La Cour des comptes pointe du doigt le coût de la formation des lycéens

Le coût des lycées est épinglé par la Cour des comptes. Le coût d’un lycéen français est supérieur de 38 % au coût moyen établi dans les autres pays de l’OCDE. Tandis qu’on dépense moins qu’ailleurs pour l’enseignement primaire.

C’est la faute à la masse salariale, trop élevée. Il y a aussi un trop grand nombre d’options, qui génère trop de cours, et nécessite trop d’enseignants, pour trop peu d’élèves parfois notamment en lycée professionnel. La Cour préconise donc de resserrer les options dans la voie générale et le nombre de spécialités dans la voie professionnelle.

« J’ai choisi l’école à la maison »

Tandis que des milliers d’élèves ont pris le chemin du collège ce matin, Clémentine [1] n’aura pas besoin de sortir de chez elle pour la rentrée des classes. Cette année, alors qu’elle devait passer en sixième, ses parents ont décidé de la déscolariser. Un choix difficile mais nécessaire selon sa mère, Anita. Témoignage.

Ma fille a 11 ans et elle a toujours été scolarisée. Cette année, alors qu’elle devait faire sa rentrée en classe de sixième, nous avons décidé qu’elle n’irait plus à l’école : nous avons misé sur l’instruction en famille.

Clémentine a un parcours scolaire tout à fait classique. Elle a toujours été disciplinée et bonne élève, mais manquait d’enthousiasme à l’idée d’aller à l’école. Pourtant, elle adore apprendre.

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Violence : quand les profs craquent

En 2009, 7000 professeurs auraient exercé leur droit de retrait après des incidents violents dans les lycées et les collèges. Selon l’INSERM, les enseignants font partie des professionnels qui se suicident le plus, davantage que les policiers et les militaires.

L’Éducation nationale a bien du mal à trouver une parade. En 2010, 16 000 jeunes enseignants ont pris leur premier poste, sans avoir effectué de stage préalable.

Après la fermeture des IUFM, ils doivent se contenter d’un DVD de formation leur présentant des «trucs» pour affronter une classe difficile.

Les enfants de l’idéologie libérale-libertaire

Dresser un portrait de la jeunesse actuelle ne peut se faire sans essayer de comprendre les tenants et les aboutissants de la révolution culturelle de mai 1968 qui a façonné l’idéologie libérale-libertaire qui nous domine toujours.

A l’époque, le fossé des générations sans précédent, « un événement mondial, quelque chose qui ne s’était encore jamais produit avec cette simultanéité et sur une telle échelle » a eu comme conséquence que les jeunes, se sentant « étrangers à leurs parents » [1], ont voulu imposer leur vision du monde à la société. Ils n’ont pas essayé d’élaborer une société représentative des différentes générations qui la composaient mais, au contraire, ont imposé leur génération comme socle de la nouvelle ère. Génération des mots d’ordre « il est interdit d’interdire » et « CRS SS », cette nouvelle ère a alors blâmé l’autorité comme valeur de la vieille génération ringarde au profit du développement personnel comme valeur de la jeune génération oppressée.

De cette révolution culturelle opérée par les jeunes bourgeois de l’époque s’en est alors suivi une forte alliance – celle que l’on se plaît à nommer l’idéologie libérale-libertaire – entre d’une part le libéralisme économique et d’autre part le libéralisme culturel, les deux poursuivant une logique semblable : celle de l’illimité.

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En France les écoliers travaillent trop et mal

Quelles sont les faiblesses de l’Éducation nationale? La question se pose chaque année à la rentrée. Voici les vrais chiffres qui permettent de comparer l’école de la République à celle de nos voisins européens. Elle atteint tout juste la moyenne.

De la maternelle à la terminale, près de 13 millions d’élèves sont de retour à l’école. Pour Najat Vallaud-Belkacem, c’est la première rentrée. La toute nouvelle ministre de l’éducation nationale a sans nul doute déjà évalué les forces et les faiblesses du système éducatif français pour répondre aux détracteurs des réformes en cours, notamment la modification des rythmes scolaires.

