“La BCE devrait se montrer plus accomodante”

Un euro trop fort, une périphérie en déflation : la zone euro aurait besoin d’une banque centrale plus agressive pour relancer le crédit aux entreprises. La vidéo du Café Eco avec Michel Girardin, économiste, professeur à HEC Genève et Myret Zaki, rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan.

Bilan

En Europe, 30% des actifs financiers viennent des banques «de l’ombre»

L’agence S&P comme le FSB mesurent le poids des sociétés «parallèles» de services bancaires. Bruxelles tente de limiter la floraison de ce biotope financier alternatif.

Monopolisés par le sauvetage des banques, les ministres des Finances européens ne l’ont pas abordé, lundi. Mais le dossier du «shadow banking» reste au cœur de la remise à plat du secteur que le commissaire européen Michel Barnier tente de faire adopter par le Parlement, peut-être avant le choc des élections de fin mai.

Objectif ? Encadrer la floraison de ce biotope financier alternatif. Certains freins sont déjà inclus dans la directive AIFM imposée aux hedge funds dès cette année. D’autres règles imposent un renforcement de leurs capitaux – un tampon devant atteindre 3% de leurs actifs – aux fonds de placement dits de «money market».

L’ampleur de ces activités bancaires parallèles inquiète. La semaine dernière, l’agence de notation Standard & Poor’s a fait état de 30% de l’ensemble des actifs financiers européens. Contre 40% aux Etats-Unis. Transformés en usuriers, des hedge funds prêtent sur gage aux entreprises ou débarrassent les banques de leurs prêts difficilement recouvrables. Des sociétés de crédit avancent aussi bien pour un frigo que pour un appartement. Des structures cotées trouvent sur les marchés les fonds de grands projets immobiliers.

Lire la suite

New B, la banque anti-banque qui séduit les Belges

En Belgique, des ONG et des particuliers se sont regroupés pour créer la première banque coopérative du pays. New B devrait officiellement voir le jour ce samedi 6 juillet. Plus de 43 000 personnes ont souscrit une part dans cet établissement “transparent, participatif, sobre et ancré dans l’économie locale”.

On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Ce dicton, des ONG et quelques 43 000 citoyens belges ont décidé de l’adapter à leur épargne en créant New B, la première banque coopérative du Plat Pays. Samedi 6 juillet, l’assemblée générale de l’organisation se réunira pour entériner, sauf ultime surprise, la création de ce nouvel établissement bancaire qui pourrait voir le jour d’ici deux ans. Son credo ? Offrir à ses clients une banque “transparente, participative, sobre et ancrée dans l’économie locale”.

Le 24 mars dernier, la coopérative New B, fondée il y a maintenant deux ans, a lancé sa campagne “Je prends part” pour recruter des coopérateurs. En moins de quatre mois, quelques 43 208 particuliers et ONG ont souscrit une participation (limitée à 20 euros maximum pour les premiers).

Les initiateurs de New B s’étaient fixés un objectif de 10 000 souscripteurs. Ils avaient vu trop petit… En 48 heures, plus de 10 000 personnes s’étaient déjà inscrites comme le rapportait, fin mars, La Libre Belgique. Le 14 juin dernier, sur le site internet du quotidien L’Echo, Bernard Bayot, directeur du mouvement citoyen “Réseau de financement alternatif” et président de New B, expliquait que la banque visait à terme un capital de plusieurs dizaines de millions d’euros.

Investir dans l’économie locale

Des mots simples, des questions… Sur son site Internet, New B parie sur la pédagogie pour conquérir de nouveaux adhérents, auxquels elle s’adresse presque… comme à des enfants. “Les banques brassent beaucoup d’argent avec lequel elles peuvent faire beaucoup. Que les banques l’utilisent uniquement à bon escient… Est-ce un rêve ? Elles rendent cela tellement compliqué… Est-ce que vous comprenez, vous, ce qu’est un fonds d’investissement structuré ? Je veux de la simplicité, une banque honnête que je comprends”. Et New B de revendiquer sa différence : “Notre banque, c’est une banque où ma voix compte, où je peux choisir ce que l’on va faire avec mon argent. Car évidemment, je préfère que mon argent finance l’école de ma fille plutôt que l’industrie nuisible”.

