Énergie : Des centrales électriques à méthanisation pour lutter contre la crise agricole

Johann Marquer est à la tête d’un élevage porcin. À 34 ans, ce jeune éleveur a trouvé une solution pour échapper à la crise. Pour compenser les pertes sur chaque kilo de viande vendu, il produit de l’électricité. Grâce à son smartphone, il pilote directement sa petite centrale électrique à méthanisation.

Sa centrale entièrement automatisée a représenté un investissement de 1,5 million d’euros. Il y recycle les déchets de sa production de céréales, mêlés à d’autres rejets de l’industrie agroalimentaire. Une fois mélangée au lisier de son élevage, la fermentation sous une grande coupole produit un gaz, le méthane. C’est ce gaz qui alimente un générateur d’électricité 100% naturel, l’énergie produite étant revendue à EDF.

Selon la taille et l’efficacité de chaque centrale, EDF achète entre 13 et 21 centimes chaque kilowatt/heure. Pour favoriser cette production, le gouvernement propose d’augmenter ce tarif à plus de 22 centimes, ce que les professionnels trouvent insuffisant. La France ne compte actuellement que 250 installations de ce type sur son territoire.

Éolien français : Vents contraires sur le marché de l’air

Quelle est la réalité économique de la filière éolienne en France, dans un marché de l’énergie en crise? Que sait on de la production d’énergie éolienne en France? Elle bénéficie d’un a priori plutôt favorable, puisqu’il s’agit d’une énergie propre, renouvelable, et qu’elle vise à abaisser notre dépendance au nucléaire.

Émission “Le Magazine de la rédaction” diffusée sur France Culture le 31/10/2014

D’ailleurs la loi sur la transition énergétique récemment votée par le Parlement maintient le cap de 20% d’énergie renouvelable produite d’ici 10 ans.
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Électricité : Les clients d’EDF vont-ils payer le sauvetage d’Areva ?

L’amalgame est inévitable entre les hausses réclamées par le patron d’EDF en vue d’un rattrapage tarifaire et le sauvetage d’Areva, pour lequel EDF est sollicité.

Jean-Bernard Lévy, président d’EDF, aura-t-il la main moins lourde que ses prédécesseurs dans ses prétentions de relèvement tarifaire? Alors que, en 2009, Pierre Gadonneix réclamait à l’État une hausse de 20% sur trois ou quatre ans et que Henri Proglio, en 2013, estimait qu’une remise à niveau de 5% chaque année sur trois ans était nécessaire, l’actuel patron du groupe d’électricité s’en tiendrait à une augmentation de 2,5% par an sur trois ans, portant la hausse cumulée à un près de 8% sur la période. Ce qui n’est malgré tout pas négligeable, surtout en période d’inflation quasi nulle.

Des formules sont établies, et les tarifs réglementés sont arrêtés par les ministres en charge de l’Énergie et de l’Économie, après avis de la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Le politique a le dernier mot dans cette entreprise contrôlée à 85% par l’État. Ainsi, les précédentes demandes de hausses n’ont jamais été intégralement accordées.

En fait, rien ne sert de vouloir pousser le bouchon trop loin. Les tarifs de l’électricité, auxquels les consommateurs sont très sensibles, ont une dimension trop politique pour que l’État s’en remette aux souhaits des patrons d’EDF.
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CGT, la couleur de l’argent

L’argent des syndicats reste une question taboue en France. Pour autant, certaines affaires comme celle du comité d’entreprise de Disney, d’Air France, de la SNCF ou encoure de la RATP ont mis au jour le manque de contrôles ou des procédés complexes voire illicites de financement.

La Cour des Comptes a notamment signalé des anomalies de facturation des garden party organisées par le CE de la RATP entre 2007 et 2010. La journaliste Lamia Belhacène a enquêté sur les finances de la CGT, le syndicat numéro un dans l’Hexagone.

Spécial investigation (C+ 01/06/2015)

Nucléaire : La politique du mensonge ?

Durant 30 ans, EDF a négligé l’entretien des 58 centrales nucléaires françaises. Selon la Cour des Comptes, le coût de la rénovation du parc électro-nucléaire s’élève aujourd’hui à 110 milliards d’Euros. La facture d’électricité des Français devrait donc continuer de grimper ces dix prochaines prochaines années.

Le journaliste a enquêté sur le nucléaire français présenté par l’État comme sûr, propre, et bon marché. Il met notamment en lumière les problèmes de stockage des centaines de milliers de tonnes d’uranium appauvri à Bessines dans le Limousin, comme à Tricastin dans la Drôme, mais également les incidents de fusion des réacteurs de Saint-Laurent-des-Eaux dans le Loire-et-Cher, dissimulés par les autorités en 1969 et en 1980.

Partie 1:

Partie 2:
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Éoliennes : le vent du scandale

La France compte désormais 5000 éoliennes, et leur nombre devrait encore tripler d’ici cinq ans. Derrière ces éoliennes se cache un business très lucratif.

Il a permis à certains de bâtir des fortunes colossales, en revendant à EDF l’électricité produite par les éoliennes, alors qu’une partie de cette somme est payée par les consommateurs.

L’émission se penche sur le combat mené par des riverains pour empêcher l’implantation d’éoliennes et qui se heurtent à la puissance de promoteurs français et étrangers. Elle dénonce aussi les méthodes douteuses de certains vendeurs d’électricité propre, qui ne reculent devant rien pour contraindre propriétaires et élus à implanter des éoliennes sur leurs terres.

Pièces à conviction – France 3 (05/05/15)

Flamanville (50) : Nouvelles difficultés sur le réacteur EPR

Le chantier du réacteur EPR de Flamanville (Manche) connaît une nouvelle difficulté et elle porte, cette fois, sur la sûreté du cœur de l’îlot nucléaire : la cuve d’acier dans laquelle se produit la fission de l’atome. Elle constitue la seconde barrière de protection après la double enceinte de béton du bâtiment réacteur.

