Pierre Rabhi : « La joie d’exister ne figure jamais dans un bilan »

Pierre Rabhi publie «Semeur d’espoirs», chez Actes Sud, un long entretien avec Olivier Le Naire au cours duquel les deux hommes ont évoqué la religion, l’amour, la vieillesse, le désarroi des jeunes, le sens de l’Histoire, la non-violence, le travail, l’éducation, le statut de la femme, le mariage homosexuel, la procréation médicalement assistée, le nucléaire, la politique et, bien sûr, l’écologie.

Pierre Rabhi et J.M. Le Clézio à La grande Librairie 10 avril 2014 – France 5

La dette des pays riches reste à des niveaux “historiques”

La dette des pays riches montre des signes de stabilisation mais se maintient à des “niveaux historiquement hauts” nécessitant de réduire les dépenses publiques, a affirmé mercredi le Fonds monétaire international (FMI).

Dans les économies développées, les récentes mesures politiques ont généralement permis de stabiliser les ratios de dette mais les perspectives à moyen terme restent incertaines et la dette se maintient à des niveaux historiques“, souligne l’institution dans son rapport semestriel de surveillance budgétaire.

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Les fôtes d’ortograf coûteraient des millions aux entreprises

Près de neuf e-mails sur dix contiendraient une erreur. Les fautes d’orthographe coûteraient des millions d’euros aux entreprises. Et les plus affectées par ce problème seraient celles sur internet. Une étude anglaise affirme qu’une seule faute d’orthographe sur un site de e-commerce peut diviser les ventes par deux, a rapporté France info, lundi 7 avril.

“Sur Internet, il est facile de comparer, de changer de site, de commencer son achat à droite et de le finir à gauche. La forme devient stratégique. Il n’y a pas de deuxième chance. Et la forme, c’est quoi ? Des images et du texte. Point. L’enjeu est simple, il faut susciter la confiance, convaincre d’acheter, avec des images et du texte. Agrémenter le tout de fautes d’orthographe, c’est se tirer une balle dans le pied”, explique au site Atlantico Pascal Hostachy, cofondateur de Woonoz et spécialiste de la remise à niveau en orthographe.

Inutile de pointer la responsabilité des SMS dans l’avalanche de fautes. Des chercheurs ont montré qu’ils ne sont pas à l’origine de la baisse globale du niveau. D’après eux, “c’est le niveau en orthographe traditionnelle qui détermine la forme des SMS envoyés, et non pas les SMS qui influencent négativement l’orthographe traditionnelle”

“Ce qui change, c’est que tout le monde écrit”, écrit France info. Alors, certaines entreprises envoient désormais leurs salariés en formation, avec certificat à la clé.

Grèce : Diplômes accélérés pour étudiants acceptant l’austérité

La troïka composée de la Commission Européenne, de la Banque Centrale Européenne et du Fonds Monétaire International envisage de donner la possibilité d’obtenir leur diplôme en seulement un an pour les étudiants grecs motivés qui accepteront de s’engager pour les réformes de marché et l’amélioration de la compétitivité de la Grèce, rapporte le journal grec Eleutherotypia.

Des membres du gouvernement grec ont indiqué que la troïka a établi un lien entre le rythme hésitant avec lequel les réformes sont adoptées, et le manque d’étudiants « politiquement fiables » qui acceptent la nécessité de l’austérité en Grèce et l’adoption des réformes y relatives.

La troïka explique que  la nouvelle ère exige un nouveau type d’étudiants « politiquement fiables », qui pourraient suivre un cursus universitaire raccourci pour éviter qu’ils ne se radicalisent.

Les étudiants intéressés par cette formule devront signer une lettre d’engagement personnel, qui leur ouvrira la voie à ce cursus accéléré. « Créer un cadre pour que des diplômés soient équipés avec un outillage politique et économique adéquat serait très utile pour les investisseurs intéressés par le programme de privatisations du pays », a déclaré un membre du gouvernement.