Comme la ministre, nous avons évalué l’école de la République comparée à celle de nos voisins européens. Avec tout juste la moyenne, les notes de l’école de la république ne sont pas très bonnes, mais ce n’est pas le cancre européen comme que certains l’affirment.

Pour noter le plus objectivement possible l’école nous avons retenus cinq critères significatifs:
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École du futur : La fin des profs ?

En France, le ministère de l’Éducation Nationale veut faire entrer l’école dans l’ère du numérique. Tableaux interactifs et tablettes tactiles devraient, d’ici 2020, remplacer progressivement la craie et les cahiers.

Pour les firmes informatiques, cette évolution représente un marché colossal, évalué à 100 milliards d’Euros à l’échelle mondiale. Sur les 12 millions d’élèves que compte l’Hexagone, seulement 10% travaillent actuellement à l’aide d’un matériel informatique à l’école.

Ce bouleversement inquiète les professeurs qui craignent un repli sur soi de l’enfant en classe, où le rapport au savoir ne se ferait plus par la communication avec les autres, mais à travers un support. Enquête en Corrèze, premier département à avoir équipé tous les collégiens d’une tablette numérique.

Partie 1:

Partie 2: Lire la suite

Contre le colonialisme numérique : Manifeste pour continuer à lire

Tableau interactif, ordinateur, tablette: le numérique pénètre les écoles. Ces nouveaux outils servent-ils l’apprentissage et la pédagogie? Ou les intérêts commerciaux des géants de l’Internet et de l’électronique? Roberto Casati, philosophe spécialiste des sciences cognitives, s’interroge sur les conséquences de ces technologies.

Selon lui, elles altèrent nos capacités à lire avec attention, à se concentrer. Sans que les élèves en sachent beaucoup plus sur le fonctionnement d’un ordinateur, d’un logiciel ou d’un moteur de recherche. « Ce qui compte, pour les géants de ce système, c’est que vous soyez connectés en permanence afin de pouvoir vous proposer continuellement des produits. » Entretien.

Pourquoi la tablette ne vous semble-t-elle pas adaptée à la lecture ? Quels sont au contraire les avantages du livre papier ?

Roberto Casati [1] : D’après des spécialistes de la lecture comme Maryanne Wolf [2], les enfants qui appartiennent à des familles qui les font lire ou leur lisent des livres ont un lexique presque double, vers leurs dix ans, par rapport aux enfants qui n’ont pas ce privilège. L’école devrait permettre à ce dernier groupe de rattraper ce désavantage, c’est une question d’équité.

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Les enfants monstrueux du numérique

Par Ferdinand Cazalis (29 novembre 2012)

Ils ont 3, 4 ou 10 ans et regardent le monde au travers d’un Ipad, doudou glacé qui fleure bon la « modernité ». Pour l’industrie technologique, l’enfance se pense à l’ombre des machines, innovations qualifiées de nécessaires par la bien-pensance scientiste et introduites sans recul sur le marché des marmots. Retour sur l’apparition du numérique dans l’aire du jeu et de l’apprentissage.

Nous sommes en 2004. Des hommes se lèvent, mûrs, aux joues granitées. Grattage de nez, sifflotements, fée électricité – une nouvelle journée. Se rasent, enfilent leur costume de Grands responsables, cravate en option, douche, café, emails, cellulaire, taxi, pensées fugitives, travail.

Ils s’appellent Pierre, Olivier, Jean-Claude ou Laurent. Tous sont présidents ou directeurs d’entreprises du secteur micro-électronique et participent au Groupement professionnel des industries de composants et de systèmes électroniques, le Gixel (2). Le plus naturellement du monde, ils veulent faire prospérer les quelque 32.000 emplois et 4 milliards de chiffre d’affaires qu’ils représentent en France.