L’autorité de sûreté nucléaire a indiqué, mardi 7 avril, qu’Areva l’avait informée d’une « anomalie de la composition de l’acier dans certaines zones du couvercle et du fond de la cuve » du réacteur. Au cours des premiers essais chimiques et mécaniques sur un couvercle de cuve similaire, fin 2014, les ingénieurs du groupe nucléaire ont constaté une concentration importante en carbone qui entraîne une réduction de la capacité de l’acier à résister à la propagation de fissures.

Cette capacité de résilience est « notamment importante en cas de choc thermique, par exemple à la suite d’une injection d’eau froide dans le circuit primaire du réacteur », précise le gendarme du nucléaire.

La ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, Ségolène Royal, a immédiatement demandé à Areva de « donner, sans délai, les suites qui s’imposent », tout en réaffirmant sa « confiance à ce dispositif de contrôle et d’expertise » composé de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et de son bras armé, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), censé rapprocher les installations du risque zéro.
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Grèce : Milliardaires et multinationales se partagent le gâteau des privatisations

En échange de l’aide financière internationale, la Grèce s’est vue imposer un vaste programme de privatisations. Transport, énergie, loterie nationale, gestion de l’eau, infrastructures, patrimoine culturel… C’est la braderie générale !
Investisseurs russes, chinois ou azéris, multinationales françaises ou allemandes, et surtout les oligarques grecs, se ruent sur ces bonnes affaires, sur fond d’irrégularités et de soupçons de corruption. Au détriment des simples citoyens étouffés par les plans d’austérité.

Ce dimanche 25 janvier, les Grecs se sont rendus aux urnes pour élire un nouveau gouvernement. La perspective d’une accession au pouvoir de Syriza, la coalition de la gauche radicale, seule ou avec d’autres partis, est réelle. Le mouvement de gauche saura-t-il inverser la tendance ? Et s’appuyer sur les résistances citoyennes, qui ont par exemple réussi à réinventer un service public de l’eau ?

Si cette victoire se confirme, ce sera en grande partie à cause du rejet de la politique d’austérité massive imposée au pays depuis plus de cinq ans. Celle-ci s’est traduite par une baisse sans précédent des revenus et des conditions de vie de la plupart des Grecs, jusqu’à menacer leur état de santé [1].
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Quand les patrons du CAC 40 cumulent les mandats

Et si les grands patrons ne respectaient pas tout à fait les règles qu’ils se sont eux-mêmes fixés ?

Parmi les règles du code de bonne conduite du Medef, il y a l’article 19 qui stipule qu’un administrateur ne peut pas cumuler plus de trois mandats dans des conseils d’administration.

Après analyse de la composition des conseils d’administration de toutes les sociétés cotées à Paris en 2013, on constate que si la plupart des dirigeants respectent la norme, d’autres devraient peut-être songer à repasser leur code… de bonne conduite.

La startup qui veut vous libérer du réseau EDF grâce à l’énergie solaire

Comwatt entend rendre chaque maison productrice de sa propre énergie grâce à l’Indepbox, un boitier connecté capable de synchroniser la consommation électrique des foyers avec la production des panneaux solaires dont ils sont équipés.

Lorsqu’en France, un particulier installe des panneaux solaires sur son toit, ils ne servent pas directement à alimenter sa maison. L’énergie produite est revendue à EDF à un tarif d’achat garanti, avant d’être redistribuée autre part. « Or, le transport de l’énergie représente environ 50 % du prix payé par les consommateurs. Il serait beaucoup plus logique de consommer et produire l’énergie localement », explique Grégory Lamotte, PDG de Comwatt. « Chef d’entreprise et militant », il entend montrer que la troisième révolution industrielle n’est pas qu’un concept pour prospectiviste américain optimiste. Son crédo, c’est l’autoconsommation électrique, ou « énergie potagère », comme il l’appelle.

Allemagne : “Le marché de l’énergie est un désastre”

Le secteur de l’énergie est un « désastre » en Allemagne, et l’un de ses deux plus grands groupes est « plus ou moins mort », a déclaré Henri Proglio, le PDG de la compagnie électrique française EDF au Financial Times.

Il a estimé que l’Allemagne était un grand pays qui se portait bien, notamment dans le secteur automobile. « Mais en ce qui concerne l’énergie c’est un désastre. Les deux plus grandes sociétés, Eon et RWE, subissent une pression énorme. L’une d’elle est plus ou moins morte, et l’autre est dans une situation très difficile.

Après la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon en 2011, la chancelière allemande Angela Merkel a décidé d’accélérer la sortie du pays du nucléaire et la transition énergétique vers les énergies renouvelables, un mouvement surnommé « Energiewende ».

Dans le Daily Telegraph, Ambrose Evans Pritchard avait parlé de « romantisme » à propos de cette décision. Il avait estimé que le choix de l’abandon du nucléaire, qui était à l’origine de la ruine du secteur énergétique en Allemagne, n’avait été fait que sur des conditions électoralistes. La chancelière, qui est à l’origine une spécialiste de l’atome, n’ignorait probablement pas que les centrales nucléaires allemandes ne risquaient pas d’être inondées comme l’avait été celle de Fukushima au moment du tsunami.
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Alain Liébard: le corps des Mines ne veut pas des énergies renouvelables

Architecte et chaud partisan des énergies renouvelables, Alain Liébard quitte la fondation Énergies pour le monde et Observ’ER, l’observatoire des énergies vertes. Avant de se vouer à l’enseignement de l’architecture, il jette un coup d’œil rétrospectif sur l’histoire française du déploiement des énergies décentralisées. Une histoire épique.

Après 40 années passées à la tête de la fondation énergies pour le monde et d’Observ’ER, vous tirez votre révérence. Quel regard portez-vous sur le développement des énergies renouvelables?

Objectivement, elles ne sont plus ce qu’elles étaient il y a encore 10 ans: ces énergies décentralisées deviennent une réelle alternative aux énergies centralisées.

Est-ce vrai partout?

Il existe certes des différences selon les régions. Mais avec le développement fantastique que connaissent le photovoltaïque et l’éolien, notamment, ces sources d’énergie sont en passe de gagner. Désormais, ce sont plus de 20% de l’énergie finale mondiale qui est produite par les renouvelables. C’est considérable. Ce qui m’intrigue, en revanche, c’est la raison pour laquelle nous sommes aussi mal traités en France.

