Enfants forçats

Petits creuseurs des mines d’or burkinabaises ou des mines de mica indiennes, mendiants touaregs dans les rues de Ouagadougou, gamins des décharges en République dominicaine, petites Mexicaines ouvrières agricoles dans les champs de tabac ou de piment aux États-Unis…

A travers ce documentaire éloquent, Hubert Dubois, déjà auteur de L’enfance enchaînée en 1992, reprend son enquête pour mesurer les progrès réalisés, mais aussi alerter sur leur fragilité, en particulier en temps de crise.

La cause des enfants

L’Indien Kailash Satyarthi, fondateur en 1980 d’une ONG qui libère les enfants réduits en esclavage pour les envoyer à l’école, est le fil conducteur de l’enquête, menée dans quatre pays et trois continents. Cet infatigable activiste parvient à mettre face à leurs responsabilités les grandes industries du tapis, de la chaussure de sport, du tabac, du cacao ou de la confection, les obligeant à faire le ménage dans leurs chaînes d’approvisionnement.

Comme lui, à travers le monde, des hommes et des femmes fortement engagés pour la cause des enfants poursuivent le combat, parfois au péril de leur vie. Résultat : depuis une quinzaine d’années, le nombre de petits travailleurs a significativement baissé. 215 millions d’enfants restent néanmoins touchés par ce fléau, preuve que la mobilisation ne doit en aucun cas se relâcher.

(Merci à Tilak)

Neurobiologie et éducation

Neurobiologiste allemand de premier plan, le Pr. Gerald Hüther dirige le département de recherche fondamentale de neurobiologie du Centre Hospitalier Universitaire psychiatrique de l’université de Göttingen et le centre de recherche préventive de neurobiologie de l’université de Göttingen et Mannheim/Heidelberg. Il est l’auteur de plusieurs livres sur le sujet.

(Merci à quarantined)

En France les écoliers travaillent trop et mal

Quelles sont les faiblesses de l’Éducation nationale? La question se pose chaque année à la rentrée. Voici les vrais chiffres qui permettent de comparer l’école de la République à celle de nos voisins européens. Elle atteint tout juste la moyenne.

De la maternelle à la terminale, près de 13 millions d’élèves sont de retour à l’école. Pour Najat Vallaud-Belkacem, c’est la première rentrée. La toute nouvelle ministre de l’éducation nationale a sans nul doute déjà évalué les forces et les faiblesses du système éducatif français pour répondre aux détracteurs des réformes en cours, notamment la modification des rythmes scolaires.

Comme la ministre, nous avons évalué l’école de la République comparée à celle de nos voisins européens. Avec tout juste la moyenne, les notes de l’école de la république ne sont pas très bonnes, mais ce n’est pas le cancre européen comme que certains l’affirment.

Pour noter le plus objectivement possible l’école nous avons retenus cinq critères significatifs:
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États-Unis : À 13 ans il a décidé de quitter l’école

Le jeune Logan Laplante, aime apprendre, mais il s’est rendu compte, qu’il avait un problème avec le système scolaire. Il quitte l’école à 13 ans pour devenir « un hacker de l’école ».

Les hackers se mettent dans des situations où ils forcent la société à se poser des questions, là où il y a nécessité de réponses pour des situations sociales devenus parfois incohérentes voir dramatiques…

(NB: Pour activer les sous-titres en Français, il suffit de cliquer sur l’icône rectangulaire en bas à droite de l’écran).

 

Chine : La moitié des “super-riches” projetteraient de partir à l’étranger

Près de la moitié des Chinois les plus fortunés envisagent de quitter le pays, selon une étude publiée lundi, en pointant notamment de meilleures opportunités professionnelles et un meilleur cadre éducatif pour leurs enfants à l’étranger.

Cette étude mondiale, menée par Barclays Wealth à travers 17 pays sur 2.000 personnes disposant d’un patrimoine net supérieur à 1,5 million de dollars, a montré que 47% des riches Chinois (de Chine populaire) interrogés envisageaient d’émigrer dans les cinq prochaines années.

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TV Lobotomie – Michel Desmurget [Rediff]

Intervention de l’auteur à Lyon le 8 juin 2011. Chaque mois, les revues scientifiques internationales publient des dizaines de résultats de ce genre. Pour les spécialistes, dont fait partie Michel Desmurget, il n’y a plus de doute : la télévision est un fléau.

Elle exerce une influence profondément négative sur le développement intellectuel, les résultats scolaires, le langage, l’attention, l’imagination, la créativité, la violence, le sommeil, le tabagisme, l’alcoolisme, la sexualité, l’image du corps, le comportement alimentaire, l’obésité et l’espérance de vie.