Pour cela, et parce qu’ils ne se sentent pas les coudées assez franches, ils écrivent un Livre bleu, consistant en une série de recommandations à l’adresse du gouvernement pour développer le marché des circuits imprimés, composants d’interconnexion et autres cartes à puce. Parmi leurs propositions, l’une fit grand bruit, et reste bien connue chez celles et ceux qui s’interrogent sur la portée politique des nouvelles technologies :

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L’Etat fait le ménage dans ses logements de fonction

A Bercy, 20% des appartements occupés par des fonctionnaires vont être supprimés. Ces derniers devront se loger par leurs propres moyens.

Nicolas Sarkozy en a rêvé, François Hollande le fait. En 2010, la droite avait engagé une vaste réforme des logements de fonction de l’Etat. Mais il avait fallu attendre le 9 mai 2012, soit le lendemain des élections, pour que les décrets fixant les nouvelles règles d’attribution soient enfin publiés. Du coup, c’est Bernard Cazeneuve, le ministre du budget actuel, qui est désormais chargé de faire le tri dans les prébendes que l’Etat accorde à une centaine de millier d’agents de la Fonction publique.

En principe, seuls les fonctionnaires ayant une “obligation de disponibilité totale pour des raisons de sûreté, de sécurité ou de responsabilité” ont désormais vocation à bénéficier d’un logement gratuit par nécessité absolue de service.

Certains agents, non éligibles à ce régime, peuvent aussi bénéficier d’une “convention d’occupation à titre précaire” car ils sont tenus d’accomplir un service d’astreinte. Dans ce cas, ils devront payer une redevance équivalente à 50% de la valeur locative de marché. Enfin, les surfaces sont strictement limitées: 80 mètres carrés par bénéficiaire plus 20 mètres carrés supplémentaires par personne à charge.

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Chômage : François Hollande manipule t-il les chiffres ?

Récemment, lors de sa visite au Japon en juin, le président français François Hollande a annoncé la fin de la crise de l’euro. Il avait également indiqué qu’il préparait un grand plan pour lutter contre le chômage. En juin, on dénombrait 3,28 millions de personnes sans emploi en France. L’agence de presse Reuters a détaillé les éléments de ce plan.

✔ Le gouvernement a prévu la création de 30.000 emplois aidés dans l’Éducation Nationale. Les bénéficiaires de ces contrats, des diplômés de l’enseignement supérieur, seront embauchés pour un à deux ans.

✔ Il est également prévu de créer 100.000 « emplois d’avenir », qui permettront à des jeunes non qualifiés âgés de 16 à 25 ans de trouver du travail dans le secteur de la santé, les associations caritatives, et d’autres organisations à but non lucratif. Selon le gouvernement, 2.500 contrats de ce type sont signés chaque semaine.

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Début des épreuves du bac ; Un examen à 1,5 milliard d’euros

Des bacheliers moins nombreux en 2013

A 8h ce matin, les 664 709 candidats inscrits à la session 2013 du baccalauréat démarrent leur semaine d’épreuve avec la traditionnelle, et tant redoutée, épreuve de philosophie. Une édition 2013 marquée par un déclin des aspirants-bacheliers, moins nombreux cette année de 38 350 candidats, du fait de la réforme de la voie professionnelle de 2009.

A noter que le nombre de candidats au bac général est en très légère augmentation, à la différences des bacs professionnels et technologiques, qui eux, chutent. 2021 élèves, pour leur part, passeront cette année des épreuves un peu particulières, les épreuves multibacs, qui permettent de décrocher à la fois le bac français et son équivalent espagnol, allemand ou italien.

Le bac, un examen qui coûte cher

Ce sont au total 3990 sujets qui ont été élaborés pour cette édition 2013, en comprenant la France métropolitaine, les DOM, les COM et les centres d’examens à l’étranger, mais aussi les sujets de secours, bien utiles en cas de fuites. Au final, ce sont 4 millions de copies que les enseignants corrigeront pour octroyer, ou non, ce fameux sésame. A savoir que depuis 2009, le prix de la correction d’une copie est passé de 1,32 euros à 5 euros, soit 20 millions d’euros estimés pour cette année, pas mal pour des ratures rouges non ?