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Seine-Saint-Denis : Ordiland, l’envers des data centers

Au nord de Paris, en Seine-Saint-Denis, se multiplient les data centers, ces hangars de serveurs indispensables au fonctionnement d’Internet. Leur besoin en énergie est colossal: ils représentent un quart de la puissance électrique supplémentaire du Grand Paris d’ici 2030. Des riveraines se plaignent de leur impact sur leur vie quotidienne.

À brûle-pourpoint, si l’on vous demandait de pointer sur une carte de France la zone de plus forte concentration de data centers, ces hangars de serveurs informatiques qui font tourner Internet, que désigneriez-vous ? Le quartier de La Défense, près des sièges des multinationales ? Grenoble la technophile, avec son « campus d’innovation » spécialisé en nanotechnologies, Minatec ? Le long du couloir rhodanien et de ses nombreuses centrales nucléaires ?

Vous auriez tort. La plus forte concentration de data centers s’étale sur Plaine Commune, l’agglomération de Seine-Saint-Denis qui regroupe au nord de Paris, Saint-Denis, Aubervilliers, La Courneuve, Stains, Saint-Ouen, Pierrefitte, Villetaneuse, Épinay et l’Île-Saint-Denis. Par quelle ruse de l’Histoire l’un des départements les plus pauvres de France, havre de cités en galère, s’est-il retrouvé terre pionnière de l’économie numérique?

Par une accumulation d’avantages topographiques et techniques méconnus du grand public: bon équipement en câbles électriques et fibre optique, bonne desserte routière, situation hors zone inondable, foncier pas cher, proximité avec la capitale.
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Le coût du nucléaire a bondi en France depuis 2010… et ce n’est qu’un début !

Le coût de l’énergie nucléaire, qui produit 75% de l’électricité en France, devrait augmenter fortement en raison d’importants investissements dans les centrales vieillissantes d’EDF, a souligné mardi 27 mai la Cour des comptes dans un rapport. Ce rapport chiffre à 20% l’augmentation du prix de l’énergie nucléaire en raison des investissements dans les centrales vieillissantes.

L’énergie nucléaire est plus chère que l’énergie renouvelable, Christian Bataille, dans GMB – 19/05

Ce coût de production moyen des 19 centrales nucléaires françaises a déjà bondi entre 2010 et 2013: la Cour l’estime à 59,8 euros le mégawattheure (MWh) l’an dernier, soit une augmentation de 20,6% (en euros courants) par rapport aux 49,6 euros de 2010, calculés dans un précédent rapport datant de janvier 2012.

Une forte croissance des dépenses d’exploitation

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Coupures d’électricité : quid de l’indemnisation des consommateurs ?

Alors que le système d’indemnisation des consommateurs en cas de défaillances du réseau électrique a récemment été modifié, l’UFC-Que Choisir saisit la Commission de Régulation de l’Energie (CRE) en raison de la non prise en compte de cette réforme par EDF et d’autres fournisseurs.

Constatant une aggravation des coupures, l’UFC-Que Choisir appelle l’Autorité à réformer de nouveau le système de dédommagement pour des montants plus conformes à la réalité des préjudices subis par les consommateurs, et donc plus dissuasifs pour les opérateurs.

Il y a un an, l’UFC-Que Choisir avait dévoilé une étude alarmante sur la qualité de distribution d’électricité et en avait appelé aux pouvoirs publics pour supprimer l’aberration du système de dédommagement des consommateurs en cas de coupure électrique qui ne reconnaissait pas le préjudice des consommateurs. Si la Commission de régulation de l’énergie (CRE) dans l’élaboration du quatrième tarif d’utilisation du réseau électrique (TURPE 4), paru au journal officiel du 12 décembre 2013, a entendu cet appel, il n’en va pas de même des fournisseurs qui “semblent faire la sourde oreille.”

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La facture astronomique du nucléaire

Des prévisions d’EDF évaluent à 300 milliards sur cinquante ans le coût de la rénovation et de la construction de nouvelles centrales.

Poursuivre le nucléaire coûtera cher, très cher. Un document interne à EDF, que le JDD s’est procuré, dresse les estimations des coûts futurs pour l’entretien et le renouvellement du parc nucléaire français. Les chiffres donnent le tournis.

Près de 300 milliards d’euros devront être investis dans les cinquante prochaines années si les centrales actuelles sont reconstruites à l’identique. Une hypothèse toutefois difficile à tenir pour remplir l’objectif de réduction de 75 % à 50 % de la part du nucléaire dans la production électrique française.

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Souffrance au travail : De plus en plus de médecins censurés sur demande des employeurs

Des médecins du travail et des généralistes sont accusés par des entreprises de violer la déontologie médicale. Celles-ci font pression en portant plainte auprès de l’Ordre des médecins. Objectif : faire modifier des certificats médicaux en effaçant tout lien entre l’état de santé du patient et son travail. Ou obtenir que les récalcitrants soient blâmés. Dominique Huez, médecin du travail à la centrale nucléaire de Chinon, vient d’être ainsi condamné par l’Ordre suite à la plainte d’un employeur. Enquête sur des pratiques qui risquent d’avoir de graves conséquences sociales et environnementales.

Les médecins du travail devront-ils s’autocensurer ? Selon l’Ordre des médecins et sa chambre disciplinaire de la région Centre, la réponse est oui. L’Ordre vient de condamner à une « peine d’avertissement » le docteur Dominique Huez, médecin du travail d’EDF sur le site de la centrale nucléaire de Chinon. Sa faute ? Avoir accepté en urgence en décembre 2011 de recevoir un ouvrier, en état de stress avancé, travaillant pour un sous-traitant d’EDF, Orys. Cette filiale du groupe Ortec fournit des services à l’industrie pétrolière et nucléaire.