« Comment sommes-nous devenus si cons ? » : Le cri de colère du linguiste Alain Bentolila

Par Jean-Paul Brighelli

Derrière le titre un brin provocateur, Alain Bentolila, spécialiste du créole haïtien et de l’apprentissage des langues maternelles au Maroc, dresse dans son ouvrage paru jeudi 11 septembre, un portrait sévère de notre rapport à l’intelligence et à l’apprentissage.

L’auteur pousse cri de colère contre des années d’errances éducatives, mais également contre l’ensemble de la société, de l’école à internet.

« On n’est pas con, on nous a rendus cons ! La télévision en porte une grande responsabilité : même s’il y a des émissions remarquables, celles regardées sont souvent d’une affligeante débilité. Les réseaux sociaux ont également une part de responsabilité ; Facebook rend les gens très cons. Les hommes politiques, enfin, au discours rodé, nous prennent également pour des cons… et à force, on finit par le croire. »

La com/position de l’ouvrage va de la surface vers la profondeur – de la société du spectacle et de la “grande anesthésie” télévisuelle (Nabilla n’est pas la meilleure copine de Bentolila) aux abominations com/munautaires des fous de Dieu de toutes farines.
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Emmanuelle Piquet : « Comment lutter contre le harcèlement scolaire »

Issue du monde de l’entreprise où elle fût DRH pendant quinze ans, Emmanuelle Piquet, psycho-praticienne et formatrice, exerce la thérapie brève et intervient majoritairement auprès d’enfants et adolescents. Elle est la cofondatrice du CRISS, le Centre de Recherche sur l’Interaction et la Souffrance Scolaire.

À la fois centre de consultation, de recherche et de formation, ce lieu reçoit enfants, adolescents, parents et enseignants pour apaiser les souffrances et forme des professionnels de l’enfance à une meilleure gestion des interactions.

Afrique : Un inventeur se dresse en “apôtre du Made in Ghana”

Avec ses voitures “made in Ghana” qui démarrent à l’aide d’une montre en or, ses gardiens-robots ou encore un prototype d’hélicoptère de combat, un inventeur ghanéen autoproclamé “la star de l’Afrique” espère révolutionner le secteur industriel dans son pays.



Dossier: Inventeurs africains, sésame pour l’émergence

En Afrique, les chercheurs qui cherchent, on en trouve; mais les chercheurs qui trouvent, on en cherche.” Longtemps, cette boutade a servi à narguer les limites de la recherche scientifique en Afrique. Elle est désormais révolue devant le génie-créateur de nombreux inventeurs africains, créateurs de solutions innovantes. Ces fils d’Afrique n’attendent que reconnaissance et valorisation.

(Merci à Erwinn)

Et si l’innovation technologique nuisait à la société humaine ?

C’est une question que se posent économistes et travailleurs au moins depuis la Révolution industrielle. Et dans le passé, la réponse était généralement un «non» franc et direct…

L’innovation est censée être le remède au marasme économique. Et si au contraire elle en était la cause ? Plus précisément : serait-il possible que l’incessante automatisation touchant tous les secteurs, des usines au commerce de détail en passant par le journalisme, ne détruise davantage d’emplois qu’elle n’en crée ?

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Portugal : Toujours plus de fermeture d’écoles en raison de la crise

Le regroupement scolaire du primaire au secondaire signe-t-il la mort des villages portugais ? Le gouvernement vient d’annoncer la suppression de 311 écoles supplémentaires pour l’année prochaine. Au grand dam des Portugais vivant en zone rurale…

Les écoles portugaises ferment leurs portes. Pas uniquement pour l’été. Près de 311 écoles primaires disparaîtront dès septembre prochain pour cause d’austérité budgétaire, annonce le ministère de l’Éducation.

Le pays entame pourtant depuis peu un début de sortie de crise et le gouvernement a refusé la troisième tranche d’aide européenne destinée à soutenir son économie. Mais selon Nuno Crato, ministre de l’Éducation, le pays souhaite volontairement poursuivre la « rationalisation du réseau scolaire » en fermant les écoles rurales où les élèves sont peu nombreux.

En 2010, le ministère révélait que sur 3200 établissements du premier cycle, 600 ont moins de vingt élèves et 400 moins de dix. Depuis les maternelles sont progressivement regroupées avec les classes primaires et secondaires.