La “démocratie économique”

Les coopérateurs ont déjà élu un conseil d’administration regroupant une quinzaine de membres. Lors d’un chat , le 28 mars dernier, diffusé par le quotidien Le Soir, Bernard Bayot assurait aux internautes : “Nous allons offrir tous les services qu’une entreprise ou un citoyen veut (compte courant, crédit)… Nous investirons localement… Vous aurez autant à dire qu’un syndicat ou que n’importe quel autre coopérateur : c’est cela la démocratie économique”.

En France, seuls 34% des clients déclaraient faire confiance à leur banque, d’après une étude publiée, en mars dernier, par le cabinet d’audit et de conseil Deloitte. Il existe pourtant plusieurs établissements coopératifs comme le Crédit coopératif, les caisses régionales du Crédit agricole ou encore La Nef.

Le démantèlement de Nyse-Euronext sonne le glas de Paris Place financière

La Bourse de Paris sera -t-elle demain à l’Europe ce que la Bourse de Nantes fut à l’Hexagone, terriblement province et marginale… avant d’être estompée du paysage financier ?

Par Patrick Arnoux

“Un pays, c’est un drapeau et une Bourse”avait coutume de dire l’un des grands banquiers de la place.

Alors, pauvre France, dont la chronologie boursière traduit une terrible descente aux enfers : il y a 20 ans, la Bourse de Paris comptait 786 entreprises cotées contre 586 en 2011. A cette époque, la capitalisation boursière de Paris représentait 78 % du PIB de la France contre 54 %.

Entretemps, les actionnaires ont déserté la bourse par millions. Attrition en forme de rude constat :

le premier marché boursier de la zone euro ne remplit plus son rôle de financement de l’économie. Quelques chiffres suffiraient pour démontrer le déclin alarmant de la place financière de Paris, et surtout sa déconnexion de l’économie réelle :

les sociétés cotées se finançaient en 2001 pour 26,9 % grâce à la Bourse, cette proportion a chuté à 5,4 % l’an passé comme le démontre la brutale baisse des levées de fonds : en 2012, une dizaine de PME ont levé 235 millions d’euros, contre dix fois plus – plus de 2,5 milliards – il y a six ans. Pire, l’an passé, les départs furent plus nombreux que les arrivées.

Lire la suite

Pour une Révolution du Système Monétaire

Le présent texte constitue une contribution à la journée du 24 mars, organisée par les économistes atterrés, à l’université de Paris 1 Panthéon, et consacrée à la création monétaire. Il est  une synthèse revue et corrigée d’articles déjà publiés sur le blog de Jean-Claude Werrebrouck .

La monnaie : une structure de réseau  bien problématique                    

La monnaie est l’équivalent d’une infrastructure, telle un réseau ferroviaire assurant la circulation des personnes et des biens, ou un réseau électrique assurant la circulation des kilowattheures.

Les particularités du  réseau monétaire parmi les réseaux en général

L’industrie bancaire assure la circulation des marchandises en assurant la circulation de la monnaie entre ces ports que sont des comptes abrités dans des banques. Les banques, sont comme la SNCF ou EDF d’avant la libéralisation, et il est impossible de séparer le réseau de ses véhicules : le paiement, largement électronique, est à la fois réseau et véhicule. Comme la SNCF où il apparaissait impensable, avant la libéralisation, de séparer le réseau ferré du matériel roulant.