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La crise affecte surtout les jeunes dans les pays de l’OCDE

Les perspectives d’emploi des jeunes et travailleurs peu qualifiés se sont fortement dégradées dans les pays de l’OCDE du fait de la crise économique dont les conséquences sociales pourraient se faire sentir pendant de longues années, observe l’OCDE dans un rapport publié mardi.

“Cherche un travail”

Ce rapport sur l’impact social de la crise économique chiffre à 48 millions le nombre de chômeurs dans les 34 pays de l’OCDE, une hausse de 15 millions depuis le début de la crise en 2007.

Les perspectives d’emploi se sont surtout dégradées pour les jeunes et les travailleurs peu qualifiés, les femmes et les seniors ayant été cette fois moins touchés“, a souligné Monika Queisser, chef des affaires sociales de l’OCDE, en présentant le rapport à la presse.

Or “le risque (existe) que les jeunes qui connaissent de longues périodes de chômage, d’inactivité ou de pauvreté ne soient confrontés toute leur vie à des perspectives de gains et d’emploi moindres“, relève le rapport.

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Une télé dans le biberon

Les télévisions pour les tous petits – de 6 mois à 2 ans – attirent chaque année de nouveaux parents, convaincus de leurs bénéfices éducatifs.

En regardant de près la façon dont les programmes se fabriquent et justifient leur intérêt, en suivant en France et aux États-Unis les recherches menées concernant les effets sur les très jeunes enfants, le film décrypte les enjeux scientifiques et sociaux de ce nouveau créneau médiatique.

Réalisé par Anne Georget (2010)


Revoir sur ce sujet :

Comment les classes moyennes des pays développés sont devenues les dindons de la mondialisation

Selon l’ONG Oxfam, les 85 individus les plus riches de la planète disposaient d’autant d’argent que 50 % de la population mondiale. Pis, selon le directeur du think tank Resolution Foundation, les revenus des super pauvres et des classes moyennes ou supérieures des pays développés ont vu leurs revenus s’écrouler entre 1988 et 2008.

“J’ai perdu mon travail, j’ai deux enfants à nourrir, s’il vous plaît aidez-moi” (Etats-Unis)

Atlantico : L’ONG Oxfam a révélé, lors du sommet de Davos de janvier, que les 85 individus les plus riches de la planète disposaient d’autant d’argent que 50 % de la population mondiale. Pis, selon James Plunkett, directeur du think tank britannique Resolution Foundation, les revenus des super pauvres et des classes moyennes ou supérieures des pays développés ont vu leurs revenus s’écrouler entre 1988 et 2008. A l’inverse, les populations qui sortent de la pauvreté dans les pays émergents et les super-riches ont vu leurs revenus exploser. Que penser de cette évolution ? Les classes moyennes sont-elles devenues le “dindon de la farce” de la mondialisation ?
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FMI : Des experts défendent la redistribution des richesses

Des experts du FMI ont livré mercredi un plaidoyer en faveur de la redistribution des richesses et de la lutte contre les inégalités, tranchant avec les positions traditionnelles d’une institution focalisée sur l’austérité économique.

Selon leur étude, les inégalités sociales ne sauraient être négligées par les gouvernements notamment parce qu’elles “amputent la croissance” en réduisant l’accès à l’éducation et en alimentant l’instabilité politique et économique.

Ce serait une erreur de focaliser sur la croissance et de penser que les inégalités se régleront d’elles-mêmes, au moins pour la seule raison que cela pourrait déboucher sur une croissance faible et non-viable“, écrivent les auteurs de cette étude qui a reçu l’onction du chef économiste du Fonds monétaire international, Olivier Blanchard.

