Croatie : L’écologie fait bouger la société

La Croatie est membre de l’Union européenne depuis juillet 2013. Le mouvement écologique y agite de manière surprenante la société, alors que les pressions environnementales s’accroissent de tous côtés.

Le 6 mars dernier, à 9 heures, une dizaine de militants écologistes ont joué une partie de golf devant le parlement croate à Zagreb. La presse nationale est venue nombreuse pour relayer leur message: le refus de la transformation de la côte du pays en vaste complexe immobilier touristique. L’action était signée Zelena Akcija, « Action Verte » – l’organisation écologiste la mieux connue du pays et membre de la fédération internationale des Amis de la Terre.

La côte croate, connue pour sa beauté et sa biodiversité, est à la fois une fierté nationale et une attraction touristique. Elle est aussi la proie des investisseurs, qui souhaitent y construire des appartements de luxe, des hôtels, et des golfs.

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Des maisons en déchets

Imaginez un instant que nos déchets servent de matériaux de construction. Il y a aujourd’hui, dans différents pays, une nouvelle génération d’architectes qui réfléchit à utiliser nos déchets pour en faire des maisons.

L’architecte américain Mike Reynolds habite avec sa femme, depuis 20 ans, une maison construite à base de matériaux de récupération comme des pneus usagés, des bouteilles en verre, du plastique, … C’est étonnant, elle tient toujours !

Encore faut-il savoir qu’elle a été construite dans le désert de Taos au Nouveau Mexique, USA, avec des températures extérieures allant de moins 3°C à plus 50°C ! La maison, elle, reste à température constante. Il faut la chauffer au bois durant le mois de décembre c’est tout, pas besoin d’autre chauffage ni de climatisation.

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Nature Invisible : Plantes superpuissantes

Comme tous les autres êtres vivants, les plantes ont développé des stratégies d’adaptation pour assurer leur pérennité. Comme tous les êtres vivants, les plantes naissent, croissent, vieillissent et meurent.

Elles sont confrontées aux problèmes de la survie, de la maladie et de “l’espérance de vie” ; elles doivent donc se nourrir, se protéger et se soigner. Elles ont développé, en fonction de leur environnement, les stratégies de survie les plus efficaces. Mais les plantes ont du intégrer une contrainte majeure : l’impossibilité de se mouvoir !

Un handicap que le monde végétal a surmonté en développant des “super-pouvoirs” qui fascinent les hommes et, en premier lieu, un impressionnant arsenal chimique…

(Merci à PasChiche)

« Vélorution ou le Pouvoir de la Pédale »

Le vélo est l’arme tranquille de la révolution écologique. Le vélo pourrait transformer nos sociétés cabossées. C’est le leit-motiv du journaliste Olivier Razemon, qui rappelle tout le potentiel économique du vélo et le pouvoir de transition qu’il porte en lui.

Plus d’une centaine d’amoureux de la petite reine de tous âges, beaucoup de militants, de ceux qui font la « vélorution » en deux roues tous les premiers samedis du mois dans les rues de Paris pour réclamer plus d’espace, se sont déplacés, la semaine dernière, à la Maison du vélo, près de la Bastille, à Paris.

Dehors, sur la chaussée, plein de vélos sagement garés. Comme dans son essai « poil à gratter », Le pouvoir de la pédale, au style drôle et léger, le journaliste-blogueur spécialiste des transports, d’urbanisme et des modes de vie, Olivier Razemon est invité à raconter comment le vélo pourrait transformer nos sociétés cabossées.

Les participants se sont installés dans l’atelier, entre pneus pendouillant au plafond, fourches, guidons, clés et chaînes de toutes tailles méticuleusement bien classés. Les uns prennent des notes, d’autres filment, témoignent, tous ravis d’une publication redorant les guidons d’un objet trop souvent caricaturé et catalogué selon les époques: d’abord pour les prolos, puis pour les sportifs et les loisirs, et désormais pour les bobos ou les riches, bref jamais pour soi, toujours pour l’autre, et trop peu pensé pour réparer les villes.

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Amazonie : Le champignon capable de digérer le plastique

Des étudiants américains ont découvert un incroyable champignon jusqu’alors inconnu qui est capable de digérer totalement le plastique. Le domaine de l’écologie va peut-être faire un bond en avant grâce à cette trouvaille sensationnelle.