Mais il est des différences : le réseau bancaire n’est pas monolithique et se trouve peuplé de banques en concurrence. Qui plus est, cette concurrence peut entrainer des modifications de parts de marché entre les ports. Ce qui n’était pas le cas du chemin de fer ou des compagnies d’électricité d’avant les nationalisations de 1945 : les acteurs restaient des monopoles sur les parts de réseau qu’ils contrôlaient. Le caractère non monolithique du réseau bancaire est peu gênant pour la circulation de la monnaie. Outre qu’il existe une norme monétaire commune au dessus de chaque monnaie de banque (une unité de compte), il existe un marché monétaire assurant la cohérence continue du réseau : la monnaie Société Générale se transforme en tous points de l’espace couvert par le réseau, en monnaie BNP , en monnaie Crédit Agricole, etc.

Une autre différence est le fait que la monnaie comme infrastructure de type réseau, est propriété d’agents nombreux et divers, qui peuvent agir sur lui, en le rendant plus ou moins actif. Derrière cette idée, il y a la plus ou moins grande vitesse de circulation de la monnaie, voire son blocage éventuel. Et cette dernière circonstance, résulte du fait que la monnaie n’est pas seulement infrastructure de la circulation : elle est aussi instrument de l’accumulation. Les économistes diront qu’elle n’est pas qu’instrument de paiement, mais aussi réserve de valeur. Les conséquences en sont considérables. Cela revient à dire – en poursuivant la comparaison avec la SNCF ou EDF- que par exemple des trains s’accumulent dans des gares. Et la comparaison est intéressante, car dans l’un et l’autre cas les marchandises cessent de circuler. Et c’est précisément parce que la monnaie est elle-même marchandise (instrument de stockage de richesse) plus ou moins convoitée qu’elle peut gêner/faciliter la circulation de toutes les autres marchandises : l’infrastructure réseau est plus ou moins stable.

Et parce que marchandise, elle peut être fabriquée comme toutes les autres marchandises. En se désaliénant de la « contrainte métallique » les hommes ont, en la matière, généré des gains de productivité infinis : le coût de fabrication de la monnaie est proche de zéro, et pour les banques centrales, et pour les banques privées, qui depuis un grand nombre d’années se partagent le monopole de la création monétaire. De fait, il s’agit d’un coût marginal, puisque bien des coûts fixes demeurent, spécificité qui rappelle là aussi  ces « monopoles naturels » que sont les réseaux classiques.

Le réseau monétaire est un bien public créateur d’ordre social

Lire la suite

Que crève le système

Par Boreas
socialism_vs_capitalism.jpg

Dans le contexte actuel de dé-mondialisation, on a pu lire récemment sur le blog de Paul Jorion, parlant de la divergence désormais avérée des grandes puissances économiques dans leur quête désespérée d’une illusoire reprise : « l’affirmation renforcée d’une politique du chacun pour soi (…) ne fera qu’accentuer la crise ».

C’est exactement ce que dit le LEAP (Laboratoire Européen d’Anticipation Politique) depuis l’an dernier, même si, au plan chronologique, ses prévisions se sont avérées à trop court terme : « d’ici la fin de l’été 2009. Sur fond de cessation de paiement des Etats-Unis s’ouvrira alors la période à partir de laquelle le « chacun pour soi » deviendra la règle du jeu international ».

Or, en effet, même dans le « chacun pour soi », ne gît aucune solution de continuité pour le système.

Parce qu’aucun des prétendus remèdes n’est viable (la planche à billets aux Etats-Unis et au Japon, les politiques d’austérité de droite – réduction des dépenses publiques – comme de gauche – augmentation des recettes publiques – en Europe).

Lire la suite

Le piège de l’argent

Un film qui fait un rappel sur les problèmes inhérents au système bancaire et monétaire actuels: les intérêts demandés à l’argent dette ne sont pas créés, la faillite est donc inévitable pour un nombre certains d’acteurs de l’économie réelle. Le documentaire en deuxième partie promeut le crédit mutuel et présente les monnaies locales comme alternative.

L’interventionnisme des États dans l’économie…

… éclairage sur les aides d’état et impact sur les monnaies.

Interview de Pascal Roussel, chef analyste à la Banque Européenne d’Investissements.