Ces experts n’hésitent pas, dès lors, à prendre le contre-pied de certains économistes libéraux, selon qui la redistribution des richesses par l’impôt et les transferts sociaux (allocations, aides…) décourageraient l’initiative privée et seraient, in fine, nuisibles à l’activité économique.
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La mobilité géographique diminue avec la crise aux Etats-Unis

Par Bill Bonner

Les Etats-Unis ne sont plus ce qu’ils étaient.

“REVE AMERICAIN”

Ce qu’il y a de stupéfiant au sujet des empêcheurs de tourner en rond, c’est qu’ils ne se donnent jamais la peine de comprendre comment le monde fonctionne vraiment. On dirait que ça ne les intéresse pas. Ils veulent plutôt le contrôler… le forcer à prendre une direction ou une autre… et le façonner comme s’il s’agissait de terre glaise.

Prenez David Brooks dans le New York Times. Il note que les Etats-Unis ne sont plus ce qu’ils étaient :

“[...] Les Américains sont de moins en moins mobiles. En 1950, chaque année, 20% des Américains déménageaient. Aujourd’hui, on est à 12% environ. Dans les années 50 et 60, les gens vivaient dans la même maison pendant cinq ans en moyenne ; à présent, les gens vivent dans la même maison pendant 8,6 ans en moyenne. En termes de mobilité géographique, nous sommes désormais à des plus bas historiques, au même niveau que les habitants du Danemark ou de la Finlande“.

Est-ce une mauvaise chose ?
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Travail : Personne ne voit le plus grand bouleversement depuis 1800

La généralisation de l’automatisation dans tous les secteurs de l’économie va se poursuivre au cours de la prochaine décennie. Cette automatisation va nous enrichir sur le long terme, mais à court terme, le remplacement du travail humain va créer beaucoup de problèmes, notamment parce qu’aucun gouvernement ne se prépare à cette révolution, affirme The Economist.

L’innovation, et en particulier l’automatisation, a révolutionné notre façon de travailler. Elle a détruit des emplois, et en a créé de meilleurs. Une société plus productive est une société plus riche, et l’augmentation de la richesse provoque une hausse de la demande pour des biens et des services de plus en plus sophistiqués. Aujourd’hui, on ne voit plus de pool de secrétaires, mais il y a de plus en plus de programmeurs et de designers web.

Pour les travailleurs, ce seront d’abord les inconvénients de cette évolution qui se feront sentir. Même si elle suscite la création de nouveaux emplois plus intéressants sur le long terme, à court terme, la tornade technologique provoquera un élargissement des écarts de salaires, et ce phénomène est susceptible de créer des tensions sociales et peut-être même politiques. Or, aucun gouvernement ne s’y est préparé.

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Italie : Potagers didactiques, quid est ?

Des livres, des cahiers mais également des graines, des outils et des tabliers spéciaux: les cartables des enfants d’aujourd’hui contiennent toute sorte d’objets pour se salir les mains avec de la terre.

Même au niveau des maternelles, les établissements scolaires sont en effet de plus en plus nombreux à proposer des activités de jardinage, transformant un bout de terrain en une classe à ciel ouvert.

Ici, les enfants apprennent à reconnaître les plantes vertes, à semer des graines et à les voir se transformer graduellement en plantes, à observer la nature, ses rythmes lents et parfaits ainsi que le cycle des saisons puis à récolter les fruits de ce travail.

L’activité manuelle des jardins potagers pour enfants stimule en effet leur goût de l‘expérience, les incite à développer de nouvelles compétences et habitudes, les invite à découvrir le monde des plantes, à faire des expériences concrètes sur le terrain, à se détendre tout en s’instruisant. Et à travailler en groupe, avec des enfants d’horizons variés.
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Garry Leech : « Que la révolution commence »

Traduction d’un texte de Garry Leech, journaliste indépendant et auteur du livre « Le Capitalisme, un génocide structurel » ; né en Grande-Bretagne, il donne des cours de science politique internationale dans une université canadienne. 