Pour Bernard Henrissat, directeur de recherche au CNRS, au laboratoire AFMB à l’université d’Aix-Marseille, “c’est une découverte à première vue extraordinaire”.

Un groupe d’étudiants de l’université de Yale s’est rendu dans la forêt amazonienne, en Équateur, dans le but de rapporter des plantes et des champignons. Ils ont participé à la Rainforest Expedition and Laboratory avec leur professeur afin d’améliorer leurs connaissances dans le domaine de la botanique.

Ils sont revenus chargés de nombreux spécimens végétaux qu’ils ont étudiés pour découvrir une nouvelle espèce de fungus très intéressante qu’ils ont nommée Pestalotiopsis microspora.

Ce champignon pourra se révéler très utile à l’avenir, d’une part parce qu’il est capable de survivre en se nourrissant de plastique (de polyuréthane pour être précis) et d’autre part parce qu’il peut le faire dans un milieu anaérobie, autrement dit sans oxygène.

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Survivre au progrès (Rediff.)

La course à la croissance conduit-elle l’humanité à sa fin ? Une hypothèse brillamment (et joyeusement) défendue par de grands esprits de notre temps, dans un film inspiré, produit par Martin Scorsese.

Épuisement des ressources naturelles, surpopulation, désertification, désastres écologiques et économiques, systèmes politiques à bout de souffle, appauvrissement des classes moyennes et populaires… : l’accumulation des crises annonce-t-elle, comme l’affirme l’essayiste et écrivain canadien Ronald Wright, auteur du best-seller “Brève histoire du progrès” (Éditions Hurtubise, 2006), l’anéantissement de notre civilisation ?

Est-il urgent de renoncer, comme il le préconise, à « l’illusion du progrès » qui s’est imposée à toutes les sociétés depuis les débuts de la révolution industrielle, avec ses espoirs de croissance et d’avancées technologiques illimitées ?

Tel est le fil conducteur de cette conversation avec de grands esprits de notre temps, illustrée par des images tournées sur plusieurs continents (Canada, États-Unis, Brésil, Moyen-Orient, Chine). Comme Ronald Wright, la primatologue Jane Goodall, l’écrivaine Margaret Atwood, le généticien David Suzuki, et bien d’autres chercheurs, penseurs et militants, dont quelques « repentis » du système financier, estiment que la course au profit et la loi du court terme, en détruisant l’environnement et les liens sociaux, conduisent l’humanité à sa perte.

Leurs propos, aussi limpides que convaincants, replacent notre crise écologique et économique dans le temps long de l’évolution humaine. Les questions du progrès, de la dette, du partage des richesses et de l’épuisement des ressources sont ainsi radicalement mises en perspective.

Partie 1:

Partie 2:
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Amérique du Nord : L’invasion de la carpe volante

Espèce invasive, la carpe asiatique menace l’écosystème de la plus grande ressource mondiale d’eau douce : les Grands Lacs nord-américains.

Introduite par accident dans le Mississippi il y a 30 ans, la très destructrice carpe volante n’est plus qu’à cent kilomètres au sud du lac Michigan. Chercheurs et défenseurs de la nature tente de l’arrêter.

Patagonie : Le milliardaire vert

Douglas Tompkins est un homme d’affaires qui a réussi, créateur des marques North Face et Esprit. Dans les années 1990, prenant la mesure de l’impact écologique de l’industrie textile, il a pris un virage radical.

Avec son épouse, il a décidé de consacrer sa vie et sa fortune à la protection des parcs naturels et au développement de l’agriculture durable en Patagonie.

“Simplicité et justice” : paroles de chrétiens sur l’écologie

Le groupe Écologie, paroles de chrétiens du diocèse de Nantes a été chargé de conduire une réflexion sur les défis posés par la crise écologique mondiale. Sa méthode de travail, correspondant à une démarche du type « voir, juger, agir », a privilégié les apports de chacun des membres en fonction de leurs compétences, pour analyser la situation présente, mieux comprendre les défis auxquels nous sommes confrontés, essayer de les éclairer à la lumière de la pensée contemporaine et de la tradition chrétienne, et proposer quelques pistes d’action. Le groupe était composé d’une dizaine de personnes appartenant à différentes disciplines (scientifiques, économiques, juridiques, philosophiques, théologiques).

