Capitalisme et mort biologique des sols

Interview de l’agronome Claude Bourguignon.

Il est parmi les premiers, dans les années 1970, a avoir alerté sur la dégradation rapide de la biomasse et de la richesse des sols en micro-organismes (bactéries et champignons microscopiques), ainsi que sur la perte d’humus et de capacité de productivité des sols agricoles européens, ou des sols auxquels on appliquait les mêmes méthodes en climat tropical ou subtropical. Il a contribué à développer des techniques alternatives qui se sont avérées très efficaces, mais qui demandent une bonne technicité et connaissance du fonctionnement écologique des sols.



(Merci à Gérard le Savoyard)

OGM : l’étude russe qui pourrait «déraciner» une industrie

En 2009, près de 3% des terres agricoles étaient couvertes d’OGM avec 134 millions d’hectares, selon l’ISAAA qui chaque année fait état des cultures des plantes transgéniques dans le monde. Et le dossier des OGM alimentaires – dont de très nombreuses pages restent encore floues à ce jour – pourrait bien s’alourdir prochainement alors qu’une nouvelle pièce en provenance de Russie est sur le point d’y être ajoutée.

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Celle-ci prend la forme d’une étude, dont les résultats les plus frappants viennent d’être présentés à la presse en Russie dans le cadre de l’ouverture dans ce pays des Journées de Défense contre les Risques Environnementaux. Elle est même évoquée par Jeffrey Smith, fondateur de l’Institute for Responsible Technology aux États-Unis et auteur de référence dans le monde des OGM avec notamment son ouvrage Seeds of Deception (littéralement « les semences de la tromperie ») publié en 2003.

A ce jour, les évaluations d’OGM conduites et financées grâce à des fonds publics se comptent sur les doigts d’une seule main.

Menée conjointement par l’Association Nationale pour la Sécurité Génétique et l’Institut de l’Écologie et de l’Évolution, cette étude russe a duré deux ans avec pour cobaye des hamsters de race Campbell, une race qui possède un taux de reproduction élevé. Ainsi, le Dr Alexey Surov et son équipe ont nourri pendant deux ans et d’une manière classique les petits mammifères, à l’exception près que certains d’entre eux ont été plus ou moins nourris avec du soja OGM (importé régulièrement en Europe) tolérant à un herbicide .
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Drapeau rouge sur continent noir

Crédits vertigineux, promesses d’investissements, chantiers pharaoniques… Pour garantir son accès aux matières premières, la Chine n’hésite pas à courtiser les dirigeants des pays africains. A travers l’exemple du Congo, ancien pilier de la Françafrique, ce documentaire analyse la conquête du continent noir par l’empire du Milieu.

Partie 1:
http://www.dailymotion.com/video/x9divp
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Les énergies renouvelables et la décroissance freinées par la crise

La crise économique mondiale entrave la promotion des énergies propres et renouvelables. Pour faire face à cette situation, les États-Unis veulent s’inspirer de certains pays européens où les mesures incitatives s’appuient non pas sur la fiscalité, mais sur les fonds d’aide.

La plupart de l’électricité des États-Unis vient du charbon, du gaz naturel ou du nucléaire, et dans certaines régions montagneuses, des barrages. Moins de 4% de cette électricité provient de sources renouvelables.

Des efforts sont en cours pour inverser la tendance. Dans la région de Seattle, dans l’État de Washington, une compagnie locale offre aux consommateurs l’option de contribuer de quatre à dix dollars par mois à un fonds qui financera l’installation de nouvelles éoliennes. Pour le moment, peu de consommateurs se laissent convaincre.

Pour le député John McCoy de l’État de Washington, un appui plus important aux énergies renouvelable est nécessaire. La meilleure manière d’accroître l’offre d’électricité éolienne, solaire ou marine consisterait, dit-il, à faire construire les installations par le gouvernement et vendre l’énergie produite aux compagnies d’électricité.

Pour Stanley Florek, responsable d’une entreprise d’énergie solaire de Seattle, cette formule garantit aux producteurs d’énergie de rentrer dans leurs frais. Une forme modifiée de cette mesure incitative a été adoptée récemment par les États américains du Vermont, de Californie et de l’Oregon. Un député de l’État de Washington prépare un projet de loi dans ce sens.

Toutefois, lorsque les gouvernements sont obligés par la crise économique d’opérer des coupes budgétaires, ces programmes en pâtissent. Aux États-Unis, diverses compagnies d’électricité sont opposées au modèle européen.