En terme de coût, justement, le bac est un examen qui revient cher. 83,60 euros par candidat. Soit 55 millions d’euros au total pour 2013. On est certes loin des 1,5 milliard d’euros estimé par le SNPDEN, le principal syndicat des chefs d’établissement. Le ministère de l’Education nationale ne comprenant pas, lui, les 3 semaines précédent l’examen perdues pour son organisation.

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École : Quand les multinationales remplacent les instituteurs

Par Agnès Rousseaux

Le groupe pharmaceutique Novartis va adresser 5.000 kits pédagogiques à des écoles élémentaires. De quoi sensibiliser 150.000 enfants à l’importance de prendre soin de leur animal domestique préféré, chiens ou chats, pour éviter la transmission de maladies grâce… à des produits en partie commercialisés par Novartis.

Une trentaine d’enfants sont sagement assis dans les fauteuils de l’auditorium du Muséum national d’Histoire naturelle. Ils regardent un dessin animé sur les risques de transmission de maladie par les animaux de compagnie. Un dessin animé réalisé par l’entreprise pharmaceutique Novartis. Le message: bien se laver les mains après avoir caressé son animal. Et surtout penser à procéder à une vermifugation régulière de son chien ou chat (par administration d’un médicament), pour tuer les vers, vecteurs de maladies.

Sylvie Thevenon, conceptrice du programme chez Novartis, anime cette séance « pédagogique » de « sensibilisation pour changer les comportements ». S’agit-il de « séances pédagogiques » désintéressées, ou de réaliser une vaste opération marketing, avec l’aval de l’Éducation nationale ?

Cette classe de CE2 de Neuilly-sur-Seine n’est pas la seule cobaye. 2 000 kits pédagogiques ont été envoyés dans des écoles, 3.000 autres vont suivre en juin. 150 000 enfants de « Cycle 3 » (8-10 ans) pourront donc apprendre à s’occuper de leur animal de compagnie grâce aux bons conseils de Novartis, et de sa filiale Novartis santé animale ! Le ministère de l’Éducation nationale a donné son accord pour cette activité « éducative ». Et évidemment totalement désintéressée…
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Coût de l’immigration : Le débat continue

Pierre Milloz répond à Jean-Paul Gourévitch

Jean-Paul Gourévitch a publié une nouvelle étude sur le coût de l’immigration qu’il chiffre à 17 milliards par an. Précurseur des études sur le sujet (dès les années 1990), l’énarque et inspecteur général honoraire, Pierre Milloz, conteste ces résultats et la méthodologie suivie.

Pierre Milloz reproche à Jean-Paul Gourévitch de ne prendre en compte que les surcoûts, considérant ainsi implicitement que les immigrés n’ont pas à participer aux charges générales ; Pierre Milloz reproche aussi à Jean-Paul Gourévitch de sortir des coûts les dépenses d’investissements.

Nous publions ce texte pour engager le débat en ouvrant évidemment un droit de réponse à Jean-Paul Gourévitch. Nous publierons aussi prochainement une étude exhaustive d’André Posokhow sur le coût de l’immigration : un coût qu’il évalue à une hauteur fortement supérieure – 84 milliards – à celle de Jean-Paul Gourévitch. Polémia.

I – La conception du « coût » de M. Gourévitch

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Partage de la valeur ajoutée : le hold-up tranquille

«La guerre des classes existe, c’est un fait. Mais c’est la mienne, celle des riches, qui mène cette guerre et nous sommes en train de la remporter.»

(Warren Buffett, deuxième fortune mondiale, New York Times, 29 novembre 2006)

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C’est le point aveugle du débat économique. Une donnée clé, et d’autant mieux cachée par les grands médias : de toutes les richesses produites en France, les salariés récoltent, aujourd’hui, d’après l’Insee, 9,3% de moins qu’en 1983 – autant qui va en plus aux actionnaires. Soit plus de 100 milliards d’euros par an…

«La part des profits est inhabituellement élevée à présent (et la part des salaires inhabituellement basse). En fait, l’amplitude de cette évolution et l’éventail des pays concernés n’a pas de précédent dans les 45 dernières années.»

D’où sont tirées ces lignes ?

On croirait une communication de la CGT ?