Sur la thématique de la crise écologique, de nombreux ouvrages existent, et nous n’avons nullement l’ambition de nous substituer aux experts nombreux qui s’expriment sur la question. Nous renvoyons d’ailleurs le lecteur aux nombreux essais, livres et textes de référence cités en fin de publication. L’originalité de notre démarche se situe ailleurs.

D’une part, le travail inter-disciplinaire nous a permis un croisement de compétences et de regards, avec la forte volonté pédagogique de proposer une synthèse accessible à tous. D’autre part, des voix chrétiennes réfléchissent et s’expriment sur le sujet, mais il existe peu d’ouvrages de synthèse en langue française, notamment sur les prises de parole du Magistère catholique. Elles sont assez peu connues du grand public, et même de bon nombre de catholiques. Certaines parties de notre travail, notamment en matière éthique, sont donc assez originales.

Dans la structure de l’ouvrage, nous avons refusé une présentation thématique à base disciplinaire, pour privilégier ce regard synthétique et croisé. L’ouvrage se présente en 3 chapitres : Approches de la pensée écologique, Repenser aujourd’hui notre société, Vivre autrement.

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Métropole cosmopolite ou rase campagne

Quel cadre se prête le mieux à un mode de vie écologique ?

De la communauté villageoise farfelue à la maison créée à partir de déchets par des hippies américains en passant par le cube high tech made in Germany, “X:enius” présente quatre exemples d’habitat durable proche de la nature.

La possibilité d’être humain (Docu)

À travers l’art et les outils primitifs, nous découvrons les prémices de l’humanité. Puis le film, à l’instar de notre société moderne, opère un basculement: l’agriculture et son évolution, la révolution industrielle et la nouvelle ère techno-scientiste.

Derrière la technique et les machines nous entrevoyons le travail, notamment le salariat intimement lié à la (sur)consommation. Un « docutopique » sur la société postmoderne, qui propose une alternative à la société, au règne de l’argent et à l’exploitation des travailleurs.

« Lorsque l’Homme se résigne à ne plus être à la mesure de son monde, il se dépossède de toute mesure. » Jacques Ellul

Et si la décroissance était la réponse au retour à une vie prospère ?

Après “Sous les pavés, la Terre”, Thierry Kruger et Pablo Girault partent à la rencontre de militants, activistes, sociologues, philosophes, artistes… d’hommes qui témoignent, dans leurs environnements, de leurs conceptions de la société postmoderne.

Des témoignages pour la recherche d’un nouvel ordre mondial, enfin à la hauteur des valeurs d’égalité et de fraternité prônées par notre société. On ne peut combattre la crise qui ronge notre économie avec les mêmes idées qui l’ont nourrie.

Suède : Växjö, la ville la plus verte d’Europe

La ville suédoise de Växjö se chauffe grâce à la mousse et aux pommes de pin de ses forêts et ses autobus roulent grâce aux déchets alimentaires recyclés. Mais son objectif d’être neutre en CO2 pourrait être menacé par l’attachement à la voiture.

On a commencé très tôt“, rappelle le responsable environnement de la municipalité, Henrik Johansson. “Nos élus ont réalisé dans les années 60 que si la ville devait connaître un essor, il fallait nettoyer les lacs. Ils avaient été pollués par l’industrie drapière au XVIIIe siècle, puis par l’expansion de la ville“, ajoute-t-il.

Nichée entre lacs et forêts de pins dans le Sud du pays, Växjö a poussé si loin les principes d’énergies renouvelables, de transports propres et d’économies d’électricité qu’elle se revendique “ville la plus verte d’Europe“.

La réhabilitation du plus pollué d’entre eux, le lac Trummen, connu dès le XVIIIe pour sa pestilence, a servi de catalyseur pour des projets environnementaux plus ambitieux.
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Pourquoi les centres commerciaux géants recouvrent la France

En période de recul du pouvoir d’achat et de baisse de leur fréquentation, pourquoi ces temples de la consommation se multiplient-ils, malgré tout ? Quels profits en retirent leurs promoteurs ? Quels intérêts y trouvent les élus ? Enquête sur une nouvelle bulle spéculative.

Plus de 50 centres commerciaux sont actuellement en construction en France ! Le pays en compte déjà pourtant plus de 740. Et leur fréquentation est en baisse depuis 2008, tout comme leur chiffre d’affaires [1]. Qu’importe !