Pourquoi les bourses ne réagissent pas à l’économie réelle? Les aides financières des différents pays apportés aux banques vont elles réellement améliorer la situation? Quelle sera l’avenir des devises à travers le monde et devons-nous craindre une seconde vague de crise?

Partie 1:

Lire la suite

La crise ? Quand c’est fini, ça recommence !

Par Frédéric Lordon

Il y aurait matière à faire un sort à tous les ahuris qui, depuis l’été 2007, ne loupent pas une occasion de se féliciter que « le pire est derrière nous le plus dur est passé la crise est terminée ». On rappellera qu’ils n’en sont jamais qu’à leur troisième tour de piste (automne 2007, printemps 2008, fin 2009) et que, vaillants comme on les connaît, on peut être tout à fait certain, le point chaud grec viendrait-il à relaxer, qu’ils ne nous décevraient pas pour une petite quatrième. Stupéfiante comme elle devient, la situation ne laisse cependant pas trop le loisir de s’appesantir sur ce genre de chose – et puis le compte-rendu de la cécité réjouie est devenu une entreprise sans espoir.

Caspar David Friedrich, Naufrage, 1822 (cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Stupéfiante, la situation l’est, sans l’être tout à fait. Car la mutation de la crise de finances privées en crises de finances publiques, et leurs métamorphoses subséquentes en crises monétaires et en crises politiques, étaient prévisibles dès la fin 2007.

Lire la suite

Mille milliards de dollars et bientôt les filles à l’œil

Par James Howard Kunstler

L’Union européenne s’est auto-accordé mille milliards de dollars pour s’auto-renflouer aux premières heures de l’aube lundi, plus une fille dans le lit de chaque membre, gratuitement. Les Allemands vont adorer. Cette annonce a déjà fait remonter l’euro à 1,3 dollar, juste au moment où ceux-ci espéraient que la baisse du dollar allait leur permettre de livrer quelques cargos de plus à l’exportation.

Je m’attends à ce que Mme Merkel soit particulièrement à leur écoute. Quelques heures plus tôt, sa coalition a reçu une magnifique raclée à l’élection en Rhénanie du Nord-Westphalie.

Je mentionne ces événements à contrecœur, sachant l’aversion qu’éprouvent mes lecteurs aux nouvelles provenant de la vieille Europe, cet ennuyeux café d’arrière-cour socialiste où l’on vous sert, dans les restaurants, des portions pour femmelettes, que de vrais hommes ne mangent pas de toute façon.

La question qui s’impose ici, bien entendu, est de savoir comment l’Europe a l’intention de trouver mille milliards de dollars pour se renflouer elle-même. Va-t-elle vendre le Portugal à la Chine ? Va-t-elle découper la Grèce en morceaux, lancer les bouts à la mer comme appât, attraper et vendre sur les marchés ce qui reste de poissons en Méditerranée ? Franchement, je suis perplexe. Parlez de déshabiller Pierre pour habiller Paul…

Toutes les nations européennes sont déjà si désespérément empêtrées dans des chaînes d’obligations réciproques indémêlables que ce renflouement pourrait tout aussi bien être un jeu de chaises musicales joué dans le Grand collisionneur de particules Hadron sur de la musique de Karlheinz Stockhausen. Le renflouement européen est, de fait, une absurdité. Je prédis que l’effet de l’annonce ne durera que quelques jours de trading sur les marchés boursiers.

La vérité est que les déséquilibres de la finance mondiale sont devenus si grotesques que le système monétaire mondial ne tient qu’avec de la salive et des prières. Je reçois des tombereaux de mails de lecteurs chaque semaine m’avertissant de la prétendue, – et inéluctable -, naissance d’une prochaine monnaie mondiale – un concept qui s’accompagne naturellement de l’idée d’un gouvernement mondial. Les deux sont des fantaisies ridicules. Les événements prennent les nations du monde à l’exact contre-pied, et les entraînent dans l’autre sens, vers la rupture, la diminution de la taille des Etats et des gouvernements. De même, si des monnaies majeures comme le dollar ou l’euro venaient à connaître leur chant du cygne, elles seraient plus que probablement remplacées par des billets de banque locales convertibles en or que par un hypothétique Améro ou autre Globo-dollar.