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Quand les villes rêvent d’indépendance énergétique

Des élus locaux veulent reprendre en main la gestion et la production d’énergie. Une façon de s’octroyer de nouvelles recettes tout en se convertissant à l’électricité verte. Reportage dans la cité pionnière de Montdidier.

par Béatrice Mathieu.

Au début de l’été, une équipe de la ZDF, la télévision publique allemande, a posé ses caméras à Montdidier, un bourg de 6 500 habitants au coeur de la Picardie. Certes, avec ses deux églises typiques du gothique flamboyant, son prieuré médiéval et sa mairie Arts déco flanquée d’un beffroi en brique rouge, la cité ne manque pas de charme. Mais les journalistes allemands sont surtout venus admirer ses quatre grandes éoliennes, son champ de panneaux photovoltaïques, sa grosse chaufferie à bois et son parc de véhicules municipaux électriques.

Vu de l’étranger, Montdidier illustre la transition énergétique à la sauce tricolore.

En France, cette bourgade picarde n’incarne pas seulement le virage écolo du pays le plus nucléarisé de la planète. Montdidier est un symbole, l’exemple à suivre pour des milliers d’élus locaux, bien décidés à mettre la main sur une compétence qui leur échappait totalement : la politique énergétique. Alors, pour de nombreux édiles, Catherine Quignon-Le Tyrant, la maire socialiste de la ville depuis 2001, est une icône. Il faut dire que cette quinquagénaire pétulante ne ménage pas sa peine. Elle dirige d’une main de fer sa régie municipale de production d’énergie, une sorte d’EDF locale.

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Radio Courtoisie : « Transition énergétique »

Sur Radio Courtoisie, le 26 août, Henry de Lesquen recevait Jacques Percebois, Directeur du CREDEN, et André Pertuzio, consultant pétrolier international, dans son libre journal, sur le thème de l’énergie et de la transition énergétique. Les intervenants ont surtout une approche économique des choses. Ils semblent en effet faire assez peu de cas des considérations écologiques, notamment celles liées à l’exploitation des gaz de schistes.

Plus d’émissions téléchargeables (Radio Courtoisie) ici
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Bruxelles presse la France d’entreprendre six grandes réformes

Simplifier le système fiscal, abaisser le coût du travail, réformer les retraites dès cette année -ce n’est pas tout !-, réduire le déficit à 3,6% du PIB en 2014, ouvrir les professions « fermées » (médecins, notaires, taxis…)… Vaste programme ! La Commission européenne a fixé hier une dizaine de « recommandations » à la France pour qu’elle parvienne à tenir son objectif de réduction du déficit et pour qu’elle retrouve les chemins de la compétitivité.

Ces pistes de réforme ne sont pas nouvelles, certaines sont même déjà dans les tuyaux. Mais Bruxelles veut que la France tape plus fort et plus vite. Sous leurs faux airs de bons conseils, ces injonctions s’apparentent en réalité presque à des ordres puisque si elles sont validées fin juin lors d’un sommet, elles deviendront légalement contraignantes. La France pourrait être sanctionnée si les résultats budgétaires n’étaient pas au rendez-vous.

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Redonnez le pouvoir aux régions !

La transition énergétique faite d’économies d’énergie, et de sources d’énergies renouvelables sera un camaïeu territorial et à ce titre éminemment régional. Cela c’est pour le rêve. Car pour atteindre la réalité il faut d’urgence réformer l’enfant terrible issu de la Libération, qu’est notre système énergétique actuel, centralisé et jacobin.

Il est né le 8 avril 1846 (1) lorsque 2 000 entreprises de transport et de distribution d’électricité ou de gaz ont été nationalisées pour fonder aujourd’hui le modèle que nous connaissons. Avec l’apanage de ces deux barons de l’énergie que sont EDF et GDF-Suez (ex GDF). Ce jour là les régions (2) ont été dépossédées de leur possibilité d’action envers des réseaux qui pourtant leur appartiennent. Cet hold-up institutionnel doit céder maintenant la place à un rééquilibrage du rapport entre autorités concédantes et concessionnaires.

Aujourd’hui, le monde a changé, des technologies de l’information à notre organisation économique. Mais le modèle lui n’a pas changé. Il reste en place contre vents et marrées et les majors n’ont pas vraiment intérêt à ce que cela change.

Transition énergétique : “Laissez-nous faire!”

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Le nucléaire est en train de ruiner la France

Par Corinne Lepage

Une grande part des difficultés économiques que rencontrent notre pays vient du secteur nucléaire, qu’il s’agisse de notre balance commerciale ou de notre développement industriel ou encore des coûts et de la précarité énergétique.

Les exportations moins stimulées, le pétrole toujours présent

Sur le plan de notre balance commerciale, si le secteur nucléaire a durant un temps dopé nos exportations, il n’en n’est plus ainsi depuis longtemps et nous consommons toujours autant de pétrole. Aucun EPR n’est vendu et ne risque de l’être compte tenu de l’enlisement des chantiers finlandais et français. Échecs successifs à Abu Dhabi, aux Émirats arabes Unis, aux États-Unis et en Tchéquie. Quant aux partenariats avec la Chine, à la condition qu’ils ne nous dépossèdent pas de notre patrimoine immatériel (brevets), quelles seraient les retombées pour notre commerce extérieur?

Sur le plan industriel, la situation est encore plus grave

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France : Hausse de 30% des prix de l’électricité d’ici à 2017

La facture moyenne d’électricité des ménages français devrait bondir de 30% d’ici à 2017, selon des projections de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) publiées lundi. Le régulateur précise dans un rapport sur les marchés de détail de l’énergie que cette hausse sera due pour plus du tiers à l’augmentation de la contribution au service public de l’électricité (CSPE), laquelle s’explique pour l’essentiel par le développement des énergies renouvelables.

La CRE, qui avait déjà évoqué une augmentation de l’ordre de 30% des ‘tarifs bleus’ (tarifs réglementés destinés aux ménages et petits professionnels) à l’horizon 2016, souligne toutefois que les hausses de prix seront moindres pour les entreprises et les industriels, avec des projections de +23,7% pour les clients au ‘tarif jaune’ et de +16% pour les clients au ‘tarif vert’.