Il en pousse partout de nouveaux: Aéroville, l’Atoll, Europa City, So Ouest, My Place, Rives de l’Orne, Confluence… Les centres commerciaux ne connaissent pas la crise. La France est le pays d’Europe de l’Ouest où s’ouvrent le plus de ces mini-villes faites d’escalators et de galeries marchandes.

En région parisienne, des centaines de milliers de mètres carrés de surfaces commerciales sont sorties de terre en quelques années. S’y ajoutent une vingtaine de rénovations ou d’extensions en cours sur tout le territoire [2]. Le rythme de création des implantations commerciales ne cesse de s’accélérer depuis dix ans.

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Chine : La révolution verte

De plus en plus confronté aux désastres écologiques, le premier émetteur mondial de gaz à effet de serre développe des technologies de pointe pour résoudre les problèmes liés à sa croissance insolente.

Pollution de l’air et de l’eau, avancée des déserts, fonte des glaciers, conditions climatiques extrêmes, explosion démographique dans les villes… En Chine, conséquence d’une croissance économique toujours plus florissante, les catastrophes écologiques sont devenues une triste réalité.

Mais, depuis quelques années, le numéro un des émissions de gaz à effet de serre cherche — et trouve — des solutions particulièrement inventives à ses problèmes environnementaux.

Un travail de titan quand on sait que les réformes entreprises dans le pays au cours des trente dernières années ont généré une augmentation très rapide de la consommation d’énergie : toutes les heures, 1.800 nouvelles voitures y sont fabriquées, 480 tonnes d’ordures y sont jetées chaque minute et 100 tonnes de charbon brûlées toutes les secondes.

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Jacques Ellul : « L’homme qui avait (presque) tout prévu »

La pensée de Jacques Ellul était isolée dans les années 1960. Malgré un léger regain d’intérêt, elle le reste aujourd’hui. Sans doute parce que le penseur bordelais fut l’un des premiers à remettre en cause l’idée de « progrès technique » et l’optimisme technophile à tout crin, un discours qui ne passait pas pendant les Trente Glorieuses.

En 1966, Jacques Ellul s’énerve. Dès l’avant-guerre, il s’est demandé : « Si Marx vivait aujourd’hui, quel serait pour lui le facteur déterminant de la société ? » Sa réponse : « La Technique », c’est-à-dire ce qu’on appelle communément « progrès technique » mais qu’il se refuse à qualifier ainsi : s’il voit bien où est la technique, il ne trouve pas qu’elle apporte de vrais progrès.

Après bien des difficultés, il a réussi à faire publier en 1954 son premier grand livre sur la question, La Technique ou l’enjeu du siècle, lequel n’a guère eu de succès en France ; alors qu’aux États-Unis, où Aldous Huxley l’a fait traduire et publier dix ans plus tard, il a connu un grand retentissement – plus de 100.000 exemplaires vendus – et y a été pris au sérieux, examiné, critiqué, étudié.

Ellul a d’autres raisons de s’énerver : à 54 ans, il est tricard un peu partout. Pas vraiment reconnu par ses pairs de l’université puisqu’il a préféré rester à Bordeaux plutôt que de « monter » à Paris ; absent des médias car il n’a jamais caché ses convictions anti-communistes et anti-sartriennes (à l’époque où Sartre et le PC dominent la pensée, ça ne pardonne pas), et s’est en prime payé le luxe de se proclamer anarchiste.
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Écologie et économie

Le texte présenté ici est un extrait de l’ouvrage Vittorio Hösle (1) “Philosophie de la crise écologique” (Wildproject, 2009, trad. Matthieu Dumont), publié pour la première fois à Munich en 1991. Le texte reprend une série de conférences prononcées en avril 1990 à l’Institut de philosophie de l’Académie des sciences de Russie/URSS. Déjà traduit en plusieurs langues, cet ouvrage a contribué à faire de son auteur une voix incontournable dans le domaine de l’éthique environnementale et de la philosophie de l’écologie.

Un point commun du capitalisme et du marxisme

Il me semble à présent que l’antagonisme des systèmes de l’Ouest et de l’Est n’a pas essentiellement pour origine une divergence quant aux objectifs à atteindre. Il est certain que la liberté a occupé une place bien plus importante dans l’idéal social occidental que dans celui des pays de l’Est. Pourtant les deux modèles sociaux partageaient, du moins pour ce qui est de la théorie, les mêmes idéaux universels hérités des Lumières : autodétermination et bien-être pour le plus grand nombre possible.

