines très sophistiquées pullulent tout en semblant facile d’accès et d’utilisation.

«Toutes ces choses que nous avons chez nous semblent marcher la plupart du temps et parce qu’elles ne cassent pas, nous nous habituons à elles, a ajouté la scientifique, toujours selon le journal anglais. Elles sont presque devenus des boîtes noires qui ne meurent jamais. Et quand elles meurent, nous les jetons pour en acheter de nouvelles.»
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Edward Snowden : « Nos droits sont en train d’être redéfinis en secret »

Le 28 octobre 2014, l’hebdomadaire américain The Nation a publié un grand entretien réalisé avec le lanceur d’alerte Edward Snowden [1]. Voici  une version exclusive de ce document en français.

Lundi 6 octobre 2014, les journalistes Katrina vanden Heuvel et Stephen F. Cohen se sont entretenus à Moscou, pendant près de quatre heures, avec l’ancien consultant des services secrets. Dans cet échange, Edward Snowden évoque sa situation et ses rapports avec les autorités russes. Il rappelle que ce sont les États-Unis qui l’empêchent de sortir de son « exil ».

L’ancien employé de la CIA et de la NSA (Agence nationale de sécurité) aborde plusieurs sujets centraux : est-il possible de renforcer le contrôle démocratique des actions des gouvernements et des entreprises sur Internet ? Si oui, de quelle manière ? Pourquoi est-il nécessaire de s’engager pour de nouvelles formes de « désobéissance civile » et de se battre pour défendre nos droits fondamentaux ?

Faut-il saluer les initiatives des pays qui prônent le renforcement de leur souveraineté digitale ? De quelle manière Internet recompose-t-il les relations sociales et les pratiques politiques au niveau planétaire ? Pourquoi faut-il élaborer une Magna Carta (Grande Charte des libertés) pour Internet ? Quels seraient les contours de nos nouveaux « droits numériques » ?

Enfin, Edward Snowden expose pourquoi, selon lui, l’organisation de la production mondiale et la robotisation progressive des économies imposent la mise en place d’un revenu garanti pour tous.

PARTIE 1 – De la nécessaire désobéissance civile

The Nation  : Nous sommes très heureux d’être ici avec vous. Nous venons souvent à Moscou pour notre travail et pour voir de vieux amis, mais, de votre côté, vous n’avez pas choisi de venir vivre en Russie. Arrivez-vous à travailler ici, à sortir et à rencontrer des gens ? Ou vous sentez-vous enfermé et vous ennuyez-vous ?
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« On devrait traiter la Silicon Valley avec la même suspicion que Wall Street »

L’universitaire Evgeny Morozov dénonce le discours des entreprises du numérique, qui camoufle « une nouvelle forme de capitalisme ».

On ne sait pas si Evgeny Morozov a beaucoup d’amis dans la Silicon Valley. Mais une chose est certaine : dans cette enclave californienne d’où sont issus la plupart des géants du Web (Google, Facebook, Microsoft, Yahoo!, Twitter, etc.), cet intellectuel biélorusse a quelques ennemis.

Il s’est d’abord attaqué au caractère parfois ambigu de la liberté en ligne et des discours qui l’entourent dans son premier ouvrage The Net Delusion (non traduit en français). Il entreprend, dans son dernier livre Pour tout résoudre, cliquez ici (FYP éditions) un démontage au vitriol des discours et de l’idéologie des entrepreneurs et des patrons américains du numérique, dont les entreprises font partie du quotidien de millions d’internautes.

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Seine-Saint-Denis : Ordiland, l’envers des data centers

Au nord de Paris, en Seine-Saint-Denis, se multiplient les data centers, ces hangars de serveurs indispensables au fonctionnement d’Internet. Leur besoin en énergie est colossal: ils représentent un quart de la puissance électrique supplémentaire du Grand Paris d’ici 2030. Des riveraines se plaignent de leur impact sur leur vie quotidienne.

À brûle-pourpoint, si l’on vous demandait de pointer sur une carte de France la zone de plus forte concentration de data centers, ces hangars de serveurs informatiques qui font tourner Internet, que désigneriez-vous ? Le quartier de La Défense, près des sièges des multinationales ? Grenoble la technophile, avec son « campus d’innovation » spécialisé en nanotechnologies, Minatec ? Le long du couloir rhodanien et de ses nombreuses centrales nucléaires ?