Qu’est-ce que nous attendons ? Combien de temps allons-nous rester assis à ne rien faire et à regarder les bellicistes politiques déployer leurs drones, leurs navires de guerre, leurs bombardiers furtifs, leurs missiles, nos fils et filles et, finalement, leurs armes nucléaires, contre les peuples les plus pauvres du monde ?

NDLR : Discours de Garry Leech reprenant (en anglais) le texte reproduit dans nos colonnes.

Combien de temps allons-nous rester indifférents aux entreprises bellicistes maniant leurs baguettes magiques bénéficiaires, qui remplissent à craquer leurs portefeuilles et leurs bedaines, pendant que des millions d’enfants meurent de faim et de maladies évitables ?

Combien de temps allons-nous accepter l’inégalité injuste des 1 % empochant une part largement disproportionnée de la richesse créée par le labeur des 99 % ? Combien de temps allons-nous accepter passivement la folie suicidaire consistant à violer et piller les ressources limitées de notre planète, au point qu’aucun de nous ne sera en mesure de survivre ? Que la révolution commence !

Et qu’en est-il de notre peur irrationnelle des armes de destruction massive dans les mains de terroristes, qui nous maintient paralysés et distraits des injustices quotidiennement perpétrées en notre nom ? Les plus mortelles des armes de destruction massive utilisées aujourd’hui dans le monde ne sont pas chimiques ou biologiques ; ce sont les règles établies par l’Organisation mondiale du commerce, le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et tous les soi-disants accords de libre-échange qui ne font qu’intensifier les inégalités au plan mondial, la souffrance humaine et la mort.

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Brive-la-Gaillarde (19) : Un survivaliste norvégien bientôt expulsé de France ?

Compte-rendu d’une procédure d’expulsion de droit régalien, voulue par Manuel Valls, et suivie par un correspondant de Fortune en Corrèze.

Le 10 septembre 2013, Kristian Vikernes comparaissait devant une commission composée de trois magistrats du tribunal de grande instance de Brive-la-Gaillarde (Corrèze) dans le cadre d’une procédure administrative, afin de statuer sur la validité des éléments présentés par les services de la Préfecture du département pour justifier d’une expulsion du territoire français du musicien, auteur et survivaliste norvégien.

Tandis que son avocat accorde un entretien à la presse, Varg Vikernes plaisante avec ses sympathisants venus le soutenir à Brive.

Comme aucune autre salle n’était disponible, les trois magistrats stagiaires (tout heureux de pouvoir participer à cette procédure certainement exceptionnelle dans l’ex-département de François Hollande), les agents préfectoraux, les journalistes et le public (une petite trentaine de personnes en tout) ont dû se serrer dans une salle de 25 mètres carrés située dans les sous-sols du Palais de Justice de Brive, la bibliothèque de celui-ci.

Une table autour de laquelle pouvaient s’asseoir 12 personnes trônait en son milieu, le reste des participants devant s’appuyer sur les rayonnages remplis de livres ou s’asseoir par terre devant eux. La température montait et pas seulement à cause du dossier traité ce jour-là.

Après s’être enquis de l’identité de Kristian “Varg” Vikernes -qui s’appelle désormais Louis Cachet (1)-, de son avocat et de sa traductrice, la magistrate présidant la séance donna la parole au représentant de la Préfecture, un petit homme sûr de son fait et de ceux alignés sur les papiers étalés devant lui.

D’entrée de jeu il demanda l’expulsion, au nom de la sécurité de l’État, du militant norvégien en France depuis 2010. Il énuméra tout d’abord certains faits relatifs à son passé en Norvège (2).

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“Antifragile”, le dernier livre de Nassim Taleb, l’homme qui avait prophétisé la crise

L’économiste Nassim Taleb poursuit son travail sur le risque des événements imprévus dans son nouveau livre.