EDF a fait savoir qu’il discutait avec l’État en vue d’obtenir des augmentations de tarifs lui permettant de financer ses investissements en France.

Contraint d’investir massivement dans son parc de production et ses réseaux de distribution, le groupe attend notamment de l’État qu’il établisse avant la fin de l’année une formule fixant les hausses du prix auquel il doit vendre à la concurrence une partie de sa production d’électricité d’origine nucléaire (Arenh).
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France/Inde : Des réacteurs nucléaires hors de prix

En visite en Inde, François Hollande a tenté de faire avancer les tractations en cours depuis des années pour la vente par Areva de plusieurs EPR. Une affaire qui se révèle très “douteuse”, selon deux militants indiens antinucléaires.

Actuellement en visite en Inde [les 14 et 15 février], le président François Hollande ne manquera pas de tenter de convaincre New Delhi de conclure un accord douteux portant sur l’achat de six réacteurs européens pressurisés (EPR) à la société française Areva pour le site de Jaitapur [dans l’Etat du Maharashtra, sur la côte ouest]. Si l’EPR est présenté comme le réacteur “le plus avancé”, en termes commerciaux il n’a pas encore fait ses preuves.

Pas un seul n’a encore été mis en service dans le monde. De plus, sur les sites en construction, que ce soit à Olkiluoto (en Finlande) ou à Flamanville (en France), les coûts et les délais ont pris des proportions astronomiques par rapport à ce qui était annoncé. Le prix estimé pour chacun de ces réacteurs s’élève désormais à environ 600 milliards de roupies [8,3 milliards d'euros].

Pays-Bas : Eldorado fiscal pour les holdings de grands groupes français

De grands groupes français, dont EDF, GDF Suez, Thales et Veolia, recourent de plus en plus à des holdings financières installées aux Pays-Bas pour réduire leurs impôts, affirme le quotidien économique néerlandais Het Financieele Dagblad (FD), ce qu’ont contesté plusieurs d’entre eux.

Ces dernières années, l’utilisation des holdings financières aux Pays-Bas par des sociétés françaises a beaucoup augmenté“.

Évoquant les polémiques sur l’exil fiscal de riches Français comme la star de cinéma Gérard Depardieu ou l’homme d’affaires Bernard Arnault”, le journal affirme que l’État français, actionnaire de plusieurs sociétés citées, “profite lui aussi de régimes fiscaux plus favorables à l’étranger”.

Selon FD, en plus d’EDF, GDF Suez, Thales et Veolia, une vingtaine d’autres entreprises françaises dont le chiffre d’affaires dépasse les 2 milliards d’euros annuels ont créé une ou plusieurs holdings de ce type pour bénéficier des accords fiscaux bilatéraux entre les Pays-Bas et d’autres pays, permettant notamment d’éviter une double imposition.
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Argentine : Ces vieux démons qui hantent le pays

Décembre 2001. Buenos Aires se déclare en faillite sur près de 100 milliards de dollars. Onze ans après, l’Argentine continue d’en payer le prix. Banni des marchés financiers mondiaux, harcelé devant les tribunaux, le pays est de plus en plus isolé sur la scène internationale.

Par Isabelle Couet |

Lorsque le « Libertad » pénètre dans les eaux ghanéennes en ce jour d’octobre 2012, son destin est scellé. Le majestueux trois-mâts argentin, avec à son bord 300 marins, a renoncé à accoster au Nigeria par crainte des pirates. Mais dans le port de Tema c’est un autre adversaire qui l’attend :

Elliott, le fonds d’investissement du milliardaire américain Paul Singer. On lui prête le nom de fonds « vautour » car, tel un charognard attiré par l’odeur du sang, il rôde autour des États et des entreprises au bord de la faillite.

L’ennemi juré de Buenos Aires a suivi la frégate et obtenu l’accord d’un tribunal du Ghana pour la saisir. Coutumier de ces opérations musclées, Elliott a déjà tenté de s’emparer des avoirs de la Banque centrale d’Argentine aux États-Unis, et se bat devant les tribunaux français pour mettre la main sur les redevances pétrolières de la filiale de Total opérant en Terre de feu et dans le bassin du Neuquén. Son but ? Imposer son chantage à l’État argentin, qui refuse de le rembourser, à la suite de la retentissante faillite de 2001, la plus importante de l’histoire jusqu’à celle de la Grèce en début d’année.

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Le photovoltaïque va coûter 50% plus cher aux Français

La part de la taxe sur la facture d’électricité (CSPE) destinée à couvrir les surcoûts liés au soutien du photovoltaïque bondit de 50% en 2013, passant de 1,4 à 2,1 milliards d’euros.

C’était attendu. Mais les chiffres sont impressionnants. Le coût du soutien au photovoltaïque va passer de 1,4 milliard en 2012 à 2,1 milliards d’euros en 2013, « en raison d’un prix d’achat élevé (459 euros le mégawatheure en moyenne) », affirme la Commission de régulation de l’énergie. Ce prix d’achat est le prix auquel EDF doit racheter l’électricité photovoltaïque produite par des producteurs indépendants. A comparer au coût estimé de production du nucléaire, entre 42 et 50 euros le MWh. Au total, les charges liées aux énergies renouvelables représentent 3 milliards d’euros, soit 60% des charges prévisionnelles 2013.

Après une hausse de 50%, les tarifs sociaux ne pèsent que 3% de la CSPE. A lui tout seul, le photovoltaïque représente 41% des charges de service public de l’électricité (CSPE) supposées être couvertes par la taxe du même nom sur toutes les factures d’électricité en France.

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Pour une Révolution du Système Monétaire

Le présent texte constitue une contribution à la journée du 24 mars, organisée par les économistes atterrés, à l’université de Paris 1 Panthéon, et consacrée à la création monétaire. Il est  une synthèse revue et corrigée d’articles déjà publiés sur le blog de Jean-Claude Werrebrouck .

La monnaie : une structure de réseau  bien problématique                    

La monnaie est l’équivalent d’une infrastructure, telle un réseau ferroviaire assurant la circulation des personnes et des biens, ou un réseau électrique assurant la circulation des kilowattheures.

