Al-Qaïda menace des chefs d’entreprise et veut déstabiliser l’économie américaine

Le réseau al-Qaïda a beaucoup communiqué pour le 14e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001. Ainsi, dans un message de 45 mn dont la date de l’enregistrement n’a pas pu être déterminée avec certitude, son chef, Ayman al-Zawahari, a longuement évoqué les relations avec l’État islamique (EI).

Les rapports entre les deux organisations jihadistes étant loin d’être au beau fixe – l’EI a ainsi mis à prix la tête du terroriste algérien Mokhtar Belmokhtar, fidèle d’al-Zawahiri – la crainte est qu’elles finissent par s’entendre, notamment en Syrie.

(à gauche Ayman al-Zawahari, chef d’al-Qaïda, à droite Abou Bakr al-Baghdadi, chef de l’organisation Etat islamique)

« Une coopération tactique ou opérationnelle entre l’EI et al-Qaïda est un scénario dangereux qui peut conduire à un pic des attaques terroristes contre des cibles occidentales et compromettre les efforts de la coalition », estime ainsi l’institut américain « Study of War ».

En tout cas, sans abandonner ses griefs à l’égard d’Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de l’EI, Ayman al-Zawahiri a lancé un appel à l’unité des jihadistes, notamment en Irak et en Syrie. Pour cela, il a fixé 5 axes : l’arrêt des combat entre groupes rivaux, la fin des appels à s’éliminer mutuellement, la création d’un tribunal religieux indépendant, une « amnistie générale » et une collaboration pour la logistique.

Pour le successeur de Ben Laden, ce rapprochement est nécessaire en raison de l’intervention occidentale en Irak et en Syrie, qu’il qualifie de « croisade contre l’islam ». D’où l’objet de son adresse à « tous les musulmans qui peuvent nuire aux pays de la coalition des croisés à ne pas hésiter » à commettre des attaques.
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Apocalypse bientôt

Ils sont quatre et ils assurent la défense de la France dans son ensemble et celle de chacun de ses citoyens. Ce sont les ministères régaliens -Défense, Affaires étrangères, Justice et Intérieur- et ils sont en danger de mort. La France ne leur consacre plus que 2,8 % de la richesse qu’elle produit chaque année, contre 4,5 % à la fin de la guerre froide et 6,5% en 1960. A ce rythme, ils auront disparu en 2050.

A ce moment-là, ce sont des milices privées qui défileront le 14 juillet, si tant est qu’il soit encore possible d’organiser un défilé dans une France sans police, armée et justice pour tous. Il est donc conseillé dès à présent, pour ceux qui ne pourront leur laisser un pactole suffisant, d’apprendre les techniques de survie et d’auto-défense à nos enfants et petits-enfants.

Pas besoin d’une guerre nucléaire ou d’une gigantesque pandémie pour aboutir à la désagrégation des États et donc des nations, l’inconséquence, sinon l’incompétence, d’une classe politique suffit.

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Le nationalisme, l’investissement international et le commerce mondial n’ont jamais fait bon ménage

La déconnexion entre les événements géopolitiques et le sentiment des investisseurs est particulièrement forte : les événements en Russie, au Moyen-Orient ou en mer de Chine n’ont pas vraiment affecté les marchés d’actions. La mort de 200 000 Syriens depuis deux ans s’est accompagnée d’une hausse de ceux-ci. Les marchés seraient-ils donc myopes ? Bien sûr certains chocs géopolitiques inattendus provoquent une chute des marchés.

Par Bertrand Jacquillat

Mais celle-ci n’est en général que temporaire : que l’on songe aux événements du 11 septembre 2001 et la chute de 14 % du Dow Jones qui s’ensuivit. Cet indice, comme celui du Nasdaq, ne mit que deux mois pour retrouver son niveau précédent. En fait, le risque géopolitique n’a plus affecté durablement les marchés depuis le choc pétrolier des années 1970 qui suivit la guerre israélo-arabe de 1973 et la révolution iranienne de 1979.

Depuis cette époque, le monde a été caractérisé, non pas par le risque, mais par l’opportunité géopolitique.

La fin du maoïsme, la chute du mur de Berlin, la fin des dictatures latino-américaines ont provoqué l’ouverture d’immenses marchés à l’échange international, source de croissance.