Les dissensions s’exprimaient davantage à propos de la meilleure voie à suivre pour parvenir à la réalisation de ces idéaux. Les démocraties occidentales pensaient pouvoir y arriver par l’entremise d’un développement sous contrôle de l’économie capitaliste ; et les pays communistes, par un rejet de l’économie de marché. (…)

L’impossible suppression de l’égoïsme économique

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Fiscalité : Une « pollutaxe » pour remplacer l’écotaxe ?

Moins médiatisé que le mouvement des bonnets rouges, un collectif pour la « pollutaxe » a été créé le 2 décembre à Bayonne, en région Aquitaine. Il fait suite à l’annonce fin octobre du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, de suspendre l’écotaxe qui devait être prélevée sur les poids lourds à partir du 1er janvier 2014.

Composé de trente représentants d’associations et syndicats locaux, le collectif veut organiser dans les plus brefs délais des actions pour demander l’application de la « pollutaxe ». « Le terme de pollutaxe nous paraît plus approprié car il sous-entend que l’on taxe les pollueurs, contrairement au terme d’écotaxe qui fait encore passer l’écologie pour quelque chose qui coûte », souligne Txetx Etcheverry, militant du mouvement altermondialiste basque Bizi !.

« Sans cette taxe, ce sont les contribuables qui paient les coûts externes », rappelle Peio Dufau de la CGT Cheminots. Pollution de l’air, de l’eau et des sols, accidents, congestions… « Pour 1.000 tonnes de marchandises transportées par kilomètre, les coûts externes se chiffrent à environ 80 euros pour le routier contre 20 euros pour le ferroviaire » précise le syndicaliste.

Le fret ferroviaire se révèle donc quatre fois moins coûteux que le transport par camions. « Les suppressions d’emplois dans le fret ferroviaire sont liées à ce déséquilibre entre les frais imputés à la route et au rail », ajoute Peio Dufau. Le collectif pour la pollutaxe préconise d’accroître le coût du transport routier pour diminuer « l’hémorragie d’emplois » dans le fret.

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Le Code de l’Éco-Guerrier

Règle n° 1 : Personne ne doit être blessé. Personne. Même pas soi-même.

Règle n° 2 : Ne vous faites pas prendre.

Règle n° 3 : Si vous vous faites prendre, vous vous retrouverez tout seul. Personne ne versera votre caution. Personne ne vous prendra un avocat. Personne ne paiera vos amendes.

Règle n° 4 : L’Éco-Guerrier agit seul, ou avec un ou deux vieux camarades de confiance qu’il connait depuis des années.

Règle n° 5 : L’Éco-Guerrier ne met en place aucun réseau, ne crée aucun club ou parti ou organisation de quelque type que ce soit. Il ne compte que sur lui-même (ou parfois elle-même) et sa petite cellule de deux ou trois activistes, jamais plus.

Edward Abbey, “Hayduke est vivant !” – 1990

Censure : Hervé Kempf quitte Le Monde

Par Hervé Kempf

Ce 2 septembre, quinze ans et un jour après y être entré, je quitte Le Monde : en ce lundi, le dernier lien juridique entre ce journal et moi est défait, par le « solde de tout compte ». Que je quitte volontairement un titre prestigieux étonnera peut-être. Mais certes moins que la raison qui m’y pousse: la censure mise en œuvre par sa direction, qui m’a empêché de poursuivre dans ce journal enquêtes et reportages sur le dossier de Notre Dame des Landes.

Au terme de l’histoire que je vais ici retracer, il ne me restait qu’une issue, si je voulais conserver la liberté sans laquelle le journalisme n’a pas de sens : abandonner le confort d’un salaire assuré et de moyens de travail avant que soit étouffée la dernière marge d’expression qui me restait, la chronique Écologie.

Faiblesse de nos moyens face aux millions des oligarques qui contrôlent les médias. Nous ne sommes rien, ils sont tout. Mais nous avons ce que l’argent ne peut pas acheter : la conviction, l’enthousiasme, la liberté.