Vous auriez tort. La plus forte concentration de data centers s’étale sur Plaine Commune, l’agglomération de Seine-Saint-Denis qui regroupe au nord de Paris, Saint-Denis, Aubervilliers, La Courneuve, Stains, Saint-Ouen, Pierrefitte, Villetaneuse, Épinay et l’Île-Saint-Denis. Par quelle ruse de l’Histoire l’un des départements les plus pauvres de France, havre de cités en galère, s’est-il retrouvé terre pionnière de l’économie numérique?

Par une accumulation d’avantages topographiques et techniques méconnus du grand public: bon équipement en câbles électriques et fibre optique, bonne desserte routière, situation hors zone inondable, foncier pas cher, proximité avec la capitale.
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La NSA récolte avant tout des données de vie privée de gens ordinaires

Les filets de surveillance de l’agence américaine sont tellement larges que n’importe qui peut se retrouver fiché dans leurs bases de données, avec des détails de vie privée parfois très intimes.

Ce n’est pas parce que vous êtes une personne sans histoire et que vous n’avez rien à vous reprocher que vous ne pouvez pas vous retrouver fichés dans les bases de données de la NSA. La preuve – pour ceux qui en doutaient encore – vient d’être fournie par The Washington Post qui a mis la main sur un paquet de données interceptées sur la Toile entre 2009 et 2012. A savoir : 121.134 messages instantanés, 22.111 emails, 7.892 documents, 3.856 messages de réseaux sociaux, 565 chats vocaux ou vidéo et 4.533 autres types d’informations.

Le journal a reçu cette copie par l’intermédiaire d’Edward Snowden. Il l’analysé pendant quatre mois. Conclusion : neuf détenteurs de comptes numériques sur 10 « ne sont pas des cibles désignées au préalable, mais prises dans le filet que l’agence a mis en place pour le compte de quelqu’un d’autre ».  En d’autres termes, les bases de données de la NSA sont remplies de « victimes collatérales » de sa surveillance massive.

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Objets connectés : Le prochain goulag

Par Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin

Certains citoyens, notamment européens, ont récemment dénoncé le goulag dans lequel Internet les enfermait. Il s’agissait, à la suite des révélations d’Edward Snowden, suivies d’autres, de montrer le contrôle qu’exercent dorénavant, y compris dans la vie quotidienne, les grandes agences de renseignements américaines et les “géants du web“, également américains, qui récoltent toutes nos données personnelles, et, entre autres usages, les mettent à disposition de ces agences.

Le phénomène n’est pas propre au monde dit “occidental”. Il se retrouve en Chine, en Russie, en Iran et autres lieux. Mais avec des moyens bien plus faibles et donc une ampleur bien moindre.

La pratique a montré depuis que lutter contre ce goulag, pour les rares militants qui le voudraient, est pratiquement impossible. Les maîtres du goulag en dominent toutes les filières, technologiques, sociologiques et commerciales. Le “hacking” ou pénétration clandestine des systèmes d’information, est réservé à une étroite minorité de contestataires branchés.

Par ailleurs il est de plus en plus utilisé à des fins malveillantes ou criminelles qui le rendent non recommandable.

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Les infrastructures d’Internet : quelle géopolitique ? (Audio)

A qui appartiennent les câbles sous-marins et les fibres optiques qui constituent la matérialité du réseau internet ? Quels sont les enjeux économiques, techniques et juridiques qui y sont liés ?

Avec :

  • David Fayon, expert technologies numériques, essayiste, administrateur des postes et telecommunications
  • Dominique Boullier, professeur des universités en sociologie

(Cliquer sur l’image pour accéder à la carte interactive des câbles sous-marins)

Via Theatrum Belli

La guerre secrète des Etats-Unis dans 134 pays : La croissance des Opérations Spéciales

Ils agissent dans la splendeur verte de la vision nocturne dans le Sud-ouest Asiatique et guettent dans les jungles d’Amérique du Sud. Arrachent des hommes de leur foyer au Maghreb et tirent contre des militants fortement armés dans la Corne de l’Afrique. Ils sentent l’écume salée quand ils volent au ras des vagues dans le turquoise des Caraïbe et le bleu intense du Pacifique. Ils mènent à bien des missions dans la chaleur étouffante des déserts du Moyen Orient et dans la Scandinavie glaciale. L’administration Obama a entrepris une guerre secrète sur toute la planète dont l’amplitude n’a jusqu’ici jamais été complétement révélée.