Dans ce contexte d’opportunité géopolitique, le sentiment des investisseurs a été dirigé par l’économie et non par la politique : l’éclatement de la bulle Internet de 2000, la crise financière de 2008 et de l’euro, et les politiques monétaires accommodantes des banques centrales.

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Cherchons la puissance dans nos racines

Michel de Kemmeter, référence de l’économie systémique en Belgique, et spécialiste en transition économique, nous invite à plonger dans de nouvelles dimensions de l’économie et de la société.

Les générations Z et Alpha ont tendance à lâcher leurs racines. Culturelles, historiques, terre natale, familiales. Elles ne les connaissent plus. Le 20ième siècle est « has been ». On voyage, on étudie à l’étranger, on change de religion, on se marie entre cultures, on déménage de continent. Sauf que… les racines font la puissance. Comme l’arbre. L’ancrage fait le sentiment de sécurité, la confiance en soi. Ce qui permet de rester droit, vertical, quand l’adversité passe par là.

Si on ne connaît pas d’où on vient, si nous ne connaissons pas nos origines, difficile de construire du nouveau, de porter un fruit sain. Et c’est pareil pour une entreprise, ainsi que pour une société tout entière.

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Entre miel et terre

Ils avaient vingt ans. Ils voulaient “vivre autrement”, vivre loin de la folie des hommes, vivre en harmonie avec la nature. Pour cela, Sam, Manu, Florent et Thimothée avaient choisi l’apiculture. Dix ans plus tard, ils sont apiculteurs. Dix ans plus tard, ils composent avec les contraintes économiques, familiales, font face à la mortalité toujours plus grande des abeilles, et, déjà, sans le savoir, inventent une nouvelle ruralité…

Décapitaliser les consciences

Le capitalisme contemporain est auto-destructeur. Le médiéviste Jérôme Baschet en expose les raisons et dessine les voies de la société qui pourrait lui succéder. Une réflexion sur le « bien vivre » qui emprunte les sentiers de l’utopie pour penser l’émancipation.

Le constat dressé par Jérôme Baschet dans Adieux au capitalisme est sans appel : le capitalisme néolibéral serait entré dans une crise structurelle : accroissement de l’exploitation du travail (p. 35-39), tyrannie de l’urgence (p. 42-43), formatage concurrentiel des subjectivités (p. 39-42), marchandisation généralisée de la vie (p. 43-47) et prédation des ressources naturelles de la planète. Voici selon J. Baschet, spécialiste d’histoire médiévale et penseur des formes d’émancipation contemporaines, les traits saillants d’une crise qui se déploie sous nos yeux, à l’échelle du globe. Comment en sortir ? Quels référents imaginer pour « décapitaliser les consciences » (p. 173) ?

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La précarité a-t-elle tué mon couple ?

Chômage, horaires décalés ou emplois du temps surchargés: et si la précarité professionnelle des jeunes de la génération Y avait un impact négatif sur leur vie amoureuse? Enquête.

Deux semaines par mois, je vis à 400 kilomètres de mon mec.” À défaut de trouver un boulot à côté de chez elle, Margot, 33 ans, mariée depuis cinq ans, est obligée de vivre la moitié du temps loin de son compagnon.

Et elle n’est pas la seule dans ce cas. Slashers, chômeurs ou travailleurs précaires, les jeunes de la génération Y ne sont pas épargnés par un marché de l’emploi difficile où le CDI se fait rare. Comment parvient-on à faire cohabiter couple et précarité quand celle-ci implique des sacrifices amoureux?

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Enquête : les nouvelles mobilités, apanage des citadins

L’Observatoire des mobilités émergentes réalisé par l’Obsoco en partenariat avec Chronos, met en lumière une nette différence dans les déplacements entre les habitants des grandes agglomérations et le reste du territoire. D’un côté, des populations qui profitent à plein des nouvelles mobilités ; de l’autre, celles pour qui la voiture individuelle demeure le seul véritable moyen de transport.

Autopartage, covoiturage, VTC, vélo, marche à pied… Ces mobilités émergentes sont l’apanage des habitants de Paris et des agglomérations de plus de 100 000 habitants. Dans le périurbain et les zones moins denses, l’automobile patrimoniale demeure au cœur des mobilités. 96% des répondants utilisent la voiture dont 63% tous les jours ou presque. Ce sont les principaux enseignements de la première édition de l’Observatoire des mobilités émergentes (1) réalisé par l’Obsoco en partenariat avec Chronos avec le soutien de l’Ademe, PSA Peugeot Citroën et la SNCF.