Abandonner le journal fondé par Hubert Beuve-Méry et vendu en 2010 est une libération. Je me lance dans l’aventure du site Reporterre, parce que plus que jamais, une information indépendante est nécessaire pour rendre compte du phénomène le plus crucial de l’époque, la crise écologique.

Rappelons simplement quelques dates :

  • création du service Planète : octobre 2008 ;
  • création de la chronique Écologie : février 2009 ;
  • prise de contrôle du Monde par MM. Bergé, Niel et Pigasse : juin 2010.

Notre Dame des Landes : il est interdit d’enquêter
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Roumanie : Le bel avenir de l’agriculture bio

Avec l’essor de l’agriculture bio, les paysans roumains ont décidé de mettre à profit leur retard technologique. Des fermes bio sont de plus en plus nombreuses mais le manque de traçabilité reste toutefois le principal obstacle à un développement à grande échelle.

Nicoleta et Dan Florea ne voient que du rose depuis un mois. C’est la saison des récoltes et ce couple d’agriculteurs trentenaires du village d’Ucea de Sus, au centre du pays, passe ses journées dans sa petite parcelle de 2.000 m2 à ramasser avec soin les pétales de roses écologiques qu’il y cultive depuis trois ans. « Cette année, nous allons faire environ 10.000 pots de confiture mais aussi du sirop et du vinaigre », lâche Nicoleta, petite femme souriante aux cheveux noirs.

Au cœur des collines vertes de la Transylvanie, les petites fermes bio comme celle-ci sont de plus en plus nombreuses. L’intérêt pour la culture écologique a connu en effet un véritable boom dans le rang des petits agriculteurs roumains ces dernières années.

« Les paysans qui pratiquent une agriculture traditionnelle font déjà du bio car ils ne cherchent pas à cultiver de manière intensive », explique le président de l’association Bio România, Marian Cioceanu. Selon lui, plus de 50 % des exploitations agricoles de Roumanie pratiquent déjà de l’agriculture biologique sans être certifiées.
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Abu Dhabi : Masdar, une cité verte au pays de l’or noir

Le projet confié par l’Émirat d’Abu Dhabi à Norman Foster relève du défi: le cabinet du célèbre architecte a pour mission d’ériger, au beau milieu du golfe persique, une ville écologique modèle de six millions de mètres carrés, capable d’accueillir 50.000 personnes.

Baptisée Masdar, cette cité verte doit permettre au pays de l’or noir de préparer l’après-pétrole. Cette transition vers l’indépendance énergétique passe par la construction de la plus grande ferme photovoltaïque au monde et la conception d’un système de recyclage de l’eau ultrasophistiqué. Pas à pas, retour sur la naissance de cette cité du futur, jusqu’à l’ouverture de l’université, du métro et du parc de voitures électriques.

Le budget dédié à ce vaste projet, entamé en 2008, est lui aussi pharaonique: il s’élève à 10 milliards de dollars.

Le tour du monde en 90 minutes

La Station spatiale internationale (ISS) fait le tour du globe en 90 minutes. Que se passe-t-il sur Terre pendant ce laps de temps? combien d’arbres sont-ils coupés? Combien de fois la foudre frappe-t-elle? Combien de personnes naissent et meurent?

La Terre, qui compte désormais près de 6 milliards 800 millions d’hommes, ne cesse de se transformer et les dégâts sont visibles.

Cinéma : “Super trash”

Addendum du 04/08/2013 : Que fait Véolia des cercueils dans la décharge ?

Incroyable scène filmée dans « une décharge du Sud-Est de la France [...] lieu géré par une filiale locale de Véolia ».

“Super Trash”, un film que vous ne verrez pas à Cannes. Tout ce que les médias ne vous monteront jamais sur les coulisses du Festival. Des montages de déchets à ciel ouvert d’objets aussi futiles que polluants qui ont comblé les désirs mégalos de nos idoles modernes durant quelques jours.

Pendant ce temps, les organisateurs revendiquent un tri sélectif exemplaire sur les panneaux publicitaires et organisaient même des espaces de recyclage. Tout va mal, mais tout va bien.

Introduction du film par le réalisateur Martin Esposito
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Abrégé du manifeste convivialiste

Un autre monde est non seulement possible, il est absolument nécessaire. Et urgent. Mais comment dessiner ses contours et le penser ? Le manifeste convivialiste se propose d’expliciter ce que partagent toutes les initiatives qui sont déjà en train de le bâtir et leur philosophie politique implicite commune. Parmi les signataires de ce manifeste on compte déjà Serge Latouche, Hervé Kempf ou encore Jean-Claude Michéa.