« Nous serions forcés d’acheter de l’électricité dont nous n’avons pas besoin et arrêter nos groupes électrogènes, ou même remplacer l’électricité hydroélectrique bon marché par de l’électricité très chère, » s’insurge Dave Warren de l’association des compagnies d’électricité de l’État américain de Washington.
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Roumanie : les diplômes n’aident pas à l’emploi des jeunes

L’université roumaine est devenue une usine à chômeurs. Faute de revoir des filières et des programmes figés depuis l’ère communiste, elle forme des diplômés qui restent sur le carreau, dénonce Adevarul.

La révolution roumaine : manifestation anticommuniste à Bucarest, le 21 décembre 1989

Avec la transition de l’économie roumaine du socialisme au capitalisme, métallurgie, sidérurgie et pétrochimie ont, tour à tour, disparu.
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“Travailler plus, pour gagner plus, pour consommer plus, est dépassé”

L’année 2008 fut l’année de la crise financière, 2009 celle de la crise économique, 2010 sera-t-elle celle de la reprise ? Pour Jacques Marseille, économiste et historien, l’embellie de l’économie va se confirmer, mais la période qui s’ouvre marquera, aussi, la mise en place de transformations profondes de notre modèle illustré par la fin de la société de consommation et le basculement de la croissance mondiale vers l’Asie.

Doit-on croire à la reprise en 2010 ?

Il faut se garder de toute prévision trop hâtive. Mais l’évolution des cycles économiques depuis deux siècles laisse penser qu’après l’éclatement d’une bulle une crise financière, économique et sociale, l’on s’engage vers une reprise. La reprise financière est déjà en cours. Depuis mars 2009, les Bourses ont gagné plus de 50 %, du jamais-vu depuis 1933 ! La reprise économique va donc suivre. C’est le sens de l’histoire. Cette crise est in fine d’une singulière banalité. Selon les cycles repérés au milieu du XIXe siècle par l’économiste Clément Juglar, une crise arrive tous les sept à dix ans. La crise de 2008-2009 suivrait donc celles de 1973, de 1979-1980, de 1987, de 1993-1994 et de 2000-2001.

La vraie question est maintenant de savoir quelle sera la nature de notre reprise.

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Les automobilistes grecs rendent par milliers leurs plaques d’immatriculation

Ils devaient, au départ, toucher une prime à la casse pour remplacer leur anciens véhicules par des nouveaux ; avec le changement de gouvernement, les automobilistes grecs finissent par rendre les clés pour éviter de payer la nouvelle taxe verte, et passent des heures dans les files d’attente du fisc à la veille du Nouvel An !

La mésaventure des propriétaires de véhicules commence début novembre, quelques semaines seulement après l’arrivée du Pasok (parti socialiste) au pouvoir, vainqueur des élections législatives du mois d’octobre. Les ministres des Finances et de l’Environnement annoncent la suppression d’une mesure promue par le précédent gouvernement qui, à l’instar des différents autres gouvernements européens, avait voulu allier crise économique et écologie en proposant une prime à la casse.

Afin d’inciter au remplacement des vieilles voitures par des nouveaux modèles moins polluants et inciter à l’utilisation des transports en commun, l’ancien gouvernement, avait proposé de 500 à 2.200 euros pour le retrait des vieilles voitures, auxquels s’ajoutaient 1000 euros en cas de remplacement du véhicule par un modèle récent ou, sinon, 500 euros plus deux cartes de circulation illimitée en transports en commun urbains.

Près de 150.000 plaques ont ainsi été déposées au fisc et on estime que leur nombre pourrait grimper à 200.000.

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La finance carbone va sauver le climat !

Les marchés du carbone constituent depuis les années 1990 la réponse majeure de politique internationale pour résoudre la crise climatique. Leur conception est un produit de la rhétorique néolibérale, alors à son acmé, ardemment défendue par les États-Unis lors des négociations devant aboutir au protocole de Kyoto en 1997, que ces derniers n’ont finalement pas ratifié.

Depuis les années 2000, l’essentiel de l’énergie de l’Union européenne s’est déployée pour la mise en place du premier marché du carbone en 2005. L’Union est aujourd’hui le plus ferme défenseur de cette politique, alors que le marché européen du carbone est un exemple de la volatilité et de l’instabilité du prix du carbone et de son incapacité à réguler la crise climatique.