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Reportage : Pèlerinage, un business éternel

Le pèlerinage sur les lieux saints de l’Islam est un phénomène saisissant : des musulmans du monde entier se retrouvent pendant une courte période, quelques semaines seulement, accomplissant, dans un ordre immuable les mêmes actes “sacrés”. Autour de ces grands moments de prières, un véritable commerce s’est développé aussi bien sur place que dans les pays d’origine. En Arabie Saoudite, les commerçants font 40% de leur chiffre d’affaire pendant ces quelques jours. Et dans le monde entier, c’est le grand mouvement des agences de voyages.

Le chômage tue

Près de 600 suicides pourraient être attribués à la hausse du chômage observée en France entre 2008 et 2010, selon une étude conduite par des chercheurs de l’Inserm, qui précisent qu’aucun lien de cause à effet ne peut être déduit de ces résultats.

Le taux de décès par suicide augmente avec le taux chômage, selon une étude publiée mardi. « Entre 2000 et 2010 en France, le taux de chômage est significativement et positivement associé au taux de suicide », estiment les chercheurs de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) qui signent cette étude publiée dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l’Institut de veille sanitaire (InVS).

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Etats-Unis, les femmes de plus en plus armées

LAS VEGAS —  Peut être l’avez-vous noté, ou pas, mais le fait est que de plus en plus de femmes possèdent une arme ou encore pratiquent la chasse. Un engouement jusque là sans équivalent dans l’histoire du pays.

By Ed Zieralski (traduction libre par Fortune).

Vous voulez des preuves ? En voilà.

Whitney Tawney est co-fondatrice de “camo is the New Black“, un blog indépendant qui s’attache à fédérer la communauté des femmes pratiquant le tir sportif en leur fournissant un espace où elles partagent leurs expériences.

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Des Dacia marocaines à la pelle pour l’Europe

Plus de 170 000 véhicules produits par Renault-Dacia au Maroc ont été exportés en 2014 à partir du port de Tanger-Med, soit presque deux fois plus que l’année précédente, a annoncé jeudi cette plateforme portuaire. “Le trafic véhicules au terminal Renault a enregistré une croissance de 43 % en un an”, a souligné le groupe Tanger-Med dans un communiqué.

Quelque 211 000 véhicules y ont ainsi été manutentionnés, “dont 170 100 à l’export provenant de l’usine Renault-Melloussa”, a-t-il ajouté. En 2013, l’usine de Melloussa, dans le nord du Maroc, avait produit plus de 100 000 véhicules, destinés pour plus de 90 % à l’export.

Tollé en France

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Le chômage des jeunes, fléau européen

A travers l’Union européenne, dans cette tranche d’âge, un jeune de moins de 26 ans sur quatre cherche un emploi. C’est plus d’un sur deux en Irlande, Slovaquie, Italie, Espagne et au Portugal. En Grèce, ils sont 55% au chômage. A Athènes, tandis que Mary n’a trouvé qu’un travail payé vingt euros par semaine dans un centre d’appel, Yiannis, diplômé de 28 ans, attend depuis plus d’un an et demi que l’une de ses nombreuses candidatures auprès des entreprises aboutissent.

Sommes-nous proches d’une insurrection générale?

« Je trouve qu’il y a une passivité des populations qui est extraordinaire ! Quand vous voyez ce qui se passe en Grèce : jusqu’où peut-on aller jusqu’à ce qu’un peuple se révolte ? », s’interroge l’analyste macro-économiste Olivier Delamarche.

L’Afghanistan ou l’odyssée de l’impasse

Le 31 décembre, la force internationale d’assistance et de sécurité (FIAS ou ISAF) aura terminé officiellement sa mission en Afghanistan après treize ans de présence et 3 485 soldats tués, dont 89 Français. La mission est terminée mais la guerre n’est pas finie et encore moins gagnée, si tant est qu’elle puisse l’être au regard des choix stratégiques américains initiaux. Retour sur une longue fuite en avant.