Les particularités du  réseau monétaire parmi les réseaux en général

L’industrie bancaire assure la circulation des marchandises en assurant la circulation de la monnaie entre ces ports que sont des comptes abrités dans des banques. Les banques, sont comme la SNCF ou EDF d’avant la libéralisation, et il est impossible de séparer le réseau de ses véhicules : le paiement, largement électronique, est à la fois réseau et véhicule. Comme la SNCF où il apparaissait impensable, avant la libéralisation, de séparer le réseau ferré du matériel roulant.

Mais il est des différences : le réseau bancaire n’est pas monolithique et se trouve peuplé de banques en concurrence. Qui plus est, cette concurrence peut entrainer des modifications de parts de marché entre les ports. Ce qui n’était pas le cas du chemin de fer ou des compagnies d’électricité d’avant les nationalisations de 1945 : les acteurs restaient des monopoles sur les parts de réseau qu’ils contrôlaient. Le caractère non monolithique du réseau bancaire est peu gênant pour la circulation de la monnaie. Outre qu’il existe une norme monétaire commune au dessus de chaque monnaie de banque (une unité de compte), il existe un marché monétaire assurant la cohérence continue du réseau : la monnaie Société Générale se transforme en tous points de l’espace couvert par le réseau, en monnaie BNP , en monnaie Crédit Agricole, etc.

Une autre différence est le fait que la monnaie comme infrastructure de type réseau, est propriété d’agents nombreux et divers, qui peuvent agir sur lui, en le rendant plus ou moins actif. Derrière cette idée, il y a la plus ou moins grande vitesse de circulation de la monnaie, voire son blocage éventuel. Et cette dernière circonstance, résulte du fait que la monnaie n’est pas seulement infrastructure de la circulation : elle est aussi instrument de l’accumulation. Les économistes diront qu’elle n’est pas qu’instrument de paiement, mais aussi réserve de valeur. Les conséquences en sont considérables. Cela revient à dire – en poursuivant la comparaison avec la SNCF ou EDF- que par exemple des trains s’accumulent dans des gares. Et la comparaison est intéressante, car dans l’un et l’autre cas les marchandises cessent de circuler. Et c’est précisément parce que la monnaie est elle-même marchandise (instrument de stockage de richesse) plus ou moins convoitée qu’elle peut gêner/faciliter la circulation de toutes les autres marchandises : l’infrastructure réseau est plus ou moins stable.

Et parce que marchandise, elle peut être fabriquée comme toutes les autres marchandises. En se désaliénant de la « contrainte métallique » les hommes ont, en la matière, généré des gains de productivité infinis : le coût de fabrication de la monnaie est proche de zéro, et pour les banques centrales, et pour les banques privées, qui depuis un grand nombre d’années se partagent le monopole de la création monétaire. De fait, il s’agit d’un coût marginal, puisque bien des coûts fixes demeurent, spécificité qui rappelle là aussi  ces « monopoles naturels » que sont les réseaux classiques.

Le réseau monétaire est un bien public créateur d’ordre social

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L’ Écosse bascule du pétrole vers les énergies marines

Les entreprises qui innovent dans l’énergie des vagues et des courants viennent tester leurs machines dans les îles Orkney.

Il faut compter plus d’une heure de bateau depuis Kirkwall, principale ville des îles Orkney, pour atteindre dans l’aube frisquette de cette fin septembre le détroit de Warness, qui sépare l’océan Atlantique de la mer du Nord. Là, est perfectionnée depuis 2006 la turbine OpenHydro, qui devrait bientôt produire de l’électricité à partir des courants marins entre Paimpol et l’île de Bréhat, dans une « ferme » gérée par EDF. L’électricien français a en effet prévu de raccorder 4 à 10 de ces turbines en 2011 pour une puissance globale de 2 à 4 MW.

Mais pour le moment, les conditions du détroit de Warness, où le courant atteint quatre mètres par seconde, sont idéales pour améliorer l’invention américaine, dont la société irlandaise OpenHydro a acquis la licence en 2005. Cette turbine-rotor à centre ouvert directement posée au fond de l’eau, de 6 mètres de diamètre et d’une puissance de 250 kilowattheures, a été la première machine du genre connectée au réseau électrique national. « Nous travaillons avec EDF, qui a une forte expertise dans l’hydroélectricité, notamment avec le barrage de la Rance, pour développer une turbine de 16 mètres de diamètre », explique Sue Barr, chef de projet. Transfuge de l’industrie pétrolière, elle incarne la rapide conversion du pays aux énergies marines.

De l’autre côté de l’île, à Stromness, l’Oyster (huître) géante de la société écossaise Aquamarine subit les derniers réglages avant d’être reliée au réseau électrique. Cette machine en forme de L de 12 mètres sur 18 s’ouvre et se ferme au gré des vagues et injecte de l’eau sous pression jusqu’à une minicentrale hydroélectrique traditionnelle située au bord de l’eau. « C’est un système très simple, sans aucun élément électronique, ni transformateur ni aucun produit toxique dans l’eau », souligne le directeur opérationnel, Matthias Haag. Cet ancien de Shell, qui a dirigé la division éolienne du pétrolier, confie qu’il n’aurait tenté l’aventure avec aucune technologie concurrente, « car c’est le seul système sans risque de panne ».

Météo favorable

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Protection de l’innovation : L’inflation des brevets s’explique aussi par l’extension de leurs domaines d’usage, tant privé que public

L’augmentation du nombre de dépôts de brevets génère des critiques. Pourtant, bien que coûteux, ce système de défense de l’innovation reste efficace, et les réflexions se poursuivent pour soutenir la politique d’innovation des PME. Mais si la hausse du nombre de demande de dépôts de brevets se poursuit, c’est aussi parce les organismes publics en déposent à tour de bras pour valoriser le résultat de leurs travaux. Et c’est encore, car le brevet endosse désormais de nouvelles utilités, notamment dans les domaines de la communication, du management et de la finance.