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Russie : L’école alternative de l’académicien Shchetinin

L’école de Shchetinin est une structure russe où les enfants peuvent terminer le niveau primaire et secondaire en 2 ans. Ils peuvent aussi obtenir leur doctorat avant l’âge de 17 ans. Les enfants apprennent autres choses que les matières scolaires classiques comme la danse traditionnelle, les arts martiaux, la musique et les arts.

La doctrine de l’école repose sur le précepte: “Je vois, J’analyse et j’agis”.

En fait, on ne dicte pas aux enfants ce en quoi ils doivent croire et comment apprendre. Ils le font à leur manière, ce qui assure leur succès. Le professeur n’est pas là comme dictateur mais bien comme aide à l’apprentissage. Il propose des notions à apprendre et ensuite en discute avec les élèves, puis les enfants doivent eux-même en discuter avec les autres pour démontrer ce qu’ils ont compris.

L’enseignant n’oblige pas un élève à étudier ceci ou cela, c’est l’élève lui-même qui décide ce qu’il veut apprendre en premier et puisqu’il est attiré par ce sujet alors il apprendra beaucoup plus vite.

En apprenant aux enfants à étudier de cette façon, les professeurs s’assurent que les enfants créent leur propre méthode et que par la suite ils pourront apprendre n’importe quel sujet très rapidement.

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La triche «halal», une marque déposée

En Algérie, le copiage, lors des examens, est presque devenu un sport national, tant il est vrai qu’aucune institution pédagogique, de l’école primaire jusqu’à l’université, n’est épargnée par ce procédé inélégant.

Par Lydia Rahmani

Il est pratiqué sans honte, assumé même, par bon nombre d’apprenants qui s’y adonnent sans en rougir.

Or, tricher, c’est enfreindre les lois civiques et divines, sachant que ce procédé est abhorré par le Créateur et censé être proscrit par les croyants. Et quand la triche a pour scène la prestigieuse université des sciences islamiques Emir Abdelkader de Constantine (USIC), cela dépasse l’entendement,

surtout quand on n’hésite pas à déchirer les pages du Saint Coran pour arriver à ses fins !

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C’est maintenant une crise sociale qui menace l’Europe

Par Guntram B. Wolff et Zsolt Darvas

Cet article est basé sur une note de synthèse rédigée conjointement par les deux auteurs, présentée aux ministres des Finances de l’UE lors de leur entrevue informelle de l’Ecofin à Athènes.

Image du film L’arroseur arrosé, de Louis Lumière, 1895

Au cours de ces dernières années, la politique économique européenne s’est concentrée sur la crise des dettes souveraines et sur la fragmentation du système financier. Mais une menace encore plus dangereuse pèse sur l’Europe : le risque de la fragmentation sociale qui pourrait bien se transformer en une révolte contre les élites politiques, contre l’intégration européenne, les marchés ouverts et mondiaux, et finalement contre l’euro.

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Les femmes au travail … à tout prix ?

Résumé d’une étude plus approfondie sur la difficile articulation travail/vie de famille et une analyse des solutions préconisées par le  ministre du droit des femmes : toutes les femmes au travail pendant que l’État s’occupe des enfants. (Accédez à l’article complet au format pdf en cliquant ICI).

En France, 60% des femmes de 15 à 64 ans travaillent, cela correspond exactement à l’objectif préconisé par l’Union Européenne. La France se hisse ainsi aux premiers rangs dans l’UE.  De 25 à 49 ans cette proportion s’élève à 84%. De plus, notre pays est reconnu pour être celui où se conjugue le mieux l’articulation travail/vie de famille. Celui aussi où le taux de natalité est le plus élevé.

Tout semble donc aller pour le mieux! Pas si sûr…

Le gouvernement, par la voix de Najat Vallaud-Belkacem veut atteindre, dans les dix prochaines années, les 70%  de femmes au travail. Pour commencer.

Est-ce vraiment le souci de répondre à l’attente des femmes et d’ « améliorer leur conditions » qui dicte la politique militante du « droit des femmes » inspirant nos gouvernements?

Certes, le problème est bien réel et justifie un plan d’action gouvernemental: question de la retraite future des femmes qui n’ont pas accumulé de points par leur travail, besoin d’autonomie, précarité des femmes abandonnées ou veuves avec enfants, difficile conciliation de la maternité et de l’emploi, problèmes de garde d’enfant, réinsertion aléatoire après une longue interruption de carrière liée à l’éducation des enfant…

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Roms : « Un bel exemple d’européanité vraie »

Compagnon de route de familles roms et manouches dans le Val d’Oise et ailleurs, Jean-Pierre Dacheux revient ici sur les fondamentaux des cultures Roms et dégomme les stéréotypes associés à une culture complexe, en mouvement.