Par

Schizophrénie militaire
Le premier choix, fondamental, a été de frapper les Taliban au même titre qu’Al-Qaïda. Cela n’était pas obligatoire malgré les liens entre les deux organisations. Il aurait été possible d’accepter les intérêts stratégiques pakistanais en laissant de côté leurs alliés afghans pour concentrer uniquement l’emploi de la force sur Al-Qaïda. Il fut décidé de frapper aussi le régime du mollah Omar et de faire ainsi un exemple. C’était cependant se condamner à une victoire totale sur le terrain afghan, sous peine de voir les deux ennemis reconstituer leurs forces dans les zones tribales du Waziristan, avec l’aide même des services pakistanais.

Les pétrodollars de la banquise

C’est en été que les prospecteurs débarquent sur les côtes du Groenland. or, diamants, mais surtout du pétrole : sous les effets du réchauffement climatique, la fonte de la banquise libère de fabuleux trésors. Selon les dernières estimations, l’Arctique contiendrait 20% des hydrocarbures qui restent à découvrir dans le monde. Un pactole qui permettrait de retarder pour quelques années encore la crise énergétique annoncée. La course aux pétrodollars de l’Arctique a commencé. Pour certains, il s’agit d’une nouvelle guerre froide. Etats-Unis, Canada, Danemark, Norvège, Russie : les cinq pays du cercle polaire revendiquent leurs droits sur les richesses du Grand Nord et rivalisent de manoeuvres diplomatiques et militaires pour prendre possession de ce trésor englouti. Au Groenland, territoire autonome rattaché au Danemark, 57 000 habitants se prennent à rêver d’Indépendance économique et politique. Mais leur position géostratégique les propulse aux avant-postes de cette sourde bataille…

Partie 1


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Prix du pétrole : vous reprendrez bien un peu de “guerre froide” ?

Pour le journaliste Sylvain Lapoix, auteur de la BD-enquête “Énergies extrêmes”, la “guerre des prix” qui voit s’affronter l’Arabie saoudite et les États-Unis offre peut-être de belles “ristournes” à la pompe, mais a déjà fait ses premières victimes : l’Iran et le Venezuela. Pour lui, cette “guerre froide” d’un nouveau genre peut en tout cas constituer “une occasion en or de prendre une importante décision : s’écarter de ce grand jeu en réduisant notre dépendance aux hydrocarbures”.

Par Sylvain Lapoix

Ça n’est pas pour vous gâcher la dinde mais la chute des prix du pétrole n’est pas une nouvelle rassurante. Certes le transport de la belle-famille coûtera moins cher à la pompe mais cette ristourne dissimule un tournant dans l’économie mondiale.

Car au delà du ralentissement économique asiatique et européen et de la surproduction,

c’est une guerre commerciale qui maintient le cours du brut si bas : celle que se livrent désormais l’Arabie saoudite et les États-Unis.

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Les collectivisations anarchistes en Catalogne, 1936-1939

Pour défendre l’ordre des choses, il suffit souvent de prétendre que toute tentative de s’en éloigner aurait débouché sur la tyrannie ou sur le chaos. L’histoire est riche d’exemples contraires, qui ont établi le caractère éternel de la révolte, de l’aspiration à la démocratie et à la solidarité. Pendant quelques mois, au moment de la guerre civile espagnole, certaines régions du pays défendirent ainsi un mode de gouvernement inédit, qui remettait à la fois en cause le pouvoir des possédants, des notables et des bureaucrates. Des historiens et des réalisateurs nous rappellent cette parenthèse livrée à l’utopie.

monde-diplomatique.fr

Le hadj, un business porteur

A partir de l’année prochaine, les revenus générés par le pèlerinage à La Mecque progresseront régulièrement pour atteindre, à l’horizon 2020, 47 milliards de riyals [près de 10 milliards d’euros] par an, prévoient les économistes et les spécialistes. Un premier pic avait été atteint en 2012, avec 26,9 milliards de riyals [5,6 milliards d’euros]. En 2013 et 2014 en revanche, ces revenus ont chuté à 2 milliards d’euros, en raison des colossaux travaux en cours à La Mecque.

Par Yahia Al-Hajiri et Mounira Al-Saïd dans Al-Yaum (extraits) Dammam.

Ces travaux touchent à leur fin. Grâce à eux, les capacités d’accueil des deux lieux saints [La Mecque et Médine] doubleront : ils pourront recevoir 5 à 6 millions de personnes pour le grand pèlerinage [le hadj, qui a eu lieu cette année début octobre], explique Abed Al-Abdali, professeur d’économie à l’université de La Mecque. Quant au petit pèlerinage[oumra], qui se pratique tout au long de l’année, il devrait concerner 20 millions de personnes par an, et enregistrer des revenus de 25,8 milliards de riyals [5,4 milliards d’euros] d’ici à 2020, contre 21,5 milliards actuellement.