A partir du 11 septembre 2001, les Forces d’Opérations Spéciales des USA ont grandi de façon inimaginable tant en effectifs qu’en budget. Le plus révélateur a été, cependant l’augmentation des déploiements des opérations spéciales au niveau global.

Cette présence – en ce moment dans presque 70% des nations du monde – fournit de nouvelles preuves de la taille et de l’étendue d’une guerre secrète qui se livre depuis l’Amérique Latine jusqu’aux terres les plus reculées d’Afghanistan, des missions d’entraînement avec leurs alliés Africains jusqu’aux opérations d’espionnage lancées dans le cyberespace.

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Big Data : Pourquoi nos métadonnées sont-elles plus personnelles que nos empreintes digitales ?

A l’occasion du colloque “la politique des données personnelles : Big Data ou contrôle individuel “ organisé par l’Institut des systèmes complexes et l’École normale supérieure de Lyon qui se tenait le 21 novembre dernier, Yves-Alexandre de Montjoye (@yvesalexandre) était venu présenter ses travaux, et à travers lui, ceux du MediaLab sur ce sujet (Cf. D’autres outils et règles pour mieux contrôler les données” ). 

Nos données de déplacements sont encore plus personnelles que nos empreintes digitales

Faire correspondre des empreintes digitales n’est pas si simple, rappelle Yves-Alexandre de Montjoye. Dans Les preuves de l’identité, Edmond Locard, le fondateur de la police scientifique, explique qu’il suffit d’utiliser 12 points de références pour être sur et certain d’identifier les empreintes digitales d’un individu.

Nos traces numériques laissent bien plus d’empreintes que 12 petits points… Nos téléphones laissent derrière eux, dans les données des opérateurs, de nombreuses informations : qui on appelle, quand, pendant combien de temps, de quel endroit… Nos données de mobilités listent tous les endroits où nous sommes allés. Or, nos façons de nous déplacer sont très régulières, répétitives, uniques, pareilles à des empreintes digitales.

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NSA : Comment échapper à Big Brother ?

Si l’agence américaine semble avoir la capacité de déchiffrer la plupart des échanges cryptés, il est possible de lui compliquer la vie…

Chaque semaine amène son lot de révélations sur les capacités de surveillance de la NSA. La réaction du grand public est inlassablement la même, mi-cynique, mi-blasé : «On s’en doutait». La dernière en date : l’agence américaine serait capable de déchiffrer une grande partie du trafic Internet crypté, grâce à des standards qu’elle a affaiblis et des portes dérobées qu’elle force les équipementiers à installer.

Ce dont est capable la NSA
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Le goulag électronique

Par Jean-Paul Baquiast

Nous avions signalé précédemment la pertinence de l’analyse d’un représentant de l’Église orthodoxe russe, assimilant à un goulag électronique le système global de saisie, d’espionnage et de contrôle que les services de renseignements américains, sous l’égide de la NSA et du gouvernement fédéral, imposent à toutes les formes d’expressions empruntant le support de l’Internet et des réseaux numériques. (1)

Comment ce personnage définit-il le goulag électronique américain ?

« Un camp de prisonniers électronique global…D’abord on habitue les gens à utiliser de façon systématique des outils de communication commodes avec les autorités, les entreprises et entre eux. Très rapidement chacun s’habitue de façon addictive à de tels services. Ceci donne à ceux qui possèdent économiquement et politiquement ces outils un pouvoir à la fois considérable et terrifiant. Ils ne peuvent pas repousser la tentation de s’en servir pour contrôler les personnalités. Ce contrôle peut devenir beaucoup plus complet qu’aucun de ceux exercés par les systèmes totalitaires connus au vingtième siècle ».

Le terme de goulag, rendu célèbre par le romancier Alexandre Soljenitsyne, désigne classiquement le système pénitentiaire russe. Celui-ci, encore en activité sous une forme à peine “améliorée”, est constitué de camps de travail et de détention répartis aux frontières de la Russie. Ils enferment des centaines de milliers de condamnés, dans des conditions précaires sinon indignes.
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Snowden : Washington a lancé 231 cyberattaques en 2011

Les services de renseignement américains ont lancé 231 cyberattaques en 2011, visant notamment l’Iran, la Russie, la Chine ou la Corée du Nord, affirme le Washington Post samedi 31 août, sur la base de documents fournis par Edward Snowden.