1 – Il faut désirer le hasard et l’incertitude

Nassim Nicholas Taleb s’est fait connaître dans le monde entier avec son livre “Le Cygne noir” paru en 2007. Juste avant le déclenchement de la crise des subprimes, il expliquait la fragilité des modèles utilisés dans la finance et leur aveuglement face aux événements extrêmes, imprévisibles, mais qui se produisent toujours plus souvent qu’on ne le croit. Son livre a été l’essai le plus vendu dans le monde avec 3 millions d’exemplaires.

Il revient avec “Antifragile” (Les Belles Lettres, en librairie depuis le 23 août) qui veut apporter une réponse aux défis posés par son précédent ouvrage.

Antifragile est un concept forgé par Taleb qui ne trouvait pas de terme adéquat pour exprimer son idée : “L’antifragile dépasse la résistance et la solidité. Ce qui est résistant supporte les chocs et reste pareil ; ce qui est antifragile s’améliore. Cette qualité est propre à tout ce qui est modifié avec le temps” et Taleb de citer l’innovation technologique, les réussites culturelles et économiques, les recettes de cuisine, et notre propre existence en tant qu’espèce sur cette planète. Et “l’antifragile aime le hasard et l’incertitude“, nous avons besoin d’une dose de stress et de volatilité pour nous améliorer.

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Narcissisme : Les riches sont persuadés qu’ils le valent bien

Une étude publiée dans “Personality and Social Psychology Bulletin” révèle des liens étroits entre richesse et narcissisme. Les CSP+ se regardent davantage dans le miroir et pensent “sincèrement mériter plus que les autres”. Des conclusions étonnantes ? Pas pour les sociologues Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, dont l’ouvrage “La violence des riches – Chronique d’une immense casse sociale” paraît le 12 septembre aux éditions La Découverte.

Paris Hilton, icône du mérite économique international

Si vous êtes né à Neuilly, vous n’y êtes pour rien. Pas plus qu’un jeune d’une famille pauvre élevé à Saint-Denis ou Aubervilliers. Mais cet aspect arbitraire des privilèges, la classe supérieure l’a transformé en dû et en mérite. L’héritage est maquillé en des qualités personnelles.

Se dire “je suis riche parce que je le vaux bien”, c’est le résultat d’un travail idéologique et d’une escroquerie linguistique mis au point par les riches. Sur les plateaux des émissions télévisées, ils se présentent tous comme des bienfaiteurs de l’humanité, des créateurs de richesses et d’emplois – alors que c’est l’exact inverse puisque le système capitaliste est fondé sur le vol du travail d’autrui.

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Le jeune pauvre et le vieux riche

De ces deux affaires qui agitent ces jours-ci la City, on pourrait tirer cette fable : “Le jeune pauvre et le vieux riche”. Alors qu’arrivent de nouvelles générations sur un marché du travail mou sur fond de croissance atone et d’inégalités montantes, les “baby-boomers” ne veulent pas entendre parler de retraite et refusent d’assurer la relève.

Premier épisode, le drame Moritz Erhardt, ce stagiaire de 21 ans affecté au département fusions-acquisitions de Bank of America Merrill Lynch, qui serait mort d’épuisement après soixante-douze heures de travail sans interruption. Travailleur compulsif, le jeune Allemand espérait impressionner ses supérieurs et être embauché à l’issue de ses études, l’an prochain.

CONFLIT INTERGÉNÉRATIONNEL
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Les pays émergents ont mal à leurs industries

Les bulles financières et immobilières ont pris trop d’importance.

Manifestation demandant des hausses de salaires, aux Philippines

Et si l’Asie émergente avait aujourd’hui mal à son secteur industriel ? Dans un rapport tout juste publié pour accompagner sa batterie d’indicateurs économiques Asie-Pacifique 2013, la Banque asiatique pour le développement (BAD) répond par l’affirmative. L’institution basée à Manille s’inquiète du fossé croissant, dans la région, entre le boom des services – dopés par les bulles spéculatives et immobilières – et la progression trop lente de la production manufacturière.