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Zone euro : La reprise est différée, les déficits filent, le budget 2015 est irréaliste

Le sérieux sans l’austérité budgétaire. L’Elysée pensait avoir trouvé la formule magique. C’est tout le contraire. Les historiens choisiront sans doute ce 1er octobre, date de présentation de la loi de finances pour 2015, comme la Journée des Dupes du quinquennat. Au moment où tout semblait en ordre pour le nouvel élan, tout s’effondre. Ce pronostic, comme tout pronostic, a sa part d’aléa. Mais en disant que “la reprise est différée”, l’Insee a pris acte du refus de ce pays de se projeter dans l’avenir. Tous les freins restent serrés. Le budget 2015 n’y changera rien. C’était celui de la dernière chance.

Par Jean-Michel Lamy

Le pouvoir politique n’a pourtant pas ménagé sa peine pour déblayer le terrain.

Le gouvernement défend une relance pro-entreprise incarnée par le Pacte de responsabilité et ses 41 milliards d’euros d’allégement de charges à l’horizon 2017. Les ministres trublions ont été virés. Les impôts baissent pour les smicards. A l’Assemblée nationale le Premier ministre Manuel Valls a obtenu la majorité, même si elle est relative, sur sa déclaration de politique générale. A Bercy, les deux ministres en charge du Budget ont expliqué que “l’effort de maîtrise de la dépense publique est sans précédent et sera intégralement respecté avec un plan de 50 milliards d’économies sur trois ans”.

Pourquoi alors un tel désenchantement et à quoi faut-il s’attendre sur le front d’un endettement peut-être bientôt hors de contrôle ?

Un ‘‘1%’’ de croissance illusoire

François Hollande est le premier responsable de ce grand décalage entre les intentions gouvernementales et les actes des agents économiques.

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Conférence de Serge Latouche : « Construire l’avenir avant ou après l’effondrement ? »

Dans le cadre du cycle 2013-2014 « Une société du bien vivre – Pour sortir de la tyrannie de l’économie », co-organisé par les Amis de la Terre et le Mouvement politique des objecteurs de croissance, Serge Latouche, professeur émérite d’économie de l’Université d’Orsay, a donné une conférence intitulée « Construire l’avenir avant ou après l’effondrement ? ».

Claude Halmos: “La crise a enfanté une crise psychologique”

Dans son dernier livre, Est-ce ainsi que les hommes vivent? la psychanalyste Claude Halmos soutient que la crise économique provoque des ravages psychologiques dans de nombreuses couches de la population. Interview.

par

Certains malaises sont si difficiles à nommer que l’on s’abrite volontiers derrière des expressions passe-partout pour contourner l’obstacle.

Ainsi de la fameuse “déprime” ou “sinistrose” hexagonale, censée renvoyer au piteux moral des Français frappés par la dégradation économique.

L’heure n’est pourtant plus aux euphémismes commodes, s’emporte la psychanalyste Claude Halmos dans son dernier livre, Est-ce ainsi que les hommes vivent? (Fayard).

Celle que de nombreux lecteurs et auditeurs connaissent pour ses interventions affûtées sur les questions d’éducation pousse, cette fois, un cri d’alarme et de révolte aux accents politiques :

oui, la crise économique provoque, bien au-delà du seul cercle emblématique des chômeurs, des ravages psychologiques dans de nombreuses couches de la population.

Aux dirigeants d’en prendre la mesure, sous peine de se couper encore davantage de leurs électeurs. Une interpellation douloureuse, mais salutaire.

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Terrorisme : les touristes doivent-ils avoir peur ?

L’appel du Quai d’Orsay à une vigilance accrue dans une quarantaine de pays a provoqué la panique de nombreux touristes. Retour sur un quiproquo.

Sales et méchants“. Ainsi sont décrits les Français par l’organisation État islamique, qui appelle à s’en prendre à nos concitoyens

depuis que la France participe aux frappes visant à la détruire en Irak.

Une menace que les djihadistes ont mise à exécution la semaine dernière avec l’effroyable exécution d’Hervé Gourdel en Algérie. Ce drame a conduit dès le lendemain le ministère des Affaires étrangères à ajouter onze pays (Indonésie, Malaisie, Philippines, Afghanistan, Pakistan, Ouzbékistan, Comores, Burundi, Tanzanie, Somalie et Ouganda)

à sa liste des États où les Français sont invités à la “plus grande prudence”.