Le déjeuner des Canotiers – Renoir (1881)

Déclaration d’interdépendance1

Jamais l’humanité n’a disposé d’autant de ressources matérielles et de compétences techniques et scientifiques. Prise dans sa globalité, elle est riche et puissante comme personne dans les siècles passés n’aurait pu l’imaginer. Rien ne prouve qu’elle en soit plus heureuse. Mais nul ne désire revenir en arrière, car chacun sent bien que de plus en plus de potentialités nouvelles d’accomplissement personnel et collectif s’ouvrent chaque jour.

Pourtant, à l’inverse, personne non plus ne peut croire que cette accumulation de puissance puisse se poursuivre indéfiniment, telle quelle, dans une logique de progrès technique inchangée, sans se retourner contre elle-même et sans menacer la survie physique et morale de l’humanité. Les premières menaces qui nous assaillent sont d’ordre matériel, technique, écologique et économique. Des menaces entropiques. Mais nous sommes beaucoup plus impuissants à ne serait-ce qu’imaginer des réponses au second type de menaces. Aux menaces d’ordre moral et politique. À ces menaces qu’on pourrait qualifier d’anthropiques.

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L’adieu au steak (rediff)

L’industrie agroalimentaire tente de nous persuader que consommer de la viande est bon pour la santé et que celle-ci est nécessaire à notre équilibre alimentaire. Or de nombreuses études prouvent que trop de viande rouge peut non seulement menacer la santé, mais même raccourcir l’espérance de vie. Quant aux viandes blanches, elles contiennent trop souvent des résidus d’antibiotiques.

De manière générale, les élevages sont devenus des entreprises high-tech dans lesquelles on oublie totalement que les animaux sont des êtres vivants et non de simples produits. Sans parler des abattoirs. Et pour nourrir ces animaux qui fourniront les 40 millions de tonnes de viande produits chaque année, l’Europe doit importer du fourrage, par exemple du Paraguay, où quelques gros producteurs profitent de ces commandes tandis que la majorité de la population subit les conséquences, parfois dramatiques, de l’utilisation massive des pesticides.

Pire encore : grâce à cette exploitation des ressources mondiales, la production européenne est tellement bon marché que les pays émergents préfèrent importer la viande d’Europe plutôt que de soutenir les producteurs locaux. Si l’on ajoute à ce tableau la contribution des élevages au réchauffement climatique, la pollution de notre environnement par les herbicides, insecticides et les nitrates, il est plus que temps de reconsidérer les habitudes de consommation de cette viande des riches qui affame les pauvres.

Partie 1:

Partie 2:
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États-Unis : Détroit, société post-industrielle et décroissance forcée

Par Sophie Chapelle

La ville de Détroit, symbole du capitalisme et de l’industrie automobile, n’est plus que l’ombre d’elle-même. En cinq ans, ses habitants ont subi une brutale décroissance forcée : un taux de chômage exorbitant, un exode urbain sans précédent, des services publics délabrés. Pourtant, derrière les scènes de désolation, une société post-industrielle est en train de naître, grâce à l’expansion d’une agriculture urbaine et à l’émergence de solidarités de quartier. Basta ! a rencontré celles et ceux qui bâtissent une nouvelle cité sur les ruines de la Babylone déchue.

Des trottoirs et des parkings vides longent les vastes avenues. Une enfilade de magasins aux rideaux baissés quadrille le centre-ville de Détroit, berceau de l’industrie automobile américaine. Les banderoles « à vendre » et « à louer » se succèdent sur les façades des bâtiments. 80.000 logements seraient abandonnés, soit près de un sur cinq. Avec ses maisons saccagées, brûlées ou envahies par la végétation, « Motor City » donne l’impression d’une ville fantôme. Symbole de cette déroute, Détroit vient d’être mis sous la tutelle d’un « coordinateur d’urgence » pour au moins un an.