Ces marchés ont vu leur taille doubler chaque année entre 2005 et 2008. Même s’ils ne sont pas comparables par leur taille, approximativement équivalente à 100 milliards de dollars, aux marchés financiers déjà en place, il sont promis à connaître des volumes voisins des dérivés de crédit dans une dizaine d’années selon James Kanter du New York Times (06-07-2007).

Au bonheur des fonds spéculatifs

La « finance carbone », surtout après les déboires de l’immobilier, a rapidement attiré les fonds spéculatifs, les traders du secteur de l’énergie (comme EDF trading, Shell trading, Rhodia Energy…), des entreprises industrielles comme Arcelor-Mittal et les grandes banques d’investissement, Citigroup, Goldman Sachs, Crédit suisse, BNP-Paribas, Merrill Lynch, autant d’institutions désormais connues du grand public pour leur prudence financière et leur souci du bien commun !

Car le marché du carbone n’est pas un simple commerce de droits et crédits d’émission échangés entre entreprises pour satisfaire à leurs obligations. Ces titres sont en effet détenus aussi par d’autres acteurs, dont le but est de spéculer sur leur valeur. Ainsi un marché secondaire s’est rapidement développé, avec des spécialistes de la spéculation qui élaborent des produits financiers complexes, à partir des savants modèles de produits dérivés qui ont déjà fait la preuve de leur dangerosité, avec le risque d’une bulle financière.
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Le trou noir de la finance n’engloutira pas les Etats

Le point de vue de Jean-Claude Werrebrouck, économiste, ancien professeur et directeur de L’Institut de Management de la Distribution de l’Université de Lille 2, se situe, pour le moins, à contre-courant du discours dominant qui vante les mérites d’un règlement supranational de la crise.

Si la gestion de ce que nous appelions «la grande crise des années 2010» apparaissait comme le grand retour des Etats, il semble que le présent discours de la fin de la crise consacrerait plutôt le grand retour du marché.

Pour autant, nous verrons dans les développements ci-dessous, que l’apparent retour du marché, est moins à l’ordre du jour, que celui – plus souterrain – des nations souveraines.

Les apparences

Les conclusions du G-20 de Pittsburgh ne sont pas – dit-on – à la hauteur de ce qui avait été ambitionné au G-20 de Londres. A l’ardeur interventionniste semble succéder le retour des délices du marché et, dans un milieu apaisé, on sait que les boucs émissaires s’évaporent : les traders ne seront pas sacrifiés. Les nouveaux sommets atteints à Wall Street en matière de rémunérations sont là pour en témoigner.

La régulation financière ne proviendra pas de la « hard law » [la loi] mais d’instances plus accommodantes, car consanguines, et juridiquement indépendantes des Etats. Il semble même que les banques centrales, indépendantes, seront en charge d’une part de la supervision financière. Mieux : pourquoi ne pas envisager le transfert de l’aléa moral vers les banques centrales et ainsi, soulager les Etats en cas de difficulté, idée suggérée par le gouverneur de la Banque de France ?

Les banques elles-mêmes se libèrent de l’emprise publique – tout en conservant sa garantie – en remboursant les Etats à peu de frais.

Ainsi, l’actionnaire public français a reçu 226 millions d’euros pour services rendus à BNP PARIBAS, soit un manque à gagner de 5,574 milliards d’euros, par rapport à l’actionnaire de droit commun qu’il aurait pu être, en entrant directement dans le capital en octobre 2008.

Ainsi, la finance se propose de continuer à absorber une masse croissante de richesses, avec des chiffres qui continueront d’impressionner : 22% du PIB américain , 12% du PIB Britannique, etc. Lire la suite

Copenhague : 1200 limousines, 140 jets privés et des prostituées gratuites

Dans le Daily Telegraph, Andrew Gilligan nous apprend des choses étonnantes et totalement incohérentes sur le Sommet de Copenhague consacré au climat. Cela laisse à penser que ce rassemblement est une vaste fumisterie dont uniquement les déplacements des participants vont produire 41.000 tonnes d’équivalent CO2, soit la quantité produite au cours de la même période par une ville de la taille de Middlesbrough (140.000 habitants).

L’aéroport de Copenhague attend 140 jets privés supplémentaires, ce qui est bien au delà de sa capacité. Du coup, les avions devront aller se garer dans les aéroports régionaux ou en Suède pour revenir à Copenhague (Danemark) uniquement pour chercher leurs passagers !