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Le chant du cygne de l’économie allemande

Au moment où le modèle allemand est encensé dans le monde entier, le président de l’Institut de recherches DIW, à Berlin, comme d’autres économistes de premier plan, veut en finir avec les clichés aussi flatteurs que “dangereux“. Son pays est “en déclin” et “vit sur ses acquis“, explique-t-il dans “Allemagne, l’illusion” (“Die Deutschland Illusion“). Le revenu moyen d’un ménage allemand a baissé de 3% depuis l’an 2000. La baisse a même atteint 5% pour les 10% les plus pauvres, souligne-t-il.

“L’économie de ce pays est en échec. Sa croissance depuis l’an 2000 est plus faible que la moyenne européenne. Les salaires y ont progressé moins vite, et la pauvreté, en hausse, touche un enfant sur cinq”.

Certes, l’Allemagne, considérée comme “l’Homme malade de l’Europe”, il y a encore une dizaine d’années s’est redressée depuis la crise financière de 2009.

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La crise de l’Etat Islamique et les affrontements entre la Russie et l’Ukraine

Au sommaire : Débat autour des actualités internationales : la crise de l’Etat Islamique et la visite de François Hollande en Irak, avec Frédéric Encel, professeur de relations internationales à l’ESG Management School et à Science Po Paris, auteur de “Géopolitique du Printemps arabe” et Vladimir Fédorovski, écrivain, auteur de “Poutine, l’itinéraire secret”.

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BFM – Good Morning Week-end – 13/09/14

La ville comme idéal-type de Max Weber

« La vraie manière d’étudier une agglomération urbaine ayant vécu d’une longue existence historique est de la visiter en détail conformément aux phénomènes de sa croissance. Il faut commencer par le lieu que sacra presque toujours la légende, où fut son berceau, et finir par ses usines et dépotoirs. »

Elisée Reclus : L’Homme et la Terre

George Grosz : Metropolis

Oublieux du passé, parvenu à un stade de civilisation où nos repères à force d’être transgressés s’effacent, nous nous échinons à en retrouver les traces sur un sol à jamais bouleversé. La ville qui en émerge, dans son évidente présence, repose sur les ruines accumulées par les générations précédentes que les nouvelles, malgré leur hâte à reconstruire, cherchent à sauvegarder à tout prix, ou presque. Insouciante humanité de jadis ; remord dérisoire ou vaine nostalgie d’aujourd’hui !

Mais, quelle est donc la spécificité de l’histoire urbaine ? Si la ville n’est que la projection de la société dans l’espace, la ville se dissout dans l’histoire économique, l’histoire sociale, l’histoire politique… La partie ne se distingue plus du tout et l’histoire urbaine perd son objet.

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La Banque mondiale fustige la “réponse catastrophiquement inadéquate” à Ebola

Plus de 1.500 décès en Afrique de l’Ouest et 3.000 personnes contaminées en Sierra Leone, en Guinée et au Liberia… Le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim dénonce dans un entretien accordé au ‘Washington Post’ la “réponse catastrophiquement inadéquate” apportée par le monde à l’épidémie de fièvre Ebola en Afrique de l’Ouest.

La crise qui se déroule sous nos yeux est moins liée au virus lui-même qu’à des préjugés mortels et mal informés qui ont conduit à une réponse catastrophiquement inadéquate à l’épidémie“, affirme-t-il.

Selon lui, si Ebola “avait touché Washington, New York ou Boston, il ne fait aucun doute que les systèmes de santé auraient circonscrit puis éliminé le virus”.

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Afrique de l’ouest : L’épidémie d’Ebola menace la sécurité alimentaire

La crise sanitaire provoquée par l’apparition du virus Ebola en Afrique de l’ouest pourrait bien déboucher sur une crise alimentaire. L’épidémie qui impose des quarantaines aux populations des trois pays les plus touchés perturbe les récoltes et fait flamber les prix alimentaires, s’inquiète mardi l’organisation spécialisée de l’ONU, la FAO.