Lire la suite

L’effondrement des États

Des dettes bancaires aux dettes « souveraines. » Les jours comptés de l’État-nation et d’une « hypothétique » réforme monétaire internationale.

Dans une étude transmise à ses clients privilégiés, la Société générale recommande de se tenir prêt face au risque d’« effondrement de l’économie mondiale » au cours des deux prochaines années.

Une manière de dire : « Vous voilà bien prévenu ! » Les auteurs de cette étude fondent leur conclusion sur des données concises, sans préciser bien sûr que la crise actuelle résulte avant tout de la révolution des techniques financières spéculatives des banquiers. Techniques financières qui ont permis, depuis la fin des années 70, l’émergence, malheureusement durable, d’une économie virtuelle aux dépens de l’économie réelle.

Une économie virtuelle qui a désormais besoin, pour survivre, d’écraser la véritable économie, seule source de richesses et d’emplois durables.

Lire la suite

L’interventionnisme des Etats dans l’économie : éclairage sur les aides d’Etat et impact sur les monnaies

Interview audio (avril 2010) de Pascal Roussel, analyste au sein du Département des Risques Financiers de la Banque Européenne d’Investissement, qui s’exprime ici en son nom propre.

  • Certaines grandes personnalités des milieux économiques se montrent à nouveau optimistes quant à l’évolution de l’économie mondiale. Comment peut-on lire cette indication ?
  • De même, l’évolution des économies nationales a de facto un impact sur les équilibres monétaires. Comment ceux-ci évolueront-ils durant la crise ?

Cliquez sur le lien pour accéder à l’interview audio :

Les Editions Romaines

LEAP : les cinq séquences de la phase de dislocation géopolitique globale

Communiqué public du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (LEAP), du 15 mars 2010

En cette fin de premier trimestre 2010, au moment où sur les fronts monétaires, financiers, commerciaux et stratégiques, les signes de confrontations se multiplient au niveau international, tandis que la violence du choc social de la crise se confirme au sein des grands pays et ensembles régionaux, le LEAP/Europe2020 est en mesure de fournir un premier séquençage anticipatif du déroulement de cette phase de dislocation géopolitique mondiale.

Hercule capturant Cerbère, par Hans Sebald Beham, 1545 - Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Lire la suite

Les Islandais ne paieront pas pour les banquiers

Les Islandais ont rejeté à 93% le remboursement, par leur gouvernement, de la dette contractée [auprès des] banques britanniques et néerlandaises, issue de la faillite d’une autre banque en ligne (Icesave). Pour le blogueur Michel Koutouzis, cela montre que les peuples sont prêts à se libérer de l’emprise du pouvoir financier.

Autour de 580 av. JC, Clisthène, qui avait entre temps cassé le monopole politique de l’aristocratie athénienne, promulgue une loi qui fera, dans les années à venir, la grandeur de la cité et sera à la base du « miracle grec ». Il supprime la dette de milliers de paysans, mettant ainsi fin à la pratique qui consistait à emprunter en [se] mettant soi-même en gage, c’est-à-dire, à transformer pratiquement les paysans pauvres et endettés en esclaves.

La fin du « gage sur le corps » mit fin, surtout, à une série de révoltes et d’instabilité sur le territoire athénien. Allant de pair avec les réformes politiques qui permirent à l’ensemble de la population de l’Attique à participer à la chose publique, cette réforme consacra la naissance de la démocratie.

Indépendance politique et libération économique
Lire la suite

2010 : le CAC à 8 000 points et un PIB à 5% l’an

Par Isabelle Mouilleseaux

Le lièvre et la tortue… Voilà ce à quoi les bourses d’une part, et l’économie réelle de l’autre, me font penser. La comparaison avec la fable s’arrêtera là. Je doute fort que la tortue ne remporte notre course. Quoique.