La plus grande société de location de limousines de Copenhague dispose de 12 véhicules, mais pour répondre aux besoins du sommet, elle en aura 200 qu’elle fera venir d’Allemagne et de Suède. Au total, 1200 limousines seront présentes dans la ville de Copenhague, dont 42 pour la France, alors que seulement 5 voitures électriques seront recensées…

Les prostituées “rebondissent” sur cette conférence mondiale : n’ayant pas apprécié une carte postale du Conseil invitant les délégués à “être durable et à ne pas acheter de sexe,” le syndicat local des travailleurs du sexe a annoncé que ses 1400 membres offriront une passe à toute personne se présentant avec un pass de délégué à la conférence sur le climat !

Au niveau des hommes, 15.000 délégués et fonctionnaires, 5000 journalistes et 98 dirigeants du monde, sont attendus dans la capitale danoise, dont des stars comme Leonardo DiCaprio, Daryl Hannah, Helena Christensen, l’archevêque Desmond Tutu ou le prince Charles. Les hôtels haut de gamme affichent tous complet (£ 650 la nuit) et proposent des menus spéciaux pour la Convention sur le climat avec coquilles Saint-Jacques, foie gras et toasts de caviar.

Pour se rassurer, sachez que Copenhague est une ville habituellement remplie de bicyclettes, avec des bâtiments anciens rénovés pour être économes en énergie, et semble incarner un modèle de vie civilisée à faible production de CO2 !

Autour du Bio

Faut-il brûler les climato-sceptiques ?

Le géophysicien Vincent Courtillot fait partie de ceux qui nuancent le catastrophisme sur le changement climatique. Bref, de ceux que les écolos auraient bien envie de coller au bûcher (au risque d’augmenter les émissions de CO2). Il était l’invité de Parlons net cette semaine.

Vincent Courtillot, géophysicien, directeur de l’Institut de physique du globe de Paris, défend des thèses qui modèrent les prévisions les plus pessimistes sur le changement climatique. A quelques jours du sommet de Copenhague, il se veut pédagogue et nuancé face au catastrophisme ambiant. Certains le lui reprochent. Il donne ici le programme idéal d’une conférence écologique mondiale selon lui. Il critique la représentativité du GIEC et dans le même temps la difficulté pour les politiques de se saisir de la difficulté des débats scientifiques.

Vincent Courtillot revient sur l’affaire dite du Climate Gate. Il décrypte les querelles scientifiques et se positionne en modéré par rapport à Claude Allègre. Il dénonce très vivement le principe de précaution et ses excès et estime qu’il ne faut pas avoir peur. Pour lui il y a deux sortes d’écologistes : ceux qui font peur et les autres.

http://www.dailymotion.com/video/xbaihj
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Taxes écolos: carburant en hausse de 7 à 10%

Quatre « mesures fiscales » vont provoquer des hausses de 7 à 10 % des prix des carburants à la pompe, selon l’Union française des industries pétrolières. Le responsable, c’est le Grenelle de l’environnement et ses objectifs « impossibles à atteindre ».

La première est la nouvelle taxe carbone. « C’est chimico-mathématique: à raison de 2,3 kg de CO2 produit par litre de carburant et avec une taxe carbone à 17 € la tonne, le sans-plomb 95 augmentera de 4,92 centimes à la pompe et le gazole de 5,41 centimes. »

Les pétroliers vont bien évidemment répercuter au consommateur le produit de cette taxe (2 à 2,5 milliards d’euros) puisqu’elle est censée le dissuader d’utiliser sa voiture.

La seconde hausse sera due à une probable majoration de la TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers) régionale, autorisée par la loi de finances 2010. Impact calculé par l’Ufip : 1 à 2 centimes par litre.

Les deux autres augmentations annoncées sont en fait des pénalités que les pétroliers vont devoir payer et qu’ils comptent bien répercuter sur les consommateurs. La première concerne l’intégration de biocarburants dans l’essence. L’objectif 2009 de 6,25 % n’ayant pas été atteint, une pénalité de 0,5 centime par litre sera due.

Enfin, une deuxième pénalité est déjà prévue par l’Ufip, car les pétroliers n’atteindront pas l’objectif du Grenelle 2 de l’environnement de réduire de 7 % la consommation nationale de carburants d’ici à 2012 par la mise en place d’actions incitatives. « L’objectif est impossible. C’est une taxe supplémentaire ! », prévient le président de l’Ufip. Le Parisien