En Guinée, au Liberia et en Sierra Leone, les zones de quarantaine et les restrictions aux déplacements des personnes “ont sérieusement limité le mouvement et la commercialisation des aliments”, prévient l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) dans un communiqué. Bilan :

“Cette situation a engendré des achats dictés par la panique, des pénuries alimentaires et de fortes flambées des prix pour certaines denrées, en particulier dans les centres urbains”.

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De l’utopie numérique au choc social

Quarante-cinq ans après les premiers pas de l’homme sur la Lune, la course technologique emprunte une voie singulière : en janvier dernier, un réfrigérateur connecté à Internet envoyait inopinément des rafales de courriels indésirables… Au-delà de son folklore, la numérisation de la vie quotidienne engendre un modèle économique qui contraste avec les promesses mirifiques de la Silicon Valley. Objets connectés, humains chômeurs…

Dans la « salle de bains connectée », la brosse à dents interactive lancée cette année par la société Oral-B (filiale du groupe Procter & Gamble) tient assurément la vedette : elle interagit — sans fil — avec notre téléphone portable tandis que, sur l’écran, une application traque seconde par seconde la progression du brossage et indique les recoins de notre cavité buccale qui mériteraient davantage d’attention. Avons-nous brossé avec suffisamment de vigueur, passé le fil dentaire, gratté la langue, rincé le tout ?

La prise de conscience soudaine que les données personnelles enregistrées par le plus banal des appareils ménagers — de la brosse à dents aux toilettes « intelligentes » en passant par le réfrigérateur — pouvaient se transformer en or a soulevé une certaine réprobation vis-à-vis de la logique promue par les mastodontes de la Silicon Valley.

Mais il y a mieux. Comme l’affiche fièrement le site qui lui est consacré. cette brosse à dents connectée « convertit les activités de brossage en un ensemble de données que vous pouvez afficher sous forme de graphiques ou partager avec des professionnels du secteur ».
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L’UE débloque 415 millions d’euros pour l’intégration continentale en Afrique

La Commission européenne vient d’annoncer le lancement de la première phase d’un programme à visée panafricaine doté d’une enveloppe de 845 millions d’euros. Les premiers projets, qui s’étendent sur la période 2014-2017 pour un budget de 415 millions d’euros, couvrent notamment la sécurité alimentaire, le commerce interrégional et le renforcement des institutions régionales.

Par Margaux Subra-Gomez

Alors que le continent africain regarde cette semaine vers Washington où se tient le sommet États-Unis-Afrique, c’est un autre programme de coopération internationale qui est lancé aujourd’hui… avec l’Union européenne.

845 millions d’euros

La Commission européenne a annoncé ce mercredi 6 août le lancement de la première phase de son “programme panafricain”, présenté en avril 2014 lors du 4e sommet UE-Afrique, à Bruxelles. Doté d’une enveloppe globale de 845 millions d’euros, ce plan, qui s’étend de 2014 à 2020, vise à favoriser le processus d’intégration de l’Afrique au niveau continental et constitue le premier programme européen couvrant l’ensemble du continent. Sa mise en œuvre, assure la Commission européenne dans un communiqué, se fera en parallèle et en complément aux autres programme de coopération européen, notamment le Fonds européen de développement.

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Le crash du MH17 déstabilise la planète finance

De Tokyo à New York en passant par Paris et Francfort, toutes les places boursières mondiales ont dévissé après le crash de l’avion de ligne malaisien en Ukraine. La tragédie s’ajoute à la crise au Proche-Orient et fait craindre le pire pour l’économie mondiale.

La peur s’installe sur les places financières mondiales. Depuis l’annonce du crash d’un avion de ligne malaisien en Ukraine, apparemment abattu par un missile, la tension est montée d’un cran, illustrée par la chute des principales places boursières de la planète.

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La crise au pays des merveilles (Rediff)

Depuis le choc pétrolier de 1973, la France ne cesse de se penser en crise. Les époques changent mais les discours restent étonnement semblables : pour sortir de la crise, il faut accepter l’effort, renoncer aux privilèges et supporter les réformes. Sans aucun interview ni commentaire, mais en puisant dans quarante ans d’archives télévisuelles, où se mélangent discours politiques, débats, journaux télévisés, clips musicaux, reportages, émissions humoristiques, ce documentaire fait apparaître des constantes, des schémas de raisonnement et un nouvel imaginaire qui s’impose durablement dans la société.

1973 – 2013 : le capitalisme dans sa forme néolibérale ne serait-il pas la crise permanente ?

