Haut-Jura : Être sans avoir

Comment peut-on vivre heureux aujourd’hui? Comment peut-on vivre pauvre et heureux aujourd’hui? A 57 ans, Jean-Paul Grospélier n’a qu’un seul regret, c’est d’avoir travaillé 2 ans dans sa vie, « 2 ans de trop, depuis je n’y suis jamais retourné ! »

Ce qui sonne comme une provocation n’est pas une ode à la paresse mais plutôt la profession de foi d’un homme qui pratique « sa décroissance » depuis 35 ans.

Le mode de vie autarcique choisi par Jean-Paul a néanmoins un coût que la plupart d’entre nous ne pourrait supporter: celui de cultiver 600 mètres carrés de potager, celui d’être un cueilleur, un glaneur, un menuisier, un boulanger, un mécanicien, un maçon, quand six mois d’hiver vous déposent parfois deux mètres de neige devant la porte.

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« J’ai choisi l’école à la maison »

Tandis que des milliers d’élèves ont pris le chemin du collège ce matin, Clémentine [1] n’aura pas besoin de sortir de chez elle pour la rentrée des classes. Cette année, alors qu’elle devait passer en sixième, ses parents ont décidé de la déscolariser. Un choix difficile mais nécessaire selon sa mère, Anita. Témoignage.

Ma fille a 11 ans et elle a toujours été scolarisée. Cette année, alors qu’elle devait faire sa rentrée en classe de sixième, nous avons décidé qu’elle n’irait plus à l’école : nous avons misé sur l’instruction en famille.

Clémentine a un parcours scolaire tout à fait classique. Elle a toujours été disciplinée et bonne élève, mais manquait d’enthousiasme à l’idée d’aller à l’école. Pourtant, elle adore apprendre.

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Brive-la-Gaillarde (19) : Un survivaliste norvégien bientôt expulsé de France ?

Compte-rendu d’une procédure d’expulsion de droit régalien, voulue par Manuel Valls, et suivie par un correspondant de Fortune en Corrèze.

Le 10 septembre 2013, Kristian Vikernes comparaissait devant une commission composée de trois magistrats du tribunal de grande instance de Brive-la-Gaillarde (Corrèze) dans le cadre d’une procédure administrative, afin de statuer sur la validité des éléments présentés par les services de la Préfecture du département pour justifier d’une expulsion du territoire français du musicien, auteur et survivaliste norvégien.

Tandis que son avocat accorde un entretien à la presse, Varg Vikernes plaisante avec ses sympathisants venus le soutenir à Brive.

Comme aucune autre salle n’était disponible, les trois magistrats stagiaires (tout heureux de pouvoir participer à cette procédure certainement exceptionnelle dans l’ex-département de François Hollande), les agents préfectoraux, les journalistes et le public (une petite trentaine de personnes en tout) ont dû se serrer dans une salle de 25 mètres carrés située dans les sous-sols du Palais de Justice de Brive, la bibliothèque de celui-ci.

Une table autour de laquelle pouvaient s’asseoir 12 personnes trônait en son milieu, le reste des participants devant s’appuyer sur les rayonnages remplis de livres ou s’asseoir par terre devant eux. La température montait et pas seulement à cause du dossier traité ce jour-là.

Après s’être enquis de l’identité de Kristian “Varg” Vikernes -qui s’appelle désormais Louis Cachet (1)-, de son avocat et de sa traductrice, la magistrate présidant la séance donna la parole au représentant de la Préfecture, un petit homme sûr de son fait et de ceux alignés sur les papiers étalés devant lui.

D’entrée de jeu il demanda l’expulsion, au nom de la sécurité de l’État, du militant norvégien en France depuis 2010. Il énuméra tout d’abord certains faits relatifs à son passé en Norvège (2).

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