Ou un discours d’Olivier Besancenot ?

Au contraire : ce passage est extrait d’un article de la Bank for International Settlements. La Banque des Règlements Internationaux. Une institution qui réunit chaque mois, à Bâle, en Suisse, les banquiers centraux pour « coordonner les politiques monétaires » et « édicter des règles prudentielles ».

Dans leurs Working Papers n° 231, daté de juillet 2007 et titré Global upward trend in the profit share («Hausse tendancielle mondiale de la part des profits»), eux insistent pourtant sur les «hauts niveaux de la part du profit inhabituellement répandus aujourd’hui», sur cette «marge d’une importance sans précédent», sur cette «preuve à la fois graphique et économétrique d’un fait particulier concernant le partage des revenus dans les pays industrialisés : une poussée à la hausse de la part des profits au milieu des années 80, ou son pendant : une poussée à la baisse de la part des salaires» et ainsi de suite sur vingt-trois pages.

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La délinquance coûte 115 milliards à la France

Selon une étude demandée à un économiste par l’association Institut pour la justice, le crime et la délinquance ont “coûté” 115 milliards d’euros à la France, de juillet 2008 à juin 2009 soit autant que l’Éducation nationale ou le système hospitalier.

Dans un contexte de contrainte budgétaire aiguë, la lutte contre l’insécurité est parfois critiquée pour son coût,” relève l’association de défense des victimes “Institut pour la justice,” estimant que “le débat gagnerait à être éclairé par ce que coûte l’insécurité elle-même.”

C’est la première fois en France que ce travail d’évaluation est réalisé. D’autres pays européens s’appuient déjà dessus. Seules les infractions au code de la route n’ont pas été comptabilisées par l’économiste. Les coûts directs (préjudice financier et moral pour la victime) comme indirects (sentiment d’insécurité, dépenses de sécurité publiques et privées). La période retenue court de juillet 2008 à juin 2009.

Entre les fraudes fiscales, les violences, les meurtres, les trafics divers et les contrefaçons, la délinquance sous ses diverses formes coûterait 115 milliards d’euros à la France chaque année. C’est le chiffre choc qu’avance l’économiste Jacques Bichot, professeur à l’université Lyon III, dans une étude que lui a commandé une association, l’Institut pour la justice. Soit 5,6% du PIB du pays.

« Un chiffre prudent et crédible »

Reste à savoir si certains critères sont quantifiables, comme la vie humaine, sont quantifiables. L’association affirme avoir conscience de ces obstacles, mais elle affirme que l’estimation est prudente, et que d’autres critères permettent de se prononcer. De plus, cette évaluation de 115 milliards d’euros correspond à celle de certains autres pays européens.
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« Modernisation » de l’État : rupture ou révolution culturelle à la chinoise ?

Par Michel Geoffroy

La réforme de l’État constitue l’un des axes de la présidence de Nicolas Sarkozy. Elle est activement conduite par l’Élysée sous le nom de code RGPP : Révision générale des politiques publiques. La méthode est simple : on change tout, on lance tous les chantiers en même temps. C’est la rupture, pilotée par les grands corps de l’État, qui se placent par la même occasion hors de portée du séisme qu’ils provoquent chez les autres.

Le bouleversement est en effet considérable : fusion progressive des grands corps techniques et des services déconcentrés de l’État, fusion des services d’assiette et de recouvrement de l’impôt, modifications statutaires tous azimuts, externalisations, réforme des concours administratifs « pour plus de diversité, » suppressions d’emplois, recrutements de contractuels à tous les niveaux, etc.

Certaines réformes, prises isolément, sont parfois bienvenues. Mais leurs bénéfices sont dilapidés par la dynamique d’ensemble de « la réforme de l’État » : car le parti pris de tout changer en même temps, crée le chaos. La RGPP ne débouche pas sur l’efficience mais sur une gabegie contagieuse.

Le tout, conduit à un rythme d’enfer : les audits, les réformes, les réorganisations se succèdent. De quoi faire apparaître la révolution culturelle chinoise comme une paisible transformation.
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