La Chaîne Parlementaire, 2 décembre 2012

Vu des Etats-Unis, Marine Le Pen, l’alliée rêvée de Poutine

La percée du Front national n’est pas un accident de parcours si on considère le rôle de la France sur la scène internationale, selon cet éditorialiste américain. Marine Le Pen incarne cette complaisance à peine voilée pour le Kremlin.

Par JOHN VINOCUR, THE WALL STREET JOURNAL

Tout a commencé par une semaine tragi-comique comme en connaît la France en ce mois de mai 2014.

Les quatre chefs d’état-major (des armées, de l’armée de terre, de la marine et de l’air) menaçaient de démissionner en raison des coupes envisagées dans le budget de la Défense. Une organisation publique [Unédic], dans un démenti cinglant suite à la promesse présidentielle d’“inverser la courbe”, annonçait une nouvelle progression du chômage pour 2014 et 2015. Et la SNCF reconnaissait avoir commandé 2 000 nouveaux trains trop larges pour entrer dans quelque 1 600 gares du réseau.

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Le capitalisme est entré dans des logiques de destruction

Pour Saskia SASSEN, sociologue à Harvard, les chômeurs radiés, les classes moyennes chassées des centres-villes et les écosystèmes dévastés subissent un même phénomène : l’ « expulsion »

Aujourd’hui à Bilbao, la veille à New York, le lendemain au Royaume-Uni : entre deux avions, Saskia Sassen, professeure de sociologie à l’université Columbia, à New York, discourt, débat, provoque. Depuis vingt ans, elle scrute la mondialisation dans toutes ses dimensions – économiques, financières, politiques, sociales et environnementales. Cosmopolite, cette polyglotte née aux Pays-Bas, en 1949, a grandi à Buenos Aires avant d’étudier en France, en Italie et aux Etats-Unis. Elle publie ces jours-ci, aux Etats-Unis, Expulsions (Harvard University Press).

Dans votre nouveau livre, vous avancez que la mondialisation est entrée dans une phase d’ « expulsion ». Qu’entendez-vous par là ?

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Crimée châtiment

Dans les années 1970, au cours d’une de ses interventions télévisées à vocation pédagogique, le président Giscard d’Estaing présentait la France de l’époque comme comparable à l’Ukraine en termes démographiques et économiques. Quarante ans plus tard, l’Ukraine est un pays très malade, ce n’est pas le seul en Europe mais c’est le plus inquiétant par sa dimension.

Cette situation n’est pas nouvelle puisqu’elle perdure depuis l’éclatement de l’URSS et la transformation de sa nomenklatura en oligarchie libérale et prédatrice. Mais là où les autres anciennes républiques soviétiques et satellites sont parvenues à surmonter l’effondrement en restaurant un Etat, l’Ukraine est restée pure kleptocratie inefficace.

En monnaie constante, le pays crée encore moins de richesses qu’en 1992. Son PIB était alors équivalent à celui de la Pologne, il n’en représente plus que 40 % aujourd’hui et si  le revenu par habitant a légèrement augmenté ce n’est que parce que la population diminuait. En 2004, la « révolution orange » a suscité un grand espoir et une courte embellie, suivis d’une rechute  d’autant plus violente que la déception politique a été forte et que la crise de 2007 a entraîné le reflux rapide des capitaux étrangers. En 2009, le PIB chutait de 15 %. Depuis l’Etat failli est aussi en faillite.

Alstom et la sécurité nationale

Au-delà des péripéties politico-économiques de la perspective de rachat d’une partie des activités du groupe Alstom par une firme étrangère – épisode qui laisse cependant songeur sur les capacités d’anticipation du gouvernement -, un aspect essentiel du dossier n’a été évoqué ni par les acteurs ni par les commentateurs : celui de la sécurité nationale.

Par Eric Dénécé.

En effet, nos centrales nucléaires, notre porte-avions, nos sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) et surtout nos sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) – fondement de notre dissuasion nucléaire et donc de notre indépendance nationale – sont tous équipés de turbines[1] qui sont essentielles à leur fonctionnement.

Dans les bâtiments à propulsion nucléaire de notre marine, ces composants mécaniques fournissent l’alimentation électrique à la propulsion et aux systèmes auxiliaires. Ils entraînent une ligne d’arbres qui s’achève par les hélices et leur puissance mécanique confère la vitesse nécessaire au bâtiment.

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