Les moments de rencontres, de frictions et de tensions entre Roms et gadjé (1) sont multiples. Les premiers questionnent en effet nombre de nos certitudes. Sur nos façons d’habiter et de nous déplacer, sur le concept de propriété, sur les normes qui nous encadrent et sur l’économie capitaliste qui régit nos vies. Les Roms nous invitent ainsi à repenser la cohabitation avec tous ceux dont les modes de vie bousculent l’ordre et les règles établis. Et qui, de fait, se trouvent violemment exclus et marginalisés.

À travers les cadres géopolitiques traditionnels

L’exemple des Roms en France révèle toutes les contradictions européennes. Au fond, ils posent cette question: qu’est-ce que l’Europe? Eux vivent à plein l’élargissement politique d’une Europe dans l’Europe, puisqu’ils sont partout. Ils posent la question de l’européanité autrement qu’en terme de fédération d’États-nations.

C’est pourquoi ils constituent un hiatus pour les politiques. Parce qu’ils s’affirment comme nation sans territoire, même si la plupart n’envisagent pas le problème en termes théoriques. Certains intellectuels roms affirment ainsi : « Nous sommes des Européens parce que nous vivons en Europe et nous ne sommes pas des Européens parce que nous n’appartenons pas à un État de l’Union européenne. » Ça met en chantier nos concepts politiques traditionnels.

À l’inverse, les Roms de France rencontrent une difficulté particulière. Ils ont revendiqué le droit d’être considérés français comme les autres. Or, en devenant français comme les autres, tu deviens peu ou prou « nationaliste ». D’ailleurs, certains Roms de France protestent parfois contre les Roms d’Europe de l’Est : « Ils viennent chez nous ! » De telles réflexions n’ont généralement pas cours ailleurs en Europe. Elles résultent en bonne part de la différence de niveau de vie.

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« Nous sommes à une période de transition vers une ère post-emplois »

La théorie du marché libre sur laquelle se fonde nos sociétés s’avère fausse, estime le Professeur Amos Witztum, un économiste de la London School of Economics. « On nous a dit que si nous faisions de longues études, et que nous travaillions dur, tout se passerait bien. Mais cette assertion ne tient plus depuis longtemps », dit-il.

Des études de l’OCDE montrent que la hausse du PIB par tête liée aux gains de productivité ne s’est accompagnée que de progressions de salaires proportionnelles à la hausse de l’inflation, au mieux, mais qui ont été très inférieures à cette croissance de la productivité.

Le lien traditionnel entre la productivité et la rémunération, c’est-à-dire entre le rendement des salariés, et la compensation qu’ils reçoivent, une pierre angulaire du système de marché traditionnel, ne s’applique plus. L’argent gagné par cette productivité qui n’a pas été utilisé pour payer des salaires a profité aux capitalistes, au travers des dividendes que les sociétés leur ont payés.

En outre, le professeur Witztum observe que souvent, les emplois que les gens trouvent ne correspondent pas à leurs qualifications. Au Royaume Uni, par exemple, le nombre d’employés sur-qualifiés pour leur emploi est passé de 21% en 1992 à 33% en 2006.

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Décès de Gary Becker, prix Nobel et impérialiste économique

Gary Becker, économiste américain d’origine canadienne, mort le weekend dernier, est très peu connu du public français. Pourtant, son influence a été considérable, à la fois intellectuellement et pratiquement. Le monde qui nous entoure a été façonné, à un point que nous ne réalisons pas, par Gary Becker.

Becker a obtenu le prix Nobel d’économie 1992 “pour avoir étendu le domaine de l’analyse microéconomique à une large gamme d’interactions et de comportements humains, y compris hors marché“. En langage clair, il est récompensé pour avoir utilisé les outils économiques pour analyser des sujets non économiques.

Sa thèse de doctorat était consacrée, en 1955, à un sujet brûlant: la discrimination raciale. Il y constatait que les employeurs racistes subissent un coût: s’ils ne recrutent que des Blancs, ils perdent la possibilité de recruter des Noirs tout aussi compétents, au salaire moins élevé (car victimes de discriminations).

Un employeur qui recruterait plus de Noirs serait plus compétitif et mettrait ses concurrents racistes sur la paille. Conclusion, la discrimination devrait être plus forte dans les secteurs réglementés, peu soumis à la concurrence (ce qui est exact). Cela peut sembler une manière étrange d’aborder le sujet, mais pas si absurde que cela.
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