« Pendant les soixante-dix dernières années, les habitants de Détroit ont cru à tort que leurs vies étaient liées à General Motors, Ford et Chrysler, explique Maureen Taylor, militante depuis des années dans la lutte contre la pauvreté. Ils nous ont mis dans la tête que ce qui était bon pour eux était bon pour nous. Il nous fallait donc cesser de marcher et conduire des voitures. Et si nous n’aimions plus cette voiture, nous en achetions une autre. Cela a duré pendant des décennies mais aujourd’hui, c’est fini ».

Tournant le regard vers les rues désertes de Détroit, Maureen conte le quotidien de ses habitants les plus touchés par la crise. Des gens mourant de froid sur les trottoirs, des enfants retrouvés morts dans les maisons incendiées, un système de soin de santé inaccessible pour les bas-revenus, « un monde de fous » résume t-elle.

Exode urbain
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Obsolescence programmée: vrai scandale ou faux-semblant?

Les fabricants prévoient-ils à l’avance la durée de vie de leurs produits pour favoriser la consommation? La question ne date pas d’aujourd’hui: des exemples étonnants jalonnent l’Histoire.

Pour les députés, l’obsolescence programmée n’existe pas. Le projet de loi sur la consommation, qui doit être prochainement adopté, ne mentionne pas une seule fois le terme. La majorité a refusé de voter les amendements des écologistes qui visaient spécifiquement cette pratique qui consiste à raccourcir artificiellement la durée de vie d’un produit.

 

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Le sable – Enquête sur une disparition

De Bombay à la Bretagne en passant par Dubaï, Tanger ou les Maldives, cette passionnante enquête en forme de thriller dévoile une urgence planétaire : la menace qui pèse sur le sable, ressource vitale dont le pillage s’accélère.

Disparition des poissons, impact aggravé de l’érosion et des tempêtes, bords de mer devenus lunaires : face aux timides régulations adoptées pour tenter de limiter le pillage, la “ruée vers le sable” s’est en réalité accélérée, sous l’égide de grandes entreprises multinationales et de mafias locales.

Documentaire réalisé par Denis Delestrac (Arte – Mai 2013)

(Merci à NOP)

Philippe Descola : “Par-delà nature et culture”

Philippe Descola, né en 1949 à Paris, est un anthropologue français. Ses recherches de terrain en Amazonie équatorienne, auprès des Jivaros Achuar, ont fait de lui une des grandes figures américanistes de l’anthropologie.

Dans son ouvrage Par-delà nature et culture, paru en 2006, il propose une typologie des économies de la connaissance qui ont régi les relations de l’homme avec la faune et la flore.

Dans cet entretien, Philippe Descola s’interroge à propos de la question suivante: l’Occident doit-il se réinventer face à la crise écologique ?

Les insurgés de la terre (Rediff.)

Pour protéger la planète, certains jeunes militants écologistes sont prêts à tout. Mais leurs actions radicales servent de prétexte aux États pour criminaliser la désobéissance civile.

Ils ont établi leur camp dans la canopée des séquoias de Californie du Nord ou de l’Oregon. En rupture avec l’American way of life, ils ont décidé de donner leur temps, et pour certains leur vie, à la protection de la nature. Leurs inspirateurs sont des poètes et des philosophes comme Henri David Thoreau (l’auteur de La désobéissance civile). Ils ont des airs angéliques, tiennent des propos fondés mais qui sonnent le plus souvent utopiques.

Pour le FBI, ce sont des terroristes. L’agence fédérale les a officiellement désignés comme la seconde menace pour la sécurité intérieure des États-Unis après Al-Qaida. Elle fait peser sur ces militants verts une répression féroce et sans précédent.

Ailleurs, ces nouveaux guérilleros éperonnent les baleiniers japonais en Antarctique ou s’accrochent au-dessus des voies ferrées pour bloquer les trains de déchets nucléaires en Allemagne. Parfois, pour défendre ce à quoi ils croient, certains basculent dans l’illégalité, s’en prennent aux forestiers ou aux exploitants de bois, sabotent des laboratoires de vivisection ou brûlent des 4×4. Ils sont alors forcés à la cavale ou à la clandestinité.

Le Animal and enterprise terrorism act, un volet spécial des Patriot acts américains adopté sous la pression des lobbies industriels, donne désormais la possibilité aux autorités de réprimer toute forme de protestation. Des avocats défenseurs des libertés publiques et des ONG comme Greenpeace dénoncent cette dérive liberticide, aux États-Unis comme en Europe.

Partie 1:


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