“Ces révélations (…) fournissent de nouvelles preuves que les ‘cyberguerriers’ de plus en plus nombreux de l’administration Obama infiltrent des réseaux informatiques à l’étranger et en perturbent le fonctionnement”, écrit le quotidien, qui se fonde sur le budget secret des services de renseignement américains fournis par l’ex-sous-traitant de l’Agence de sécurité nationale (NSA).

Projet GENIE

Outre ces cyberattaques, des spécialistes “s’introduisent dans des réseaux étrangers pour les mettre sous un contrôle américain discret”, poursuit le quotidien, évoquant un projet baptisé GENIE et dont le budget s’élève à 652 millions de dollars: Des logiciels malveillants ont ainsi été placés “chaque année dans des dizaines de milliers de machines”.

“D’ici la fin de l’année, GENIE devrait contrôler au moins 85.000 logiciels implantés dans des machines choisies stratégiquement tout autour du monde”, contre environ 21.000 en 2008, selon les documents consultés par le quotidien.

“Les documents fournis par Snowden et des entretiens avec d’ex-responsables américains illustrent une campagne d’intrusion informatique bien plus importante et plus agressive que ce qui avait jusqu’à présent été envisagé”, poursuit encore le Washington Post.

Menaces perfectionnées persistantes
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Manichéisme et guerre économique

par Nicolas Mazzucchi

Prism aura finalement eu beaucoup de vertus. Au-delà du syndrome du « chevalier blanc » manifesté par E. Snowden qui révèle une certaine schizophrénie des valeurs américaines où l’affichage de la pureté et de la justice ne sauraient masquer le cynisme nécessaire à la raison de tout Etat, à fortiori de la première puissance mondiale, c’est surtout pour les Européens que cette affaire de cyber-espionnage aura été salutaire. Bousculant les aprioris sur les relations américano-européennes, Prism met en lumière une imparable réalité : le monde est dans l’ère de la guerre économique généralisée.

La vision traditionnelle des relations transatlantiques est fortement marquée par l’héritage de la Guerre Froide, où ne pas choisir les Etats-Unis, même à minima comme le fit le général de Gaulle, revenait à choisir l’URSS. Mis à part la Finlande dont la neutralisation était devenue un enjeu entre les deux puissances, chaque pays eut à choisir clairement son camp. Le cas italien est à ce titre tout à fait révélateur puisque le choix du Plan Marshall et ensuite l’Alliance atlantique par A. De Gasperi en 1947 et 1949 signifia l’expulsion des communistes du gouvernement et la fin du dernier « compromis ».

De cette époque reste la vision manichéenne du monde où l’Occident – sans vouloir dire l’Atlantique Nord – formerait un bloc uni face au reste du monde. Cette vision binaire des relations internationales, forgée par l’influence culturelle issue du Plan Marshall, se perpétue jusqu’à nos jours grâce à un travail de fond des Etats-Unis via certains organismes comme le German Marshall Fund ou la French-American Foundation pour ne parler que du cas français. D’ailleurs cette appréhension américaine du Vieux Continent ne se limite pas à l’époque de la Guerre Froide comme le rappelle M. Foucher (1), puisque les Etats-Unis n’ont eu de cesse de développer des concepts pour l’Europe, comme celui d’Europe Ouverte de G. W. Bush en 2001.

Or si cette appréhension du monde reste vraie dans un cadre géopolitique traditionnel où l’OTAN, en l’absence – provoquée – d’une Europe de la Défense constitue le référentiel de défense des pays d’Europe, elle est particulièrement inexacte dès que l’on bascule dans la géoéconomie. Non seulement l’OTAN ne peut servir de cadre à une telle alliance géoéconomique pour des raisons structurelles (2), mais elle serait en outre contraire aux intérêts de ses membres.

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États-Unis : PRISM, le logiciel espion de la Maison Blanche (Màj)

Addendum du 13/06/2013: Le célèbre ouvrage de George Orwell, 1984, connaît une nouvelle jeunesse. Ses ventes ont augmenté de 6.000% mardi sur le site Amazon aux États-Unis. Il bénéficie des révélations récentes concernant l’affaire Prism, ce logiciel des services secrets qui espionne tous les américains.

Un ancien technicien de la CIA âgé de 29 ans est à l’origine des fuites ayant permis aux quotidiens The Guardian et Washington Post de révéler l’existence d’un programme de surveillance hautement confidentiel mené par les services secrets américains, ont annoncé dimanche soir les deux journaux.


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