La première fonction du brevet (quel que soit le système national de brevet) est de protéger l’invention pour une période de temps limitée (aujourd’hui 20 ans maximum). Toutefois, pour l’obtenir, le déposant doit fournir un descriptif précis de l’invention qu’il a produite. [...] Il s’ensuit qu’avec le dépôt de brevet, il y a des risques de contrefaçon ou d’imitation de l’invention. Le système judiciaire s’avère tout à fait complémentaire du système de brevet, il permet au déposant de défendre ses droits. Il apparaît comme l’une des conditions d’un fonctionnement correct du système de brevet.

Ce paragraphe est extrait des Nouvelles fonctions du brevet – approches économiques et managériales, ouvrage coordonné par Pascal Corbel et Christian Le Bas. Le brevet à l’origine a pour but de protéger une invention, tout en favorisant l’innovation, puisque celle-ci est rendue publique et évite le recours au secret industriel. Le nombre croissant de dépôts de brevets (5,17 millions de demandes de brevets attendaient en 2010 d’être traitées au niveau mondial, selon un rapport de l’OMPI, l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, une institution spécialisée des Nation Unies) est l’objet de critiques dans certains milieux.

Il y a une augmentation du nombre de brevets, sans doute supérieure aux dépenses de recherche et développement, et supérieure aux inventions produites”, confirme Christian Le Bas, auteur de l’ouvrage précité et professeur d’économie à l’université Lyon 2. Mais il ne se fait pas l’écho de ces inquiétudes. “Mais c’est parce qu’une invention est protégée par plus d’un brevet, on protège de plus en plus les rouages. La même invention va être protégée en France par une dizaine de brevets, plus des extensions dans le monde…

J’ai entendu parler de cette idée selon laquelle il y a trop de brevets. Ce n’est pas quelque chose qui me frappe, déclare Yves Bizollon, avocat associé chez Bird & Bird en charge de la propriété intellectuelle. Il y a, en France et en Europe, des dépôts raisonnables.” L’OMPI, qui a publié les chiffres de 2010, estime que le taux de croissance des dépôts de brevets est simplement corrélé au dynamisme des activités de recherche et développement.

Ce qui se dégage de nos chiffres, c’est une croissance au niveau mondial des demandes dans tous les domaines de la propriété intellectuelle, confirme Bruno Le Feuvre, statisticien à l’OMPI. La croissance de dépôts est généralement le signe d’une activité économique soutenue”. “Pour un constructeur automobile, il est important d’avoir un bon portefeuille de brevets, riche, sur les technologies qui ont de l’avenir, rappelle Marc Duval-Destin, directeur de la recherche et de l’ingénierie avancée chez PSA, premier déposant en France. Quand vous faites une automobile, vous risquez d’être pris à parti sur la contrefaçon. Vous pouvez consciemment ou inconsciemment copier. Si vous avez un bon portefeuille de brevets, vous protégez votre modèle, et cela permet de répondre aux injonctions des concurrents.” C’est là l’utilisation classique du système brevet, qui malgré les critiques, semble toujours efficace pour protéger les innovations.

Protecteur et coûteux

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« Entre le collectif et l’individuel, la France a du mal à choisir »

Selon Philippe d’Iribarne, chercheur atypique, dans le monde du travail ou à l’égard des immigrés, notre pays est tiraillé entre le respect de tous les particularismes et la défense d’une égalité sans faille.

Pourquoi le modèle français d’intégration des immigrés ne fonctionne-t-il plus ? Qu’y a-t-il de particulier dans l’identité française qui rend les réformes si difficiles dans ce pays ? Philippe d’Iribarne montre que l’universalisme et la défense des particularismes s’y combinent, souvent mal. La fierté des métiers, les statuts et beaucoup de traits particuliers remontent loin dans notre histoire.

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Comment expliquez-vous l’écartèlement entre la volonté de la France d’assimiler ses immigrés et celle de « respecter les différences » ?

Nous sommes dans une situation paradoxale qu’on a retrouvée lors des débats sur l’identité française ou de l’expulsion des Roms. Il y a une tension entre le citoyen et l’individu.

D’une part, la France se définit comme la patrie des droits de l’homme, dans laquelle tout citoyen est l’égal de tout autre, où tout ce qui est discriminatoire doit être refusé au nom des idéaux d’égalité et de liberté.

Et, d’autre part, on a une vision différenciée de la société lorsqu’il s’agit de la gestion individuelle du quotidien, comme le choix du lieu où l’on habite, de l’école de ses enfants ou de qui on embauche.

Depuis la Révolution, la France s’affirme à la fois par une volonté de construire, dans la vie politique, une société sur la base des droits et des devoirs des citoyens, et, dans la vie sociale, par une prise en compte des particularités, notamment des origines, basque, bretonne, italienne, hongroise ou maghrébine. La question de l’immigration est prise entre ces deux représentations.

Le rapport au travail l’est aussi. La loi Le Chapelier, en 1791, voulait reformater les relations de travail selon les principes d’une société de citoyens régie par des contrats, interdisant les corporations et les syndicats. Mais il a bien fallu admettre, avec le temps, que cela ne marchait pas. On a reconstruit une France d’individus ayant des métiers, des sous-métiers, des statuts et des privilèges, et on a magnifié les idées de grandeur et de noblesse du métier.

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Nicolas Sarkozy, le président des riches

Spécialiste de la haute bourgeoisie, Michel Pinçon, aidé par sa femme, Monique Pinçon-Charlot, a rédigé une « Enquête sur l’oligarchie dans la France de Nicolas Sarkozy » [Editions Zones, septembre 2010].

Il est difficile de résumer cet ouvrage, collection d’anecdotes révélatrices. Forcément, la note de lecture ci-dessous ne peut que transcrire les très grandes lignes, exprimer la sensation générale du lecteur. Mais ne serait-ce que pour donner envie de lire ce livre, cela vaut la peine de le commenter.

C’est un sujet d’actualité, ô combien. Non que Nicolas Sarkozy en lui-même soit important. Mais parce qu’il représente quelque chose, sa présence à l’Elysée signifie quelque chose : elle veut dire que les « élites » de notre pays sont devenues les ennemies de leur propre peuple.