Côté lièvre… les marchés. Dématérialisés.

Les marchés ont anticipé, très en amont et de façon très optimiste, la reprise économique mondiale. Puis ont foncé ! En trombe… A en faire pâlir Usain Bolt ! Regardez les rebonds impressionnants des indices depuis leurs plus bas de mars. A vous couper le souffle.

Indices depuis mars 2009

Côté tortue… l’économie. Bien réelle, elle. Lire la suite

Le trou noir de la finance n’engloutira pas les Etats

Le point de vue de Jean-Claude Werrebrouck, économiste, ancien professeur et directeur de L’Institut de Management de la Distribution de l’Université de Lille 2, se situe, pour le moins, à contre-courant du discours dominant qui vante les mérites d’un règlement supranational de la crise.

Si la gestion de ce que nous appelions «la grande crise des années 2010» apparaissait comme le grand retour des Etats, il semble que le présent discours de la fin de la crise consacrerait plutôt le grand retour du marché.

Pour autant, nous verrons dans les développements ci-dessous, que l’apparent retour du marché, est moins à l’ordre du jour, que celui – plus souterrain – des nations souveraines.

Les apparences

Les conclusions du G-20 de Pittsburgh ne sont pas – dit-on – à la hauteur de ce qui avait été ambitionné au G-20 de Londres. A l’ardeur interventionniste semble succéder le retour des délices du marché et, dans un milieu apaisé, on sait que les boucs émissaires s’évaporent : les traders ne seront pas sacrifiés. Les nouveaux sommets atteints à Wall Street en matière de rémunérations sont là pour en témoigner.

La régulation financière ne proviendra pas de la « hard law » [la loi] mais d’instances plus accommodantes, car consanguines, et juridiquement indépendantes des Etats. Il semble même que les banques centrales, indépendantes, seront en charge d’une part de la supervision financière. Mieux : pourquoi ne pas envisager le transfert de l’aléa moral vers les banques centrales et ainsi, soulager les Etats en cas de difficulté, idée suggérée par le gouverneur de la Banque de France ?

Les banques elles-mêmes se libèrent de l’emprise publique – tout en conservant sa garantie – en remboursant les Etats à peu de frais.

Ainsi, l’actionnaire public français a reçu 226 millions d’euros pour services rendus à BNP PARIBAS, soit un manque à gagner de 5,574 milliards d’euros, par rapport à l’actionnaire de droit commun qu’il aurait pu être, en entrant directement dans le capital en octobre 2008.

Ainsi, la finance se propose de continuer à absorber une masse croissante de richesses, avec des chiffres qui continueront d’impressionner : 22% du PIB américain , 12% du PIB Britannique, etc. Lire la suite

La généalogie de la superclasse mondiale

I – Il convient au préalable de définir ce que l’on entend par superclasse mondiale

La danse des morts - attribué à Hans Holbein l'Ancien, 1491


Que signifie cette expression ? Trois termes significatifs :

– c’est une classe, soit un groupe social qui présente des traits particuliers durables qui le distinguent des autres ;

– elle se situe au-dessus des autres, en particulier au-dessus des anciennes élites nationales ;

– elle est mondiale, car son projet est mondialiste.

A/ Cette classe peut se définir comme un réseau occidental de dirigeants, diversifié et interactif

Il comprend notamment : Lire la suite

La vérité sur la Bourse

Personne ne comprend pourquoi la Bourse, alors que tous les indicateurs sont dans le rouge (dont le plus important est le chômage) continue de progresser, ce que les médias nomment « la reprise ». La Banque mondiale avait d’ailleurs estimé la baisse du PIB mondial à 3% pour 2009.

Or Le Dow Jones est passé de 8577 points le 15 octobre à 10 000 points le 14 octobre 2009 soit plus de 16% en pleine crise. Nous avons donc -3% pour l’économie réelle et + 16% pour la Bourse, bizarre, non ?

Une petite explication (un peu technique) s’impose donc.

