Afrique : Les fabuleux bénéfices du Système D (Màj)

Dans les bidonvilles du Nigeria et du Burkina Faso, l’Américain Robert Neuwirth a étudié durant quatre années, non pas la pauvreté et la détresse des populations, mais leur aptitude à créer des richesses et des emplois. Le secteur informel est même un formidable facteur d’innovation, car il met à profit la débrouillardise (système D), l’inventivité, les compétences et les réseaux de relations.

Il assure aussi la transmission des savoirs et la formation des jeunes. Sur les traces de Neuwirth, le film montre que, sous des dehors apparemment anarchiques, des structures bien organisées ont vu le jour. Et que cela marche.

Sur l’immense décharge d’ordures de Lagos (2 500 tonnes déversées par jour) opèrent par exemple 1.000 “cueilleurs”, spécialisés par type de matériau à récupérer. L’exploitation de ce site nauséabond rapporterait 30.000 dollars par jour. Le tri est précis, distinguant par exemple les plastiques selon leur nature. Revente et recyclage font vivre ensuite une myriade de familles.

Toujours à Lagos, les éventaires d’Alaba, le marché noir de l’électronique, abritent 6 000 vendeurs proposant 3 000 articles et pièces de rechange, ce qui génère des sommes considérables. Au Burkina Faso, le développement du microcrédit permet la création d’ateliers de confection, de mécanique, de menuiserie ou de réparation. Récemment mis en place, un système d’assurance-maladie pour les travailleurs du secteur informel pourrait le rapprocher de l’économie officielle.

Italie : Une autre économie

Tous les jours, des milliers d’Italiens vivent hors des sentiers battus de l’économie marchande. Dans le monde rural mais aussi dans les milieux culturels, ils redéfinissent, par petites touches, le lien social.

Une petite localité suspendue dans le temps, un ancien bourg médiéval en pierre à l’aspect de château fort : Torri Superiore, située dans le Val Bevera, au pied des Alpes ligures, a conservé des traces de vie communautaire, sa grande salle collective, son four à ciel ouvert et son réseau de cent soixante pièces et passages au plafond voûté. A la fin des années 1970, le village assoupi s’était brièvement réveillé, avec une expérience d’utopie communautaire impulsée par un situationniste turinois. Puis, en 1989, il fut pris en main par un groupe de jeunes qui décida d’y fonder un écovillage. Aujourd’hui, ils sont seize habitants, enfants compris. Ils se partagent les tâches et les revenus, prennent les décisions par consensus, tout en acceptant une certaine élasticité individuelle (certains vivent dans la communauté mais travaillent à l’extérieur). Ils organisent des activités culturelles et sociales et contrôlent l’avancée des travaux de restauration, confiés à de petites entreprises locales pratiquant la bio-architecture et faisant usage de matériaux naturels.

Des bandes de terre qu’elle cultive au bord du torrent, la communauté tire une petite production d’huile, de légumes et de fruits destinée à sa propre consommation. Ici on s’oriente vers l’économie du don : le modèle, ce sont les sociétés agricoles précapitalistes qui, pour une bonne part, pourvoyaient elles-mêmes à leurs besoins et ne recouraient à l’économie marchande, en échangeant ou en revendant leurs excédents, que pour le peu qu’elles ne parvenaient pas à produire directement.

Durant toute l’année, des gens de tous les coins du monde viennent au village participer aux cours de formation environnementale. Les bénévoles sont logés et nourris, et en échange font des travaux d’agriculture, d’informatique ou de menuiserie. Autour de la table, les discussions s’enflamment dans toutes les langues… Comment restreindre l’importance de l’argent dans ce type d’agencement informel qui, de toute manière, s’inscrit dans les marges de l’économie officielle ? Peut-on se dégager de rapports sociaux aliénés et dépasser le fétichisme de la marchandise en cherchant à renouer avec le primat de la valeur d’usage de la société agricole féodale ?

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Algérie : Le commerce parallèle pèserait entre 30 à 70 % de l’économie

Le président de la principale organisation patronale algérienne a estimé dimanche que le commerce parallèle représente, selon les secteurs, entre 30 et 60% de l’économie.

Le président du Forum des chefs d’entreprises (FCE), Reda Hamiani, a déclaré dimanche à la radio publique francophone “L’impact sur l’économie de la sphère informelle varie, selon les secteurs, entre 30 et 60-70%“. Le commerce informel est “fort notamment dans les secteurs textile, des chaussures, des logiciels informatiques et des cosmétiques“, a-t-il précisé.

Ce secteur constitue une concurrence déloyale vis-à-vis du commerce organisé, puisque ses acteurs ne paient pas de taxes, et donc un important manque à gagner pour le gouvernement, qui a lancé fin août une opération visant à éradiquer les échoppes illégales.

S’attaquer aux barons de l’importation plutôt qu’au revendeur des rues

 Tout en saluant la décision des autorités d’éradiquer le commerce illégal, particulièrement dans les grandes villes, M. Hamiani a précisé que cette opération ne s’attaquait pour le moment qu’au “maillon faible” de ce secteur, c’est-à-dire “au petit revendeur dans les rues“.

“Ceux qui portent atteinte à l’économie nationale, ce ne sont pas ces jeunes. On souhaite que les opérations (…) soient plus incisives à la tête” et touchent “les barons de l’importation, ces personnages incrustés dans les différents rouages de l’Etat et qui se dispensent de payer la fiscalité ordinaire”, a-t-il précisé.

Depuis le début de cette opération fin août, les autorités ont recensé plus de 70.000 commerces illégaux dans le pays, selon le ministre de l’Intérieur Dahou Ould Kablia.

La Tribune