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Le compteur électrique intelligent, gadget pour « bobos » ou service public?

Le nouveau compteur électrique “intelligent” va-t-il permettre à tous les Français de mieux contrôler leur consommation d’énergie ou cette faculté sera-t-elle réservée à quelques consommateurs riches et motivés ? Le débat est vif et encore loin d’être tranché.

Baptisé Linky, ce compteur capable de transmettre des informations à distance doit être installé dans 35 millions de foyers d’ici à 2020. A l’origine, sa mise en place visait à réduire les déplacements d’agents ErDF chargés des relevés de consommation et autres interventions techniques. Le nouveau compteur doit permettre au gestionnaire du réseau électrique d’économiser 35 millions de kilomètres par an en frais de déplacements.

L’efficacité énergétique n’était pas l’objectif prioritaire“, rappelle Michèle Bellon, présidente d’ErDF. Mais depuis 2007, le Grenelle de l’Environnement a fait du compteur intelligentun outil de maîtrise de la consommation d’énergie.

Une mission qu’il risque cependant d’avoir du mal à remplir, d’après l’Agence de l’Environnement et de Maîtrise de l’Energie (Ademe). L’Ademe a en effet souligné que Linky ne permettait pas de faire des économies d’énergie, sauf à lui adjoindre un “affichage pédagogique en temps réel” de la consommation d’électricité.

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Réforme du marché de l’électricité : ce qui va changer

Le Parlement français a adopté définitivement dans la nuit de mercredi à jeudi le projet de loi relatif à la Nouvelle Organisation du Marché français de l’Électricité (Nome) qui prévoit qu’EDF cèdera jusqu’à 25% de sa production nucléaire à ses concurrents. Décryptage.

1) Les prix vont augmenter

Principale crainte soulevée par ce texte, qui doit entrer en vigueur début 2011 : la hausse des tarifs. Tandis que les groupes UMP et du Nouveau centre (NC) ont voté pour, les groupes de l’opposition de gauche ont voté contre, affirmant que cette réforme se traduirait par une augmentation de 11 à 15% des tarifs.

Pour sa part, l’UFC-Que Choisir, organisation de défense des consommateurs, a affirmé dans un communiqué publié jeudi dernier que cette réforme risquait d’entraîner une forte hausse des tarifs « de 7% à 11% dès la mise en place de la loi et de 21% à 28% d’ici 2015 ».

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Quand le travail tue

Parce qu’il y en marre de voir des gens détruits par leur travail, soumis à des logiques aberrantes, marre de voir des méthodes de management qui font perdre pied aux gens, on va aborder une question essentielle dans nos sociétés capitalistes : les suicides liés au travail, le mal être au travail, le burn out. Autant de maux sur lesquels on n’a encore aucune statistique fiable, et pour cause : l’enjeu pour les entreprises est de mettre tout cela sur le compte de « difficultés personnelles » des employés. Ca les arrangerait bien, mais c’est faux.

J’essaie de me pencher aussi souvent que possible sur la question des conditions de travail, et j’ai été amenée à interroger des médecins conseil, qui en Belgique travaillent pour les mutualités et reçoivent les salariés en souffrance. Même l’un des médecins que j’ai vu est devenu dépressif à force de voir défiler face à lui des gens au bout du rouleau, moralement et physiquement.

Des symptômes comme la fibromyalgie, qui empêchent de bouger, sont liés à un excès de stress et augmentent de manière vertigineuse. D’autres perdent leurs dents, leurs cheveux, ou carrément la vie. D’après ce médecin, ces phénomènes sont en augmentation exponentielle depuis le début des années 90. Et très peu de maladies liées au travail sont reconnues comme telles, grâce à un lobbying intensif des entreprises.

État des lieux

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La facture d’électricité augmentera encore début 2011

Après avoir connu leur plus forte hausse depuis 2003 au mois d’août, les tarifs réglementés de l’électricité pourraient encore augmenter début 2011. Interviewée sur Europe 1 lundi, la ministre de l’Économie Christine Lagarde a confirmé qu’une hausse pouvant dépasser les 3% était envisagée.

Le prix de l’électricité aurait alors augmenté de 6% à 7% en six mois, indique le quotidien Les Échos.

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La création d’emplois verts : quelle réalité ?

Une tribune libre de Patrick Reymond

Analysons un peu, aujourd’hui, la création nette d’emplois verts promis. 600.000, nous dit-on : faisons le tour.

Sur les 280 millions de TEP (tonnes équivalents pétrole) annuelles, 140 millions environ (c’est un ordre de grandeur) sont consommées par le logement.

Qu’est ce qu’un logement “vert” ? C’est un logement consommant peu d’énergie et en produisant plus qu’il n’en consomme.

Fort bien. Quels seront ces emplois ?

La réponse est simple :

- On va isoler les murs : à l’intérieur, plâtriers, à l’extérieur, façadiers, et pour les ouvertures, menuisiers. En effet, mettre une fenêtre à triple vitrage, ce n’est pas franchement différent que d’en mettre une à simple vitrage.

- On va changer de génération de chauffage et de matériel. Trop souvent fonctionnent des nanards, avec un rendement déplorable. On prendra peut-être une pompe à chaleur, pour remplacer les convecteurs ou la chaudière. Mais rien de fondamentalement différent. Ce seront toujours les plombiers et les électriciens qui travailleront.

- Les combles seront encore plus isolés. On y mettra des VMC double flux. Là aussi, rien de bien nouveau, les puits canadiens commencent à se répandre ; en général, ce sont des plombiers qui s’en chargent.

- Le solaire thermique et photovoltaïque est, dans un cas, exclusivement du domaine du plombier chauffagiste, et dans l’autre cas, souvent de son domaine, sinon de celui de l’électricien.

- Les récupérations d’eau pluviales aussi, sont du domaine du plombier.

Pour résumer, ça commence mal, car la moitié des économies d’énergie sera assurée par des professions déjà existantes et qui se contenteront de faire évoluer leur gamme.
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