I. Les rats quittent le navire

Les Insiders, c’est-à-dire les responsables des entreprises US, quittent le navire. Ils vendent à tour de bras leurs actions !

Pour masquer cela, Goldman Sachs, qui représente à elle seule plus du tiers des volumes des titre négociés du NYSE, truque les marchés à l’aide du trading “quantique” ou algorithmique. Ces échanges s’effectuent à fréquence élevée, sur de petits blocs négociés en permanence entre un nombre restreint de fonds quantiques et de programmes de trading. Lire la suite

La grande illusion (de la reprise économique)

Economiste suisse, analyste financier indépendant, membre du World Economic Forum ou Forum de Davos, Michel Santi nous dit son dégoût et son exaspération devant la situation actuelle, qui voit une oligarchie politico-financière déconnectée de l’économie réelle s’enrichir sur le dos des contribuables, tout en se gargarisant de la fin prétendue de la crise.

Comment tolérer un système financier dont la taille dépasse les capacités de production de l’économie ? Comment s’étonner que les liquidités excessives, incapables de se loger dans une économie aux habits décidément trop étroits, aillent se loger dans des marchés financiers et faire le bonheur des spéculateurs ?

Scénario pourtant répétitif d’un crédit subitement moins généreux, qui met en péril la bulle de l’endettement massif, tout en provoquant un effondrement boursier dont la combinaison déroule ses effets nocifs sur une activité économique et un taux du chômage érigés en victimes expiatoires…

Après l’euphorie, vient une déflation qui se répand sur l’ensemble des secteurs économiques, pendant que les Etats volent au secours d’un système financier autrefois champion des produits sophistiqués comme les subprimes. Les constructions financières ne sont-elles que des châteaux de cartes, donnant aux investisseurs et aux spéculateurs l’illusion de la richesse ?

Comment appréhender un instrument financier comme les subprimes, qu’il est pratiquement impossible – même aujourd’hui – de valoriser de manière fiable ?

Qu’à cela ne tienne : L’Etat, qui n’est providence que pour les investisseurs, soustrait ces instruments financiers toxiques aux affres (et à la cotation) d’un marché pourtant naguère encore bienfaisant.

L’hémorragie du système financier, les saignées boursières seront stoppées avec l’argent du contribuable : le destin du citoyen moyen est donc de sauver le spéculateur… Il est en effet écrit que les Etats dépenseront sans compter, dès lors qu’il s’agira de stabiliser le système financier, tandis qu’au même moment, les ménages devront subir des réductions drastiques de leur budget !
Lire la suite

Alerte hypothécaire aux États-Unis

La situation des acquéreurs de biens immobiliers demeure très difficile aux États-Unis, à en croire la dernière enquête de la “Mortgage Bankers Association.” Les chiffres font frissonner. Un prêt hypothécaire sur sept est maintenant considéré comme défaillant : en retard, ou carrément en défaut.

Un sur sept, c’est-à-dire quatre millions de propriétaires ! S’il existe un risque de rechute aux États-Unis, c’est celui-là. En données ajustées des variations saisonnières, le taux de défaillance des prêts hypothécaires a augmenté de 40 points de base au troisième trimestre, par rapport au deuxième (+265 points de base sur un an) pour atteindre 9,64% (9,94% en données non ajustées).

Depuis le début de 2008, près de deux millions de ménages ont perdu leur foyer, ou sont sur le point de le perdre. La crise financière a souffert de cette crise immobilière, qu’elle avait d’ailleurs causée elle-même : on a prêté de l’argent à tout ce qui bouge, et la propension des Américains à vivre au-dessus de leurs moyens a fait le reste.

Ce taux dépasse ainsi le record affiché le trimestre précédent et atteint le niveau le plus élevé au moins depuis 1972, date du début de cette série statistique. Par ailleurs, le taux de prêts hypothécaires dans des processus de saisies immobilières s’est monté à 4,47%, en croissance de 17 points de base en rythme séquentiel et de 150 points de base en comparaison annuelle.

Lire la suite