Plus inquiétant : la BAD s’alarme de la tentation qu’ont plusieurs gouvernements de «délaisser» l’industrie, base de leur modèle centré sur l’exportation et source de saine répartition des investissements en province, au profit de services concentrés dans les capitales.

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L’image du jour : Début du versement de l’allocation de rentrée scolaire

Un peu plus de trois millions de familles vont toucher à partir de mardi l’allocation de rentrée scolaire, un coup de pouce financier pour certains foyers aux revenus modestes. Cette année, elle a été revalorisée de 1,2 %, s’établissant entre 360 et 393 euros selon l’âge de l’enfant scolarisé.

Grande-Bretagne : Les Blancs pauvres, une minorité ethnique

Vingt ans après une première étude sur les résultats scolaires des enfants pauvres dans le système éducatif, le dernier rapport du Bureau de l’inspection de l’Éducation nationale britannique (Ofsted), intitulé « Unseen Children » Enfants invisibles »), jette à nouveau un pavé dans la mare. Aujourd’hui, et contrairement aux années 80-90, les enfants pauvres des grandes villes, majoritairement issus des minorités ethniques, s’en tirent de mieux en mieux.

Les écoles du grand Londres, de Birmingham, de Manchester ou de Liverpool ne les abandonnent plus à leur sort et les investissements des trente dernières années portent leurs fruits. En revanche, les enfants pauvres des zones rurales et littorales de l’est et du sud-est de l’Angleterre, ceux de la white working class, fréquentant souvent des écoles où dominent les classes bourgeoises, sont sur la touche, avec un personnel enseignant qui semble indifférent.

Michael Wilshaw, directeur de l’Ofsted, les appelle « la minorité invisible des beaux quartiers ». Invisible, car blanche, mais pourtant défavorisée. Il préconise la manière forte : parachuter des « superprofs » dans ces écoles parfois huppées mais délaissant leurs élèves blancs et pauvres. Il a agité la menace d’inspections en rafale.

En janvier, c’est le ministre de l’Enseignement supérieur, David Willetts, qui a tiré la sonnette d’alarme, demandant qu’une discrimination se fasse à l’entrée de l’université en faveur des mâles blancs d’origine modeste et affirmant que ceux-ci ont leur place aux côtés des minorités ethniques et d’autres minorités dites désavantagées.

Faute de statistiques ethniques, il n’aurait pas été possible de réaliser une telle étude en France. A cela, on répondra aussi que le fait de fonder une politique sociale non sur l’origine ethnique mais sur le niveau de pauvreté, évite, ici pour le moment, ce type de disparités.

Marianne

(Merci à Suria)

Robert J. Gordon : “La mort de l’innovation, la fin de la croissance”

Robert J. Gordon est un économiste qui étudie les sources de la croissance sur le long terme dans les pays développés. Avant la première révolution industrielle, il n’y avait quasiment pas de croissance, elle plafonnait depuis des siècles à 0.2% en moyenne. Elle a augmenté ensuite progressivement jusqu’à un maximum (entre 2 % et 3%) dans les années 30, 40 et 50, puis elle a commencé à redescendre. Sur la dernière décennie, la croissance est plate. N’avons-nous pas passé un pic de croissance ?

Si l’on étudie les sources premières de la croissance: démographie, éducation, innovation. Les deux premières peuvent difficilement constituer les sources de la croissance future pour les pays développés. Il ne reste que l’innovation comme source de croissance.

Et c’est là que Robert Gordon enfonce le clou. Il analyse l’innovation en fonction de l’impact qu’elle a sur la vie des gens et donc sur la croissance. Et L’on est bien obligé d’admettre que les innovations d’il y a 100 ans, (électricité, eau courante, urbanisation, chauffage, moteur à combustion, etc.) ont bien plus transformé la société que les innovation des 50 dernières années (ordinateur, internet, biotechnologies).

On a toutes les raisons de penser que la croissance moyenne à 2%, c’est définitivement fini !